• Écrivains et artistes de France au temps du "Roi Soleil"




    Dans le domaine des Arts comme dans celui des Lettres s'épanouit "l'Idéal classique", apparu dans la première moitié du XVIIe siècle.

    Écrivains et artistes s'éloignent de tout ce qui est bizarre ou excessif, recherchent la vérité dans l'expression des sentiments et des idées, accordent la première place au "bon sens" et à la "raison" : "Je ne puis rien nommer si ce n'est par son nom", écrit Boileau, le théoricien du "Grand Goût". Comme à l'époque de la Renaissance, on admire et on cherche à s'inspirer de l'Antiquité, qui, pense-t-on, a fourni des chefs-d'œuvre inégalables et immuables.

    Peu à peu apparaît le type idéal de l'homme cultivé : l'"honnête homme", sociable et plein de politesse, élégant sans recherche, instruit sans être "pédant" ou "précieux", raisonnable, de bon sens et de bon conseil :

    "La parfaite raison fuit toute extrémité,
    Et veut que l'on soit sage avec sobriété",
    déclare "l'honnête homme" Philinte dans "le Misanthrope" (de Molière).




    Grille de Versailles
    à l'effigie du Roi Soleil




    Louis XIV protège et encourage constamment les écrivains et les artistes en raison de son penchant réel pour les lettres et les arts, et aussi parce qu'il estime que leurs œuvres doivent contribuer à la gloire et à la grandeur de son règne. Il leur verse des pensions, leur octroie des charges officielles (par exemple Racine et Boileau sont nommés "historiographes du roi"), leur commande des œuvres, les rend célèbres.

    Mais le roi essaye aussi de diriger la vie intellectuelle et artistique du pays un peu comme les affaires politiques ou économiques, c'est-à-dire de façon absolutiste.

    À partir de 1661, Colbert, chargé de la "surintendance des Bâtiments" (sorte de ministère des Beaux-Arts), crée l'Académie des sciences, puis celle de peinture et de sculpture, celle de musique, etc. Le Brun, "Premier peintre du roi", le poète Chapelain et le compositeur Lulli sont pratiquement chargés de répartir entre écrivains et artistes pensions et honneurs.


    Les écrivains

     




    Jean de La Fontaine

      

      

    Racine (1639-1699)



    Né à La Ferté-Milon, de petite bourgeoisie, écrit son premier chef-d'œuvre, Andromaque, en 1667 ; il a 28 ans. En dix ans il crée six autres tragédies : Britannicus, Bérénice, Bajazet, Mithridate, Iphigénie, Phèdre, et une comédie excellente : les Plaideurs. Après l'échec de Phèdre, il renonce à la tragédie et se consacre à son travail d'historiographe du roi. Vers la fin de sa vie, poussé par Madame de Maintenon, il compose pour les jeunes filles du pensionnat de Saint-Cyr, deux nouvelles pièces tirées de la Bible : Esther et Athalie.

    Jean-Baptiste Poquelin Molière 1622 - 1673

    Molière (1622-1673)



    De son vrai nom Jean-Baptiste Poquelin, est le fils d'un tapissier royal. Sans doute le plus grand écrivain de son siècle (c'est l'opinion de son ami Boileau), il a le génie de la "comédie". Acteur, directeur de troupe de théâtre et enfin auteur, il écrit et joue plus de trente comédies, dans lesquelles, grâce à la bienveillance du roi, il se moque des travers de la société de l'époque : préciosité (les Femmes savantes, les Précieuses ridicules), ambitions des bourgeois (le Bourgeois gentilhomme), hypocrisie des "faux dévots" (le Tartuffe), libertinage et dépravation de certains nobles (Don Juan), défauts ridicules (l'Avare, le Malade imaginaire), etc.

    Jean DE LA FONTAINE

    Le "bonhomme" La Fontaine(1621-1695)



    Fait paraître d'abord des Contes, puis des recueils de Fables. Ces fables sont "nos contes des mille et une nuits" qui mettent en scène le Corbeau et le Renard, le Lièvre et la Tortue, la Cigale et la Fourmi, etc., à la fois comédies, petites épopées, romans d'aventures, drames.

