• Désirée Clary

    En ces temps de fêtes, j’ai décidé de vous raconter l’histoire quelque peu exceptionnelle d’une jeune provinciale française devenue, presque par hasard, reine des royaumes de Suède et de Norvège! Laissez-vous compter le fabuleux destin de Désirée Clary (1777-1860).

      

    Bien que son nom soit aujourd’hui oublié, même dans sa ville natale, Marseille, le destin de cette jeune femme est étonnant. Née à Marseille le 9 novembre 1777, Bernardine Eugénie Désirée Clary est la fille du riche marchand-fabricant François Clary, qui a fait fortune dans le commerce de la soie. Ce sont les liens de sa famille avec les Bonaparte qui vont rapidement sceller son destin.

    D’abord courtisée par Joseph Bonaparte, frère aîné de Napoléon, en 1794, elle voit ce dernier lui préférer finalement sa soeur Julie. Qu’à cela ne tienne, c’est bientôt avec Napoléon Bonaparte lui-même que Désirée se fiance, le 21 avril 1795 bien que sa famille y soit assez réticente: « J’ai déjà bien assez d’un Bonaparte dans ma famille ! » s’exclame la mère de Désirée. En effet, Julie, la sœur de Désirée, est déjà mariée avec Joseph Bonaparte. . Mais la jeune femme joue de malchance : quelque temps plus tard, Napoléon rencontre à Paris Joséphine de Beauharnais dont il tombe follement amoureux. Non sans remords (on raconte que malgré tout il ne cessera jamais de l’aimer), il rompt alors ses fiançailles avec la belle Désirée…

    Celle-ci ce console finalement avec un des généraux de Bonaparte, Jean-Baptiste Bernadotte, de quatorze ans son aîné, qu’elle épouse à Sceaux le 17 août 1798. Maréchal d’Empire en mai 1804, Bernadotte voit ses relations avec l’Empereur se dégrader rapidement. Indigné que Napoléon lui ait retiré un poste de commandement, Bernadotte accepte alors la proposition de Charles XIII de Suède de faire de lui son héritier, le 21 août 1810. Désirée suit son époux à Stockholm, et à la mort de Charles XIII en 1818, Bernadotte accède au trône sous le nom de Charles XIV, Désirée devenant, pour sa part, la reine Desideria.

    Mais Désirée jouera un rôle caché beaucoup plus important que cela au sein des cours françaises et suédoises: elle est partout. Petit espion tantôt français, tantôt suédois, ravissante, aimée passionnément, faussement ingénue, elle surveille Talleyrand, Fouché, Joseph Bonaparte qui a épousé sa soeur Julie Clary et en a fait une reine d’Espagne. Plus tard, Louis XVIII, le tsar Alexandre puis le duc de Richelieu avec lequel elle vivra une liaison tapageuse.

    Désirée ne s’installe définitivement à Stockholm qu’à partir de 1823, lors des fiançailles de son fils unique, Oscar Ier, avec Joséphine de Leuchtenberg, fille d’Eugène de Beauharnais. Couronnée officiellement en 1829, la nouvelle reine de Suède passe les dernières années de sa vie dans un isolement croissant. Elle perd son époux (1844), puis sa sœur (1845) et s’éteint en 1860 à l’âge de 83 ans, un an après la mort de son fils. Elle repose dans la principale église luthérienne de Stockholm, aux côtés de son époux. A Marseille, sa ville natale, elle n’a laissé son nom qu’à une station de métro tandis qu’à Stockholm une reine marseillaise sommeille à jamais.

    Une héroïne incroyable. Belle, aimée d’un empereur (Napoléon Ier) et d’un beau sergent qui deviendra roi de Suède, fille d’un humble négociant de Marseille, elle sera couronnée à Stockholm, au cours d’une cérémonie somptueuse pour elle seule. Destin extraordinaire que celui de Désirée Clary ; il a d’ailleurs passionné à juste titre les cinéastes et les grands comédiens : Sacha Guitry (Le destin fabuleux de Désirée Clary), Jean-Louis Barrault, Marlon Brando ont voulu, tour à tour, être cet amant génial : Napoléon qui l’aima secrètement toute sa vie et fut peut-être le vrai père d’ Oscar, roi de Suède à son tour.

    Belle, certes, mais aussi redoutable, une femme sensuelle et clairvoyante, dont la destinée hors du commun se mêla avec la grande Histoire.


    A lire:


    -Le livre de Colette Piat, Mémoires insolents de Désirée Clary (2005)
    -La chronique du quotidien La Provence:
    http://www.laprovence.com/article/histoire/le-fabuleux-destin-de-desiree-clary-12

     
      
    source :
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    1944 - 2003 : de la reconnaissance partielle à une reconnaissance presque complète
     
    Epilogue : la République reconnaît les femmes comme citoyennes à part entière
     

    Après la Seconde Guerre Mondiale, le rôle joué par bon nombre de femmes dans laLes femmes votent dès mars 1945 Résistance et l'idéal de liberté prôné par le Conseil National de la Résistance, jouèrent sans aucun doute dans la décision de donner aux femmes le droit de vote après la libération.

    Ainsi, l'ordonnance d'Alger du 21 avril 1944 accorda sans restriction aucune le droit de vote et l'éligibilité aux femmes en vue des élections prévues dans les communes libérées.

     
     
     
    1944-2003 : la République rattrappe son retard, mais...
     
    A partir de 1944-1945, les luttes se porteront sur tous les secteurs de la vie politique, culturelle, sociale. Après la reconnaissance, le long combat pour la concrétisation de l'égalité des droits commence …
     
