• La Rose blanche
    Ces jeunes Allemands qui ont dit NON au nazisme
    Dès l'été 1942, un groupe d'étudiants de l'université de Munich passent à l'action clandestine. Sous le nom de la "Rose blanche", ils dénoncent le régime hitlérien en diffusant des tracts d'abord destinés aux universitaires puis à la population de Munich et de ses environs.

    Le 25 février 1943, Josef Goebbels, ministre de la propagande national-socialiste, notait en passant dans son journal : " À Munich, quelques étudiants ont été démasqués comme ennemis de l'État. Ils ont mené une vaste campagne contre la guerre, ont été traduits devant le tribunal et condamnés à mort. J'approuve que les sentences capitales soient exécutées." Et trois mois plus tard, alors que Hans et Sophie Scholl et leur compagnon Christoph Probst avaient déjà été exécutés, le procureur général du Reich, Ernst Lautz, s'opposa catégoriquement devant le Volksgerichtshof (Tribunal du peuple) à gracier Alexander Schmorell, Willi Graf et le professeur Kurt Huber : "Le procès a pour objet une affaire qui traite sans doute du pire des cas de haute trahison propagandiste que le Reich ait connus pendant la guerre."
    Alexander Schmorell - septembre 1940 lors d'une visite chez son amie Angelika Probst
    Alexander Schmorell - septembre 1940 lors d'une visite chez son amie Angelika Probst - Source : Gedenkstätte Deutscher Widerstand Berlin
    Christoph Probst
    Christoph Probst. Source : Gedenkstätte Deutscher Widerstand Berlin
    La Rose blanche, un mouvement de résistance étudiant

    Les cinq premiers nommés, tous étudiants à l'université de Munich, constituaient le noyau dur d'un mouvement de résistance étudiant qui avait choisi lui-même son nom " Weiße Rose " (la Rose blanche). Un nom d'ailleurs dont l'origine n'est pas tout à fait claire. L'éventail des hypothèses possibles s'étend de la parabole du grand inquisiteur de Dostoïevski dans son roman les Frères Karamasov où la rose blanche qui décorait le cercueil d'une petite fille est le symbole de la renaissance, en passant par La rose blanche de B. Traven, roman socio-critique dont l'action se déroule au Mexique, ou par l'image de la " rose du ciel " dans la Divine comédie de Dante jusqu'à l'insigne de l'organisation de jeunes " dj.1.11 ", un groupement de la jeunesse allemande " confédérée " (Bündische Jugend), dissous par l'État national-socialiste en 1933, dont Hans Scholl avait été membre. Le musicologue et professeur de philosophie Kurt Huber - bien qu'il fut en quelque sorte un mentor et un conseiller, avancé en âge - ne s'associa au groupe d'opposition que relativement tard.
    Des jeunes d'horizons politiques et culturels variés

    Qui étaient ces cinq jeunes amis qui formaient le noyau de la " Rose blanche " ? C'étaient tous des étudiants en médecine à l'université de Munich, en deuxième ou troisième année d'études, sauf Sophie Scholl, inscrite en biologie et en philosophie. Certains s'étaient liés d'amitié depuis longtemps, par exemple Christoph Probst et Alexander Schmorell qui se connaissaient depuis 1935, mais le groupe ne se constitua que peu de temps avant l'été 1942. Ils étaient tous d'origine bourgeoise, mais leurs familles représentaient divers horizons politiques et culturels : les convictions libérales des parents Scholl, l'orientation plutôt national-allemande du père de Schmorell ou bien les positions catholiques et national-conservatrices du professeur Huber. Ils avaient été formés par la culture classique allemande et étaient tous unis par une foi chrétienne profonde bien que de confessions différentes : Hans et Sophie Scholl venaient d'une famille protestante, Willi Graf d'un milieu catholique, Christoph Probst était croyant mais sans appartenir à aucune église, le demi-russe Alexander Schmorell avait été élevé dans la religion orthodoxe russe. Après deux ans ou plus de service de travail ou de service militaire, ils faisaient partie de diverses associations étudiantes et pouvaient se consacrer à leurs études ou, ce qui était plus important encore, à
    Willi Graf - début 1940
    Willi Graf - début 1940 - Source : Gedenkstätte Deutscher Widerstand Berlin
    leurs intérêts artistiques, politiques ou philosophiques : concerts, soirées de lecture ou de discussions, etc. Là, s'ouvrait déjà une voie possible pour se soustraire à l'emprise de l'appareil du parti national-socialiste et de sa propagande.
    Sophie Scholl
    Sophie Scholl. Source : Gedenkstätte Deutscher Widerstand Berlin
    Les raisons du passage à l'action

    Pour comprendre les raisons de leur passage à l'action clandestine au cours de l'été 1942, il faut se remémorer la situation politico-militaire de l'époque. L'arrêt de l'assaut allemand devant Moscou lors de l'hiver 1941-42, la fin de l'offensive d'Erwin Rommel en Afrique du Nord à l'été 1942 et l'intensification des bombardements contre les villes allemandes avaient suscité dans la population des doutes sérieux quant aux progrès militaires futurs. La confrontation à un pouvoir politique de plus en plus intolérant, également envers le milieu étudiant, a stimulé peut-être une certaine attitude d'opposition. Et il est très probable que Willi Graf, engagé sur le front russe en 1941-42, se fit l'écho des agissements meurtriers des " groupes d'action " (Einsatzgruppen) de la SS et de la police de sécurité à l'arrière du front auprès de son cercle d'amis, ce qui fut un facteur de leur prise de conscience.
    Les premiers tracts sont diffusés à l'été 1942

    Les quatre premiers tracts de la " Rose blanche " furent rédigés et distribués par Hans Scholl et Alexander Schmorell à l'été 1942, en deux semaines seulement. Les tracts faisaient appel à la " culture chrétienne occidentale " et à la responsabilité de l'"intelligentsia allemande ". Envoyés par la poste, ils étaient surtout destinés à des universitaires parce qu'on voulait mobiliser les intellectuels - professeurs, écrivains, directeurs d'école ou chargés d'enseignement, libraires, médecins... -, à Munich et dans ses environs, en plus des restaurateurs, des propriétaires de cafés et d'épiceries. Pour se faire entendre par cette classe " cultivée ", Hans Scholl et Alexander Schmorell utilisaient sciemment un langage bourgeois classique en citant Goethe, Schiller, Novalis, la Bible mais aussi Lao-Tseu et Aristote. Le tirage était encore très restreint - guère plus de 100 exemplaires chaque fois - et les tracts se terminaient par un appel à les faire circuler.

    En finir avec le national-socialisme

    Pendant trois mois au cours de l'automne 1942, Hans Scholl, Alexander Schmorell et Willi Graf, qui se rendaient utiles sur le front russe en apportant leur assistance médicale , furent confrontés à la détresse de milliers de soldats allemands grièvement blessés et mutilés, soignés dans des conditions désastreuses.
    Hans Scholl
    Hans Scholl. Source : Gedenkstätte Deutscher Widerstand Berlin
    Le groupement d'opposants s'était entre-temps étoffé avec l'arrivée d'amis et de connaissances et avait gagné des sympathisants et complices dans d'autres villes universitaires allemandes notamment à Hambourg.
    Fin janvier 1943, le cinquième tract paraissait. Intitulé " Tract du mouvement de résistance en Allemagne ", il s'adressait à " tous les Allemands ", les exhortant à en finir avec le national-socialisme avant qu'il ne soit trop tard sinon " les Allemands subiraient le même sort que les Juifs ". Le langage était clairement plus " politique ", propageant pour l'Allemagne un fédéralisme sain et s'attaquant au centralisme et au militarisme prussiens. Dans ces formules, l'influence de Kurt Huber ainsi que l'opposition virulente de l'écrivain catholique Theodor Haecker (1879-1945) à l'hégémonie de la Prusse protestante se manifestaient. Le tirage fut beaucoup plus important, entre six et neuf mille exemplaires, et le tract fut diffusé par la poste à Augsbourg, Stuttgart, Francfort-sur-le-Main, Salzbourg, Linz et Vienne. Pour réduire les frais d'affranchissement, Sophie Scholl et Alexander Schmorell prirent alors le risque de transporter eux-mêmes le courrier. En raison du manque d'enveloppes, le tract fut diffusé à Munich dans des actions encore plus risquées : fin janvier-début février, Hans et Sophie Scholl, Willi Graf et Alexander Schmorell diffusèrent entre 2 000 et 5 000 tracts dans le centre de Munich, principalement autour de la gare centrale, dans des cabines téléphoniques, sur des voitures en stationnement...
    Le dernier tract de la Rose blanche

    Le sixième - et dernier - tract fut une réaction à la terrible défaite allemande de Stalingrad annoncée officiellement le 3 février dans les journaux et sur les ondes. Ce tract, titré "Camarades d'études" (Kommilitoninnen ! Kommilitonen !), évoquait surtout la défaite de Stalingrad, en appelait aux principes de liberté personnelle et de dignité de l'homme violés par le parti national-socialiste, et incitait les étudiants à se libérer tout de suite du système nazi en suivant l'exemple des guerres de libération contre Napoléon en 1813. Le texte atteignait son apogée avec une citation de l'appel de Theodor Körner de 1813 à la jeunesse allemande : "Debout mon peuple, les flambeaux fument !". Pour ce dernier tract de la "Rose blanche", le tirage est estimé entre 2 000 et 3 000 exemplaires. Pendant trois nuits, les jeunes résistants le diffusèrent à Munich et inscrivirent des slogans, comme " A bas Hitler "avec des croix gammées barrées, " Liberté " et " Hitler - massacreur des masses" sur des murs et des bâtiments publics, en particulier à l'entrée de l'université.
    Arrêtés par la Gestapo

    Le 18 février, Hans et Sophie Scholl déposèrent plusieurs piles de tracts dans les couloirs de l'université et la jeune femme lança finalement le reste des tracts du deuxième étage par-dessus la balustrade dans la cour centrale (Lichthof). Lors de cette dernière action, Hans et Sophie Scholl furent identifiés par le concierge de l'université, interpellés puis livrés à la Gestapo.
    Au cours de deux procès devant le Tribunal du peuple, les six acteurs principaux de la " Rose blanche " furent condamnés à mort et pour la plupart immédiatement exécutés. Leurs aides et complices, une quarantaine, eurent des peines de six mois à dix ans de détention.

    La " Rose blanche " va au-delà de la résistance désespérée d'une poignée d'étudiants face à la guerre totale et à la terreur totale d'une dictature criminelle. À côté du " Cercle de Kreisau " et de l' " Orchestre rouge ", elle représente, par son opposition au régime nazi, une des rares tentatives parmi la jeunesse, en temps de guerre, non seulement de résister, mais également de triompher par l'esprit sur la violence des armes.
    Source : Hartmut Mehringer, Directeur des archives de l'Institut für Zeitgeschichte, Munich-Berlin. Revue "Les Chemins de la Mémoire n° 126 - Mars 2003 pour Mindef/SGA/DMPA

    Les bibliographies associées

    Sophie Scholl, la rose de la liberté Sophie Scholl, la rose de la liberté
    Histoire de Sophie Scholl et de son frère Hans, fondateur du mouvement de résistance au nazisme en juin 1942, appelé la Rose blanche
    sources http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/page/affichepage.php?idLang=fr&idPage=2557
     
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    Les femmes dans la Résistance

      
      
      
      

      

      

    Moins nombreuses que les hommes, les femmes représentent 15 à 20 % des résistants et environ 15 % des déportés politiques.

      

    Elles sont généralement cantonnées à des rôles subalternes. Lucie Aubrac,

    résistante emblématique, n'a en fait jamais eu de rôle défini dans la hiérarchie du mouvement

      

      

    Libération-Sud. Hélène Viannay, encore plus diplômée que son mari Philippe Viannay, le fondateur de Défense de la France, n'écrit jamais un seul article pour le journal clandestin du même nom, pas plus que les autres compagnes des chefs de DF, alors qu'elles assistent à toutes les réunions de rédaction.

