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    Perles de collégiens et autres :
     
    GUERRES MONDIALES
    - La drôle de guerre, cependant, n'a fait rire personne.
    - Les soldats se cachaient pour éviter l'éclatation des obus.
    - Les avions lançaient des espadrilles contre l'ennemi.
    - A la fin, les hommes commençaient à en avoir marre d'être tués.
    - Après la défaite, les Français prirent comme chef le maréchal Pétrin.
    - Le 11 novembre, tous les morts de la guerre fêtent la victoire.
    - Sur les champs de bataille, on voit les tombes de ceux qui sont tombés, c'est pourquoi on les appelle des pierres tombales.
     
    PHYSIQUE
    - Les atomes se déplacent dans le liquide grâce à leur queue en forme de fouet.
    - La climatisation est un chauffage froid avec du gaz, sauf que c'est le contraire
     
    CHIMIE
    - Le gaz sulfurique sent très mauvais. On n'a jamais entendu une odeur pareille.
    - Pour rendre l'eau potable, il faut y ajouter de l'alcool à 90°.
    - L'acier est un métal plus résistant que le bois.
     
    MATHÉMATIQUES
    - Un polygone est une figure qui a des côtés un peu partout.
    - Pour trouver la surface, il faut multiplier le milieu par son centre.
    - Cette figure s'appelle un trapèze car on pourrait y suspendre quelqu'un.
    - Un triangle est un carré qui n'a que trois bordures.
     
    SCIENCES ET NATURE
    - Le chien, en remuant de la queue, exprime ses sentiments, comme l'homme.
    - Les lapins ont tendance à se reproduire à la vitesse du son.
    - Pour faire des ufs, la poule doit être fermentée par un coq.
    - L'artichaut est constitué de feuilles et de poils touffus plantés dans son derrière.
     
    LES MALADIES
    - Pour aider les enfants à aller aux toilettes, on leur met des suppositoires de nitroglycérines. (Séverine, 20 ans, Ecole de soins infirmiers).
    - La plus contagieuse est la vermicelle.
    - Quand on a plus de dents, on ne peut mâcher que des potages.
    - L'opération à cur ouvert, c'est quand on ouvre la poitrine de la tête aux pieds.
    - A l'école le médecin est venu pour le vaccin anti-titanic.
    - Dans les écoles, les médecins vaccinent contre le BCBG.
     
    VOCABULAIRE
    - Quand on est amoureux de sa mère, c'est le complexe d'Adipeux.
    - Quand on ne veut pas être reconnu, on voyage en coquelicot.
    - Le métier des fonctionnaires consiste à fonctionner.
    - Les hommes qui ont plusieurs femmes sont des polygones
      

    - "Dans la phrase "Le voleur a volé les pommes", où est le sujet ?
    - En prison."

    Le futur du verbe "je baîlle" est "je dors".

    L'eau potable est celle que l'on peut mettre dans un pot.

    L'oiseau migrateur est appelé ainsi car il ne peut se gratter que la moitié du dos.

    La nuit, pour éviter les moustiques, il faut dormir avec un mousquetaire.

    La peau de la vache sert à garder la vache ensemble.

    Le chat a quatre pattes, deux devant pour courir, deux derrière pour freiner.

    Le singe peut faire des grimaces. C'est l'animal qui ressemble le plus à l'homme.

    Mon chien a trois ans. Il a les yeux bleus comme papa.

    On dit chevaux, quand il y a plusieurs chevals.

    Prenant nos jambes à deux mains, nous courons à toute allure.

    Qui a été le premier colon en Amérique ? Réponse : Christophe.

    Raphaël a peint les frasques du Vatican.

    À la fin, les soldats en ont assez d'être tués.

    Je me réveille et, à ma grande surprise, je suis encore vivant.

    Le nuit tombée, le renard s'approcha à pas de loup.

      

    Deuxième série du bêtisier scolaire



    Le dieu Horus a une tête de faux con.

    Le roi soleil est un égyptien qui s'appelle Râ.

    Les égyptiens écrivaient sur des papiers russes.

    Les égyptiens mettent leurs momies dans des scaphandres.

    C'est monsieur Champion qui a inventé l'écriture, c'était lesIérogliphes.

    Momification : c'est quand on vide le corps et qu'on lui met du sparadras tout autour.

    -Qu'est-ce que l'Acropole ? -Des ruines.

    Le plus grand poète Grec s'appelle Homar.

    En 52 César a complètement la Gaule.