    1946 - Le préambule de la Constitution pose le principe de l’égalité des droits entre hommes et femmes dans tous les domaines.
    1947 - Germaine Poinso-Chapuis est la première femme nommée ministre.
    1955 - L’avortement thérapeutique est autorisé.
    1959 - Mise en place progressive de la mixité dans l’enseignement secondaire.
    1966 - La femme peut exercer une activité professionnelle sans l’autorisation de son mari.
    - Interdiction de licencier une femme enceinte et pendant douze semaines après l’accouchement.
    1967 - La loi NEUWIRTH autorise la contraception sans lever l’interdiction de toute publicité en dehors des revues médicales.
    1970 - Remplacement de l’autorité paternelle par « l’autorité parentale ». Désormais, la notion de chef de famille est supprimée. Les époux assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille.
    1971 - Décrets d’application de la loi NEUWIRTH après quatre ans d’attente.
    1972 - Le principe de l’égalité de rémunération entre hommes et femmes pour les travaux de valeur égale est admis.
    - Création des centres de planification ou d’éducation familiale et des établissements d ‘information, de consultation ou de conseil familial.
    - Possibilité pour la femme mariée de contester la paternité du mari et de reconnaître un enfant sous son nom de naissance.
    - Mixité de l’École Polytechnique.
    1974 - Création d’un Secrétariat d’État à la Condition féminine.
    - Remboursement des frais relatifs à la pilule et au stérilet par la Sécurité Sociale.
    1975 - Loi provisoire autorisant l’interruption volontaire de grossesse.
    - Loi sanctionnant les discriminations fondées sur le sexe en particulier en matière d’embauche.
    - Instauration du divorce par consentement mutuel.
    - Choix du lieu de résidence par les deux époux avec possibilité d’opter pour deux domiciles différents.
    1977 - Création du congé parental pour les femmes des entreprises de plus de 200 salariés.
    - Création d’une allocation de remplacement maternité pour les agricultrices.
    1978 - Extension de la qualité d’ayant droit d’un assuré social à la personne vivant maritalement avec lui.
    1979 - L’interdiction du travail de nuit dans l’industrie est supprimée pour les femmes occupant des postes de direction ou des postes techniques à responsabilités.
    - La loi définitive sur l’interruption volontaire de grossesse.
    1980 - Mesures visant à la reconnaissance de l’activité professionnelle des conjointes d’agriculteurs.
    1981 - Création d’un Ministère des Droits de la femme.
    1982 - Remboursement de l’interruption volontaire de grossesse par la Sécurité Sociale.
    - Loi du 10 juillet offrant la possibilité aux conjoints d’artisans et de commerçants travaillant dans l’entreprise familiale d’opter pour un statut de conjoint collaborateur, de conjoint salarié ou de conjoint associé, générateur de droits propres en matière de couverture sociale.
    - Instauration d’un congé de maternité rémunéré pour l’ensemble des femmes de professions non salariée non agricole.
    1983 - Loi sur l’égalité professionnelle entre hommes et femmes (dite "Loi ROUDY")
    - Double signature obligatoire sur la déclaration de revenus d’un couple marié.
    - Suppression de la notion de chef de famille dans le droit fiscal.
    - Ratification par la France de la Convention internationale sur l’élimination des discriminations à l’égard des femmes (Convention de New-York, 1980)
    1984 - Égalité des époux dans la gestion des biens de la famille et des enfants.
    - Congé parental ouvert à chacun de parents salariés sans distinction de sexe.
    1985 - Possibilité d’ajouter au nom porté par l’enfant le nom de l’autre parent.
    - Extension aux discriminations fondées sur le sexe et la situation de famille des sanctions prévues en matière d’agissements discriminatoires.
    - Loi prévoyant la protection sociale du conjoint divorcé pour rupture de la vie commune.
    - Allocation parentale d’éducation pour les personnes qui interrompent ou réduisent leur activité professionnelle lors de la naissance, de l’accueil ou de l’adoption d’un enfant de moins de trois ans, portant à trois le nombre d’enfants.
    1987 - Assouplissement des restrictions à l’exercice du travail de nuit de femmes et abolition de certaines dispositions particulières au travail des femmes.
    - Assouplissement des conditions de versement de l’allocation parentale d’éducation.
    - Élargissement des cas où l’autorité parentale peut être conjointe (divorce, concubinage).
    1988 - Les agricultrices peuvent désormais bénéficier à titre personnel des aides à l’installation dans l’agriculture lorsqu’elles créent une société avec leur conjoint.
    - Possibilité pour les conjoints, dans le régime des professions libérales, de cumuler l’allocation de réversion avec leurs avantages personnels de vieillesse ou d’invalidité.
    1990 - Loi du 10 juillet qui permet aux associations luttant contre les violences familiales de se porter partie civile.
    1992 - Loi du 22 juillet créant le délit de harcèlement sexuel dans les relations de travail
    1993 - Loi du 27 janvier dépénalisant l’auto-avortement et créant le délit d’entrave à l’IVG
    - Loi du 8 juillet posant le principe de l’autorité parentale conjointe à l’égard de tous les enfants (légitimes ou naturels) quelle que soit la situation de leurs parents (mariage, séparation, divorce).
    1994 - Loi sur la famille portant notamment extension de l’allocation parentale d’éducation dès le 2ème enfant, relèvement progressif de l’âge limite pour le versement des allocations familiales et extension du bénéfice de l’allocation de garde d’enfant à domicile à taux réduit pour les enfants de 3 à 6 ans.
    - Introduction du congé parental à mi-temps dans la Fonction publique.
    1995 - Création d’un Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes.
    1998 - Circulaire du 6 mars relative à la féminisation des noms de métiers.
    2000 - Loi du 6 juin sur l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives.
    2001 - Loi relative à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.
    - Loi relative à l’interruption volontaire de grossesse et à la contraception.
    (Source : document Insee - www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/femmes_et_hommes.htm)
       
    2003 La députée PS du Pas-de-Calais Catherine Génisson réalise un rapport analysant la persistance des inégalités hommes-femmes au travail : l'écart de rémunération moyen entre hommes et femmes reste de 24 %, dont un écart "résiduel" de 11 %.
     
     
    <<< Combat des femmes sous la Troisième République Liens >>>
     
     
     
     
     
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    De l'Empire à la Deuxième République : les blocages du Code Napoléon

     
    Institutionnalisation de l'infériorité de la femme
     
    Le Code Civil ou Code Napoléon

    On ne pouvait guère espérer de Napoléon un progrès sur le terrain de l'égalité quand on sait que celui ci avait dit à la veuve de Condorcet :

    " je n'apprécie pas les femmes qui se mêlent de politique "

    Le règne de Napoléon a été une parenthèse à la fois sanglante et glorieuse entre le Révolution et la Restauration dite bourgeoise. Il laisse une œuvre qui lui a survécu : le Code civil (1804), appelé en 1807 Code Napoléon.

    Globalement réactionnaire, ce code donne aux femmes un statut discriminatoire et régit de façon inégalitaire les relations entre les sexes. Ainsi, à la question " qu'est ce que la femme ", la réponse apportée est claire : un être de second rang si elle n'est pas mariée, un être mineur et incapable si elle est mariée. Nuls droits politiques ou civils ne lui sont accordés. Ce code institutionnalisait en droit l'infériorité de la femme.
    Cependant, l'égalité demeurait totale face à l'impôt et à la prison. Ainsi, les femmes n'avaient que des devoirs (voir caricature datant des années 1910-1920)

     

    N.B. : Le XIXème siècle procéda à de minimes retouches avec, par exemple, une loi de 1880 permettant aux femmes d'ouvrir un livret de Caisse d'Epargne . Mais ce n'est qu'en 1910 que les femmes purent retirer leur argent sans autorisation de leur mari.
    Il faut savoir que le statut des femmes sera révisé très lentement par le législateur et l'égalité civile complète ne sera instituée dans les textes qu'en 1985 !
     
     
     
    Loin du suffrage universel : la Restauration
     

    Louis XVIIILa Restauration est marquée par une prodigieuse reprise en main du clergé . La religion, le trône, la nation, la famille sont les valeurs dominantes de ce nouveau régime conservateur, attentif à la protection de ses intérêts et de l'ordre établi. Voter n'est plus un droit mais un devoir , comme le soulignait Thiers : " on est électeur pour l'utilité du pays ". Ainsi, pendant toute la première moitié du XIXème siècle, le loi électorale élargit ou restreint le nombre des électeurs en fonction des besoins.

