• Histoire des arborigènes d'Australie (I)

    ABORIGENES  Kangaroo
    Les ancêtres des aborigènes sont venus d'Asie, il y a environ 40 000 ans, à pied sec, profitant d'une baisse du niveau des mers entre l'Asie et l'Australie. Ils sont arrivés par petits groupes.


    Ces premiers habitants ont connu des marsupiaux géants herbivores, des volcans en éruption, des séismes... Ce n'est qu'il y a 9 000 ans qu'ils ont été coupés de la Nouvelle-Guinée par la remontée des mers.

    Ces hommes vivaient de la chasse, de la pêche, de la cueillette sur des territoires délimités par chaque tribu. Parfois ils se déplaçaient sur des milliers de kilomètres. Ce n'était ni des agriculteurs, ni des éleveurs.

    Les Kooris(1) n'avaient pas d'écriture mais parlaient plus de 600 dialectes tous apparentés (regroupés en 200 langues et 25 familles linguistiques) et possédaient de nombreuses formes d'art. On comptait 500 tribus soit 300 à 500 000 individus vers 1780.

    Menacés d'extermination lors de la colonisation européenne, ils sont tardivement reconnus citoyens australiens en 1967. Aujourd'hui, ils s'organisent pour récupérer leurs terres et trouver un mode de vie qui allie leur culture et l'époque moderne.

    Aborigènes

    Comme ils étaient nomades, il était logique de ne pas s’encombrer de trop de choses lors des déplacements. Le rythme des déplacements étaient celui des pluies, des saisons, l’eau et la nourriture étant un soucis quotidien.

    Les fluctuations géographiques, climatiques ont influencé certaines différences d’une tribu à une autre dans leur manière de vivre, et les gens habitant près de l’eau salée ou d’eau permanente avaient plus de temps de loisirs et moins de déplacement à faire que le chasseur cueilleur vivant en zone aride.

    Selon les régions, les outils diffèrent dans leur forme et usage, même si le bois est l’élément naturel le plus usité pour fabriquer des boomerangs, de toute taille, usage et forme.

    Ils fabriquaient des huttes qu’ils laissaient debout et reconstruisaient si nécessaires quand ils revenaient sur le camp, et ils laissaient des pierres à moudre, trop lourdes à transporter. Chacun avait une tâche attribuée, et les femmes s’occupaient de la cueillette et du petit gibier, tandis que les hommes chassaient le gros gibier comme les émeus, le kangourou, le pérentie, ce grand varan de plus de deux mètres de long.

    LIEU DE VIE
    Les Aborigènes d’Australie sont pour la plupart concentrés dans les régions septentrionales du pays. Beaucoup vivent dans des réserves appelées ‘communautés’, et d’autres sont plus ou moins noyés dans les prolétariats des grandes villes ou éparpillés dans les agglomérations des petites villes où la politique de l’assimilation peut entraver la voie d’une pratique spirituelle ancestrale.

    Ils habitent les îles comme la Tasmanie (malgré l’extermination presque totale des insulaires de cette île) au sud, à l’est et le nord , île Fraser, île de Palm Island, Mornington, Groote, Barthurst et l’île de Melville. Une population de quelques 6000 insulaires vivent dans l’archipel du Détroit de Torres, dont TI (Thursday Island) est la capitale. 25 000 insulaires vivent sur le grand continent australien.

    Art aborigènes Depuis la restitution des terres de 1976 , et de l’Acte des titres de natifs, ces jugements ont permis à certains de retourner vivre sur les lieux de vie de leurs ancêtres. La notion originelle du ‘HOMELAND’ est lié au pays de leurs ancêtres, leurs croyances et leur mode de vie ancestral.

    Ces homelands selon eux, sont leur identité intrinsèque, les affiliations à leur(s) lieu(x) de création, lieu des origines, lieu de vie de leurs ancêtres et de leur groupe familial. LA TERRE NE LEUR APPARTIENT PAS, ILS APPARTIENNENT A LA TERRE, et la pensée blanche sur le droit foncier s’élève encore rarement au-dessus des contraintes politiques, juridiques et administratives, pour faire valoir leur principe de la propriété.

