• 4 juillet 1776

    «Independence Day»

     

     
     
     

    Le 4 juillet 1776, à Philadelphie, où ils sont réunis en congrès (en anglais, «Convention»), les représentants des Treize Colonies anglaises d'Amérique du nord proclament dans l'enthousiasme leur indépendance.

    Unilatérale, c'est-à-dire non reconnue par la métropole, cette proclamation va déboucher sur une guerre mettant aux prises les Insurgents, minoritaires, et les troupes anglaises renforcées par les colons loyalistes.

    L'idée d'une résolution fondamentale disposant que les «États-Unis sont, et doivent en droit être, des États libres et indépendants» revient au Virginien R.H. Lee. La résolution est appuyée par John Adams, délégué du Massachussets (l'un des inspirateurs de la Tea-party). Un comité de cinq membres est aussitôt chargé de rédiger le texte.

    Le principal auteur de la Déclaration d'Indépendance est le président du comité, Thomas Jefferson, un riche planteur propriétaire de nombreux esclaves, notamment assisté de John Adams et Benjamin Franklin.

    La Déclaration énonce en des termes voués à l'immortalité le droit de tous les êtres humains à la quête du bonheur :

    «We hold these truth to be self-evident, that all men are created equal, that they are endowed by their Creator with certain unalienable rights that among these are life, liberty and the pursuit of happiness»

    L'anniversaire de ce jour a mérité de devenir la fête nationale des États-Unis d'Amérique même s'il n'a pas consacré l'indépendance effective du pays. Celle-ci attendra le traité de Versailles.

    Il faut dire que les deux tiers des 2,5 millions d'habitants des Treize Colonies restent fidèles à la couronne britannique et au roi George III ou au moins indifférents aux revendications des Insurgents (insurgés). Parmi les loyalistes figure le propre fils de Benjamin Franklin, l'un des héros de l'insurrection.

    La guerre ne fait que commencer entre l'armée des Insurgents, placée sous le commandement de George Washington, et les armées loyalistes et anglaises, renforcées par de nombreux mercenaires allemands.

    Retentissement européen

    L'insurrection et la déclaration d'indépendance ont un très grand retentissement dans la noblesse libérale d'Europe. Contre l'avis du jeune roi Louis XVI, le marquis de La Fayette (19 ans) arme une frégate à ses frais et rejoint les Insurgents.

    D'autres officiers se joignent au mouvement comme le commandant Pierre L'Enfant, qui jettera les plans de la future capitale, le général Louis Duportail, mais aussi le Prussien von Steuben, le Polonais Kosciusko ou l'Allemand de Kalb. Leur expérience militaire est précieuse aux insurgés, qui remportent une première victoire à Saratoga (1777).

    L'écrivain et espion Beaumarchais organise des envois d'armes à destination de l'Amérique avec l'approbation du ministre des Affaires étrangères, Vergennes, désireux de favoriser tout ce qui pourrait affaiblir l'ennemie héréditaire de la France, l'Angleterre.

    Le roi Louis XVI en personne se résout à envoyer en 1780 un corps de 6.000 soldats sous le commandement du comte de Rochambeau. Ce soutien décisif permet aux insurgés d'emporter la décision à Yorktown (1781).

                                                               Fabienne Manière.
      
      
    19 octobre 1781
    Victoire des Insurgents à Yorktown
     
     
     
     

    Assiégée depuis plusieurs semaines, la base anglaise de Yorktown, sur la côte de Virginie, se rend le 19 octobre 1781 aux colons américains et au corps expéditionnaire français du général Rochambeau.

    L'assaut final est conduit par le marquis de La Fayette (24 ans).

    Suite à cette défaite face aux colons, les Anglais se décident à négocier l'indépendance de leurs Treize colonies d'Amérique du Nord, futurs États-Unis d'Amérique.

    Camille Vignolle.
    Renforts bienvenus

    Depuis l'échauffourée de Lexington et leur déclaration unilatérale d'indépendance du 4 juillet 1776, les Insurgents des Treize Colonies anglaises d'Amérique n'avaient remporté qu'une médiocre victoire, à Saratoga, sur l'armée du roi Georges III et les Loyalistes américains fidèles à la couronne.

    Les Insurgents ont néanmoins pu convaincre le roi de France Louis XVI et son ministre des Affaires étrangères, le comte Charles de Vergennes, de reconnaître leur indépendance et de signer avec eux une alliance en bonne et due forme. Ils ont aussi obtenu le soutien de l'Espagne et de la Hollande.

    C'est ainsi qu'en 1780, Louis XVI envoie outre-Atlantique un corps expéditionnaire de 6.000 hommes sous le commandement du lieutenant général comte Jean-Baptiste de Rochambeau (65 ans)...

    Le corps expéditionnaire débarque à Newport et fait sa jonction sur l'Hudson avec les 6.000 soldats américains de George Washington et les volontaires européens de La Fayette.

    Cette coalition va assiéger Yorktown où sont retranchés 8.000 Anglais commandés par lord Charles Cornwallis.

    Pendant ce temps, non loin de là, dans la baie de Chesapeake, la flotte de l'amiral François de Grasse (la Royale) débarque des armes et des renforts.

    Victoire retentissante

    Surprise par la Royal Navy, elle coupe les amarres et gagne le large pour l'affronter dans les règles le 5 septembre 1781. L'amiral canonne les mâts des navires ennemis et les entraîne à sa suite jusqu'au milieu de l'Atlantique. Puis, tandis que les Anglais bifurquent vers New York, il revient vers Chesapeake pour prévenir le débarquement de troupes anglaises.

    Privée de secours, la garnison de Yorktown n'a bientôt plus d'autre recours que de se rendre. Le général O'Hara, adjoint de Cornwallis, tend son épée au comte de Rochambeau. Mais celui-ci refuse et c'est à George Washington, le chef des rebelles américains, que le vaincu doit remettre son épée et se rendre.

    L'Angleterre conserve de solides positions au nord du pays et au Canada. Mais à Londres, les partisans d'un traité de paix prennent désormais le pas sur les jusqu'auboutistes.

     
     
                                                                3 septembre 1783
    Les États-Unis indépendants
     
     
     
     

    Le 3 septembre 1783, à Versailles, au nom des rois Louis XVI et George III et en présence des représentants de l'Espagne, le comte de Vergennes et le comte de Manchester signent un traité qui met fin à la guerre d'Indépendance des Treize Colonies anglaises d'Amérique du Nord.

    Le matin de ce même jour, Benjamin Franklin et John Jay, représentants des Insurgents américains, ont rencontré l'ambassadeur britannique David Hartley dans sa résidence parisienne, rue Jacob. Ils ont obtenu la reconnaissance par l'Angleterre de l'indépendance des États-Unis d'Amérique.

    Naissance d'un nouvel État

    Les États-Unis sont admis dans le concert des nations mais leur union est encore très fragile. Quatre années leur seront encore nécessaires pour mettre au point une Constitution et créer une véritable fédération. Le premier président de la nouvelle République, Georges Washington, ne prendra ses fonctions qu'en 1789.

    Les jeunes États-Unis constituent à ce moment de leur Histoire un ensemble composite de territoires presque vides et de villes d'à peine quelques milliers d'habitants (la plus grande ville, Philadelphie, en a 40.000) sans guère de voies de communication entre elles. Il faut compter une bonne semaine pour aller de Boston à New York.

    Au total 3,3 millions de citoyens d'origine européenne, 700.000 esclaves d'origine africaine et quelque milliers d'Indiens en voie de refoulement ou d'extermination.

    L'Amérique du nord à la fin du XVIIIe siècle

    Cliquez pour agrandir
    Cette carte témoigne des affrontements entre Européens (Anglais, Espagnols et Français) pour la domination du continent nord-américain. La Nouvelle France tombe sous la tutelle de Londres et devient The Province of Quebec cependant que les Treize Colonies anglaises obtiennent en 1783 leur indépendance sous le nom d'États-Unis d'Amérique.

    Revanche française

    Par le traité de Versailles, la France, rivale de l'Angleterre, prend sa revanche sur le traité de Paris qui lui avait enlevé vingt ans plus tôt le Canada, la Louisiane et bien d'autres colonies.

    Le jeune roi Louis XVI savoure le succès de l'insurrection américaine et de ses propres concitoyens.

    La Fayette, héros des deux mondes 

    La Fayette, Rochambeau, l'amiral de Grasse, le comte d'Estaing, le général Duportail, le commandant Pierre L'Enfant, l'écrivain Beaumarchais et bien d'autres Français ont payé de leur personne pour libérer les Treize Colonies de la tutelle de Londres.

