• L’Obélisque de la Concorde ( superbe article de ANDRE DOUZET )

    L’Obélisque de la Concorde

     


    Environ 3000 ans avant notre ère, sur un plateau qui aura, plus tard, le nom de Guizeh. Ici des bâtisseurs édifièrent des constructions gigantesques dépassant l’imaginable pour ces temps reculés : les célèbres pyramides d’Egypte ! Qu’ils aient été des hommes-dieux, des dieux, des hommes, des rois ou autres, ils laissèrent à la postérité une somme d’interrogations, d’énigmes et de mystères égale à la démesure de ces œuvres issues du génie humain.

    Sur une base géométrique évoluée le résultat est effarant d’ampleur et de simplicité. Une masse titanesque et démesurée établie depuis un plan carré ayant pour faces latérales quatre triangles identiques se réunissant simplement par leurs sommets.

    Aucune sculpture, gravure ou décoration extérieure… cette géométrie démesurée se suffit à elle même pour s’imposer. L’édifice grandiose se résume, en fin de compte, à des parallélépipèdes, de Nummulite, posés, empilés, les uns sur les autres selon un simple programme en trois dimensions… et absolument rien d’autre que des pierres !

    A proprement parler, il pourrait s’agir seulement d’un exercice architectural réduit à la plus simple expression d’édification d’un volume d’une solidité telle qu’il puisse franchir le Temps, les siècles, sans autre atteinte, hélas, que celle de l’Homme ! ! !

    Sur ce plateau de Guizeh est la plus importante des pyramides, celle de Khéops : 30m plus haute que le second étage de la Tour Eiffel, elle culmine à 146 m pour une base carrée de 230 m de côté. On dit aussi que s’il fallait comptabiliser le nombre de ses blocs, à raison d’un à la seconde puis en comptant 8 heures par jour, il faudrait pratiquement 3 mois pleins pour en arriver à bout. Avec ses édifices pyramidaux le génie humain atteignit largement le maximum de ce qu’il pouvait imaginer, mettre en œuvre et concrétiser.

    L’Homme, durant cette parcelle de temps, rivalisa avec la nature. Plus tard… tellement plus tard, l’égyptologue français, Gaston Maspéro (1846 – 1916), écrivait fasciné, à propos du pharaon Khéops, qu’il « bâtit le vaste monument de sa gloire ou de sa folie dans un siècle si éloigné du temps ou commencent les données certaines de l’histoire profane que nous n’avons pas de mesure permettant d’évaluer la largeur de l’abîme qui sépare les deux époques, un siècle si étranger à toutes les sympathies et à tous les intérêts de la grande famille humaine qui peuple maintenant la terre, que même l'histoire sacrée ne sait rien des hommes de la génération de Khéops ».

    Quant aux vestiges pharaoniques de toutes sortes il ajoutait encore que : « La marque de leur origine apparaît et ressort toujours, et c’est de là sans doute que vient ce confus sentiment de crainte et de respect qui bouleverse l’esprit lorsqu’il reçoit pour la première fois, l’impression distincte de leur immensité ».

    Louqsor, manquant l'obélisque de la Concorde

    Sur les témoignages de ces civilisations on a tout dit, et essentiellement ‘de tout’ ! Fernand Niel ajoutait qu’avec toute la littérature sur ce propos on pourrait édifier une autre pyramide de taille respectable… mais il serait à craindre qu’elle ne soit pas aussi éternelle et respectée par le temps ? Sujet plus vaste que le plateau de Guizeh lui-même. On peut cependant retenir quelques grandes interprétations hypothétiques de ces problèmes passionnants et mystérieux. D’abord, bien sûr, la docte cohorte des thèses d’archéologues notoires pour qui tout est d’une simplicité proportionnellement inversée à la complexité des constats et états de fait !

    Ensuite viennent les théories axées sur des savoirs astronomiques, mathématiques sacrées… et enfin l’ésotérisme prétendu de si haute volée qu’il est bien difficile, même avec ténacité et persévérance, de tenter d’en comprendre les tenants et aboutissants plus obscurs que les couloirs de la grande pyramide ! Nous prendrons pour simples exemples que l’Arche d’Alliance devait avoir les mêmes dimensions que le sarcophage de la ‘Chambre du Roi’ de la Grande pyramide. Et puis encore que le déroulement des cheminements, et chambres mortuaires, représenteraient en résumé exact l’évolution de l’humanité. A raison d’un ‘pouce pyramidale’ la fin de notre temps se situerait justement fin de l’an 2001 ! !