    Un autre débat se superpose à celui de l'ampleur du corps électoral : les élections devaient-elles être directes, chaque vote contribuant au choix de l'élu, ou indirectes, le vote de la base servant à sélectionner des grands électeurs choisissant ensuite des élus ? Dans un premier temps, le système indirect est dénoncé comme un artifice, une méthode mensongère. Benjamin Constant se fait l'avocat de l'élection directe. Au sein de ce débat, le droit de vote féminin n'est quasiment jamais abordé.

    Saint Simon

    Pourtant, des hommes continuent de se battre pour l'émancipation civile des femmes, tels les saint-simoniens. Mort en 1825, le comte Saint Simon laisse derrière lui de généreux principes : la fin des antagonismes sociaux grâce à l'association universelle. Pour l'harmonie sociale, les Saint-simoniens prônent l'égalité des sexes. Prosper Enfantin, zélé disciple de Saint Simon, dit ainsi

    " c'est par l'affranchissement complet des femmes que sera signalée l'ère Saint Simonienne "

    Pour libérer la femme, les Saint Simoniens procèdent à une critique virulente du mariage, songeant même à imposer le célibat à leurs membres.

    Prosper Enfantin
     
     
     
    Révolution industrielle : émergence du prolétariat, rejet du féminisme par les socialistes
     

    Atelier de criblage du charbon vers 1860 - Musée des Arts et  MétiersAprès l'Angleterre, la France entre à son tour dans la Révolution industrielle et voit naître une réalité nouvelle : le prolétariat. Le prolétaire est celui qui ne possède aucune propriété. Il n'y a point de patrie pour quiconque n'a aucun lien qui l'attache au sol qu'il habite. Or selon l'Encyclopédie de Diderot, la citoyenneté c'est la propriété ; le prolétaire n'est pas citoyen puisqu'il n'est pas propriétaire.

    A partir de 1848, un grand mouvement démocratique voit le jour, et la revendication politique du suffrage universel est absorbée dans les revendications d'intégration sociale. Cette situation donna naissance au clivage qui traversa longuement et profondément le mouvement féministe entre celles qui entendaient participer avec les hommes au combat social et celles qui entendaient garder la spécificité de la revendication féministe.

    La grande majorité des socialistes de l'époque rejetait le mouvement féministe. Proudhon, ardant avocat de l'égalité sociale et inventeur de l'adage " la propriété, c'est le vol ", consacra sa vie avec violence à la condition ouvrière, mais il fut également l'un des plus virulents détracteurs du féminisme. La condition ouvrière était, selon lui, menacée par l'apparition d'une main d'œuvre ouvrière féminine à bon marché :

    Proudhon" L'humanité ne doit aux femmes aucune idée morale, politique, philosophique […]. L'homme invente, perfectionne, travaille, produit et nourrit la femme. Celle-ci n'a même pas inventé son fuseau et sa quenouille ".

    sources : http://www.thucydide.com/realisations/comprendre/femmes/femmes4.htm

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  • Les femmes et la République en France - La République au féminin
     
     
    La Deuxième République (1848-1850) et le Second Empire (1851-1871)
     
    Deuxième République : le suffrage " universel " se met en place
     

    Ledru RollinL'instauration du suffrage " universel " se fit sous l'impulsion de Ledru Rollin en mars 1848 (décret instaurant le suffrage universel) : tout citoyen âgé de 21 ans avait désormais le droit de vote, sans restriction ni de capacité, ni de cens, les pauvres comme les domestiques, les vagabonds comme les travailleurs itinérants. Il suffisait de résider au même endroit depuis six mois. Mais des exclus du suffrage universel demeuraient : ceux qui avaient été privés de leurs droits par la justice, les faillis, les déments internés… et les femmes.

    Après quelques difficultés, le scrutin eut lieu et, surprenant résultat, les modérés l'emportèrent.

     
     
     
    L'engagement des femmes, début du suffragisme
     

    En 1848, un petit mouvement commença à manifester en faveur du suffrage féminin. Eugénie Niboyet (voir fiche >>>), Jeanne Deroin, Louise Colet et Adèle Esquiros lancèrent deux journaux : " La Voix des femmes ", puis " L'Opinion des femmes ". Leur combat était centré sur la liberté civile et politique des femmes. Il ne fut reçu positivement que par un unique député, Victor Considérant. Les esprits s'emportèrent alors avant les élections instaurées par le décret de mars 1848, qui excluaient les femmes du droit de vote.
    " La Voix des femmes " prit une initiative malheureuse : la Société Féministe lança une candidature, illégale parce que féminine, celle d'Aurore Dupin, connue sous le pseudonyme de George Sand. La candidature fut une surprise, notamment pour l'intéressée ! Furieuse, elle cria à la plaisanterie, démentant et critiquant vivement les suffragistes. Si George Sand était féministe, avec une obsession contre le mariage par lequel la femme est maintenue en sujétion, elle n'était cependant pas suffragiste, puisqu'elle n'accordait pas beaucoup d'importance aux droits politiques.

     
     
     
    Discours des partisans et des adversaires du suffrage féminin
     

    Pour les Républicains de 1848, les femmes doivent se contenter de la famille, en raison de leur infériorité physique et intellectuelle, de leur manque d'instruction et parce qu'elles sont sous l'influence de l'Eglise et sous la dépendance économique et juridique de leur mari lorsqu'elles sont mariées.

    Ainsi, Victor Hugo avait adopté une attitude ambiguë : parfois profondément sexiste quand il affirmait :

    " l'homme a reçu de la nature une clé avec laquelle il remonte sa femme toutes les vingt-quatre heures "

    et parfois profondément libéral lorsqu'il écrivait au féministe Léon Richer :

    " dès 1849, dans l'Assemblée Nationale, je faisais éclater de rire la majorité réactionnaire en déclarant que le droit de l'homme avait pour corollaire le droit de la femme et le droit de l'enfant […] "

    L'historien Michelet, lui, était clairement réticent au droit de vote des femmes ; il proclama même au Collège de France :

    " accorder aux femmes le droit de voter immédiatement, ce serait faire tomber dans l'urne électorale quatre-vingt mille bulletins pour les prêtres ".

    Cependant, à cette époque, certains mouvements féministes desservaient leur propre cause. Il suffit de citer les Vésuviennes qui, au nom de l'égalité réclamaient, " le service militaire féminin, l'obligation de mariage à 21 ans pour les femmes, à 26 ans pour les hommes, le doublement de la durée du service militaire pour les hommes qui refuseraient les tâches ménagères ! ". Ces mouvements suscitaient souvent peur et rejet de la part d'une société en lente évolution.

     
     
     
    La question du suffrage universel masculin
     

    Politiques, juristes et philosophes se moquaient bien du droit de vote des femmes. C'est le suffrage universel masculin qui était au cœur de leurs préoccupations. Les conditions d'accès au droit de vote furent aménagées pour obtenir des résultats plus favorables aux conservateurs ou pour exclure du droit de vote " la partie dangereuse des grandes populations agglomérées ", comme le soulignait Thiers.

