• Les MEROVINGIENS - la tonsure...l' humiliation suprême....( IV )

    Les MEROVINGIENS - la tonsure... humiliation suprême....( IV )

    Le supplice est fréquent Gondovald, à la fin de son aventure, est livré à la soldatesque qui, après l'avoir percé de lances, lui arrache les cheveux et la barbe. Paulus, duc wisigoth rebelle, vaincu, est aussi scalpé. C'est même une mesure de clémence. En effet, malgré la souffrance qu'elle induit, la décalvation n'entraîne que rarement la mort. Ce que l'on souhaite, c'est rompre le lien qui lie l'individu au divin, faire ainsi disparaître le réservoir de sa force mais aussi l'humilier aux yeux de la population.

    Pour l'opération, les Francs, ignorant les procédés de compression et de ligature, possédaient trois façons d'opérer : la coupe aux ciseaux, le dépouillement par plaies contuses frappées à coups de bâton orbes et affectant tout le crâne, enfin le scalp par arrachement plus ou moins complet du cuir chevelu. Cette opération est ingénieuse, simple et fort différente de celle des Indiens d'Amérique. La déchirure entraînant presque toujours une hémorragie, on cautérisait le cuir chevelu au fer rouge, ce qui provoquait des brûlures. Ainsi, les Francs avaient réalisé cette gageure: raser en défonçant, scalper non pas au couteau mais au bâton, tout en préservant la vie.
             

    On comprend mieux à présent le cri d'horreur de Clotilde. Si elle est effrayée de voir ses petits-fils scalpés, elle l'est bien plus encore de les voir privés de leur place au sein de la race élue. Sentant qu'elle ne peut empêcher la folle avidité de ses fils, de deux maux elle choisit le moindre : la mort avec la crinière intacte. De plus, ses petits-fils meurent ainsi en rois. Cette reine germanique, fille, femme et mère de rois, considérait que la mort valait mieux que cette vie de roi scalpé dénuée de sens. Bien que catholique fervente Clotilde est encore sous l'emprise de ce tabou culturel d'origine païenne.

    Ce tabou était très puissant puisqu'elle ne pouvait imaginer ses petits-enfants sans leur chevelure. Il est le reflet d'une mentalité, celle de nos ancêtres, issue du paganisme, qui perdurera, malgré la christianisation, jusqu'au VIIIe siècle. C'est ainsi qu'en 751 Childéric III est scalpé sur ordre de Pépin le Bref, décalvation qui marque la déposition de la race issue de Mérovée.

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