    Mais cette aide a coûté très cher et le roi de France commence à se demander comment il va assainir ses finances.

    A peine cinq ans plus tard, il est obligé de convoquer les états généraux pour étudier une réforme des impôts. C'est ainsi que l'Indépendance américaine conduit à la Révolution française !

    Le deuxième empire colonial anglais

    Avec le traité de Versailles, l'Angleterre perd l'essentiel de son premier empire colonial. Mais par un fabuleux retournement de situation, elle jette dans le même temps les bases d'un deuxième empire colonial encore plus prestigieux.

    Vingt ans plus tôt, à la faveur du traité de Paris, en effet, elle a reçu de nouvelles colonies dispersées de par le monde et très diverses par leur culture et leurs traditions. Ne se contentant plus d'envoyer des immigrants vers des terres à peu près vierges, Londres s'applique désormais à gouverner les populations indigènes par procuration.

    Le joyau du deuxième empire britannique est constitué par les Indes orientales (aujourd'hui, l'Union indienne, le Pakistan, le Bangladesh, Sri Lanka et la Birmanie).

    Camille Vignolle.
     
     
      
      
     
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    Sébastien de Vauban (1633 - 1707)   
    Un Maréchal proche du peuple

    Vauban, dessin attribué à Hyacinthe Rigaud

     

     

    Soldat courageux, ingénieur hors pair, visionnaire hardi, fidèle serviteur du roi Louis XIV... Vauban fut tout cela et d'aucuns le comparent à Léonard de Vinci par sa créativité.

    Les services rendus à l'État valurent à Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban, d'être élevé à la dignité de Maréchal de France. Mais cet homme de coeur n'en oublia pas pour autant ses origines modestes et il mit son franc-parler au service des paysans écrasés d'impôts et des protestants persécutés.

    C'est assurément l'une des plus nobles figures de l'Histoire de France.

    Le «meilleur ingénieur de ce temps»

    Issu de la petite noblesse bourguignonne, Vauban s'engage dans les armées de la Fronde. Remarqué par Mazarin, il entre à 20 ans au service du jeune roi Louis XIV et très vite révèle des talents exceptionnels dans la conduite des sièges et la fortification des cités. Il s'acquiert la réputation de «meilleur ingénieur de ce temps».

    Au terme d'une brillante ascension qui l'amène à la fonction de commissaire général des fortifications, il convainc le «Roi-Soleil» de substituer à la zone frontalière une ligne de démarcation bien définie.

    C'est la frontière comme nous la connaissons aujourd'hui ! Il la protège par un réseau dense de fortifications. En un demi-siècle, Vauban consolide ainsi pas moins de 300 places fortes et citadelles et en construit 33 nouvelles.

    Il participe par ailleurs à environ 140 batailles et 53 sièges, sans craindre de s'exposer. Il est une fois de plus blessé à 64 ans. A 71 ans, il conduit le siège de Brisach et six mois avant sa mort, inspecte encore les fortifications de Flandre.

    Un réformateur proche des humbles

    Vauban est toujours resté proche du peuple, aidé en cela par ses innombrables déplacements à travers le royaume, d'une frontière à l'autre.

    En mission dans le Languedoc, il prend conscience de l'oppression dont sont victimes les protestants après la révocation de l'Édit de Nantes et avec son aplomb coutumier, il présente au roi un Mémoire sur le rappel des huguenots pour le convaincre (sans succès) de l'inanité de cette révocation.

    En 1693, il convainc Louis XIV de créer une distinction qui récompenserait les personnes selon leur talent et non plus selon leur naissance. C'est ainsi qu'est fondé l'Ordre de Saint Louis.... dont il sera l'un des premiers dignitaires (le roi connaît son mérite et ne lui tient pas rancune de son franc-parler et de ses remontrances).

    Sa curiosité s'étend à l'économie et aux statistiques. Il s'indigne des conditions de vie pitoyables des paysans. Il rédige un Projet d'une dîme royale où il expose l'idée proprement révolutionnaire d'un impôt universel et équitable qui serait prélevé directement par l'administration royale.

    Ce faisant, le marquis, dévoué au roi et au principe monarchique, n'a d'autre objectif que d'améliorer le fonctionnement de l'État pour le plus grand bien de tous. Mais son mémoire suscite une levée de boucliers et le roi vieillissant doit le faire interdire.

    Vauban meurt peu après, néanmoins entouré de l'estime générale. Il est inhumé dans l'église paroissiale de Bazoches, près de son château, au sud de Vézelay.

    Sa sépulture sera profanée sous la Révolution mais Napoléon 1er trouvera moyen de faire transférer son coeur sous le dôme des Invalides, à Paris, en 1808.

      

      

      

    SOURCES :

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  • Jean-Baptiste Colbert
    29 août 1619 à Reims - 6 septembre 1683 à Paris

      

    Fils d'un marchand drapier de Reims, Jean-Baptiste Colbert débute comme commis aux bureaux de la Guerre, sous l'autorité du ministre Le Tellier, dans le gouvernement du cardinal Mazarin. Celui-ci ne tarde pas à le remarquer et lui confie la gestion de son immense fortune. C'est sur Colbert qu'il s'appuie aussi lorsque les troubles de la Fronde l'obligent à s'exiler. À sa mort, le 9 mars 1661, le cardinal le recommande spécialement au jeune roi Louis XIV.

    Jaloux de son rival Fouquet, le surintendant des Finances, aussi m'as-tu-vu que lui-même est discret, froid, laborieux et ordonné, Colbert dénonce ses malversations au roi et contribue à sa chute.

    Contrôleur général des finances à partir de 1665, Colbert va donner sa pleine mesure en servant le roi jusqu'à sa mort tout en se gardant de se mettre en avant. Comblé de faveurs, il gère avec rigueur les finances du royaume. Il crée en 1681 la Ferme générale, en charge de la collecte des impôts. Adepte du mercantilisme, il a donné son nom à une doctrine, le colbertisme (l'intervention de l'administration dans l'activité économique).

      
      
      
      
    Jean-Baptiste Colbert (1619 - 1683)
    Un grand commis de l'État

      

     

    Issu de la bourgeoisie rémoise, Jean-Baptiste Colbert a mis ses talents et son ambition (immenses) au service de Louis XIV, le Roi-Soleil.

    À la tête de tous les grands ministères en charge de l'administration et de l'économie du royaume pendant une vingtaine d'années, il a si bien rempli sa tâche que son nom a fini par désigner un mode de gouvernement spécifique à la France, le «colbertisme».

    Un bourgeois à la Cour

      

    Jean-Baptiste Colbert naît à Reims le 29 août 1619 dans une grande famille de marchands. Il travaille d'abord chez un banquier lyonnais puis dans une étude notariale, à Paris. En 1640, il devient commissaire des guerres. Chargé de la conduite des troupes en pleine guerre d'Espagne, il voyage beaucoup.

    Ainsi commence une longue carrière au service de l'État. En 1645, il entre au service de Michel Le Tellier, secrétaire d'État à la guerre dans le gouvernement de Mazarin. Il se rapproche de ce dernier pendant la Fronde. Quand Mazarin décède, le 9 mars 1661, il recommande Jean-Baptiste Colbert à Louis XIV comme «étant fort fidèle».

    À la mort de Mazarin, Louis XIV affirme sa volonté de gouverner personnellement, sans l'intermédiaire d'un «Principal ministre». Cela ne fait pas l'affaire de l'ambitieux surintendant des finances Nicolas Fouquet.

    Colbert ne se fait pas faute de médire sur ce dernier et provoque son arrestation le 5 septembre 1661. Il obtient dès lors du roi la gestion des affaires du royaume, à l'exception des affaires étrangères et de la guerre.

    Une oeuvre considérable

    L'action de Colbert va s'exercer dans trois domaines principaux : la remise en ordre des finances, le développement de l'industrie, l'essor du commerce.

    - Remise en ordre des finances : toujours recommencée

    La remise en ordre des finances est une préoccupation incessante mais en partie vaine.

    Pour combler le déficit hérité de la gestion de Mazarin et des guerres précédentes, Colbert améliore le rendement de l'impôt et astreint le roi à tenir sa comptabilité. Pendant quelques années, le budget est à l'équilibre mais il ne résiste pas, après 1672, à la reprise des guerres et aux fastes de Versailles. Colbert doit alors se résigner à augmenter les impôts et emprunter.

