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  • Le domaine de Marie-Antoinette

     


    marie antoinette s garden by kurisutaru kisu-d2zw199

    Petit_Trianon_by_bukephalas.png

     

     

                               Marie-Antoinette avait ses appartements au château de Versailles, mais elle avait aussi son domaine propre à Versailles : le Petit Trianon.


     

    Louis XV avait fait bâtir ce palais de plaisance en 1768, à un kilomètre du château, à l'extrémité du parc du grand Trianon. L'architecte Ange-Jacques Gabriel avait conçu ce palais dans un nouveau style épuré "à la grecque", alliant sobriété, ordre et perfection, avec un richesse élégante des boiseries.


    Louis XVI lui offrit ce domaine en 1774 : "Vous aimez les fleurs ? Eh bien j'ai un bouquet à vous donner : c'est le petit Trianon". Nul cadeau ne pouvait être plus agréable à Marie-Antoinette, à cette amie de la campagne et des fleurs.

     

    p366118-Versailles-Le Petit Trianon[1]

    "Le beau rêve en effet, ce palais et ce jardin enchantés, où Marie-Antoinette pourra ôter sa couronne, se reposer de la représentation, reprendre sa volonté et son caprice, échapper à la surveillance, à la fatigue, au supplice solennel et à la discipline invariable de sa vie royale, avoir la solitude et avoir l'amitié, s'épancher, se livrer, s'abandonner, vivre !"(1)

    Car "la Cour l'avait ennuyée, et elle voulait, devenue reine, s'en affranchir le plus possible. Elle aimait l'intimité, les jeux libres, le jardinage ; à quelques pas du solennel Versailles, elle allait pouvoir satisfaire ses goûts. La simplicité des moeurs et des plaisirs qu'elle avait connue dans son enfance à Vienne, et tant de fois regrettée depuis, Trianon devait la lui rendre. Elle aurait, comme toutes les femmes de son royaume, le gouvernement d'une maison et d'un jardin ; elle comptait en bannir les censeurs, les médisants, les imposteurs, faire un choix parmi ses courtisans et n'admettre que des amis."(2)


    salon harpe

    chambre de ma petit trianon

    Elle a alors donné à ce petit palais son propre style, avec grâce et raffinement, élégance et légèreté, style qui sera copié par l'aristocratie provinciale, ainsi que dans toute l'Europe.


    De ce lieu, elle dit "Ici, je suis moi". Marie-Antoinette marqua ses lieux de sa présence, imposant ses goûts pour en faire son domaine.

    Elle aimait y retrouver les plaisirs d'une vie simple et champêtre, loin des fastes et de l'étiquette de Versailles, et ce fut son refuge de 1780 à 1789. Elle y trouve un havre d'intimité. Personne n'y entre sans son invitation. Elle s'y sent libre, et peut y satisfaire son amour de la nature et du théâtre.

     

    théâtre

    Chemin

     

     

       Son architecte lui conçut en 1780 son propre théâtre, où Marie-Antoinette se produisait sur scène jusqu'en 1785, dans un bâtiment relié au Petit Trianon par une galerie en treillage, elle-même menant au Jardin anglais.

    "Les opéras qu'elle affectionnait le plus étaient ceux où dominait une action champêtre : le joli drame de Nina lui fit verser bien des pleurs. Dans ses appartements, on ne voyait ni tableaux d'histoire, ni de batailles, et elle disait elle-même avec abandon : "Ne mettez que des fleurs, des paysages et des Watteau"." (3)


    Au Petit Trianon, elle organisait des repas et des fêtes, et le théâtre et l'opéra y tenaient une grande place. "C'était les grands jours de Trianon, envahis quelques heures plus tard par la foule, mais il reprenait bien vite son charme de retraite et son recueillement de solitude."(1)


    les-jardins-du-petit-Trianon---Versailles1e--2-

    Chateau de Versailles Belvedere

     

          Elle a fait créer aux abords de son palais un Jardin anglais, jalonné du Pavillon français, du Belvédère (son salon de musique), du Temple de l'Amour, autant de buts de promenade que d'occasions de haltes. Elle souhaitait un parc qui ressemble à un paysage naturel, orné de chemins sinueux, de bocages et de cascade, sans artifice pompeux ni froide géométrie.


    De même, en 1787, elle y fit construire dans ce domaine le Hameau, constitué de chaumières fleuries réunies autour d'un lac, où elle souhaitait vivre proche de la nature, ainsi qu'un étang artificiel et un Rocher, lesquels surplombaient avec le Belvédère la promenade. Près d'une petite cascade, fut édifiée une Grotte artificielle où la Reine pouvait se réfugier sans être vue, assise sur la mousse.

    Avec sa ferme et ses fermiers, son moulin, ses moutons et sa basse-cour, elle pouvait s'imaginer bergère ou paysanne. La vie s'y écoulait dans une douce atmosphère de bonheur.

    Autour de la maison de la Reine, plus grande et plus belle que les autres, se trouvent aussi un boudoir, un colombier, une laiterie, et cet ensemble forme comme un petit village aux façades rustiques à colombages, traversé par un petit ruisseau. Un peu plus loin, c'est la maison du jardinier, la grange et le poulailler, et les vaches paissent dans les prairies.


    Mais le Hameau, aménagé à grands frais, était très mal considéré par le peuple, à une époque où les paysannes n'étaient pas vêtues de mousseline, et s'épuisaient aux champs, dans un climat rigoureux, aux récoltes insuffisantes et sources de famines.


    tour dominant le grand lac hameaula-bergerie-du-petit-trianon

    Elle aimait beaucoup les fleurs, dont elle faisait orner meubles et décors. Roses, épis de blés, fleurs de jasmin et de muguet ... les fleurs des champs et toute la nature étaient source d'inspiration. Partout on retrouvait ces fleurs : peintes, tissées, sculptées ou ciselées par les meilleurs artistes et artisans.


    "Mon Dieu la charmante promenade : que ces bosquets parfumés de lilas, peuplés de rossignols, étaient délicieux : il faisait un temps magnifique, l'air était plein de vapeurs embaumées, des papillons étalaient leurs ailes d'or aux rayons de ce soleil printanier. Je n'ai, de ma vie, passé de moments plus enchanteurs que les trois heures employées à visiter cette retraite. La Reine y passait la plus grande partie de la belle saison et je le conçois à merveille." (4)


    hameau-de-la-reine


    Extrait de la lettre à Marie-Antoinette à sa mère l'impératrice Marie-Thérèse, du 19 septembre 1780 :

    "Je me suis établie à Trianon pour huit à dix jours, afin de faire les matins des promenades à pied qui sont essentielles pour ma santé ; cela n'était pas possible à Versailles. Trianon n'est qu'à dix minutes de chemin en voiture, et on peut aisément y venir à pied. Le Roi parait s'y plaire beaucoup ; il y vient souper tous les jours, et vient me voir le matin comme dans mon appartement à Versailles. J'ai choisi ce moment-ci pour mon séjour ici, parce que c'est le mois où le Roi chasse presque tous les jours et où il a le moins besoin de moi. Ma santé et celle de ma fille sont très bonnes."(5)


    1786

     

    A Trianon, devenu "la maison de campagne de Marie-Antoinette, sa retraite et ses amours", c'était une "autre vie, sans faste et sans contrainte.

     

    Plus de cour, qu'une petite cour d'amis, que sa vue basse n'avait point besoin de reconnaître avec le lorgnon caché au milieu de son éventail ; plus d'ennuis, plus de couronne, ni de grands habits : la Reine n'était plus la Reine à Trianon, à peine y faisait-elle la maîtresse de maison.

    La Reine, en robe de percale blanche, en fichu de gaze, en chapeau de paille, courait les jardins, allait de sa ferme à la laiterie, menait son monde boire son lait et manger ses oeufs frais, entraînait le Roi, du bosquet où il lisait à un goûter sur l'herbe, tantôt regardait traire les vaches, tantôt pêchait dans le lac, ou bien, assise sur le gazon, se reposait de la broderie et du filet en épuisant une quenouille de villageoise.

    Ces jeux faisaient le bonheur de Marie-Antoinette. Que d'enchantement pour elle, que d'illusion dans ce rôle de bergère et dans ce badinage de la vie des champs !

    Marie-Antoinette goûtait de préférence la promenade nocturne. Elle aimait trop les soirées passées au dehors, sous les grands arbres, dans l'air calme des nuits d'été.(...)

    Trianon ! ce Trianon où son ombre erre encore aujourd'hui ; où le silence de l'écho, l'oubli de la nature, parle comme une scène vide, et rappelle les beaux jours de Marie-Antoinette.