    La qualité du soldat romain c'est de la bonne qualité.

    Au moyen age, le feu dégageait de la fumée.

    Au moyen-âge, les lieux de pèlerinage sont la peste, la famine et la guerre.

    Ouais alors Henri IV était dans sa voiture. Mais il arrive à un carrefour et là, au feu rouge, Ravaillac arrive en trombe en moto, se jette sur lui, le poignarde et il s'enfuit...

    Le château est plus joli dedans que dehors parce que sinon, les gens auraient peur de l'endroit où ils habitent.

    En 1152, le roi de France renvoie sa femme Alien, qui se marie le roi d'Angleterre.

    Le roi de France est sacré par un homme en robe de chambre avec un chapeau pointu. [...] Les insignes de la royauté sont la couronne, le spectre et la robe de chambre, ça veut dire que s'est un roi réglos. La fleur qui symbolise le roi de France c'est la Glesulm. (Copie maladroite de la réponse du voisin : " géranium ")

    La guerre de 100 ans a duré de 1618 à 1648.

    Clovis avait pris le vase de l'église qui rend invincible et lui a rendu tout cabossé.

    Clovis c'est un barbare qui n'a pas de vase, alors il le prend.

    Enfin [Clovis] est pas tout juste, parce qu'il fracasse la tête du guerrier alors que le vase, il pouvait toujours le réparer. C'est pas du respect.

    La croisade c'est un voyage en bateau organisé par le pape.

    La guerre de cent ans a cause que Jeanne d'Arc est morte sans héritiers.

    [Jeanne d'Arc] entend des voix qui lui disent de faire sacrifier le roi de France à Reims.

    Les favorites couchent avec le roi pour devenir marquises. Ca s'appelle être anoblie.

    Autour du roi, il y a les bals, la cour et la luxure.

    Le 14 juillet 1789, c'est la victoire des pauvre qui défilent sur les Champs-Elysées.

    Louis XVI s'enfuit, mais ils découvrent le poteau rose.

    Marie-Antoinette est la première femme empereur du monde.

    Napoléon a crée les grandes écoles, comme la polyclinique.

    Napoléon est mort guillotiné, Bonaparte aussi.



    L'écriture a été inventée à Rome par les égyptiens il y a cent ans.

    En 1935, Hitler rassemble ses fans à Nuremberg.

    [Hitler] créa une nouvelle race qui serait la plus supérieure : la race aérienne.

    L'italie voulait récupérer des terres irrédentes : l'Istrie, Dalmatie, l'Autriche-hongrie.

    En 1945 les Américains déclarent la guerre aux États-Unis.

    Le 6 juin 1944, les Allemands débarquent en Normandie.

    En 1947, l'Inde est divisée en deux: l'Inde et la Palestine.

    Le Général De Gaulle, chef du PCF en 1945...

    Après l'effondrement du communisme, de nouveaux états pauvres apparaissent comme la CEI, la Russie, l'ex-URSS, le Turkistan, la Tsché-Tschénie, la Bosnie et Zrégovine.

    L'URSS construit des bases nautiques pour accroître sa puissance.

    Vexé par la crise de 1962, De Gaulle s'exile à Londres.

    Castro a nationalisé les champs de cigare.

    En conclusion l'on peut dire qu'on voit bien que Kennedy est pro Américain.

    Mitterand est mort du cancer de l'utérus.

    PVD : Pays en Voie de Disparition.

    On voit qu'un pays est riche ou pauvre à son BNP.

    Les pays de l'Europe de l'ouest sont plus économiques que ceux de l'est.

    En Europe on trouve l'océan eurasiatique. Son relief est très diversifié.

    L'Inde s'étend de la pôle jusqu'à l'équateur, ça fait 88 fois la France avec 33 millions d'habitants.

    L'Inde est peuplé d'hindous mais il y a aussi des skis qu'on reconnait à leur turban.

    "Quels sont les élèments dans le texte qui montrent la pauvreté en Inde? - Je ne comprends pas car je suis déjà allé à Châteauroux et j'ai pas vu autant de pauvres."

    La Corée, par manque d'espace, construit désormais des ports immergés.

    Singapour est un petit pays cruel.

    Le Cuba cultive le cigare.

    Il y a moins de jeunes en Europe, c'est parce qu'ils sont tous partis.

    Les femmes font moins d'enfants parce que c'est chiant.

    Sur 10 femmes, il était obligatoire d'avoir 2,1 enfants.