    N’oublions pas aussi le développement concernant les pouvoirs régénérants des constructions pyramidales d’une part, et d’autre part des ‘ondes de formes’ exprimées par différents objets usuels pharaoniques. Une multitude d’ouvrages reprennent en détails tous ces aspects hermétiques et insolites au possible.
     

    Cependant si les pyramides, le sphinx et les sciences égyptiennes antiques nous laissent interrogateurs, admirateurs ou… septiques (ne serait-ce qu’en raison des difficultés à se rendre sur place pour vérifications) il n’en serait pas de même pour d’autres éléments plus… accessibles, pourtant empreint d’un mystère tout aussi déroutant.
     

    En effet, pour étudier certaines hypothèses, il est plus simple par contre d’observer et étudier ce qui peut être à notre disposition… en France ! Non seulement nos musées, le Louvre plus particulièrement, regorgent de multiples véritables trésors archéologiques des civilisations égyptiennes, mais certains vestiges nous sont visibles et accessibles directement sans contraintes d’horaires d’ouverture ou système de protection. Les obélisques entr’autres sont les éléments les plus flagrants, les plus oubliés, souvent ‘dépaysés’ mais encore parfaitement capables d’être en harmonie avec leur passé et leur site d’origine.
     

    Mais, tout d’abord, regardons ce qu’est matériellement un obélisque. L’Encyclopédie Quillet nous apprend que ce monument est ‘en forme d’aiguille quadrangulaire surmontée d’un pyramidion’. Très curieusement ce genre de monument est uniquement l’œuvre des égyptiens qui auraient été les seuls à ériger ces mégalithes issus des carrières de granit rose de la Haute Egypte. Ajoutons à ce détail étrange que tous les obélisques retrouvés étaient monolithiques. Ces pièces allaient par deux et ornaient rituellement l’entrée des temples, palais et tombeaux royaux.

    On en trouve encore surtout à Thèbes, Philac, Héliopolis et Assouan où il en reste, inachevés, dans leurs tranchées de construction. A Edfou, l’entrée du sanctuaire était encadré de deux ‘aiguilles monolithiques’ de 50 m. de haut ! Le ‘Ramesseum’, palais de Ramsès II, à Louqsor comportait de très hauts piliers, pylônes et des obélisques d’une hauteur de 22 m. Ces derniers d’une finesse extraordinaire, étaient terminés par une petite pyramide souvent recouverte de cuivre ou de feuilles d’or ! Ce revêtement métallique du pyramidion permit au professeur Brugsh d’élaborer une hypothèse intéressante selon laquelle cet élément ‘métallisé’ au sommet d’un obélisque faisait que ce dernier était utilisé comme sorte de paratonnerre ou encore à des fins magico – religieuses présentant des effets électriques étonnant ou… détonnants ! On peut, d’une part comprendre aisément l’impact du spectacle de la foudre canalisée sur des témoins innocents, puis d’autre part supposer les prêtres égyptiens disposant d’une connaissance expérimentale suffisamment avancée pour la compréhension du phénomène de la foudre et de ses dérivés électriques avant la lettre… soit près de 4000 ans avant nous ! ! !
     

    De nombreux obélisques seront rapportés en Europe. La ville de Rome, à elle seule, en compte étrangement 13. En Angleterre, le 21 janvier 1878 ‘l’Aiguille de Cléopâtre’ arrive dans l’estuaire de la Tamise. Elle sera érigée sur une de ses rives. Cette ‘aiguille’ était accompagnée, à l’origine, d’une jumelle qui se trouve à Central Park à New York. Pourtant les américains ne s’en contenteront pas car ils mirent en œuvre et dressèrent le plus grand obélisque connu : le ‘grand Obélisque de Washington’ culminant à 169 m. de haut ! La France s’enorgueillit d’une de ces pièces remarquables et estimées.

    Méhemet-Ali offre à Louis Philippe l’Obélisque de Louqsor dressé en 1836 sur la place de la Concorde. Il provient de Thèbes, pèse environ 250 tonnes pour une hauteur monumentale de 23,80 m. Ce sont justement les péripéties insolites de ce monument que nous allons suivre à présent.
    Initialement un obélisque symbolise l’hommage au dieu Soleil. A l’époque des conquêtes romaines ces monolithes passaient pour détenir d’étranges et formidables pouvoirs magiques. S’il est bien évident que le peuple égyptien antique ne disposait pas d’une culture élevée il n’en était pas de même pour les castes religieuses et pharaoniques.

    En effet, c’est dans les hautes classes des prêtres que se perpétraient, selon plusieurs niveaux initiatiques, des connaissances ésotériques extrêmement riches et étendues dont certains textes sacrés nous donnent un large aperçu.

