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    petites histoires de l'histoire - Barbe Bleue -

     

    La véritable histoire de Barbe-Bleue  

      
    Charles Perrault n'a pas inventé Barbe-Bleue à partir de sa seule imagination, il s'est largement inspiré d'une personnalité ayant existé, le roi d'Angleterre Henri VIII (1491-1547). Ce monarque eut pas moins de 6 épouses : certaines moururent naturellement, d'autres divorcèrent et les dernières eurent la tête coupée. Toute ressemblance avec un personnage imaginaire est loin d'être fortuite...
      
      
     
      
      

    Henri VIII, un prince
    (pas vraiment) charmant

      
    Prince charmant et fils cadet
      
      
    Né en 1491, Henri VIII est le deuxième fils du roi Henri VII Tudor. Par son rang, il n'est pas destiné à régner : c'est son frère aîné, Arthur, qui est l'héritier direct du trône. En 1501, Arthur épouse la fille du roi d'Espagne, Catherine d'Aragon : celle-ci, en plus d'être belle et intelligente, est pourvue d'une dot fort importante. Mais le prince héritier a une mauvaise constitution et meurt quelques mois après l'union. En 1502, Henri devient l'héritier du trône d'Angleterre et un parti très convoité : grand, athlétique, il a la réputation d'être "le plus beau prince de l'Europe".
     
      
      
     
      
    Portrait de Henri VIII par Hans Holbein
     
      
      
    Marié à sa belle-soeur
      
      
    Mais la veuve reste un parti intéressant. Le roi d'Angleterre n'entend pas rendre Catherine à son père... et encore moins sa dot. Il propose donc de donner la jeune veuve à Henri. Pour que le mariage soit possible, il faut vérifier que la première union n'a pas été consommée, sauf dispense papale. Ni une ni deux, le pontife Jules II accorde la dispense de constatation de virginité. A 19 ans, Henri, très amoureux, épouse Catherine, de 6 ans son aînée. La première de ses six femmes...
     
      
      

    Catherine d'Aragon, la femme répudiée

      
     
      
    Portrait de Catherine d'Aragon Auteur anonyme - Kunsthistorisches Museum, Vienne, Autriche
      
      
    Un mariage fastueux et heureux
      
     
    Le nouveau roi aime le faste, le luxe, la fête et est très amoureux de son épouse. Comme le veut la tradition, il commence son règne en faisant décapiter deux des anciens conseillers de son père. Côté vie privée, le roi et la reine, bien que de cultures fort différentes, s'estiment. Seule ombre au tableau : l'héritier mâle tarde à arriver.
     
      
      
    Le divorce à l'anglaise
      
     
    Vers 1523, Henri s'interroge : en 20 ans de mariage, Catherine n'est parvenue à lui donner qu'une fille, Marie. La différence d'âge se fait sentir et la vieille reine ne peut plus porter d'enfant. Par ailleurs, il s'est entiché de la jeune Anne Boleyn, qui se refuse à lui tant qu'ils ne sont pas mariés. Mais comment se débarrasser de l'infante d'Espagne, tante du très puissant Charles Quint ? Comment faire annuler le mariage alors que le pape s'y refuse ? Henri invoque l'inceste (n'a-t-il pas épousé la femme de son frère ?), mais rien n'y fait. Finalement, l'ecclésiaste Thomas Cranmer trouve une solution : il suffit de décider que le roi d'Angleterre va également être le chef de l'Eglise. Henri est libéré et crée l'Eglise anglicane...
     
      
      

    Anne Boleyn, une intrigante exigeante

     
     
     
     
    Portrait d'Anne Boleyn Auteur anonyme, fin du XVIe siècle - National Portrait Gallery
     
     
     
     
    Une intrigante en Cour d'Angleterre
      
      


    Fille de gentilhomme, Anne Boleyn a été élevée à la Cour de François Ier, où elle a accompagné Marie d'Angleterre (l'épouse de Louis XII). En France, la jeune femme a collectionné les soupirants et peut-être même les amants. En 1525, à son retour en Angleterre, elle est attachée à la reine Catherine d'Aragon. Henri VIII s'éprend rapidement d'elle et la couvre de titres et de bijoux. Mais cela ne suffit pas à la jeune femme, qui ne cède pas aux avances du roi : pour l'avoir, il devra lui passer la bague au doigt...  

     
     
    Du trône à l'échafaud
      

    Le mariage a lieu en 1533. Le roi est fou amoureux et gâte son épouse, mais il est vite déçu. Très jalouse, colérique, la jeune femme ne lui donne par ailleurs qu'un enfant vivant, et ce n'est qu'un fille (la future Elizabeth I) ! Henri décide de se défaire de sa femme et l'accuse de trahison, d'adultère et même d'inceste avec son frère, George Boleyn. Le procès est expéditif. Le 19 mai 1536, deux jours après son frère, elle est décapitée par un bourreau spécialement venu de France, qui lui tranche la gorge d'un coup d'épée.
     