    Aujourd'hui encore, le visiteur, qui croit n'y chercher que les émotions de l'histoire, ralentit involontairement son pas dans le détour des allées désertes et se laisse prendre à l'enchantement des yeux." (1)

     

    "Dans la verdure, voici le petit palais blanc. (...)

    Poussez un bouton de porte ciselée. Entrons maintenant dans la maison, visitons les pièces inhabitées, d'où se sont enfuis le bruit des rires et l'écho du clavecin. Dès le seuil, on est transporté dans le monde d'autrefois..." (1)

     

    ma hameau2

    fete hameau

     

     

    A voir, pour les photos et les vidéos, le site du château de Versailles.

     

    (1) "Histoire de Marie-Antoinette", d'Edmond et Jules Goncourt, 1859

    (2) "La Reine Marie-Antoinette", de Pierre de Nolhac, 1889

    (3) "Mémoires secrets et universels des malheurs et de la mort de la reine de France", de Gaspard Louis Lafont d'Aussonne, 1824

    (4) "Mémoires de la Baronne d'Oberkirch", publiées par le Comte de Montbrisson, 1853

     (5) "Lettres de Marie-Antoinette", publiées par Maxime de la Rocheterie et le Mis de Beaucourt, 1895-1896

      

      

    sources : CAMELINE...http://cameline.over-blog.com/article-marie-antoinette-1-61049271.html

      

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  • Epilogue

    Commence alors le calvaire de la famille royale
    qui ne cessera pratiquement plus jusqu'à la mort.


    Le retour sera cauchemardesque ; il se déroulera en 4 jours, sous un soleil de plomb, accompagné d'une foule avinée vociférant des injures ordurières et menaçantes.
    Il faudra coucher à Châlons, à Dormans
    et à Meaux.


    Le 25 juin l'Assemblée décrète
    "la suspension du Roi".
    L'arrivée à Paris se fait vers 18 heures, sous la "protection" de la garde nationale (sans trop de cris car il a été décrèté : "Quiconque applaudira le Roi sera bastonné, quiconque l'insultera sera pendu") mais afin d'éviter trop d'incidents, le cortège fait le tour de Paris et ce n'est qu'à 22 heures qu'il arrive aux Tuileries,
    cette fois sous les huées de la foule (Marie-Antoinette faillit être massacrée) .

    Dès lors la surveillance sera incessante ; de jour comme de nuit les portes des appartements
    doivent rester ouvertes et les les membres de la famille royale ne sont plus jamais seuls
    mais toujours en présence de gardes et d'espions...



    Arrestation à l'Assemblée

    Conséquences

    Après un mois de "suspension", accréditant la thèse d'un "enlèvement", l'Assemblée rétabli
    le Roi dans ses fonctions,
    mais toujours sans véritables pouvoirs.

    Le 14 septembre il doit jurer fidélité à la Nation
    et à la Constitution et devient non plus
    "Roi de France" mais "Roi des Français".

    La situation intérieure ne s'améliorant pas et les menaces extérieures s'aggravant, le Roi est accusé de trahison et le 10 Aaoût 1792 les Parisiens attaquent les Tuileries qu'ils pillent en massacrant les gardes suisses.
    La famille royale n'a que le temps de chercher protection à l'Assemblée mais celle-ci, bientôt envahie par une foule haineuse,
    décrète l'arrestation du Roi et des siens.

    C'est la fin de la Monarchie.
    Conclusion

    La suite est bien connue : La famille royale est enfermée au Temple où elle sera bientôt divisée
    (Le Roi et le Dauphin d'un côté ; la Reine, sa fille et sa belle-soeur de l'autre).
    Puis c'est le procès du Roi et sa condamnation à mort ; il est exécuté le 21 janvier 1793.
    En juillet le Dauphin, qui après la mort du Roi était revenu avec sa mère, est séparé de celle-ci et isolé.
    Marie-Antoinette, quelque temps après, est conduite à la Conciergerie.
    Après un simulacre de procès elle est décapitée le 16 Octobre.
    Sa belle-soeur, dont le seul crime est d'être la soeur du Roi, le sera aussi.
    La Terreur, avec Robespierre, s'installe en France.
    Le Dauphin, Louis XVII pour les monarchiste, croupit en prison et meurt le 8 Juin 1795 (il a 10 ans).
    - Voir sur ce même site : L'Enigme de Louis XVII. -
    Seule échappera à ce triste sort Mme.Royale, fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette ;
    elle sera échangée, en décembre, contre 4 Conventionnels prisonniers de l'Autriche.


    Reste à imaginer ce qui aurait pu se passer SI "l'affaire de Varennes" n'avait pas échoué à quelques kilomètres du but ? Peut-être pas de "Guerres de Vendée", pas de "Terreur",
    pas de "Napoléon 1er", etc...
    Mais là, nous quittons l'Histoire pour entrer dans la fiction historique...
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  • La Fuite

    1) Les préparatifs :
    Le départ de la famille royale qui eut lieu dans la nuit du 21 au 22 Juin 1791 était envisagé depuis la fin de l'année 1790 et préparé soigneusement
    par le Comte de Fersen.
    En effet, depuis leur retour à Paris, les souverains étaient quasiment "prisonniers" aux Tuileries !
    Tous leurs déplacements hors du château sont soumis à l'approbation du Président de l'Assemblée... et ils sont, à l'intérieur même du palais, constamment surveillés par les garde-nationaux, même si le protocole monarchique reste encore assuré.
    Mais le Roi, comme d'habitude, tergiverse.
    Il espère, peut-être, que les choses se calmeront et que la situation de la famille royale pourra s'améliorer, voire peut-être reprendre une partie de ses prérogatives et regagner Versailles...
    Pourtant Mirabeau, en secret, incite le Roi à quitter Paris sachant bien ce qu'il risque ici.




    A gauche, Fersen, initiateur de la fuite.

    A droite, Mirabeau, élu du Tiers-état mais secrètement partisan d'une Monarchie constitutionnelle, mais où le Roi
    ne serait pas qu'un fantoche.
    Malheureusement pour la famille royale
    il meurt en Avril 1791.



    Le général de La Fayette

    2) Le déclencheur :
    Comme l'année précédente, en Avril 1791, le Roi souhaite "faire ses Pâques" à Saint-Cloud.
    La famille monte en carrosse mais, sur la place du Carrousel, elle est arrêtée par une foule grondante qui suppose, probablement à juste titre, que le Roi veut célébrer Pâques avec un curé "non-jureur" à la Constitution civile du Clergé que Louis XVI s'est vu contraint et forcé de ratifier.
    Malgré les ordres de La Fayette, commandant de la Garde nationale, et de Bailly , maire de Paris, la troupe s'allie au peuple et barre la route.
    La famille royale doit regagner le palais.

    Cette fois le Roi, comprenant que la situation devient très dangereuse pour sa famille, se décide enfin au départ. Il ne compte pas quitter la France mais se réfugier dans une place-forte du nord-est de la France, sous l'autorité du marquis de Bouillé.

    Mais si le plan a été bien conçu (il sera malheureusement mal exécuté par des gens pas très capables) le premier problème va être de quitter les Tuileries de nuit alors que gardes et valets dorment derrière les portes des chambres du Roi, de la Reine et des enfants royaux !

    2) La tragique équipée :
    Le Départ se passe assez bien puisque, malgré cette surveillance permanente, à l'aide de divers subterfuges, portes dérobées, etc... tout le monde va parvenir à quitter les Tuileries, à partir de 23 heures. D'abord le Dauphin, sa soeur et leur gouvernante (Mme de Tourzel) guidé par Fersen.
    Le Roi et la Reine participent aux cérémonies du coucher puis s'esquivent, séparément, et se retrouvent (tardivement pour Marie-Antoinette) dans un petit carrosse de ville
    avec la soeur de Louis XVI (Mme Elisabeth). Un peu avant 2 heures, le 21 juin, la famille est réunie mais avec déjà une heure et demie de retard sur l'horaire prévu.
    Ils voyagent, déguisés (le Dauphin est habillée en fille...), avec de faux passeports
    sous des noms d'emprunt, Mme de Korff -Mme.de Tourzel- et ses proches...
    Premier relais à Bondy où Fersen, pour raisons de sécurité, les quitte.
    - 1 -
    Pendant ce temps les hussards et dragons du marquis de Bouillé doivent aller cantonner à Clermont et à Sainte-Menehould afin de protéger la route de Montmédy (non loin de la frontière)
    où la berline royale doit se rendre.

    A Paris, à 7 heures, le valet de chambre s'aperçoit de l'absence du Roi mais l'alerte ne sera donnée que plus tard car on suppose qu'il est chez la Reine... que l'on réveille plus tardivement.