    Louis Napoléon BonaparteLouis Napoléon Bonaparte rétablit le suffrage universel masculin, lorsqu'il fut élu premier Président de la République, ce qui l'aida à se faire plébisciter. Mais cette première élection au suffrage universel permit surtout à Louis Napoléon Bonaparte de rétablire un pouvoir monarchique. Le souvenir qu'elle laissa aux républicains fut si mauvais que la procédure elle-même en devint suspecte. Ils se servirent de cet échec et de l'immaturité du peuple pour retarder l'extension du droit de vote aux femmes. Ainsi, en 1870, le suffrage universel, supposé être la cause de la faiblesse et des erreurs du pouvoir, fut tenu pour responsable de la défaite. Thiers proposa de réglementer, moraliser et épurer le suffrage. On évoqua le vote plural, les pères de familles, les gros contributeurs fonciers, et les titulaires de certains diplômes disposant de plus d'une voix, ou le vote par catégorie, les gros, moyens et petits contributeurs ayant une représentation équivalent.

    Mais à partir de 1875, le suffrage universel masculin, malgré ces critiques et menaces, fut définitivement établi.

     
    <<< De l'Empire à la Deuxième République Combat des femmes sous la Troisième République >>>
     
     
     
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  • Les femmes et la République en France - La République au féminin
     
     
    Le combat des femmes sous la Troisième République (1871-1940)
     
    La femme, symbole de la République
     
     

    L'Etat Républicain s'installe à la fin du XIXème siècle sans pour autant reconnaître à la moitié de ses ressortissants le statut de citoyen. Pourtant, la République prit pour symbole une femme : Marianne. Durant cette troisième République La " mariannolâtrie" permit aux femmes de bénéficier de quelques avancées civiles, notamment dans les domaines de l'instruction, du droit du travail et de l'accès aux professions, même si en terme juridique, le Code Napoléon pesait de tout son poids contre l'émancipation juridique des femmes. Politiquement, le mouvement féministe stagnait du fait que le mouvement féministe n'accordait pas la priorité aux droits politiques.
     
     
     
    La question du droit de vote et du mouvement féministe : les différentes stratégies
     

    Maria Deraismes et Léon Richer
    Maria DeraismesLe couple leader du féminisme, Maria Deraismes et Léon Richer, hésite à s'engager sur le terrain politique par anticléricalisme, craignant l'influence réactionnaire de l'Eglise mais aussi parce qu'ils estiment que la République est encore trop fragile. Ainsi, la tendance dominante du féminisme resta longtemps modérée, ce qui explique que Léon Richer avait interdit que l'on parle du droit de vote des femmes à son congrès de 1878.

    Hubertine Auclert
    Hubertine AuclertLa première suffragette française, Hubertine Auclert, pensait que le droit de vote devait être le préalable nécessaire à toute évolution pour les femmes. C'est en possédant le suffrage universel que les femmes pourraient accéder au progrès politique et social. Hubertine Auclert fit donc passer l'émancipation politique des femmes en priorité, avant l'émancipation civile. Elle obtient un vif succès sur le terrain politique mais elle ne fut pas relayée dans ses actes par les politiciens de l'époque.
    Elle décida alors de recourir aux méthodes des suffragettes anglaises, qui choquaient l'opinion publique. Ainsi, après avoir reçu son avis d'imposition de 1880, elle refusa de s'acquitter de ses impôts estimant que, ne votant pas, elle n'avait pas à payer. Elle finit cependant par payer, après avoir mené sa procédure jusque devant le Conseil d'Etat. Mais elle avait fait le lien entre droit électoral et le droit civique, lien qu'elle défendit âprement dans son journal " La Citoyenne ", fondé en 1881.
    La tombe d'Hubertine Auclert au Père-Lachaise, à Paris : "Suffrage aux femmes"Hubertine Auclert, en soulignant les spécificités que pourraient apporter les femmes grâce au droit de vote, mettait le doigt sur un point important : le vote des femmes devait avoir un effet de moralisation sociale. Cette conception devait profondément marquer le féminisme français de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle. Les femmes pensaient que leur vote permettrait d'entreprendre de grandes réformes sociales et de garantir la paix. Ainsi, les suffragettes des années 1920 brandissaient-elles des pancartes " pour supprimer les taudis ", " pour combattre l'alcoolisme ".
    Joseph Barthélémy reprit cette thèse, expliquant que la femme devait pouvoir faire valoir politiquement ses préoccupations de mère et de travailleuse au même titre qu'elle le faisait en formant des syndicats. C'est grâce à leur sensibilité différente que les femmes apporteraient quelque chose de neuf dans la vie politique.

    Ces approches utilitaristes du droit de vote féminin expliquent que les partisans de ce droit de vote aient été largement recrutés dans les milieux catholiques et modérés. Ainsi, l'émancipation de la femme se confondait-elle avec la défense de l'Eglise, de la famille et de la patrie.

    Le féminisme en France resta cependant timoré, parcouru qu'il était par deux stratégies :
    - l'une, considérant le mouvement féministe comme une fin en soi, espérait convaincre les hommes,
    - l'autre, cherchant à faire admettre les femmes par la République en combattant les hommes.

    Jusqu'à la première guerre mondiale, les mouvements féministes ne furent qu'épisodiques, marqués par des regroupements, des ruptures et des mésententes.

     
     
     
    Le mouvement suffragiste : renforcement et divisions
     

    Société pour l'Amélioration du Sort des Femmes - Début du XXème SiècleEn 1888, le CIF (Conseil International de la Femme) est fondé. Les féministes américaines incitent alors les françaises à se fédérer. En 1901, la branche française du CIF est crée, le CNFF (Conseil National des Femmes Françaises). Mais la désillusion est grande pour celles désireuses de confier leur cause au mouvement socialiste, unifié en 1905 lors de la création de la SFIO. Ainsi, Madeleine Pelletier, qui dirigeait le cercle " la Solidarité des femmes " depuis 1906 écrivait " le parti socialiste a le vote des femmes dans son programme mais n'en parle jamais, il n'y pense pas davantage ".
    La mollesse des socialistes à l'égard du droit de vote féminin tenait au caractère révolutionnaire du parti, qui retardait son adhésion au principe même du suffrage universel, à la fin du XIXème siècle. Pour les socialistes, les problèmes politiques seraient résolus par l'instauration du socialisme. Ils invitaient ainsi les féministes à mettre leur effort au service du parti.

    Au sein même du mouvement féministe, des interrogations demeuraient : devait-on revendiquer l'ensemble des droits politiques, ou les fractionner ? En cas de fractionnement des droit politique, quel critère adopter ? âge des femmes ? Niveau d'instruction ? statut matrimonial ? Ces divergences ne faisaient qu'affaiblir le mouvement féministe.
    Parmi les nombreuses actions entreprise par les femmes, au nom de l'égal accès des hommes et des femmes aux différents secteurs professionnels, il faut souligner qu'en 1897 apparut le journal " La Fronde ", entièrement dirigé, administré, rédigé et composé par des femmes. Sa fondatrice, Xème Congrès de l'Alliance pour le Suffrage des Femmes - 1926Marguerite Durand, était la fille de l'auteur d'un Dictionnaire des femmes célèbres. Ancienne sociétaire de la Comédie Française elle s'était orientée après son mariage avec un député vers le métier de journaliste.
    Les états généraux du féminisme se tinrent en 1929. Y participa une tendance généralement absente : le féminisme catholique, qui espérait que le droit de vote ferait échec aux laïcs. A l'ordre du jour des états généraux : la réunion de toutes les activités féminines en vue des réformes souhaitées, parmi lesquelles la suppression de l'incapacité civile de la femme mariée, et les droits civiques. A court terme, le principal succès des états généraux fut d'ordre symbolique : la presse rendit abondamment compte de l'événement, et les actualités filmèrent les participantes faisant preuve de leur sérieux.

