• François-Louis Watteau

    Watteau

      

    De passage à Lille au mois de mars dernier, je visite le Musée des Beaux-Arts et tombe en arrêt sur le tableau intitulé : "Une fête au Colisée".
    Je dis bien : en arrêt.
    Généralement, je visite assez vite. Je me fie à, disons l'instinct. J'ai le défaut de tous les professionnels. je m'intéresse d'abord à la technique. Pour éviter d'aller scruter la toile sous tous les angles et voir comment elle a été cousue, quelle épaisseur de pâte l'artiste à utilisé, je passe vite, ne me fiant qu'à l'émotion, signal d'un arrêt.

      

    Qu'est-ce que cette "Fête du Colisée" ?. je ne sais même pas où il se trouve, ce Colisée. S'agit-il de celui de Paris ? Y en a-t-il un à Lille ? Mystère.


    Pour le moment, nous allons nous contenter de savoir que François-Louis Watteau, membre d'une famille de 13 enfants (dont ceux d'un premier mariage), est né à Lille le 18 août 1758 et décédé dans cette même ville le 1er décembre 1823. On lui connaît entre autres, "La procession de Lille, huile peinte en 1789, "Le siège de Beauvais, peint en 1799 et la fameuse "fête du Broquelet " ( qui existe toujours), peinte en 1803. Tout cela se trouve rue de la Monnaie, au Musée de l'Hospice Comtesse,

     à Lille.

    Son père Louis-Joseph Watteau, également peintre, ( le père et le fils sont dits "Watteau de Lille"), avait déjà peint ce Colisée de Lille, le voici : merci Google.

      Le colisée de Lille

    Le Colisée de Lille"
    Louis Joseph Watteau
    (1731-1798), dit Watteau de Lille

      

    Il est clair que l'ombre lumineuse de Jean-Antoine plane sur toute la famille et qu'il faille commencer par là.
    Il arrive souvent qu'un "grand ancêtre" (qui pourrait être antérieur à Jean-Antoine) impulse une nécessité artistique dans une famille puisque, selon ma théorie, la nécessité de comprendre et d'étudier le monde finit par supplanter celle de le poursuivre. Les deux demeurant compatibles tant que l'étude porte sur la Terre. Pour l'Esprit c'est autre chose : il faut du temps. Beaucoup de temps et de passion exclusive et c'est ce que montre formidablement le film de Laurent de Bertillat. A mon avis, il décrit parfaitement l'état d'esprit de Watteau, probablement de Léonard de Vinci ou Raphael. Je ne parle pas de Michel-Ange et encore moins de Pasolini : tous de la même famille.


    Une fete au Colisée


    Le contexte. Sans le contexte, on ne peut situer.

     

    La politique fastueuse, despote et prude imposée par Louis XIV a instauré une sorte d' oisiveté obligée et apparament chaste de la noblesse, devenue dépendante et quasi captive à Versailles.


    De ce fait toute ambition sociale doit développer un jeu de masques dans la hiérarchie de l'étiquette. Ce jeu de masques a toujours existé et se tient en place parfaitement aujourd'hui mais, et cela est nouveau sous Louis XIV puisqu'il est lui-même l'incarnation de l'egocentrisme, avec une évidence sans complexe et sans tabou, truffée de protocoles de séductions courtisanes dites et non-dites, ses alliances, son ordre, ses jeux de coudes et d'éventail, ses meurtres sournois et ses vengeances. Le tout dans un luxe de façade et une volonté orgueilleuse de dédramatiser qui n'échappera pas à l'oeil des peintres. (Vous n'avez pas fait mouche : je ne ressens rien) Mais les artistes de Louis sont soumis à Louis comme tout le reste. Ils peuvent voir, mais ne peuvent rien dire, ni rien montrer.

    Premier constat : D'après Iris Lauterbach, auteur d'un excellent ouvrage sur Watteau et son oeuvre (Éditions Taschen), on ne sait rien d'absolument définitif sur lui, pas même sa date de naissance, qui demeure contestée. (on possède néanmoins sa date de baptème. Sa naissance n'est malgré tout pas loin). On sait qu'il n'était pas bavard, de nature assez secrète, plutôt misanthrope (mais il faut voir le contexte de l'époque. Il suffit d'être délicat pour fuir la grosse vulgarité ambiante. L'histoire est de tous les siècles) et qu' étant mort à trente-sept ans, il laisse la porte ouverte au merveilleux cliché de l'artiste plus ou moins maudit. Iris Lauterbach souligne avec justesse que tous ceux qui ont écrit sur Watteau avaient tous plus ou moins intérêt à en augmenter la gloire et la popularité. Nous voici prévenus. Tout ce que l'on va dire sur le peintre ne saurait être qu'un à peu près susceptible d'être remis en cause. Le récit que j'entreprends est donc une compilation de ce qui se dit sur Jean-Antoine Watteau, un recoupement que j'espère logique. Au vu de la généalogie du peintre, je me suis permis de rectifier, mais en apportant les éléments qui permettent cette rectification.