      

    En revanche, Suzanne Buisson, cofondatrice du Comité d'action socialiste (CAS) en est la trésorière jusqu’à son arrestation.

     

    Suzanne Buisson, née Lévy est une femme politique et une résistante française, née le 19 septembre 1883 à Paris et morte à une date inconnue en Allemagne.

    La militante

    Peu après sa naissance, sa famille rejoint Dijon, où la jeune Suzanne grandit jusqu'à l'âge de seize ans. Elle doit ensuite revenir à Paris pour gagner sa vie, comme employée de magasin. Elle se rend à des réunions de René Viviani et Albert Thomas. Elle devient militante socialiste dès 1899. Dès lors, elle milite pour l'égalité complète entre hommes et femmes, égalité qui ne peut passer, selon elles, que par une transformation profonde des structures économique, c'est-à-dire par l'instauration du socialisme. Elle est membre de la SFIO dès 1905.

    Elle perd son premier mari, mort au combat pendant la Première Guerre mondiale, et doit élever seule leur enfant. Elle se remarie, le 23 mars 1926, avec Georges Buisson, membre de la CGT.

    Elle prend une place importante au sein de la SFIO après la guerre. Elle devient responsable de la rubrique « La fe
    mme, la militante », au Populaire et secrétaire du Comité national des femmes socialistes. Elle est élue en 1924 à la commission de contrôle du parti, poste qu'elle occupe jusqu'en 1932, puis de 1935 à 1936. De 1933 à 1934, puis de 1938 à 1939, elle est membre de la commission administrative permanente, principal organe décisionnaire de la SFIO à l'époque. Elle est élue la première fois comme membre de la motion présentée par Vincent Auriol, la seconde comme membre de la motion de Léon Blum. En 1931, elle fait partie de la délégation SFIO au congrès de l'Internationale socialiste, tenu à Vienne.

    La résistante

    Dès 1938, Suzanne Buisson se range parmi les partisans de la fermeté face à Hitler. En mars 1941, elle est confondatrice du Comité d'action socialiste et en devient la trésorière. Elle fait de nombreux voyages dans le pays, pour diffuser la presse résistante, et participer aux actions de soutien en faveur des militants socialistes arrêtés par le Régime de Vichy ou les autorités allemandes. Elle déménage à Lyon. En mars 1943, lorsque le CAS devient la SFIO reconstituée et clandestine, Suzanne Buisson devient membre de son bureau politique. Deux mois plus tard, elle devient responsable des relations avec le Parti communiste.

    Le sacrifice

    Peu après, la Gestapo découvre le lieu de réunion des dirigeants de la SFIO clandestine. Informée de cette découverte, Suzanne Buisson fait les cent pas au pied de l'immeuble pour alerter ses camarades. Ceux-ci comprennent, mais les agents de la Gestapo aussi, et arrêtent Suzanne Buisson.

    Torturée, elle ne livre aucun secret. Juive et résistante, elle est déportée. Son corps n'a pas été retrouvé, et aucun document ne permet à ce jour de connaître le camp où elle a été assassinée.

    Léon Blum lui a rendu hommage dans Le Populaire du 2 février 1946 :

    « Elle était la militante accomplie, exemplaire, à qui le parti peut tout demander, qui ne recule jamais devant aucune charge, qui, d'ailleurs, est apte à les remplir toutes par le caractère vraiment absolu du dévouement et du désintéressement. [...] Dans la vie normale du parti, elle n'avait hésité devant aucune charge ; dans la lutte clandestine, elle n'a reculé devant aucun danger. »

      

      

      

    Une seule femme, Marie-Madeleine Fourcade,

    est chef de réseau (en faisant croire aux Britanniques que le vrai chef d'Alliance est un homme).

      

      

      

            

    Aucune n'est chef d'un mouvement, d'un maquis ou d'un Comité de Libération, ni commissaire de la République ou ministre à la Libération.

    Seule une minorité très restreinte prend part à la lutte armée. Alors que les femmes sont des figures typiques, redoutées et assez nombreuses dans les mouvements de partisans en Italie, en Grèce, en Yougoslavie et en URSS occupées, elles sont la portion congrue dans les maquis de France - peut-être - parce qu'elles ne sont pas soumises au STO et n'ont pas besoin de le fuir.

    Les femmes organisent des manifestations de ménagères dès 1940, sont actives dans les comités populaires du PCF clandestin, omniprésentes dans les encouragements et l'aide matérielle aux grévistes (ainsi dans le Nord-Pas-de-Calais en mai 1941) ainsi qu'aux réfractaires des maquis.

      

    Elles sont indispensables comme dactylos, et surtout comme agents de liaison - en partie parce que les Allemands se méfiaient moins des femmes, et que les innombrables contrôles d'identité dirigés contre les réfractaires au STO ne les concernent pas. Olivier Wieviorka souligne que la stratégie des mouvements était souvent, en fait, de mettre en avant les femmes parce qu'elles sont moins exposées à la répression: Vichy et les Allemands ne peuvent quand même pas tirer sur des ménagères réclamant à manger pour leurs enfants

    Si le CNR néglige de mentionner le vote des femmes dans son programme de renouveau en mars 1944, le général de Gaulle signe toutefois à Alger, le 21 avril 1944, l'ordonnance déclarant les femmes électeurs et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes : le rôle émancipateur des résistantes est ainsi reconnu.

    Il faut aussi mentionner que d'innombrables combattants de l'ombre vivent toute la guerre en couple, et que leur résistance serait impossible et invivable sans la présence de leur compagne à leur côté : Cécile et Henri Rol-Tanguy, Raymond et Lucie Aubrac, Paulette et Maurice Kriegel-Valrimont, Hélène et Philippe Viannay, Marie-Hélène et Pierre Lefaucheux, Cletta et Daniel Mayer, etc. forment des couples indissociables.

    Nombreuses sont les résistantes qui se marient et qui ont des enfants en pleine clandestinité, sans interrompre pour autant leur combat. Certaines sauvent la vie à leur mari comme Lucie Aubrac ou Marie-Hélène Lefaucheux. D'autres partagent leur sort jusqu’à la torture, à la déportation et à la mort. Le célèbre convoi du 24 janvier 1943 emporte à Auschwitz des résistantes françaises (non-juives et en majorité communistes) parmi lesquelles de nombreuses veuves de fusillés, ainsi Maï Politzer, épouse de Georges Politzer, ou encore Hélène Solomon, fille du grand savant Paul Langevin et femme de l'écrivain Jacques Solomon

     

      

     

    Marie-Claude Vaillant-Couturier

     
     
    Elle s'engage dans la Résistance et participe à des publications clandestines : tracts, l'Université Libre (1er numéro en novembre 1940) ; pamphlet de Georges Politzer contre "Sang et Or", qui présente les thèses du théoricien nazi Alfred Rosenberg (novembre 41) ; édition de l'Humanité clandestine aux côtés de Pierre Ginsburger dit Villon (qu'elle épousera en seconde noce en 1949). Elle assure la liaison entre résistance civile (Comité des Intellectuels du Front National de lutte pour l'Indépendance de la France) et militaire (OS, plus tard FTPF), et transporte même des explosifs.

    Cette activité résistante lui vaut d'être arrêtée dans une souricière par la police de Pétain le 9 février 1942, avec plusieurs de ses compagnons, parmi lesquels Jacques Decour, Georges Politzer, Jacques Solomon, Arthur Dallidet : ces derniers, remis aux autorités allemandes, sont fusillés par les nazis [1]. Elle est internée jusqu'au 15 février au Dépôt de la Préfecture, et le 20 mars, placée au secret à la Santé : elle y reste jusqu'au mois d'août puis est transférée au Fort de Romainville, camp d'internement sous autorité allemande.
     
    Comme ses compagnes, parmi lesquelles Danielle Casanova et Heidi Hautval, elle est déportée à Auschwitz-Birkenau via le camp d'internement de Compiègne par le convoi du 24 janvier 1943, dit convoi des "31 000" (voir le Mémorial des déportés de France au titre de la répression, Fondation pour la Mémoire de la Déportation, 2004 et Le Convoi du 24 janvier, de Chartotte Delbo, Editions de Minuit, 1965). Singulier par sa composition, ce convoi de 230 femmes, résistantes, communistes, gaullistes épouses de résistants, s'illustre en entonnant La Marseillaise en franchissant l'entrée du camp de Birkenau ; 49 de ces 230 femmes seulement reviendront des camps après-guerre.
     
    Elle reste 18 mois à Auschwitz, où elle est témoin oculaire du génocide des Juifs et des Tsiganes et participe au comité clandestin international de résistance du camp. Puis elle est transférée au camp de concentration de Ravensbrück au mois d'août 1944 : tout d'abord affectée à des travaux de terrassement, elle est mutée au Revier (infirmerie du camp) en raison de sa connaissance de la langue allemande.
     
    Ravenbrück est libéré le 30 avril 1945 par l'Armée rouge ; cependant, elle ne revient en France que le 25 juin 1945. Pendant ces semaines, elle se consacre aux malades en attente de rapatriement. Sous la plume de Rémy Roure, dans Le Monde du 16 juin 1945, on lit : "Chaque jour, cette magnifique française parcourt les blocs, relève les courages, donne de l'espoir qui n'est souvent que de l'illusion. Le mot de sainteté vient à l'esprit quand on voit cette grande sœur de charité auprès de ces hommes et ces femmes qui meurent chaque jour".

     

      

      

    Sophie scholl

     

    Comme le reste des jeunes allemands, elle est embrigadée dans les mouvements de jeunesse allemande. Elle y ressent très tôt les restrictions de libertés, en particulier de pensée et de religion. Après le bac en 1940, elle devient garde d'enfants. Dans les « services du travail » et « service auxiliaire » qu'elle effectue en 1940-41, elle parvient à garder, malgré l'interdiction de posséder des livres, les Pensées de saint Augustin; elle garde en mémoire cette phrase : « Tu nous as créés pour que nous allions à Toi, et notre cœur est inquiet, jusqu'à ce qu'il repose en Toi » [1]. Elle entame ensuite des études de biologie et de philosophie en mai 1942 à Munich.

    Du fait de son éducation protestante, de l'opposition déclarée de son père au nazisme, et de l'expérience vécue par son frère, militaire étudiant en médecine à Munich, puis infirmier dans les hôpitaux du front de l'Est, qui est témoin de la barbarie nazie à l'encontre des juifs et des populations russes, elle ouvre les yeux sur la situation de l'Allemagne. À partir de juin 1942, elle tient des réunions avec son frère Hans et Carl Muth. Elle les aide à imprimer et à diffuser les tracts hostiles au régime nazi et à la guerre.

    Après avoir lancé des tracts dans la cour intérieure de l'université de Munich, elle est dénoncée à la Gestapo par le concierge de l'université et est arrêtée avec son frère Hans le 18 février 1943. Conduite devant le « Volksgerichtshof » (« Tribunal du peuple »), elle est condamnée à mort après un procès mené en trois heures seulement. C'est Roland Freisler lui-même, le chef du Tribunal du peuple, venu spécialement de Berlin, qui annonce la sentence pour faits de « haute trahison, propagande subversive, complicité avec l'ennemi et démoralisation des forces militaires ». Elle sera guillotinée[2] le jour même le 22 février 1943 à Munich, et cela malgré la législation allemande qui imposait un délai de 99 jours avant l'exécution d'un condamné. Elle fait preuve de beaucoup de courage lors de son exécution, selon le témoignage des gardiens de la prison.

    Elle est ensuite enterrée dans le cimetière proche de la forêt de Perlach, aux côtés de son frère Hans et de Christoph Probst, exécutés le même jour.

    Quelques jours après sa mort, Thomas Mann lui rend hommage sur les ondes de la BBC.

     

      

     

    LES FEMMES dans la RESISTANCE  

    Gisèle Decamps.

     

    Anatife, c’est son nom de code. « Dans le réseau Alliance surnommé l’Arche de Noé dirigé par Marie-Madeleine Fourcade, nous avions tous un nom d’animal. Ils m’ont fichu celui d’un crustacé ! », raconte Gisèle Decamps.