    En fin de matinée les fuyards sont à Montmirail
    (avec 3 heures de retard).
    A Sainte-Menehoulde et à Clermont la population s'interroge sur cette arrivée de soldats
    et la garde-nationale se met en alerte.

    A Paris La Fayette, qui craint pour sa crédibilité donc pour sa vie, envoie des courriers un peu partout pour arrêter la famille royale.

    Après divers arrêts dus à des incidents (roue cassée, chevaux fourbus, ...) la berline arrive au relais de Châlons (4 heures de retard). Le Roi commet l'imprudence de bavarder avec les habitants...

    A Pont de Somme le détachement de cavalier qui a été envoyé pour escorter la berline royale attend depuis plusieurs heures sous la surveillance menaçante des paysans. C'est probablement là "le noeud de l'affaire".
    Si le jeune duc de Choiseul qui commandait ce détachement avait simplement fait replier ses cavaliers un peu plus tôt, sans les éloigner, et avait eu la patience d'attendre encore, la situation pouvait être sauvée ; mais, devant l'attitude des paysans il décida de quitter les lieux pensant que le départ du Roi avait dû être annulé !

    Vers 20heures la berline arrive enfin au relais de
    Sainte-Menehoulde. Le maître de Poste,
    J-B. Drouet, reconnaît le Roi et en avertit la Municipalité.
    La voiture est repartie quand on décide d'envoyer
    Drouet prévenir à Varennes.
    Au passage de la berline, à Clermont, les dragons refusent les ordres de l'accompagner... bien
    qu'ils ignorent ce qu'elle renferme.

    Il est près de 23 heures quand la famille royale arrive enfin à Varennes où, à sa grande surprise, il semble que personne ne l'attend. En effet les soldats se sont égayés dans les auberges et, vu le retard, sont ivres pour la plupart.
    --->
    • - 2 -
      Le lieutenant Bouillé (fils du marquis) n'est averti que trop tard et est incapable de rassembler ses hommes (l'essaie-t-il dailleurs ?)

      Drouet prévient le procureur-épicier Sauce qui fait entrer la famille royale dans sa maison .
      Le juge Destez confirme l'identité du Roi .
      Le tocsin sonne dans la ville et les gardes-nationaux, hostiles, se rassemblent
      autour de la maison.

      Deux envoyés de l'Assemblée nationale qui ont rejoint Varennes" à bride abattue" pénètrent alors et font part au Roi du Décret d'arrestation.
      A cette lecture Louis XVI aurait dit :
      "Il n'y a plus de Roi en France", pour ce qui est en effet le glas de la Monarchie.


      L'arrestation du Roi

      Commence alors une nuit dramatique pour les fugitifs qu'une foule grondante entoure.
      Le Roi arrive cependant à envoyer un messager auprès du marquis de Bouillé espérant son arrivée pour le délivrer. Pour celà il parlementera et tergiversera toute la nuit (on lui proposera même de forcer le passge à cheval, aidé par quelques cavaliers enfin rassemblés, mais craignant pour sa famille il refusera).
      Au petit matin, la foule autour de la maison se faisant de plus en plus menaçante il doit cèder et la famille se réinstalle dans la berline qui, malgré l'ordre royal : "Cocher, à Montmédy !"... prend définitivement la route de Paris.

      Moins d'une demi-heure après l'avant-garde de l'armée de Bouillé arrivait à Varennes, mais il était trop tard pour intervenir... d'autant plus qu'elle ne possédait même pas une carte de la région qui lui aurait peut-être permis, en empruntant un raccourci, de délivrer le Roi !

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  • LA DRAMATIQUE " AFFAIRE DE VARENNES "

    Alors qu'en 1790 la plupart des Français criaient encore "Vive le Roi", comment cette "affaire", en 1791, va-t-elle précipiter la chute
    de la Monarchie capétienne installée sur le trône de France
    depuis plus de huit siècles ?
    En 1774, Louis XV meurt laissant la place à son petit-fils Louis XVI (lequel a tout juste 20 ans) en qui le peuple place tous ses espoirs après un règne difficile dû aux difficultés financières, à l'incapacité du régime à se moderniser (en dépit des efforts du gourvernement opposé aux privilégiés).

    Le nouveau Roi est instruit, foncièrement bon et dévoué à son peuple, mais c'est une nature faible et il est souvent mal conseillé (pas seulement par la Reine à qui on a pris l'habitude de tout reprocher),
     
    Prologue :
    Avant d'aborder "l'affaire" il est bon de rappeler quelques uns des faits qui ont pu y conduire.

    La première erreur de Louis XVI (dès 1774) est, dans un but d'apaisement qui se révèlera chimérique, de renvoyer le chancelier Maupeou lequel, sous l'autorité de Louis XV, avait dissout les Parlements qui, privilégiés, s'opposaient à toutes les réformes à tentative égalitaire, et de rappeler ces Parlements (Noblesse de robe)... qui vont reprendre aussitôt leur travail d'opposition, appuyés en celà par la Noblesse (d'épée) et le haut-Clergé, autres privilégiés.
    Toutes les tentatives de réformes menées par Turgot, Necker, Calonne, Brienne
    échouent alors que la Dette publique s'accroît.
    En 1778 la France s'allie aux Américains qui se sont soulevés contre la domination anglaise.
    Avec la victoire des "Insurgeants" le Roi et ses ministres ont relevé ainsi le prestige français...
    mais ruiné ce qui restait des finances publiques.
       

     

     

     
      

    La Cour ne montre guère l'exemple des économies et la jeune Reine (à qui le Roi ne refuse rien) s'étourdit dans les plaisirs, totalement coupée de la vie du peuple qui commence à "se monter" contre elle (On l'appelle "Madame Déficit", "L'Autrichienne",...). La regrettable "affaire du collier" (voir sur ce même site) lui nuira considérablement ainsi qu'à la Monarchie.
    En 1788 de très mauvaises récoltes entraînent des hausses de prix et la famine.
    Le Roi doit se résigner à convoquer pour l'année suivante les Etats-Généraux qui, espère-t-on,
    aideront à surmonter la crise.
    Le peuple rédige des "cahiers de doléances"
    et le Roi accepte de doubler l'effectif de ses représentants : le Tiers-Etat.

    Le sement du jeu de paume (David) par lequel les Députés jurent ne ne pas se séparer avant d'avoir donné une Constitution à la France.

    Tout va alors aller vite, les Etats Généraux sont réunis en Mai 1789. En Juin, le Tiers-Etats à qui s'est rallié une partie du Clergé et le la petite Noblesse, s'est proclamé Assemblée Nationale, puis Constituante (la Constitution signifiant la fin de la Monarchie absolue). Dans la foulée sont votés l'abolition des privilèges et la Déclaration des Droits de l'Homme (en Août),... Entre temps les Parisiens ont "pris" la Bastille et ne voyant pas d'amélioration à leur sort marchent sur Versailles obligeant la famille royale à regagner les Tuileries à Paris (Octobre).


    Fête de la Fédération

    Dès lors vont être promulguées des lois censées améliorer le sort du peuple, telles la "confiscation des biens du Clergé" et "la vente des Biens nationaux" pris aux Emigrés, les nobles qui,
    dès le début de cette Révolution, ont commencé à quitter la France.

    En principe le 14 Juillet 1790 la Révolution est terminée et une grande Fête de la Fédération (sur le Champ de Mars, à Paris) scelle la réconciliation du peuple avec son Roi.

    En 1791 la Constitution est proclamée. Louis XVI voit ses pouvoirs très réduits ; c'est l'Assemblée qui gouverne. Pour les décisions importantes le Roi dispose d'un "droit de Veto... suspensif "et bénéficie,
    en théorie, de l'immunité totale.
    Dans la réalité ces principes seront vite oubliés, par la faute des uns et des autres, car si les Révolutionnaires confisquent les pouvoirs du Roi, celui-ci et ses proches
    ne respectent pas toujours la parole donnée.
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  • L'AFFAIRE DU COLLIER DE LA REINE

     

    Pourquoi ce qui aurait pu n'être qu'un incident sans importance est devenu
    une des pièces importantes qui participera à la chûte de la Monarchie ?




    Le contexte :

    A l'époque de l'Affaire, nous sommes en
    1785.
    Louis XVI règne depuis 1774.
    Il avait épousé
    Marie-Antoinette d'Autriche
    en
    1770. Elle allait avoir 15 ans et Louis
    (alors Dauphin), 16.


    La jeune princesse est aussitôt adoptée par le roi
    Louis XV, grand-père de son époux, et par tout un peuple qui voit dans ce jeune couple l'espoir
    d'un règne heureux...
    Si jeune et adulée par tous elle va se lancer dans la frivolité, bien compréhensible à son âge mais qui sera incompatible avec son rôle de Reine, quatre ans plus tard, à la mort de
    Louis XV quand le Dauphin devient Louis XVI.