     

    Jean-Antoine Watteau est baptisé le 10 octobre 1684 à Valenciennes. La ville n'est française que depuis six ans. Louis XIV est âgé de 46 ans et règne depuis 1643. L'académie fondée par Charles le Brun pose un prestige nouveau pour les peintres mais impose des critères extrêmement précis, dits "Classiques". La nature morte (appelée "vie immobile") est la forme artistique la moins prisée. Juste au dessus : le paysage. Plus la composition est complexe, mieux elle est admise. La première place revient à la peinture d'Histoire. Celle qui illustre les Rois et les Princes, la religion ou la mythologie. Cette peinture se donne l'élévation morale ou spirituelle du spectateur comme objectif. Quasi exclusivement, dirons-nous. Il se trouve donc que la peinture du siècle précédent n'est pas prisée du tout, surtout les Hollandais passés maîtres en natures mortes et scènes du quotidien.

    Jean-Antoine est le second fils de Philippe Watteau (qui se dit alors Vuateau). Ce dernier, contrairement à ce qui se lit la plupart du temps, n'est pas un pauvre couvreur en tuile, mais "Maître couvreur", c'est à dire entrepreneur. Il est connu pour être relativement aisé, ce qui ne signifie pas riche. Il possède un immeuble dans la ville et, au vu des procès verbaux locaux, il serait assez violent. Au point d'avoir à payer des amendes.

    Panneau-GillotPanneau peint par Watteau, chez Guillot

    Au vu de sa généalogie, le futur peintre ne serait pas né dans une famille nombreuse puisqu'ils sont quatre frères : Jean-François, Jean-Antoine, Anthoine-Roch et Noël. Le premier meurt à la naissance et Anthoine Roch à l'âge de deux ans, on ne peut pas qualifier cette famille de "nombreuse". Il est possible qu'on ait confondu Philippe, le père de Watteau, avec son propre père Bartholomé Vuateau qui, lui, est à la tête d'une famille de 10 enfants, dont la plupart ont un métier manuel comme tapissiers, horlogers; lingères ou tailleuses. A moins que la confusion ne viennent de Louis-Joseph Watteau, neveu de Jean-Antoine, chef d'une famille de 13 enfants.

    Place de grèvePlace de Grève, XVIIè siècle

    Quoiqu'il en soit, le jeune Jean-Antoine montre très tôt de l' intérêt pour le dessin. Il est probable que Philippe préfère lui apprendre sa succession de couvreur, puisqu'il est l' ainé à présent. Mais finalement, et probablement à l'issue d'une âpre discution, étant donné le caractère de Philippe, on le place en apprentissage chez un peintre valenciennois assez médiocre mais renommé à l'époque, Jacques-André Gérin. "... Une espèce de peintre officiel de la municipalité valenciennoise, dont Hécart, tout en vantant, dans un patriotisme de clocher, «la correction du dessin, la sagesse des compositions, la belle ordonnance des tableaux d'histoire», déplore l'absence de couleur. Un peintre dont Valenciennes ne possède, à l'heure qu'il est, que quelques œuvres insignifiantes...". (La reproduction ci-contre, "le miracle de ST Gilles" ne confirme pas cette insignifiance. Le sujet, peut-être, mais la technique est honorable) Mais Il est probable que l'adolescent ne soit employé que pour balayer l'atelier et récurer les palettes. Il ne progresse pas dans son art. Comme il faut payer l'apprentissage et que Philippe ne comprend rien à la vocation de son fils, à la mort de Gérin en 1702, il le laisse partir à Paris.