     Sur son vélo Peugeot, qu’elle conserve encore dans son grenier (« Peut-être que je pourrais l’offrir au musée Peugeot de Sochaux ! »), Gisèle « fait la route », parfois « jusqu’à 800 km par semaine de Couthenans à Épinal, Verdun et ailleurs ».

    Sous des partitions musicales, elle planque des documents secrets à l’attention des Alliés. Dans un cageot sous des patates, des pains de plastic pour faire sauter un dépôt allemand à Aillevillers. Jamais peur, « Anatife » ? « Disons que j’ai eu beaucoup de pot dans ma carrière d’espionne ! Des chagrins aussi ».

    Tabassée par la Gestapo :

    Elle a pleuré des camarades du réseau, fusillés à Luze. Pleuré son radio, Edmond, d’Héricourt, déporté et tué à Dachau. Dénoncée, et arrêtée en novembre 1944 par la Gestapo à Héricourt, Gisèle Decamps est « tabassée et frappée à coups de chaise », puis chargée dans un wagon à bestiaux à destination la forêt de la Hardt pour y être fusillée. « Le sort expéditif réservé aux résistants à la fin de la guerre ». Un pont ferroviaire saute à Danjoutin. Le train est cloué sur place. Gisèle se retrouve détenue à la caserne Friedrich à Belfort, puis rue des Orfèvres à Mulhouse : « On dormait sur le ciment, on buvait l’eau dans les toilettes, on tuait les puces dans nos couvertures. Je n’ai jamais désespéré au fond de mon cachot. Je suis d’un naturel résolument optimiste, pas du genre à voir les choses en noir. Ça aide à rester en vie. Au cachot, je chantais « quoiqu’il arrive j’ai toujours le sourire ». Pendant les interrogatoires, je jouais la demeurée ».

    Le 22 novembre 1944, Mulhouse est libérée. Gisèle aussi. Comme elle se l’était promis, elle saute au cou du premier soldat français pour lui coller une bise. De joie. Rejoint en stop Couthenans. Femme parmi les résistants, jamais elle n’a porté une arme. « Qu’en aurais-je fait ? J’aurais été bien incapable de tirer sur quelqu’un. Faire du renseignement pour aider les Alliés à gagner la guerre, me suffisait largement ».

    Jacques, son Parisien de grand amour, partageait les mêmes idéaux. Mobilisé, il se retrouve dans le sud de la France. La collaboration de Pétain avec l’occupant lui déplaît fortement. Il déserte, rejoint l’Afrique puis la France dans les rangs du 8 e régiment de chasseurs d’Afrique, fait la campagne d’Italie, le débarquement dans le Midi. Son régiment fut bloqué pendant les fêtes de Noël à Couthenans, là où il a croisé le regard de la belle Gisèle. Le coup de foudre. Il lui écrivait tous les deux jours. L’appelait « mon petit chou ».

    F.J.

    SOURCES :

    WIKIPEDIA

    PHOTOS GOOGLE

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    Gioacchino Rossini
     
    Gioacchino Rossini

    Compositeur italien (Pesaro 1792 – Paris, Passy, 1868).

    Élevé au hasard des tournées de ses parents (son père jouait remarquablement du cor, sa mère fit une brève mais belle carrière de soprano), et sans avoir reçu une éducation musicale approfondie, Rossini savait jouer du violon et composer lorsqu'à douze ans il écrivit ses sonates à quatre, témoignant d'une maturité précoce unique dans toute l'histoire de la musique. La science du contrepoint, acquise à la lecture des partitions de Mozart et de Haydn, lui avait déjà plus appris que n'allait pouvoir le faire Stanislas Mattei, directeur du Lycée musical de Bologne dont il suivit les cours de 1804 à 1810, mêlant l'étude des auteurs anciens à la pratique des auteurs plus récents.

     

    Durant ces années d'adolescence, il dut gagner sa vie comme chanteur puis comme répétiteur et accompagnateur de théâtre, pratiquant, outre le clavecin, le violon et l'alto, le cor et le violoncelle, et composant des sinfonie, messes et cantates, l'opéra Demetrio e Polibio, et diverses œuvres instrumentales, révélant la même précocité et le souci d'une harmonie et d'une instrumentation assez rares dans l'Italie d'alors.

    En 1810, La Cambiale di matrimonio (Venise) lui ouvrit les portes des meilleurs théâtres du Nord pour lesquels il écrivit en un temps record quelques partitions de style léger qui établirent sa réputation à Venise, Ferrare et Milan (La Pietra del paragone, 1812), cependant que Ciro in Babilonia, un opéra sacré, démontrait une connaissance approfondie du style sévère. L'année 1813 lui apporta la gloire à vingt et un ans : après Il Signor Bruschino, Venise applaudit l'opera seria Tancrede et le dramma giocoso l'Italienne à Alger qui renouvelaient singulièrement les lois des deux genres.

    Après avoir essuyé quelques échecs, Rossini fut appelé par l'impresario Barbaja à Naples où des conditions exceptionnelles lui étaient offertes : un orchestre et une équipe de chanteurs incomparables ­ notamment les ténors Davide, Nozzari, García et surtout Isabel Colbran pour qui il devait écrire ses meilleurs rôles avant de l'épouser en 1822 ­ et un public familiarisé avec toutes les nouveautés européennes.

    Durant sept ans, il devait mener une existence incessante de compositeur, impresario, chef d'orchestre, s'imposant dès 1815 dans le genre tragique avec Elisabetta, puis, l'année suivante, avec Otello, qui élargissaient singulièrement les structures habituelles de l'opera seria. D'autre part, il donnait à Rome en 1816 le Barbier de Séville qui, malgré une première houleuse, triompha rapidement, puis, en 1817, Cendrillon et la Pie voleuse, deux comédies sentimentales avec lesquelles il prenait congé du genre léger, apportant désormais tout son soin au renouvellement du genre tragique, établissant de nouveaux types vocaux, soignant comme nul avant lui l'écriture vocale, développant le rôle de l'orchestre et des chœurs, importants dans Mose (1818), cependant qu'en 1819 il signait l'acte de naissance de l'opéra romantique en puisant chez Walter Scott l'inspiration de La Donna del lago.

      

      

    Lassé par les critiques apportées à ses innovations, Rossini quitta Naples, se rendit à Vienne, de mars à juillet 1822, où il déchaîna l'enthousiasme du public, essuya la jalousie de Weber, rencontra Beethoven le 22 avril, et « fit pleurer Hegel ». Invité par Metternich au congrès de Vérone, il quitta l'Italie après avoir donné Semiramide à Venise en 1823 et se rendit à Londres. Mais l'épisode anglais tourna au fiasco financier ; il accepta les propositions de Charles X et se fixa à Paris d'abord comme inspecteur du chant, puis comme codirecteur du Théâtre-Italien dont Paër lui abandonna bientôt l'entière responsabilité, cependant qu'il s'engageait à écrire une œuvre par an pour l'Opéra de Paris.

     

      

    Tenant compte des impératifs du style français et des possibilités assez limitées de ses chanteurs, Rossini remania d'abord profondément deux œuvres anciennes, Maometto II et Mose, devenues respectivement le Siège de Corinthe (1826) et Moïse (1827), puis écrivit le Comte Ory (1828) dans le style léger de Boieldieu. Guillaume Tell (1829), un opéra politique qui révélait un sens de la nature inattendu, déçut le public malgré l'attente fébrile de celui-ci, mais devint le prototype jamais égalé du grand opéra français.

    La révolution de 1830 mit implicitement fin à son contrat, cependant qu'il assistait, étonné, au triomphe de Meyerbeer (qu'il avait lui-même appelé à Paris), cependant qu'il ouvrait les portes du succès à Bellini et Donizetti. Hostile à la pompe assez creuse du nouvel opéra français, il préféra abandonner la place, d'autant qu'il allait, durant plus de dix ans, traverser de graves crises nerveuses et physiques, consécutives à ses abus de jeunesse et à l'incessant labeur mené pendant vingt années au cours desquelles il avait écrit messes, cantates et œuvres diverses, outre une quarantaine d'opéras dont il avait assuré la réalisation à la scène et tous les remaniements consécutifs aux reprises en d'autres théâtres.

     

      

    Se séparant d'Isabel Colbran, il vécut avec la Française Olympe Pelissier qui l'avait affectueusement soigné, et qu'il épousa en 1845. Il écrivit encore pour Paris ses Soirées musicales (1836) et un Stabat Mater (créé en 1842), mais retourna vivre à Bologne dès 1836, puis se fixa à Florence en 1848. Complètement rétabli, il revint à Paris de 1855 à sa mort, y écrivant quelque deux cents pièces diverses réunies sous le titre de Péchés de vieillesse, et occupant un rôle éminent dans la vie musicale française : Wagner, qu'il reçut en 1860, avoua que « Rossini était le seul musicien d'envergure qu'il ait rencontré à Paris ».

    Les soirées que Rossini organisait en son logis de la Chaussée-d'Antin accueillirent la nouvelle génération d'interprètes et de compositeurs français (Diémer, Planté, Mathias, Saint-Saëns, etc.), qui allait précisément assurer cet « après-Wagner » qu'il avait su prévoir, tandis que les cantatrices qu'il conseilla allaient assurer plus tard la pérennité de son enseignement du chant. Après avoir laissé une prophétique Petite Messe solennelle (1863), il s'éteignit en 1868, fut inhumé à Paris, et sa dépouille transportée, avec des honneurs extraordinaires, à Florence où il repose désormais auprès de Raphaël et de Michel-Ange.

     

      

      

    Contemporain, par son œuvre, de Beethoven, Schubert et Weber, posant la plume à l'heure de leur disparition, Rossini mena, dans le domaine de l'opéra, le même combat qu'avaient mené ceux-ci pour la symphonie, la sonate ou le lied, entre la disparition de Mozart et l'éclosion du véritable romantisme musical. Or, l'image du compositeur est celle qui a le plus souffert du mépris dans lequel une certaine musicologie ­ notamment en France ­ tint l'opéra italien durant un siècle. De son vivant, Rossini avait déjà survécu de près de quarante années à l'esthétique de son œuvre lyrique, et avait vu disparaître de l'affiche nombre de ses opéras désormais inaccessibles à des chanteurs formés aux impératifs dramatiques des œuvres nouvelles de Verdi et des auteurs allemands.

     

      

    Au-delà de sa mort, à l'heure de l'invasion du « drame lyrique », les œuvres tragiques de Rossini parurent à tort surannées, et « surchargées de vocalises, dépourvues d'intérêt dramatique », termes que l'on retrouve encore parfois dans la critique contemporaine, cependant que ne se maintenaient au répertoire que ses œuvres comiques (et essentiellement le Barbier de Séville) qui représentent en réalité moins du quart de sa production, et accessoirement Moïse, ou bien Guillaume Tell, interprété de façon exagérément héroïque, telle que l'auteur l'avait lui-même condamnée.

    Dès 1930, on entreprit de réestimer la portée d'une œuvre considérable dont tout le XIXe siècle avait témoigné, à commencer par Schopenhauer dont il représentait l'idéal esthétique, mais aussi Stendhal (auteur, dès 1823, de la première biographie rossinienne) dont les relations fantaisistes, reprises par ses imitateurs, contribuèrent à fausser bien des jugements.

      

      

     

    Il faut se souvenir que Rossini, bien qu'Italien, avait su préférer les leçons venues du Nord et s'inspirer de Haydn, Mozart, Beethoven ou Mayr plus que des petits maîtres qui l'avaient précédé, les Zingarelli, Generali, Pavesi, Fioravanti, etc., dont il ne retint que le minimum indispensable ; se souvenir aussi que Rossini, quel que fût son génie propre, avait su s'adapter aux temps nouveaux tout en demeurant farouchement attaché à certains principes inaltérables de l'art classique : un objectivisme inviolable, une structuration rigoureuse des formes lyriques, et un chant qui redevînt plus humain qu'instrumental, appuyé sur les principes du bel canto (extension de la gamme chantée, absence d'aigus donnés en force, colorature plus expressive que décorative, etc.).

