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    L'exode de 1940





    Questions sur l'exode.

     

     

     

    Avez- vous rencontré des réfugiés au moment de l' exode?

    A la Baume de Transit, l'exode on ne l' a pas connu. Monsieur Martin précise que lui l'a vu lorsqu'il est sorti de l'hôpital après avoir été soigné d'une blessure de guerre ( un éclat dans la cuisse)dans le nord de la France.

     

     

    En mai 1940, la France a subi une horrible défaite. Tout le monde avait peur et se sauvait loin des villes .C'étaient des vieillards ,des femmes et leurs enfants qui fuyaient vers le sud . Riches ou pauvres, à la recherche d' un moyen de transport , devenus tous vulnérables , ils maudissaient ces armées ennemies qui envahissaient la France , bombardaient les villes , mitraillaient les routes , les ponts et les trains . Errant au hasard , ils ont d'abord bénéficié de la solidarité d'inconnus les nourrissant un jour , les hébergeant une nuit.

    D 'après Lucie Aubrac « La Résistance expliquée à mes petits-enfants . » Editions du seuil .

     

     

    «  Depuis la percée du front belge , au mois de mai , un flot incessant de personnes déferlait , s' amplifiait , passant pas Ablis à flux continu. Je regardais par la fenêtre . On sentait l' affolement , les gens se sauvaient. Il faisait très chaud. Plus on approchait du mois de juin, plus la marée humaine était impressionnante. »

    Témoignage de Pierrette Chappart extrait du numéro spécial l'hebdomadaire  « Toutes les nouvelles de Versailles » consacré à Libération du . N°2946 bis , juin 2004

     

     

    Témoignage de l'historien Jean-Pierre Azéma « De Munich à la libération »

     

    Mêlés à des belges , fuyant vers le Sud, les populations du Nord tentaient d' éviter le champ de bataille dans des conditions souvent dramatiques .Les routes furent submergées par un raz de marée humain qui chercha à prendre de vitesse l' avance allemande. L' ébranlement décisif fut donné par l'exode des parisiens qui débuta quand fut connue la décision du gouvernement de quitter la capitale. Au bas mot, 2 millions de personnes, surtout des vieillards , des femmes , des enfants , désertèrent la région Parisienne entre le 10 et le 14 juin,à pied, à bicyclette, dans des véhicules les plus insolites surmontés d'extravagants bardas .En principe, ils partaient vert l'Ouest pour gagner la mer ou vers le sud- Ouest.

    Les bonnes raisons de fuir ne manquaient pas : les populations des régions frontalières avaient encore en mémoire les souvenirs d' une occupation antérieure particulièrement éprouvante , d'autres redoutaient de connaître les bombardements .

    C'est cette grande peur qui leur faisait braver les risques de voir les convois bombardés ou les routes régulièrement mitraillées .

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    L’hérédité de l’adoubement et l’anoblissement

    et l’Ordre des Templiers

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    L’hérédité de l’adoubement et l’anoblissement 

      

    Fondé, vers 1119, pour la défense des colonies de Terre Sainte, l’Ordre du Temple groupait deux catégories de combattants, distinctes par le costume, les armes et le rang : en haut, les « chevaliers » ; en bas, les simples « sergents » — manteaux blancs contre manteaux bruns. Nul doute que, dès le principe, l’opposition ne répondît à une différence d’origine sociale, parmi les recrues. Cependant, rédigée en 1130, la plus ancienne Règle ne formule à cet égard aucune condition précise.

    Un état de fait, déterminé par une sorte d’opinion commune, décidait évidemment de l’admission dans l’un ou l’autre grade. Postérieure d’un peu plus d’un siècle, la seconde Règle procède, au contraire, avec une rigueur toute juridique. Pour être autorisé à revêtir le blanc manteau, il est d’abord nécessaire que le postulant, dès avant son entrée dans l’Ordre, ait été adoubé. Mais cela même ne suffit point.

    Il lui faut en outre être « fils de chevalier ou extrait de chevaliers du côté de son père » ; en d’autres termes, comme il est dit dans un autre passage, être « gentilhomme ». Car, précise encore le texte, c’est à cette condition seulement qu’un homme « doit et peut » recevoir la chevalerie. Il y a plus. Arrive‑t‑il qu’un nouveau venu, taisant sa qualité chevaleresque, se soit glissé parmi les sergents ? La vérité une fois connue, il sera mis aux fers (290). Même chez des moines soldats, en ce milieu du XIIIe siècle,p.446l’orgueil de caste, qui tient à crime toute déchéance volontaire, parlait plus haut que l’humilité chrétienne. 1130 ; 1250 ou environ : entre ces deux dates, que s’était‑il donc passé ? Rien de moins que la transformation du droit à l’adoubement en un privilège héréditaire. 

    Dans les pays où la tradition législative ne s’était point perdue ou avait repris vie, des textes réglementaires avaient précisé le droit nouveau. En 1152, une constitution de paix de Frédéric Barberousse à la fois interdit aux « rustres » le port de la lance et du glaive — armes chevaleresques — et reconnaît pour « légitime chevalier » celui-là seulement dont les ancêtres l’ont été avant lui ; une autre, en 1187, défend expressément aux fils des paysans de se faire adouber. Dès 1140, le roi Roger II de Sicile ; en 1234, le roi Jacques Ier d’Aragon ; en 1294, le comte Charles II de Provence ordonnent de n’admettre à la chevalerie que les descendants de chevaliers.

    En France, il n’était alors guère de lois. Mais la jurisprudence de la cour royale, sous Saint Louis, est formelle. De même, les coutumiers. Sauf grâce spéciale du roi, aucun adoubement ne saurait être valable si le père de l’adoubé ou son aïeul, en ligne masculine, n’ont déjà été chevaliers (peut‑être dès ce temps, en tout cas un peu plus tard, les coutumes provinciales d’une partie au moins de la Champagne accepteront cependant que cette « noblesse » puisse se transmettre par le « ventre » maternel).