    Notons que selon D'Argenville, dans son "abrégé de la vie des plus fameux peintres", Jean-Antoine aurait rencontré un peintre-décorateur à Valenciennes et serait venu à Paris avec lui pour travailler sur des décors d' opéra. Le décorateur étant reparti, il l'aurait laissé là. J'avoue que la chose me paraît assez possible. En tous cas quitter Valenciennes dans cette fin de règne de Louis XIV sans argent, à l'âge de 18 ans pour arriver dans une capitale inconnue, aussi sale que bruyante sans y avoir de contact, sans pouvoir s'y orienter sainement me semble très improbable. (Mais bien entendu possible)
    Quoi qu'il en soit, Jean-Antoine a dix-huit ans et il est à Paris. Il est parti sans ressources, mais bien décidé puisqu'il a bravé la colère de son père pour y parvenir. Il passe de travail en travail pour échouer chez un certain Abraham Mettayez (Maittayer ou Métayer), un peintre situé dans la paroisse des Saints Pères, puis chez un fabricant de peintures et finit par copier des tableaux religieux très prisés des bourgeois de l'époque, sur le pont Notre-Dame. Un travail d'esclave, "à la chaîne", où chaque "apprenti" connaît sa partie, qu'il répète à l'infini, la passant au suivant pour y peindre la sienne, et ainsi de suite... Cependant, Watteau s'y tient et se fait remarquer par ses "Saint-Nicolas", qu'il finit par peindre sans modèles. (Virgile Josz au Mercure de France : "Watteau à Paris")

    Le pont Notre-Dame
    Le pont Notre-Dame en 1756. Peinture de Nicolas-Jean-Baptiste Raguenet (Musée Carnavalet)

    C'est pourtant certainement là qu'il rencontre d'autres peintres avec lesquels il se lie d'amitié, surtout Jean-Jacques Spoede, un Flamand d'Anvers, qui habite non loin. Ce peintre est aujourd'hui totalement obscur. Sa peinture n'est peut être pas exceptionnelle, en effet, mais elle démontre pour le moins que le sujet des galanteries était déjà dans la mode.

    Jean-Jacques Spoede
    Jean-Jacques Spoede : "Fête galante en l'honneur de Bacchus"

    Néanmoins, d'après Virgile Josz, Spoede va devenir le meilleur ami de Jean-Antoine et peut-être le seul.
    Les deux hommes ont le même âge (on situe la naissance de Spoede vers 1685 à Anvers). Jean-Jacques est un portraitiste, peintre d'animaux, de scènes de genre et de caricatures Il est le fils du sculpteur Jacques Spoede Arrivé à Paris deux ans avant Jean-Atoine, il est associé à la confrérie flamande de Saint-Germain des prés. Fixé définitivement à Paris en 1705, il est inscrit à l'Académie Royale de peinture et sculpture en 1706 et y remporte un premier prix. Recteur de l'Académie de Saint Luc à Paris en 1748, il expose régulièrement aux salons de cette institution ainsi qu'aux expositions de jeunesse, place Dauphine. (d'après Alain Jacobs. Dictionnaire des peintres belges)
    Mais Spoede marque surtout dans la vie de Watteau une transition importante. Jean-Jacques Spoede connaît tout de l'itinéraire emprunté par son ami. Il est passé par toutes les chicanes de l'exploitation dont il est la proie. Et il est à présent dans la voie qui peut permettre tous les succès et toutes les libertés qu'un peintre peut espérer. Et cela se peut donc. Une voie s'ouvre alors, par la rencontre de Claude Gillot.

    Claude Gillot, né le 28 avril 1673 à Langres ( il a donc 29 ans) est peintre, dessinateur, graveur et décorateur de théâtre, créateur de tapisseries et de panneaux décoratifs en bois qu'il orne d'arabesques, de motifs végétaux et autres figures mythologiques. il peint aussi des toiles aux thèmes anecdotiques (Les deux carrosses), ainsi qu'une série de dessins (Arlequin empereur dans la lune, Embarquement pour Cythère, inspiré de la pièce de théâtre Les trois cousines de Dancourt).
    Cet original à la tête d'un gamin fou avec ses cheveux hirsutes, ses yeux ronds et son menton ointu, d ’une verve intarissable, en fait un bavard exubérant et fantaisiste va devenir sinon l'initiateur au moins l'étincelle qui manque au jeune peintre. Il remarque le travail de Watteau et l'invite bientôt à demeurer chez lui, rue de l'échelle, dans la Maison de la Botte Royale sise au faubourg Saint Honoré. On a peine à croire que les deux hommes puissent s'entendre. Malgré les affirmations de Gersaint, les deux hommes sont aux antipodes. Autant Gillot est homme de théâtre alliant la futilité et l'esprit de répartie, mondain aimant tout le monde, autant Jean-Antoine est taciturne, appliqué, méticuleux, tenace....et impatient, ne se plaignant jamais, mais décidé et ferme. Quasi inébranlable. Les deux hommes, selon Caylus, "ne purent vivre longtemps ensemble avec intelligence ; aucune faute ne se passoit ni d'un côté ni de I'autre, et ils furent enfin obligés de se séparer tous les deux d'une manière assez désobligeante des deux parts ; quelques-uns même veulent que ce fut une jalousie mal entendue que Gillot prit contre son disciple qui occasionna cette séparation ; mais, ce qui est vrai, c'est qu'ils se quittèrent au moins avec autant de satisfaction qu'ils s'étoient auparavant unis.» Apres cinq ans tout de même....