    Sensible aux réformes déjà apportées aux structures de l'opéra par Jommelli, Traetta ou Mozart, il réussit mieux qu'eux la parfaite synthèse entre les genres seria, semiseria et buffa, mais, à la différence de Mozart qui avait introduit le tragique dans les structures de l'opera buffa, il parvint à insuffler à l'opera seria la souplesse des structures du genre semiseria, et sa prétendue « réforme » napolitaine ne fut que la concrétisation d'objectifs plus anciens, rendue possible par les moyens dont il disposa soudain : il put ainsi achever de bannir le récitatif secco au profit d'un récit très lyrique, et souvent orné ­ retournant ainsi à l'esprit du recitar cantando originel ­, dialoguant avec un orchestre coloré et actif (ce que lui reprochèrent ses contemporains qui le surnommèrent « Signor Vacarmini », ou « Il Tedeschino » ­ le petit Allemand) ; il réussit à enchevêtrer avec souplesse ces récits avec les arias, duos ou ensembles, les entrecoupant parfois d'interventions du chœur, construisant de vastes finales de conception tout à fait nouvelle, mais n'en demeurant pas moins fidèle toujours à la conception du morceau isolé (pezzo chiuso) considéré comme un commentaire affectif, isolé de l'action, et aisé à transporter d'une œuvre à une autre, ainsi qu'en avaient toujours usé Bach, Haendel, Gluck, Mozart, etc.

      

    Gioacchino Rossini

    Il réduisit également les points d'orgue et les passages, rédigeant souvent lui-même l'essentiel de l'ornementation, mieux accordée à chaque situation, puis, prenant acte de la disparition du castrat, il redistribua totalement l'échelle des tessitures vocales (CHANT).

    Enfin, il ne faut pas oublier de mentionner ce microcosme parfait de la forme sonate que représente l'ouverture d'opéra aux structures très strictes, ni l'importance expressive donnée à un orchestre de type beethovenien (Matilde di Shabran, Ermione, etc.) avec l'emploi préférentiel des instruments romantiques tels que cor et clarinette, non plus que l'introduction des thèmes romantiques (La Donna del lago), féerique (Armide) ou libertaire (Guillaume Tell).

    Créateur d'une trop brève école de chant française qui unit les principes du bon chant italien à ceux de la noble déclamation française, et telle que la définit Manuel García junior dans son traité de 1847, fidèle aux objectifs d'une musique pure dont la beauté devait demeurer vierge de toute subjectivité (préfigurant en cela le retour à l'art « gratuit » de Mallarmé), il préféra, la maladie aidant, s'abstenir de prendre part au déferlement du romantisme européen, mais sut, dans ses dernières années, se montrer à l'avant-garde des jeunes générations françaises de 1870.

      

      

    sources / http://www.larousse.fr/encyclopedie/musdico/Rossini/169926

      

     

     

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  • Minute culture : Andy Warhol

     

     

    Minute culture : Andy Warhol

     

    Andy Warhol

     

    Deuxième post pour la minute culture (youpi !) et aujourd’hui, nous allons parler des conditions de travail des stagiaires chez Pixtory d’Andy Warhol bien sûr ! Le maître incontesté du Pop Art et celui qui nous a inspirés les portraits personnalisés en style Pop Art.

    De son vrai nom « Andy Warhola », il est originaire d’une modeste famille de Pittsburgh en Pennsylvanie. Dès son plus jeune âge, il se passionne pour l’art et réalisera plus tard des études de dessinateur publicitaire au Carnegie Institute of Technologie de Pittsburgh. Il déménage à New York en 1949 et prend alors le nom d’Andy Warhol, une brillante carrière de publicitaire commence pour lui.

    Marylin Monroe by Andy WarholAndy Warhol se consacre à la peinture à partir de 1960, ses peintures sont alors issues de l’univers des comics (tout comme Roy Lichtenstein). En 1962, il se tourne vers la peinture des biens de consommation (notamment des bouteilles de Coca-Cola) et la sérigraphie des portraits de stars, sont but est alors de démocratiser l’art et de le rendre accessible à tous. Andy Warhol tournera même plusieurs films, dont Sleep et Kiss. Il est blessé par balles en 1968 et arrêtera la peinture pendant plusieurs années.

    En 1972, il se remet à la peinture avec les célèbres portraits sérigraphiés de Mick Jagger, Marylin Monroe ou Mao Tse-Toung. Andy Warhol meurt à l’âge de 58 ans d’une crise cardiaque en 1987 suite à une opération de la vésicule billiaire à l’hôpital de New York.

    Chez Pixtory, nous nous sommes inspirés des oeuvres d’Andy Warhol pour vous proposer des portraits personnalisés qui révéleront la Pop attitude qui est en vous !

      

      

     

    Un portrait Pop Art réalisé sur votreportrait.frUn portrait personnalisé Pop Art réalisé sur le site votreportrait.frExemple de portrait Pop Art réalisé sur votreportrait.fr

    Pop !

    Signé : Benjamin

      

      

      



    SOURCES ; http://www.pixtory.fr/?p=659

      

     

     

    Minute culture : Andy Warhol

      

    Andy Warhol (de son vrai nom Andrew Warhola), né le 6 août 1928 à Pittsburgh en Pennsylvanie1 et mort à New York le 22 février 1987 est un artiste américain; il appartient au mouvement artistique : Pop Art, dont il est l'un des innovateurs.

    Warhol est connu dans le monde entier par son travail de peintre, de producteur musical, d'auteur, par ses films d'avant-garde, et par ses liens avec les intellectuels, les célébrités de Hollywood ou les riches aristocrates.

    Bien que le travail de Warhol reste controversé, il a été le sujet de multiples expositions, de livres, et de films depuis sa mort. Warhol est généralement reconnu comme l'un des artistes les plus connus du XXe siècle.

     Minute culture : Andy Warhol

    Jeunesse et études :

    Andy Warhol, né Andrew Warhola à Pittsburgh le 6 août1928 de parents ruthènes provenant du village de Miková au nord-est de l'actuelle Slovaquie2. Il est le quatrième fils de la famille, le cadet décédera avant d’emménager aux États-Unis. Son père, Ondrij Warhola, émigre aux États-Unis en 1914, alors que sa mère, Julia (née Zavacka, 1892-1972), n'arrive qu'en 1921, après la mort de ses parents. Ondrij Warhola travaille alors en tant que mineur de charbon.

    La famille vit au 55 Beleen Street, et plus tard au 3252 Dawson Street à Oakland, une localité proche de Pittsburgh. C'est en 1933 qu'il débutera sa scolarité à l'école primaire. En 1937 il est alors atteint de la maladie de la danse de Saint Guy. Souvent alité durant sa maladie, il est mal-aimé dans son école, et passe la majorité de son temps avec sa mère avec qui il tisse un lien très fort.

    Lorsqu'il est confiné à son lit, Andrew dessine, écoute la radio et collectionne des photos de stars de cinéma. Plus tard, Warhol décrira cette période comme très importante dans son développement personnel et celui de ses goûts. En 1942, Andrew qui a alors 14 ans perd son père après trois ans de maladie. Il termine sa scolarité en 1945 avec la remise du diplôme du lycée.

      

    illustration

    Début de carrière :

    Entre 1945 et 1949, il fait ses études au Carnegie Institute of Technology de Pittsburgh où il obtient le titre de Bachelor of Fine Arts. C'est au cours de ces études qu'il adopte la technique du dessin tamponné. À l'été 1949, il s'installe à New York, cette même année, il commence à travailler comme dessinateur publicitaire pour le magazine Glamour, c'est à cette occasion qu'apparaît pour la première fois son nom simplifié en Andy Warhol. Il travaillera ensuite pour Vogue et Harper's Bazaar et créera ses premiers croquis pour le fabricant de chaussures I. Miller ; il décore aussi des vitrines pour le grand magasin Bronwit Teller.

      

     

    ..L’Art de…

     

     

     

    ‘ Gagner de l’argent est un art, travailler est un art et faire de bonnes affaires est le plus bel art qui soit.

    Andy Warhol

    C'est en 1952 qu'a lieu sa première exposition à la Hugo Gallery (New York). Entre 1953 et 1955, Andy devient créateur de costumes dans une troupe de théâtre. Il s'affuble alors d'une perruque platine qui le caractérise. Il ne cessa de mener cette double vie : «  J'ai commencé comme artiste commercial et je veux terminer comme artiste d'affaires » dit-il.

      

    Minute culture : Andy Warhol

      

    Andy Warhol, artist, Jay Johnson and Candy Darling,

     

    En 1954, sa première exposition à la Loft Gallery de New York a lieu. En 1955, il réalise bon nombre de publicités, allant même jusqu'à fabriquer des cartes de Noël pour divers magasins, comme Tiffany's. Certaines de ces cartes de Noël sont disponibles dans le livre Greetings from Andy (Warhol) Christmas at Tiffany's. En 1956, une exposition exclusive a lieu à la Bodley Gallery, de plus il expose aussi sur Madison Avenue. Durant cette même année, il fait le tour du monde. Sa publicité pour Miller obtient la médaille du Thirty Fifth Annual Art Director's Club Award's. En 1957, il obtient un autre prix pour ses publicités, l'Art Director's Club medal. Il fonde la même année une société gérant les commandes publicitaires.

    Minute culture : Andy Warhol

      

    Années 1960 :

    En 1960, il réalise ses premiers tableaux inspirés des comics, à la même période que Roy Lichtenstein. C'est en 1962 que Warhol participe avec Roy Lichtenstein et des artistes français (comme Klein et Niki de Saint Phalle...) à une exposition majeure du Pop Art et du Nouveau réalisme du nom de The New Realists à New York. Il peint ses premières boîtes de soupes Campbell's et Dollars, et compose aussi ses premières sérigraphies sur les stars américaines. Irving Blum, directeur d'une galerie de Los Angeles, expose les trente-six boîtes de soupes et les achète toutes. Première exposition exclusive à la Eleanor Wards Stable Gallery à New York.

      

      

      

    L'artiste commence ses séries sur la mort et sur les catastrophes. En janvier 1964, Warhol ouvre la Factory dans un loft sur la 47e rue. C'est une sorte d'atelier artistique qui sert en même temps de studio d'enregistrement pour ses œuvres cinématographiques et de lieu de rencontre pour son entourage. C'est là qu'il tourne plusieurs films expérimentaux, largement improvisés, sans sujet ni scénario. À la manière de ses toiles, ces films ne sont en réalité qu'une seule séquence répétée plusieurs centaines de fois, comme par exemple dans Sleep, où l'on voit le même homme dormir pendant 20 minutes, cette séquence étant répétée dix-huit fois pour former un film de six heures.

    En 1964 a lieu la première exposition exclusive en Europe. Pour l'exposition universelle de New-York, Warhol crée le panneau mural Thirteen Most Wanted Men (« Treize hommes les plus recherchés »), œuvre qui devra être recouverte de peinture car cette œuvre, représentant des criminels, choque à l'époque. Il commence ses sérigraphies en 3D en reproduisant des boîtes de ketchupHeinz ou de tampons à récurer Brillo(en).

    En 1965, il annonce officiellement qu'il abandonne l'art pictural pour des œuvres cinématographiques, mais il n'arrêtera jamais. C'est entre 1966 et 1968 qu'une immense production cinématographique3 conjuguée au soutien pour le Velvet Underground, font de lui un artiste touche-à-tout. Il découvre le Velvet en décembre 1965 et en devient le producteur4,5. Le groupe se produit souvent à la Factory. En 1968, la Factory déménage au 33 Union Square West.