    La même conception semble également à la base d’un passage, à la vérité moins clair, du grand traité de droit castillan, les Siete Partidas, que fit rédiger, vers 1260, le roi Alfonse le Sage. Rien de plus remarquable que la quasi-coïncidence dans le temps et le parfait accord de ces divers textes, à la fois entre eux et avec la règle du Temple, ordre international. Du moins sur le continent — car l’Angleterre, nous le verrons, doit être mise à part — l’évolution des hautes classes obéissait à un rythme fondamentalement uniforme (291). 

    Sans doute, lorsqu’ils élevaient expressément cette barrière, souverains et tribunaux avaient‑ils à peine le sentiment d’une innovation. De toujours, la grande majorité des adoubés avaient été pris parmi les descendants de chevaliers. Aux yeux d’une opinion de groupe de plus en plus exclusive, p.447 seule la naissance, « garante », comme devait dire Raimon Lull, « de la continuation de l’honneur ancien », paraissait habiliter à l’observation du code de vie auquel engageait la remise des armes. « Ah Dieu ! qu’il est mal récompensé le bon guerrier qui de fils de vilain fait chevalier ! » s’écrie, vers 1160, le poète de Girard de Roussillon (292).

    Cependant, le blâme même dont ces intrusions étaient l’objet prouve qu’elles n’étaient pas exceptionnelles. Aucune loi, aucune coutume ne les rendaient caduques. Elles semblaient d’ailleurs parfois presque nécessaires au recrutement des armées ; car, en vertu du même préjugé de classe, on concevait mal que le droit de combattre à cheval et équipé de pied en cap fût séparable de l’adoubement. Ne vit‑on pas encore, en 1302, à la veille de la bataille de Courtrai, les princes flamands, désireux de se faire une cavalerie, donner la colée à quelques riches bourgeois, auxquels leur richesse permettait de se procurer la monture et l’équipement nécessaires (293) ?

    Le jour où ce qui n’avait été longtemps qu’une vocation héréditaire de fait, susceptible de beaucoup d’accrocs, devint un privilège légal et rigoureux fut donc, même si les contemporains n’en eurent pas une claire conscience, une très grande date. Les profonds changements sociaux qui s’opéraient alors sur les frontières du monde chevaleresque avaient certainement beaucoup contribué à inspirer des mesures aussi draconiennes. 

    Au XIIe siècle, une nouvelle puissance était née : celle du patriciat urbain. En ces riches marchands qui, volontiers, se faisaient acquéreurs de seigneuries et dont beaucoup, pour eux‑mêmes ou pour leurs fils, n’eussent point dédaigné le « baudrier de chevalerie », les guerriers d’origine ne pouvaient manquer de percevoir des éléments beaucoup plus étrangers à leur mentalité et à leur genre de vie, beaucoup plus inquiétants aussi, par leur nombre, que les soldats de fortune ou les officiers seigneuriaux, parmi lesquels, jusque‑là, s’étaient presque exclusivement recrutés, en dehors des personnes bien nées, les candidats à l’initiation par l’épée et la colée.

    Aussi bien connaissons‑nous, par l’évêque Otton de Freising, les réactions des barons allemands devant les adoubements qu’ils jugeaient trop aisément distribués, dansp.448l’Italie du Nord, à la « gent mécanique » ; et Beaumanoir, en France, a très clairement exposé comment la poussée des nouvelles couches, empressées à placer leurs capitaux en terres, amena les rois à prendre les précautions nécessaires pour que l’achat d’un fief ne fît pas de tout enrichi l’égal d’un descendant de chevaliers. C’est quand une classe se sent menacée qu’elle tend, surtout, à se clore. 

    Gardons‑nous, toutefois, d’imaginer un obstacle, par principe, infranchissable. Une classe de puissants ne saurait se transformer, absolument, en caste héréditaire sans se condamner à exclure de ses rangs les puissances nouvelles dont l’inévitable surgissement est la loi même de la vie ; par suite, sans se vouer, en tant que force sociale, à un fatal étiolement. L’évolution de l’opinion juridique, au terme de l’ère féodale, tendit beaucoup moins, en somme, à interdire rigoureusement les admissions nouvelles qu’à les soumettre à un très strict contrôle. Tout chevalier naguère pouvait faire un chevalier.

    Ainsi pensaient encore ces trois personnages que Beaumanoir met en scène, vers la fin du XIIIe siècle. Pourvus eux‑mêmes de la chevalerie, ils manquaient d’un quatrième comparse, de même dignité, dont la présence était exigée, par la coutume, pour un acte de procédure. Qu’à cela ne tînt ! Ils happèrent en chemin un paysan et lui donnèrent la colée : « Chevalier soyez ! » A cette date, cependant, c’était retarder sur la marche du droit ; et une lourde amende fut le juste châtiment de cet anachronisme.

    Car, désormais, l’aptitude de « l’ordonné » à conférer l’ordre ne subsistait plus, dans son intégrité, que si le postulant appartenait déjà à un lignage chevaleresque. Lorsque tel n’est point le cas, l’adoubement, en vérité, demeure encore possible. Mais à condition d’être spécialement autorisé par l’unique pouvoir auquel les conceptions alors communément répandues accordaient l’exorbitante faculté de lever l’application des règles coutumières : celui du roi, seul dispensateur, comme dit Beaumanoir, des « novelletés ». 

    On l’a déjà vu, telle était, dès Saint Louis, la jurisprudence de la cour royale française. Bientôt l’habitude se prit, dans l’entourage des Capétiens, de donner à ces autorisations la forme de lettres de chancellerie désignées, presque dès le p.449 début, sous le nom de lettres d’anoblissement : car être admis à recevoir la chevalerie, n’était‑ce pas obtenir d’être assimilé aux « nobles » d’origine ? Les premiers exemples que nous possédions de ce genre de documents, promis à un si grand avenir, datent de Philippe III ou de Philippe IV.