    En 1681, il crée la Ferme générale en vue de rationnaliser la collecte des impôts autres que la taille, un impôt particulièrement injuste qu'il échoue à supprimer. Ces efforts tardent à porter leurs fruits. À sa mort, deux ans plus tard, la dette publique s'élève à 158 millions de livres.

    - Enjeux industriels : multiplication des manufactures

    Colbert se préoccupe peu de l'agriculture mais privilégie la politique industrielle. Pour cela, il établit des tarifs douaniers élevés, réglemente l'industrie et surveille les corporations.

    En vertu du mercantilisme, une doctrine alors en vogue, il s'évertue à limiter les importations et multiplie à cet effet les manufactures royales. Il s'agit de grandes entreprises auxquelles le roi avance des capitaux et donne des privilèges (les Gobelins, Saint-Gobain). Il attire aussi les ouvriers étrangers pour développer des industries nouvelles : de Venise pour le verre, de Hollande pour les draps.

    À l'intérieur, il lance la construction du canal des Deux-Mers entre Atlantique et Méditerranée.

    - Commerce : priorité à l'outre-mer

    Outre-mer, Colbert encourage la création de compagnies de commerce, sur le modèle hollandais. Cinq grandes compagnies sont créées : en 1664, les Indes orientales et occidentales, de 1669 à 1675, les compagnies du Nord, du Levant et du Sénégal.

    Il s'ensuit la création de comptoirs commerciaux : Pondichéry et Chandernagor sur les côtes de l'Inde, d'une escale à Gorée, au Sénégal, d'une nouvelle colonie à l'embouchure du Mississipi, la Louisiane.

    Dans le même temps, le ministre favorise le peuplement du Canada. Il prépare aussi un arsenal juridique destiné à mettre de l'ordre dans les relations entre maîtres et esclaves dans les colonies sucrières des Antilles et de l'Océan indien. La première version de ce texte plus tard surnommé «Code noir» est publiée par son fils Seignelay en 1685.

    Parallèlement, il développe la marine de guerre, en déshérence depuis 1661, nécessaire pour protéger la flotte commerciale. Il agrandit et modernise certains ports (Toulon, Brest) et en crée d'autres (Rochefort, Lorient, au sud de la Bretagne). C'est un succès indéniable avec le surgissement du néant d'une puissante industrie navale : la flotte ne comptait qu'une vingtaine de navires en 1661, plus de 270 en 1677.

    - Administration : l'État intervient partout

    Colbert s'attache à simplifier la législation du royaume (notamment avec l'Ordonnance des Eaux et Forêts et l'Ordonnance criminelle).

    Son ambition principale - la grandeur du roi et la puissance de l'État - le conduit aussi à se préoccuper de l'action culturelle. Il protège les arts et lettres, fonde les académies de peinture et de sculpture, des belles lettres, l'Académie royale de musique, l'Académie d'architecture, la «petite académie» chargée de créer des médailles à la gloire des actions passées et à venir du roi.

    Il favorise la recherche avec l'Académie royale des sciences de Paris et l'Observatoire de Paris. Il préside aussi aux débuts des travaux de la construction de Versailles en même temps qu'il en critique rapidement le coût.

    Le fardeau de l'État

    Bien que totalement dévoué au roi, Colbert n'a pas été aimé de ses contemporains. On lui reproche son austérité, son ambition, son avarice, son orgueil de parvenu. Madame de Sévigné le surnomme «Le Nord» en raison de sa froideur.

    Il meurt, épuisé à la tâche, en 1683, avant le temps des guerres et une fin de règne difficile.

     

     

    SOURCES :http://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=481

      

      

     
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    Guillaume le Conquérant "Nous ne nous rendrons jamais !"

     

    vers 1027 à Falaise (Normandie, France) - 7 septembre 1087 à Rouen (Normandie, France)

    Guillaume 1er, duc de Normandie, descend de Rollon, un rude chef viking qui s’est établi au siècle précédent à l’embouchure de la Seine.

    Il est surnommé Guillaume le Bâtard car il naît, comme dans les contes de fées, des amours illégitimes du duc Robert 1er le Magnifique avec la fille d'un tanneur de Falaise, Arlette. Le duc Robert, Viking mal dégrossi, a de nombreuses concubines et encore plus d'enfants mais ses préférés sont Arlette et Guillaume. C'est à celui-ci que revient le duché quand il meurt à Nicée, en Asie mineure, au retour d'un pèlerinage à Jérusalem, le 22 juillet 1035. Guillaume n'a encore que huit ans et ses partisans doivent défendre ses droits les armes à la main.

    Quand son oncle, le roi d’Angleterre Édouard le Confesseur, meurt sans héritier direct le 5 janvier 1066, Guillaume revendique pour lui-même la couronne. Celle-ci lui est contestée par un seigneur anglais, Harold. Guillaume débarque en Angleterre avec ses troupes. Près de la plage, à Hastings, il écrase les troupes de son rival, qui est tué dans la bataille (1066). À Bayeux, en Normandie, la célèbre «tapisserie de la reine Mathilde», du nom de l'épouse de Guillaume, raconte l'histoire de la Conquête sur 70 mètres de long. C'est la première bande dessinée connue.

    Devenu roi d’Angleterre, Guillaume modernise l’administration du pays et offre les seigneuries à ses compagnons d’armes, des Normands parlant français. Pour cette raison, les langues anglaise et française modernes comportent beaucoup de mots communs. Comme tous les rois anglais, l’actuelle reine Elizabeth II descend de Guillaume de Normandie, le Bâtard, aussi surnommé Guillaume le Conquérant.

      Guillaume le Conquérant "Nous ne nous rendrons jamais !"

     

    Le 14 octobre 1066, une petite armée féodale à peine débarquée en Angleterre bat les troupes du roi en titre. La victoire à Hastings du duc de Normandie Guillaume le Bâtard marque la naissance de l'Angleterre moderne.

     

    Le vainqueur descend de Rollon, un chef viking qui s'est établi 150 ans plus tôt à l'embouchure de la Seine.

     

    Guillaume, un bâtard formé à la dure

     

    À la mort du roi anglais Édouard le Confesseur, les seigneurs anglo-saxons élisent Harold pour lui succéder. Mais le duc de Normandie prétend que la couronne d'Angleterre lui a été promise par le défunt roi qui était aussi son oncle. C'est ainsi qu'il débarque sur l'île avec 4 à 6.000 hommes.

     

    Harold arrive à sa rencontre avec une infanterie réputée mais qui sort fourbue d'une bataille contre des Norvégiens.

     

     

    Après un début de combat indécis, les Normands prennent le dessus grâce à leur cavalerie. Harold est blessé à l'oeil par la flèche d'un archer normand. Sa mort entraîne la dispersion de ses troupes et la victoire définitive de Guillaume.

     

    À Bayeux, en Normandie, on peut voir la célèbre tapisserie dite «de la reine Mathilde», du nom de l'épouse de Guillaume. Elle raconte l'histoire de la Conquête sur 70 mètres de long.

     

    Cette tapisserie a été commandée à des artisans saxons par l'évêque de Bayeux, Otton de Conteville, pour orner le choeur de sa cathédrale. C'est la première bande dessinée connue.

     Guillaume le Conquérant "Nous ne nous rendrons jamais !"

    Un réformateur hardi

     

    Guillaume est couronné roi d'Angleterre à l'abbaye de Westminster, à Londres, le jour de Noël 1066. Mathilde est à son tour couronnée deux ans plus tard.

     

    Le souverain modernise l'administration du pays. Il partage aussi entre ses vassaux les seigneuries anglaises, éliminant de la sorte la noblesse issue des précédents envahisseurs, les Angles et les Saxons.

     

    Les Normands introduisent par ailleurs leur langue d'adoption, le français. De là le très grand nombre de mots et de racines que possèdent en commune l'anglais et le français modernes.

     Guillaume le Conquérant "Nous ne nous rendrons jamais !"

      
      
      
      
      
      
      
      
      
      
      
      
                   Guillaume le Conquérant était le fils de Robert le Diable, Duc de Normandie, le 4e descendant de Rollon, et d’une de ses maîtresses nommée Harlotte (Arlette ?, d’où certains imaginent que de là vient le mot harlot – femme de mauvaise vie), fille d’un pelletier de Falaise. Lorsque, de nombreuses années plus tard, il assiégea la ville d’ Alençon, les habitants suspendirent des peaux sur les remparts en criant "Des peaux pour le tanneur !". Guillaume dévasta la ville, mutila et écorcha vifs ses notables. Falaise, par la suite, éleva une statue équestre à Guillaume, statue qu’on inaugura en 1851.