     

    Boileau (1636-1711)



    S'est attaqué dans ses Satires (1666) à des écrivains admirés de leur temps, et pourtant généralement médiocres, tel Chapelain, ce qui lui a attiré de solides inimitiés. Dans l'Art poétique (1674), il trace une histoire de la poésie française ("le Parnasse français") et énonce les règles propres aux différentes formes littéraires.

    Et bien d'autres



    À côté de ces "quatre grands", d'autres noms contribuent à faire la gloire des lettres françaises dans des genres très divers.

      

    Madame de Sévigné (1626-1696) adresse à sa fille, Madame de Grignan, de son hôtel du Marais (aujourd'hui musée Carnavalet à Paris) ou de son château des Rochers (en Bretagne), de nombreuses lettres qui sont une chronique vivante et pleine d'humour de "la Cour et de la Ville". Son amie, Madame de La Fayette, a laissé un grand roman, dont on a tiré un film : la Princesse de Clèves.

    La Rochefoucauld, dans ses Maximes, et

    La Bruyère, dans les Caractères, essayent de peindre les hommes et de "décrier les vices du cœur et de l'esprit".

     Bossuet

     qui s'est illustré par ses Sermons, et Massillon.

    Enfin, qui d'entre vous ne connaît les contes de Charles Perrault : Peau d'âne, Barbe bleue, le Chat botté... "Il était une fois...!"


    Les architectes

     




    Claude Perrault

    Plus encore que les écrivains, les architectes travaillent pour le plaisir et la gloire du roi, à la construction et à la décoration de ses palais ou des monuments publics. Ainsi presque tous participent à la grande œuvre artistique du règne : Versailles.

    Ils adoptent les coupoles et les dômes à l'italienne, les frontons triangulaires et les colonnades à la grecque, et même les toits en terrasse, peu adaptés au climat parisien.

    Claude Perrault (1613-1688)



    Construit la Colonnade du Louvre, longue d'environ 170 mètres, qui décore la façade orientale du palais, tournée vers Saint-Germain-l'Auxerrois. C'est un ensemble majestueux, d'une remarquable pureté de lignes, mais sans rapport de style avec le reste du palais.

    Louis Le Vau, architecte

    Le Vau (1612-1670)



    Déjà célèbre comme architecte du Louvre (1655), édifie pour le surintendant des Finances, Fouquet, le château de Vaux-le-Vicomte (1661-1662); Louis XIV le charge ensuite des premiers travaux de Versailles (1668-1670).

    Jules Hardouin-Mansart (1646-1708) et Claude perrault



    Petit-neveu de François Mansart, est le "Premier architecte du roi". Principal constructeur du château de Versailles de 1676 à 1695, il réalise également une chapelle surmontée d'un dôme hardi pour l'Hôtel des Invalides (œuvre de Libéral Bruant (1637-1697), dessine (en 1685) la place Louis-le-Grand (actuelle place Vendôme), puis la place des Victoires, le Grand Trianon (1687), etc.

    Son œuvre à Versailles est continuée par son élève Robert de Cotte, qui termine la chapelle du château.

    Charles PERRAULT

      

    Et bien d'autres



    D'autres architectes, trop souvent ignorés de nos jours, ont laissé à Paris des œuvres bien connues : Porte Saint-Martin, de Bullet ; Porte Saint-Denis, de François Blondel ; Hôtel de Beauvais, d'Antoine Lepeautre.


    Les sculpteurs

     




    Pierre Puget

    Ils s'inspirent également d'une Antiquité de convention et montrent leurs personnages nus ou drapés de la tunique ou de la toge. Ainsi Coysevox représente-t-il Louis XIV en empereur romain... tout en ne consentant pas à lui retirer sa perruque à longues boucles. La plupart des œuvres étaient destinées à décorer jardins et salons de Versailles ; les thèmes en sont très variés, de même que les matériaux employés : pierre, marbre, bronze, terre cuite, bois.

    Antoine Coysevox (1640-1720)



    Originaire de Lyon, est l'auteur d'un grand nombre d'œuvres en bronze, marbre, terre cuite, etc. : beaux bustes réalistes (celui du Grand Condé), statues officielles (Louis XIV en empereur romain, la duchesse de Bourgogne en Diane), groupes antiques (Vénus à la coquille, chevaux ailés des Tuileries), sculptures religieuses et funéraires (tombeau de Mazarin).

