• NAPOLEON Ier

     

     

     

     

     

    Joséphine , Impératrice des Français.
    née Marie-Josèphe Rose Tascher de la Pagerie
    (Martinique, 1763 - Malmaison, 1814)

      

      

    Portrait de Joséphine
    par Constant (1)
    1er valet de chambre de l'Empereur

     

     

     
    "L'impératrice Joséphine était d'une taille moyenne, modelée avec une rare perfection ; elle avait dans les mouvements une souplesse, une légèreté qui donnait à sa démarche quelque chose d'aérien, sans exclure toutefois la majesté d'une souveraine.
      
    Sa physionomie est expressive suivait toutes les impressions de son âme sans jamais perdre aux douceurs charmantes qui en faisait le fond. Dans le plaisir comme dans la douleur elle était belle à regarder : on souriait malgré soi en la voyant sourire ; si elle était triste, on l'était aussi. Jamais femme ne justifia mieux qu'elle cette expression que les yeux sont le miroir de l'âme.
      
    Les siens, d'un bleu foncé était presque toujours à demi fermés par ces longues paupières légèrement arquées, et bordées des plus beaux cils du monde ; et quant elle regardait ainsi, on se sentait entraîné vers elle par une puissance irrésistible.
      
    Il eût été difficile à l'Impératrice de donner de la sévérité à ce se séduisant regard ; mais elle pouvait, et savait au besoin le rendre imposant. Ces cheveux étaient forts beaux, longs et soyeux ; leur teinte châtain-clair se mariait admirablement à celui de sa peau, éblouissante de finesse et de fraîcheur.
      
    Au commencement de sa suprême puissance, l'impératrice aimait encore à se coiffer le matin avec un madras rouge qui lui donnait l'air de créole le plus piquant avoir.

    Mais ce qui, plus que le reste, contribuait au charme dont l'impératrice était entourée, c'était le son ravissant de sa voix. Que de fois il est arrivé à moi, comme à bien d'autres, de nous arrêter tout à coup en entendant cette voix, tout uniquement pour jouir du plaisir de l'entendre ! On ne pouvait peut-être pas dire que l'impératrice était une belle femme, mais sa figure, toute pleine de sentiment et de bonté, mais la grâce angélique répandue sur toute sa personne en faisait la femme la plus attrayante.

    Pendant son séjour à Saint-Cloud, sa majesté l'Impératrice se levait habituellement à 9 heures, et faisait sa première toilette qui durait jusqu'à 10 heures ; alors elle passait dans un salon où se trouvaient réunies les personnes qui avaient sollicité et obtenu la faveur d'une audience. Quelquefois aussi, à cette heure et dans le même salon sa majesté recevait ses fournisseurs. A 11 heures, lorsque l'empereur était absent, elle déjeunait avec sa première dame d'honneur et quelques autres dames.

    Madame de la Rochefoucauld, première dame d'honneur de l'Impératrice, était bossue et tellement petite qu'il fallait, lorsqu'elle se mettait en table, ajouter au coussin de sa chaise meublante un autre coussin fort épais en satin violet. Madame de la Rochefoucauld savait racheter ses difformités physiques par son esprit vif, brillant, mais un peu caustique, par le meilleur ton et les manières de cour les plus exquises.
      
    Après le déjeuner, l'Impératrice faisait une partie de billard, ou bien, lorsque le temps était beau, elle se promenait à pied dans les jardins ou dans le parc fermé. Cette récréation durait fort peu de temps, et sa majesté, rentrait bientôt dans ses appartements, s'occupait à broder au métier, en causant avec ces dames qui travaillaient comme elle, à quelque ouvrage d'aiguille.

    Quant il arrivait qu'on n'était pas dérangé par des visites entre deux et trois heures de l'après-midi, l'Impératrice faisait en calèche découverte une promenade au retour de laquelle avait lieu la grande toilette. Quelquefois l'Empereur y assistait.

    De temps en temps aussi, l'empereur venait surprendre sa majesté au salon. On était sûr alors de le trouver amusant, aimable et gai.

    A six heures, le dîner était servi ; mais le plus souvent l'Empereur l'oubliait et le retardait indéfiniment. Il y a plus d'un exemple de dîners mangés ainsi à neuf et dix heures du soir. Leurs majestés dînaient ensemble, seuls ou en compagnie de quelques invités, princes de la famille impériale ou ministres.
      
    Qu'il y eût concert, réception ou spectacle, à minuit tout le monde se retirait ; alors l'Impératrice qui aimait beaucoup les longues veillées, jouait au tric-trac avec un de ces Messieurs les chambellans. Le plus ordinairement c'était M. le comte de Beaumont qui avait cet honneur.

    Les jours de chasse, l'Impératrice et ces dames suivaient en Calèche. Il y avait un costume pour cela. C'était une espèce d'amazone, de couleur verte, avec une toque ornée de plumes blanches. Toutes les dames qui suivaient la chasse dînaient avec Leurs majestés.