      

      

    Tentative d'assassinat :

    Le 3juin1968, il échappe de peu à la mort quand Valerie Solanas, militante féministe, qui avait confié le manuscrit d'une pièce de théâtre à Warhol sans que ce dernier n'y prête aucune attention, tire trois coups de pistolet sur lui dans le hall de la Factory. Les deux premiers coups manquent leur cible, mais la troisième balle lui transperce le poumon, la rate, l'estomac, le foie et l'œsophage. Elle tirera aussi sur le critique d'art et compagnon d'Andy, Mario Amaya et essayera également de tuer son impresario, Fred Hughes, avant que l'arme ne s'enraye. Déclaré pendant un temps cliniquement mort, Warhol s'en tirera de justesse, mais il ne récupérera jamais vraiment et devra porter un corset jusqu'à la fin de ses jours

    Années 1970 :

    Andy Warhol en 1977

    En 1969, baignant à la fois dans le milieu underground et VIP de l'époque, Warhol publie les premiers exemplaires de son magazine Interview, créé avec Gerard Malanga, avec des articles illustrés sur les célébrités du moment. Durant les années 1969 et 1972, il réalise quelques œuvres sur commande, pour des amis ou des directeurs de galerie.

    En 1972, il fait un retour à la peinture avec des portraits sérigraphiés, comme ceux de Mao Zedong, tableaux retouchés de manière très gestuelle tout en réalisant des œuvres d'art abstrait et en utilisant la peinture à l'oxydation. Warhol est alors submergé par les commandes. Les séries Skulls et Still Life (marteaux et faucilles) sont produites en 1976.

    Entre 1979 et 1980, Warhol commence les grandes séries rétrospectives, séries reprenant les motifs les plus connus de son œuvre (Campbell's Soup, U.S. dollar Sign, flowers, ...).

    Années 1980 :

    Durant l'année 1980, Warhol produit des clips vidéos et ouvre la chaîne de télévision câblée Andy Warhol TV. Il fait aussi paraitre le livre POPsim, The Warhol's 60s.

    Entre 1982 et 1986, il réalise les dernières séries reprenant des œuvres très célèbres, comme la Naissance de Vénus de Boticelli ou la Cène de Vinci. En 1986 viendront les derniers Selfportraits et la série de portraits de Lénine.

      

      

    Pendant ses dernières années, il n'hésita pas non plus à profiter de sa notoriété pour mettre en avant de jeunes artistes de New York comme Jean-Michel Basquiat ou encore Keith Haring.

    Andy Warhol meurt à New York le 22février1987 à 6 h 32. Il avait subi une intervention banale de la vésicule biliaire au New York Hospital dont il semblait bien se remettre, mais il mourut dans son sommeil d'une attaque cardiaque soudaine. Warhol avait longtemps retardé l'intervention par peur du milieu médical.

      

    Minute culture : Andy Warhol

      

    Œuvre :

    Il fut amoureux de Marilyn Monroe dans les années 1950-1955, ce qui l'inspirera beaucoup dans ses projets futurs. Au début des années 1960, Andy Warhol était un illustrateur publicitaire reconnu. Dans ses dessins publicitaires, Andy Warhol utilisait une technique directe : il dessinait ses créations sur du papier hydrofuge, repassait les contours d'encre encore humide sur des feuilles de papier absorbant, sur le principe du buvard. Bien que, durant cette période, beaucoup d'artistes travaillaient en tant qu'illustrateur publicitaire pour des entreprises, tous le faisaient discrètement. Warhol était, quant à lui, si reconnu en tant que dessinateur publicitaire que le reste de son travail artistique n'était pas pris au sérieux.

    Pour y remédier, il tenta d'exposer dans une galerie quelques-unes de ses œuvres, utilisant ces techniques, mais ce fut un échec. C'est à ce moment-là qu'il reconsidéra son travail commercial et le reste de son art. Plutôt que de les opposer, il pensa à les réunir. Il tenta alors de rendre la culture populaire et commerciale plus élitiste. Il adhère au Pop-Art, mouvement lancé à Londres au milieu des années 1950 par Richard Hamilton et Eduardo Paolozzi.

    Le Pop-Art était une forme expérimentale que beaucoup d'artistes s'approprièrent indépendamment les uns des autres. Parmi les pionniers, on peut remarquer Roy Lichtenstein et Jasper Johns. Mais Andy Warhol sera, plus tard, considéré comme « Pope of the Pop » c'est-à-dire « Pape du Pop » par ses contemporains.

    En 1963, il adopte la technique qu'il utilise pour ses œuvres les plus célèbres : la photographie sérigraphiée est reportée sur toile. Les photographies utilisées sont en noir et blanc, il colore le fond de la toile, et ensuite, imprime le sujet, le visage de Marilyn Monroe par exemple, avec seulement quelques détails, pour le rendre plus neutre, pour les reproduire par sérigraphie. Souvent, c'est un motif qui sera reproduit plusieurs fois sur la toile. C'est le stéréotype du Pop art.

    Ses figures favorites sont les noms de marque déposés, le symbole du dollar ou les visages de célébrités. Le ton est à la fois populaire et iconoclaste, s'inspirant de la culture populaire. Le thème des Comics, qui avait d'abord intéressé l'artiste, est déjà pris par le peintre Roy Lichtenstein qui en fait son outil visuel. Celui de la typographie est utilisé par Jasper Johns.

    Pour se distinguer, Warhol comprend qu'il doit trouver une niche qui devienne son sujet principal. Ses amis lui suggèrent de peindre la chose qu'il adore le plus par-dessus tout. C'est ainsi que pour sa première exposition majeure, il peint les fameuses conserves Campbell's Soup.

    Cette œuvre est encore considérée comme sa marque de fabrique. Les thèmes fondamentaux chez Warhol sont l'image, son pouvoir au sein de la société de consommation et son lien avec la mort. Chez Warhol, la répétition de la figure se rapporte souvent à son exténuation. Le choix des sujets est en rapport avec cette obsession de la mort, y compris pour les toiles célèbres de Marilyn Monroe (peinte après sa mort) ou de Liz Taylor (peinte alors que l'actrice était gravement malade).

     

    Dans les dernières années de son œuvre, Warhol devient pratiquement un peintre de cour, appliquant son style à de nombreux portraits de commande, tout en continuant à creuser sa réflexion sur la peinture avec ses séries Shadows, Oxidation paintings, et des reprises de toiles de Botticelli ou de Léonard de Vinci.

      

    SOURCES Wikipedia - photos google et diverses.

      

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  • Qu'est-ce que le "mur du son"?

    On l'entend parfois, cet énorme "Bang" que font les avions supersoniques. Toujours très surprenant car on n'entend jamais le bruit des réacteurs avant. Après on le perçoit bien, mais c'est trop tard...

    On le sait tous, passer le mur du son, c'est aller plus vite que le son, c'est à dire 340 m/s au niveau du sol. Mais pourquoi un tel bruit?

    Le son est une onde, et comme telle, se propage depuis la source à la façon des vagues créées par un caillou tombé dans l'eau. Ce qui se propage, ce sont les oscillations des molécules d'air: bousculez le dernier membre d'une file d'attente, et toutes les personnes seront poussées les une après les autres, vous vous ferez des tas d'amis... Les molécules d'air se comportent un peu de la même manière, les représailles en moins.

    avion immobile L'avion est ici immobile sur la piste. Nous le regardons du dessus. Les ondes sonores s'éloignent de lui à vitesse constante, de façon concentrique. L'onde sonore étant une onde de pression, les cercles sombres représentent ici les zones de haute pression.
    avion allant aussi vite que le son L'avion vole maintenant exactement à la vitesse du son. Il se déplace donc en "surfant" sur les ondes qu'il a émises précédemment, il va aussi vite qu'elles. Les zones de haute pression sont très serrées sur la droite, c'est là que la pression est la plus forte, une grosse onde sonore progresse en même temps que l'avion. On entend une forte détonation quand l'avion passe près de nous, ou peu de temps après si l'on est plus loin de sa trajectoire. Après le "Bang", le bruit des réacteurs nous parvient normalement.
    condensation et mur du son Ce curieux nuage se forme parfois, quand l'air est suffisamment humide. L'avion n'est encore pas supersonique, mais la forme de la nuée matérialise la structure en 3D du brutal changement de pression. Son origine fait encore débat, mais il semble que l'on se dirige vers cette explication: Autour de l'avion, l'onde de pression à une forme en "N". Montée brutale, puis redescente en dessous de la pression ambiante, enfin, retour à l'état normal. Ce serait lors de la forte détente avec baisse de température que la vapeur d'eau condenserait.
    Sur l'image, on voit bien deux ondes de choc: derrière le cockpit, et à l'arrière de l'avion. Cela doit donc pouvoir produire deux "bangs" supersonique. Ils sont en général trop rapprochés pour être distingués, sauf dans le cas d'aéronefs d'assez grande dimension. La navette spatiale, par exemple, lors de ses retours sur Terre, produit un double bang très serré (environ 1/2s)
    deux fois le mur du son Cette fois-ci, l'avion va deux fois plus vite que le son. Il traîne derrière lui un cône de pression, d'autant plus étroit qu'il va vite (sin angle = v onde / v avion...). Le mur du son est perforé.
    mur du son Voilà une autre manière de voir les choses: Nous sommes au sol, par exemple sous la trajectoire de l'avion, il passe au-dessus de nous, on ne l'entend qu'un peu après, précédé du bang supersonique

    Comment fabriquer son "Bang supersonique" personnel? Alors que notre voiture a du mal à passer le 80?

    Avec un fouet par exemple... Son claquement est la manifestation du passage du mur du son pour son extrémité...

      

      

    Sources : http://philippe.boeuf.pagesperso-orange.fr/robert/physique/murduson.htm

      

      

      

      

     

     

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    CAMILLE FLAMMARION...

     

    Camille Flammarion (1842-1925)

    Un jeune homme surdoué

     

     

    « Je suis né, écrit Camille Flammarion dans ses Mémoires, le samedi 26 février 1842, à 1 heure du matin, dans le bourg de Montigny-le-Roi, chef-lieu de canton du département de la Haute-Marne, qui comptait alors mille deux cent soixante-sept habitants. Je suis fils de campagnards, véritable enfant de la Nature. »

    Dès ses premières années, l'enfant prodige s'intéressa aux richesses de sa mère, la Nature, étudiant sur le vif aussi bien les papillons que les ruisseaux et les collines d'alentour. Mais c'est le ciel qui le fascinait plus que tout. A cinq ans, il observait, émerveillé, une éclipse annulaire de soleil ; à onze ans, depuis les remparts de Langres, il dessinait la comète de 1853. Malgré leur pauvreté, ses parents lui firent donner une éducation aussi complète que possible, mais, dès l'âge de quatorze ans, il dut gagner sa vie à Paris. Il se plaça donc comme apprenti chez un ciseleur-graveur, tandis que son père entrait chez le photographe Nadar.

    Comme il était de règle à cette époque, le jeune apprenti travaille seize heures par jour pour un salaire de famine, au vrai sens du terme. Il fréquente les cours gratuits du soir que dispense l'Association polytechnique ; rentré dans sa mansarde sans chauffage ni éclairage, il continue à étudier à la lueur d'une bougie et même au clair de lune quand il n'a plus d'argent pour la bougie. Le manque de sommeil s'ajoutant au manque de nourriture et l'excès de travail intellectuel accentuant la fatigue du travail manuel ont bientôt raison de sa santé.

    Le Dr Fournier se présente chez Camille malade de privations et de surmenage. Tout en lui prodiguant ses soins, ce médecin de quartier qui, comme le Dr Encausse, soignait gratuitement les pauvres, avise un énorme manuscrit de cinq cents pages. Il lit stupéfait : Cosmogonie universelle : étude du monde primitif, histoire physique du globe depuis les temps les plus reculés de sa formation jusqu'au règne du genre humain.

    Il feuillette l'énorme ouvrage illustré de cent cinquante dessins.

    — Tout cela est passionnant. Comment ce manuscrit est-il venu entre vos mains ? De qui est-ce ?

    — De moi... les dessins aussi.

    — Ce n'est pas possible ! Quel âge avez-vous donc ?