    Un jour que Robert chevauchait la campagne, il aperçut quelques jeunes paysannes qui dansaient et fut tellement touché par les charmes de la susdite Harlotte qu’il la persuada de vivre avec lui, ce qu’elle fit ; dix mois plus tard, elle accoucha de Guillaume.

    Les scribes des monastères relatent que l’enfant, peu de temps après sa naissance, ayant trouvé de la paille sous sa main, en ramassa quelques brins et les tint si fermement qu’on dut s’y mettre à plusieurs pour les lui arracher. Guillaume le Bâtard (il changea plus tard ce nom en celui de Conquérant) naquit en l’an 1027.

    Lorsque Robert fut prêt de partir pour la Terre Sainte, il fit reconnaître Guillaume pour son héritier et le recommanda à Henri II, roi de France, qui eut soin de son éducation et le défendit contre ses sujets rebelles et contre quelques Seigneurs qui avaient des visées sur son Duché.

    Harold, roi saxon d’Angleterre, ayant été poussé par les vents sur le côte française, probablement en 1064, Guillaume le retint prisonnier pour l’échanger contre rançon et fit avec lui un pacte, scellé sur des reliques, pacte selon lequel il deviendrait, lui-même, roi d’Angleterre et Harold, simple comte de la Province de Wessex : c’est l’histoire que raconte la chronique de Bayeux, tapisserie qui a été attribuée à la reine Mathilde, épouse de Guillaume, également fille du comte des Flandres.

    Pour envahir l’Angleterre, les forces d’assaut (Normands, Français, Picards, environ 7000 combattants) se rassemblèrent au cours de l’été 1066 autour de St Valéry sur Somme. Des mercenaires vinrent des Flandres, des Normands, de l’Italie du sud, d’autres d’Espagne : Guillaume avait reçu l’appui total du pape Alexandre II. Les vents, cependant, restaient contraires. Le jour du débarquement fut retardé mais le vin ne manquait pas. On sortit les reliques de St Edmond de l’église de St Valéry : les vents tournèrent. Les vaisseaux purent enfin gagner le point de rendez-vous à la bouche de l’estuaire ; la nuit, le bateau amiral portait une lanterne de forte puissance tout en haut de son mât de flèche.

    Le 28 septembre, Guillaume et sa flotte jetèrent l’ancre dans la baie de Pevensey (Sussex). En débarquant, le Duc s’étala de tout son long : "J’ai pris l’Angleterre entre mes mains", commenta-t-il sobrement. Maintenant, en ce matin du 14 octobre 1066, "on allait pouvoir faire de la bonne besogne !", déclara-t-il à ses troupes en ajoutant : "je ne suis pas venu ici seulement pour prendre mon dû mais pour venger notre nation entière des félonies, des parjures et des trahisons de ces Anglais…".

    La coutume des Normands de se battre avec des arcs longs, inconnus des Anglais, fut très funeste à ces derniers. Leurs propres auteurs rapportent que le gros de leur armée, étant, suivant leur manière, porteurs de hallebardes, se tenait si serré, qu’il ne put être forcé que lorsque les Normands, feignant de fuir, les firent débander et, par là, gagnèrent la bataille qui, bien que misérablement perdue, fut cependant livrée par les autochtones avec la dernière bravoure afin de garantir leur Patrie d’un joug étranger. On trouva le corps de Harold parmi les cadavres ; seule Edithe, la belle au cou de cygne qu’il avait aimée, fut en mesure de l’identifier. Guillaume marcha sur Londres à grandes journées, obligeant les habitants de cette ville à lui envoyer des émissaires pour lui en apporter, tête basse, les clés.

    Aldred, le grand archevêque de York, couronna Guillaume, qui était très pieux, à l’Abbaye de Westminster le jour de Noël de l’an 1066. (La duchesse Mathilde fut couronnée le dimanche de la Pentecôte de l’an 1068).

    Toute l’Angleterre ne se soumit pourtant pas à Guillaume. Les villageois de Romney tuèrent une bande de chevaliers normands. York et Oxford résistaient encore mais il en punit les habitants avec une telle sévérité que même les plus obstinés s’en effrayèrent. La désolation s’étendit d’une côte à l’autre. En l’an 1075, une sérieuse révolte éclata dans les Midlands et dans l’East-Anglia, et l’un des capitaines saxons rescapés du massacre, Waltheof, rejoignit les rangs des rebelles ; mais la population saxonne prit le partie du Conquérant contre le chaos : c’était à celui qui , le premier, rendrait hommage à Guillaume et ils venaient en foule "comme des mouches s’assemblant sur un plaie" : il vaut mieux vivre à genoux que mourir debout !

    Tout d’abord, Guillaume traita les Anglais avec beaucoup de douceur et confirma leurs lois et leurs privilèges. Mais lorsqu’il vit que chaque année ils ourdissaient de nouveaux complots pour le détrôner, il changea de conduite, il punit les mutins impitoyablement, les déposséda de leurs terres qu’il distribua aux Normands ou aux Anglais qui lui avaient été fidèles. Il priva la Nation de ses privilèges, abolit ses lois et établit en leur place celles des Normands. Il se saisit des trésors des monastères, sous prétexte que les rebelles y avaient caché leurs biens les plus précieux, écarta les Anglais de tous les postes honorables et lucratifs et mit un impôt sur les terres, semblable, à celui du Danegelt, qu’Edouard avait aboli, taxe rappelant aux Anglais les maux qu’ils avaient autrefois endurés sous une dominations étrangère.

    Par la suite, il leur défendit de chasser (quiconque tuera cerf, biche ou sanglier se verra arracher les yeux) ou d’abattre des arbres dans ses forêts sans une permission expresse de sa part. Il voulut que la langue normande fût seule en usage dans le barreau et qu’on l’enseignât dans les écoles. En un mot, il traita l’Angleterre en pays de conquête et jamais monarque ne fut plus despotique que lui.

    Guillaume combattit également les Gallois qu’il défit lors de plusieurs combats, et Malcolm, roi des Ecossais, qu’il obligea à lui faire hommage pour tout le royaume d’Ecosse. Il déclara la guerre au duc de Bretagne, et mieux encore, il franchit la frontière de France à la tête d’une puissante armée, assiégea, prit et pilla Mantes puis mit le feu à la ville ; mais cette action lui coûta la vie. Il s’approcha des flammes de si près que la violence du brasier, s’ajoutant à la chaleur de la saison, lui donna la fièvre ; cela en plus d’une blessure qu’il avait reçue au ventre, fit qu’on dût le transporter dans une litière jusqu’au prieuré de St-Gervais à Rouen où il trépassa le 9 septembre 1087. L’Evêque d’Evreux l’enterra dans l’abbaye St Etienne de Caen.

    L’Angleterre venait de subir la défaite la plus catastrophique et la plus humiliante de son histoire, une débâcle dont l’empreinte ne s’effaça pas en dépit des heurs de batailles à venir. La seule culture fut la culture française (Gurth et Wamba dans l’Ivanhoe de Walter Scott en attestent). Les notables saxons envoyèrent leurs fils faire leurs études dans les monastères de France. Les conquérant épousèrent, par la suite, les autochtones du sexe opposé. Ceci marque la soumission totale de l’Angleterre. Les échanges d’ordre intellectuel ou social des deux côté de la Manche prirent nouvelle tournure, car il vaut mieux vivre à genoux que mourir debout !

      
      
      
      
      
      
      
      
      
      
      
      
     
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    Le 7 Juin 1654, Louis XIV, qui a maintenant 15 ans, est sacré à Reims.
    Le Régiment des Gardes de
    d'Artagnan fait partie de l'escorte royale.

    Mais la Guerre avec les
    Hasbourg perdure. En juillet 1654, d'Artagnan est blessé au siège de Stenay et ne participe peut-être pas à la prise d'Arras, mais il est présent aux combats qui suivent où les Gardes vont s'illustrer. En Juillet 1655, une charge s'étant libérée, d'Artagnan est nommé Capitaine.

    En Janvier 16
    57 la Compagnie des Mousquetaires est rétablie . Mazarin en confie la Lieutenance à son neveu Philippe-Julien Mancini, futur duc de Nevers ... qui s'en désintéresse totalement.
    Le 26 Mai 1658
    d'Artagnan en est nommé S/Lieutenant et va donc en exercer le réel commandement.