    Parfois, le roi usait de son droit pour récompenser sur le champ de bataille, selon l’antique usage, quelque trait de bravoure : ainsi, Philippe le Bel, en faveur d’un boucher, le soir de Mons‑en‑Pevèle (294). Le plus souvent, cependant, c’était afin de reconnaître de longs services ou une situation sociale prééminente. L’acte ne permettait pas seulement de créer un nouveau chevalier ; l’aptitude à l’adoubement se transmettant, par nature, de génération en génération, il faisait, du même coup, surgir un nouveau lignage chevaleresque. La législation et la pratique siciliennes s’inspirèrent de principes tout pareils. De même, en Espagne. Dans l’Empire, les constitutions de Barberousse, à vrai dire, ne prévoient rien de tel.

    Mais nous savons, par ailleurs, que l’Empereur s’estimait en droit d’armer chevaliers de simples soldats (295) ; il ne se considérait donc pas comme lié, personnellement, par les interdictions, en apparence absolues, de ses propres lois. Aussi bien, à partir du règne suivant, l’exemple sicilien ne manqua pas d’exercer son action sur des souverains qui, pour plus d’un demi-siècle, devaient unir les deux couronnes.

    Depuis Conrad IV, qui commença à régner indépendamment en 1250, nous voyons les souverains allemands concéder, par lettres, à des personnages qui n’y étaient pas habilités de naissance, la permission de recevoir le « baudrier de chevalerie ». 

    Assurément les monarchies ne parvinrent pas sans peine à établir ce monopole. Roger II de Sicile, lui-même, fit une exception en faveur de l’abbé della Cava. En France, les nobles et les prélats de la sénéchaussée de Beaucaire prétendaient encore, en 1298, — avec quel succès ? nous ne savons — au droit de créer librement des chevaliers parmi les bourgeois (296). La résistance fut vive surtout du côté des hauts feudataires. Sous Philippe III, la cour du roi dut entamer une procédure contre les comtes de Flandre et de Nevers, coupables d’avoir, de leur propre gré, adoubé des « vilains » p.450 — qui, en réalité, étaient de fort riches personnages.

    Plus tard, dans les désordres du temps des Valois, les grands princes apanagés s’arrogèrent, avec moins de difficulté, ce privilège. Ce fut dans l’Empire, comme il était naturel, que la faculté d’ouvrir ainsi à de nouveaux venus l’accès de la chevalerie se divisa, finalement, entre le plus grand nombre de mains : princes territoriaux, comme, dès 1281, l’évêque de Strasbourg (297) ; voire, en Italie, communes urbaines, comme, dès 1260, Florence. Mais s’agissait‑il là d’autre chose que du dépècement des attributs régaliens ? Le principe qui au seul souverain reconnaissait le droit d’abaisser la barrière restait sauf. Plus grave était le cas des intrus qui, en quantité certainement considérable, mettaient à profit une situation de fait pour se glisser indûment dans les rangs chevaleresques.

    La noblesse demeurant, dans une large mesure, une classe de puissance et de genre de vie, l’opinion commune, en dépit de la loi, ne refusait guère au possesseur d’un fief militaire, au maître d’une seigneurie rurale, au guerrier vieilli sous le harnois, quelle que fût son origine, le nom de noble et, par suite, l’aptitude à l’adoubement. Puis, le titre naissant, comme à l’ordinaire, du long usage, au bout de quelques générations personne ne songeait plus à le contester à la famille ; et le seul espoir qui, au bout du compte, restât permis aux gouvernements était, en s’offrant à sanctionner cet abus, de tirer de ceux qui en avaient bénéficié un peu d’argent.

    Il n’en est pas moins vrai que, préparée au cours d’une longue gestation spontanée, la transformation de l’hérédité de pratique en hérédité juridique n’avait été rendue possible que par l’affermissement des pouvoirs monarchiques ou princiers, seuls capables à la fois d’imposer une police sociale plus rigoureuse et de régulariser, en les sanctionnant, les inévitables et salutaires passages d’ordre à ordre.

    Si le Parlement de Paris n’avait été là ou s’il avait manqué de la force nécessaire à l’exécution de ses sentences, on n’aurait vu, dans le royaume, si petit sire qui n’eût continué à distribuer, à sa volonté, la colée. 

    Il n’était alors guère d’institution qui, aux mains de gouvernements éternellement besogneux, ne se transformât, peu ou prou, en machine à faire de l’argent. Les autorisations p.451 d’adoubement n’échappèrent pas à ce sort commun. Pas plus que les autres expéditions des chancelleries, les lettres royales, à de rares exceptions près, n’étaient gratuites. Parfois aussi on payait pour ne pas avoir à prouver son origine (298).

    Mais Philippe le Bel semble avoir été le premier souverain à mettre, ouvertement, la chevalerie dans le commerce. En 1302, après la défaite de Courtrai, des commissaires parcoururent les provinces, chargés de solliciter les acheteurs d’anoblissement, en même temps que de vendre, aux serfs royaux, leur liberté. On ne voit pas, cependant, que cette pratique ait été dès ce moment, en Europe ni en France même, bien générale ou qu’elle ait beaucoup rapporté. De la « savonnette à vilains », les rois, plus tard, devaient apprendre à faire une des ressources régulières de leur trésorerie et les riches contribuables un moyen d’échapper, par une somme une fois versée, aux impôts dont la noblesse exemptait.