    — Seize ans. Attendez, docteur, j'ai un autre manuscrit, beaucoup plus élégant, celui-là recopié par ma sœur cadette. Elle aussi a pris sur son sommeil. Elle aussi a économisé sur ses maigres déjeuners pour m'acheter des livres.

    Le Dr Fournier continue à parcourir, émerveillé, la Cosmogonie universelle :

    — Mon petit, dès que je vous aurai remis sur pied, je m'occuperai de vous. J'ai des relations à l'Observatoire.

    Le providentiel docteur tint parole : un mois plus tard, Camille entrait comme élève-astronome à l'Observatoire de Paris que dirigeait alors l'illustre Le Verrier qui avait découvert la planète Neptune.

    Le manuscrit au titre interminable fut édité en 1885 et s'appela désormais le Monde avant l'apparition de l'Homme.

    En 1861, Camille est heureux : il a retrouvé la santé, il a dix-neuf ans, il mange à sa faim, il étudie toute la journée des choses qui le passionnent. Le voici qui flâne sous les galeries de l'Odéon sans se douter qu'il va découvrir l'autre face de l'univers et l'autre versant de sa pensée. Il tombe en arrêt sur le Livre des Esprits d'Allan Kardec. Il dévore l'ouvrage et demande à être reçu par l'auteur. De cette première entrevue naît une amitié qui ne se démentira jamais.

    Ce livre, dont aucun éditeur n'avait voulu et qu'Allan Kardec s'était résigné à publier à ses frais, devait faire, tant sur le plan commercial que sur le plan spirituel, une fulgurante carrière... qui n'est pas près de se terminer.

     

     

    CAMILLE FLAMMARION...

     

     

     

    A l'époque, Flammarion n'était pas encore acquis à cent pour cent au spiritisme. Mais c'est lui qui, en 1869, prononcera l'éloge funèbre de son ami, exaltant « ce bon sens incarné, cette raison judicieuse, ces précieuses qualités sans lesquelles l'œuvre n'aurait pu jeter ses immenses racines dans le monde ». Et se souvenant de l'accueil à bras ouverts que lui avait réservé le vieux druide, il conclut :

    « Tu fus le premier, ô maître et ami, qui, dès le début de ma carrière astronomique, témoignas une vive sympathie pour mes déductions relatives à l'existence d'humanités célestes... car, prenant en main le livre de la Pluralité des Mondes habités, tu le posas tout de suite à la base de l'édifice doctrinaire que tu dressais. »

    Un siècle plus tard, l'édifice kardécien se dresse toujours solidement fondé sur le roc des faits et lançant toujours vers le ciel métaphysique ses campaniles d'où l'on découvre l'infini.

    Cette même année 1861 devait voir la rupture avec Le Verrier. Que pouvait-il reprocher à cet étudiant qui travaillait avec autant de frénésie que d'intelligence ? Rien de précis. Ses remontrances se résumaient en ceci : le jeune homme s'égarait hors des sentiers battus. En réalité, le découvreur de Neptune était un jaloux et un caractériel. Son contemporain, Gaston Boucheny, nous apprend qu'il souleva contre lui tous ses collaborateurs et qu'il fallut lui adjoindre une sorte de comité de surveillance. Flammarion qui lui tenait tête dut se démettre. Il devint calculateur au Bureau des Longitudes et dressa les cartes du mouvement de la lune. Ce nouveau travail lui laissait beaucoup de temps libre : il le mit à profit pour écrire.

    En 1862, Camille Flammarion vient d'avoir vingt ans. A ce titre, il est convoqué à l'Hôtel de Ville de Paris pour le tirage au sort du service militaire de sept ans.

    Le maire du 1er arrondissement, qui fait partie de la Commission de recrutement, s'adresse au futur bidasse avec une amabilité toute spéciale :

    — Dites-moi, jeune homme, vous êtes sans doute le fils de M. Camille Flammarion, le célèbre auteur de la Pluralité des Mondes ?

    — Non, monsieur le Maire, répond Camille, comme en s'excusant, l'auteur en question, c'est moi. J'ai écrit ça l'année dernière.

    Jamais l'expression : fils de ses œuvres n'avait été plus vraie.

    M. le Maire n'en revenait pas. Personne n'en revenait : ni l'éditeur comblé qui voyait le livre traduit immédiatement en treize langues, ni Victor Hugo bouleversé d'admiration qui lui écrivait de Guernesey, le 17 décembre 1862 : « Les matières que vous traitez sont la perpétuelle obsession de ma pensée, et l'exil n'a fait qu'augmenter en moi cette méditation, en me plaçant entre deux infinis, l'Océan et le Ciel... Je me sens en étroite affinité avec des esprits comme le vôtre. Vos études sont mes études. Oui, creusons l'infini : c'est le véritable emploi des ailes de l'âme. »

    Stupeur d'Allan Kardec qui s'écriait dans la Revue spirite : « En voyant la somme d'idées contenues dans cet ouvrage, on s'étonne qu'un jeune homme, d'un âge où d'autres sont encore sur les bancs de l'école, ait eu le temps de se les approprier et, à plus forte raison, de les approfondir ; c'est pour nous la preuve évidente que son esprit n'est pas à son début, ou qu'à son insu il a été assisté par un autre esprit. »

     

     

    Stupeur du lecteur du XXe siècle quand il découvre ces lignes où l'extraordinaire profondeur de la pensée s'exprime dans une langue parfaite, dans un style ample et soutenu à la mesure des splendeurs qu'il décrit : « Autrefois nous considérions la Terre que nous habitons comme seule dans la nature, et nous pensions qu'étant l'unique expression de la volonté créatrice, elle était le seul objet de la complaisance et de l'amour de son Auteur.

     

    Nos croyances religieuses étaient fondées sur ce système égoïste et mesquin. Nous croyions alors notre humanité assez importante dans sa valeur absolue pour être le but d'une création qui dépendait tout entière de nos destinées ; pour nous, le commencement de la Terre, c'était le commencement du monde, de même que la fin de la Terre nous représentait la consommation de toutes choses.

     

    L'histoire de notre humanité était l'histoire de Dieu même : tel était le fondement de notre foi. Quand nos regards cherchaient à sonder les régions de notre immortalité future, nous assistions à la fin du monde, et l'heure où le dernier homme devra disparaître de la Terre caduque et glacée nous paraissait devoir marquer en même temps l'extinction de l'univers actuel et une révolution générale dans l'œuvre divine.

     

    Aujourd'hui, ces idées fausses sont éloignées de nos esprits mieux éclairés ; nous connaissons mieux notre état réel. Nous savons que la Terre n'est qu'un astre obscur, et que son habitant n'est qu'un membre de l'immense famille qui peuple la création entière. Nous savons que des astres resplendissants s'éteignent solitairement un jour ou l'autre, et que le monde ne change pas pour un événement aussi insignifiant que la mort d'un soleil, à plus forte raison pour la mort d'une petite planète comme la nôtre. Notre humanité tout entière serait détruite ce soir par un souffle mortel qu'on ne s'en apercevrait pas sur les autres mondes, et qu'il n'y paraîtrait rien dans la marche journalière de l'univers. »

    Souffle mortel : le génie prophétique ne manquait pas au jeune Flammarion. On sait aujourd'hui que les armes nucléaires déclenchent des effets thermiques et sismiques, des effets d'irradiation directe et de contamination radioactive, des effets d'ionisation et de perturbation électromagnétique, des effets de choc et de souffle.


    Camille Flammarion fut donc exempté du service militaire, ce qui lui permit de mener à bien l'édition de la Pluralité des Mondes habités. Ce livre qui offrait d'infinies et transcendantes perspectives connut un légitime succès. Mais déjà, à cette époque, l'astronome de vingt ans était prêt à dépasser les limites de la science. Son public d'ailleurs semblait l'y inviter.

    « Lorsque les premières éditions de mon livre la Pluralité des Mondes habités ont été publiées (1862-1864), un certain nombre de lecteurs parurent attendre la suite (la Pluralité des existences de l'âme). Si le premier problème a été jugé résolu par la suite de mes travaux (Astronomie populaire, la Planète Mars, Uranie, Lumen, Stella, Rêves étoiles, etc.), le second ne l'est pas encore, et la survivance de l'âme, soit dans l'espace, soit sur les autres mondes, soit par des réincarnations terrestres, pose toujours devant nous le plus formidable des points d'interrogation. »

    Parmi les ouvrages que Flammarion ne mentionne pas, citons Études et lectures sur l'Astronomie, les Héros du Travail, l'Atmosphère, De Paris à Vaucouleurs à vol d'oiseau. Il fit en effet plusieurs voyages scientifiques en ballon pour étudier la direction des courants aériens et l'état hygrométrique de l'air. C'est à ce titre qu'il était vice-président de la Société aérostatique de France.

    « Je suis né un 26 février, disait-il. On a fait remarquer que cette date de l'année est la même que celle de la naissance d'Etienne Montgolfier, de François Arago et de Victor Hugo. L'aérostation, l'astronomie, la poésie sont les trois muses qui m'ont charmé. »

     

     

    CAMILLE FLAMMARION...

     

     

    Une autre muse l'avait charmé, elle se nommait Sylvie, il en fit son épouse au grand dépit des nombreuses dames qui aspiraient à ce rôle. C'est en ballon que le couple intrépide entreprit son voyage de noces... qui faillit s'achever en tragédie. Brusquement, pour une raison inconnue, l'aéronef perdit de l'altitude et se mit à tomber en chute libre. Il atterrit exactement dans le jardin du curé qui avait béni leur mariage. Seules quelques roses trémières perdirent la vie en cette aventure. Pendant toute la durée de la chute, Camille eut le temps de se remémorer la prédiction d'une gitane : « Vous mourrez à quarante ans » ; il vécut jusqu'à quatre-vingt-trois.

    Et les livres s'ajoutaient aux livres : Dans l'infini, Vie de Copernic et Histoire de la découverte du système du monde.

    Passionné de recherche, travailleur infatigable, il avait hâte de communiquer aux autres le fruit de ses études ; il le faisait dans un style aussi clair que sa pensée. Il se laissait entraîner par le plaisir de montrer à tous les merveilles de l'univers. Son imagination puissante ne se lassait pas de représenter sous une forme accessible et agréable l'ensemble de ses connaissances.

    Malheureusement, à son époque (et encore à la nôtre) l'imagination, ce merveilleux pouvoir de penser par images, n'avait pas bonne presse, elle était synonyme d'illusion, de chimère et de rêverie. Le jugement suivant, qui émane de Gaston Boucheny, déjà nommé, est tout à fait caractéristique : « Depuis 1868, ce vulgarisateur ingénieux, mais trop plein d'imagination, a publié plusieurs ouvrages dans lesquels on retrouve ses qualités et ses défauts. »

     

    CAMILLE FLAMMARION...Soyons certains que parmi ses défauts, le pontife du XIXe siècle finissant stigmatisait l'aspect visionnaire du vulgarisateur ingénieux. Vulgarisateur ingénieux, disaient les uns ; vulgarisateur génial, disaient les autres, plus proches de la vérité. Prenons au sens noble ce terme qui a trop souvent une connotation péjorative. Le vulgarisateur est celui qui a pris pour devise : « Ce que tu sais, ne le conserve pas en avare pour toi. Répartis-le en prodigue à pleines mains et enrichis le plus grand nombre ! »

    Boucheny savait-il que, dès 1861, Flammarion s'intéressa aux phénomènes spirites et que, dans le cadre du cercle Allan Kardec de la rue de Valois, il pratiquait l'écriture automatique ? Savait-il qu'il fréquentait les principaux médiums de son temps : l'Anglais Slade, l'Écossais Daniel Dunglas Home, les Italiens Augusto Politi et Eusapia Paladino ?

    Le censeur, pour qui l'imagination était le péché capital, vécut-il assez longtemps pour voir surgir l'œuvre métapsychique de Flammarion aussi importante que l'œuvre astronomique ? Dans l'affirmative, il dut être horrifié de le voir rejoindre ces authentiques savants et philosophes qui avaient entrepris l'investigation systématique du monde supra-normal. En France, Gabriel Delanne, le Dr Maxwell, Charles Richet, Albert de Rochas ; aux États-Unis, William James ; en Angleterre, Crookes, Oliver Lodge, Myers, Hodgson et la Society for Psychical Research fondée en 1882.