     

    Jane Seymour, la femme aimante

     
     
     
    Portrait de Jane Seymour par Hans Holbein - Kunsthistorisches Museum, Vienne, Autriche
     
     
     
     
    Une union paisible
      


    Une semaine après l'exécution d'Anne, Henri prend Jane Seymour pour épouse. Cela fait plusieurs mois déjà qu'il fréquente la jeune femme. Douce, modeste, calme et de sang royal, cette jeune demoiselle d'honneur est tout le contraire d'Anne. Très aimée de la Cour, elle apporte la paix au roi Henri, notamment en pacifiant ses rapports avec Marie, la fille qu'il a eue avec Catherine d'Aragon. Le roi, quant à lui, a bien changé : le prince dont toutes les princesses d'Europe étaient éprises s'est transformé en colosse obèse et aux traits boursouflés.

     
     
    Un fils, enfin !
      
     

    En 1537, Henri VIII éprouve enfin la joie qu'il attendait depuis des années : Jane Seymour lui donne le fils tant espéré, Edouard. Mais cette joie va de pair avec une nouvelle moins heureuse : 12 jours après la naissance de l'enfant, Jane meurt d'une fièvre puerpérale (maladie infectieuse qui peut suivre un accouchement). Henri fait construire un monastère bénédictin en son honneur et la fait enterrer à la chapelle Saint-Georges de Windsor. Le mariage aura duré à peine un an et demi.
     
     

    Anne de Clèves, reine grâce à son portrait

     
     
     
    Portrait d'Anne de Clèves par Hans Holbein - Musée du Louvre, Paris, France
     
     
    Séduit par un portrait


    Après la disparition de Jeanne Seymour, le roi, décidé à épouser une princesse, envoie ses émissaires dans toute l'Europe pour lui chercher une nouvelle femme. Parmi ses ambassadeurs envoyés sur le continent se trouve notamment le peintre allemand Hans Holbein. Il est chargé de faire les portraits des jeunes filles pour que le roi prenne sa décision : sont ainsi envoyés à Londres les tableaux de Christine de Danemark, de Louise de Guise, Anne de Lorraine, mais c'est finalement celui d'une princesse allemande, Anne de Clèves (que l'on peut voir ici), qui séduit le roi. Henri VIII voit par ailleurs d'un bon œil une alliance avec une maison protestante allemande.

     
     
    A peine arrivée, déjà repartie
     

    Mais la princesse allemande ne correspond guère aux attente de Henri : grande, maigre, fade, elle porte des toilettes peu seyantes, ne parle qu'allemand et ne sait pas apprécier la musique. Le roi la surnomme la "jument des Flandres" et s'ennuie tant à ses côtés qu'au bout de 6 mois, il l'envoie vivre à Richmond. Pour ne pas blesser les princes allemands, il lui alloue une rente princière. Anne vivra tout le reste de sa vie en Angleterre, discrètement et paisiblement.
     
     

    Catherine Howard, la femme-enfant

     

     

     

     
     
    Portrait de Catherine Howard par Hans Holbein - Toledo Museum of Art, Toledo, Ohio
     
     
     
     
    Une jeune femme vive et fraîche...
     


    Après avoir fait annuler son mariage avec la fade Allemande, le roi vieillissant s'éprend de Catherine Howard. La jeune Anglaise, âgée de 18 ans, est vive, piquante, insouciante. Issue d'une grande famille aristocratique, celle des Norfolk, d'une très grande beauté et fort courtisée avant son mariage, elle fait tourner la tête du roi, qui apprécie son côté "femme-enfant" et la surnomme bientôt sa "rose sans épine".

     
    ... Mais délurée
     

    Mais la jeune écervelée conserve ses habitudes prises avant le mariage, en continuant à avoir des aventures, désormais adultérines. Au cours d'une absence prolongée du roi, pendant l'été 1541, elle noue une relation avec Francis Derham, bel esprit des soirées mondaines. Mais on ne trompe pas un roi impunément ! On vient bientôt lui demander des comptes et la jeune femme, après s'être fait promettre la clémence du roi, passe aux aveux. Mal lui en prend : fou de rage, Henri VIII la fait décapiter en février 1542. Et édicte une loi : désormais, seront condamnées à mort toutes les femmes n'étant pas vierge et ne l'ayant pas avoué au roi avant leur union et toutes les femmes de prince ou les reines convaincues d'adultère.

     

     
     

    Catherine Parr, l'ultime survivante

     
     
     
    Portrait de Catherine Parr par Hans Holbein - Toledo Museum of Art, Toledo, Ohio
     
     
     
     
    Une femme de bonne compagnie
     


    Un an après l'exécution de Catherine Howard, Henri VIII décide d'épouser une dernière Catherine : celle-ci a 31 ans, est veuve et s'appelle Catherine Parr. Le roi cherche avant tout une garde-malade attentive : devenu impotent, ildoit se faire porter pour monter l'escalier. Catherine répond à tous ses désirs : prudente et sage, cette femme "sans grand charme" est également très cultivée et intelligente, et prend grand soin des enfants du roi. Attentionnée, elle s'occupe également très bien de son mari de plus en plus malade et ... tyrannique.

     
     
    Une fin de règne dans la terreur 
     

    Il faut dire qu'il suffit de peu pour s'attirer les foudres du vieux monarque. Henri VIII, à la fin de sa vie, a pour principal loisir de couper les têtes de ses anciens proches et conseillers : tous les cousins et petits cousins du roi montent sur l'échafaud les uns après les autres, tout comme l'ancien conseiller Thomas Cromwell. Le règne, commencé dans la joie, se termine dans la terreur.
      
      
      
      
      
     
     
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