    Mais, jusque vers le milieu du XIVe siècle, le privilège fiscal des nobles demeura encore aussi mal défini que l’impôt d’État lui-même ; et l’esprit de corps, très puissant dans les milieux chevaleresques — auxquels les princes eux‑mêmes avaient conscience d’appartenir — n’eût guère permis, sans doute, de multiplier des faveurs ressenties comme autant d’insultes à la pureté du sang. Si le groupe des chevaliers à titre héréditaire ne s’était pas, à la rigueur, fermé, la porte n’était pourtant que faiblement entrouverte — beaucoup moins aisée à franchir certainement qu’elle ne l’avait été auparavant ou ne devait l’être, à l’avenir. D’où, la violente réaction antinobiliaire qui, en France du moins, éclata au XIVe siècle.

    De la forte constitution d’une classe et de son exclusivité peut‑on rêver symptôme plus éloquent que l’ardeur des attaques dont elle est l’objet ? « Sédition des non‑nobles contre les nobles » : le mot, presque officiellement employé au temps de la jacquerie, est révélateur.

    Non moins, l’inventaire des combattants. Riche bourgeois, premier magistrat de la première des bonnes ville, Étienne Marcel se posait, expressément, en ennemi des nobles. Sous Louis XI ou Louis XIV, il eût été, lui-même, l’un d’eux. En vérité, la période qui s’étend de 1250 à 1400 environ fut, sur lep.452continent, celle de la plus rigoureuse hiérarchisation des couches sociales.

    Marc Bloch

     


    http://classiques.uqac.ca/classiques/bloch_marc/societe_feodale/bloch_societe_feodale.rtf

     

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  • La taverne au moyen-âge

    "Maudits, vous serez maudits …" La malédiction lancée depuis son bûcher par le Grand-Maître des Templiers, Jacques de Molay, contre Philippe le Bel semble s’être étendue à tous ses sujets. Avec la Guerre de Cent ans, les campagnes sont infestées de routiers tandis que les châteaux sont dévastés par les jacques désespérés. Ne parlons pas de la grande Peste, qui emporte entre 50 000 et 80 000 Parisiens entre 1348 et 1349, un sur quatre.

    Temps de malheurs.

    Paris a peur. Les affaires ne sont plus ce qu’elles étaient pour les taverniers parisiens durant la Guerre de Cent ans. Le bon vin a disparu depuis longtemps. La picrate qu'on y sert est imbuvable et hors de prix et chacun sait que cette fripouille de tavernier la coupe avec de l’eau. On se rabat du coup sur la cervoise, que l’on brasse soi-même mais elle est aussi taxée que le vin. Dans les centaines de tavernes puantes, enfumées et graisseuses, l’heure n’est plus à la joie comme au temps des grands rois capétiens, Philippe-Auguste ou Saint-Louis. On ne parle, ni ne chante, encore moins se confie. Les espions sont partout. Il y a d’abord ceux des Anglais et de leurs alliés Bourguignons, et puis ceux des Armagnacs. Et quand la bagarre éclate, les morts d'hommes ne sont pas rares.


    La capitale est devenue un enjeu, et une ville incontrôlable tiraillée par toutes les factions qui vont s’y succéder. Et Paris veut jouer sa carte contre le Roi. Il y a eu bien sûr 1354, Etienne Marcel, prévôt des marchands qui est parvenu à coiffer le Dauphin, du chaperon blanc et bleu des Parisiens. Cela a plus de panache et de grandeur que la (Ci-dessus, Crieur de vins d'après illustration de la Bibliothèque Nationale.) conspiration des bouchers de Simon Caboche à la solde des Bourguignons. La corporation des bouchers, l’une des plus riches et puissantes de Paris avait son église Saint-Jacques la Boucherie, dont il ne reste aujourd’hui que la Tour, et ses rues aux noms évocateurs, rue de l’Ecorcherie ou de la Tuerie. L’hémoglobine est leur univers et leur aventure se termine logiquement dans le sang.

    La fin de la Guerre de Cent ans verra une renaissance de Paris qui va retrouver ses 200 000 habitants mais les artisans vont laisser place aux fonctionnaires et aux hommes de robes. La Renaissance arrive.

    Du vin tavernier pour oublier les malheurs du temps !

    Dans l’histoire du Paris Médiéval, le vin joue un rôle essentiel. On le sert dans les centaines de tavernes. Comme le sel, son transport et son commerce est un monopole. Le vin ne peut pénétrer Paris que par la Seine. Du coup, les bourgeois de Paris qui dominent les navigations sont en haut de l’échelle sociale. Ils sont chargés par le roi de nommer les crieurs qui chaque jour donnent le prix du vin dans les tavernes. Ils nomment aussi les mesureurs. Rien de plus anti-libéral et protectionniste que l’Ancien Régime.


    Que boit-on dans les tavernes Parisiennes ?

    D’abord du "Vin français" Monseigneur. C’est-à-dire du vin produit dans les environs de Paris. Tous les coteaux de la Seine sont plantés de vignes, de cépages fromentel qui donne un joli blanc et du morillon pour le rouge. Celui qui ravit le plus les palais parisiens est le vin d’Argenteuil, comme le souligne Raymond Cazelles dans son ouvrage Paris de Philippe-Auguste à Charles V (Nouvelle Histoire de Paris). On y boit aussi du Bourgogne mais les grands domaines s’attachent à limiter son extension. Mais dans tous les cas, quand le vin est tiré, il faut le boire et vite car ce n’est qu’au XIX° siècle que les techniques de conservation seront développées. Du coup, dans les tavernes parisiennes, la picrate est souvent le lot commun.


     

     

    Gentils mots contre les "taverniers qui brouillent notre vin".
    François Villon I. BALADE JOYEUSE DES TAVERNIERS.