    Entourée d'une coterie qui lui masque les réalités du règne et par un mari qui lui passe tous ses caprices, elle, pourant d'une nature bonne et généreuse, va commettre des impairs qui, amplifiés par les adversaires du gouvernement royal et leurs pamphlétaires va vite la rendre impopulaire auprès du peuple qui va la surnommer "
    l'Autrichienne" et la rendre responsable
    de tous ses maux !

    Marie-Antoinette à 15 ans


    " L'Affaire "


    Réplique du Collier

    L'origine et l'objet :

    Le 12 juillet 1785, le bijoutier Böhmer vient à Versailles présenter à la Reine quelques bijoux, et lui remettre une lettre de son associé Bassenge dans laquelle il est question d'une parure de diamants d'une valeur de 1 600 000 livres ...
    ( soit 7 millions d'euros actuels !)
    que déjà précédemment le
    Roi et la Reine
    avaient refusé d'acheter.
    Dans cette lettre, jugée si peu claire et inutile par
    Marie-Antoinette, qu'elle la brûlat, il était question "d'arrangements "...

    Un mois plus tard,
    Böhmer surpris de ne pas avoir de réponse, révèle à Madame Campan, femme de chambre de la Reine, que cette dernière aurait acheté le collier par l'intermédiaire du cardinal de Rohan. Madame Campan, connaissant l'aversion de la Reine pour Rohan, avertit celle-ci qui tombe des nues et convoque le joaillier qui, de bonne foi, lui explique la transaction qu'il croit faite avec l'aval de la Reine.


    L'erreur :

    La Reine, outrée, pense à un complot ourdi par Rohan pour la discréditer et en appelle au Roi.
    Celui-ci convoque le
    Cardinal qui, sur de lui, affirme avoir des lettres de la Reine attestant cette commande. Marie-Antoinette est indignée et Louis XVI commet l'erreur de faire arrêter le prélat, Louis de Rohan, grand aumônier de France, dans la grande galerie de Versailles,
    en habit cardinalice ,de le faire enfermer à la
    Bastille et mettre en jugement
    devant le
    Parlement de Paris ; le scandale est énorme !

    Louis de Rohan est non seulement Cardinal, mais c'est aussi un Prince.
    Aussi une grande partie de la
    Noblesse et de l'Eglise vont prendre son parti.
    Quant au peuple il est déjà résolument contre "l'Autrichienne".


    Les faits:

    Si complot il y a, il n'est pas du fait du Cardinal de Rohan, mais d'une certaine Comtesse de la Motte dont le seul but est de se procurer une énorme somme d'argent... Mais ceci ne sera évidemment su que plus tard, au cours du procès.

    Le Cardinal fut dupé mais Pourquoi ?
    Comment ? Par Qui ?

    Le Prince-Cardinal Louis de Rohan, bien que grand Aumônier de France n'était pas "bien en Cour", assez maladroit , mal considéré par la Reine et son entourage, il souhaitait se rapprocher de Marie-Antoinette et il crut que l'occasion lui en était fournie en servant d'intermédiaire entre la Reine et le joaillier...

    Jeanne de Valois, authentique descendante lointaine des Valois et Comtesse de la Motte par mariage avec un pseudo Comte, était une intrigante fort rusée qui était arrivée à s'introduire dans l'intimité de Rohan
    et à lui faire croire qu'elle était devenue
    amie avec la
    Reine.


    Le Cardinal de Rohan


    La Comtesse de la Motte

    Aidée par son secrétaire et amant
    Réteaux de Villette, remarquable faussaire,
    elle avait fait prvenir à
    Rohan un billet (imité)
    de la main de la
    Reine qui, en signe de réconciliation, lui demandait une certaine somme pour une oeuvre charitable.
    Il s'exécuta avec plaisir et de ce jour, pensant que la
    Comtesse lui était toute dévouée,
    la combla de largesses.

    Ayant eu connaissance du fameux collier que
    Böhmer et Bassange n'arrivaient pas à vendre elle conçut le plan de le faire acheter par Rohan, soi-disant pour la Reine, afin de le récupérer,
    en démonter les pierres et les vendre
    à son profit et à celui de ses comparses.


    Pour celà il fallait continuer à duper
    le
    Cardinal en lui faisant obtenir une
    (fausse) entrevue avec la
    Reine.

    Pour y parvenir, il fallait trouver "un sosie"
    de la
    Reine, un lieu discret et plausible
    pour la rencontre ainsi qu'une heure assez tardive pour que l'illusion soit parfaite.
    Le lieu ce fut un bosquet du parc de
    Versailles,
    à l'époque ouvert à tous, à la nuit tombée.
    Restait à trouver "une Reine"...

    Ce fut le Comte de la Motte
    qui s'en chargea.
    Il trouva au
    Palais-Royal, à Paris, parmi les courtisanes, une certaine Marie Legay, dite d'Oliva, qui présentait quelque ressemblance avec la Reine.

    Contre une forte somme celle-ci consentit à jouer ce rôle, ne sachant pas qu'il s'agissait d'une escroquerie mais d'un simple rendez-vous galant.


    L'entrevue eut lieu le
    11 Août 1784.



    Mademoiselle d'Oliva

    Le
    Cardinal, conduit par
    Madame de la Motte,
    crut voir la
    Reine,
    dans la semi-obscurité,
    qui lui dit quelques mots en lui remettant une rose et qui partit très vite car un soi-disant valet
    surgit en disant
    "Voici Madame et Madame la Comtesse d'Artois".

    Quelques temps après la
    Comtesse de la Motte soutira encore une forte somme à Rohan, prétextant une demande de la Reine...avec laquelle elle s'acheta une fort bellemaison
    à
    Bar-sur-Aube. !


    Restait à organiser la grosse affaire : l'achat du collier.

    A nouveau, une fausse lettre, signée
    Marie-Antoinette "de France" ( ! ) - alors que les rois et
    reines n'indiquent que leur prénom
    -, invite le
    Cardinal à acheter le collier par son intermédiaire.
    Celui-ci tout heureux et se voyant déjà Premier ministre rencontre les joailliers et leur signe
    une "lettre de change", lesquels lui remettent le collier...
    Réteaux de Villette jouant le rôle d'un valet de la Reine s'en empare.
    Le collier est aussitôt dépecé et les pierres envoyées à
    Londres pour y être vendues.
    C'est alors que
    Böhmer n'ayant aucune nouvelle se manifeste auprès de Madame Campan.

    Après maintes péripéties tous les comparses sont arrêtés.
    Madame de la Motte persiste à faire croire que c'est bien la Reine qu'a rencontré le Cardinal
    jusqu'à être convaincue de son mensonge par
    Mlle. d'Oliva retrouvée en Hollande...
    Au procès,
    où la conduite de Marie-Antoinette fut mise en accusation,
    le
    Cardinal fut mis hors de cause par le Parlement, Mlle. d'Oliva pardonnée, Réteaux de Villette banni du royaume, le Comte de la Motte, enfui, condamné par contumace.
    Quand à
    Madame de la Motte elle fut condamnée à être fouettée, marquée au fer et emprisonnée.
    (Elle s'évadera quelques mois plus tard pour l' Angleterre.)

    Note : Le fameux "mage"
    Cagliostro, en tant qu'ami du Cardinal, fut aussi accusé et emprisonné ...
    alors qu'il n'était pas en France au moment des faits ! Innocenté lui aussi, il fut libéré en même temps
    que le
    Cardinal de Rohan mais, comme celui-ci, aussi exilé !

    Si le
    Roi avait décidé, en tant que juge suprême de France, de ne pas faire d'esclande et de rendre lui-même la justice, la Reine et la Monarchie n'auraient pas été éclaboussés par ce scandale.
    La Révolution, qui éclatera quatre ans plus tard, se profile déjà !
      
    sources : http://ancre.chez-alice.fr/collier/collier.htm
      
      
      
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  • L'affaire du collier de la reine - les protagonistes

    Les protagonistes

    L’instigatrice de cette affaire fut Jeanne de Valois-Saint-Rémy qui descendait par son père du roi de France Henri II et de sa maîtresse Nicole de Savigny.

    Son enfance cependant avait été des plus misérables. Depuis Henri II, la lignée était descendue au plus bas. En 1780, Jeanne épouse à Bar-sur-Aube, un jeune officier d’apparence fort recommandable, Nicolas de La Motte, qui sert dans les gardes du corps du comte d’Artois, second frère du roi. Le ménage, peu après, se délivre de sa propre autorité le titre de comte et comtesse de La Motte. Elle va rejoindre Mme de Boulainvilliers qui lui présente son ami le cardinal Louis de Rohan-Guéménée, à qui elle fait appel financièrement. C’est là aussi qu’elle rencontre le mage Giuseppe Balsamo, qui se fait appeler comte de Cagliostro. Celui-ci gravite aussi autour du cardinal de Rohan, en lui soutirant de l’argent en échange de prétendus miracles. Il changerait, entre autres, le plomb en or et la silice en diamant !

