• Histoire des CIVILISATIONS

     

    cartouche titre « Un peu d’histoire »

    Voisins et concurrents de l’Égypte

     

     

     

    Il y a environ 6 000 ans, dans certaines régions qui pratiquaient une agriculture particulièrement intensive, les villages dispersés du néolithique cédèrent la place à des sociétés plus complexes. Il s’agit des premières civilisations urbaines dont l’émergence marque le début d’une nouvelle phase dans l’histoire mondiale. Apparemment indépendantes, elles sont apparues dans quatre régions très distantes les unes des autres : les basses vallées du Tigre et de l’Euphrate, en Mésopotamie ; la vallée du Nil, en Égypte ; la vallée de l’Indus autour d’Harappa et Mohenjo-Daro, en Inde et, sur le Huang He (fleuve Jaune) autour d’Anyang, en Chine. - les premières civilisations d’Amérique apparurent beaucoup plus tard.

    Elles se caractérisent par l’émergence de villes qui imposent leur modèle d’organisation sociale et empiètent peu à peu sur les campagnes, constituant des cités. L’existence d’une cité, qui devient souvent un royaume, nécessite une division complexe du travail, une langue écrite et une classe instruite (généralement les prêtres), des bâtiments publics monumentaux, une hiérarchie politique et religieuse, un roi descendant des dieux, et conduit parfois à la revendication d’un empire universel.

    C’est à partir de cette époque que l’on peut réellement parler d’histoire. La dichotomie (division en deux) existait déjà entre le monde civilisé et le monde barbare.

    Les migrations massives de peuples nomades demeurèrent jusqu’au cœur du Moyen Âge une menace constante de déstabilisation pour l’organisation politique des civilisations sédentaires.


     

    Les débuts de la civilisation dans le monde eurasien

     

    • De 3500 à 1500 avant Jésus-Christ

     

    Le développement de sociétés urbaines semble avoir été la conséquence de migrations de populations montagnardes vers certaines vallées ; ces migrations trouvent peut-être leur explication dans des changements climatiques qui auraient rendu l’extérieur des vallées moins favorable à l’habitat. L’exploitation des terres fertiles des plaines alluviales pour nourrir une population en pleine expansion déboucha sur le développement de l’irrigation et l’instauration de mécanismes de contrôle des crues.

    En Mésopotamie et en Chine furent construits des réseaux de canaux pour acheminer l’eau vers les terres voisines du Tigre, de l’Euphrate et du Huang He. En Égypte et en Inde, les crues annuelles du Nil et de l’Indus déposaient un limon fertile idéal pour l’agriculture.



    Les premières cités

    Ces concentrations de populations produisaient des surplus agricoles qui pouvaient être exportés au-delà des fleuves en échange de matières premières et d’objets précieux inexistants sur place, notamment le bronze. Un processus d’urbanisation se mit en place afin d’organiser collectivement, d’abord les systèmes d’irrigation, puis l’artisanat et le commerce.

    Des classes dirigeantes apparurent, souverains ou prêtres. Des systèmes défensifs furent érigés, ainsi que des temples voués au culte et à l’étude. En Mésopotamie, on date le phénomène de 3500 av. J.-C. environ, et en Égypte de 3100. Dans la vallée de l’Indus, les premières villes apparaissent vers 2500 av. J.-C., et en Chine vers 1800 av. J.-C.

    Ces différentes régions n’ont pas connu une évolution politique uniforme. En Égypte se constitua un empire presque immédiatement unifié, qui s’étendait du Delta du Nil jusqu’à la première cataracte, au sud. En Chine, la première civilisation fut celle de la dynastie des Shang (peut-être uniquement dirigeants d’une sorte de confédération).

    En Mésopotamie, aucune ville ne parvint à s’imposer durablement, l’histoire de la région étant dominée pendant 3 000 ans par des luttes de pouvoir entre cités. Dans la vallée de l’Indus, les grandes cités de Harappa et Mohenjo-Daro semblent avoir coexisté jusqu’au déclin des villes de l’Indus, vers 1750 av. J.-C. Il semble que dans tous les cas, les pouvoirs religieux, politique et militaire étaient concentrés entre les mains d’un petit nombre de familles.

    Le commerce et les échanges jouèrent un rôle important dans le développement des premières civilisations. La possession de biens prestigieux et le désir d’acquérir des ressources nouvelles fut un des éléments moteurs de l’émergence des premiers empires en Mésopotamie.

    Au cours du IIIe millénaire av. J.-C. se développèrent des liens commerciaux entre l’Indus et la Méditerranée. Au IIe millénaire, l’urbanisation atteignit l’Anatolie et le monde égéen. L’influence culturelle du Proche-Orient se retrouve dans le travail du bronze des communautés des Balkans. Toutefois, dans de nombreuses parties de l’Eurasie, dont des deltas fertiles comme ceux du Gange et du Mékong, où l’environnement était défavorable aux concentrations de populations, les villages demeurèrent la forme traditionnelle d’organisation sociale jusqu’au Ier millénaire av.J.-C.

     



    Carte de la progression de la civilisation
     

      
      
    La progression de la civilisation
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    Entre 3500 et 1500 av. J.-C. apparurent des sociétés complexes, caractérisées par l’urbanisation, l’écriture et la spécialisation du travail, dans les vallées di Tigre et de l’Euphrate, du Nil, de l’Indus et du Huang Hue. Au IIe millénaire, des sociétés urbaines se développèrent en Anatolie et autour de la mer Égée avant d’influencer les communautés des Balkans, dans le sud des Carpates.