    D'une eect de dart, d'une lance asserée,
    D'une grant faussait, d'une grosse massue,
    D'une guisarme, d'une flèche ferrée,
    D'ung bracquemait, d'une hache esmolue,
    D'ung grand penart et d'une bisagûe,
    D'ung fort espieu et d'une saqueboute ;
    De mauIx briguans puissent trouver tel route
    Que tous leurs corps fussent mis par morceaul:
    Le cueur fendu, desciré par monceaulx,
    Le col couppé d'ung bon branc acherin,
    Descirez soient de truye et de pourceaulx
    Les taverniers qui brouillent nostre vin.
    D'ung arc turcquois, d'une espée affilée
    Ayent les paillars la brouaille cousue,
    De feu gregoys la perrucque bruslée,
    Et par tempeste la cervelle espandue,
    Au grand gibet leur charongne pendue,
    Et briefvement puissent mourir de goutte,
    Ou je requiers et pry que l'on leur boute
    Parmy leur corps force d'ardans barreaulx;
    Vifs escorchez des mains de dix bourreaulx,
    Et puis bouillir en huille le matin,
    Desmembrez soient à quatre grans chevaux,
    Les taverniers qui brouillent nostre vin.
    D'un gros canon la tête escarbouillée
    Et de tonnerre acablez en la rue
    Soienttous leurs corps, etleurchair dessirée,
    De gros mastins bien garnye et pourvue,
    De torz esclers puissent perdre la veue,
    Neige et grésil tousj'ours sur eux dégoutte,
    Avecques ce ilz aient la pluye toute
    Sansquesureux ayentrobbes ne manteaulx,
    Leurs corps trenchczdc dagues et couteaulx,
    Et puis traisnez jusques en l'eau du Rin ;
    Desrompuz soient à quatre-vingts marteau Ix
    Les taverniers qui brouillen nostre vin.

     

    Cinq "escholiers" tués dans une taverne.

    Sous les Capétiens, les étudiants du Quartier Latin, qu’on appelle alors écoliers, comptent parmi les clients les plus fidèles des tavernes. Ce ne sont pas les moins turbulents. François Villon, est assez représentatif de "l'écolier" parisien.


    Paris, attire alors des jeunes de toute l’Europe. Ils se massent sur les flancs de la Montagne Sainte-Geneviève. Ils sortent armés, chahutent voire violentent les femmes, et payent moins qu’à leur tour leurs écots aux taverniers. Quand ils ont le dessus, les taverniers et leurs garçons attrapent les mauvais payeurs, les mettent nus comme des vers et les jettent dehors. L’assistance se régale davantage bien sûr quand il neige ou que le thermomètre est en dessous de 0°.

    Mais tout n’est pas aussi drôle.

    Il y a aussi des bagarres mortelles. En 1200, l’une d’entre elles débouche sur une véritable crise d’état. Le domestique d'un écolier allemand s’en était allé, le broc à la main, chercher du vin pour son patron chez le tavernier du coin. Incompréhension, dispute, ivresse, une bagarre éclate entre le tavernier appuyé par des bourgeois et des étudiants. Les hommes du prévôt, (la police) arrivent et prêtent main-forte aux bourgeois. Bilan : cinq morts parmi les écoliers. L'affaire n’en reste pas là. L’Université de Paris se met en grève. Le roi doit céder. Il fait emprisonner le prévôt tandis que les maisons des meurtriers sont démolies et leurs vignes arrachées.

    "Au bout d'un an cependant, les écoliers, bons bougres, demandèrent que le prévôt et ses hommes fussent remis en liberté, mais à la condition d'être fouettés par les " suppôts " de l'Université. Philippe répondit que son honneur ne le permettrait pas. " relatait Pierre Dominique dans un numéro du Crapouillot en 1960.

    Bien sûr, au-delà du fait divers, il y a la réelle lutte de pouvoir entre le roi et l’Université de Paris. L’université et ses clercs disposeront après ce fait divers d’un privilège spécial. Après 1200, les hommes du Prévôt n’auront plus le droit de porter la main sur un écolier sauf flagrant délit et à fortiori de pénétrer dans l’Université.

    Avec quoi buvez-vous ? Et si vous trinquiez comme nos ancêtres ? Chope, gobelet, verre, gourde, ont su traverser les époques…

    Le gobelet : connu dès l’antiquité
    Dans quoi boit-on dans les tavernes du Moyen-Age ? On trinque dans un abreuvon, un ancien terme générique qui désignait verres à boire, tasses ou gobelets. Au XIVème siècle, le gobel (récipient pour boire, en ancien provençal) remplace les abreuvons. Au XVème siècle, le gobelet s’impose sur les tables. Sa forme très simple est connue depuis l’Antiquité : il s’agit d’un verre cylindrique avec un petit pied. En France, les plus petits modèles mesurent à l’époque 4 centimètres ; les plus grands sont trois fois plus hauts. Le gobelet est d’abord réalisé en terre ou en étain. Puis en verre, gaufré, côtelé et même légèrement coloré, dans des tons verdâtres. A la fin du XVème siècle, le verre devient incolore : on parle de verre " cristallin ". Très recherché, il est alors admis sur les tables des nantis. Peu à peu, le gobelet perd son pied et gagne en richesse décorative. Tronçonnique, lourd et bien assis sur sa base, l’objet gravé ou émaillé porte des inscriptions, des dédicaces, des armoiries, voire des cènes de chasse.

    La chope : inspirée de nos voisins européens
    Grand gobelet moulé, muni d’une anse et d’un couvercle, la chope s’impose d’abord en Lorraine au début du XIVème siècle. Si les premiers modèles sont en métal, c’est simplement pour assurer une bonne solidité. Car le mot chope provient de l’alsacien schopen (puisoir de brasseur) qui a donné chopine. Cette mesure, équivalant à un demi-litre, est utilisée dans l’Est et le Nord de la France. Peu à peu, la chope prend des rondeurs, le verre s’opacifie ou est émaillé de personnages. Sa base, son couvercle et parfois son anse sont protégés par de l’étain. Une belle allure sans doute inspirée de modèles anglais.