    En Novembre 1659,
    "la paix des Pyrénées" est signée avec l'Espagne.
    D'Artagnan
    va pouvoir s'occuper de sa Compagnie.
      

    A cette époque elle se compose de 150 hommes avec à sa tête un Capitaine (nominativement le Roi),
    un Lieutenant (Mancini, jamais présent),
    un S/Lieutenant (
    d'Artagnan, commandant effectif),
    un Enseigne (porte-drapeau),
    un Cornette (porte-étendard de la Compagnie)
    et deux Maréchaux des logis .

    Ils montent des chevaux blancs mais peuvent aussi combattre à pied selon les circonstances.
    En 1665 ils reçoivent des chevaux pommelés (gris) d'où le nom de "Mousquetaires gris" donné à la première Compagnie, alors que la seconde, créée quelques années après recevra des chevaux noirs et constituera les "Mousquetaires noirs".

    Leur armement se compose d'un mousquet
    (origine du nom "mousquetaire")
    d'une paire de pistolets et d'une épée.

    Ils portent la célèbre casaque d'azur à croix d'argent galonnée d'or et le feutre empanaché.

    Les Mousquetaires sont
    l'escorte principale du Roi
    et leur véritable Lieutenant, d'Artagnan,
    a l'honneur d'être "au plus près" du
    Roi
    dans tous ses déplacements.
    Il commence à devenir un des gentilshommes
    très "en vue" à la Cour.



    C'est probablement au cours d'un voyage effectué par le Roi, à Lyon, que d'Artagnan,
    lors d'une étape à Châlons s/Saoône, rencontra la soeur du Gouverneur de la ville,
    Anne-Charlotte de Chanlecy, baronne de Sainte-Croix, veuve (depuis 1654) et riche ;
    elle a 35 ans et lui au moins 45 ans.
    Le contrat de mariage sera signé, entre autres personnalités, par le
    maréchal-duc de Gramont
    et paraphé par Louis XIV et Mazarin.
    Le mariage a lieu le 3 Avril 1659 en l'église Saint-André des Arts de Paris.
    Le couple va habiter la maison que
    d'Artagnan a achetée à l'angle des actuels
    quai Voltaire et rue du Bac,sur la rive gauche de la Seine,
    face au Louvre, sur la rive droite. (Cette maison sera démolie en 1881).



    Lettre à Louvois

    Mais le S/Lieutenant des Mousquetaires remplit souvent d'importantes missions en province et
    escorte le
    Roi dans tous ses déplacements. Particulièrement pour l'année qui suit où le voyage du Roi, qui va épouser à Saint-Jean de Luz l'infante Marie-Thérèse (en Juin 1660), va durer un an.

    Le premier fils de
    d'Artagnan naît en 1660, le second naîtra en 1661. Mais le couple ne s'entend pas et, dès 1665, il y a séparation de fait, madame d'Artagnan retourne vivre dans ses terres,
    en Bourgogne.



    Le 9 Mars 1661 Mazarin meurt, à Vincennes.
    Le Roi décide d'être son propre
    premier ministre.


    Cependant le Surintendant
    Nicolas Fouquet est le plus important des ministres puisqu'il tient les Finances.
    Accusé de prévarication auprès du
    Roi par son second, Colbert, Louis XIV, convaincu de la véracité de cette accusation, surtout après l'extraordinaire réception
    que lui donne
    Fouquet dans son somptueux
    château de Vaux-le-Vicomte le 17 Août 1661,
    décide son arrestation.

    Mais cette arrestation peut bloquer le fonctionnement des Finances et créer de nombreux troubles,
    aussi faut-il un homme de
    toute confiance
    pour accomplir cette délicate mission.
    Le
    Roi désigne d'Artagnan.

    Le 5 Décembre 1661, c'est chose faite et le mousquetaire conduit l'ex-surintendant
    au château d'Angers.

    Fouquet mis en accusation devant le Parlement est transféré, toujours par d'Artagnan à Amboise,
    puis à Vincennes et enfin à la Bastille de Paris
    où il arrive le 20Juin 1663.
    Le procès se poursuit et, en 1664, le
    Roi souhaitant passer l'été à Fontainebleau, le prisonnier est transféré par d'Artagnan à Moret-sur-Loing.


    Nicolas FOUQUET 

     

    Mais le S/Lieutenant des mousquetaires dont le
     
    Roi et Colbert d'une part, Fouquet et les siens d'autre part, n'ont qu'à se louer de la parfaite rigueur courtoise, a de fréquentes permissions
    pour participer et assister aux nombreuses fêtes royales.

    En Décembre 1664,
    Fouquet est condamné à l'exil.
    Louis XIV, estimant que celui-ci connaît trop de "secrets d'Etat", commue cette peine en prison à perpétuité. C'est encore d'Artagnan qui est chargé de le conduire à la forteresse de Pignerol (place-forte française en Savoie) où il arrive fin Janvier remettant son prisonnier à monsieur de Saint-Mars,
    un de ses anciens officiers qu'il a recommandé au
    Roi.

    Après trois années, d'Artagnan est enfin délivré de sa pénible fonction de gardien
    qui ne convient guère à son caractère mais qu'il a accompli à la perfection.
     
    Au débit de l'année 1667, le duc de Nevers démissionne de sa charge de
    Lieutenant de la première Compagnie des Mousquetaires.
    Malgré de nombreuses candidatures et pressions diverses (dont celle de
    Colbert),
    le Roi qui souhaite récompenser son fidèle d'Artagnan lui donne cette charge qui est,
    selon
    Colbert lui-même, "la plus belle du Royaume".

    De plus, financièrement, elle est très importante car la solde de Capitaine des Mousquetaires
    est de 600 livres par mois que
    le Roi, Capitaine en titre, reverse à d'Artagnan,
    à laquelle s'ajoutent les 300 livres de sa solde de Lieutenant.
    (Le simple Mousquetaire reçoit, lui, de 30 à 60 livres.)
    D'Artagnan est aussi titulaire d'une pension annuelle du Roi de 6000livres.
    Sommes considérables, mais le Lieutenant-capitaine a de gros frais pour l'entretien de sa Compagnie et,
    en tant qu'un des grands personnages de la Cour, il se doit de mener "grand train".

    La cérémonie de remise de la charge par
    le Roi se déroula, devant toute la Compagnie,
    dans la plaine de Houilles, le 22 Janvier 1667.
    Dans les textes de l'époque d'Artagnan est maintenant nommé :
    "
    Haut et puissant seigneur, Messire Charles de Castelmore, comte d'Artagnan".


    En 1667 éclate la guerre dite de "Dévolution".
    - La dot de Marie-Thérèse n'ayant pas été payée,
    le Roi réclame pour son épouse, en compensation,
    des territoires possédés par l'Espagne. -

    En Mai 1667 à la tête de son armée il part pour les Flandres.
    D'Artagnan commande sa Compagnie
    plus quatre escadrons de cavalerie.
    Après de nombreux combats où les Mousquetaires s'illustrent, Lille est prise et, en Octobre,
    Louis XIV rentre à Saint-Germain.

    Début 1668
    le Roi repart, cette fois à
    la conquête de la Franche-Comté.
    Après quelques batailles,
    Condé et
    d'Artagnan s'apprêtent à investir Besançon
    qui se rend, presque sans combat.
    Par le traité
    "d'Aix-la-Chapelle" (Mai 1668)
    la France garde
    Armentières, Charleroi, Courtrai, Tournai, Douai, Lille et quelques places-fortes,
    mais rend la Franche-Comté à l'Espagne.

    Débute alors une période de paix et...
    de festivitésauxquelles le Lieutenant des Mousquetairesparticipe activement et
    qui va durer jusqu'en 1672.



    Louis XIV à l'armée


    De Novembre à Décembre 1671
    d'Artagnan va devoir remplir à nouveau le rôle ingrat de geôlier.

    Le
    comte de Lauzun, brave mais vaniteux personnage qui devait peut-être épouser Mlle de Montpensier
    (la Grande Mademoiselle), cousine germaine du
    Roi, devant le refus de celui-ci se montre insolent
    envers le monarque et particulièrement envers
    Mme de Montespan, la favorite royale.
    Louis XIV ordonne son arrestation et c'est d'Artagnan, l'homme des situations délicates, qui est chargé
    de conduire, avec100 mousquetaires, le prisonnier à Pignerol... où se trouve déjà
    Fouquet et ,
    depuis 1669
    "le masque de fer".