    La Society for Psychical Research et Flammarion procédaient de la même manière, alternant les expériences médiumniques et la confrontation des témoignages. A lui tout seul, Flammarion en recevait autant que l'illustre Society. Comme elle, il les contrôlait de son mieux, se tenant à égale distance du scepticisme et de la crédulité. Ces lettres de lecteurs affluaient de tous les milieux, de tous les pays. C'est alors qu'il commença à les comparer, à les consulter, à les regrouper en un corpus impressionnant. Il en tira successivement les Forces naturelles inconnues (1907), l'Inconnu et les problèmes psychiques (1900 et 1911), la Mort et son mystère (3 volumes, 1920, 1921, 1922), les Maisons hantées (1923).

    Cependant les travaux de Flammarion métapsychiste ne nuisaient pas aux travaux de Flammarion astronome, que l'on connaissait déjà dans les divers pays. On n'a pas idée aujourd'hui de ce que fut sa célébrité. Elle était, au vrai sens du terme, mondiale. En voici quelques exemples : un médecin est appelé à donner ses soins à Ranavalo, reine de Madagascar, il la trouve plongée dans Histoire du Ciel.

    En 1900, Flammarion se rend en Espagne pour observer une éclipse totale. Son train doit s'arrêter de gare en gare où l'attendent chaque fois un tapis rouge semé de roses, un public délirant et un vin d'honneur offert par des officiels pleins de courtoisie et d'admiration[1].

     

     

    En 1912, l'astronome allemand, Max Wolf, désireux de lui marquer son estime, baptisa Juvisia une nouvelle étoile. Et l'Angleterre l'invita à présider sa Society for Psychical Research.

    Mais s'il est connu et reconnu par les grands de ce monde, il l'est tout autant par les petites gens. Le peintre Styka, perdu dans une forêt de Pologne, se réfugie dans la cabane d'un bûcheron : cet homme était en train de lire, traduite dans sa langue, l'Astronomie populaire.

    Un ouvrier agricole de la pampa argentine, à qui l'on présente un de nos compatriotes, s'écrie stupéfait, émerveillé :

    — Vous venez de France, monsieur ? de France, le pays de Napoléon et de Flammarion ?

    Flammarion estimait que les astronomes étaient particulièrement qualifiés pour étudier les phénomènes métapsychiques pour cette raison que ces phénomènes relevaient de l'observation plutôt que de l'expérimentation et ressemblaient en cela aux phénomènes astronomiques qu'il est impossible de reproduire à volonté. On entend, on lit souvent ce cliché : un fait n'est réputé scientifique que s'il est reproductible autant de fois qu'on le désire. Mais l'authenticité d'un fait ne dépend en aucune façon de la possibilité ou de l'impossibilité dans laquelle nous nous trouvons de le reproduire à volonté. Tout fait d'observation doit être réputé exact dès qu'il a été dûment constaté. Parlant des témoignages qu'il recevait en si grand nombre, il écrivait : « Ce sont là des observations positives, indépendantes de toutes théories sentimentales et nous devons les admettre au même titre que les observations diverses de physique, de météorologie, d'astronomie. Elles doivent être classées dans le cadre toujours agrandi des études scientifiques. »

    Le problème métapsychique était posé, mais il ne prétendait pas l'expliquer. « Admettre et expliquer sont deux, poursuivait-il. CAMILLE FLAMMARION...

     

    La science n'en est pas encore là. Nous sommes forcés d'admettre les faits, lors même que nous ne les expliquons pas. Non, vraiment, ce que nous appelons la matière et ses propriétés ne suffit pas pour expliquer ces faits, et voilà pourquoi ils sont d'un autre ordre, d'un ordre qui a tous les droits à être qualifié de psychique. Les faits de cette nature sont trop fréquents pour être attribuables à des coïncidences fortuites. Le calcul des probabilités prouve mathématiquement leur réalité. »

    Chose curieuse, les mathématiques venaient au secours de la métapsychique naissante et c'est un grand mathématicien, Henri Poincaré, qui rendit à Flammarion l'hommage le plus chaleureux dans la forme la plus belle : « Il est venu un poète qui a su décrire les paysages des deux, les faire aimer de ceux qui ne les connaissaient pas ou de ceux qui ne savaient pas très bien les regarder ; ce poète, c'est Camille Flammarion. Il chante et les solitudes célestes s'animent ; les astres ne sont plus des points mathématiques obéissant passivement à des équations différentielles, ce sont des mondes parés de magnifiques couleurs où l'on s'agite, où l'on vit et où l'on aime. »


    Comme les métapsychistes travaillant aux côtés du professeur Richet, Flammarion tendait à expliquer les phénomènes médiumniques et supranormaux non par l'intervention des esprits mais par l'action d'une force encore inconnue qu'il nommait dynamisme universel. Il voyait l'univers comme un être vivant régi par ce dynamisme d'ordre psychique. « Il existe, disait-il, un milieu psychique ; il y a de l'esprit dans tout, non seulement dans la vie humaine et animale, mais aussi dans les plantes, dans les minéraux, dans l'espace. Ce n'est pas le corps qui produit la vie ; c'est plutôt la vie qui organise le corps. La substance unique est immatérielle et inconnaissable dans son essence ; nous n'en connaissons que les condensations, les agrégations, les arrangements, c'est-à-dire les formes produites par le mouvement. »

    On aurait pu lui objecter que matière, force, vie, pensée ne sont pas un, mais procèdent de l' Un. Ces quatre réalités ne se laissent réduire à l'unité que si l'on remonte à leur cause première.

    Flammarion psychiste reconnaissait volontiers tout ce qu'il devait à ses correspondants inconnus qui lui confiaient tant de faits insolites et bouleversants prouvant la réalité substantielle de l'autre monde. En outre, de leur côté, ses illustres amis : Allan Kardec, Victor Hugo, Dumas père, le Dr Charcot, le colonel de Rochas, la cantatrice Emma Calvé lui apportaient d'autres preuves qui finissaient par le convaincre.

    De 1865 à 1870, il fréquenta de façon intermittente Alexandre Dumas père. Le brave et excellent homme lui raconta un souvenir d'enfance que l'on retrouve dans ses Mémoires.

    Quand le général Dumas fut en fin de vie, on confia le petit Alexandre, alors âgé de quatre ans, aux soins de sa cousine Marianne. La nuit de son agonie, Marianne et Alexandre furent réveillés par de grands coups frappés à la porte de leur chambre. Nullement effrayé, l'enfant sauta de son lit et s'avança vers la porte.

    — Où vas-tu, Alexandre ?

    — Je vais ouvrir à papa qui vient nous dire adieu ! répondit-il le plus naturellement du monde, car il avait tout compris.

    A son tour, Marianne se leva, le rattrapa et le recoucha d'autorité tandis qu'il criait de toutes ses forces : « Adieu papa ! adieu papa ! » Un souffle passa sur son visage et il se rendormit.

    Le lendemain, on vint lui apprendre que le général était mort à l'heure où le grand coup avait été frappé : « Mon enfant, ton papa qui t'aimait tant est mort. Le bon Dieu te l'a pris. »

    — Et où demeure-t-il, le bon Dieu ? demanda le petit Alexandre qui avait son idée.

    — Il demeure au ciel.

    L'enfant sortit de chez son oncle et courut droit au domicile mortuaire. Il s'empara d'un fusil, monta l'escalier et rencontra sa mère qui lui demanda où il allait.

    — Je vais au ciel !

    — Et que vas-tu faire au ciel, mon pauvre enfant ?

    — Je vais tuer le bon Dieu qui a tué mon papa.

    Dans les années qui suivirent, Flammarion eut maintes fois l'occasion de connaître des faits semblables à ceux éprouvés par le petit Alexandre. En conclusion de son livre Autour de la mort, il écrivait : « Les faits psychiques examinés ici nous montrent, sans qu'aucun doute puisse subsister, qu'au moment de la mort une secousse subite, de nature inconnue, va parfois frapper au loin les êtres associés au mourant d'une manière quelconque, qui n'est pas toujours de la sympathie. Cette onde éthérée, ou projection électromagnétique, produit des phénomènes physiques et des sensations mentales. Ce sont là des émissions automatiques généralement involontaires, comparables à des vibrations électriques qui accompagneraient la désagrégation des liens terrestres. »

    CAMILLE FLAMMARION...Voilà qui est étrangement réductionniste et je ne puis approuver ce terme d'émissions automatiques involontaires. Je pense, avec le petit Alexandre, que le général Dumas, mû par ce puissant désir qu'inspire la tendresse, est venu réellement, corporellement, c'est-à-dire en son corps spirituel, dire adieu à son fils et qu'il l'a embrassé avant de partir pour l'autre monde.

    Se souvenant de cet instant unique, le vieil Alexandre Dumas écrivait avec une émotion aussi vive qu'au premier jour : « Quelque chose de pareil à une haleine expirante passa sur mon visage et me calma. »

    Flammarion avait un autre ami tout aussi glorieux : Saint-Saëns qui était persuadé que tous les spiritualistes sont dans l'erreur la plus totale. « Pardonne-moi, Camille, lui écrivait-il, mais malgré tous tes raisonnements, malgré ta grande autorité due à ta valeur exceptionnelle et à ton intelligence hors ligne, je ne crois pas à l'âme. Quant à Dieu, quand on voit tout ce qui se passe... »

    Flammarion répondait sur le même ton : « Tu es le plus charmant des amis, le plus puissant des musiciens, la gloire de l'Institut, l'un des plus profonds penseurs de notre époque ; mais tu n'es pas logique. Comment un assemblage quelconque de molécules chimiques sous ton crâne aurait-il pu sécréter cette prémonition bizarre ? »

    En effet, le matérialiste Saint-Saëns était très psychique et avait de fréquentes et remarquables prémonitions qu'il communiquait à son ami. Celle-ci par exemple : dans sa jeunesse, un peintre de ses amis lui fit voir un tableau qu'il destinait à l'Exposition annuelle en ignorant s'il serait reçu.

    Regardant cette toile, Saint-Saëns la vit accrochée dans la première salle du Palais de l'Industrie, exactement en haut de l'escalier. Le jour de l'ouverture de l'Exposition annuelle, la première chose qu'il aperçut fut le tableau trônant en bonne place, en haut de l'escalier.

    Quand il faisait le compte de ses adversaires, Flammarion les divisait en trois catégories :

    — les matérialistes convaincus comme Saint-Saëns que c'est la matière qui produit toute chose ;

    — les indifférents qui vivent dans l'instant, se moquent de tout et ne s'intéressent à rien ;

    — les croyants enfermés dans un dogme étroit, à quelque religion qu'ils appartiennent.

    Ces derniers étaient les plus acharnés. « J'ai reçu, dit-il, des lettres féroces de dames bien-pensantes, visiblement inspirées par leurs directeurs de conscience, me reprochant de ne pas croire aux dogmes chrétiens et d'admettre les contes ridicules de la télépathie, des sensations à distance et des annonces de morts.

    « " Il m'a été impossible de continuer la lecture de votre livre l'Inconnu, sifflait une de ces vipères de bénitier. C'est vraiment grotesque. " »

    Moins connu que Flammarion, j'ai reçu moins de missives de ce genre, mais j'ai eu aussi ma ration, dispensée par de pieuses personnes. Souvent leurs lettres féroces se terminent par la formule : je prie pour vous.

    Mais dans l'ensemble les innombrables correspondances qui affluaient sur le bureau de Flammarion étaient chaleureuses et lui apportaient des éléments qu'il intégrait ensuite à ses ouvrages après les avoir vérifiés.

