• Les Orléans de Monsieur à Henri VII ( II ) Louis-Philippe 1er, "roi des Français"

    Louis-Philippe 1er, "roi des Français"

    ME0000043746 3Né à Paris le 6 octobre 1773, Louis-Philippe est le cousin de Louis XVI, Louis XVII, Charles X et fils aîné de Louis Philippe Joseph, duc de Bourgogne (dit Philippe Egalité) et d’Adélaïde de Bourbon-Penthièvre, elle-même descendante du comte de Toulouse (fils légitimé de Louis XIV et de la marquise de Montespan).

     

    Admirateur de la monarchie parlementaire britannique qu'il prend pour modèle, son règne est caractérisé par le développement et l'enrichissement rapide de l'industrie manufacturière et par l'émergence de la classes ouvrières. Il est le dernier roi à avoir effectivement régné en France


     

    Avant 1830 

    Titré duc de Valois de sa naissance à la mort de son grand-père en 1785, il porte ensuite le titre de duc de Chartres. Comme son père, le duc de Chartres est un partisan de la Révolution française. Sous l'influence de sa gouvernante, Madame de Genlis, il entre au club des Jacobins. Il participe en tant que lieutenant général aux batailles de Valmy, Jemappes où il joue un rôle non négligeable en évitant la retraite du centre lors du premier assaut, et Neerwinden. (Son titre de lieutenant général au service des armées républicaines et plus tard au service de Charles X, lui vaut son inscription sur l’Arc de triomphe de l'Étoile.)

    10509.jpgIl tente de persuader son père de ne pas participer au procès de Louis XVI. Philippe Égalité vote cependant la mort du roi avant d’être lui même jugé et exécuté le 6 novembre 1793. Portant le poids de la responsabilité du régicide de son père, il sera regardé avec hostilité par les émigrés royalistes. Proscrit par le gouvernement révolutionnaire, il rejoint la Belgique en avril 1793 à la suite de son chef, le général Dumouriez. Il passe en Suisse où il exerce le métier de professeur au collège de Reichenau dans les Grisons. Les années suivantes il visite les pays scandinaves, part pour une expédition en Laponie qui le conduit jusqu'au cap Nord. « Premier Français à gagner le cap Nord, il en gardera fierté et envoya en 1838, une frégate porter sur les lieux son buste en bronze ». En 1796, le Directoire consent à la libération des deux jeunes frères de Louis-Philippe à la condition que celui-ci s'embarquera aux États-Unis avec eux. Ils s'installent à Philadelphie puis effectuent un périple « authentiquement aventureux » de quatre mois au nord-est du pays. Entre le printemps 1798 et l'automne 1799, ils séjournent à La Havane. L’arrivée au pouvoir de Bonaparte ne met pas fin à son exil durant l’Empire.


    En 1809 Louis-Philippe épouse Marie Amélie de Bourbon (1782-1866), princesse des Deux-Siciles et fille du roi Ferdinand Ier des Deux-Siciles, (elle est la nièce de Marie Antoinette, sœur de sa mère et donc cousine de Louis XVII et de Madame Royale). Ils ont dix enfants . Après l’abdication de Napoléon Bonaparte, en 1814, Louis-Philippe rentre vivre en France, confirmé dans le titre de duc d’Orléans dont il avait hérité à la mort de son père, et sa demeure, le Palais-Royal. Sous la Restauration, les règnes de Louis XVIII et de Charles X, la popularité de Louis-Philippe grandit. Il incarne une opposition mesurée à la politique des ultras du royalisme et ne rejette pas l'intégralité de la Révolution française. Louis-Philippe prend garde à se conduire modestement et bourgeoisement, envoyant ses fils au lycée Henri-IV. Au lendemain de la mort de Louis XVIII, il obtient le rang d'altesse royale accordé par Charles X, de même, grâce au nouveau roi, il est le plus grand des indemnisés de la Loi du milliard aux émigrés de 1825.

     
    « Les Orléans passaient, à tort ou à raison, pour fort économes, regardants, et près de leurs intérêts. Louis-Philippe s'était toujours soucié d'une sage économie domestique (...) indifférent au qu'en dira-t-on, attentif seulement à ses affaires, menant avec ses banquiers de Londres une correspondance minutieuse, faisant lui-même, refaisant ses comptes, héritier veillant à ce que rien ne se perdît de l'héritage, à ce qu'il s'enrichît d'appoints dès longtemps guettés, bon, excellent père de famille, jusqu'à se substituer à ses enfants et à sauvegarder leur patrimoine en dehors d'eux, sinon contre leur gré. La dernière image que l'on garde (de lui) est celle d'un capitaliste éperdu, balbutiant dans le désastre, réclamant son portefeuille, ses clefs. »

     

    Roi des Français

    Louis-Philippe-a-l-Hotel-de-Ville.pngEn 1830, la révolution des « Trois Glorieuses » renverse Charles X, qui abdique (avec le contre-seing de son fils le dauphin) en faveur de son petit-fils le duc de Bordeaux. Charles X institue le duc d’Orléans comme lieutenant-général du Royaume. Une partie de la bourgeoisie ayant souhaité la chute des Bourbons tout en se méfiant de la République veulent un nouveau régime et met en avant le nom de Louis-Philippe. Dès la fuite de Charles X, les républicains proposent également au duc d’Orléans la lieutenance générale du royaume le 30 juillet 1830.