    Elle parvient à convaincre le cardinal qu’elle a rencontré la reine Marie-Antoinette et qu’elle en est même devenue l’amie intime. Et l’amant de Mme de La Motte, Marc Rétaux de Villette (un ami de son mari), possédant un utile talent de faussaire, imite parfaitement l’écriture de la reine. Il réalise donc pour sa maîtresse de fausses lettres signées Marie-Antoinette de France (alors qu’elle ne signait, bien sûr, que Marie-Antoinette, les reines de France ne signaient que de leur prénom, et en tout état de cause, Marie-Antoinette n’était pas de France mais de Lorraine d’Autriche...). La comtesse va ainsi entretenir une fausse correspondance, dont elle est la messagère, entre la reine et le cardinal dont le but serait de les réconcilier.

    La reine et le cardinal ont, en effet, un vieux contentieux : en 1773 le cardinal, qui était alors ambassadeur de France à Vienne, s’était aperçu que la mère de Marie-Antoinette, jouait un double jeu et préparait en sous main le démantèlement de la Pologne, de concert avec la Prusse et la Russie. Il avait écrit une lettre à Louis XV pour l’en avertir, lettre qui avait été détournée par le duc d’Aiguillon, ministre des Affaires Étrangères, qui l’avait remise à la comtesse du Barry, favorite de Louis XV, détestée par Marie-Antoinette. La comtesse l’avait lue publiquement dans un dîner, et circonstance aggravante, le ton de cette lettre était ironique et très irrespectueux envers l’Impératrice. D’autre part, la vie dissolue du cardinal à Vienne avait scandalisé la pieuse Marie-Thérèse horrifiée de voir un prince de l’Eglise se comporter de cette façon. L’Impératrice avait demandé à Versailles le rappel de cet ambassadeur peu convenable et l’avait obtenu.

    Depuis ces épisodes, la reine, fidèle à la mémoire de sa mère, était plus qu’en froid avec le cardinal. Ce dernier se désespérait de cette hostilité. La comtesse de La Motte fit espérer au cardinal un retour en grâce auprès de la souveraine. Ayant de gros besoins d’argent, elle commença par lui soutirer au nom de la reine 60 000 livres (en deux versements), qu’il était trop heureux d’accorder tandis que la comtesse lui fournissait des fausses lettres reconnaissantes, de plus en plus bienveillantes, de la reine, annonçant la réconciliation espérée, tout en repoussant indéfiniment les rendez-vous successifs demandés par le cardinal pour s’en assurer.

    Or, le comte de la Motte a très opportunément découvert qu’une prostituée,  opérant au Palais Royal, s’est forgé une jolie réputation due à sa ressemblance étonnante avec Marie-Antoinette. Ses clients l’ont d’ailleurs surnommée la petite reine. Mme de La Motte la reçoit et la convainc de bien vouloir, contre une généreuse somme, jouer le rôle d’une grande dame recevant en catimini un ami, dans le but de jouer un tour.

    Le 11 août 1784, le cardinal se voit donc enfin confirmer un rendez-vous au Bosquet de Vénus à onze heures du soir. Là, Nicole d’Oliva, déguisée en Marie-Antoinette, le visage enveloppé d’une gaze légère, l’accueille avec une rose et lui murmure un « Vous savez ce que cela signifie. Vous pouvez compter que le passé sera oublié ». Avant que le cardinal ne puisse poursuivre la conversation, Mme de La Motte apparaît, signalant que les comtesses de Provence et d’Artois, belles-soeurs de la reine, sont en train d’approcher. Ce contretemps abrège l’entretien. Le lendemain, le cardinal reçoit une lettre de la « reine », regrettant la brièveté de la rencontre. Le cardinal est définitivement conquis, sa reconnaissance et sa confiance aveugle en la comtesse de La Motte deviennent plus que jamais inébranlables.

    Jusqu’ici, la comtesse de la Motte se bornait, on le voit, à l’abus de confiance d’assez petite envergure. Mais, désormais toute-puissante sur l’esprit du cardinal, et jouant sur la réputation de passion de la reine pour les bijoux, Mme de La Motte va entreprendre le coup de sa vie, en escroquant cette fois le cardinal pour la somme fabuleuse de 1,6 million de livres.

    L’escroquerie

    Le 28 décembre 1784, se présentant toujours comme une amie intime de la reine, elle rencontre le bijoutier qui lui montre le collier. Tout de suite elle imagine un plan pour entrer en sa possession. Elle déclare au joaillier qu’elle va intervenir pour convaincre la reine d’acheter le bijou, mais par le biais d’un prête-nom. De fait, le cardinal de Rohan reçoit bientôt une nouvelle lettre, toujours signée « Marie-Antoinette de France », dans laquelle la reine lui explique que ne pouvant se permettre d’acquérir ouvertement le bijou, elle lui fait demander de lui servir d’entremetteur, s’engageant à le rembourser en versements étalés dans le temps – quatre versements de 400 000 livres – et lui octroyant pleins pouvoirs dans cette affaire.

    En outre la comtesse s’est ménagé la complicité de Cagliostro, dont le cardinal est fanatique. Le mage fait annoncer les suites les plus fabuleuses pour le prélat s’il se prête à cette affaire. Convaincu, le cardinal signe les quatre traites et se fait livrer le bijou qu’il va porter le soir même à Mme de La Motte à Versailles. Devant lui, elle le transmet à un prétendu valet de pied portant la livrée de la reine (qui n’est autre que Rétaux de Villette). Pour avoir favorisé cette négociation, l’intrigante bénéficiera même de cadeaux du joaillier.

    Immédiatement les escrocs ont démonté le collier et commencé à revendre les pierres. Rétaux de Villette a quelques ennuis en négociant les siennes. Leur qualité est telle, et, pressé par le temps, il les négocie si en-dessous de leur valeur, que des diamantaires juifs soupçonnent le fruit d’un vol et le dénoncent. Il parvient à prouver sa bonne foi et part à Bruxelles vendre ce qu'il lui reste. Le comte de La Motte part de son côté proposer les plus beaux diamants à deux bijoutiers anglais de Londres. Ceux-ci, pour les mêmes raisons que leurs collègues israélites, flairent le coup fourré. Ils envoient un émissaire à Paris : mais aucun vol de bijoux de cette valeur n’étant connu, ils les achètent, rassurés.

    Pendant ce temps, la première échéance est attendue par le joaillier et le cardinal pour le 1er août. Toutefois, l’artisan et le prélat s’étonnent de constater qu’en attendant, la reine ne porte pas le collier. Mme de La Motte les assure qu’une grande occasion ne s’est pas encore présentée, et que d’ici-là, si on leur parle du collier, ils doivent répondre qu’il a été vendu au sultan de Constantinople. En juillet cependant, la première échéance approchant, le moment est venu pour la comtesse de gagner du temps. Elle demande au cardinal de trouver des prêteurs pour aider la reine à rembourser. Elle aurait, en effet, du mal à trouver les 400 000 livres qu’elle doit à cette échéance. Mais le bijoutier ayant eu vent des difficultés de paiement qui s’annoncent, il se rend directement chez la première femme de chambre de Marie-Antoinette, Mme Campan, et évoque l’affaire avec elle. Celle-ci tombe des nues et naturellement va immédiatement rapporter à la reine son entretien avec Boehmer. Marie-Antoinette, pour qui l’affaire est incompréhensible, charge le baron de Breteuil, ministre de la Maison du roi, de tirer les choses au clair. Le baron de Breteuil est un ennemi du cardinal de Rohan. Découvrant l’escroquerie dans laquelle le cardinal est impliqué, il se frotte les mains, et compte bien lui donner toute la publicité possible.