    Bien que l’ambre de la Baltique ait été exporté jusqu’à Mycènes, les boulversements survenus au Proche-Orient eurent peu d’impact dans le nord et l’ouest de l’Europe où l’on assista, aux IIIe et IIe millénaires, à l’épanouissement d’une culture commune, celle des vases campaniformes, où les villages restaient la forme courante d’organisation communautaire.

    Dans le même temps, dans les steppes d’Asie centrale, le cheval fut domestiqué et l’on vit apparaître des groupes de pasteurs nomades destinés à exercé une influence considérable sur les civilisations urbaines d’Orient et d’Occident.


     

    Temple d’Éridou
    Le temple d’ÉridouAu sud de la mésopotamie, il fut construit vers 3000 av. J.-C. La vaste plate-forme sur laquelle il est situé préfigure la ziggourat (temple à étage).

    Dans la liste des rois sumériens, Éridou est citée comme ayant été le premier siège du pouvoir en Mésopotamie. Toutes les villes primitives étaient également des centres de culte importants comportant de vastes complexes de temples construits dès les débuts de leur développement : ces travaux nécessitaient en effet une main-d’œuvre importante et une organisation considérable.



    L’écriture apparut quasiment au tout début de chacune de ces quatre civilisations. En Chine, le premier usage attesté de l’écriture fut la divination : les monarques Shang se servaient de carapaces de tortue et d’omoplates de bœuf pour connaître la volonté des dieux, et y gravaient leurs prédictions. En Égypte, en Mésopotamie et dans la vallée de l’Indus, l’écriture servait surtout à des fins administratives.

    Les inventaires et les comptes étaient gravés sur des tablettes d’argile, substance présente en abondance et facile à réutiliser ; les premiers exemples d’écriture nous sont souvent parvenus parce que des tablettes d’argile avaient été cuites par erreur et le message figé pour la postérité. Leur usage s’étendit à la Crête et à la Grèce vers 1500 av. j.-C. En Égypte et en Mésopotamie, l’usage de l’écriture se développa rapidement.

    De grandes inscriptions à caractère public telles que des codes de lois étaient érigées par les monarques comme symbole de leur sagesse, de leur justice et de leur pouvoir. C’est à partir de ces monuments à la gloire de leurs grandes réalisations que l’histoire ancienne peut être reconstituée.

     

    vers 3500 av. J.-C.
    Construction d’Eanna, à Ourouk, et d’autres complexes culturels au cœur des premières cités mésopotamiennes.
    vers 3200 av. J.-C.
    Premiers documents écrits en Mésopotamie.
    vers 3100 av. J.-C.
    Premiers palais à Abydos, sous la Ire dynastie égyptienne.
    vers 2500 av. J.-C.
    Urbanisation dans la vallée de l’Indus.
    vers 2350 av. J.-C.
    Centres de culte à Troie, dans l’ouest de l’Asie Mineure.
    vers 1800 av. J.-C.
    Début de la dynastie des Shang en Chine.

     



    puceAnkh.gifSources bibliographiques, pour toute la rubrique
    - Nicolas Grimal, Histoire de l’Égypte ancienne, Fayard, 1988
    - Ouvrage collectif, Égypte, terre éternelle des pharaons, 5000 ans d’histoire , Éditions Atlas - nov’edit, Paris 2002
    - Ouvrage collectif, Passion de l’Égypte (collection de fiches), Édition Atlas, Paris 2003
    - Guillemette Andreu - Patricia Rigault - Claude Traunecker, L’ABCdaire de l’Égypte ancienne, Flammarion, Paris 1999
    - Bill Manley, Atlas historique de l’Égypte ancienne, Autrement - Collection Atlas/Mémoires, Paris 1998
    - Pascal Vernus et Jean Yoyote, Dictionnaire des pharaons, Noêsis, Paris 1996
    - Christiane Ziegler, Égypte le passé - Civilisation, 3 000 ans d’histoire pour le magazine L’Express, Paris décembre 1996
    - Aude Gros de Beler, Les Pharaons, Molière, Paris 1997
    - Georges Posener, Dictionnaire de la civilisation égyptienne, Fernand Hazan, Paris 1988
    - Guy Rachet, Dictionnaire de la civilisation égyptienne, Larousse, Paris 1992
    - Charles Freeman, L’Héritage de l’ancienne Égypte, Éditions Celiv, Paris 1997
    - Le petit Larousse illustré, Larousse/VUEF, Paris 2003
    - Lucia Gahlin, L’Égypte - Dieux, mythes et religion, Éditions EDDL, Paris 2001
    - Alberto Carlo Carpicci, Merveilleuse Égypte des pharaons, J.M. Mollet, 1980
    - Jürgen von Beckerath, Chronologie des pharaonischen Ägypten, Mainz am Rhein, Phlipp von Zabern, 1997 (dates)
    - Œuvre collective, L’Égypte, sur les traces de la civilisation pharaonique, Könemam, Cologne, Allemagne
    - Joachim Bretschneider, La Mésopotamie, art. paru dans « Pour la science », hors série “Les cités antiques”, octobre 1999
    - Ouvrage collectif, Atlas de l’histoire du monde, Éditions Sélection du Reader’s Digest - © Times Books, 1999
    - Ouvrage collectif, Voyages en Égypte, Éditions Sélection du Reader’s Digest, Paris 1992, 1999
    - Ouvrage collectif, L’Égypte et le Proche-Orient, Librairie Gründ, Paris 1987
    - Les cahiers de Science & Vie, La fin des Pharaons, n° 99, juillet-Août 2007
    - Robert Hamilton, Égypte ancienne - Le temps des Pharaons, traduction de Marie-Odile Kastner, Parrangon Books Ltd,
     

     

    Mémo, le site de l’histoire : Qu’est-ce qu’une civilisation ? 

      

    sources : http://www.immortelleegypte.com/articles.php?lng=fr&pg=1088

      

     

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