    Puisqu’il est ici question d’écrit hiéroglyphique nous ne pouvons passer sous silence les travaux de l’abbé O’Donnelly sur le sujet des hiéroglyphes et de leur interprétation. Ce missionnaire irlandais proposait, il y a presque 120 ans, une étrange traduction du système d’écriture déchiffré par Champollion. Sans aller trop loin dans le détail, O’Donnelly avait découvert une sorte de clé permettant, depuis les hiéroglyphes, de retrouver la fameuse ‘Langue Primitive Initiatique’ dite des Dieux et des héros d’avant Babel.

    C’est ce système d’entrée dans ces textes antiques que reprendra largement, et à son avantage, Fabre d’Olivet dans son ouvrage ‘Langue Hébraïque Restituée’. Il démontre dans ce travail que cette ‘haute langue initiatique’ permet de retrouver pour un mot biblique, son emplacement dans le texte et sa signification ponctuelle, trois sens parfaitement distinct : propre, figuré et … hiéroglyphique !

    Héraclite exprimait encore mieux cette manière d’expression en résumant les trois possibilités par : parlant, signifiant, et cachant. Concernant les deux premières approches elles sont déterminées comme ‘oratoires’ et la dernière, ne pouvant se prononcer, n’était réservée qu’à l’usage des écriture et lecture.
     

    Si l’on reprend les passages bibliques, concernant Moïse, il est évident que celui-ci apparaît clairement comme initié aux ‘Mystères’ de l’ésotérisme égyptien. Cette connaissance lui permet d’affronter Pharaon et ses prêtres magiciens à égalité de pouvoir et de compréhension… jusqu’à la rupture finale et dramatique que nous connaissons, avec la fuite du peuple ‘DE’ Moïse et l’ouverture des eaux devant son exode. La lecture des textes ‘mosaïques’ (et là ce mot prend son entière valeur !) montre à chaque fois Moïse maîtrisant parfaitement toute cette science, au long des phrases toutes quasiment construites de manière à se lire dans les 3 sens hermétiques. Mais cette connaissance sombra dans l’oubli avec la mort de Moïse… et Maurice Bardier souligne judicieusement que 5 siècles avant J.C.

    le peuple juif ne dispose plus du ‘sens primordial des textes’ à tel point que afin de les transposer en public il était devenu indispensable de les traduire, approximativement, en Araméen, alors langue vivante encore en usage… l’ancien hébreux étant irrémédiablement devenu, lui, langue morte.
     

    Dans ce même domaine nous devons aussi signaler les travaux de Pétau-Malebranche sur les transcendances des textes bibliques depuis la tonalité des mots. Cette prodigieuse hypothèse sera reprise à son insu par M. Nodon dans la ‘Revue Générale des Sciences’. Il est temps à présent de revenir à notre obélisque de Louqsor.

    L'oeuvre d'O'Donelly

    Etrangement ce monolithe devenu ‘Obélisque de la Concorde’, servira au fameux abbé O’Donnelly pour déclencher la série de recherches sur les trois sens de l’écriture égyptienne depuis son livre, devenu introuvable, de « Traduction authentique des hiéroglyphes de l’obélisque de Louqsor à Paris ».
    Obélisque… du mot ‘Obelas’ : broche, allène, objet long et pointu. Nous avons vu précédemment que ce monument devait être exclusivement en une seule pièce, ce qui, admettons le volontiers, compliquait grandement la taille, l’extraction et le transport.

    Essentiellement prévu pour être verticalement érigé vers le cosmos, il était autant de liens étroits et sacrés lancés vers l’Univers, le ciel, le soleil, vers Râ. De plus, pour amplifier toute sa puissance magique l’obélisque est recouvert, sur ses 4 faces, de caractères hiéroglyphiques hermétiques passant traditionnellement comme les vecteurs de profonds mystères antiques. D’ailleurs Cambyse, lors des conquêtes perses, intime l’ordre aux prêtres initiés de lui donner accès aux secrets de leur écriture et de ses pouvoirs magiques. Face au refus méprisant et catégorique des religieux savants, le tyran les condamne à une mort immédiate…

    C’est en 1829 que Champollion intervient auprès de son gouvernement pour négocier avec Mehemed Ali le ‘don’ de l’obélisque de Louqsor à la France qui sera facilement accordé. Aussitôt un aréopage d’archéologues et techniciens amorce l’exécution du projet grandiose.
     