    Le fondement du droit foncier aborigène, est l’ascendance commune qui existe entre tous les êtres vivants et la terre : les mêmes forces spirituelles qui les ont crées, et depuis, de génération en génération, d’initié en initié, elles se transmettent, notamment dans les peintures, faisant d’elles, au sens propre, des titres de propriété.




    L'ART ABORIGENE  Art aborigènes
    La civilisation aborigène ignore l'écriture. Le savoir y est transmis par le biais de la parole et de peintures rituelles réalisées à des fins d'initiation. Les représentations picturales, qui intègrent l'évocation du Temps du Rêve, sont toujours interprétées selon le niveau d'initiation de celui qui peint et de celui qui regarde.

    Les peintures rupestres. De récentes découvertes scientifiques font remonter l'apparition de peintures rupestres aborigènes à plus de 40 000 ans. C'est l'une des plus anciennes formes d'art connues (à titre de comparaison, les peintures pariétales des Grottes de Lascaux sont datées de 17 000 ans). On trouve les peintures rupestres d'Australie dans le nord de cette immense île-continent (Région des Kimberleys et Terre d'Arnhem). Elles représentent les acteurs du Temps du Rêve que la peinture sur toile reprendra.

    Les peintures sur sol. Evoquant le Temps du Rêve, elles sont toujours réalisées à l'occasion de grands rassemblements rituels - corroborees - qui réunissent les aborigènes "gardiens" de Rêves spécifiques. Ces compositions sur le sol peuvent s'étendre sur près d'un hectare. Sur un terrain préparé, elles associent aux pigments naturels, principalement des ocres, et au charbon, des plumes et des éléments végétaux. Ces réalisations sont éphémères et malgré la permanence des motifs, elles témoignent de l'aspect transitif de la culture aborigène.

    Les peintures sur écorce. La technique date du début du XXème siècle. Elle s'est développée dans les régions boisées du Nord de l'Australie. Elles sont peintes de motifs variés renvoyant tous aux mythes du Temps du Rêve.

    Art aborigènes
    Les peintures sur toile. Elles apparaissent, à Papunya (centre de l'Australie), dans les années 1970 à l'initiative d'un professeur de dessin, Geoffrey Bardon. Ce qui était à l'origine un travail proposé à des adolescents peignant en commun des fresques murales suscita vite des pratiques individuelles. Des adultes s'y intéressèrent ; il s'agissait pour eux de retrouver, de préserver et de transmettre leur patrimoine culturel et artistique menacé, en le représentant, tout d'abord sur carton, puis sur toile. L'essentiel des peintures sur toile reprend les motifs du Temps du Rêve : évocation des Grands Ancêtres, des sites liés à leur commémoration et de cérémonies sacrées organisées autour de points d'eau... Héritière des peintures rupestres, sur sol et sur écorce, la peinture sur toile en reprend les symboles. Chaque symbole, comme le U, le trait, ou bien encore le cercle, renvoie à une codification esthétique précise. La représentation des motifs et des thèmes perçus du haut, du ciel permet de découvrir, avec une liberté de points de vu, la peinture. La vision aborigène peut ainsi mêler premier-plan et arrière-plan, terre, mer et ciel, ordres humain, naturel et cosmique. Il n'y a pas, à proprement parler, d'échelle topographique mais plutôt la manifestation des relations privilégiées de l'artiste avec les éléments essentiels qu'il veut mettre en valeur. Cela tient à l'importance du Temps du Rêve : temps - espace où la chronologie et les distances sont abolies. Enfin il convient d'étudier l'origine et la technique du pointillisme. Ce sont les peintures sur sable où l'on fixait les motifs en enfonçant le doigt dans le sol qui définiront cette technique. Cela explique la dimension très tactile de la peinture aborigène, un art du toucher et de la matière. Ils permettent de signifier un univers riche d'éléments co-existants, alors qu'un tracé de lignes implique toujours du fait même de la linéarité, l'existence d'une chronologie, inconnue du Temps mythique du Rêve que la peinture aborigène évoque.

