• Madame Royale

     

     

     

    Madame Royale

    Publié le 12 mars 2011 par Naguere

    La reine Marie-Antoinette accouche de son premier enfant (enfin!), une fille, le 19 décembre 1778 à Versailles, à 11h35'. Elle est prénommée Marie-Thérèse, Charlotte (en hommage à sa grand-mère maternelle, l'impératrice d'Autriche qui est sa marraine) et on l'appelle officiellement “Madame Royale” ou encore “Madame, fille du roi”.

    Nous connaissons bien son triste parcours. Peu sympathique dans son enfance, hautaine et revêche - le surnom de “Mousseline” semble mal choisi -, elle n'aime point sa mère qui, dans son enfance, se plaint de son orgueil et de sa morgue,en dépit de ses efforts pour “éloigner des premiers regards de l'enfant royal toutes les images de sa grandeur.”

     

    Madame Royale

    Madame Royale

     

    On peut supposer que l'expérience vécue au Temple n'arrange pas son caractère, ce que l'on comprend, surtout après les horreurs des journées d'octobre 1789 (elle a onze ans), de la fuite à Varennes le 21 juin 1791 (l'année de ses treize ans), de la prise des Tuileries le 10 août 1792 (elle n'a pas encore quatorze ans). Ajoutons-y la mort de son père, de sa mère, de sa tante et de son frère : la coupe est pleine.

    “Mousseline la Sérieuse” - épithète ajouté par sa mère - épousera le duc d'Angoulême - neveu de Louis XVIII et fils aîné du comte d'Artois - en 1799, survivra à la Révolution de 1830, enterrera Louis XVIII, Charles X, son mari Angoulême, son beau-frère Berry et même Louis-Philippe. Elle mourra en 1851, à la veille du Second Empire, sans postérité après une fin de vie lugubre où elle tient un semblant de cour à Frohsdorf en Styrie (Autriche), veillant jalousement sur l'éducation du dernier des Bourbons, le comte de Chambord, fils posthume du duc et de la duchesse de Berry.

     

    La duchesse d'Angoulême

    La duchesse d'Angoulême

     

    Mais elle a des ressources solides, et quelque peu masculines. “C'est le seul homme de la famille”, ainsi lui rend hommage Napoléon en 1815 alors qu'elle est la seule à défendre la cause royale.

    Marie-Antoinette perd connaissance peu après sa naissance, symbole peut-être de la future absence… Par ailleurs, n'oublions pas que la reine, en dépit de ce que veulent nous faire croire les écrits hagiographiques, reprend après la naissance de sa fille une vie relativement trépidante, quelque peu assagie certes, mais enfin, elle vient de revoir Fersen et ses pensées ne sont pas toutes vouées à la maternité.

    Marie-Thérèse trouve très tôt un refuge dans la religion : au Temple, la reine lui inculque de solides principes religieux et la jeune fille lit avec intérêt la Semaine sainte.

    Nous avons un témoignage de première main grâce au court Mémoire (46 pages format livre de poche) que Marie-Thérèse écrira, une fois libérée du Temple, qui couvre la période du 10 août 1792 jusqu'à la mort de son frère. On dispose également d'un Journal de 4 pages, interrompu, qui porte les corrections de la main de Louis XVIII.

    L'ensemble de ces écrits reflète une attitude neutre, un constat objectif, sec, net et sans passion, qui semble effectuer un compte-rendu, sans émotions. Cependant, derrière la froideur du style et du vocabulaire, nous pouvons relever quelques indices sur le comportement remarquable de Marie-Antoinette : lors du transfert de Louis XVI dans un autre appartement du Temple, Marie-Thérèse écrit : “A cette affreuse nouvelle, ma mère perdit son courage et sa fermeté ordinaires.” Et plus loin, alors qu'un “municipal” éveille brutalement son frère un soir, la reine se rebiffe : “C'est le seul mouvement d'impatience que j'aie vu ma mère témoigner.”

    La jeune fille reconnaît que sa mère est à la hauteur de la situation : “Souvent son calme si méprisant et son maintien si digne en imposèrent : c'était rarement à elle qu'on osait adresser la parole.” Elle évoque son “morne chagrin”, parle de sa “malheureuse mère” (épithète bien conventionnelle), insiste sur ses “angoisses”, son manque “d'espérance”, son indifférence “de vivre ou de mourir”.

    Plus tard, Marie-Thérèse évoque la fin de sa mère mais elle n'est plus un témoin oculaire, se contentant d'écrire ce qu'on lui rapporte sur les derniers jours et ne pouvant que sacrifier au culte qui va bientôt naître : “Il était impossible de l'approcher [la reine] et de la voir quelques instants sans être pénétré de respect, tant sa bonté tempérait ce que la dignité de son maintien avait d'imposant.” En fait, elle n'apprend la mort de sa “respectable mère” qu'un an et demi plus tard.

    La froideur de Marie-Thérèse est patente, tempérée toutefois d'admiration pour son courage.

    Il en va autrement pour son père, qu'elle comble d'éloges : “piété, grandeur d'âme, bonté, douceur, courage et patience, clémence, amour de Dieu, de sa famille et de son peuple”.

    Elle termine ainsi : “Telles ont été la vie et la fin de mes vertueux parents pendant leur séjour au Temple et dans les autres prisons.”

    Louis XVIII, qui récupère les quelques feuillets de son Journal interrompu, doit la trouver bien laconique car il rajoute de sa propre main des termes qui trahissent un tant soit peu d'émotion, par exemple “la mort dans le coeur”, “avec un regard affreux”, etc.

    Elle sort du Temple le jour de son dix-septième anniversaire le 19 décembre 1795 et gagne Vienne où l'attendent son cousin germain, l'empereur François II et sa fille, une petite archiduchesse de quatre ans, Marie-Louise, future impératrice des Français… Il s'agit en fait d'un échange entre elle et des commissaires de la Convention retenus prisonniers en Autriche, échange qui arrange tout le monde car le gouvernement ne sait que faire d'elle.

    L'Histoire non plus.

    Sources : Journal de ce qui s'est passé au Temple, Mercure de France, 1987

      

      

    sources

    http://www.paperblog.fr/4252464/madame-royale/

      

     

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