    C’est tout d’abord l’aménagement d’un navire capable d’assurer le transport par voie maritime qui sera construit : le Luxor (le bien nommé)! Plus de cent marins seront nécessaires pour manœuvrer l’embarcation sous la responsabilité de l’ingénieur de marine Hippolyte Lebas. Rappelons nous, maintenant, de ce qui fut appelé ‘la malédiction du tombeau de Tout Ankh Amon’ qui sembla frapper Lord Carnavon et quelques autres responsables du viol de la sépulture royale. A l’étude, et d’une certaine manière, on constate que le voyage de l’obélisque, vers la terre de France, sa mise en œuvre et son exécution ne furent en réalité qu’une interminable suite de problèmes, empêchements et accidents consécutifs.
     

    Dès cet événement décidé, plusieurs des responsables, tant politiques que techniques, reçurent une missive nominative les prévenant que ce projet était un sacrilège qui soulèveraient de grands malheurs. Des ennuis graves se répercuteraient magiquement sur des personnalités et globalement sur la vie politique qui engendrait le projet. Il était ajouté, en substance, que ses répercussions se présenteraient sous la forme générale de l’obélisque réveillé. Les termes rigoureux mais polis de ce courrier étaient exprimés dans un français impeccablement académique et s’achevaient avec les signatures ‘Al KINDI’ et ‘DERZAHEL’ suivies de la mention ‘prêtres’. Cet envoi fut considéré comme un canular et personne ne sembla prendre ces menaces au sérieux. Pratiquement tous les destinataires la transmirent… ‘au panier’.

    Un vague service de police de l’époque eut bien connaissance des faits et textes, mais personne ne déposant plainte, sans doute par peur du ridicule à ce moment d’euphorie, il n’y eut aucune suite judiciaire. Il existe encore deux exemplaires de ces courriers ‘préventifs’ au fond ‘Marie-Benoit de Noba – Numberg.’
     

    Hasard ou véritable malédiction, il est de fait que les négociations seront immédiatement perturbées en raison du soulèvement populaire en réponse aux 4 ordonnances sous le ministère de Polignac… suivi des 4 journées de juillet 1830. Au matin du 29 juillet le Louvre est au centre de l’insurrection et l’armée, affolée par cette soudaine violence, se replie en désordre par la Place de la Concorde, les Champs Elysées, et se regroupe vers ‘l’Etoile’ où elle se réorganise enfin. Quatre jours… quatre ordonnances… et quatre faces pour l’obélisque qui se dressera plus tard sur les lieux même de l’insurrection de juillet.

    Le Luxor quitte enfin Toulon en avril 1831 pour l’Egypte. Il arrive en vue d’Alexandrie le 3 mai de cette année. Les difficultés commencent aussitôt avec la navigation à contre-courant sur le Nil car ce navire s’avère peu approprié à ce périple fluvial. Pourtant après bien des efforts le vaisseau aborde à Louqsor le 16 août sous une chaleur accablante. Des mois seront indispensables pour déchausser l’obélisque, couper plusieurs collines et supprimer quasiment un village pour permettre le passage du monument jusqu’au navire ?

    Puis le choléra s’abat sur les centaines d’ouvriers engagés pour ce chantier. De plus il faut découper l’avant du Luxor qui, décidément, semble de moins en moins avoir été calculé pour une telle odyssée. Enfin le Nil se met de la partie et cette année là il n’y aura pas la crue nécessaire à la remise à flot du vaisseau en cale.
     

    C’est seulement le 19 août que la descente du Nil peut commencer. Le 1er janvier 1833 le Luxor emporté par le remorqueur ‘Le Sphynx’ prend le large. Durant une année le vaisseau poursuit son long périple hallucinant parsemé de multiples ralentissements pour enfin remonter la Seine et aborder près de la Concorde.
     

    Là, une surprise de taille attend l’expédition et l’obélisque baptisé à présent ‘La Pierre Haute’ : le socle destiné à recevoir le monolithe n’est pas encore commencé ! Trois années de plus seront nécessaires !
     

    Enfin… le 25 octobre 1836, devant la famille royale, l’ultime manoeuvre peut avoir lieu Place de la Concorde ! Il faudra, à cet effet, quatre cents militaires pour ériger l’obélisque. Durant ce travail délicat les haubans de tension faillirent rompre tant l’effort était à son maximum. Le pire fut éviter par une voix forte s’élevant de la foule qui ordonna d’arroser les cordages tendus à l’extrême. L’ordre étrange fut exécuté machinalement et la ‘pierre haute’, dans un dernier soubresaut, se retrouva où elle est encore sous le nom de ‘Obélisque de la Concorde’.