    D'Artagnan
    - Gravure en frontispice des "Mémoires de d'Artagnan"
    de Gatien Courtils de Sandras

    D'Avril à Décembre 1672, le Roi nomme d'Artagnan Gouverneur de Lille, en remplacement momentané
    du
    maréchal-marquis d'Humières.
    C'est une grande marque de confiance, cette place
    étant une des plus importantes et utiles du Royaume.

    En même temps, autre marque d'estime,
    d'Artagnan
    est nommé "maréchal de camp".

    Cette même année
    Louis XIV est entré en guerre contre la République des Provinces-Unies (la Hollande).
    En Juin 1673 il arrive, avec une armée de
    45 000 hommes (dont les deux Compagnies de Mousquetaires) devant Maëstrich pour en faire le siège.
    Vauban est chargé des travaux de préparation.
    De nombreux assauts au cours desquels les Mousquetaires "font merveille"ont lieu.

    Le 25 au matin le jeune
    duc de Montmouth (fils illégitime de Charles II d'Angleterre) se lance, à découvert, à l'assaut d'une barricade, sous la mitraille de l'ennemi. Pour le secourir d'Artagnan s'élance avec ses hommes. après un combat acharné, la barricade est emportée... mais d'Artagnan ne le verra pas car, au cours du combat, une balle de mousquet l'a frappé en pleine tête. Plusieurs Mousquetaires mourront en essayant de ramener son corps ; un maréchal des logis,
    monsieur de Saint-Léger y parviendra et sera récompensé de sa bravoure par le Roi.
    Louis XIV fit célébrer un office funèbre dans sa chapelle à la mémoire du héros.

    La ville capitula le 30 Juin.
    Louis XIV écrivit à la Reine :
    "Madame, j'ai perdu d'Artagnan, en qui j'avais toute confiance et qui m'était bon à tout."

    Le Roi n'oublia pas la famille de d'Artagnan. En 1674 il fut le parrain de son fils aîné (14 ans)
    et
    la Reine sa marraine. Son fils, le Dauphin fut le parrain du cadet (13 ans) et
    Mlle de Montpensier sa marraine.
    Les deux garçons devinrent officiers aux Gardes françaises.

    L'aîné resta célibataire mais le cadet se maria et eut une descendance qui subsiste jusqu'à nos jours.


     

    N.B. : Bien avant Alexandre Dumas et ses "Trois mousquetaires", dès 1700 Courtils de Sandras écrit des "Mémoires"apocryphes car il n'a même pas connu d'Artagnan.
    Plus tard, divers auteurs s'essaieront à retracer sa véritable histoire mais beaucoup commettront des erreurs, involontaires, en mélangeant les oncles, frères, cousins,... de notre héros.
    Au fur et à mesure du dépouillement des Archives on arriva à cerner la vérité.
    Citons particulièrement les ouvrages récents de
    Jean-Christian Petifils "Le véritable d'Artagnan"
    et surtout celui d'
    Odile Bordaz
     
      
     
    Balzac-Le Griot éditeur)
    dont sont extraites les principales informations de cette modeste étude.
     

     

     http://ancre.chez-alice.fr/capetiens/artagnan/artagnan.htm

     

     

     

    sources : http://ancre.chez-alice.fr/capetiens/artagnan/artagnan3.htm

     

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    LE VÉRITABLE D'ARTAGNAN -
    " Mousquetaire du Roy "


    " UN POUR TOUS , TOUS POUR UN ! "

    Telle était la fière devise des Mousquetaires d'
    Alexandre DUMAS.

    Athos, Porthos, Aramis, d'Artagnan, de vrais personnages à l'existense réelle ...
    mais qui ne se sont peut-être jamais rencontrés
    et dont les aventures racontées par
    DUMAS sont de la pure fiction ...

    D'Artagnan, lui, a vraiment eu un destin extraordinaire qui mérite d'être conté.




    Louis XIII

    Notre
    d'Artagnan, Charles de Batz-Castelmore,
    naît entre 1611 et 1615 au début du règne du jeune
    Louis XIII, au "château" (plutôt une gentilhommière) de Castelmore,
    près de Lupiac, en Gascogne
    (française seulement depuis quelques années avec l'avénement de
    Henri IV, père de Louis XIII).
    Il est le fils de
    Bertrand de Batz-Castelmore
    (de noblesse récente) et de
    Françoise de Montesquiou-d'Artagnan (d'une illustre lignée qui avait déjà donné de grands capitaines).
    La famille est peu fortunée et l'existence de
    Charles
    et de ses frères est assez semblable à ceux des petits paysans de la région. Mais, en plus, il pratique la chasse et le maniement des armes, particulièrement
    "la rapière"(épée à la lame longue et fine).
    Les enfants de
    Batz-Castelmore ont probablement aussi un précepteur car les lettres de d'Artagnan sont bien rédigées et montrent une orthographe fort convenable pour un gentilhomme du XVII°siècle.

    Comme tous les "Cadets de Gascogne", rarement riches, il va devoir chercher la gloire ...
    et éventuellement la fortune dans les armées du Roi, donc partir pour Paris.

    C'est vers 1630 (il a entre 15 et 19 ans) qu'il rejoint la capitale, monté sur un cheval qui, s'il n'est pas le "cheval jaune" du roman de
    Dumas, ne devait être guère mieux si l'on se réfère à l'inventaire de l'écurie de Castelmore effectué en 1635 à la mort de Bertrand de Batz. Il est certainement accompagné d'un ou deux amis ou serviteurs de la famille (qui retourneront en Gascogne ensuite)
    et muni de lettres de recommandationpour des gens "bien en cour",
    anciennes relations des
    Montesquiou.

    En 1633
    Charles de Batz d'Artagnan (ou d'Artaignan comme il signe le plus souvent) - il semble que ce soit le Roi qui, en souvenir des glorieux ancêtres, lui ait demandé de ne conserver que ce nom de d'Artagnan -
    est mentionné comme appartenant aux Mousquetaires, puis on perd quelque peu sa trace.
    On peut imaginer sans peine qu'ensuite il ait guerroyé dans un Régiment des Gardes Françaises ,
    dont son protecteur le gascon
    Maréchal de Gramont avait le commandement,
    en Flandres et en Lorraine.

    En 1643, Louis XIII meurt, six mois après son
    premier ministre le cardinal de
    Richelieu.
    Lui succède un enfant de 5 ans,
    Louis XIV,
    sous la Régence de sa mère Anne d'Autriche
    (princesse espagnole) avec pour premier ministre
    le cardinal
    Mazarin (italien).



    Anne d'Autriche



    Louis XIV, enfant


    Les grands seigneurs du Royaume, ainsi que le Parlement de Paris, longtemps tenus à l'obéissance par
    Louis XIII et Richelieu, ne vont pas tarder à se rebeller contre l'autorité de la Régente et du ministre.

    En 1646, une correspondance (qui sera suivie de beaucoup d'autres)
    nous révèle que
    d'Artagnan est au service de Mazarin.
    Ce même
    Mazarin qui, pour des raisons d'économie ou de mésentente avec son lieutenant
    M. de Troisville, avait supprimé la compagnie des Mousquetaires ...
    qui se verra rétablie quelques années plus tard
    pour satisfaire le jeune
    Louis XIV qui en sera "nominativement" le Capitaine.


    Alors que la guerre perdure avec l'Espagne
    et l'autre branche des
    Hasbourg
    (qui possède les Flandres et les Pays-Bas),
    d'Artagnan est le messager entre la Cour et les places-fortes du front.

    En Août 1648 c'est le début de la "Fronde parlementaire" soutenue par les parisiens.
    En Janvier 1649 le petit
    Roi, la Reine-régente
    et le
    Cardinal quittent nuitamment Paris pour
    Saint-Germain-en-Laye.
    Condé fait le siège de la capitale qui se rend ;
    la "
    paix de Rueil" est signée en Mars 1649.

    Mais bientôt
    Condé, mécontent de ne pas avoir été désigné pour un poste important au Gouvernement, entre à son tour en rébellion et prend la tête
    de "la Fronde des Princes".
    Après de multiples péripéties auxquelles
    d'Artagnan sera, en tant que fidèle de Mazarin et de la Reine, étroitement mêlé, le Cardinal devra s'exiler (Février 1651).
    D'Artagnan sera "l'agent secret"
    des missions importantes
    et fera de nombreux voyages entre la résidence
    de
    Mazarin et la Cour.

