• l'HISTOIRE du COMMANDO KIEFFER ( OUISTREHAM )

      

    OUISTREHAM Calvados - 14 km nord de Caen

     Le Commando Kieffer libère Ouistreham

     

    En 1944, Ouistreham est un village situé à l’arrière immédiat de Riva Bella sur la côte normande. La proximité de l’embouchure de l’Orne, et du canal de Caen, en font un secteur très fortifié.

     C’est à cet endroit que débarquent, le 6 juin 1944, les 177 Français du 1er Bataillon de Fusiliers marins commandos.

     Les Français du commandant Kieffer, qui sont intégrés au N°4 Commando britannique, ont obtenu le privilège de fouler les premiers le sol de Normandie.

     

    Sur la plage, les Commandos laissent une quarantaine de tués et de blessés, puis avancent vers l’intérieur. Le commandant Kieffer est touché mais continue avec ses hommes.

     

    La troop 1 subit des pertes face à la position du casino. Les Commandos reçoivent l’appui d’un blindé du 13/18th Hussars de la 27e Brigade blindée, le blockhaus allemand est neutralisé.

     

    Ouistreham est libérée en fin de matinée.

     

    Commando Kieffer. Décès du doyen Maurice Chauvet

     Maurice Chauvet est décédé aujourd'hui aux Inavlides à l'âge de 91 ans. Il était le doyen des survivants du commando Kieffer, seule unité française à avoir débarqué sur les plages normandes le 6 juin 1944,

     

    >> Débarquement, Jean et Léon y étaient aussi

     

    Né le 12 juin 1918 au Gâvre (Loire-Atlantique), Maurice Chauvet avait servi sur le Georges-Leygues en 1936. Il avait quitté la France avec ses deux frères fin 1941 pour rejoindre Londres mais avait été emprisonné pendant 15 mois en Espagne.

     Il avait finalement rejoint l'Angleterre en juin 1943 et s'était engagé dans les Forces navales françaises libres (FNFL).

     

    Quartier-maître au 1er Bataillon de fusiliers-marins commandos (BFMC), il avait dessiné le badge qui est aujourd'hui toujours porté par les commandos marines sur leur béret vert.

     

    Le 6 juin 1944, Maurice Chauvet avait fait partie des 177 jeunes volontaires, qui avaient débarqué sur la plage de Colleville face à Ouistreham, sous les ordres du commandant Philippe Kieffer, fondateur des commandos de marine français. Le jeune commando avait été grièvement blessé cinq jours plus tard.

     

    En 1963, il avait participé comme conseiller technique à la réalisation du film "Le jour le plus long" et avait raconté sa guerre dans "Mille et un jours pour le Jour J" (Michel Lafon, 1994).

     

     

    Les commandos marine ont été créés durant la dernière guerre mondiale en Grande-Bretagne, sur le modèle des Royal Marines Commandos ou forces spéciales de la Royal Navy à partir d'éléments des fusiliers marins français regroupés au Royaume-Uni.

    Le 6 juin 1944, ils sont 177 à participer au débarquement en Normandie, sous les ordres du capitaine de corvette Kieffer.

    Article détaillé : Commandos Kieffer (France libre).

     

    La guerre d'Indochine :

     

    En Indochine, de 1946 à 1954, en 8 années de guerre, les commandos marine (François, de Montfort, Jaubert, Tempête et Ouragan) ont eu environ 104 tués sur un effectif de 1200 hommes. 61 de ces morts pour la France appartenaient au commando François (49 morts ou disparus à Ninh Binh le 30 mai 1951 et 7 morts à Anh-Thoi le 23 avril 1949), dissout en 1953.

     

    Ces faits d'armes ont valu à ce commando l'attribution de quatre citations à l'ordre de l'armée de mer (1948, 1950 et deux fois en 1951) et l'attribution de la fourragère aux couleurs de la médaille militaire avec l'olive croix de guerre TOE (1952) et la fourragère aux couleurs de la croix de guerre TOE (1951).

    Sélection :

     

    La sélection des commandos marine est particulièrement rigoureuse.