     

    Bêtisier du bac 1999


    Du moins c'est ce sous ce titre qu'il m'est arrivé en l'an 2000. J'en doute fortement vus certains sujets abordés. De la même manière, le bac 2002 n'était pas corrigé que de pseudo bêtisiers circulaient déjà.

    Le génie de la Renaissance italienne ; Mickey l'ange.

    Comme souvent, le peuple s'en est pris à un bouc et mystère.

    Les Américains ont perdu la guerre du Nuocmam.

    Noé et son arche se sont échoués sur le mont Arafat.

    Il fut condamné après un proces en bonnet de forme.

    Le marché capitaliste est régulé par la loi du plus fort et de la demande.

    Staline fit déporter la classe des paysans enrichis : les goulags.

    Jean Moulin fut, lui aussi, victime de la barbie nazie.

    Le calendrier révolutionnaire commence en primaire.

    Vendémiaire correspond à la saison des vidanges.

    Les Français sont de plus en plus intéressés par leur arbre gynécologique.

    Le Tsar a perdu le pouvoir malgré les occases.

    Le Vietnam est la capitale du Liban.

    Les escargots sont homosexuels.

    La génétique arrivera un jour à clowner les gens.

    L'hypopotamus est le siège du système neurovégétatif.

    L'oxydant chrétien.

    Un collectionneur de timbres est un pédophile.

    Louis XVI avait trahi la France. La preuve : il était protégé par les Suisses.

    La tendance à aller vers le soleil s'appelle l'hélicotropisme.

    La médecine préventive soigne la maladie en amont ; la médecine curative en avalant.

    Le cachet de la poste faisant mal au foie.

    Le gouvernement de Vichy siégeait à Bordeaux.

    Les liquides sont incompréhensibles.

    En 1934, Citroën révolutionne la construction automobile en sortant la traction à vent.

    Les sacrifices humains était courants chez les paztèques.

    L'éther est un produit très volubile.

    La terre rote sur elle-même.

    On ne peut pas nationaliser tous les étrangers.

    Le général sudiste Bruce Lee.

    Lénine et Stallone.

    A la conférence de Versailles, pour les Français : Clemenceau ;

    pour les Anglais : Boy George.

    D'après le calendrier hébraïque, on est en 5757 après Jésus-Christ.

     
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    Ce que nos enfants n'apprennent plus au collège

    Mots clés : , ,

    Dimitri Casali Mis à jour le 26/08/2011 à 18:42 | publié le 27/08/2011 à 18:41

     

    778 : Roland sonnant du cor, à la bataille de Roncevaux, où les Sarrasins ont battu l'armée franque. A son côté, son épée Durandal. L'épisode a peu à voir avec la réalité historique, mais il a nourri l'imaginaire français. (Rossignol/Editions Hoebeke) 
    778 : Roland sonnant du cor, à la bataille de Roncevaux, où les Sarrasins ont battu l'armée franque. A son côté, son épée Durandal. L'épisode a peu à voir avec la réalité historique, mais il a nourri l'imaginaire français. (Rossignol/Editions Hoebeke)

     

     

    Le saviez-vous ?

    Clovis, Saint Louis ou François I er , mais aussi Henri IV, Louis XIV ou Napoléon ne sont plus étudiés dans les collèges français ! Rayés des programmes ou relégués en option.

     Raison invoquée par l'Education nationale: il faut consacrer du temps, entre la sixième et la cinquième, à «l'enseignement des civilisations extra-européennes», de l'empire du Mali à la Chine des Hans.

    C'est ce scandale pédagogique et culturel que dénonce l'historien Dimitri Casali dans son salutaire Altermanuel d'histoire de France (Perrin), dont Le Figaro Magazine publie des extraits. Superbement il lustré, l'ouvrage se présente comme un complément idéal aux manuels scolaires recommandés (ou imposés) par les professeurs de collège. Qui fixe les programmes scolaires en histoire ? L'enquête du Figaro Magazine montre que la question engage l'avenir de notre société.

    Clovis, Charles Martel, Hugues Capet, Louis IX, dit Saint Louis, François Ier, Louis XIII ont disparu des instructions officielles de sixième et de cinquième. Le programme de sixième passe sans transition de l'Empire romain au IIIe siècle à l'empire de Charlemagne, soit une impasse de six siècles.

    Les migrations des IVe et Ve siècles (les fameuses «invasions barbares»), pourtant fondamentales dans l'histoire de l'Europe, ne sont plus évoquées.

