• Les Orléans de Monsieur à Henri VII ( III ) Louis Philippe d'Orléans, dit " Philippe Égalité "

    Louis Philippe d'Orléans, dit " Philippe Égalité "

    philippe_egalite-copie-1.jpgLouis Philippe Joseph d’Orléans, duc de Chartres, puis duc d'Orléans (1785-1792), ayant changé son nom en Philippe Égalité après 1792, est né au château de Saint-Cloud le 13 avril 1747 et mort guillotiné à Paris le 6 novembre 1793.

    Fils de Louis Philippe d'Orléans (1725-1785), duc d'Orléans, dit « le Gros », et de Louise Henriette de Bourbon-Conti, il fut titré duc de Montpensier à sa naissance, puis porta le titre de duc de Chartres à la mort de son grand-père. A celle de son père, il devint alors duc d'Orléans et premier prince du sang. Il descendait en ligne masculine du régent Philippe d’Orléans et du roi Louis XIII.

     

    Mariage et descendance

    Le père de Philippe d’Orléans avait d’abord envisagé de le marier à la princesse Cunégonde de Saxe, fille d’Auguste III de Saxe roi de Pologne et sœur de la Dauphine de France Marie-Josèphe. Mais cette dernière insista auprès de Louis XV pour qu’il s’oppose à ce projet, considérant que Chartres était de trop petite naissance pour prétendre épouser sa sœur Cunégonde. L’abbé de Breteuil, chancelier de la maison d’Orléans, fut donc chargé de négocier, en substitution, un  mariage avec Louise Marie Adélaïde de Bourbon, petite-fille du comte de Toulouse, bâtard légitimé de Louis XIV et de Madame de Montespan, qui amenait dans la maison d’Orléans, avec encore un peu plus du sang des bâtards de Louis XIV, l’héritage fabuleux du duc de Penthièvre.
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    Philippe d’Orléans quant à lui descendait, par sa mère, d’une bâtarde de Louis XIV et de la marquise de Montespan (Mademoiselle de Nantes) et d’autre part une des arrière-grand-mères paternelles de Philippe d’Orléans était également une bâtarde de Louis XIV et de la marquise de Montespan (la seconde Mademoiselle de Blois). Le mariage eut lieu à Versailles le 5 avril 1769. La dot, sans doute la plus importante qu’on ait jamais vue, se montait à 6 millions de livres, dont 3 865 000 livres étaient remis sur-le-champ, sous forme d’une dotation produisant un revenu annuel de 245 000 livres. Le duc d’Orléans s’engageait de son côté à loger, meubler, faire servir les époux et à leur assurer au surplus un revenu de 400 000 livres par an. Louise Marie Adélaïde de Bourbon lui donna six enfants dont le futur Roi des Française Louis-Philippe 1er.

     

    Sous l’Ancien Régime

    Chartres avait eu la promesse, au moment de son mariage, que son beau-père solliciterait pour lui la survivance de sa charge de grand amiral de France. Il s’y prépara en faisant une carrière d’officier de marine. Après deux campagnes en 1775 et 1776, il fut promu lieutenant général des armées navales. En 1778, lorsque les hostilités recommencèrent avec la Grande-Bretagne, il se vit confier le commandement de l’arrière dans l’escadre commandée par le comte d'Orvilliers. Le 27 juillet 1778, au large d’Ouessant, la bataille s’engagea. Une manœuvre commandée par d’Orvilliers amena les vaisseaux du duc de Chartres sur l’avant ; le prince n’hésita pas à foncer sur les vaisseaux britanniques, mais à la suite d’une mauvaise communication avec le vaisseau amiral, une erreur fut commise qui permit aux vaisseaux britanniques de prendre la fuite. La bataille se soldait par un demi-succès.


    26030337.jpgL’année suivante, il commanda l’escadre d’évolutions qui fit le tour des îles britanniques et revint par les Pays-Bas. À son retour, il trouva son beau-père inquiet car on l’avait persuadé que Chartres voulait le dépouiller de sa charge de grand amiral. Le duc de Chartres écrivit à Louis XVI pour le détromper et, dans un souci d’apaisement, renonça à la marine en sollicitant le roi de créer pour lui un emploi de colonel général des troupes légères, ce à quoi Louis XVI consentit. Mais en 1780, le roi lui refusa la permission de faire partie du corps expéditionnaire de Rochambeau qui partait pour l’Amérique.

