• Le sou d'or...son histoire....

     

        Le sou d'or

    À partir du VIe siècle, les rois francs n'ont pratiquement pas laissé frapper de pièces en argent ou en cuivre. L'essentiel du monnayage était donc en or. Il s'agissait d'imitations plus ou moins réussies et fidèles des pièces impériales romaines.
    Le sous d'or romain, qui datait de Constantin (309) est resté l'unité pour exprimer les sommes dans les textes mais n'a guère été continué comme espèce.
     

    Le sou d'or 

     

      Tiers de sou d'or, droit
     
    Brioude (VIe - VIIe s.), 14 mm, 1,31 g
      BnF, Département des monnaies, médailles et antiques, Prou 1784

      

     

    tiers de sou

    Le tiers de sou (triens ou tremisses) a été massivement émis par les rois mérovingiens. Durant le dernier tiers du VIe siècle, le monnayage franc se détache de toute référence au monnayage romain ou byzantin et le triens devient espèce unique au début du VIIe siècle. Les légendes pseudo-impériales sont remplacées, parfois par le nom et la titulature d'un roi franc, le plus souvent par celui du monétaire, un personnage important, et par celui d'un lieu, atelier, circonscription fiscale ou lieu de mise en circulation. L'avatar de Victoire laisse la place à divers types de croix et des monogrammes.

     

     Le sou d'or

     

     Le denier de Charlemagne



    C'est en 793-794, avec Charlemagne, que la typologie du denier s'est fixée. Le nouveau denier d'argent porte au droit le monogramme du roi, son nom et son titre de roi des Francs en légende, et au revers une croix et le nom de l'atelier d'origine en légende, qui ne figurait pas systématiquement jusque-là. Charlemagne fit frapper son nouveau denier au poids unitaire de 1,70 g dans une livre réformée 407,9 g, ce qui donnait 20 sous ou 240 deniers dans cette livre. Cette équivalence se fixa dans le domaine comptable et y persista en France jusqu'à la Révolution.


     

     Le denier tournois



    La conquête de la Normandie, de l'Anjou, du Maine et de la Touraine (1204-1205) permirent au roi Philippe Auguste d'y imposer une nouvelle monnaie royale, le denier tournois pris à l'abbaye Saint-Martin de Tours. Sans être d'une grande valeur intrinsèque, le denier tournois était apprécié dans l'Ouest, équivalent du denier de Rouen, devise des ducs de Normandie, et de l'angevin, monnaie des Plantagenêts, que Philippe Auguste voulait éliminer. L'ordonnance royale de 1204 sur le change des monnaies dans le duché de Normandie interdisait l'usage de l'angevin au profit du tournois, réévalué à l'occasion. Le pouvoir royal imposait donc à la partie occidentale de son domaine sa monnaie


     

     

    Le gros tournois



    Le gros tournois d'argent est créé par Saint Louis vers 1266. C'est la première monnaie d'argent lourde produite au nord des Alpes, pesant 4,22 g., à 11/12e d'argent pur pour un cours de 12 deniers ou un sou tournois (cours symbolisé sur la pièce par 12 fleurs de lis). On y retrouvait le châtel tournois et les légendes habituelles avec en plus la prière "Béni soit le nom de notre Seigneur Jésus-Christ". Il a rencontré un succès tel qu'il a été frappé abondamment par Philippe III (1270-1285) et Philippe IV (1285-1314), et imité assez vite en Provence, aux Pays-Bas, en Rhénanie.

     


    L'agnel d'or


    C'est une des pièces créées sous le règne de Philippe le Bel. La multiplication des espèces d'or et d'argent, voire de billon est la conséquence de ses ambitions politiques. La hausse du prix de l'argent comme matière première monétaire l'a forçé à des mutations. La création d'un double denier ne contenant plus d'argent fin en proportion du gros tournois constitue une dévaluation. L'émission de la série du "bourgeois", surcotée par rapport à sa valeur en argent fin, et de pièces d'or affaiblies (masse d'or, agnel d'or) marquent une nouvelle phase de recul (1310-1313). Lors de sa dernière année de règne, le prix de l'argent-métal décourage la frappe d'espèces d'argent autres que l'agnel.

     

    L'écu d'or à la chaise


    Après les mutations du règne de Philippe le Bel, Philippe VI de Valois (1328-1350) revient dans un premier temps à une monnaie plus forte. Les mutations monétaires débutent au début de 1337, quelques mois avant le début officiel de la guerre franco-anglaise et s'amplifient après les défaites militaires. Les mutations se traduisent par la multiplication des espèces d'or (écu d'or à la chaise, lion d'or, …), d'argent (différents types de gros) et de billon (doubles deniers et deniers).
    Après un relatif renforcement de l'argent, tandis que l'or n'est plus frappé qu'à 21 carats, les mutations s'intensifient à partir de la reprise généralisée de la guerre en 1355-1356.