    Ces absences sont incompréhensibles. Comment comprendre la naissance du royaume de France sans évoquer Clovis? Comment mesurer «l'émergence de l'Etat en France » sans appréhender le règne de Louis IX? La Renaissance sans connaître François Ier?

    «L'affirmation de l'Etat » sans expliquer Louis XIII et Richelieu? Tous les historiens s'accordent sur l'importance de ces personnages et de leur œuvre, non seulement politique, mais aussi économique et culturelle.

    Le règne de Louis XIV est quant à lui relégué à la fin d'un programme de cinquième qui s'étend sur plus de mille ans d'Histoire. Faire étudier aux élèves en fin d'année scolaire cette longue période (1643-1715) tient de la mission impossible, sachant que les enseignants peinent à boucler des programmes surchargés.

    Ce règne est de plus noyé dans un thème «L'émergence du "roi absolu" » qui s'étend du début du XVIe siècle au début du XVIIIe siècle.

    C'est ainsi tout un pan de l'histoire de France qui risque d'être partiellement ou - au pire - pas du tout traité. Le règne de Louis XIV est pourtant décisif, tant dans l'affirmation du «pouvoir absolu» que dans le rayonnement de la civilisation française, en France et à l'étranger, à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle. Le Brun, Le Nôtre, Hardouin-Mansart, Lully, La Fontaine, Corneille... Autant d'artistes et d'écrivains qui risquent de n'être jamais évoqués dans les classes.

    A côté des «oubliés» et des «relégués» des programmes, il y a les «optionnels»... L'une des originalités des nouveaux programmes réside en effet dans le système des options, censé permettre à l'enseignant de construire son propre parcours pédagogique. Si cette démarche est intéressante, elle n'en montre pas moins rapidement ses limites...

    Ainsi, dans le thème 1 («Les bouleversements culturels et intellectuels») de la partie IV («Vers la modernité») du programme de cinquième, les enseignants doivent faire étudier «la vie et l'œuvre d'un artiste ou d'un mécène de la Renaissance ou un lieu et ses œuvres d'art». Ils pourront donc enseigner, par exemple,

    Léonard de Vinci ou Laurent de Médicis ou la chapelle Sixtine, mais pas les trois.

    Dans le thème 2 («L'émergence du "roi absolu"») de la partie IV, ils doivent choisir un règne entre le XVIe siècle et 1715. François Ier, Henri IV, Louis XIII ou Louis XIV.

    Le choix est impossible.

    Parmi ces périodes optionnelles figure le premier Empire (1804-1815).

    En classe de quatrième, dans le seul chapitre consacré à la Révolution et l'Empire,

    «La fondation d'une France moderne», l'étude doit être menée à travers un sujet donné. Il y a cinq propositions, dont trois excluent totalement la période impériale:

    - Invention de la vie politique;

    - Le peuple dans la Révolution;

    - La Révolution et les femmes;

    - La Révolution, l'Empire et les religions;

    - La Révolution, l'Empire et la guerre.

    Bref, le premier Empire ne donnera lieu, au mieux, qu'à un éclairage thématique. Dans trois cas sur cinq, il ne sera pas étudié ! Ajoutons que cette période a disparu du nouveau programme de seconde.

      

    A-t-on peur des grands personnages?

     

     

    Elevé sur le pavois par ses soldats, comme le veut la coutume, Clovis est reconnu roi des Francs, à Tournai, en 481. Agé de 15 ans, il est alors maître de toute la Gaule. (Editions Hoebeke)

     Elevé sur le pavois par ses soldats, comme le veut la coutume, Clovis est reconnu roi des Francs, à Tournai, en 481. Agé de 15 ans, il est alors maître de toute la Gaule. (Editions Hoebeke)

     

    Clovis, Louis IX, François Ier, Louis XIII, Louis XIV, Napoléon Ier...

      

    La disparition ou l'amenuisement de ces souverains et de leur règne laisseraient-ils penser qu'ils n'ont plus de réalité historique?

    Leur importance n'est pourtant pas remise en cause par les historiens. Comment expliquer alors «l'optionnalisation» du premier Empire en quatrième et sa disparition en seconde?

    S'agirait-il de gommer un régime jugé trop autoritaire, trop militariste et trop expansionniste? De même, Clovis et Louis IX, dit Saint Louis, seraient-ils devenus trop politiquement «connotés» pour être cités dans les instructions officielles?