    Claude Gillot : les deux carrosses
    Claude Gillot : "Les deux carrosses" 1707(Musée Carnavalet)

    Si leur entente n'est pas de longue durée néanmoins, Watteau conservera toujours pour Gillot une grande reconnaissance, car « c’est chez lui qu’il se débrouilla complètement », dira François-Edmé Gersaint. "« c'est bien chez Gillot, en effet, qu’il pénètre dans l'univers du théâtre, avec ses fantaisies galantes, ses arabesques à figurines, ses mythologies et ses singeries, et qu’il s’enhardit dans ses tendances naturelles à observer sans cesse les réalités environnantes par des croquis rapides et à jouir, en témoin délicat, du spectacle de la vie mondaine ou rustique.
    De 1703 à 1708, Watteau complète ou copie des sujets de la Comédie-Italienne, se constituant ainsi un répertoire des thèmes populaires et théâtraux qui marqueront durablement son oeuvre ».


    La rupture consommée, Jean-Antoine traverse la Seine. Il est accueilli vers 1708-1709 par Claude III Audran.
    L'homme, est né en 1657 : il a donc 51 ans. Il est Conservateur du palais du Luxembourg. Le poste est alors important et très recherché. Il consiste autant à ordonner la décoration pour les fêtes qu' entretenir le Palais. Il habite la partie comprise entre l'aile gauche et la rue d'Enfer, «...parmi la succession des petits bâtiments assez dissemblables, appartements, écuries, communs, non loin du perruquier et de l'horloger. Il est là absolument chez lui ; et s'il n'a aménagé une place pour Watteau, il n'a pas dû être en peine pour en trouver une dans ce palais qui vient de revenir au Roi»...(Virgile Josz)
    Mais il y a là également toute une population de hauts personnages entretenus par le Roi dans sa fin de vie et qui participent de la décrépitude ambiante. On a compris que Jean-Antoine Watteau, s'il peint des fêtes n'est pas lui-même un joyeux luron. Le réalisme, il l'adapte à son rêve et non l'inverse. "C'est sur mes tableaux que la réalité m'intéresse", remarque-t-il un jour à l'intention de Pierre Crozat.

    Grâce à Claude Audran, il découvre la galerie Médicis de Rubens tout en développant son aide dans les commandes de décors notamment au château de la Muette. Son apport est très apprécié de son Maître. Le 6 avril 1709 il est sélectionné pour concourir pour le grand prix de Rome de l'académie Royale. Le 31 aout Il arrive second et est refusé. Le choc est rude. Il visait l' indépendance. Il la voit encore s'éloigner. Voilà sept ans qu'il mène cette existence sans issue, où il use le meilleur de ses forces sans arriver à s'affranchir. Il songe alors à rentrer à Valenciennes. Revoir les siens. Sa mère et ses deux frères, la horde de ses oncles et tantes...Mais il n'a pas un sou. Selon Virgile Josz, lui si peu pratique d'ordinaire comprend qu'il faut serrer l'actualité. Celle-ci est évidente : la guerre est partout. En Dauphiné comme en Flandre, en Allemagne, en Espagne. Il se plonge dans ses carnets (Figures de différents caractères) et il compose un "Départ de Troupe".

    Bivouac
    "Camp volant" 1710/11

    Le tableau étant fait, il charge Spoede de le lui vendre et c'est l'entrée en scène d'Edmée-François Gersaint, marguillier de Saint-Jacques-la-boucherie, marchand de tableaux du pont Notre-Dame. Jean-Antoine reçoit la somme de 60 livres et la commande d'un pendant à envoyer.
    Justifiant son départ par le désir de revoir sa famille, il reçoit le 3 septembre 1711, des mains d'Audran, un passeport d'un mois pour retourner dans sa ville natale.