    Le dernier incident fut oublié très vite et peu de personnes hormis le responsable des charpentes, Ferdinand Malosses qui consignera ses observation dans ses carnets de notes, observeront que l’ordre impératif sauvant la manœuvre de la catastrophe fut crié avec un fort accent arabe, puis suivi de cris et imprécations en sa langue, repris par d’autres voix de même nationalité très vite couvertes par les ovations joyeuses de la foule…

    Les services de police de l’époque retiendront aussi ce détail ‘linguistique’ peu remarqué par les chroniqueurs. Pouvait-il s’agir des auteurs du courrier de menaces ? nous y reviendrons plus loin.
    Signalons que les anglais connurent également quelques déboires pour rapporter eux aussi leur obélisque en Angleterre. Toutefois ils n’eurent pas de menaces et vinrent à bout bien plus vite que nous de leur transport difficile.

    ’L’aiguille de Cléopâtre’ se dresse toujours sur les rives de la Tamise et possède son pyramidion d’origine.
    Etrange choix des lieux.

    Le 'Cléopatra' transportant l'obélisque en Angleterre

    Peut-on supposer un seul instant que le choix du lieu d’implantation d’un tel vestige égyptien sur notre sol, soit le seul fruit du hasard ?
    De nos jours, si l’on observe un plan de Paris, on constate que l’obélisque est :
     

    1) Le point focal de 4 grandes artères qui tirent un rôle prépondérant dans l’histoire du Pays : la rue Royale, les Tuileries, le Pont de la Concorde et les Champs Elysées.
     

    2) L’intersection de 2 grands axes urbains remarquables représentés chacun par un monument considérable pour la France : l’Arc de Triomphe, le Palais Bourbon, le Louvre et la Madeleine !

    Quant au point cruciale en question, la Place de la Concorde, nous constaterons qu’il n’est pas à négliger non plus : ancienne place Louis XV, puis place de la Révolution. L’emplacement hébergea la statue équestre de Louis XV, puis celle assise de la Liberté qui le 20 mai 1800 sera détruite pour recevoir, le 25 Messidor de l’an VII, des mains de Lucien Bonaparte, la première pierre d’une ‘Colonne Nationale’… qui ne sera jamais achevée…
     

    Remontons encore dans le passé de cet endroit.
    Cette esplanade entamée en 1763 sera terminée 9 ans plus tard. L’architecte Gabriel sera aidé, dans cette tâche, par plusieurs commis tous appartenant à plusieurs sociétés pour le moins singulièrement discrètes.

    Toujours est-il que les événements, forcément involontaires, se déroulèrent comme si l’endroit devait recevoir un rite de consécration assez monstrueux, dont l’issu reste bien trouble.

    25 oct.1836. 400 militaires pour dresser l'obélisque de la Concorde

    Lors des premiers travaux de terrassement on retrouva plusieurs vestiges d’assises d’une sorte de temple mégalithique important (rapport de Charles Moussont, 1765). Un peu plus tard ce seront les restes d’un lieu, et d’un puits rituel, dédiés à d’étranges et inconnues divinités dont les représentations, pièces archéologiques et croquis sont encore dans la collection Chandot-Murras. Sur l’existence de ce puits d’étranges récits persistèrent longtemps.

    On retrouve dans les écrits de Ange Bouhon et Eugène Maw des plans, notes et croquis du ‘puisart’.

    Ils descendront dans une sorte ‘d’écoulement pluvial débouchant plus loin sur un dédale de galeries sèches très anciennes visiblement abandonnées depuis fort longtemps’. Ils arpenteront, avec l’ingénieur royal Gilbert Cauron, ‘tout un réseau durant 3 journées pleines nécessitant de nombreux falots’ !

    Ils noteront aller dans plusieurs directions dont visiblement vers le Louvre. A cette hauteur ils découvrent plusieurs sortes de carrières assez vastes mais toutefois basses, bien ordonnées et aménagées pour des rites ou cultes à proximité d’un petit écoulement souterrain canalisé entouré de plusieurs ‘vestiges de catacombe’ et ‘d’une cuve de pierre capable de servir de sépulture à un homme de grande taille dont on ne trouve nulle trace d’une fermeture’. Ils ramèneront de cet odyssée souterraine des objets ‘très antiques’ qu’ils se partageront non sans qu’Ange Bouhon n’en fasse des croquis et dessin d’une très belle qualité. Mais il y a plus extraordinaire encore à propos du sous sol de l’obélisque.