    François Girardon (1628-1715)



    Traite les mêmes thèmes que Coysevox. Ses œuvres les plus célèbres sont : l'Enlèvement de Proserpine, Apollon servi par les nymphes, le Bain des nymphes, la statue équestre de Louis XIV (aujourd'hui disparue), qui ornait la place des Victoires, et le tombeau de Richelieu dans la chapelle de la Sorbonne : Richelieu mourant est soutenu par la Religion, pendant qu'à ses pieds pleure la Science.


    Pierre Puget (1622-1694)



    Est le seul grand sculpteur que Louis XIV n'ait pas attiré à la cour. Il se distingue par un art puissant, épris de mouvement et de réalisme. Il décora de superbes sculptures un grand nombre de bateaux de la flotte royale. On lui doit en outre de magnifiques groupes pleins de vie : le Milon de Crotone dévoré par un lion, Persée délivrant Andromède, Alexandre et Diogène.


    Les peintres

     




    Pierre Mignard, autoportrait

    Charles Le Brun, peintre-décorateur

    Charles Le Brun(1619-1690)



    Exerce une influence prépondérante, parfois même tyrannique, sur la peinture. Directeur de l'académie de Rome, il distribue les pensions aux artistes ; directeur des Gobelins, il a sous ses ordres une foule d'artisans et de décorateurs ; chargé de l'aménagement de Versailles, il est aidé par une équipe nombreuse de peintres, de sculpteurs, d'ébénistes, de tapissiers, etc.

    Portraitiste plein d'intérêt (Famille du banquier Jabach, Louis XIV), il est avant tout le peintre des grandes scènes historiques (batailles) et des grands ensembles décoratifs, comme les peintures des plafonds de la galerie des Glaces, qui racontent en un style épique et allégorique les grandes victoires du roi.

    Pierre Mignard (1612-1695)



    Est peu éloigné, dans son art, de Le Brun, auquel il succède dans ses prérogatives en 1690. Peintre de sujets religieux et historiques, portraitiste de talent, il décore aussi le dôme du Val-de-Grâce.

    Hyacinthe Rigaud (1659-1743)



    Est le peintre des rois et des grands : il fait des portraits officiels fastueux "des personnes les plus distinguées de la Cour et de la ville" (Louis XIV en costume de sacre, Bossuet, Boileau).


    Les musiciens

     



    Jean-Baptiste Lulli (1632-1687),

    d'origine florentine, protégé du roi qui a une véritable passion pour la musique, doué d'une, fécondité et d'une originalité remarquables, produit de nombreuses œuvres religieuses et profanes : opéras, comédies-ballets (souvent pour accompagner des œuvres de Molière). La jalousie et la tyrannie de Lulli rejettent un peu dans l'ombre des artistes qui ne sont pas négligeables comme

      

    Marc-Antoine Charpentier, auteur de musique religieuse, et Michel-Richard de Lalande, compositeur très varié.

     

    François Couperin La tendre mélancolie des sentiments

      

    François Couperin le Grand (1668-1733)

    est l'un des plus grands musiciens français, le grand maître du clavecin, pour lequel il composa de nombreuses œuvres.

      

    Photos google.

    Sources : wikipedia

    Delicious Yahoo! Pin It

    votre commentaire
  •  

     

     

     

    Pour apprécier cette vidéo - clique sur le logo central de DEEZER ( colonne de gauche en bas ) le fond musical sera supprimé.

     

    Delicious Yahoo!

    votre commentaire
  •  

     

     

    Pour apprécier cette vidéo - clique sur le logo central de DEEZER ( colonne de gauche en bas ) le fond musical sera supprimé.

     

     

    Delicious Yahoo!

    votre commentaire
  •  

     

     Pour apprécier cette vidéo - clique sur le logo central de DEEZER ( colonne de gauche en bas ) le fond musical sera supprimé.

     

     

    Delicious Yahoo!

    votre commentaire
  •  

     

     POUR APPRECIER ces VIDEOS - cliquer sur le logo central de DEEZER ( colonne de gauche en bas - le fond musical sera supprimé )

    Delicious Yahoo!

    votre commentaire
  •  

     

     

    POUR APPRECIER ces VIDEOS - cliquer sur le logo central de DEEZER ( colonne de gauche en bas - le fond musical sera supprimé )

    Delicious Yahoo!

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique