• LES FEMMES dans la RESISTANCE

     

     

    Les femmes dans la Résistance

      
      
      
      

      

      

    Moins nombreuses que les hommes, les femmes représentent 15 à 20 % des résistants et environ 15 % des déportés politiques.

      

    Elles sont généralement cantonnées à des rôles subalternes. Lucie Aubrac,

    résistante emblématique, n'a en fait jamais eu de rôle défini dans la hiérarchie du mouvement

      

      

    Libération-Sud. Hélène Viannay, encore plus diplômée que son mari Philippe Viannay, le fondateur de Défense de la France, n'écrit jamais un seul article pour le journal clandestin du même nom, pas plus que les autres compagnes des chefs de DF, alors qu'elles assistent à toutes les réunions de rédaction.

      

    En revanche, Suzanne Buisson, cofondatrice du Comité d'action socialiste (CAS) en est la trésorière jusqu’à son arrestation.

     

    Suzanne Buisson, née Lévy est une femme politique et une résistante française, née le 19 septembre 1883 à Paris et morte à une date inconnue en Allemagne.

    La militante

    Peu après sa naissance, sa famille rejoint Dijon, où la jeune Suzanne grandit jusqu'à l'âge de seize ans. Elle doit ensuite revenir à Paris pour gagner sa vie, comme employée de magasin. Elle se rend à des réunions de René Viviani et Albert Thomas. Elle devient militante socialiste dès 1899. Dès lors, elle milite pour l'égalité complète entre hommes et femmes, égalité qui ne peut passer, selon elles, que par une transformation profonde des structures économique, c'est-à-dire par l'instauration du socialisme. Elle est membre de la SFIO dès 1905.

    Elle perd son premier mari, mort au combat pendant la Première Guerre mondiale, et doit élever seule leur enfant. Elle se remarie, le 23 mars 1926, avec Georges Buisson, membre de la CGT.

    Elle prend une place importante au sein de la SFIO après la guerre. Elle devient responsable de la rubrique « La fe
    mme, la militante », au Populaire et secrétaire du Comité national des femmes socialistes. Elle est élue en 1924 à la commission de contrôle du parti, poste qu'elle occupe jusqu'en 1932, puis de 1935 à 1936. De 1933 à 1934, puis de 1938 à 1939, elle est membre de la commission administrative permanente, principal organe décisionnaire de la SFIO à l'époque. Elle est élue la première fois comme membre de la motion présentée par Vincent Auriol, la seconde comme membre de la motion de Léon Blum. En 1931, elle fait partie de la délégation SFIO au congrès de l'Internationale socialiste, tenu à Vienne.

    La résistante

    Dès 1938, Suzanne Buisson se range parmi les partisans de la fermeté face à Hitler. En mars 1941, elle est confondatrice du Comité d'action socialiste et en devient la trésorière. Elle fait de nombreux voyages dans le pays, pour diffuser la presse résistante, et participer aux actions de soutien en faveur des militants socialistes arrêtés par le Régime de Vichy ou les autorités allemandes. Elle déménage à Lyon. En mars 1943, lorsque le CAS devient la SFIO reconstituée et clandestine, Suzanne Buisson devient membre de son bureau politique. Deux mois plus tard, elle devient responsable des relations avec le Parti communiste.

    Le sacrifice

    Peu après, la Gestapo découvre le lieu de réunion des dirigeants de la SFIO clandestine. Informée de cette découverte, Suzanne Buisson fait les cent pas au pied de l'immeuble pour alerter ses camarades. Ceux-ci comprennent, mais les agents de la Gestapo aussi, et arrêtent Suzanne Buisson.

    Torturée, elle ne livre aucun secret. Juive et résistante, elle est déportée. Son corps n'a pas été retrouvé, et aucun document ne permet à ce jour de connaître le camp où elle a été assassinée.

    Léon Blum lui a rendu hommage dans Le Populaire du 2 février 1946 :

    « Elle était la militante accomplie, exemplaire, à qui le parti peut tout demander, qui ne recule jamais devant aucune charge, qui, d'ailleurs, est apte à les remplir toutes par le caractère vraiment absolu du dévouement et du désintéressement. [...] Dans la vie normale du parti, elle n'avait hésité devant aucune charge ; dans la lutte clandestine, elle n'a reculé devant aucun danger. »

      

      

      

    Une seule femme, Marie-Madeleine Fourcade,

    est chef de réseau (en faisant croire aux Britanniques que le vrai chef d'Alliance est un homme).

      

      

      

            

    Aucune n'est chef d'un mouvement, d'un maquis ou d'un Comité de Libération, ni commissaire de la République ou ministre à la Libération.

    Seule une minorité très restreinte prend part à la lutte armée. Alors que les femmes sont des figures typiques, redoutées et assez nombreuses dans les mouvements de partisans en Italie, en Grèce, en Yougoslavie et en URSS occupées, elles sont la portion congrue dans les maquis de France - peut-être - parce qu'elles ne sont pas soumises au STO et n'ont pas besoin de le fuir.

    Les femmes organisent des manifestations de ménagères dès 1940, sont actives dans les comités populaires du PCF clandestin, omniprésentes dans les encouragements et l'aide matérielle aux grévistes (ainsi dans le Nord-Pas-de-Calais en mai 1941) ainsi qu'aux réfractaires des maquis.

      

    Elles sont indispensables comme dactylos, et surtout comme agents de liaison - en partie parce que les Allemands se méfiaient moins des femmes, et que les innombrables contrôles d'identité dirigés contre les réfractaires au STO ne les concernent pas. Olivier Wieviorka souligne que la stratégie des mouvements était souvent, en fait, de mettre en avant les femmes parce qu'elles sont moins exposées à la répression: Vichy et les Allemands ne peuvent quand même pas tirer sur des ménagères réclamant à manger pour leurs enfants

    Si le CNR néglige de mentionner le vote des femmes dans son programme de renouveau en mars 1944, le général de Gaulle signe toutefois à Alger, le 21 avril 1944, l'ordonnance déclarant les femmes électeurs et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes : le rôle émancipateur des résistantes est ainsi reconnu.

    Il faut aussi mentionner que d'innombrables combattants de l'ombre vivent toute la guerre en couple, et que leur résistance serait impossible et invivable sans la présence de leur compagne à leur côté : Cécile et Henri Rol-Tanguy, Raymond et Lucie Aubrac, Paulette et Maurice Kriegel-Valrimont, Hélène et Philippe Viannay, Marie-Hélène et Pierre Lefaucheux, Cletta et Daniel Mayer, etc. forment des couples indissociables.

    Nombreuses sont les résistantes qui se marient et qui ont des enfants en pleine clandestinité, sans interrompre pour autant leur combat. Certaines sauvent la vie à leur mari comme Lucie Aubrac ou Marie-Hélène Lefaucheux. D'autres partagent leur sort jusqu’à la torture, à la déportation et à la mort. Le célèbre convoi du 24 janvier 1943 emporte à Auschwitz des résistantes françaises (non-juives et en majorité communistes) parmi lesquelles de nombreuses veuves de fusillés, ainsi Maï Politzer, épouse de Georges Politzer, ou encore Hélène Solomon, fille du grand savant Paul Langevin et femme de l'écrivain Jacques Solomon

     

      

     

    Marie-Claude Vaillant-Couturier

     
     
    Elle s'engage dans la Résistance et participe à des publications clandestines : tracts, l'Université Libre (1er numéro en novembre 1940) ; pamphlet de Georges Politzer contre "Sang et Or", qui présente les thèses du théoricien nazi Alfred Rosenberg (novembre 41) ; édition de l'Humanité clandestine aux côtés de Pierre Ginsburger dit Villon (qu'elle épousera en seconde noce en 1949). Elle assure la liaison entre résistance civile (Comité des Intellectuels du Front National de lutte pour l'Indépendance de la France) et militaire (OS, plus tard FTPF), et transporte même des explosifs.

    Cette activité résistante lui vaut d'être arrêtée dans une souricière par la police de Pétain le 9 février 1942, avec plusieurs de ses compagnons, parmi lesquels Jacques Decour, Georges Politzer, Jacques Solomon, Arthur Dallidet : ces derniers, remis aux autorités allemandes, sont fusillés par les nazis [1]. Elle est internée jusqu'au 15 février au Dépôt de la Préfecture, et le 20 mars, placée au secret à la Santé : elle y reste jusqu'au mois d'août puis est transférée au Fort de Romainville, camp d'internement sous autorité allemande.
     
    Comme ses compagnes, parmi lesquelles Danielle Casanova et Heidi Hautval, elle est déportée à Auschwitz-Birkenau via le camp d'internement de Compiègne par le convoi du 24 janvier 1943, dit convoi des "31 000" (voir le Mémorial des déportés de France au titre de la répression, Fondation pour la Mémoire de la Déportation, 2004 et Le Convoi du 24 janvier, de Chartotte Delbo, Editions de Minuit, 1965). Singulier par sa composition, ce convoi de 230 femmes, résistantes, communistes, gaullistes épouses de résistants, s'illustre en entonnant La Marseillaise en franchissant l'entrée du camp de Birkenau ; 49 de ces 230 femmes seulement reviendront des camps après-guerre.
     
    Elle reste 18 mois à Auschwitz, où elle est témoin oculaire du génocide des Juifs et des Tsiganes et participe au comité clandestin international de résistance du camp. Puis elle est transférée au camp de concentration de Ravensbrück au mois d'août 1944 : tout d'abord affectée à des travaux de terrassement, elle est mutée au Revier (infirmerie du camp) en raison de sa connaissance de la langue allemande.
     
    Ravenbrück est libéré le 30 avril 1945 par l'Armée rouge ; cependant, elle ne revient en France que le 25 juin 1945. Pendant ces semaines, elle se consacre aux malades en attente de rapatriement. Sous la plume de Rémy Roure, dans Le Monde du 16 juin 1945, on lit : "Chaque jour, cette magnifique française parcourt les blocs, relève les courages, donne de l'espoir qui n'est souvent que de l'illusion. Le mot de sainteté vient à l'esprit quand on voit cette grande sœur de charité auprès de ces hommes et ces femmes qui meurent chaque jour".

     

      

      

    Sophie scholl

     

    Comme le reste des jeunes allemands, elle est embrigadée dans les mouvements de jeunesse allemande. Elle y ressent très tôt les restrictions de libertés, en particulier de pensée et de religion. Après le bac en 1940, elle devient garde d'enfants. Dans les « services du travail » et « service auxiliaire » qu'elle effectue en 1940-41, elle parvient à garder, malgré l'interdiction de posséder des livres, les Pensées de saint Augustin; elle garde en mémoire cette phrase : « Tu nous as créés pour que nous allions à Toi, et notre cœur est inquiet, jusqu'à ce qu'il repose en Toi » [1]. Elle entame ensuite des études de biologie et de philosophie en mai 1942 à Munich.

    Du fait de son éducation protestante, de l'opposition déclarée de son père au nazisme, et de l'expérience vécue par son frère, militaire étudiant en médecine à Munich, puis infirmier dans les hôpitaux du front de l'Est, qui est témoin de la barbarie nazie à l'encontre des juifs et des populations russes, elle ouvre les yeux sur la situation de l'Allemagne. À partir de juin 1942, elle tient des réunions avec son frère Hans et Carl Muth. Elle les aide à imprimer et à diffuser les tracts hostiles au régime nazi et à la guerre.

    Après avoir lancé des tracts dans la cour intérieure de l'université de Munich, elle est dénoncée à la Gestapo par le concierge de l'université et est arrêtée avec son frère Hans le 18 février 1943. Conduite devant le « Volksgerichtshof » (« Tribunal du peuple »), elle est condamnée à mort après un procès mené en trois heures seulement. C'est Roland Freisler lui-même, le chef du Tribunal du peuple, venu spécialement de Berlin, qui annonce la sentence pour faits de « haute trahison, propagande subversive, complicité avec l'ennemi et démoralisation des forces militaires ». Elle sera guillotinée[2] le jour même le 22 février 1943 à Munich, et cela malgré la législation allemande qui imposait un délai de 99 jours avant l'exécution d'un condamné. Elle fait preuve de beaucoup de courage lors de son exécution, selon le témoignage des gardiens de la prison.

    Elle est ensuite enterrée dans le cimetière proche de la forêt de Perlach, aux côtés de son frère Hans et de Christoph Probst, exécutés le même jour.

    Quelques jours après sa mort, Thomas Mann lui rend hommage sur les ondes de la BBC.

     

      

     

    LES FEMMES dans la RESISTANCE  

    Gisèle Decamps.

     

    Anatife, c’est son nom de code. « Dans le réseau Alliance surnommé l’Arche de Noé dirigé par Marie-Madeleine Fourcade, nous avions tous un nom d’animal. Ils m’ont fichu celui d’un crustacé ! », raconte Gisèle Decamps.

     Sur son vélo Peugeot, qu’elle conserve encore dans son grenier (« Peut-être que je pourrais l’offrir au musée Peugeot de Sochaux ! »), Gisèle « fait la route », parfois « jusqu’à 800 km par semaine de Couthenans à Épinal, Verdun et ailleurs ».

    Sous des partitions musicales, elle planque des documents secrets à l’attention des Alliés. Dans un cageot sous des patates, des pains de plastic pour faire sauter un dépôt allemand à Aillevillers. Jamais peur, « Anatife » ? « Disons que j’ai eu beaucoup de pot dans ma carrière d’espionne ! Des chagrins aussi ».

    Tabassée par la Gestapo :

    Elle a pleuré des camarades du réseau, fusillés à Luze. Pleuré son radio, Edmond, d’Héricourt, déporté et tué à Dachau. Dénoncée, et arrêtée en novembre 1944 par la Gestapo à Héricourt, Gisèle Decamps est « tabassée et frappée à coups de chaise », puis chargée dans un wagon à bestiaux à destination la forêt de la Hardt pour y être fusillée. « Le sort expéditif réservé aux résistants à la fin de la guerre ». Un pont ferroviaire saute à Danjoutin. Le train est cloué sur place. Gisèle se retrouve détenue à la caserne Friedrich à Belfort, puis rue des Orfèvres à Mulhouse : « On dormait sur le ciment, on buvait l’eau dans les toilettes, on tuait les puces dans nos couvertures. Je n’ai jamais désespéré au fond de mon cachot. Je suis d’un naturel résolument optimiste, pas du genre à voir les choses en noir. Ça aide à rester en vie. Au cachot, je chantais « quoiqu’il arrive j’ai toujours le sourire ». Pendant les interrogatoires, je jouais la demeurée ».

    Le 22 novembre 1944, Mulhouse est libérée. Gisèle aussi. Comme elle se l’était promis, elle saute au cou du premier soldat français pour lui coller une bise. De joie. Rejoint en stop Couthenans. Femme parmi les résistants, jamais elle n’a porté une arme. « Qu’en aurais-je fait ? J’aurais été bien incapable de tirer sur quelqu’un. Faire du renseignement pour aider les Alliés à gagner la guerre, me suffisait largement ».

    Jacques, son Parisien de grand amour, partageait les mêmes idéaux. Mobilisé, il se retrouve dans le sud de la France. La collaboration de Pétain avec l’occupant lui déplaît fortement. Il déserte, rejoint l’Afrique puis la France dans les rangs du 8 e régiment de chasseurs d’Afrique, fait la campagne d’Italie, le débarquement dans le Midi. Son régiment fut bloqué pendant les fêtes de Noël à Couthenans, là où il a croisé le regard de la belle Gisèle. Le coup de foudre. Il lui écrivait tous les deux jours. L’appelait « mon petit chou ».

    F.J.

    SOURCES :

    WIKIPEDIA

    PHOTOS GOOGLE

    « Gioacchino RossiniLa Rose blanche - Ces jeunes Allemands qui ont dit NON au nazisme »
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