     

    Pair de France, Philippe d’Orléans fit de bonne heure preuve d’indépendance. Comme tous les princes des branches cadettes de la maison de Bourbon, il prit le parti des Parlements et refusa de siéger au « parlement Maupeou ». En 1771, il se fit élire grand maître du Grand Orient de France, qui venait d’être organisé. Adepte des idées nouvelles et grand admirateur des institutions britanniques, le duc de Chartres manifesta plus d’une fois avant la Révolution son hostilité au régime et à la Cour, notamment lors de l’assemblée des notables de 1787. À partir de 1785, devenu duc d’Orléans, il offrit au Palais-Royal - « l'anti-Versailles » - un centre et un point de ralliement aux ennemis de la cour. Chef du 3e bureau à l’Assemblée des notables, il déclara que les États généraux avaient seuls le droit de voter les impôts, et protesta contre les édits bursaux : il fut exilé.

     

    Philippe Égalité

     

    04ThiersHRFt0104PhilOrleansDélégué aux deux assemblées des notables, le duc d'Orléans avait été élu député de la noblesse aux États généraux de 1789, s'était prononcé pour les idées nouvelles et il fut l'un des meneurs du groupe des 47 députés de la Noblesse qui se rallièrent au Tiers état, le 25 juin 1789. Lié à Honoré Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau, espérant peut-être un temps le trône de Louis XVI, il dut s’exiler en Grande-Bretagne après les journées des 5 et 6 octobre 1789, pour éviter d'avoir à s'expliquer, lors de l'instruction menée au Châtelet de Paris, pour déterminer les responsabilités de ces journées révolutionnaires.

    Revenu en France en 1790, il décida de ne plus s'occuper de politique malgré la pression énorme de son entourage qui envisageait depuis 1789 un changement de dynastie en sa faveur. Membre du Club des Jacobins depuis sa fondation, il était aussi membre fondateur du club de Valois qui s'opposait au club monarchique. Après la fuite de Louis XVI à Varennes et la fusillade du Champ-de-Mars, le duc d'Orléans déclara solennellement, par écrit, qu'il renonçait absolument à toute intention de prendre la régence en France. En 1792, il se rendit avec ses fils à l’armée du Nord, mais après la défection du général Dumouriez, il reçut l’ordre de la quitter.

     

    Candidat à la Convention nationale en 1792 par le département de la Seine, il prit le nom de Philippe Égalité et fut élu grâce au soutien de la Commune de Paris. Une lettre écrite en 1793 de prison à son avoué Jean-Baptiste Lemaire, montre qu'il n'a jamais signé autrement : « Pourquoi m'appelez vous « Orléans » nom que vous savez que je n'ai pas signé depuis le début de l'assemblée constituante qui défendait de porter aucun titre ni nom de terre ? Est-ce qu'il y a un décret qui m'ordonne de m'appeler « Orléans » ? J'ai déjà fait cette question aux citoyens Gérard et Voidel, mais je n'y ai reçu aucune réponse ; peut-être serai-je plus heureux en m'adressant à vous. Je désire le savoir car s'il y en a un, il est trop ridicule à moi de continuer à signer « Egalité ». Cependant ce ridicule serait bien involontaire puisque je n'ai aucune connaissance que je doive signer autrement ».

    Il siégea toujours avec les Cordeliers, au milieu de la Montagne. Il vota la mort du roi Louis XVI, et sans appel. Le rejet de l'appel au peuple pouvant sauver Louis XVI se joua à très peu de voix. Cette action dégoûta jusqu’à Robespierre qui, selon une rumeur, aurait dit de lui : « il était le seul membre de l’Assemblée qui pût se récuser ».


    L'arrestation et la condamnation

    503-1.jpgQuand son fils aîné (le futur Louis-Philippe Ier) suivit le général Charles-François Dumouriez dans son aventure personnelle, il devint suspect aux yeux des Montagnards.

     

    Il fut décrété alors d'accusation, comme « partisan » des Girondins avec lesquels il n'avait pourtant jamais eu de relations. Arrêté le 6 avril 1793, le ci-devant duc d'Orléans, sa sœur la duchesse de Bourbon et ses enfants furent incarcérés au fort Saint-Jean à Marseille. Décrété d'accusation, il fut ramené à Paris, envoyé à la Conciergerie et jugé par le Tribunal révolutionnaire puis guillotiné le 6 novembre 1793.

     

     

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