    Manifestation organisée par Louise Weiss - Années 30Dans les années 1930, de nouvelles militantes en faveur de l'émancipation politique des femmes apparurent, telle Louise Weiss, fondatrice de l'association " La Femme Nouvelle ", qui militait pour l'égalité des droits civiques entre Français et Française. Dans la lignée des suffragistes françaises et britanniques, Louise Weiss décida de divertir au lieu de prêcher : elle inventa des évènements qui attirèrent l'attention de la presse. Ainsi, pour sa première tournée en province, elle recruta les trois plus célèbres aviatrices du moment, à savoir Maryse Bastié, Adrienne Bolland et Hélène Boucher. Autre exemple : le 28 juin 1936, lors du Grand Prix de Longchamp, les féministes se précipitèrent sur la piste en brandissant des affiches " La Française doit voter ".

     
     
     
    1900-1944 : les sénateurs et la question du droit de vote
     

    A partir de 1900, quelques projets de loi reprirent l'idée d'un droit de suffrage " non intégral ". Ainsi, Viviani (féministe convaincu) proposa en 1900 d'admettre les femmes mariées à participer au suffrage municipal.

    Au service de la France - Lles décorées de la Grande GuerreLa Première Guerre Mondiale allait démontrer que les femmes étaient indispensables au bon fonctionnement de l'économie et de la société : agricultrices, receveuses des postes, ouvrières dans les usines d'armement, conductrices de tramways, infirmières, travaillent 13 heures par jour, même les dimanche, ... pour des salaires inférieurs à ceux des hommes... Cependant, malgré l'évidence de la capacité des femmes à travailler, il leur fut demandé dès le 13 novembre 1918 de quitter leurs postes pour céder la place aux hommes pas encore revenus du front !
    En 1919, les choses semblèrent se débloquer : la République ne pouvait demeurer muette face à cette dette patriotique et sociale à l'égard des femmes. A la Chambre des députés, la commission du suffrage universel rouvrit le dossier et proposa de donner le droit de vote pour les seules élections municipales à toutes les femmes de plus de trente ans. La Chambre des députés alla plus loin et accorda le droit de vote aux femmes sans aucune autre restriction que celles s'appliquant aux hommes.

    Mais le Sénat bloqua obstinément le dossier. Clemenceau affirma ainsi que le droit de vote était un droit naturel, mais que les femmes étaient insuffisamment éduquées et qu'elles constituaient des proies trop faciles à manipuler (il pensait alors à l'influence de l'Eglise, surtout dans les campagnes). En 1935, le même schéma se produisit.

    Les années 20-30 virent se multiplier les mouvements suffragistes et féministes en France, à l'exemple des mouvements britanniques.

     
    Illustration sur ce que l'on pensait de l'emploi des femmes à des fonctions de cadres supérieures dans l'Administration en 1925 : Fac Simile d'une note de renseignements de la Direction du Contrôle Central et des Contributions de la Ville de Paris (format PDF) - Lire >>>
     
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  • PEINTRES XIXè siècle

    Année de publication (Genre Essai historique)



    Dumas explore dans cet ouvrage le monde de la prostitution, en s'attachant tout particulièrement à ses principales actrices et ce à travers trois catégories distinctes.

    Dans la première catégorie, il évoque les «filles» parmi lesquelles il différencie les filles à carte et les filles à numéro. Les filles à cartes sont celles qui vont chercher le client dans la rue. Elles ont un bon ami, leur souteneur, que Dumas nomme également un «homme entretenu». Leur vie se partage entre le trottoir, leurs clients, la visite aux services d'hygiène et les coups du souteneur. La fille à numéro appartient à l'aristocratie des filles : elle ne cherche pas le client mais l'attend dans la maison close où elle est employée. Sa vie est tout aussi monotone que celle de la fille à carte bien que le dimanche soit le seul jour où elle peut prendre un amant, souvent en se faisant passer pour une duchesse.

     

    Dans la seconde catégorie apparaît un type de prostituée spécifique à la ville de Paris : la «lorette», sorte de femme entretenue par plusieurs hommes, que Dumas appelle des Arthur. Plus élégantes que les filles, plus libres aussi dans le choix de leurs clients, elles sont l'âme du quartier de Notre-Dame-de-Lorette.

    Enfin, dans sa dernière distinction, Dumas remonte à l'Antiquité, et notamment en Grèce, pour évoquer la figure particulière de la «courtisane». Prostituées sacrées attachées au culte de Vénus ou maîtresse d'hommes célèbres, musiciennes ou philosophes, elles incarnent la noblesse et la puissance, le plaisir lié à l'esprit, et annoncent les Marion de Lorme ou Ninon de Lenclos du XVIIème siècle, évoquées par Dumas à la fin de son ouvrage.

    Analyse S'inspirant de l'ouvrage de Parent-Duchâtelet intitulé La Prostituée à Paris au XIXème siècle, Dumas propose à son lecteur un texte plein d'humour et d'amour, où se mêlent réalisme et fantaisie.

     

    Au fil de la lecture et de la découverte des différents types de prostituées, le lecteur progresse dans la rêverie littéraire. Si le passage sur les filles tend à démystifier la prostituée en exposant sa vie monotone et son destin pathétique, celui sur les lorettes et sur les courtisanes exhibe des figures mythiques sortant soit d'un imaginaire urbain pour les lorettes, soit d'un imaginaire de l'Antiquité et du Grand Siècle pour les courtisanes.

     

    Dumas se montre très ironique envers les figures masculines. Il se plaît à caricaturer les types de souteneurs, à se moquer des étudiants qui s'imaginent avoir les faveurs d'une duchesse alors qu'il s'agit d'une fille à numéro, à montrer l'aspect commun des philosophes et autres grands personnages de l'Antiquité qui ne semblent être éclairés que par la beauté et le pouvoir de leurs maîtresses ; ironie peut-être envers lui-même qui avoue la puissance fascinatrice de ces femmes sur l'imaginaire d'un écrivain.

     

    Objets de fascination où se cristallisent tous les fantasmes d'un homme et écrivain qui élève à la plus haute place la courtisane philosophe, ces femmes apparaissent comme des poèmes : «C'est elle[s] qui [sont] le livre» nous dit Dumas dans le chapitre consacré aux filles. Loin d'un document statistique et sociologique comme l'est l'ouvrage de Parent-Duchâtelet, Dumas donne à son texte une dimension presque mythologique : chaque type de prostituée a une histoire, un parcours et Dumas se plaît à livrer des anecdotes, faisant même intervenir les dieux dans le chapitre sur les courtisanes grecques. La prostituée est ainsi marquée du sceau de la création.