    Une Lieutenance se trouvant disponible,
    en récompense de ses loyaux services,
    Mazarin
    (avec l'accord de
    la Reine) le nomme, en Avril 1652.
    Lieutenant du Régiment des Gardes,




    Mazarin

    En Octobre de la même année, le Roi rentre triomphalement à Paris suivi,
    en Février 1653, de
    Mazarin, définitivement vainqueur.

     

     

    sources : http://ancre.chez-alice.fr/capetiens/artagnan/artagnan.htm   
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  • Thomas Edward Lawrence " LAWRENCE D'ARABIE "

    " Lawrence possédait la marque du génie... Il paraissait vraiment ce qu'il était : un des plus grands princes de la nature... Je n'ai jamais rencontré son pareil. "

    W. CHURCHILL

    Personnage "hors normes", à la foi extraverti et introverti, aimant paraître sur le devant de la scène et dans le même temps voulant être inconnu, faisant tout pour être célèbre puis oublié, encensé par une partie de l'opinion et des politiques, critiqué par l'autre, ami des plus grands et des plus humbles, personnalité énigmatique des plus complexes de cette époque contemporaine,
    qui était réellement Thomas Edward LAWRENCE ?

    ENFANCE et JEUNESSE

    T- E Lawrence naît en 1888 au pays de Galles, de Sarah Junner et Thomas Chapman.
    Ce dernier prendra le nom de Thomas Lawrence car il est déjà marié et a quatre filles.
    Il abandonne son épouse et ses filles afin de partir avec Sarah Junner (gouvernante de ses filles) ; ils vont s'installer en Ecosse.
    Ils auront cinq garçons.
    En Décembre 1891 ils décident d'habiter en France, en Bretagne.
    En 1894 retour en Angleterre,
    dans le New Hampshire.
    En 1896 la famille vient s’installer à Oxford afin d'assurer une excellente éducation aux enfants.
    En 1904, suite à un accident qui l'immobilise plusieurs semaines, Ned (tel qu'est alors surnommmé Théodore-Edward) va s'intéresser particulièrement aux lectures sur l'Archéologie.
    En 1905 il apprend sa véritable situation de famille, traumatisme qui va l'amener à s'engager dans l'Armée ... mais il s'aperçoit que la carrière militaire ne lui convient pas alors et il la quitte !

    NED, à 11 ans --->

    T-E à 11 ans

    Ned (à gauche) et ses frères
    Franck, Arnold, Bob et Will, en 1910

     

    En 1906 T.E. voyage en France en compagnie de d'un camarade. Ils visitent les châteaux forts et des cathédrales de la France du Nord Ouest, dont le Mont-Saint-Michel. L'an suivant il visite aussi les châteaux du Pays de Galles, puis avec son père les châteaux bretons et angevins.
    En octobre, il entre à l’Université, au Jesus College en vue d’obtenir une licence de
    "Bachelor of Arts".
    En 1908 T.E. parcourt la France du Havre à Aigues-Mortes en passant par Carcassonne, Chalus, Tours, Chartres et le Mt-Saint-Michel.
    Il prépare alors sa thèse sur "L’architecture militaire des croisades" ... ainsi qu'un futur voyage en Syrie.
    En 1909 il fait la connaissance du nouveau Conservateur du musée, David G. Hogarth, spécialiste du proche Orient. En juillet il est à Beyrouth et c'est à pied qu'il va parcourir la région sous le soleil et la chaleur de l'été. En Octobre il retourne en Angleterre où il écrit son mémoire pour obtenir son diplôme.
    Le Jury lui attribuera la mention "très bien".
    Puis il explore de nouveau la France avec deux de ses frères, à bicyclette , en Normandie,
    en Bretagne, ...

    Le Jesus College d'Oxford lui attribue une bourse pour effectuer des recherches à l’étranger.
    Il se rend en France pour aller au musée de Rouen étudier les poteries.
    Grâce à Hogarth il obtient une nouvelle bourse pour participer à des fouilles en Syrie.
    Il en profite pour apprendre les principaux rudiments d'arabe.
    En 1911 il trie, répertorie, photographie les tessons de poterie et établit l'exposé des fouilles.
    Là il fait la connaissance d’un jeune ânier porteur d’eau, Dahoum ; c'est la naissance d’une grande et fidèle amitié.
    Il participe aussi à d'autres fouilles et inspections dans la région, mais tombe malade (dyssentrie) et repart pour l'Angleterre.
    Fin novembre T.E. Lawrence retrouve la Syrie pour se rendre au site de Karkemish.
    En 1912 il part en mission en Egypte afin de participer aux fouilles de Flinders Petrie, puis retourne en Syrie.
    C'est à ce moment qu'il va commencer
    à se vêtir comme un Arabe.
    Il perfectionne aussi sa connaissance
    de la langue arabe.

    En 1913 une mission est confiée à Lawrence.
    Il s’agit de relever dans le Sinaï le parcours possible des Hébreux après la fuite d’Egypte. C'est en réalité une diversion pour dissimuler la réalisation de la carte de Sinaï (territoire ottoman) par le capitaine Newcombe, en prévision d’une guerre probable.
    En 1914 le capitaine Newcombe et T.E. Lawrence effectuent une localisation de la ligne de chemin de fer Berlin-Bagdad pour le cas où un conflit devrait arriver.

    Dahoum

    A Sarajevo, l'héritier d’Autriche-Hongrie, François-Ferdinand est assassiné.
    Cet événement déclenche les hostilités entre les grandes puissances et entraîne
    la "Grande Guerre".
      

    L'APPEL DU DESTIN

    Le 4 août 1914 l’Angleterre déclare
    la guerre
    à l’Allemagne.


    En octobre T.E. Lawrence est nommé sous-lieutenant au service cartographique de l’état major du ministère de la guerre.

    L’empire Ottoman rejoint l’empire d’Allemagne et d’Autriche dans le conflit.

    En décembre Lawrence arrive au Caire.

    Le vice-roi d’Egypte (le khédive) est destitué
    et remplacé par un protectorat britannique.

    Lawrence est affecté au service de renseignements militaires ; il est officier de liaison auprès du service de cartographie.

    En 1915 deux des frères de Lawrence
    sont tués sur le front français.

    L'année suivante des accords sont signés secrétement par la Russie, la France et l’Angleterre. Il s’agit du partage, à la fin de la guerre, de l’Empire Ottoman par ces grandes puissances (les accords Sykes-Picot) .

    - Lawrence n'en aura connaissance qu'au cours de l'été 1917. - Ces accords sont contraires aux promesses anglaises faites aux arabes pour un grand Etat arabe -.

    En juin 1916 le soulèvement arabe est lancé
    par Hussein (chérif de La Mecque) à Médine.

    Lawrence se fait affecter au Bureau arabe.
    En octobre il rencontre l’un des quatre fils de Hussein, Fayçal(photo ci-contre) et trouve en lui le leader qu’il cherchait pour mener la lutte.

    En janvier 1917 Lawrence est nommé officier
    de liaison avec Fayçal.

    En mars il commence sa stratégie de guérilla et s’attaque au chemin de fer reliant Constantinople à Médine.

    En juillet la ville stratégique d’Akaba est prise par les arabes avec son active participation.

    Il est promu major et devient
    "commandeur de l’ordre du Bain".

    En novembre Lawrence fait un repérage des lieux en zone ottomane. Il est capturé ; pris pour un déserteur, il est torturé et subit des sévices sexuels. Il réussit à s’échapper et rejoint Akaba.

    En décembre Jérusalem est prise par les anglais.


    Lawrence apprend la mort de Dahoum (typhus).

    En 1918 la capture de Laxrence est mise à prix par les Ottomans.
    48 hommes vont alors former sa "garde personnelle".
    Au combat avec les troupes britanniques il obtient le "Distinguisted Service Order"
    et il est nommé lieutenant-colonel.

    Lawrence part pour Jérusalem où il fait la connaissance du journaliste américain
    Lowell Thomas et de son photographe lesquels contribueront à la légende de
    Lawrence "roi sans couronne" d’Arabie.

     

    La Syrie est la nouvelle terre à conquérir.

    Damas est entre les mains de Fayçal et de ses troupes. Il nomme Lawrence comme gouverneur et ce pour trois jours et trois nuits.
    Fayçal apprend alors que la Syrie
    sera dirigée par la France.