    Le scandale

    La prétendue comtesse, sentant les soupçons, s’est entre-temps arrangée pour procurer au cardinal un premier versement de 30 000 livres. Mais ce versement, d’ailleurs dérisoire, est désormais inutile. L’affaire va éclater aux yeux de la Cour ébahie. Le roi est prévenu le 14 août. Le 15 août, alors que le cardinal – qui est également grand-aumônier de France – s’apprête à célébrer en grande pompe la messe dans la chapelle de Versailles, est convoqué dans les appartements du roi. Il se voit sommé d’expliquer le dossier constitué contre lui. Le naïf prélat est atterré de comprendre qu’il a été berné depuis le début par la comtesse de La Motte. Il envoie chercher les lettres de la «reine». Le roi explose : « Comment un prince de la maison de Rohan, grand-aumônier de France, a-t-il pu croire un instant à des lettres signées Marie-Antoinette de France ! ». La reine ajoute : « Et comment avez-vous pu croire que moi, qui ne vous ai pas adressé la parole depuis 15 ans, j’aurais pu m’adresser à vous pour une affaire de cette nature ? ». Le cardinal tente de s’expliquer. « Mon cousin, je vous préviens que vous allez être arrêté. », lui dit le roi. Le cardinal supplie le roi de lui épargner cette humiliation, il invoque la dignité de l’Église, le souvenir de sa cousine la comtesse de Marsan qui a élevé Louis XVI. Le roi est assurément ébranlé par cet appel à la clémence, mais se reprend devant les larmes de la reine. Il se retourne vers le cardinal : « Je fais ce que je dois, et comme roi, et comme mari. Sortez. » (Cf. Funck-Brentano, op. cit.)

    Le cardinal quitte le cabinet du roi et repasse, chancelant et « pâle comme la mort », dans la galerie des Glaces. Au moment où le cardinal paraît, le baron de Breteuil lance : « Qu’on arrête Monsieur le cardinal ! ». La stupéfaction et le scandale sont immenses.

    Le cardinal est emprisonné à la Bastille. Il commence immédiatement à rembourser les sommes dues, en vendant ses biens propres, dont son château de Coupvray (à la fin du XIXe siècle, les descendants de ses héritiers continueront de rembourser sporadiquement par fractions les descendants du joaillier). La comtesse de La Motte est arrêtée, son mari s’enfuit à Londres avec les derniers diamants, Rétaux de Villette étant déjà en Suisse. On interpelle aussi Cagliostro et Nicole d’Oliva.

    Le procès

    Le roi laisse au cardinal le choix de la juridiction qui aura à se prononcer sur son cas : ou bien s’en remettre directement au jugement du roi, ou être traduit devant le Parlement de Paris. Ce qui s’avère fort malhabile de la part de Louis XVI : le cardinal décidant de mettre l’affaire dans les mains du Parlement qui est toujours, plus ou moins, en fronde contre l’autorité royale.

    Le cardinal est acquitté. La prétendue comtesse de La Motte, elle, est condamnée à la prison à perpétuité à la Salpêtrière, après avoir été fouettée et marquée au fer rouge sur les deux épaules du « V » de « voleuse » (elle se débattra tant que l’un des « V » sera finalement appliqué sur son sein). Son mari est condamné aux galères à perpétuité par contumace, et Rétaux de Villette est banni. Enfin, Nicole d’Oliva fut mise hors de cause, Cagliostro après avoir été embastillé fut bientôt expulsé de France (1786).

    Marie-Antoinette est au comble de l’humiliation. Elle prend l’acquittement du cardinal comme un camouflet. De la part des juges, cet acquittement signifie qu’on ne saurait tenir rigueur au cardinal d’avoir cru que la reine lui envoyait des billets doux, lui accordait des rendez-vous galants dans le parc de Versailles et achetait des bijoux pharaoniques par le biais d’hommes de paille en cachette du roi. C’était sous-entendre que de telles frasques n'auraient rien eu d'invraisemblable de la part de la reine. Et c’est bien dans cet esprit que le jugement fut rendu, et pris dans l’opinion.

    La reine obtient donc du roi qu’il exile le cardinal de Rohan après l’avoir démis de son poste de grand aumônier. Il restera trois mois dans cette abbaye, après quoi il ira sous des cieux plus cléments, à l’abbaye de Marmoutier près de Tours.

    Retentissement

    On ne saurait mieux résumer le résultat de cette affaire que par l'exclamation d'un magistrat du Parlement de Paris au lendemain du verdict : « Un cardinal escroc, la reine impliquée dans une affaire de faux ! Que de fange sur la crosse et le sceptre ! Quel triomphe pour les idées de liberté ! »...

    Bien que Marie-Antoinette ait été, d’un bout à l’autre, absolument étrangère à toute cette affaire, l’opinion publique ne voulut pas croire à l’innocence de la reine. Accusée depuis longtemps de participer, par ses dépenses excessives, au déficit du budget du royaume, elle subit à cette occasion une avalanche d’opprobres sans précédent. Les libellistes laissèrent libre cours aux calomnies dans des pamphlets où la reine se faisait offrir des diamants pour prix de ses amours avec le cardinal. Bien pire, Mme de la Motte, parvenue à s'évader de La Salpêtrière, publie à Londres un immonde récit, dans lequel elle raconte sa liaison avec Marie-Antoinette, la complicité de celle-ci depuis le début de l'affaire et jusqu'à son intervention dans l'évasion. Elle décédera à Londres, malencontreusement tombée d’une fenêtre (suicide ou exécution ?).

    Source http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_du_collier_de_la_reine 

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    TIBET

      

    L'affaire du collier de la Reine - l'histoire d'une escroquerie... au XVIIIè sièce.. pour les passionnés uniquement.

      

    L’affaire du collier de la reine est une escroquerie qui eut pour victime, en 1785, le cardinal de Rohan, évêque de Strasbourg, et qui éclaboussa la réputation de la reine Marie-Antoinette.

      

    L’instigatrice de cette affaire fut Jeanne de Valois-Saint-Rémy, qui descendait par son père du roi de France Henri II et de sa maîtresse Nicole de Savigny. En tant que descendante des Valois, fait attesté officiellement par d’Hozier, généalogiste du roi, elle touchait d’ailleurs une pension de Louis XVI.

    Article détaillé : Jeanne de Valois-Saint-Rémy.

     

      

    Son enfance cependant avait été des plus misérables.

    Depuis Henri II, la lignée était descendue au plus bas. Son père avait épousé une paysanne, qu’il laissa bientôt veuve. Jeanne était envoyée mendier sur les chemins par sa mère, en demandant « la charité pour une pauvre orpheline du sang des Valois ».

     

    Une dame charitable, la bonne marquise de Boulainvilliers, étonnée par cette histoire, prit des renseignements, et vérifications faites, entreprit les démarches pour lui obtenir une pension du roi, et lui fera donner une bonne éducation dans un couvent situé près de Montgeron.

     

    En 1780, Jeanne épouse à Bar-sur-Aube, un jeune officier d’apparence fort recommandable, Nicolas de La Motte, qui sert dans les gardes du corps du comte d’Artois, second frère du roi. Le ménage, peu après, se délivre de sa propre autorité le titre de comte et comtesse de La Motte. Jeanne ne se fait plus désormais appeler que comtesse de La Motte-Valois.

     

    À cette date, elle fait un voyage à Saverne, rejoindre Mme de Boulainvilliers qui lui présente son ami le cardinal Louis de Rohan-Guéménée, à qui elle fait appel financièrement pour sortir de la misère avec laquelle elle continue de se débattre plus ou moins.

     

    Marie-Antoinette en 1787, par Élisabeth Vigée-Le Brun

      

      

    C’est là aussi qu’elle rencontre le mage Joseph Balsamo, qui se fait appeler comte de Cagliostro. Celui-ci gravite aussi autour du cardinal de Rohan, en lui soutirant de l’argent en échange de prétendus miracles. Il changerait, entre autres, le plomb en or et la silice en diamant !

     

    Profitant de ce que Versailles est largement accessible au public, Mme de La Motte tente de se mêler à la Cour. Elle parvient à convaincre le cardinal qu’elle a rencontré la reine Marie-Antoinette et qu’elle en est même devenue l’amie intime.

     

    Et l’amant de Mme de La Motte, Marc Rétaux de Villette (un ami de son mari), possédant un utile talent de faussaire, imite parfaitement l’écriture de la reine.

     

    Il réalise donc pour sa maîtresse de fausses lettres signées Marie-Antoinette de France (alors qu’elle ne signait, bien sûr, que Marie-Antoinette, les reines de France ne signaient que de leur prénom, et en tout état de cause, Marie-Antoinette n’était pas de France mais de Lorraine d’Autriche...).

     

    La comtesse va ainsi entretenir une fausse correspondance, dont elle est la messagère, entre la reine et le cardinal dont le but serait de les réconcilier.

     

    La reine et le cardinal ont, en effet, un vieux contentieux : en 1773 le cardinal, qui était alors ambassadeur de France à Vienne, s’était aperçu que l’Impératrice Marie-Thérèse, la mère de Marie-Antoinette, jouait un double jeu et préparait en sous main le démantèlement de la Pologne, de concert avec la Prusse et la Russie.