    Il nous faut attendre l’Occupation pour en savoir plus. Certaines caves et correspondances d’égouts furent utilisées par des partisans pour circuler en toute discrétion. Par le plus pur des hasards Daniel Réju retrouvera une personne ayant cherché un passage dans ce secteur et dont il avait su l’existence aux archives des eaux et égoûts de Paris. Il retrouva les entrées murées depuis fort longtemps pour ‘éviter à des enfants et curieux inconscients d’aller s’égarer dans ces canalisations’ …

    Depuis une cave il put opérer sa descente, se déplacer fort loin et indiquer ce nouveau réseau à plusieurs partisans. Mais ce qu’il vit en répertoriant les possibilités lui fit d’abord croire à des hallucinations. Il décrit plusieurs ‘agrandissements des sapes aménagés en une sorte de lieu de décor de cinéma pour des pièces sur l’orient’… et d’autres choses bien plus étranges visiblement d’une époque contemporaine et plus du tout ‘antique’. D. Réju obtiendra de ce témoin l’information du lieu d’entrée rebouché depuis la fin de l’Occupation.

    Il descendra lui-même et constatera la véracité des dire du témoin. De plus il découvrira, ébahi, que le ‘décor’ n’est pas du tout une ‘scène de cinéma’ mais des pans entiers de reconstitutions exactes d’écritures hiéroglyphiques minutieusement reproduites autour de l’ébauche de reconstitution d’un lieu funéraire égyptien.

    Visiblement l’endroit avait été trouvé aussi par des indélicats car il y avait des traces de saccage, de destruction et des graffiti vulgaires pas très antiques ! Pourtant au sol les vestiges éclatés qu’il pu ramasser s’avérèrent… d’authentiques restes d’objets orientaux ! Daniel Réju est décédé peu avant de proposer un manuscrit sur sa découverte...

    Il expliquait avoir reçu des avertissements téléphoniques et écrits l’incitant à ‘ne pas produire ce travail journalistique qui pourrait lui attirer de très gros ennuis’. Homme à ne pas se laisser impressionner pour si peu il eut toutefois la prudence d’en faire une copie et des doubles photographiques de ce qu’il avait vu dans ce lieu ‘sub obélistique’, comme il se plaisait à le dire… Jamais il ne put remonter la moindre piste sur l’identité de ceux qui avaient ainsi aménagé cette partie du Paris souterrain en montrant, de toute évidence, une complète maîtrise des lieux mais aussi une parfaite connaissance de l’archéologie égyptienne !
     

    Cette diversion nous semblait importante à préciser. Ceci fait revenons aux travaux de surface de la future place.

    Peut-être les divinités dérangées dans leur sommeil réclamèrent-elles un tribu rituel ? Celui-ci se présenta t-il atrocement dans la nuit du 30 au 31 mai 1770 où fut tiré un feu d’artifice sur les lieux. Le spectacle, pourtant habituel, déclencha ici un tel mouvement de foule qu’il y eut des centaines de morts et de mutilés.

    Peut-être encore fut ce une autre forme de réaction monstrueuse des lieux qui se produisit dans la nuit (encore) du 22 au 23 septembre 1777 durant laquelle un feu se déclara lors de la fête de St Ovide et qui durant des heures transforma la place en un vaste bûcher… Les lieux semblèrent provisoirement s’assoupir. Puis la série macabre reprit de plus belle sur l’emplacement :

    23 octobre 1792, exécution des 9 officiers émigrés.
    21 janvier 1793, Louis XVI est décapité.
    De mai 1793 à 1795 la guillotine mettra fin, ici, à des milliers de vies humaines au nom d’une incertaine Fraternité.
     

    Georges Barbarin dans son remarquable « L’Enigme du Grand Sphinx » (Adyard 1966) reprend d’autres faits et dates concernant la Place de L’obélisque de la Concorde. Depuis les chronologies prophétiques données par la grande pyramide il retient que les 15 et 16 septembre annoncés dans ces prédictions marquent, outre les événements mondiaux, le centenaire de l’implantation de l’obélisque à Paris : 1836 - 1936.

    Nous ajouterons à cette remarque pertinente que 100 ans avant l’arrivée du monolithe égyptien, était dressé, en 1736, le petit obélisque de Montmartre (la Mire Nord !), indispensable outil d’observation géographique de l’observatoire de Paris définissant le méridien zéro dit ‘de Paris’.