    La même question peut être posée concernant la relégation du règne de Louis XIV en fin de programme de cinquième. Pourquoi faire disparaître ou réduire des règnes notamment caractérisés par le rayonnement de la France à l'étranger? Il est à craindre que la règle du «politiquement correct» ait été appliquée aux programmes, conception moralisatrice de l'enseignement qui tient de la manipulation de l'Histoire.

    Faire étudier aux élèves Clovis, François Ier ou Napoléon Ier n'a pourtant rien de réactionnaire en soi. Il ne s'agit bien évidemment pas d'en revenir à une lecture hagiographique, providentielle, épique, patriotique ou dogmatique des «grands personnages», que des générations d'historiens ont bien heureusement remise en cause et déconstruite.

    Au contraire, il faut présenter aux élèves la complexité de ces hommes, inscrits dans leur époque, sans anachronisme, ni tabou, ni mythologie, et à la lumière des dernières recherches historiques. C'est justement l'étude de leur vie, de leurs actions, de leurs œuvres, de leurs façons de concevoir le monde qui les débarrassera des clichés, des stéréotypes et des images d'Epinal.

    L'Histoire est toujours la meilleure réponse au mythe.

    Ces personnages ont aussi une valeur pédagogique car ils permettent d'humaniser une Histoire souvent désincarnée, et sont susceptibles de susciter chez les enfants une véritable émotion, assez proche de celle ressentie lors d'un spectacle.

    Ce ne sont pas seulement des personnages historiques, des périodes et des règnes majeurs qui sont écartés, réduits à la portion congrue ou devenus optionnels.

    Des textes fondateurs, des traités et des lois décisives sont tout simplement passés à la trappe: le serment de Strasbourg (842), l'un des plus anciens textes en langue romane, le lointain ancêtre du français; le partage de Verdun (843), qui dessine une nouvelle carte de l'Europe d'où sont issus les Etats européens;

    l'ordonnance de Villers-Cotterêts (1539), qui impose l'usage du français dans l'administration à la place du latin, constituant ainsi une étape clé dans l'unification du royaume de France.

    La relégation du règne de Louis XIV en fin de programme de cinquième rend extrêmement difficile sinon impossible l'étude de la révocation de l'édit de Nantes (1685), qui marque l'interdiction du protestantisme en France et entraîne l'exil de plus de 250.000 protestants.

     L'histoire des arts n'est pas épargnée. Le précédent programme de quatrième prévoyait l'étude d'extraits du Bourgeois gentilhomme (1670), des Châtiments (1853) et des Misérables (1862), permettant d'inscrire Molière et Victor Hugo dans leur époque, de mesurer l'importance historique de leur œuvre et de faire prendre conscience aux élèves de leur génie littéraire.

    Or, les deux plus grands auteurs de la littérature française ont disparu des nouveaux programmes...

      

    Le risque du «zapping» historique

    Les instructions officielles imposent l'étude de plusieurs civilisations extra-européennes à certaines périodes:

    Au choix, «la Chine des Hans à son apogée», c'est-à-dire sous le règne de l'empereur Wu (140-87 avant J.-C.), ou «l'Inde classique aux IVe et Ve siècles», au sein de la partie «Regards sur des mondes lointains» représentant 10 % du temps consacré à l'Histoire de la classe de sixième  - Au choix, l'empire du Ghana (VIIIe-XIIe siècles), l'empire du Mali (XIIIe-XIVe siècles),

    l'empire Songhaï (XIIe-XVIe siècles) ou le Monomotapa (XVe-XVIe siècles),

    au sein de la partie «Regards sur l'Afrique» représentant 10 % du temps consacré à l'Histoire de la classe de cinquième. Cette partie comprend l'étude de la naissance et du développement des traites négrières (traites orientales et internes à l'Afrique noire).

    La connaissance des histoires de la Chine, de l'Inde ou de l'Afrique est importante et passionnante, notamment à l'heure de la mondialisation. Cependant, force est de constater que, mathématiquement, ces nouvelles thématiques s'intègrent dans les programmes aux dépens de parties capitales de l'histoire de France ou de l'Europe.

    Il ne s'agit pas, bien sûr, d'établir une quelconque hiérarchie aberrante entre les civilisations: le règne de Louis XIV (1643-1715) n'est ni supérieur ni inférieur à celui de Kankou Moussa, roi du Mali de 1312 à 1332. Il faut tout simplement parvenir à un bon équilibre entre l'étude de l'histoire de France et celle des civilisations extra-européennes.

    Le contraste est saisissant avec le nouveau programme de seconde qui est, quant à lui, marqué par un européocentrisme caricatural.