     

    Dumas, pour reprendre son expression à l'égard de la religion dans la Grèce antique, «poétise la chair» aussi bien en l'incarnant dans une réalité quotidienne et monotone qu'en l'idéalisant et en la faisant fée, lutin, déesse.

     

    Audrey Gilles

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  •  DECOUVERTE!!!!

    L'évolution du métier de nourrice

     

    Transposition pour le Web du travail de Julie Elaerts

      

    1. PREMISSES : L'ALLAITEMENT

    1.1. La préhistoire :

    Les mères humaines de la préhistoire ont toujours allaité leurs petits. De l'apparition d'homo sapiens sapiens vers 90 000 avant J.C. au début de l'ère de l'élevage, il y a 8 000 ans, le seul substitut au lait d'une mère était le lait d'une autre femme. Il est donc très vraisemblable que les bébés furent allaités par d'autres femmes lactantes que leur mère, reproduisant ainsi un comportement partagé par de nombreux mammifères. Des études effectuées sur des ossements humains ont permis d'évaluer une durée de l'allaitement maternel chez nos ancêtres comprise entre 2 et 3 ans.

     

    1.2. De l'apparition de l'écriture jusqu'au moyen âge

     

    L'étude de textes historiques anciens donne connaissance de recommandations comme l'observation de la durée d'un allaitement. Ainsi, de 3 000 à 1 000 avant J.C., dans le Proche-Orient, des durées d'allaitement de 3 ans sont mentionnées. Vers 1 500-800 avant J.C., un allaitement exclusif d'un an est recommandé en Inde, suivit d'un allaitement complété jusqu'à deux ans et enfin d'un sevrage progressif. Pour la civilisation grecque, les contrats pour nourrices recommandaient un allaitement de 6 mois. Le Talmud pour les juifs et le Coran pour les musulmans recommandaient d'allaiter deux ans.

     

    1.3. Du Moyen-âge à l'industrialisation

     

    Selon les pays, les durées d'allaitement varient. Ces variations sont sensibles à l'intérieur d'une même ville, d'un milieu social à l'autre et à l'intérieur d'une même famille, d'un enfant à l'autre.
    De nombreux tableaux de la Renaissance représentent des mères allaitantes. L'allaitement est alors le symbole de la Charité. Les enfants représentés sont le plus souvent des bambins c'est-à-dire des bébés de plus de 6 mois, peut-être même âgés de plus d'un an. Certains tètent debout, d'autres caressent le mamelon. Il y a très peu de représentations de nouveaux-nés. Cela indique très clairement que l'allaitement des enfants de plus d'un an était chose commune.

     

    2. MISE EN NOURRICE

     

    Depuis fort longtemps, certaines femmes ont fait appel à des nourrices pour allaiter leurs enfants. Reines égyptiennes, romaines aisées, et plus proche de nous, dames de la noblesse française, ont parfois laissé leur bébé à des subalternes chargées de donner le sein. Que ce soit pour des raisons impérieuses, comme la chasse ou la cueillette chez les femmes préhistoriques, ou subvenir aux besoins d'enfants plus âgés dans un système économique donné ou pour des raisons plus subtiles, des bébés furent laissés au bon soin de femmes lactantes autres que leur propre mère.

     

    Au moyen-âge et jusqu'au XVIe siècle, cette pratique reste confinée à une part restreinte de la population. Au XVIIe siècle, les bourgeois qui en ont les moyens font également appel à des nourrices mercenaires, jusqu'à une nette massification de ce comportement au XVIIIe.
    Dès l'Antiquité, les critères de choix de la nourrice ont été fixés. Les qualités stéréotypées de celle-ci peuvent être classées sous trois rubriques : la première regroupe la provenance, l'état civil, l'âge et son expérience, la deuxième se base sur l'aspect extérieur, la beauté et les apparences de sa santé et enfin, la troisième sur son caractère.
    A partir du XVIIe, les médecins exigent un examen médical complet et minutieux. L'examen du lait de la nourrice sous le rapport de la quantité et de la qualité fait naturellement partie du diagnostic médical. L'examen de l'enfant de la nourrice et un interrogatoire complémentaire sont également de mise. Mais beaucoup de nourrices restent réticentes face à ces nombreuses démarches même si celles-ci sont obligatoires pour obtenir du travail.

     

    3. LA MISE EN NOURRICE DES BEBES PARISIENS DU XVIIIe SIECLE

     

    Les populations prolétaires qui s'entassent dans les grandes villes, mais aussi les classes moyennes urbaines envoient massivement leurs enfants en nourrice à la campagne, où ils grandissent et, souvent, meurent. Sur les 2100 bébés nés en 1780, 90% sont envoyés deux ans ou plus en nourrice à la campagne, 5% restent avec leur mère et 5% sont allaités par une nourrice au domicile des parents.
    Au début, l'administration s'efforce de contrôler, de réglementer, de moraliser ces échanges. Mais de plus en plus, elle se résigne et admet que la loi de l'offre et de la demande et le principe du profit maximum règlent un trafic qui lui échappe dès qu'il devient rentable.
    Les enfants séparés de leurs parents étaient envoyés au domicile des nourrices, de plus en plus loin dans la campagne. Les trajets sont dangereux, les bébés sont entassés dans des charrettes ou voyagent à dos d'âne, dans des conditions très difficiles. Les nourrices donnaient souvent autre chose que leur propre lait aux enfants dont elles avaient la garde : du lait animal, de la farine diluée dans de l'eau, mais aussi de l'alcool dans les bouillies ou de l'opium étalé sur les seins pour endormir les bébés.
    Alertées par leur médecin, les familles de la bourgeoisie demandent de plus en plus le service d'une nourrice à domicile. Des bureaux de nourrices (voir ci-contre) sont organisés où l'on peut en engager une, après qu'elle ait subi les examens qui garantissent qualité du lait et santé de la mère.
    Comme l'ascenseur et la lumière électrique, les services d'une nourrice sur lieu deviennent un élément décisif du confort bourgeois et un signe extérieur de richesse. Ce commerce va alors atteindre son apogée.

     

    Dans les familles bourgeoises où les soins maternels ne sont ni habituels, ni recommandés, l'affection est souvent donnée par la nourrice sur lieu, encore plus fréquemment s'il s'agit d'une servante vivant d'ordinaire à la maison et avec qui les liens perdureront au-delà de l'allaitement.

     


    Durant le XIXes, le biberon entraînera la réduction progressive de l'industrie nourricière. Si l'usage du biberon se propage alors officiellement et si les distributions gratuites de lait stérilisé se multiplient, les pratiques nourricières traditionnelles ne sont pas, pour autant, brutalement abandonnées. Le marché des nourrices, tout en déclinant régulièrement, persiste jusqu'à la première guerre mondiale. Les bonnes d'enfants vont alors faire leur apparition.

    LA NOURRICE IDEALE... en 1649

    ( source : http://tatiejenny.e-monsite.com/rubrique,histoire-la-nourrice-ideale,399509.html

    Voici des extraits d'un ouvrages daté de 1649. L'auteur Jacques Guillemeau, chirurgien des rois Henri III et Henri IV, y décrit ainsi les qualités que doit posséder, selon lui, celle qu'il nomme..."la nourrice idéale".