    Karnac

    Mais revenons encore au monolithe, et observons un autre curieux fait insolite le concernant. Son socle d’encrage, lui aussi en une seule pièce fut apporté de Bretagne. Pourtant il est évident que l’on pouvait trouver ce genre de matériau bien plus près de Paris et ce choix ne fut jamais clairement justifié. A moins qu’il ne s’agisse toujours d’un nouveau ‘glissement’ vers un hermétisme qui nous échappe encore? Hermétisme ou… correspondance du verbe fait mot et langage ? Le temple le plus important d’Egypte était celui d’Ammon à Karnac. On y trouvait la salle des colonnes composée de 134 fûts de pierre lancés vers le ciel. Dans l’Antiquité ce temple possédait une allée, formée de près de 600 sphinx, reliant Karnac à Louksor. Ces 2 sites étant partie intégrante de la ville sainte de Thèbes. Etrange similitude avec Locmariaquer (Bretagne), possédant autrefois une ‘pierre levée’ de 21 m de haut, soit pratiquement la même hauteur que l’obélisque !

    De cette ‘pierre levée’ on pouvait distinguer le champ de pierres dressées de… Carnac, ‘capitale’ des pierres levées, ou ‘hautes pierres’, et alignées en allées rappelant symboliquement le temple d’Ammon aux 134 colonnes. Le bloc de granit breton ne permettait il pas, d’abord de ne pas trop ‘dépayser’ phonétiquement l’obélisque égyptien ?

    et ensuite d’assurer le lien mégalithique entre Orient et Occident, et peut-être enfin de stabiliser le monolithe en ‘bloquant’ les effets magiques, telluriques et rituellement sanguinaires du lieu dédié aux dieux locaux oubliés ? Dans toutes ces hypothèses la base de granit breton permettait rituellement que tout… concorde …dans une paisible harmonie urbaine maintenant.

    L'Horus - Soleil - Taureau . page 88 L'OBELISQUE DE LOUXOR H. Ferry - 1868

    Concordance également dans les hiéroglyphes ornant chacune des 4 faces de l’obélisque qu’observait (nous l’avons déjà précisé) en 1850 l’abbé O’Donnelly pour y retrouver les 3 sens d’un seul mot ! Pour les 4 cotés le texte hiéroglyphique est pratiquement le même aux 2/3 et diffère pour la dernière partie. Le lecteur intéressé trouvera facilement la traduction entière et exacte de ces textes trop longs à reproduire ici. Il sera toutefois utile de se procurer également les traductions au second et troisième degré retrouvées par l’abbé O’Donnelly et que l’on peut consulter dans l’ouvrage éclairé de Georges Barbarin.

    Cependant nous remarquerons sommairement que sur les 4 panneaux il est à chaque fois question de ‘L’Horus – Soleil – Taureau’. Curieusement, ‘l’Horus’ exclus, dans leurs contextes verbalement égyptiens les mots ‘soleil’ et ‘taureau’ correspondent aux ruines et vestiges de cultes retrouvés au 18e S. lors de la mise en œuvre de la fameuse place de la Concorde ! Nous retrouverons aussi le taureau (et les grues) dans le vieil héraldisme de la ville antique de Paris.
    Orientation des faces de l’obélisque :

      

    - Nord : direction de ‘la Madeleine’

    – Est : direction ‘les Tuileries’

    – Sud : direction ‘Palais-Bourbon’ –

    - Ouest : direction ‘Champs Elysées’.
     

    Etrangement les parties de textes correspondraient avec un certain symbolisme ésotérique aux ‘usages’ des 4 directions regardées chacune par une face du monolithe.
    -‘La Madeleine’ (Nord) : résume les forces combattant les ennemis en défendant toutes les frontières du territoire et assure sa suprématie sur ses adversaires par les puissances des déesses tutélaires.
     

    -‘Les Tuileries’ (Est) : résume la perpétuité de ses ‘monuments’ donc de ses bases culturelles qui seront rejointes et reconnues par toutes les ‘extrémités’.

      

    -‘Palais-Bourbon’ (Sud) : il est ici étrangement question d’Harmaklis (le sphinx) et de ‘l’œuf’ engendré par le ‘Roi des Dieux’ afin d’assurer une autorité unique et la paix !.. dans le ‘grand palais des millions d’années’.
     

    -‘Champs Elysées’ (Ouest) : encore allusion au roi des Rois engendré du dieu Tum et chargé d’apporter l’abondance et la sérénité.
     

    La troisième lecture de l’abbé O’Donnelly pour ces textes se situe sur ce qui est secret et ne peut se dire, mais se lire uniquement par les seuls initiés à ce système. Les résumés donnés ici sont approximatifs mais justes dans l’ensemble de l’idée.