    Le verre à jambe : longtemps un objet de luxe
    Un conseil, ne qualifiez plus de verre à pied, le verre à jambe. Car le pied, dans le langage courant, est une jambe pour les spécialistes du verre. Cette précision n’a rien d’une querelle de puristes et correspond beaucoup plus logiquement à la forme du verre. Celui-ci est composé de trois parties : la coupe (également appelée le bol), la jambe et le pied dont dépend l’aplomb. Fabriqués séparément, ces trois éléments sont ensuite assemblés. Inspiré des modèles créés à Venise, ce type d’objet a longtemps été considéré comme très luxueux. D’ailleurs, jusqu’au XVIème siècle, on ne comptait qu’un seul verre pour une table. C’est seulement dans les maisons les plus aisées que le chiffre pouvait être multiplié par trois au quatre. Jusqu’à la Révolution , les verres à boire sont posés sur les buffets. Un serviteur les apporte aux invités et les remportes vides. C’est pourquoi, pendant longtemps, il n’y avait pas de services de verres. Ils ne commenceront à apparaître qu’au XIXème siècle.

    Le verre surprise : cachait bien son jeu
    Le XIXème siècle inaugure les longs repas de famille que l’on apprécie d’animer avec quelques jeux et farces. C’est alors que l’on s’amuse avec les verres " à surprise ". La particularité de ces récipients : le liquide monte à travers un tube placé à l’intérieur du verre (le principe des vases communicants) et colore une figurine. Ces objets, très travaillés, étaient déjà connus au siècle précédent. Ils auraient été fabriqués à Nevers (Nièvre), une des capitales du verre de cette époque. On retrouve déjà la trace de ces objets trompeurs sous la Renaissance , au XVème siècle. Ils prennent alors la forme d’une botte et sont nés à Strasbourg (Bas-Rhin).

    La gourde : un petit air de cucurbitacée
    Le fruit de la courge a donné sa forme et son nom à la gourde ! Le mot vient du latin cucurbita qui signifie à la fois courge et gourde. Cette dernière, qui ressemble au fruit évidé, désigne le récipient en cuir, en céramique ou en verre qui contient un liquide. Les fragiles gourdes de verre que l’on porte accrochées à la ceinture doivent être bien protégées. Au XVIème siècle, les Lorrains trouvent la solution en enveloppant leurs gourdes à eau-de-vie dans un tressage de vannerie. Comme souvent pour les objets d’usage, les gourdes populaires arrivent vitre chez les plus fortunés. Elles sont alors détournées de leur fonction pour devenir une œuvre d’apparat. Les artisans fabriquent pour de riches clients des modèles de luxe en verre coloré et émaillé.

    Les premiers beaux verres trônent sur les tables royales
    Au XIIIème siècle, le mot verre (de l’ancien français voirre, issu du latin vitrum), désigne un récipient individuel pour boire. Les premiers beaux verres apparaissent, eux, à l’aube du XIVème siècle. Rois et princes apprécient ces objets en cristal de roche qui laissent voir la couleur du vin. D’abord cantonnés sur des buffets, les verres passent à table. A la cour de Louis XIII, le sommelier (responsable des couverts et de la préparation du vin) versait le vin et l’eau dans un verre ; l’échanson goûtait le mélange qui tendait le verre au roi. La forme des récipients varient selon la boisson : hydromel, bière…Au XVIIème siècle, la verrerie importée de Venise et de Bohème apparaît chez les plus fortunés.

     

     

     

     

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  • L'élevage au moyen âge

    Aubracs


    Les opérations consistent à gérer la reproduction des animaux adultes pour les multiplier, leur fournir gite, nourriture, soins, en vue de leur utilisation et/ou de leur production.

    Les produits de l'élevage sont :

    Les animaux eux-mêmes (jeunes pour l'accroissement des troupeaux, animaux de repeuplement de territoire de chasse ou de pêche, ) ;

    Les produits animaux pour l'alimentation humaine (ou animale) : viande, poisson, coquillages, lait, œufs, miel ;
    Des produits non alimentaires : poils, laine, cuir, plumes, duvet, fourrure, corne, soie, etc. ;
    Des sous produits : fumier, lisier.
    Le travail (animaux de trait, furet de chasse ...).

    Les premiers hommes vivaient de cueillette et de chasse.

    Le passage vers l'agriculture et l'élevage est généralement présenté comme "naturel", ce qui est une façon élégante d'éviter de répondre à la question du pourquoi et du comment ... Pourtant, les deux types de pratiques sont totalement opposés, les peuples qui vivent de l'une sont assez généralement en guerre totale avec ceux préférant l'autre, et on ne connait pas les pratiques intermédiaires qui pourraient expliquer le glissement de l'une vers l'autre...


    De plus, si on examine l'affaire, il faut bien reconnaitre que au plan économique, la chasse est une pratique rapide et relativement facile, très rentable puisqu'elle ne requiert qu'un outil simple et un peu de temps. L'élevage est, par comparaison, un investissement énorme en temps, en soins, en risques (morsure ou coups, maladie et parasites d'un animal pas facile à contrôler ; perte du cheptel sous la dent d'un prédateur ou d'un chasseur, etc.), pour un rapport qui est finalement celui d'une simple chasse. L'élevage ne peut devenir rentable qu'avec de la chance, et après des générations d'efforts pour sélectionner les lignées animales les plus dociles et les plus adaptées à une vie commune avec les hommes, et l'accumulation d'un capital (cheptel) très important ; mais pendant tout ce temps -- éventuellement des siècles--, loin d'être une affaire rentable, s'était un véritable gaspillage de ressources.

    Sur le plan social, les relations que peuvent nouer les chasseurs ou les éleveurs sont très différentes. Le chasseur est un individu armé et habituer à tuer, qui attire le respect, il lui est facile de défendre son territoire de chasse ... ou de l'évacuer face à un adversaire plus fort. Les chasseurs peuvent, et parfois doivent, coopérer pour s'attaquer à des proies trop grosses, trop agressives, ou trop mobiles, mais c'est une coopération fluide qui peut se nouer et se dénouer sans difficulté. Le chasseur peut s'attaquer à un autre groupe sans prendre trop de risque : il n'a pas grand chose à perdre, et peut prendre l'initiative d'une agression. L'éleveur, est sur tous ces plans, dans une position pratiquement opposée, et bien moins favorable.