    Quand l'impératrice venait passer la nuit dans l'appartement de l'empereur, j'entrais le matin, comme de coutume, entre sept et huit heures ; il était rare que je ne trouvasse point les augustes époux éveillés. L'Empereur me demandait ordinairement du thé ou une infusion de fleurs d'oranger, et se levait tout aussitôt.

    L'Impératrice lui disait en souriant :
    - Tu te lèves déjà ? reste encore un peu .
    - Eh bien ! tu ne dors pas ? répondait sa majesté.

    Alors il la roulait dans sa couverture, lui donnait de petites tapes sur la joue et sur les épaules, en riant et en l'embrassant.

    Au bout de quelques minutes l'Impératrice se levait à son tour, passait une robe du matin et lisait les journaux, ou descendait par le petit escalier de communication pour se rendre dans son appartement. Jamais elle ne quittait celui de sa majesté sans m'avoir adressé quelques mots qui témoignaient toujours la bonté, la bienveillance la plus touchante.

    Élégante et simple dans sa mise, l'Impératrice se soumettait avec regret à la nécessité des toilettes d'apparat ; les bijoux seulement étaient fort de son goût; elle les avait toujours aimés; aussi l'Empereur lui en donnait-il souvent et en grande quantité. C'était un bonheur pour elle de s'en servir et encore plus de les montrer.

    Bonne à l'excès, tout le monde le sait, sensible au-delà de toute expression, généreuse jusqu'à la prodigalité, l'Impératrice faisait le bonheur de tout ce qui l'entourait ; chérissant son époux avec une tendresse que rien n'a pu altérer, et qui était aussi vive à son dernier soupir qu'à l'époque où Madame de Beauharnais et le général Bonaparte se firent l'aveu mutuel de leur amour, Joséphine fut longtemps la seule femme aimée de l'empereur, et elle méritait de l'être toujours.

    Pendant quelques années, combien fut touchant l'accord de ce ménage impérial ! Plein d'attention, d'égards, d'abandon pour Joséphine, l'Empereur se plaisait à l'embrasser au cou, à la figure, en lui donnant des tapes et l'appelant ma grosse bête; tout cela ne l'empêchait pas, il est vrai, de lui faire quelques infidélités, mais sans manquer autrement à ses devoirs conjugaux. De son côté, l'Impératrice l'adorait, se tourmentait pour chercher ce qui pouvait lui plaire, pour deviner ses intentions, pour aller au devant de ses moindres désirs.

    Au commencement, elle donna de la jalousie à son époux : prévenu assez fortement contre elle pendant la campagne d'Égypte, par des rapports indiscrets, l'Empereur eut avec l'impératrice, à son retour, des explications qui ne se terminaient pas toujours sans cris et sans violences ; mais bientôt le calme renaquit et fut très rarement troublé. L'Empereur ne pouvait résister à tant d'attraits et de douceur.

    L'impératrice avait une mémoire prodigieuse que l'Empereur savait mettre à contribution fort souvent ; elle était excellente musicienne, jouait très bien de la harpe et chantait avec goût. Elle avait un tact parfait, un sentiment exquis des convenances, le jugement le plus sain, le plus infaillible qu'il fût possible d'imaginer ; d'une humeur toujours douce, toujours égale, aussi obligeante pour ses ennemis que pour ses amis, elle a ramené la paix partout où il y avait querelle ou discorde.
      Lorsque l'Empereur se fâchait avec ses frères ou avec d'autres personnes, ce qui lui arrivait fréquemment, l'Impératrice disait quelques mots et tout s'arrangeait. Quand elle demandait une grâce, il est un bien rare que l'Empereur ne l'accordât pas, quelle que fût la gravité de la faute commise; je pourrais citer mille exemples de pardons ainsi sollicités et obtenus.

    Trop généreuse et incapable de mesurer ses dépenses sur ses ressources, il arriva fort souvent que l'Impératrice se vit obligée de renvoyer ses fournisseurs les jours qu'elle avait elle-même fixés pour le paiement de leurs mémoires.
      Ceci vint une fois aux oreilles de l'Empereur et il y eut à ce sujet entre les deux augustes époux, une discussion très vive qui se termina par une décision qu'à l'avenir aucun marchand ou fournisseur ne pourrait venir au château sans une lettre de la dame d'atours ou du secrétaire des commandements.   Cette marche bien arrêtée fut suivi avec beaucoup d'exactitude jusqu'au divorce. À la suite de cette explication, l'Impératrice pleura beaucoup, promis d'être plus économe ; l'Empereur lui pardonna, l'embrassa et la paix fut faite. C'est, je crois, la dernière querelle qui troubla le ménage impérial."

    MEMOIRES DE CONSTANT, Premier valet de chambre : introduction et notes par Arnould Galopin.
    Albin Michel - Edition 1910.
      
      SOURCES : merveilleux BLOG - http://napoleon1er.perso.neuf.fr/Josephine.html  
     
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