    Nous pourrions arrêter là l’histoire de l’obélisque de la Concorde et il pourrait se contenter, maintenant, de rester ‘ bien dressé entre la nuit et la journée’… pourtant l’étrange Chevalier Ramsay (dont le nom est l’homonyme phonétique de ramsès) si cher aux Francs-Maçons, écrivait à propos des obélisques, qu’ils sont « des monuments de la théologie des mystères et des traditions égyptiennes sur la divinité et la nature et nullement leur histoire comme se l’imaginent les ignorants. »

    En ce cas le monument égyptien à la seule gloire du soleil ne pouvait mieux se trouver qu’en cette ville dont le père Abbon, moine de St Germain des Prés au Xe S., affirmait être la ville d’Isis la noire en raison de la découverte d’une mystérieuse statue, d’abord identifiée comme Isis car ‘ressemblant à s’y méprendre à une Isis égyptienne’, puis vénérée comme vierge noire ayant portée l’inscription ‘PARIS –Par Isis’ .

    Est-ce encore pour la monstrueuse célébration d’un culte solaire, noir ou rouge, qu’en cette place de la Concorde fut décapité Louis XVI à cette date précise où le soleil entre dans le signe du Verseau ? Etait-ce la dernière tentative d’avènement d’un nouveau monarque plus ‘orienté’ ? Nul ne le saura jamais.

    Notons toujours cette persistance d’un culte solaire ‘modernisé’ avec Camille Flammarion suggérant d’utiliser l’obélisque comme monumental gnomon d’un cadran solaire démesuré. Le projet abandonné fut repris, et encore refusé, pour l’Exposition Universelle de 1937. Il sera finalement concrétisé du solstice d’été le 21 juin 2000 jusqu’à l’équinoxe d’automne du 22 septembre 2000… jour anniversaire de la proclamation de notre 1ère République !

    Tout est bien décidément solaire et clarté brûlante dans notre histoire de France. Pourtant au moment de conclure il nous semble utile de revenir sur un détail d’obscurité de cette affaire de l’obélisque de la Concorde.

    Il s’agit des lettres que reçurent hommes politiques et responsables techniques du don du monolithe égyptien. Emises en 1830, elles étaient toutes signées des deux noms DERZAHEL et AL KINDI suivis du mot ‘prêtres’ (sans majuscule). A l’époque seul l’aspect ‘oriental’ de ces deux noms fut retenu car s’inscrivant dans le ‘droit fil’ de cette affaire plutôt prise à la farce. De ces détails allons dans les méandres de l’inquiétant ouvrage de Howard P. Lovecraft, ‘Le Nécronomicon’, datant lui de 1922 (pour la version ‘reprint’ entre nos mains).

    Avec une certaine surprise nous reprenons quelques passages de ce livre. Lovecraft affirme, par ailleurs, que dans ce roman ‘Le Nécronomicon’ n’est pas « écrit par un seul homme – El-Hazred – mais la compilation de documents magiques venant d’Acadie, de Babylone, de Perse et d’Israël effectuée par Al KINDI ». Stupéfaction !

    dans ce seul passage nous retrouvons d’un seul coup les deux signatures de la lettre de mise en garde : AL KINDI écrit directement et DERZAHEL qui est simplement l’inversion lettre pour lettre de EL – HAZRED ! ! !

    A lire le contenu de ce roman pour le moins inquiétant on a la sensation que Lovecraft n’a pas écrit son récit qu’avec de l’imaginaire, mais parfois avec des éléments bien tangibles qu’il adapte à son intrigue. De plus la chronologie des faits parallèles de cette observation est formelle : Il est impossible que la lettre de menace de 1830 ait été inspirée du Nécronomicon de Lovecraft en 1922. Nous soulignerons aussi que son père était affilié à une loge maçonnique d’un rite Egyptien bien particulier et peu usité en France.

    Il est donc tout à fait possible d’admettre que cet écrivain eut accès à certains détails, et plus encore à des détails certains que l’on retrouve tout au long de l’intrigue, de l’affaire de l’obélisque de Louqsor vers qui, décidément, tout … concorde !

    Concluons, provisoirement, cette approche succincte des obélisques égyptiens en prenant bien garde, comme le précisait le fameux ‘Nécronomicon’, de leur apporter le respect et l’admiration qu’ils méritent pour ce passé qu’ils préservèrent et nous transmirent mystérieusement car : « ces pierres seront les portes par lesquelles vous invoquerez ceux qui se trouvent hors du temps et de l’espace des hommes.

    Priez sur ces pierres la nuit, lorsque la lumière de la lune faiblit, en tournant le visage dans la direction d’où ils viendront, en prononçant les mots et en faisant les gestes qui amèneront les Anciens et leur permettront de marcher à nouveau sur la Terre » … Mais au fait… ceci est-il, vraiment, une autre histoire ?

     

    André Douzet

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