    Dans ces conditions, la logique voudrait plutôt que l'éleveur abandonne sa pratique pour se faire chasseur, plutôt que le contraire ! Ainsi, il y a bien un mystère de l'apparition de l'élevage, dont l'explication a peut-être été trouvée chez les Aïnus avec leur rituel de l'ours : l'élevage pourrait avoir été un produit d'un rituel sacrificiel, un animal, élevé comme un membre de la famille et en son sein, servant aux sacrifice lorsqu'un rituel l'exige. La domestication donnant alors (ou non) un résultat en fonction de l'animal utilisé : loup conduisant à l'apparition du chien, bovin sauvage, ou ... ours chez les Aïnus, ce qui ne mène à rien d'utile mais nous donne une piste explicative.

    L'élevage

    Le premier animal domestiqué est, semble-t-il, le loup. Le chasseur admirait légitimement le loup, dont il a souvent fait son totem et, au sens propre, un membre de sa famille. Ainsi apparu le chien, compagnon de chasse des plus efficace, pour le plus grand bénéfice du chasseur et celui, si on ose dire, du chien.


    Les premières traces d'élevages d'herbivores ont été découvertes en Mésopotamie il y a plus de 8000 ans. Elles sont associées à un culte de tauromachique, avec des jeux (dangereux) dont la corrida est une lointaine descendante.

    Pendant le Haut Moyen Âge en Europe, la consommation de viande était relativement importante[2]. Fernand Braudel écrivait que "Des siècles durant, au Moyen Âge, elle (L'Europe) a connu des tables surchargées de viandes et des consommations à la limite du possible"[3]. L'élevage fournissait d'autres ressources telles que le lait, le cuir, la laine et la graisse. Il permit une civilisation de l'objet au XIIIe siècle : le cuir était transformé en chaussures ; le parchemin était de la peau traitée. La laine alimentait l'industrie drapière. Les boyaux et les cornes entraient dans la fabrication d'instruments de musique.

    Les paysans utilisaient la force des animaux pour les travaux agricoles : bœufs et chevaux tiraient la charrue ou la herse. Ils réalisaient les corvées de charrois (transport de vin, de blé, de bois, de paille ...). Les chevaux halaient les navires sur les fleuves. Ils étaient le bien le plus précieux des chevaliers. Certains moulins utilisaient leur force de travail. L'élevage fournissait de manière indirecte des fumures pour amender les terres.

    Les animaux

    Le cheptel médiéval était essentiellement constitué de bœufs, de moutons et de porcs. La proportion de chaque espèce dépendait des régions : dans la zone méditerranéenne, les ovicapridés l'emportaient nettement en nombre. Elle dépendait aussi de l'époque : avec les grands défrichements, la proportion des porcs tend à diminuer. La fin du Moyen Âge voit l'essor de l'élevage spéculatif.


    Les bovidés jusqu’à l’avènement de la révolution industrielle l’élevage bovin était essentiellement destiné à la production de la force de travail. Leur utilisation comme source de nourriture était marginale, la plupart du temps l’abattage se limitait aux animaux n’étant plus en mesure par leur vieillesse ou maladie d’exercer leur fonction. Les premiers renseignements conservant l’élevage de bovins dans les Pouilles datent du Moyen-âge où les bœufs étaient les principaux animaux chargés du travail aux champs de grandes tailles. Par leur coût très élevé, il restait l’apanage de quelques riches propriétaires et/ou seigneurs féodaux.

    Leur élevage nécessite des espaces herbagers (prés, prairies, pâturages). Après les moissons, ils broutent les restes des épis : c'est la vaine pâture. Ils sont aussi emmenés sur les terres laissées au repos (friche) qu'ils engraissent de leur fumure. Leur fumier est récupéré lorsqu'ils sont en stabulation pour être épandu sur l'ager. Pendant l'hiver, ils sont nourris grâce au foin. Dès le XIIe siècle en Flandre, les paysans leur donnent un complément de légumineuses.

    Les ovi-caprinés sont élevés pour leur laine, et, dans une moindre mesure pour leur viande et leur lait. Ils font l'objet d'une transhumance en montagne et leur nombre a tendance à augmenter à la fin du Moyen Âge.
     

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  • L'élevage au moyen âge

     

    Aubracs


    Les opérations consistent à gérer la reproduction des animaux adultes pour les multiplier, leur fournir gite, nourriture, soins, en vue de leur utilisation et/ou de leur production.

    Les produits de l'élevage sont :

    Les animaux eux-mêmes (jeunes pour l'accroissement des troupeaux, animaux de repeuplement de territoire de chasse ou de pêche, ) ;

    Les produits animaux pour l'alimentation humaine (ou animale) : viande, poisson, coquillages, lait, œufs, miel ;
     

     

    Des produits non alimentaires : poils, laine, cuir, plumes,

    duvet, fourrure, corne, soie, etc. ;
     

     

    Des sous produits : fumier, lisier.
    Le travail (animaux de trait, furet de chasse ...).

    Les premiers hommes vivaient de cueillette et de chasse.

    Le passage vers l'agriculture et l'élevage est généralement présenté comme "naturel", ce qui est une façon élégante d'éviter de répondre à la question du pourquoi et du comment ... Pourtant, les deux types de pratiques sont totalement opposés, les peuples qui vivent de l'une sont assez généralement en guerre totale avec ceux préférant l'autre, et on ne connait pas les pratiques intermédiaires qui pourraient expliquer le glissement de l'une vers l'autre...