    Art aborigènes Sculpture.   Il s'agit d'une production, généralement en bois, relativement rare, limitée au nord du continent : région de Maningrida et de Melville Island. Ces régions très boisées permettent en effet la production de nombreuses sculptures. Les sculpteurs de ces régions du nord-est sont spécialisés dans la reproduction des "Esprits Mimi", esprits des ancêtres, marins et cosmiques du Temps du Rêve. Les sculptures sont en bois, peintes à l'ocre naturel ou à la peinture acrylique. Elles ont des formes très élancées. A Melville Island, la production sculpturale est caractéristique de l'art très ritualisé des Tiwis, spécifique d'un monde insulaire doté d'une mythologie propre, distincte des rites du Temps du Rêve - qui sont ceux des clans de pleine terre. Il s'agit d'objets votifs, soit de têtes, dont certaines superposées, soit de personnages en pied. Ces figures, masculines ou féminines, sont associées à l'esprit protecteur de l'île. Parallèlement à ces figures humaines à valeur totémique forte que confirme leur aspect massif, il y a aussi des figures animales d'oiseau, peintes de couleurs vives et d'aspect hiératique. Ce sont aussi des totems qui évoquent les divinités créatrices du monde selon les Tiwis.


    100 ans de lutte
    pour les droits
     


    • Les Aborigènes ne se sont jamais comportés en victimes. Expulsés de leurs territoires ancestraux, ils ont gagné leurs droits par la lutte, droits qui leur étaient encore refusés il y a 30 ans. La première forme de manifestation aborigène a été le boycott le 26 janvier 1888 de la commémoration du centenaire de l'arrivée du Captain Philip à Sydney Cove.
    • Si toute discrimination légale est abolie, les lois pénales pour autant restent en leur défaveur. La réticence des Australiens à laisser les Aborigènes prendre en mains leur avenir aboutit, dans les faits, à un semi-apartheid jusqu'en 1930.
    • Entre 1910 et 1970, près de 100 000 aborigènes ont été séparés de leurs familles, placés par la contrainte dans des institutions ou adoptés par des familles blanches et forcés de parler l'anglais et de suivre les règles du Commonwealth. On a appelé ce phénomène stolen children (les enfants volés).
    • En 1938, le mouvement pour les droits civiques des Aborigènes boycotte 150 ans de colonisation en instaurant le 26 janvier un " jour des larmes ". Un millier de personnes se retrouvent pour la première conférence sur la citoyenneté aborigène.
    • 1940 : les Aborigènes dans les réserves ont désormais le droit à une scolarité égale.
    • 1960 : manifestations importantes pour l'abolition des mesures discriminatoires et obtenir la reconnaissance des droits territoriaux.
    • 1965 : le Dr Kumantjayi Perkins organise la Freedom ride. Un bus traverse les Nouvelles Galles du Sud avec des étudiants pour sensibiliser les Australiens à l'intolérance raciale.
    • En 1966 a lieu dans une exploitation de bétail, à Wave Hill, la première grève aborigène pour de meilleurs salaires et contre les mauvaises conditions de vie. Cette grève, soutenue par les syndicats et les différentes communautés indigènes, et la marche des Gurundji mettent en lumière le besoin de justice pour tous.
    • 1967 : référendum. Les Australiens votent à une majorité écrasante de 90% l'intégration des Aborigènes dans le recensement national. Ils deviennent ainsi officiellement des citoyens australiens mais ils demeurent marginalisés. La discrimination reste forte.
    • 1972 : le 26 janvier, des Aborigènes plantent une tente sur les pelouses du Parlement de Canberra, qui leur sert d'ambassade. Au même moment, Harold Thomas dessine le drapeau aborigène noir, rouge et jaune ; aujourd'hui ce drapeau flotte toujours sur le site. A l'écoute de leurs revendications, le ministre travailliste de l'époque, Gough Whitlam, remplace la politique d'assimilation par une politique d'autodétermination donnant aux Aborigènes le droit d'exprimer leurs besoins et priorités et le meilleur moyen d'y accéder. La création du ministère des Affaires aborigènes symbolise ce pas en avant.