    Philippe Vuateau, son père, est âgé à présent de 51 ans, sa mère de 58. Son frère Noël-Joseph , né en 1689, est de cinq an plus jeune que lui (22 ans). Il se mariera à Marie-Jeanne Fournier à la mort de Jean-Antoine. (Marie-Jeanne aura deux enfants et mourra peu après les couches du second, qui lui-même mourra à l'âge de deux ans). Noel se remariera et aura quatre enfants, dont le futur peintre Louis-joseph Wattteau (10 avril 1731).
    On ne sait rien de ce séjour sinon qu'il ne pouvait durer qu'un mois, temps de validité de son passeport, sauf s'il décidait de demeurer sur place, ce qu'il ne fait pas. Il es à peu près certain qu'il impressionne son frère, au moins au point de ne pas décourager la vocation de son futur fils Louis-joseph , ce qui va faire couvrir plus d'un siècle à la dynastie. (139 ans exactement)
    C'est probablement là qu'e Jean-Antoine rencontre Antoine de la Roque, directeur du Mercure de France, qui le soutiendra beaucoup ensuite.

    Après être revenu de Valenciennes, où il peint sa commande de campements de soldats, Watteau s’installe chez Sirois, le beau-père du marchand de tableaux Gersaint du Pont Notre-Dame, et se consacre aux mascarades dans le genre de Gillot.

    Sa rencontre avec Pierre Crozat, riche collectionneur venu de Toulouse qui possède un hôtel particulier rue Richelieu, lui permet de compléter sa connaissance des peintres flamands, notamment Van Dyck, et de perfectionner sa synthèse entre l’art vénitien et l’art rubénien. Enfin, protégé par Charles de La Fosse, directeur de l'Académie royale de peinture et de sculpture, il expose quatre peintures et est rapidement agréé à l’Académie(1712). Il a 28 ans. Le sujet de l'oeuvre de sa reception est laissé à sa convenance.

    Le 1er Septembre 1715, Louis XIV s'éteint. Trop jeune pour régner, le futur Louis XV est mis en attente. Commence la Régence de Philippe d'Orléans, neveu du défunt.(1715-1723)

    Le barrage moral imposé par Louis XIV craque et se fissure de toutes parts. La noblesse, à présent habituée à l'oisiveté ne pense plus qu'au plaisir et, disons le, à une débauche ouverte.
    Philippe, duc d'Orléans naît à St Cloud en 1674. Il a dix ans de plus que Watteau. Il n'est bon ni pour la cavalerie ni pour la danse, mais possède une mémoire formidable et une grande puissance de travail. Marié quasiment de force à Mademoiselle de Blois, fille légitimée de son oncle et de la Montespan, il est connu pour sa légèreté sexuelle...et elle pour être infernale et désobligeante. Il hante le Palais Royal, "qui est un beau quartier" où l'on trouve "des filles à marier" selon la contine, avec ses amis chers, et frères de lits.
    Etude

    Etude

    C'est probablement de là que va venir le succès de l' oeuvre de Watteau. Elle correspond à la demande du moment , à l'esprit de la période qui s'ouvre : La Régence. Certes, sa manière de peindre tranche sur la manière précédente et cela n" échappe pas aux vrais amateurs, mais les thèmes qu'il développe vont le faire admirer et fêté pour le mauvais motif. Plaire, est peut être survivre, mais c'est aussi être étiqueté et fixé dans un rôle, faire la marionnette sociale et ne plus pouvoir en sortir. Tout ce que Jean-Antoine déteste. A partir de ce moment, il change sans cesse d'adresse, fuyant les importuns et les curieux.
    C'est là tout le drame de Pierrot où du Gilles. "que personne ne voit sous son costume de peau".

    Pierrot
    La vie est un théâtre.

    « Ô naître ardent et triste,
    Mais, à la vie convoqué,
    être celui qui assiste,
    tendre et bien habillé,

    à la multiple surprise
    qui ne vous engage point,
    et, bien mis, à la bien mise
    sourire de très loin.»
    Rilke

      

    sources

    http://www.faget-benard.com/menuiserie/technique/watteau/colisee001.html:

      

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