     



    De plus, si on examine l'affaire, il faut bien reconnaitre que au plan économique, la chasse est une pratique rapide et relativement facile, très rentable puisqu'elle ne requiert qu'un outil simple et un peu de temps. L'élevage est, par comparaison, un investissement énorme en temps, en soins, en risques (morsure ou coups, maladie et parasites d'un animal pas facile à contrôler ; perte du cheptel sous la dent d'un prédateur ou d'un chasseur, etc.), pour un rapport qui est finalement celui d'une simple chasse. L'élevage ne peut devenir rentable qu'avec de la chance, et après des générations d'efforts pour sélectionner les lignées animales les plus dociles et les plus adaptées à une vie commune avec les hommes, et l'accumulation d'un capital (cheptel) très important ; mais pendant tout ce temps -- éventuellement des siècles--, loin d'être une affaire rentable, s'était un véritable gaspillage de ressources.

    Sur le plan social, les relations que peuvent nouer les chasseurs ou les éleveurs sont très différentes. Le chasseur est un individu armé et habituer à tuer, qui attire le respect, il lui est facile de défendre son territoire de chasse ... ou de l'évacuer face à un adversaire plus fort. Les chasseurs peuvent, et parfois doivent, coopérer pour s'attaquer à des proies trop grosses, trop agressives, ou trop mobiles, mais c'est une coopération fluide qui peut se nouer et se dénouer sans difficulté.

     

    Le chasseur peut s'attaquer à un autre groupe sans prendre trop de risque : il n'a pas grand chose à perdre, et peut prendre l'initiative d'une agression. L'éleveur, est sur tous ces plans, dans une position pratiquement opposée, et bien moins favorable.

    Dans ces conditions, la logique voudrait plutôt que l'éleveur abandonne sa pratique pour se faire chasseur, plutôt que le contraire ! Ainsi, il y a bien un mystère de l'apparition de l'élevage, dont l'explication a peut-être été trouvée chez les Aïnus avec leur rituel de l'ours : l'élevage pourrait avoir été un produit d'un rituel sacrificiel, un animal, élevé comme un membre de la famille et en son sein, servant aux sacrifice lorsqu'un rituel l'exige. La domestication donnant alors (ou non) un résultat en fonction de l'animal utilisé : loup conduisant à l'apparition du chien, bovin sauvage, ou ... ours chez les Aïnus, ce qui ne mène à rien d'utile mais nous donne une piste explicative.

    L'élevage

    Le premier animal domestiqué est, semble-t-il, le loup. Le chasseur admirait légitimement le loup, dont il a souvent fait son totem et, au sens propre, un membre de sa famille. Ainsi apparu le chien, compagnon de chasse des plus efficace, pour le plus grand bénéfice du chasseur et celui, si on ose dire, du chien.


    Les premières traces d'élevages d'herbivores ont été découvertes en Mésopotamie il y a plus de 8000 ans. Elles sont associées à un culte de tauromachique, avec des jeux (dangereux) dont la corrida est une lointaine descendante.

    Pendant le Haut Moyen Âge en Europe, la consommation de viande était relativement importante[2]. Fernand Braudel écrivait que "Des siècles durant, au Moyen Âge, elle (L'Europe) a connu des tables surchargées de viandes et des consommations à la limite du possible"[3]. L'élevage fournissait d'autres ressources telles que le lait, le cuir, la laine et la graisse. Il permit une civilisation de l'objet au XIIIe siècle : le cuir était transformé en chaussures ; le parchemin était de la peau traitée. La laine alimentait l'industrie drapière. Les boyaux et les cornes entraient dans la fabrication d'instruments de musique.

    Les paysans utilisaient la force des animaux pour les travaux agricoles : bœufs et chevaux tiraient la charrue ou la herse. Ils réalisaient les corvées de charrois (transport de vin, de blé, de bois, de paille ...). Les chevaux halaient les navires sur les fleuves. Ils étaient le bien le plus précieux des chevaliers. Certains moulins utilisaient leur force de travail. L'élevage fournissait de manière indirecte des fumures pour amender les terres.

     

     

    Les animaux

    Le cheptel médiéval était essentiellement constitué de bœufs, de moutons et de porcs. La proportion de chaque espèce dépendait des régions : dans la zone méditerranéenne, les ovicapridés l'emportaient nettement en nombre. Elle dépendait aussi de l'époque : avec les grands défrichements, la proportion des porcs tend à diminuer. La fin du Moyen Âge voit l'essor de l'élevage spéculatif.


    Les bovidés jusqu’à l’avènement de la révolution industrielle l’élevage bovin était essentiellement destiné à la production de la force de travail. Leur utilisation comme source de nourriture était marginale, la plupart du temps l’abattage se limitait aux animaux n’étant plus en mesure par leur vieillesse ou maladie d’exercer leur fonction. Les premiers renseignements conservant l’élevage de bovins dans les Pouilles datent du Moyen-âge où les bœufs étaient les principaux animaux chargés du travail aux champs de grandes tailles. Par leur coût très élevé, il restait l’apanage de quelques riches propriétaires et/ou seigneurs féodaux.

    Leur élevage nécessite des espaces herbagers (prés, prairies, pâturages). Après les moissons, ils broutent les restes des épis : c'est la vaine pâture. Ils sont aussi emmenés sur les terres laissées au repos (friche) qu'ils engraissent de leur fumure. Leur fumier est récupéré lorsqu'ils sont en stabulation pour être épandu sur l'ager. Pendant l'hiver, ils sont nourris grâce au foin. Dès le XIIe siècle en Flandre, les paysans leur donnent un complément de légumineuses.

    Les ovi-caprinés sont élevés pour leur laine, et, dans une moindre mesure pour leur viande et leur lait. Ils font l'objet d'une transhumance en montagne et leur nombre a tendance à augmenter à la fin du Moyen Âge.
     

                         

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