    Le monde n'y est en effet perçu qu'à l'aune de l'Europe: «Les Européens dans le peuplement de la Terre», «Nouveaux horizons géographiques et culturels des Européens à l'époque moderne»...

    L'ancienne partie consacrée à «La Méditerranée au XIIe siècle: carrefour de trois civilisations», qui permettait de mesurer les échanges, les contacts (pacifiques et conflictuels) et les influences entre l'Occident chrétien, l'Empire byzantin et le monde musulman a disparu, au profit d'une lecture strictement européenne du Moyen Age.

    Il aurait bien mieux valu prioriser en collège l'étude de l'histoire du bassin méditerranéen, de la France et de l'Europe pour approfondir au lycée l'étude des civilisations extra-européennes en leur consacrant une vraie place dans les programmes, bien loin du «zapping» proposé en cinquième.

    La place des traites négrières dans les programmes de collège soulève un autre questionnement. Elles sont mentionnées cinq fois dans le seul encadré du programme consacré à la partie «Regards sur l'Afrique», avant de donner lieu à un thème du programme de quatrième,

    «Les traites négrières et l'esclavage», puis à une étude de l'abolition de l'esclavage en France en 1848 dans le thème 2.

     Il aurait probablement mieux valu resserrer l'étude des différentes traites négrières sans, bien entendu, dénaturer cette réalité historique fondamentale.

      

    L'histoire de France facilite l'intégration

    L'argument souvent utilisé selon lequel ces nouveaux programmes ont notamment été conçus pour épouser la diversité culturelle des élèves est contestable.

    Ce raisonnement risquerait d'aboutir à un éparpillement des thèmes et des champs d'étude, rendant encore plus difficile l'assimilation des connaissances. Pourquoi ne pas considérer que les élèves, quelle que soit leur origine, sont français et, à ce titre, ont droit à l'histoire de France la plus complète?

    Il serait ainsi particulièrement intéressant d'intégrer dans les programmes des séquences de cours sur l'histoire de l'immigration en France et en Europe, du Moyen Age à nos jours.

    Pourquoi ne pas proposer des dossiers consacrés à ces immigrés qui ont fait la France, qu'ils soient des anonymes ou des « grands personnages»?

    Selon une enquête de l'Ined (rapport «Trajectoires et origines», 2010), bien que de nationalité française, 37 % des jeunes d'origine étrangère ne se sentent pas français. Pour épouser la diversité culturelle des élèves, rien ne vaut l'histoire de France...

    Les parcours de Blaise Diagne, premier ressortissant d'Afrique noire à devenir ministre, ou de Romain Gary (Roman Kacew de son vrai nom) sont, à ce titre, exemplaires.

    «Je n'ai pas une goutte de sang français dans mes veines mais la France coule dans mes veines», aimait à rappeler ce dernier. En étudiant les Guyanais Félix Eboué et Gaston Monnerville, premier homme noir à devenir président du Sénat, on peut montrer toute l'importance de l'Outre-Mer dans l'histoire de France.

    La culture est la base de notre société et cette culture est notamment fondée sur la connaissance de l'histoire du pays où l'on vit, quelle que soit son origine géographique.

    Comme dit l'adage, on ne comprend que ce que l'on connaît.

    L'Histoire est une garantie d'intégration, car elle est un moyen d'accéder aux modes de compréhension de notre société.

      

    Rétrograde, la chronologie ?

    La disparition de dates et de périodes capitales de l'histoire de France ainsi que le système des options aboutissent à une Histoire à trous, lacunaire, atomisée, qui rend beaucoup plus difficile l'assimilation par les élèves de la chronologie, cette juste représentation de la profondeur historique. Le nouveau programme de première est à ce titre édifiant.

    Il repose sur un système de modules non pas chronologiques mais thématiques, qui peuvent être disposés dans n'importe quel ordre:

    «La guerre au XXe siècle»;

    «Le siècle des totalitarismes»;

    «Les Français et la République»...

    Avec ce système, il devient beaucoup plus difficile d'expliquer le rôle déterminant de la Première Guerre mondiale dans la genèse des totalitarismes, ou même le rôle du totalitarisme nazi dans le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

      

    La chronologie serait-elle devenue démodée?

    Un comble, car l'Histoire est comme une langue dont la chronologie est la grammaire. Sans elle, notre connaissance du passé est vouée à l'anachronisme, cette incapacité d'inscrire un événement ou un personnage dans son contexte.

      

    Sans elle, nous sommes voués à l'amnésie...»

      

      

      

     

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