• Interview - Herbert Léonard a eu plusieurs vies: chanteur dans les années 60 et 80, avec Pour le plaisir et journaliste, dans les seventies. Il se confie sur ses hauts et ses bas à TF1 News, à l'occasion de la sortie de son livre "Pour le plaisir... et pour le reste".

    Par Propos recueillis par Ludmilla Intravaia,

     

     
     
     

     

    Herbert Léonard 
     
     
    Couverture du livre "Pour le plaisir... et pour le reste" de Herbert Léonard, aux éditions Florent Massot et portrait du chanteur, en 2008, à Paris © Editions Florent Massot

    TF1 News : Dans votre livre, vous évoquez vos origines populaires, votre père était éboueur. Vous écrivez : "Je n'ai jamais trouvé son travail plus déshonorant qu'un autre." Aviez-vous beaucoup d'admiration pour lui?

    Herbert Léonard, chanteur : Un proverbe dit : "Il n'y a pas de sot métier." On n'a pas à se défendre d'être éboueur, un métier difficile et dangereux. Il ne s'occupait pas que du ramassage des ordures mais aussi du nettoyage des fosses septiques, où des explosions de gaz pouvaient se produire. J'avais énormément d'admiration pour mon père.

    TF1 News : Comment votre vocation de chanteur a-t-elle été accueillie par votre famille?

    H. L. : Je n'ai ressenti aucune vocation artistique. Cela m'est tombé dessus, comme tous les gosses de 15-16 ans qui découvraient le rock and roll. Cela m'a donné envie de faire de la guitare, puis de monter un groupe. Avec le rock, on est passé de la variété de nos parents comme Brassens et Bécaud à Little Richard, Elvis Presley et Ray Charles. Pour nos parents, c'était de la musique de sauvages. Maintenant, c'est ce que je dis à ma fille, quand elle écoute du rap.

    TF1 News : Vous racontez que, lorsque l'on vous demande quand a commencé votre carrière, vous dites en 1980 avec le titre Pour le plaisir. En fait, c'est en 1968 avec Quelque chose en moi tient mon cœur...

    H. L. : Oui, j'ai débuté, en tant qu'Herbert Léonard, en 1967. J'ai connu le succès avec deux titres en 1968 et un autre, en 1969. C'étaient des étoiles filantes, plus qu'autre chose. C'était l'époque des 45 tours. En 1970, j'ai eu un accident de voiture qui a brisé ce premier élan de carrière.

    TF1 News : Dans votre livre, vous expliquez également qu'à l'époque vous étiez dans la même maison de disques que Johnny Hallyday, à qui il ne fallait pas faire de l'ombre. Votre maison de disques a-t-elle réellement soutenu votre carrière?

    H. L. : C'est certain qu'avec le recul, je me rends compte qu'avoir été coaché par le même directeur artistique que Johnny Hallyday, en ayant les mêmes compositeurs et la même maison de disques que lui a pu poser problème. Mes succès n'ont pas dû plaire à la direction de la maison de disques, même si cela n'a rien à voir avec Johnny Hallyday. On ne saura jamais s'il est intervenu là-dedans mais je ne crois pas. Disons que l'accident de voiture a bien arrangé les choses pour la maison de disques.

    TF1 News : Johnny Hallyday vous a-t-il déçu, à l'époque?

    H. L. : Johnny Hallyday était un ami. Il avait sa cour et j'en faisais partie. Il m'a pris sous son aile et m'a fait faire la connaissance de nombreuses personnes. J'ai appris le métier, grâce à lui. Mais sa cour pouvait changer du jour au lendemain. Ce fut mon cas, d'une manière un peu cavalière.

    TF1 News : En 1973, votre producteur vous annonce que vous n'avez plus de public et déchire votre contrat, sous vos yeux. S'ensuit ce que vous qualifiez de "période de prostration", dont va vous sortir, un an plus tard, l'opportunité d'écrire dans un magazine consacré à l'aéronautique. C'est une passion, l'aviation?

    H. L. : L'histoire de l'aviation est un hobby. Je ne pilote pas moi-même.  J'ai, en effet, eu la chance de m'en sortir, tout d'abord en dessinant des plans d'avions pour Aviation Magazine, puis en écrivant des articles, en tant que journaliste, ce qui m'a permis de sortir de ma morosité. Saisir cette opportunité m'a évité de me taper la tête contre les murs. A ce moment-là, j'ai fait une croix sur la chanson. Mais peut être pas si évidente que cela, puisqu'en 1980, j'ai replongé.

    TF1 News : Pour le plaisir, vous y avez cru tout de suite?

    H. L. : Quand j'ai écouté les chansons présentées par Julien Lepers (alors animateur de télévision mais aussi compositeur de musique), j'ai immédiatement senti que cette chanson avait quelque chose, quelque chose de populaire. On l'écoutait une fois et elle demeurait gravée dans votre tête. J'ai su que Pour le plaisir deviendrait un tube. Et maintenant, c'est devenu un standard qui se transmet de génération en génération.

    TF1 News : Vous qui êtes actuellement à l'affiche de la tournée Age tendre et têtes de bois, avec plusieurs idoles d'antan, que retiendrez-vous des hauts et des bas de la célébrité?

    H. L. : Que rien n'est simple ou facile. Que le succès ne vous tombe pas rôti dans la bouche et que les gens peuvent se désintéresser très vite de vous. Dans ma carrière en dents de scie, j'ai su rebondir trois à quatre fois. Même si je suis tout à fait conscient que chaque génération à ses idoles, mon public me suit. Je n'ai pas disparu de la scène.

    Pour le plaisir... et pour le reste

    Herbert Léonard
    Editions Florent Massot
    240 pages

     

    SITE OFFICIEL : HERBERT LEONARD - http://www.herbert-leonard.fr/site/

     

     

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