     

    Après une sélection interne par leurs commandants de compagnies de fusiliers marins et, parmi les brevetés fusiliers marins d'une ancienneté minimale, ceux-ci commencent une formation commando longue de 20 semaines. Celle-ci comprend une semaine de tests commandos, 6 semaines de stage préparatoire, 4 semaines d'évaluation commando, le stage commando de 7 semaines, et 2 semaines de stage parachutiste à Pau.

     

    À l'issue en moyenne 10 à 20 % des stagiaires reçoivent le brevet et le béret vert. Cependant, à aucun moment le brevet n'est garanti et toute faute peut aboutir à la radiation du stage.

     

    Le « stac » ou stage commando se déroule à Lorient, en Bretagne, au sein de l'École des fusiliers marins, héritière du 1er bataillon de fusiliers marins, et l'une des unités les plus décorées de l'Armée française.

     

    Les épreuves, tenues secrètes, préparent les fusiliers à leurs futures missions possibles au sein de l'un des cinq commandos de la marine.

    Le "stac" est ouvert en nombre restreint à d'autres spécialités de la marine (radio, infirmier) qui pourront ainsi intégrer l'effectif opérationnel des commandos marines.

     

    Le stage commando n'est cependant que le début de la formation du commando marine, qui doit également passer trois semaines de stages complémentaires ainsi que d'autres brevets techniques de commandos au cours de la formation interne. Ainsi qu'une période de 4 mois à Djibouti avant d'être déclaré Opérationnel et Apte à rejoindre un des 6 Commandos de la Marine.

     

    Cette formation de base fait partie de l'une des plus difficiles au monde, comparable à celle des SAS et SBS britanniques ou des Navy SEAL américains.

     

    Les commandos voulant postuler au commando d'action sous-marine Hubert de Toulon doivent, après une période d'ancienneté (5 ans) dans les unités commandos de Lorient, passer le brevet de nageur de combat à Saint-Mandrier, sur un tempo comparable à celui du cours Commando élémentaire, en plus difficile et plus long (deux semaines de pré-sélection, sept mois de Cours Nageur).

     À noter que chaque commando devra, à chaque nouvel examen de carrière, remettre son béret vert en question et repasser un stage commando équivalent, avec un niveau de responsabilité accru (stage commando chef d'équipe, stage commando chef d'escouade, stage commando chef de mission).

     Ainsi, certains officier mariniers supérieurs (Premier Maître, Maître Principal...) peuvent avoir cumulé jusqu'à quatre stage commandos. Ce type de formation est unique au monde, même dans les forces spéciales.

     Insigne de béret vert commando marine se porte côté gauche.

     Démonstration d'assaut à la mer par des hommes du commando Jaubert, pendant la manifestation nautique "Brest 2004" (juillet 2004)

     Fantassins du 3e Régiment d'infanterie de l'US Army et commandos marine en exercice à Djibouti en 2006.

     

    Uniforme :

     

    Leurs origines britanniques se remarquent au port du béret vert couché à l'opposé des autres unités militaires françaises (couché à droite, insigne à gauche, les autres unités françaises portant le béret couché à gauche, insigne à droite - cela permet notamment de différencier rapidement les commandos marine des légionnaires, portant eux aussi le béret vert). Le brevet de commando est porté par les commandos marine sur leur béret directement ainsi que la Demi-Lune "commando" écrit en rouge sur fond noir au niveau supérieur de la manche de leur uniforme.

     

    On reconnait les membres et anciens membres du commando Hubert au badge de brevet "nageur de combat" qu'ils portent à la poitrine de leur tenue de sortie.

     

    La plupart des commandos sont également reconnaissables à leur brevet parachutiste couplé à leur insigne de grade Marine nationale sur leur tenue camouflage "centre Europe".

