• Madame Marie-Anne LAVOISIER.

     

     

     

     

      

    Marie-Anne Pierrette Paulze Lavoisier-Rumford (1757-1836), femme de science française, dessinatrice, auteur, épouse (à l'âge de 13 ans) et collaboratrice d'Antoine-Laurent Lavoisier (1743-1794), fondateur de la chimie moderne et de la physiologie respiratoire. Marie-Anne, fille du fermier général Jacques Paulze, petite nièce de l'abbé Joseph Marie Terray, fut pour son mari une compagne précieuse. Elle collabora à son œuvre scientifique en lui traduisant en français diverses publications et en dessinant toutes les planches illustrant son traité de chimie. Après la mort de Lavoisier, sa femme fit publier ses mémoires inachevés. Marie-Anne a épousé en seconde noce le savant américain Benjamin Thompson, comte de Rumford.

     

    REVOLUTION 1789

    Femme des lumières, intelligente et jolie par surcroît, elle avait aussi le don des relations publiques. Au coeur des bouleversements de la science du XVIII siècle et du suivant, le couple a reçu la crème des savants, philosophes et voyageurs de son époque. Le premier salon eut lieu les lundis et vendredis, à Paris, rue des Bons-Enfants puis les Lavoisier s'installèrent à l'Arsenal. Devenue Mme Lavoisier-Rumfort, elle reçut dans un hôtel de la rue Saint-Honoré puis au château de Saint-Leu et à la fin à l'Hôtel de la Madeleine, boulevard du même nom..

    Le salon des Lavoisier fut fréquenté par le mathématicien Louis, comte de Lagrange; Claude-Louis Berthollet, Georges Cuvier, François Arago, Alexander von Humboldt; Félix Vicq d'Azyr, le mathématicien Jean-Baptiste Meusnier, Benjamin Franklin, Joseph Priestley, Pierre Joseph Macquer, Gouverneur Morris, Louis-Claude Cadet de Gassicourt, Jean-Charles Trudaine, le chimiste Louis-Bernard Guyton de Morveau, Jean-Hyacinthe de Magalhaes (Majellan), descendant du grand navigateur, au savoir légendaire et voyageur lui-même; l'économiste Pierre Samuel Du Pont de Nemours (un possible amant de Marie-Anne) et son fils Irénée Du Pont de Nemours; l'astronome Sylvain Bailly et le chimiste Armand Séguin.

     

    Son histoire :

    Bien sûr, le mari est fort connu et ne peut que faire de l'ombre à a bien-aimée... De plus, la peinture qui se trouve dans tous les livres spécialisés la réprésentant en train de consigner les résulatas de son mari sur un cahier lui donne des allures de secrétaire... qu'elle n'était pas !

    REVOLUTION 1789

     

     

    L'ex-Mademoiselle Paulze était issue de la haute bourgeoisie. Le père, Jacques Paulze, était une des plus hautes autorités de la Ferme (il dirigeait le recouvrement des taxes sur le tabac et était immensément riche), l'organisme chargé de collecter les impôts... et donc fortement impopulaire auprès du peuple. Sans aller dans le détail de ce qui pourrait être qualifié d'administration pour faire simple, il y avait différents échelons à l'intérieur de cette Ferme que gravira, les uns après les autres, Lavoisier. C'est bien évidemment le futur beau-père de Lavoisier qui le fera entrer à la Ferme... et qui le conduira, de ce fait, à l'échafaud.

    Mais n'anticipons pas et revenons à la fin du régne de Louis XV qui a alors confié le poste de ministre des Finances à l'abbé Terray (on disait plutôt Contrôleur général mais cela revient au même, à savoir comment sauver les Finances du pays qui était dans unpiteux état...). Or, ce prélat était aussi l'oncle de Mademoiselle Paulze et commença à mettre la pression sur le père en lui disant que sa fille, allant sur ses 15 ans, était en âge de se marier. Le père tergiversa, considérant qu'il n'y avait pas péril en la demeure... mais le ministre insista tant et si bien qu'il revint un jour en informant Jacques Paulze que tout était réglé : il avait trouvé un parti pour sa nièce. L'homme était riche... et avait 45 ans !

    Bien entendu Jacques Paulze ne voulait pas de cette union ; l'ennui, c'était que celui qui l'organisait était aussi son patron en tant que ministre... et qu'il lui était difficile de s'y opposer. C'est pourtant ce qu'il fit avec courage... car l'abbé le suspendit de se fonctions et donc, par là, de ses moyens d'existence. Mais cette mesure inique provoqua un mouvement de sympathie autour de Paulze et des soutiens lui vinrent. Ceux-ci allèrent plaider sa cause auprès de l'ecclésiastique qui, finalement, mit un terme à ses méthodes coercitives... Mais l'alerte avait été chaude !

     

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    Aussi quand passa Lavoisier... il avait 28 ans, Paulze décida que c'était à la fois le bon parti pour sa fille et la meilleure manière de la soustraire aux menaces du ministre. Ainsi fut fait. Ce fut un mariage d'amour assurément et Madame Lavoisier aida son bonhomme de savant du mieux qu'elle put : c'est elle qui dessina tous les ustensiles de chimie figurant dans tous les compte-rendu du célèbre chimiste (elle avait étudié cette discipline) et qui traduisit le livre de Kirwan qui, tout en étant opposé à la notion de phlogistique de Stahl (qui expliquait de façon eronnée la carbonatation des métaux), rejetait la théorie de la combustion de Lavoisier faisant appel à l'oxygène (nouvellement identifié) dans la composition des acides.

    Son rôle dans l'exécution de son époux a été décrié ; il n'est pas certain que son intervention auprès des juges révolutionnaires ait eu les conséquences les plus heureuses (l'entretien se serait déroulé dans un climat assez houleux et aurait ainsi eu l'effet inverse de ce qui pouvait en être attendu)...

    Elle eut aussi par la suite une romance avec Pierre-Samuel Du Pont de Nemours, agrochimiste et économiste (qui avait été proche du ministre Turgot sous Louis XVI et qui avait suivi son patron dans on exil), qui finit mal. Ce dernier était le père d'Eleuthère-Irénée Du Pont de Nemours, chimiste qui avait été l'élève de Lavoisier (principalement dans le domaine des poudres)et qui vénérait son Maître.

    Bien des années plus tard, alors qu'il s'était installé définitivement aux Etats-Unis où il devait créer son entreprise qui devait devenir la multinationale de la chimie, Eleuthère-Irénée avait écrit fort respectueusement à Madame Lavoisier pour lui demander, en souvenir de son mari, l'autorisation de dénommer sa société du nom de Lavoisier... La veuve ne répondit jamais, arguant qu'elle ne voulait plus entendre parler (par dépit amoureux...) de la famille Du Pont de Nemours... ce qui fait que la création de la Lavoisier Inc. n'eut jamais lieu.

    Madame Lavoisier finit par se remarier vec un autre chimiste, Lord Rumford, avec lequel il ne semble pas qu'elle forma un couple heureux...

    « Madame ROLAND, une égérie de la Révolution... guillotinée par ses compatriotes.parment en or et diamant. »
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