    • 1976 : les Aborigènes sont autorisés à revendiquer les terres non aliénées s'ils fournissent la preuve de leur ancienneté territoriale. Lorsque cette preuve est apportée, ils peuvent exercer un contrôle sur les activités, par exemple minières. La loi stipule qu'un intéressement à l'exploitation minière pourra être octroyé sur tout terrain affecté à des groupes aborigènes. Etat par Etat, des lois territoriales analogues sont votées. D'importants terrains reviennent aux Aborigènes dans le Territoire du Nord, notamment Arnheim Land, réserve jouxtant le parc national de Kakadu.
    • 1980 : création de la commission du développement aborigène (ADC), chargée de participer à l'élaboration de la politique gouvernementale. Elle est gérée par un directeur aborigène. Objectif : permettre le développement économique et social en procurant à ses membres les moyens d'autosuffisance.
    • 1985 : le Rapport établi par la commission australienne de réforme législative recommande la reconnaissance des droits. Le gouvernement négocie en permanence avec les Etats pour qu'ils soient appliqués.
    • 1987 : face à la mortalité importante des prisonniers aborigènes en prison, une commission royale chargée des cas de décès est créée. 19 commissions vérifient que tout Aborigène a accès à une aide judiciaire. Mais la loi échoue lorsqu'il faut accorder la reconnaissance des droits coutumiers.
    • 1987 : création de l'AEDP (Plan de développement de l'emploi pour les Aborigènes). Objectif : l'autonomie économique de la population et la réduction de ses besoins d'aide sociale.
    • Septembre 1987 : Bob Hawke, le Premier ministre travailliste de l'époque, négocie la rédaction d'un Traité.
    • 1988 : célébration du Bicentenaire de la découverte de l'Australie. A Sydney, une marche réunissant 40 000 personnes proteste contre " 200 ans de larmes pour les Abos ".
    • En Juin 1988, Bob Hawke donne son accord pour que soit signé un Traité dont les Aborigènes seraient les principaux auteurs. Ce projet indique la volonté de réconciliation, à l'occasion du Bicentenaire. Mais beaucoup d'intérêts contraires empêchent la réussite de ce Traité. Les efforts du gouvernement sont critiqués mais le ton est donné.
    • 1990 : le département des Affaires aborigènes créé en 1972 se transforme en ATSIC (Aboriginal and Torres Strait Islanders Commission), autorité sous le contrôle aborigène. Cette autorité donne aux Aborigènes la possibilité d'influer sur des décisions politiques les concernant, sur le plan des communautés, sur le plan des municipalités et au niveau national.
    • En 1991 est créé à l'initiative du gouvernement le Conseil pour la " réconciliation " aborigène.
    • En mai 1991, une commission nommée par le Parlement enquête sur le nombre disproportionné de décès aborigènes dans les prisons.
    • En juin 1992, la Haute cour australienne décide de rejeter le concept de Terra Nullius et accepte que les insulaires reprennent possession de ce qui leur a toujours appartenu. Ce jugement, baptisé " Mabo décision ", débouche sur une législation des droits territoriaux en décembre 1993.
    • 1997 : après plusieurs années de mobilisation des organisations aborigènes, une enquête nationale sur les " générations volées " aboutit à un Rapport " Bringing them home " (mai 1997). Le choc national est intense. Abus sexuels, châtiments corporels, éducation défaillante, emplois forcés et sous payés. Les conséquences sont importantes sur la société aborigène : perte d'identité, suicides, alcool, troubles mentaux.
    • 2000 : Jeux olympiques. La championne du 400 m, Cathy Freeman, une Aborigène de Melbourne allume la flamme olympique. Le drapeau koori flotte au dessus de Sydney.
    • sources :http://www.lousonna.ch/dossier/hommes/iaborigenes.html

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