     

    Missions :

     

    La France compte actuellement six unités de commandos marine qui appartiennent à la force des fusiliers marins et commandos, sous le commandement d'un amiral (ALFUSCO), dépendant directement du chef d'état-major de la marine, en ce qui concerne l'organisation et la préparation de cette force. Ils sont souvent déployés sous l'autorité du commandement des opérations spéciales ( COS ) pour des missions sur des théâtres extérieurs et sont particulièrement entraînés :

     

    * aux reconnaissances tactiques préalables aux opérations amphibies ou terrestre (renseignement) ;

    * à la protection et à l'évacuation de ressortissants ;

    * aux actions de destruction et de sabotage ;

    * aux interventions à la mer dans le cadre des missions de sauvegarde maritime (lutte contre le terrorisme, les trafics illicites et les infractions maritimes)

     

    En particulier, les Commandos marine sont souvent utilisés pour la protection d'ambassades en zone de guerre (par exemple dans certains pays d'Afrique).

     

    Organisation :

     

    Chaque commando est constitué de 80 à 100 hommes répartis en groupes de 15 à 17 opérateurs.

     

    Cinq de ces unités sont basées à Lorient :

     

    * commando Jaubert, spécialisé dans l'assaut à la mer et le contre-terrorisme maritime, l'unité incluant une partie de l'Escouade de Contre-terrorisme et de Libération d'Otages (ECTLO) (anciennement GCMC) ;

    * commando Trepel, spécialisé dans l'assaut à la mer et le contre-terrorisme maritime et incluant également une partie de l'ECTLO ;

    * commando de Montfort, spécialisé dans l'appui et la destruction à distance (le sniping, notamment) ;

    * commando de Penfentenyo, spécialisé dans la reconnaissance et l'acquisition de renseignement opérationnel ;

    * commando Kieffer, spécialisé dans les technologies de pointe ;

     

    Une unité est basée à Saint Mandrier (Var) :

     

    * commando Hubert, spécialisé dans l'action sous-marine et dans les actions de contre-terrorisme maritime, et constitué de nageurs de combat.

     

    Actions des commandos marine :

     

    * Participation au débarquement du 6 juin 1944 et campagne de France 1944-1945 avec notamment combats en Normandie

    * Campagne des Pays-Bas de novembre 1944 à mai 1945

    * Guerre d'Indochine 1945-1954

    * Guerre d'Algérie 1954-1962

    * Crise de Suez (1956).

    * Protection rapprochée du général de Gaulle par le commando Hubert (1960-1961) pendant la guerre d'Algérie, dont l'épisode du putsch des Généraux.

    * Protection du président de la République durant les événements de mai 1968.

    * Protection de l'île Longue (Brest) (début de la Force océanique stratégique), de 1972 à 1975.

    * Opération Décan 1 au lac Amer : déminage des sites du 15 novembre 1974 au 25 décembre 1975 (canal de Suez).

    * Opération Décan 2 au lac Amer : déminage des sites du 8 mars au 11 avril puis du 11 avril au 15 mai (canal de Suez)

    * Mission aux Seychelles (1980).

    * Missions Olifant au Liban, 1982-1986.

    * Opération Acanthe ; La 2e compagnie de combat du 17e RGP accueille à Beyrouth, de juin à septembre 1983, deux équipes de nageurs de combat (Liban).

    * Mission DIODON IV, septembre 1983 à février 1984, commando De Monfort (Liban).

    * Mission DIODON V, du 20 février au 31 mars 1984, commando Trepel (Liban).

    * Moruroa, 1985.

    * Seychelles, 1987.

    * Opération Victor : assaut de la grotte d'Ouvéa tenue par des rebelles indépendantistes ayant pris des gendarmes en otage ; opération combinée avec l'EPIGN, le 11e choc et le GIGN. (Nouvelle-Calédonie)

    * Opération Oside aux Comores ; opérations Basilic, Capselle puis Médor (Liban).

    * Opération Artimon de contrôle de l'embargo envers l'Irak ; implication épisodique jusqu'en 1995 (Golfe Arabo-Persique).

    * Opérations Glycine puis Hortensia (Liban, 1990).

    * Mission Salamandre et IFOR (Golfe Persique, 1990).

    * Participation aux opérations menées dans le cadre de la guerre du Golfe ; embargo, déminage actions commandos (Koweït).