    "Etre engendrée d'une race bien saine. Etre âgée de vingt-cinq à trente-cinq ans. Etre de médiocre taille, ni trop grande, ni trop petite, ni trop grasse, ni trop maigre, ni trop grosse ; les bras et les jambes charnues, chair ferme; ni louche, ni boiteuse, ni bossue. Les brunettes sont retenues pour les meilleures, ainsi que celles qui ont le poil couleur chastaigne, entre le blond et le noir.

    (...) les mamelles seront de moyenne grosseur. Le mamelon situé au milieu doit estre un peu élevé et vermeil comme une petite fraise.

    (...) Etre de bonnes moeurs ; sobre, sans estre adonnée ni au vin, ni à la gourmandise ; gracieuse, sans se fâcher ni courroucer, car il n'y a rien qui corrompe plus le sang que font la tristesse et la colère ; joyeuse, riante, chantant avec son enfant, le chérissant et traitant doucement sans lui refuser aucunement la mamelle ; chaste, sans désirer la compagnie de son mari ; prudente, sage et avisée, devinant ce que l'enfant demande, lui ôtant ce qui l'attriste, lui faisant fête, le baisotant, le sautelant doucement entre ses bras, lui chantant des chansons et le démaillotant souvent pour le mettre nettement".

     

    Et voilà comment de nourrices.....................................nous sommes devenues presque 250 ans après des Assistantes maternelles et que les critères d'embauche ont un peu changé !!

      

    (source http://www.helmo.be/esas/mapage/euxaussi/vieetmort/nourrice.html

     

     

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  • Hypocrisie :

    prostitution et maisons closes à Dunkerque

    au XIXe siècle

     

    Les maisons closes à Dunkerque ont connu leur apogée au XIXe siècle.
     
      
      
    Les maisons closes à Dunkerque ont connu leur apogée au XIXe siècle.

     

    Une lanterne rouge annonçait la couleur la nuit. De jour, les numéros émaillés que portaient toutes les entrées d'immeuble ou de maison, plus gros que les autres, permettaient d'assurer aux clients qui passaient qu'ils trouveraient ce qu'ils cherchaient Dunkerque a compté jusqu'à 160 prostituées en 1881 dont la plupart étaient enfermées, « emprisonnées » dans des maisons closes.

      
    C'est ce qu'a mis en avant Jean-Luc Demunck, professeur d'histoire-géographie au lycée du Nordoover, auteur d'un mémoire qui lui servira de base pour la conférence qu'il assurera à la bibliothèque universitaire, ce soir.
    Une conférence qui arrive après la diffusion sur Canal + de la série "Maison Close". De quoi mettre de l'eau au moulin du débat, d'autant que la période étudiée par le professeur d'histoire se superpose à celle de la série.
      
      

     Durant un an et demi, il a épluché les archives du Dunkerque : celles de la police, celles de l'administration qui délivrait les passeports pour l'intérieur, les archives de la ville... Le but de ses recherches ? Retracer la présence de ses femmes de l'ombre de 1848 à 1914. « C'est un sujet qui m'intéressait par rapport à l'aspect social de l'époque », explique-t-il. Les deux marqueurs temporels n'ont pas été choisis au hasard.
     
      
    Dès le milieu du XIXe siècle, les maisons closes sont réglementées. Les maires, les médecins et les policiers en assurent le "bon" fonctionnement.
     
      
      
    « Maire, tenancier, propriétaire, tout le monde y trouvait son compte, avance Jean-Luc Demunck. Sauf les filles... » Grâce aux fiches sanitaires des filles, à leurs passeports pour l'intérieur, grâce aussi aux recensements quinquennaux, Jean-Luc Demunck a croisé ces données pour obtenir une cartographie de l'activité.

     
    Une activité liée  aux casernes :
     
     
     En 1852, pas moins de 22 maisons closes avaient pignon sur rue autour de la place Calonne, dont la moitié dans la rue des Casernes de la Marine. Autre chiffre évocateur : en 1881, Dunkerque comptait une fille publique pour 229 habitants. « C'était aussi fréquenté par les marins, des représentants de commerces, des ouvriers, mais les clients étaient essentiellement des bidasses. Ce n'était pas des établissements de luxe ! », précise Jean-Luc Demunck.

     Seul un établissement, celui de Cécile Joris, se voulait "Maison de société". Où l'on était trilingue - français, anglais, néerlandais - et où l'on buvait du champagne. Un lieu où la "consommation" de fille était davantage basée sur la séduction que sur le rapport sexuel dans le plus primitif sens du terme.

     Des maisons qui par le "jeu" de la dette, tenaient les filles par leur ardoise. Interdites de sortie, à l'exception de la visite médicale bimensuelle à l'hospice spécial pour fille vénérienne qui se situait dans l'actuelle rue Beanjamin-Morel, elles achetaient leurs produits de première nécessité à leurs tenanciers qui les revendaient cinq à dix fois plus cher. « Elles étaient continuellement endettées. C'était un véritable univers carcéral, il était quasi impossible d'en sortir.
     
     Les maisons closes rassemblaient la majeure partie des prostituées sur Dunkerque. Mais il y avait deux autres catégories, explique Jean-Luc Demunck.
     
    Il y avait celles qui faisaient le trottoir : des filles cartées libres qui devaient suivre le règlement : rester à bonne distance des écoles, des églises... Elles étaient soumises, comme celles des maisons closes, à la visite sanitaire obligatoire qui avait lieu tous les 15 jours. Et il y avait les clandestines : les filles trop vieilles, les mineures et les étrangères, les prostituées occasionnelles... » Les prostituées cartées se situaient plus en Citadelle, et près de la gare.
    Ces filles de joie avaient, pour la majeure partie, entre 25 et 30 ans. Sur leur passeport pour l'intérieur, à la ligne profession était mentionné le code IV. Pour la plupart illettrées, grâce à Jules Ferry, dès 1880, des filles qui arrivent "sur le marché" commencent à savoir écrire. « Tout au moins leur nom et leur prénom », avance Jean-Luc Demunck.

    Le déclin :
     

     Les filles racolent désormais en Citadelle, dans les bars, les cafés-concerts, les bals... La rue des Arbes comptait une maison de passe. Mais Jean-Luc Demunck coupe court à toute imagerie d'Épinal ou parfois "romantique "de la profession.
     
     « Ces femmes étaient misérables, livrées à l'arbitraire du tenancier, de la police et aux aléas du métier, comme les maladies. Elles sont à la fois considérées comme nécessaires, mais complètement méprisées.
     
    Et elles étaient quasiment toutes vénériennes... » À Dunkerque, les prostituées continuent à monnayer leurs charmes, hors des maisons closes. « La société s'est embourgeoisée. Les hommes vont commencer à préférer aller dans des cafés concerts, dans les cabarets... Les hommes versent dans un simulacre de séduction », un peu comme une façon d'exorciser leur honte... En 1946, la femme obtient le droit de vote, la dernière maison close ferme à cette époque.
    Suzanne URGACZ.