    Lawrence demande un congé. Son objectif est d’empêcher la mise en place des accords Sykes-Picot en se rendant en Angleterre.
    George V le reçoit et souhaite le décorer pour services rendus à l’Empire britannique. Mais Lawrence refuse afin de montrer son désaccord sur la politique anglaise envers les Arabes.

    En novembre l’émir Fayçal accoste à Marseille ; il sera le représentant du royaume souverain
    du Hedjaz (chérif Hussein) lors de
    la conférence de Paris.
    En décembre il quitte Paris pour se rendre en Angleterre accompagné de Lawrence.

    LES CONSEQUENCES

    Janvier 1919, Lawrence est en France pour la conférence de Paris, comme correspondant
    d’une délégation du Foreign Office et conseiller technique pour le Proche-Orient,
    mais aussi conseiller et interprète de l’émir Fayçal.

    Première version des "Sept Piliers de la sagesse"(récit de son épopée arabe ).

    La conférence de la Paix débute.
    En tant que représentant de son père Hussein, Fayçal assiste à cette conférence.
    Le président des Etats-Unis, Wilson, discute avec Fayçal, assisté de Lawrence.
    Fayçal plaide pour l’indépendance du peuple Arabe devant le conseil des Dix dont les 5 principales puissances , la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, l’Italie et le Japon.
    Cette même année Lawrence est décoré de la "croix de guerre" française.
    Voyant que sa présence n'est pas utile pour la cause arabe Faycal repart pour Damas.

    En juillet Lawrence termine la version qu'il pense définitive des "Sept Piliers de la sagesse".
    Il est alors démobilisé de sa fonction de lieutenant-colonel.

    Des conférences traitant de la guerre sont présentées à Londres par Lowell Thomas
    mettant en lumière les récits de Lawrence.
    Celui-ci dévoile aussi à la presse les promesses franco-anglaises, non tenues,
    vis à vis des Arabes.
    En novembre il égare son manuscrit
    des "Sept Piliers de la sagesse"
    à la gare de Reading et décide de le réécrire .

    En 1920 la France occupe la Syrie
    et détrône Faycal.
    L'année suivante Lawrence est Conseiller aux Affaires arabes dans le Cabinet de W.Churchill.
    <-- Au Caire, ou Lawrence est présent, a lieu la conférence sur le Proche-Orient, On décide d'installer Fayçal comme roi d’Irak et son frère Abdallah comme roi de Transjordanie.

    A Djedda, Lawrence échoue à faire ratifier le traité de Versailles par le roi du Hedjaz, Hussein (problème de la communauté Juive).

     

    LUMIERE et OMBRE

    En 1922 il termine la troisième version de ses "Sept piliers de la sagesse", quitte le Colonial office et va intègrer, incognito, comme simple soldat, la Royal Air Force, sous le nom de Ross.
    Mais en fin d'année son anonymat est dévoilé.
    Situation délicate pour "une célébrité".
    Son refus de se voir intégrer comme Officier
    lui vaut son exclusion.
    Il réussit enfin à rejoindre l’arme blindée, toujours comme simple soldat,
    sous le nom de Shaw.
    Lawrence loue un chalet (qu'il achètera plus tard) près de son camp, à Cloud Hil où il s'occupe à des rédactions et des traductions.



    Il a aussi acheté une moto.

    En 1924 il remet en chantier la quatrième (et cette fois définitive) version des "Sept Piliers".

    Mais il souhaite toujours retrouver la R.A.F. à tel point qu'il menace de se suicider s'il ne l'obtient pas. Avec l'appui, entre autres, de l'écrivain G.B.Shaw, le Gouvernement cède (devant le scandale public que ferait le suicide du héros) et il intègre, en 1925, l'école d'élèves officiers.

    Il va occuper ses temps libres à terminer son livre, à continuer diverses traductions (dont celle de l'Odyssée qu'il va effectuer en Inde où son Unité est déplacée en 1927).
    Par des "fuites" journalistiques sa présence y est révélée et on suppose qu'il est là pour faire de l'espionnage. Pour couper court aux rumeurs, il rejoint sa base anglaise début 1929.

     


    Employé à des travaux qui lui laissent beaucoup de temps libre il poursuit ses écrits personnels (dont "La Matrice", sur sa vie de simple soldat) et ses traductions.

    En 1933 il démissionne et va être employé par le Gouvernement pour des essais sur les hors-bords que Lawrence, passioné de vitesse, affectionne particulièrement et qu'il connait bien.

    En 1934 parait la biographie de Liddell-Hart sur la vie du colonel Lawrence . Les journalistes recommencent à le traquer et il doit changer à nouveau plusieurs fois de domicile et de nom.
    Churchill intervient pour que la Presse le laisse tranquille et il peut enfin réintégrer
    son chalet de Cloud Hill.

    Le 13 mai 1935, roulant à moto, à vive allure il va faire un brusque écart pour éviter deux cyclistes, tombe et est victime d'un traumatisme crânien. Après quelques jours de coma il s'éteint et sera inhumé le 21 en présence de W. Churchill et de nombreuses personnalités politiques, militaires et des Lettres.

     

    LA LEGENDE

    "Il y a peu à dire d'une période vouée à l'effacement de soi-même",
    tel est le dernier commentaire laissé par le soldat Shaw ( T-E Lawrence) en quittant l'Armée.

    Malgré tout la Légende qui avait commencé de son vivant (il avait déjà eu trois biographes : Lowell Thomas, Robert Graves et Liddell Hart), va continuer après sa mort, particulièrement après la parution publique (les précédentes éditions n'étaient que partielles et disponibles par souscription) en 1936 de "Seven Pillars of Wisdom" (Les Sept piliers de la Sagesse) où chacun prendra dans ce monumental récit à la fois épique, politique et philosophique,
    ce qui l'intéresse particulièrement. D'où les diverses interprétations qui en seront faites et les conclusions qui en seront tirées à la fois sur l'Histoire et sur l'Homme.

    En 1955 est publiée "The Mint" (La Matrice), puis sa volumineuse correspondance,
    relançant l'énigme du personnage, bientôt sublimé par le magnifique film de David Lean
    (même s'il prend beaucoup de libertés avec l'Histoire) "Lawrence d'Arabie",
    tourné en décors naturels, avec d'extraordinaires acteurs et une musique envoûtante.
    (voir page suivante)


    Adulé par certains, très controversé par d'autres qui lui reprochent en bloc d'avoir falsifié l'Histoire pour la tourner à son profit,
    sa possible homosexualité et son goût pour sa propre mise en valeur (même quand il se cache).

    Ce n'est qu'avec l'ouverture des Archives britanniques sur cette période, en 1968,
    qu'on s'apercevra que son livre suit de près
    de la vérité historique, qu'il a vraiment joué
    un rôle important, militaire et politique et que sa retraite voulue était bien causée
    par sa grande déception de ne pas avoir pu réaliser son rêve d'aider à la formation d'une grande nation arabe.

    Ttitre emprunté à un verset du Livre des Proverbes de la Bible (IX,1-6) . Dans le désert de Wadi Rum en Jordanie on voit aussi les 7 piliers.

    T-E Lawrence était un idéaliste visionnaire, doué d'une vraie sensibilité et d'un sens esthétique certain. Il était très en avance sur son temps dans bien des domaines dont celui de la Communication (tant avec les Arabes, les politiques et les médias).


    "Tous les hommes rêvent mais pas de la même façon. Ceux qui rêvent de nuit, dans les replis poussiéreux de leur esprit, s'éveillent le jour et découvrent que leur rêve n'était que vanité. Mais ceux qui rêvent de jour sont dangereux, car ils sont susceptibles, les yeux ouverts, de mettre en oeuvre leur rêve afin de pouvoir le réaliser. C'est ce que je fis."
    ( Les Sept Piliers de la Sagesse)

    - Deux Biographies, en français, sur T-E Lawrence :
    Jacques Benoist-Méchin, Lawrence d’Arabie, ou Le Rêve fracassé.
    Patrick et Olivier Poivre d’Arvor, Lawrence d’Arabie, la quête du désert, -

    LE FILM

    USA 1962 ; sortie en 1963

    Durée : 3h 36mn

    Réalisateur : David LEAN

    Musique : Maurice JARRE

    Principaux acteurs :

    Peter O'TOOLE
    Omar SHARIF
    Alec GUINESS
    Anthony QUINN


    A. QUINN et P. O'TOOLE


    A. GUINESS

    P. O'TOOLE et O. SHARIF

     sources : http://ancre.chez-alice.fr/Lawrence/lawrence5.html
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