     

    Il avait écrit une lettre à Louis XV pour l’en avertir, lettre qui avait été détournée par le duc d’Aiguillon, ministre des Affaires Étrangères, qui l’avait remise à la comtesse du Barry, favorite de Louis XV, détestée par Marie-Antoinette.

     

    La comtesse l’avait lue publiquement dans un dîner, et circonstance aggravante, le ton de cette lettre était ironique et très irrespectueux envers l’Impératrice (le cardinal la dépeignait notamment, « tenant d’une main un mouchoir pour essuyer les larmes qu’elle versait à propos du démantèlement de la Pologne, et de l’autre main un

    couteau pour couper sa part du gâteau »...).

     

    D’autre part, la vie dissolue du cardinal à Vienne, ses dépenses effrénées, ses maîtresses affichées, ses parties de chasse fastueuses en tenue laïque, avaient scandalisé la pieuse Marie-Thérèse horrifiée de voir un représentant du Roi Très-Chrétien et surtout un prince de l’Eglise se comporter de cette façon. On l’avait même vu un jour couper à cheval une procession de la Fête-Dieu.

     

    L’Impératrice avait demandé à Versailles le rappel de cet ambassadeur peu convenable et l’avait obtenu.

     

    Depuis ces épisodes, la reine, fidèle à la mémoire de sa mère, était plus qu’en froid avec le cardinal. Ce dernier se désespérait de cette hostilité. La comtesse de La Motte fit espérer au cardinal un retour en grâce auprès de la souveraine.

      

     épi010

    Ayant de gros besoins d’argent, elle commença par lui soutirer au nom de la reine 60 000 livres (en deux versements), qu’il était trop heureux d’accorder tandis que la comtesse lui fournissait des fausses lettres reconnaissantes, de plus en plus bienveillantes, de la reine, annonçant la réconciliation espérée, tout en repoussant indéfiniment les rendez-vous successifs demandés par le cardinal pour s’en assurer.

     

    Or, le comte de la Motte a très opportunément découvert qu’une prostituée, Nicole d’Oliva, opérant au Palais Royal, s’est forgé une jolie réputation due à sa ressemblance étonnante avec Marie-Antoinette. Ses clients l’ont d’ailleurs surnommée la petite reine. Mme de La Motte la reçoit et la convainc de bien vouloir, contre une généreuse somme, jouer le rôle d’une grande dame recevant en catimini un ami, dans le but de jouer un tour.

     

    Le 11 août 1784, le cardinal se voit donc enfin confirmer un rendez-vous au Bosquet de Vénus à onze heures du soir. Là, Nicole d’Oliva, déguisée en Marie-Antoinette, le visage enveloppé d’une gaze légère, l’accueille avec une rose et lui murmure un « Vous savez ce que cela signifie. Vous pouvez compter que le passé sera oublié ».

     

    Avant que le cardinal ne puisse poursuivre la conversation, Mme de La Motte apparaît, signalant que les comtesses de Provence et d’Artois, belles-soeurs de la reine, sont en train d’approcher. Ce contretemps abrège l’entretien. Le lendemain, le cardinal reçoit une lettre de la « reine », regrettant la brièveté de la rencontre. Le cardinal est définitivement conquis, sa reconnaissance et sa confiance aveugle en la comtesse de La Motte deviennent plus que jamais inébranlables.

     

    Jusqu’ici, la comtesse de la Motte se bornait, on le voit, à l’abus de confiance d’assez petite envergure. Mais, désormais toute-puissante sur l’esprit du cardinal, et jouant sur la réputation de passion de la reine pour les bijoux, Mme de La Motte va entreprendre le coup de sa vie, en escroquant cette fois le cardinal pour la somme fabuleuse de 1,6 million de livres.

      

    L’escroquerie :

     

    Le 28 décembre 1784, se présentant toujours comme une amie intime de la reine, elle rencontre le bijoutier qui lui montre le collier. Tout de suite elle imagine un plan pour entrer en sa possession. Elle déclare au joaillier qu’elle va intervenir pour convaincre la reine d’acheter le bijou, mais par le biais d’un prête-nom.

     

     

    De fait, le cardinal de Rohan reçoit bientôt une nouvelle lettre, toujours signée « Marie-Antoinette de France », dans laquelle la reine lui explique que ne pouvant se permettre d’acquérir ouvertement le bijou, elle lui fait demander de lui servir d’entremetteur, s’engageant à le rembourser en versements étalés dans le temps – quatre versements de 400 000 livres – et lui octroyant pleins pouvoirs dans cette affaire.

     

      

    En outre la comtesse s’est ménagé la complicité de Cagliostro, dont le cardinal est fanatique (il ira jusqu’à déclarer « Cagliostro est Dieu lui-même! »). Devant le cardinal, le mage fait annoncer par un enfant médium un oracle dévoilant les suites les plus fabuleuses pour le prélat s’il se prête à cette affaire. La reconnaissance de la reine ne connaîtra plus de bornes, les faveurs pleuvront sur la tête du cardinal, la reine le fera nommer par le roi premier ministre.

     

    Le 1er février 1785, convaincu, le cardinal signe les quatre traites et se fait livrer le bijou qu’il va porter le soir même à Mme de La Motte à Versailles. Devant lui, elle le transmet à un prétendu valet de pied portant la livrée de la reine (qui n’est autre que Rétaux de Villette). Pour avoir favorisé cette négociation, l’intrigante bénéficiera même de cadeaux du joaillier.

     

    Immédiatement les escrocs ont démonté le collier et commencé à revendre les pierres. Rétaux de Villette a quelques ennuis en négociant les siennes. Leur qualité est telle, et, pressé par le temps, il les négocie si en dessous de leur valeur, que des diamantaires juifs soupçonnent le fruit d’un vol et le dénoncent. Il parvient à prouver sa bonne foi et part à Bruxelles vendre ce qu'il lui reste.

     

    Le comte de La Motte part de son côté proposer les plus beaux diamants à deux bijoutiers anglais de Londres. Ceux-ci, pour les mêmes raisons que leurs collègues israélites, flairent le coup fourré. Ils envoient un émissaire à Paris : mais aucun vol de bijoux de cette valeur n’étant connu, ils les achètent, rassurés. Les dernières pierres sont donc vendues à Londres.

     

    Pendant ce temps, la première échéance est attendue par le joaillier et le cardinal pour le 1er août. Toutefois, l’artisan et le prélat s’étonnent de constater qu’en attendant, la reine ne porte pas le collier. Mme de La Motte les assure qu’une grande occasion ne s’est pas encore présentée, et que d’ici-là, si on leur parle du collier, ils doivent répondre qu’il a été vendu au sultan de Constantinople.

     

    En juillet cependant, la première échéance approchant, le moment est venu pour la comtesse de gagner du temps. Elle demande au cardinal de trouver des prêteurs pour aider la reine à rembourser. Elle aurait, en effet, du mal à trouver les 400 000 livres qu’elle doit à cette échéance. Mais le bijoutier va précipiter le dénouement. Ayant eu vent des difficultés de paiement qui s’annoncent, il se rend directement chez la première femme de chambre de Marie-Antoinette, Mme Campan, et évoque l’affaire avec elle.

     

    Celle-ci tombe des nues et naturellement va immédiatement rapporter à la reine son entretien avec Boehmer. Marie-Antoinette, pour qui l’affaire est incompréhensible, charge le baron de Breteuil, ministre de la Maison du roi, de tirer les choses au clair. Le baron de Breteuil est un ennemi du cardinal de Rohan. Découvrant l’escroquerie dans laquelle le cardinal est impliqué, il se frotte les mains, et compte bien lui donner toute la publicité possible.

      

    Le scandale :

     

    La prétendue comtesse, sentant les soupçons, s’est entre-temps arrangée pour procurer au cardinal un premier versement de 30 000 livres. Mais ce versement, d’ailleurs dérisoire, est désormais inutile. L’affaire va éclater aux yeux de la Cour ébahie. Le roi est prévenu le 14 août. Le 15 août, alors que le cardinal – qui est également grand-aumônier de France – s’apprête à célébrer en grande pompe la messe de l’Assomption dans la chapelle de Versailles, il est convoqué dans les appartements du roi. Il se voit sommé d’expliquer le dossier constitué contre lui. Le naïf prélat est atterré de comprendre qu’il a été berné depuis le début par la comtesse de La Motte.

     

    Il envoie chercher les lettres de la «reine». Le roi explose : « Comment un prince de la maison de Rohan, grand-aumônier de France, a-t-il pu croire un instant à des lettres signées Marie-Antoinette de France ! ». La reine ajoute : « Et comment avez-vous pu croire que moi, qui ne vous ai pas adressé la parole depuis 15 ans, j’aurais pu m’adresser à vous pour une affaire de cette nature ? ».