     Vos réactions sur www.nordlittoral.fr Conférence "Hypocrisie : prostitution et maisons closes à Dunkerque au XIXe siècle" par Jean-Luc Demunck. Vendredi 19 novembre à 18h30 à la Bibliothèque universitaire de Dunkerque, en Citadelle.

     Journal de Montreuil
      
      
      
      
    source :
      
      
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
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    La clitoridectomie comme traitement contre l’onanisme

    dans l’ Europe du 19ème siècle.

     

    Qui n’a pas entendu parler de l’excision? Cette mutilation est souvent attribuée uniquement aux pays d’Afrique sub-saharienne et dans quelques pays du proche Orient et de l’Asie du sud est. On élève le nombre de femmes mutilées de 100 à 140 millions.

    Or ce phénomène n’a pas sévi que dans ces pays, il fut largement répandu dans l’Europe du XIXème et XXème siècle en Europe.L’onanisme ( » se souiller les mains ») a toujours été vu comme un acte pouvant « détruire la maison ». « Le système clitoridien ne se modifie pas dans l’âge adulte et la femme conserve toute sa vie cette autonomie érotique; le spasme clitoridien est comme l’orgasme mâle une sorte de détumescence qui s’obtient de manière quasi mécanique » Simone de Beauvoir, Le deuxième sexe, p 147 aux éditions Folio Essais; 1949.

    Au XIXème siècle, la masturbation était considérée comme une des causes principales de l’hystérie féminine.

    En 1836, le docteur Lallemand publie en 3 volumes (soit 1 748 pages), un ouvrage contre la masturbation féminine. En France, le mot hystérie renvoie au professeur Charcot (né à Paris le 29 novembre 1825 et mort à Montsauche-les-Settons le 16 août 1893), grand spécialiste des traitements contre ce mal qui rongait les femmes. Notons que Charcot, par sa passion de la photographie et d’une patiente Augustine, se vantait de provoquer des crises pour prendre de beaux clichés. Cette jeune fille fut internée dans l’hôpital de la Salpêtrière dès 17 ans par ses parents pour Hystérie.


    Au vue des réactions anormales de leurs filles et épouses, de nombreuses femmes furent aliénées. Dans Médecins et sexualités, Yves Ferroul, historien de la sexologie, note que cette mode de l’intervention médicale commence dès le XVIIIe siècle: on pose d’abord des anneaux en métal dans le prépuce des garçons et dans les grandes lèvres des fillettes, afin qu’ils/elles ne puissent pas faire l’amour avant la nuit de noce. Une ceinture de chasteté radicale. Mais comme l’infibulation n’empêche pas les filles de se toucher et que certaines arrachent les agrafes qui ferment leur sexe, des chirurgiens, très rapidement, recommandent l’excision. «Si le clitoris se révèle une source d’excitation permanente, on doit le considérer comme malade, et son ablation devient licite», expliquent savamment les docteurs.
      

    Il fallait dès lors combattre ces mauvaises conséquences.

    Jusqu’en 1920 (et même après) des parents fous continuent de mettre à leurs enfants des gants grossiers, sans doigts, qu’ils attachent fermement aux poignets. Après quoi, ils les bordent dans leur lit, bien serré. Dans les internats, des surveillants veillent à ce que les enfants dorment toujours avec les bras par-dessus la couverture. La nuit, certains jeunes garçons et filles sont même enfermés dans des sacs qui les transforment en momies. Des vêtements renforcés, doublés de cuir dans la zone génitale, sont également prévus pour la journée…

     Il faut attendre l’après-guerre pour que l’anathème soit levé et encore. En 1952, dans la première édition par l’Association Américaine de Psychiatrie du Manuel statistique et diagnostique des troubles mentaux (DSM), des comportements sexuels comme la masturbation, l’homosexualité, la fellation, le cunnilingus et le nomadisme sexuel sont classés au rang de trouble pathologique et de maladie mentale ! Une autre solution est proposée par le Docteur Pavet de Courteille, médecin du collège Royal de Saint Louis pour les pensionnaires de l’Asile : « les chemises descendraient au dessous des pieds….munies d’une coulisse que l’on devrait serrer [...] pour les latrines, il serait conseillé de couper le haut et le bas des portes afin de surveiller les élèves ». « Si la nécessité l’exige, s’il y a danger de mort immédiat, par exemple, ou des signes de troubles intellectuels, résultant de l’onanisme, il faut avoir recours à l’infibulation, opération peu douloureuse d’ailleurs et présentant rarement des suites graves. » A.Clerc, Hygiène et médecine physique des 2 sexes, 1885.


    De nombreux ouvrages médicaux pullulaient à cette époque sur cette même thèse. Plusieurs médecins ( dont des psychanalystes comme Freud ou encore Marie Bonaprte, dont le clitoris fut déplacé 3 fois!) préconisaient une opération chirurgicale pour l’ablation du clitoris car:

      

      

    - il ne sert pas à la procréation
    - il peut engendrer des pulsions incontrôlables
    - il est à l’origine d’un syndrome dit « hystéro-épileptique ».

    En 1842, le père Debreyne, médecin, trappiste, se pose en tant qu’ennemi juré du clitoris: « Puisque l’organe devient source d’excitation c’est qu’il est malade donc nous devons en faire l’ablation. »En 1864, le docteur Broca préconise la suture des grandes lèvres « pour mettre le clitoris à l’abri » nommée infibulation.

    Cette méthode fait partie des 3 stades de la clitoridectomie:
    - le sunna: ablation totale ou partielle du clitoris
    - l’excision: ablation du clitoris et suppression des petites lèvres

    - l’infibulation ou excision pharaonique consiste en une excision avec une suture des grandes lèvres.
      
     
    A la même époque, le docteur Garnier menace les « onanistes » de toutes sortes de maladies: myopie, surdité, convulsion anémie et idiotie….. Idioties de la part de ses hommes du siècle passé, mais ne nous trompons pas l’idiotie est toujours présente dans notre société. Oui beaucoup s’insurgent à juste titre contre les mutilations faîtes aux femmes,maisl’absurdité règne toujours.
      
    Je rappellerai juste les propos du Docteur Brigitte Mauroy , urologue (nièce de Pierre Mauroy, deuxième sur la liste de Sébastien Huyghe, député UMP, candidat aux élections municipales contre Martine Aubry à la Mairie de Lille) tenus dans son ouvrage: le dictionnaire de la sexualité paru en 2004, parlant du capuchon du clitoris « ce repli peu développé chez les occidentales est beaucoup plus long chez certaines asiatiques ou africaines ce qui fait procéder à une circoncision du clitoris (chez les abyssins) .» Même si le docteur Mauroy se défend de faire ici, une publicité pour l’excision, cela renvoie tout de même à une pratique barbare qu’il ne faut pas oublier et toujours combattre. Notons pour finir, qu’en France, le code pénal réprime l’excision que si elle est pratiquée sur un enfant (article 312), la législation spécifique ne concernant pas l’excision chez les adultes.
     
     

                               source : http://pelenop.fr/?page_id=43

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