     

    Le 31 juillet Louis-Philippe est présenté aux parisiens depuis le balcon de l’Hôtel de Ville. Le 7 août 1830 suite à un vote favorable des Chambres il devient Louis-Philippe 1er. Il refuse le titre de roi de France qui l’aurait fait Philippe VII au profit du titre de roi des Français et prête serment à la Charte constitutionnelle de 1814. A noter que cette chartre à été révisée pour mettre en avant l’utilisation du drapeau tricolore, la baisse du cens, l’abolition de la censure et la liberté de la presse. Cette arrivée au pouvoir à la faveur d’un soulèvement populaire vaut à Louis-Philippe l’hostilité des cours européennes et le surnom de « roi des barricades » ou encore « Roi bourgeois ».

     

    Règne

    Pendant quelques années, Louis-Philippe règne plutôt modestement, évitant l'arrogance, la pompe et les dépenses excessives de ses prédécesseurs. En dépit de cette apparence de simplicité, les soutiens du roi viennent de la moyenne bourgeoisie. Au début, il est aimé et appelé le Roi Citoyen, mais sa popularité souffre quand son gouvernement est perçu comme de plus en plus conservateur et monarchique.

     

    m502004_87ee1192_p.jpgAfin de ménager les républicains, les bonapartistes et la majorité de la classe politique, Louis-Philippe va choisir une politique libérale. Pour se faire il va nommer le banquier Jacques Laffitte à la tête de la présidence du conseil. Très vite les républicains deviennent menaçants, pour calmer le jeu Louis-Philippe appelle Casimir Perier à la tête du gouvernement en mars 1831. Avec ce nouveau gouvernement arrivent les persécutions contre les bonapartistes, les républicains, les légitimistes et les émeutiers, tels les Canuts de Lyon. En 1832 Casimir Perier succombe au choléra et c’est Soult qui sous l’étroite surveillance de Louis-Philippe continuera cette politique.

     

    Plus conservatrice, la nouvelle monarchie est vivement attaquée par les légitimistes que sont la duchesse de Berry et son fils le comte Chambord. Ces derniers contesteront à Louis-Philippe son titre royal. Les républicains déclenchent des insurrections très violentes en avril 1834 à Lyon et Paris, qui débouchent sur la sanglante répression de la rue Transnonain le 15 avril 1834.

     

    Plus impopulaire que jamais, Louis-Philippe est victime de plusieurs attentats dont celui de Fieschi le 28 juillet 1835. Les présidents du Conseil se succèdent, Adolphe Thiers en 1836 et 1840, Molé et Soult qui feront de brefs intérims. C’est enfin Guizot qui accède au pouvoir, plus conservateur que jamais il ignorera les classes défavorisées et la petite bourgeoisie trop peu fortunée pour accéder au droit de vote. Il sera président du Conseil pendant 8 ans.

     

    La crise économique qui frappe le pays à partir du milieu des années 1840, la mort de l’héritier de la couronne, le très populaire duc d’Orléans, le vieillissement d’un roi inconscient de la ruine qui menace son trône mènent à la fin de la monarchie de Juillet.

     

    Abdication et exil

    caricature-de-LP-1.JPGL’interdiction et la répression d’un banquet radical le 21 février 1848 vont entraîner la démission de Guizot le 23 février. Ce même jour, la fusillade du boulevard des Capucines lance dans la capitale un vaste mouvement révolutionnaire.

     

    Devant le déroulement de l’insurrection et our ne pas faire tirer sur le peuple, Louis-Philippe choisit d’abdiquer le 24 février 1848 en faveur de son jeune petit-fils « Louis-Philippe II » . Craignant de subir le même sort que Louis XVI et Marie-Antoinette, il se déguise et quitte Paris. Voyageant dans une voiture banale sous le nom de Mr. Smith, il s’enfuit en Angleterre.

    Cependant l’Assemblée nationale, quoique prête, de prime abord, à accepter son petit-fils comme roi, change d’avis, et suit l’opinion publique, décidant de proclamer la Deuxième République dans des circonstances controversées, à l’Hôtel de Ville de Paris le 24 février 1848. C’est la fin de la monarchie.

     

    Louis-Philippe quitte le territoire à destination de la Grande-Bretagne pour y vivre jusqu’à sa mort (le 26 août 1850) à Claremont (Surrey). En 1876, son corps ainsi que celui de sa femme la reine Amélie sont ramenés à la Chapelle royale de Dreux, la nécropole familiale que sa mère a fait construire en 1816 à Dreux et qu'il avait lui-même fait agrandir dans les années 1820.

     

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