     

    Le cardinal tente de s’expliquer. « Mon cousin, je vous préviens que vous allez être arrêté. », lui dit le roi. Le cardinal supplie le roi de lui épargner cette humiliation, il invoque la dignité de l’Église, le souvenir de sa cousine la comtesse de Marsan qui a élevé Louis XVI. Le roi est assurément ébranlé par cet appel à la clémence, mais se reprend devant les larmes de la reine.

     

    Il se retourne vers le cardinal : « Je fais ce que je dois, et comme roi, et comme mari. Sortez. » (Cf. Funck-Brentano, op. cit.)

     

    Le cardinal quitte le cabinet du roi et repasse, chancelant et « pâle comme la mort », dans la galerie des Glaces. Au moment où le cardinal paraît, le baron de Breteuil lance : « Qu’on arrête Monsieur le cardinal ! ». La stupéfaction et le scandale sont immenses.

     

    Le cardinal est emprisonné à la Bastille. Il commence immédiatement à rembourser les sommes dues, en vendant ses biens propres, dont son château de Coupvray (à la fin du XIXe siècle, les descendants de ses héritiers continueront de rembourser sporadiquement par fractions les descendants du joaillier). La comtesse de La Motte est arrêtée, son mari s’enfuit à Londres avec les derniers diamants, Rétaux de Villette étant déjà en Suisse. On interpelle aussi Cagliostro et Nicole d’Oliva.

    Le procès .

     

    Le roi laisse au cardinal le choix de la juridiction qui aura à se prononcer sur son cas : ou bien s’en remettre directement au jugement du roi, ou être traduit devant le Parlement de Paris. Ce qui s’avère fort malhabile de la part de Louis XVI : le cardinal décidant de mettre l’affaire dans les mains du Parlement qui est toujours, plus ou moins, en fronde contre l’autorité royale.

     

    Le 22 mai 1786, le procès s’ouvre devant le Parlement, qui le 30 rend son verdict. Le cardinal est acquitté. La prétendue comtesse de La Motte, elle, est condamnée à la prison à perpétuité à la Salpêtrière, après avoir été fouettée et marquée au fer rouge sur les deux épaules du « V » de « voleuse » (elle se débattra tant que l’un des « V » sera finalement appliqué sur son sein).

     

    Son mari est condamné aux galères à perpétuité par contumace, et Rétaux de Villette est banni. Enfin, Nicole d’Oliva fut mise hors de cause, Cagliostro après avoir été embastillé puis soutenu par Jacques Duval d'Eprémesnil, défendu par le brillant avocat Jean-Charles Thilorier, fut bientôt expulsé de France (1786).

     

    Marie-Antoinette est au comble de l’humiliation. Elle prend l’acquittement du cardinal comme un camouflet. De la part des juges, cet acquittement signifie qu’on ne saurait tenir rigueur au cardinal d’avoir cru que la reine lui envoyait des billets doux, lui accordait des rendez-vous galants dans le parc de Versailles et achetait des bijoux pharaoniques par le biais d’hommes de paille en cachette du roi.

     

    C’était sous-entendre que de telles frasques n'auraient rien eu d'invraisemblable de la part de la reine. Et c’est bien dans cet esprit que le jugement fut rendu, et pris dans l’opinion.

     

    La reine obtient donc du roi qu’il exile le cardinal de Rohan à l'abbaye de la Chaise-Dieu, l’une des abbayes en commende du cardinal, après l’avoir démis de son poste de grand aumônier. Il restera trois mois dans cette abbaye, après quoi il ira sous des cieux plus cléments, à l’abbaye de Marmoutier près de Tours. Ce n’est qu’au bout de trois ans, le 17 mars 1788, que le roi l’autorisera à retrouver son diocèse de Strasbourg.

    Retentissement [modifier]

     

    On ne saurait mieux résumer le résultat de cette affaire que par l'exclamation d'un magistrat du Parlement de Paris au lendemain du verdict : « Un cardinal escroc, la reine impliquée dans une affaire de faux ! Que de fange sur la crosse et le sceptre ! Quel triomphe pour les idées de liberté ! »...

     

    Bien que Marie-Antoinette ait été, d’un bout à l’autre, absolument étrangère à toute cette affaire, l’opinion publique ne voulut pas croire à l’innocence de la reine. Accusée depuis longtemps de participer, par ses dépenses excessives, au déficit du budget du royaume, elle subit à cette occasion une avalanche d’opprobres sans précédent.

     

    Les libellistes laissèrent libre cours aux calomnies dans des pamphlets où la reine se faisait offrir des diamants pour prix de ses amours avec le cardinal. Bien pire, Mme de la Motte, parvenue à s'évader de La Salpêtrière, publie à Londres un récit, dans lequel elle raconte sa liaison avec Marie-Antoinette, la complicité de celle-ci depuis le début de l'affaire et jusqu'à son intervention dans l'évasion.

     

    Par le discrédit qu'il jeta sur la Cour dans une opinion déjà très hostile, ce scandale aura indirectement sa part de responsabilités dans la chute de la royauté quatre ans plus tard et dans le déclenchement de la Révolution. « Cet évènement me remplit d'épouvante », écrit Goethe dans sa correspondance, « comme l'aurait fait la tête de Méduse ».

     

    Peu après, il ajoutera : « Ces intrigues détruisirent la dignité royale. Aussi l’histoire du collier forme-t-elle la préface immédiate de la Révolution. Elle en est le fondement... », (Cf. Le Grand Cophte (1790), pièce inspirée à Goethe par l’histoire de Cagliostro).

     

    Elle inspira en outre le roman le Collier de la reine à Alexandre Dumas et donna lieu à un film de Marcel L'Herbier. Sacha Guitry narre également l’épisode dans Si Versailles m'était conté...

      

      

      

      

      

      

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    Le fameux "collier de la reine".


     
    La façon dont le cinéma fabrique l'image des reines est révélateur de l'image que les sociétés modernes s'en font, selon les époques, les pays, l'idéologie qui guide le cinéaste...
    Les reines et en particulier les reines de France ne sont jamais portées aux nues; en revanche, elles sont le plus souvent dénudées et en cela, traitées pour la plupart davantage comme des dévergondées, des perverses polymorphes, que comme des princesses de contes de fées ou plus historiquement, comme des pions sur un échiquier politique ou plus simplement des femmes dont le destin sacré était d'assurer l'avenir de la dynastie en donnant naissance à un enfant mâle.



    MARIE-ANTOINETTE




    La reine Marie-Antoinette occupe une place privilégiée au cinéma qui s'en est emparée pour la cuisiner à toutes les sauces; sans doute à cause de sa fin tragique qui laisse un mauvais goût de culpabilité dans la mémoire de nombreux Français, mais aussi des Américains...En effet, Louis XVI et son ministre des Affaires Étrangères, le comte de Vergennes, aida efficacement les Insurgés: les États-Unis d'Amérique sont nés grâce à l'aide de la France.


    Le mariage de Louis XVI et Marie-Antoinette devait sceller la paix entre la France et l'Empire des Habsbourg; cela commença comme un conte de fée et se termina en cauchemar.



    Jamais reine de France ne fut aussi calomniée: à travers elle, les révolutionnaires les plus extrémistes mais aussi certains membres de la Cour voulaient atteindre le roi; en atteignant le roi, ils affaiblissaient une des plus anciennes et des plus prestigieuses monarchies d'Europe.





    Michèle Morgan (1954) fut sans doute, par son élégance naturelle, la meilleure actrice pour interpréter le rôle de cette infortunée reine.






    Un chef d'œuvre signé Delannoy.


    Kirsten Dunst. Sony Pictures Entertainment


    Et Kirsten Dunst, ...dans le Marie-Antoinette de Sofia Coppola (2006): portrait rose pop d'une jeune étrangère égarée dans la cour très guindée de Versailles.


    Kirsten Dunst. Sony Pictures Entertainment






    Charlotte de Turkheim en Marie-Antoinette dans "Jefferson à Paris" (1995).
    Un faux air de famille entre l'actrice d'origine aristocratique et celle que les Parisiens de l'époque appelaient avec mépris "l'Autrichienne".





    Un chef-d'œuvre signé Pierre Granier-Deferre: L'Autrichienne (1990) superbement interprétée par Ute Lemper qui nous restitue toute la majesté dans la douleur d'une reine prête à affronter son terrible destin...
    "La veuve Capet", ainsi nommée par le Tribunal révolutionnaire, demeure, contre vents et marées "Maria Antonia von Habsburg, archiduchesse d'Autriche & de Lorraine, reine de France & de Navarre".
    Même la bêtise et la méchanceté ne peuvent diminuer la noblesse d'une âme.

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