    * Opération Badge : exfiltration du général Michel Aoun de l'ambassade de France du Liban, vers la France (août 1991).

    * Evacuation de ressortissants étrangers (Somalie, 1992 ?).

    * Reconnaissance de plages et de ports durant la mission Hortensia (Haïti, 1992).

    * Mission Isboukir (Djibouti).

    * Participation du commando de Penfentenyo aux opérations en ex-Yougoslavie de 1991 à 1995 notamment enBosnie-Herzégovine à partir1992

    * Opération de contrôle de l'embargo, Balbuzard et Sharp Guard, et de soutien aux forces terrestres engagées en ex-Yougoslavie à partir de 1993; implication épisodique jusqu'en 1996 (mer Adriatique).

    * Mission Oryx en effectuée par le commando Jaubert dans le cadre du COS (Somalie).

    * Évacuation des ressortissants occidentaux par le commando de Montfort (Yémen, 1994).

    * Durant l'opération Turquoise, protection des populations civiles assurée par le commando Trepel au sein d'une mission du COS (Rwanda, 1994).

    * Protection des installations de tir contre Greenpeace durant l'opération Nautile (Moruroa, 1995).

    * Mission Azalée menée par le commando Jaubert avec d'autres unités du COS (Comores, 1995).

    * Mission Badge par le commando Trepel (Afghanistan, 1996).

    * Mission Malebo par le commando de Penfentenyo (ex-Zaïre, 1996).

    * Mission Alba pour récupérer des ressortissants et effectuer des reconnaissances de plages par les commandos Jaubert et Hubert (Albanie, 1997).

    * Mission SFOR par les commandos de Montfortet Hubert.

    * Mission Pélican assurée dans le cadre du COS par les commandos de Montfort et Hubert (Congo, 1997).

    * Mission Espadon : récupération de ressortissants par le commando de Montfort (Sierra Leone, 1997).

    * Mission Neptune par le commando de Penfentenyo (mer du Nord, 1997).

    * Mission Maracuja par le commando Trépel (1997).

    * Mission TAAF (Terres Australes et Antarctiques Françaises) par les commandos de Montfort et de Penfentenyo (1997)

    * Mission Iroko (Guinée-Bissau, 1998).

    * Mission Malachite (Congo, 1998).

    * Mission KFOR en Ancienne République yougoslave de Macédoine et au Kosovo (Ancienne République yougoslave de Macédoine, 1999)et en Ancienne République yougoslave de Macédoine en 2001.

    * Capture à Pale, par le commando Hubert et le Groupe de combat en milieu clos (GCMC), de Momcilo Krajisnik, bras droit de Radovan Karadžić et inculpé par le Tribunal Pénal International de crimes contre l'humanité (3 avril 2000) (Bosnie-Herzégovine).

    * Mission dans les TAAF (Terres Australes et Antarctiques Françaises) avec le commando de Penfentenyo (1997) ;

    * Participation à la traque des criminels de guerre dans le cadre de la SFOR en Bosnie-Herzégovine avec le commando Hubert et le GCMC (1997) ;

     

    Participation à la guerre en Afghanistan depuis 2001 notamment par des opérations longues de combat entre 2001 et 2006

     

    * Libération des otages lors de l'acte de piraterie contre le Ponant en avril 2008 au large de la Somalie par le commando Hubert (participation du GIGN).

     

    * Libération des otages lors de l'acte de piraterie contre le "Carré d'as" au large de la Somalie par le commando Hubert (Septembre 2008)

     

    * Libération des otages lors de l'acte de piraterie contre le "Tanit" au large de la Somalie par le commando Hubert et sans la participation du GIGN (avril 2009) ce qui avait suscité la colère de Christian Prouteau fondateur du GIGN, qui juge que les Commandos Marine n'ont aucune qualification pour libérer des otages et qu'ils sont là pour mener des "Actions de Guerre".

     

     

     

     

      

    ·  ·  ·                         Monsieur GAUTHIER, Ouistreham

     

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