     

     

    Le mouton d'or


    Après un relatif renforcement de l'argent, tandis que l'or n'est plus frappé qu'à 21 carats, les mutations s'intensifient à partir de la reprise généralisée de la guerre en 1355-1356. Les affaiblissements sont de plus grande ampleur. Les renforcements ne tiennent guère plus de 6 mois. Les monnaies d'or sont moins nombreuses. L'écu à la chaise est altéré de titre de 21 à 18 carats en quatre émissions durant l'année 1351. Le mouton d'or (1355) correspond à une tentative de redressement. Le ratio or/argent reste bas mais connaît de fortes variations dans le deux sens, témoins du désordre monétaire et sans doute de la cherté de l'argent métal.

    Le blanc aux lis


    Après Poitiers, le gouvernement doit affronter les députés de la moitié nord du royaume réunis du 17 octobre au 3 novembre 1356, qui réclament le remplacement des mauvais conseillers par leurs propres élus. Charles V, pour gagner du temps, annonce un renforcement monétaire le 25 novembre 1356. Le blanc à la fleur de lis doit être abaissé de cours de 8 à 3 deniers tournois. Mais cette décision parvient tardivement aux changeurs. Entre-temps le stock de pièces de l'atelier de Paris est mis en circulation, c'est-à-dire vendu, au taux ancien de 8 deniers. Lorsque, quelques jours après, le cours officiel passe à 3 deniers, le trésor royal réalise un substantiel bénéfice. L'indignation est à son comble.

    Le royal d'or


    Le royal d'or est créé en 1290. Comme l'écu, il vaut 10 sous tournois mais, parce que l'or coûte plus cher que vingt ans auparavant, il a un poids de 3,547 g. au lieu des 4,2 g. de l'écu d'or. Il pèse en réalité le poids du florin, monnaie d'or de référence que le roi veut concurrencer et dont il fait interdire la circulation dans le royaume. En 1295 le cours du royal d'or est porté à 15 sous.

     

    Le franc à cheval


    Suite à la capture du roi Jean II lors de la défaite de Poitiers le 18 septembre 1356, la paix est conclue entre le roi d'Angleterre Édouard III et le régent Charles, fils de Jean II, le 8 mai 1360 à Brétigny. Pour sa libération, le roi de France doit verser une rançon de 3 millions d'écus d'or. Une aide ou impôt est ordonnée le 5 décembre 1360 en même temps que la monnaie est renforcée, notamment la monnaie d'or avec la frappe du franc d'or à cheval. Cette pièce est la première à porter le nom de franc.


     

    Le franc à pied


    L'ordonnance du 5 décembre 1360 est aménagée en avril 1361. Le cours du franc est maintenu. Devenu roi en 1364, Charles V fait frappé un franc à cheval à son nom aux mêmes conditions, qui est ensuite remplacé par une monnaie d'or plus proche des précédentes monnaies d'or royales : le souverain, figuré debout sous un dais gothique, en armure, tient les attributs royaux et est orné de fleurs de lis. Mais le titre, le poids et le cours sont les mêmes que ceux du franc, l'usage en fait donc un "franc pied" ou franc à pied.
    Le franc est la monnaie du roi retrouvé, de la paix rétablie. Il fonde le premier véritable système monétaire et comptable français.

     


    L'écu d'or


    Le 11 avril 1385, la dévaluation ne peut être évitée. Le franc est remplacé par l'écu d'or à la couronne qui marque un plus net affaiblissement de l'or que de l'argent. L'écu est affaibli de poids en février 1388 et juillet 1394, puis en novembre 1411. Après la folie déclarée du roi Charles VI (1392), le gouvernement est disputé entre les grands princes. Les querelles tournent à la guerre de factions. L'alliance anglaise se porte sur les Bourguignons. La reprise de la guerre contre les Anglais et le développement de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons entraînent une nouvelle crise monétaire.

      

    Le teston


    Frappé en France à partir de 1514, le teston est le résultat de l'arrivée massive de métal de l'étranger (Europe centrale puis Amérique) et du développement, d'abord en Italie, de la médaille à portrait appliquée aux monnaies des princes. Pour la première fois depuis les Carolingiens, on frappe des monnaies au portrait réaliste du souverain. En outre le teston (10 sous) et son demi (5 sous) complètent le numéraire français entre le demi écu d'or (18 sous) et le gros (1 sou et demi). François Ier en fait frapper environ 45 types différents, qui permettent de voir évoluer son portrait tout au long de ses 32 années de règne.

     

     

     

     

    SOURCES : Sources : http://classes.bnf.fr/franc/nav/index_hist.htm

     

     

     

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