    En général, il était prudent à l'extrême et adoptait, comme beaucoup de scientifiques, une attitude résolument réductionniste. Le passage suivant est très caractéristique de cette prise de distances :

    « Les manifestations qui viennent de se dérouler devant nos yeux se sont produites au moment même de la séparation de l'âme. Comme nous l'avons fait remarquer, elles ne prouvent pas la survivance, mais elles prouvent l'existence d'une force psychique indépendante douée de la faculté d'agir loin du corps...

    « Plus que jamais notre méthode doit se montrer extrêmement sévère. Apparitions de vivants ou de morts ? Avant d'affirmer, soyons sûrs ! Certaines identités bien apparentes peuvent être entièrement erronées, certaines ressemblances peuvent être dépourvues de toute valeur. »

    Et il cite un exemple pris dans les travaux de son Observatoire de Juvisy. Un jour, le 10 octobre 1910, dans ses photographies de nuages, il découvrit le portrait d'un homme couché dont la belle chevelure blanche, le front dégagé, les yeux, le nez, la barbe et le cou étaient remarquablement modelés.

    Il déclara que cette photographie céleste représentait M. Fallieres. CAMILLE FLAMMARION...

    Il la lui fit parvenir et le président de la République fut fort satisfait.

    Mon opinion personnelle est que cet homme à la belle chevelure blanche, apparu dans les nuages le dixième jour du dixième mois de la dixième année du siècle, était simplement Flammarion lui-même.

    Notes :

    1. En revanche, la France officielle, fidèle à sa tradition de petitesse et dingramude, a méconnu celui que le monde entier acclamait: les plaques Camille Flammarion ne courent pas nos rues. Les politiciens, qui sont bien placés pour se distribuer généreusement les avenues, les boulevards et les stations de métro, ont oublié cet homme qui les dépasse de cent coudées

    La mort et son mystère

    Ses amis, surtout les artistes, ces êtres qui frémissent à toutes les influences du monde parallèle, faisaient part à Flammarion de leurs expériences psychiques et il en tirait toutes les conclusions. C'est ainsi qu'Emma Calvé, qui joua plus de trois mille fois Carmen sur toutes les scènes du monde, lui avoua un jour :

    « Au troisième acte quand j'interroge les cartes, il m'arrive de le faire sérieusement et d'obtenir des réponses qui se réalisent. Eh bien, la même chose est arrivée à ma collègue, Mme Galli-Marié, quoiqu'elle n'ait pas posé de questions.

    « Tout en disant sur scène la bonne aventure, la voici qui retourne la carte de la mort. Impressionnée, elle bat longuement le jeu et, de nouveau, la mort surgit. Elle recommence... et elle comprend aussitôt que le mauvais présage concerne Bizet et doit prendre sur elle pour aller jusqu'au bout de ce troisième acte. Arrivée dans sa loge, elle s'évanouit. Les cartes n'avaient pas menti. Bizet, vous vous en souvenez, mourut peu de temps après. »

    Flammarion savait que les cartes ne mentent pas pour la bonne raison qu'elles ne parlent pas. Il n'y a rien dans les cartes, tout se passe dans le mental du consultant. Tout s'explique par la liaison télépathique entre deux êtres, par leur affinité spirituelle. Or, une solide amitié s'était établie entre le compositeur et sa cantatrice. La carte à jouer n'avait été qu'un support, un carton blanc aurait fait tout aussi bien l'affaire.

    C'est ce que Flammarion devait expérimenter auprès du Dr Charcot. En 1889, à la Salpêtrière, il fit avec lui quelques expériences d'hypnotisme.

    « Il m'invita à prendre un jeu de cartons blancs, à en choisir un, à imaginer que mon portrait était dessus, et à montrer ce portrait fictif à la malade. Je fis ensuite au dos de ce carton une marque que l'hypnotisée ne vit pas, je battis ces cartes, et je les lui présentai sans les retourner, en la priant d'y chercher mon portrait.

    « Elle y réussit immédiatement ; ce qui me plongea dans un assez vif étonnement. Et elle voulut emporter cette carte blanche dans sa chambre pour la conserver en souvenir, y voyant absolument mon portrait[1]. Le magnétiseur était là, il est vrai. Mais l'hallucination véridique était incontestable. »

    Et il tire de ce fait une conclusion qui va très loin : « Que notre pensée produise des images et donne naissance à des apparitions, ce n'est pas douteux. »

    Rares sont les apparitions objectives vues simultanément par des centaines de personnes non préparées et quelquefois sceptiques.

    Les expériences d'hypnotisme comportent des surprises parfois lugubres. Vingt ans plus tard, au cours d'une séance à laquelle il n'assistait pas, mais que lui rapporta son amie, Mlle Dudlay de la Comédie-Française, il se passa quelque chose de très inquiétant. L'expérimentateur demanda à une jeune comédienne, Irène Muza, plongée en sommeil hypnotique, ce qu'elle voyait pour son proche avenir. Elle écrivit alors : « Ma carrière sera courte ; je n'ose dire quelle sera ma fin : ce sera terrible ! »

    L'hypnotiseur se hâta de détruire, d'accord avec les personnes présentes, le sinistre message. Irène se réveilla n'ayant gardé aucun souvenir.

    CAMILLE FLAMMARION...Ce fut terrible, en effet : au cours de l'hiver qui suivit, sa femme de chambre lui faisait un shampooing avec une lotion composée d'essences minérales ; tandis qu'elle la frictionnait énergiquement, quelques gouttes se projetèrent sur le poêle chauffé au rouge. Tout se mit aussitôt à flamber. Le feu gagna les cheveux et le peignoir d'Irène qui fut transformée en torche vivante. Quelques heures plus tard, elle mourait à l'hôpital dans d'horribles souffrances. Chose étrange, la femme de chambre, qui manipulait le liquide inflammable, fut épargnée.

    Toujours désireux de s'informer sur les problèmes de l'hypnotisme, Flammarion assista, de 1892 à 1895, aux expériences qu'Albert de Rochas organisait en son appartement de l'École polytechnique dont il était l'administrateur. Ces expériences que le colonel qualifiait d'extériorisation de la sensibilité étaient destinées à prouver qu'il existe autour de nos corps une atmosphère invisible, agissante et vivante.

    « Dès qu'on magnétise un sujet, expliquait-il, la sensibilité disparaît chez celui-ci à la surface de la peau.

     

    C'est là un fait établi depuis longtemps ; mais ce qu'on ignorait, c'est que cette sensibilité s'extériorise. Il se forme, dès l'état de rapport, autour de son corps une couche invisible, séparée de la peau par quelques centimètres.

     

    Si le magnétiseur, ou une personne quelconque, pince, pique ou caresse la peau du sujet, celui-ci ne sent rien. Mais si le magnétiseur, moi en l'occurrence, fait les mêmes opérations sur la couche sensible, le sujet éprouve les sensations correspondantes. De plus, j'ai constaté qu'à mesure que l'hypnose s'approfondit, il se forme une série de couches analogues, à peu près equidistantes. Et la sensibilité de ces couches décroît proportionnellement à leur éloignement du corps. »

    Le colonel avait encore perfectionné cette expérience déjà remarquable. Il pouvait diriger à volonté la sensibilité du sujet et la fixer en des objets divers.

    Ayant hypnotisé Mme Lambert, son médium habituel, il constata son insensibilité absolue en piquant la peau en divers points du corps.

    — Vous le voyez, dit-il à Flammarion, l'anesthésie est complète. Je place maintenant un verre rempli d'eau entre les mains de cette dame, tandis que mon assistant, placé derrière elle, tient ses paumes hermétiquement appliquées sur ses yeux. Je pique alors avec une épingle l'eau contenue dans le verre. Mme Lambert fit une grimace de douleur. « – Dites-moi ce que vous ressentez ! ordonna-t-il.

    — Vous m'avez piqué la main gauche. »

    Il piqua alors la main de la dame qui n'eut aucune réaction.

    — En revanche, poursuivit le colonel, si j'appuie la pointe sur la paroi extérieure du verre, elle ne sent rien du tout. C'est l'eau qui a capté la sensibilité.

    Le colonel continua ses recherches psychiques jusqu'au jour où un général inspecteur les découvrit avec horreur. Le scandale éclata : on ne pouvait tolérer des pratiques occultes dans une école militaire. Les foudres du général André, alors ministre de la Guerre, s'abattirent sur son subordonné qui fut mis à la retraite. Il se retira dans sa propriété de l'Agnelas, proche de Voiron, où il fît venir la célèbre Eusapia Paladino, également étudiée par Lombroso, Richet, Ochorowicz, Schiaparelli, Aksakof, Myers, Maxwell, Dariex, et Flammarion.

    Puisqu'il est question ici du colonel de Rochas, je voudrais que soit enfin rendu hommage aux chercheurs européens et en particulier aux Français qui ont largement devancé les Américains. Puissent les noms de Gabriel Delanne, du professeur Richet, des docteurs Luys, Charcot, Geley et Osty ne pas être oubliés au profit des noms de Rhine, de Stevenson et de Moody.

    A propos de ce dernier, on sait le succès que remporta en Europe son livre Life after Life traduit en français sous le titre la Vie après la vie.

    On s'enthousiasma (à juste titre d'ailleurs), mais on ignorait ou voulait ignorer qu'un demi-siècle plus tôt Flammarion avait relaté une expérience en tous points identique. Le 1er novembre 1920, un de ses lecteurs, M. J. Ramel, financier de Genève, lui signalait son cas. Atteint d'une grave maladie cardiaque, il était resté assez longtemps plongé en léthargie : « J'entendais tous les miens parler autour de moi, mais je n'étais pas moi ; mon moi était à côté, debout, dans un corps fluide et blanc ; je voyais le chagrin de ceux qui s'efforçaient de me ranimer et j'ai eu cette pensée :" A quoi sert cette misérable dépouille ? " Cependant, en constatant leur tristesse, un grand désir m'est venu de retourner vers eux. C'est ce qui arriva. Toutefois, il me semble que, si je l'avais voulu, je serais resté dans l'au-delà. J'en ai vu la porte s'entrouvrir, mais je ne peux dire ce qu'il y avait derrière. »

    Voilà un témoignage qui recoupe trait pour trait ceux qu'a rassemblés le Dr Moody.

    Flammarion lui-même était un remarquable médium. Sa petite-nièce, mon amie Odette Boyer, à qui je dois une documentation de première main, me rapporte les propos de sa mère, née Yvonne Vaillant-Flammarion :

    — J'ai participé aux expériences de l'oncle Camille, c'était extraordinaire. Dès qu'il posait les mains sur le guéridon, celui-ci faisait des bonds, s'emballait, gambadait, courait autour du salon ; on avait de la peine à le suivre.

     

     

    Mais s'il possédait la médiumnité à effets physiques, Flammarion possédait aussi la médiumnité spirituelle sous sa forme la plus haute : la prophétie.

     

     

    Dans son livre la Fin du monde (1893), il nous montre un habitant de Paris regardant de son lit une bayadère dansant à Ceylan. Les critiques de l'époque firent des gorges chaudes de l'illustration de la page 273 où l'on voyait une scène qui, grâce à la télévision, se reproduit désormais chaque soir. Nous sommes en effet des millions à regarder de notre lit la bayadère qui danse aux antipodes. Les critiques, qui se gaussaient stupidement, parlaient des imaginations de M. Flammarion, sans comprendre que lesdites imaginations étaient précisément des images du futur que captait le grand visionnaire.

    Songeait-il à lui-même quand il écrivait : « On peut penser que le subconscient, l'être psychique dans l'exercice de ses facultés supranormales, notamment la prescience, s'affranchit des limitations de l'espace et du temps, c'est-à-dire des lois qui régissent notre monde matériel. C'est ainsi que les choses futures lui apparaissent comme étant sur le même plan que les choses présentes et passées ! »

    Au début de 1921, quand Flammarion corrige les épreuves d' Après la mort, troisième partie de la Mort et son mystère, la TSF en est à ses débuts. Il tire toutes les conséquences de cette invention prodigieuse qui nous paraît aujourd'hui si banale : « Les expériences actuelles de radiotélégraphie et de radiotéléphonie établissent que l'atmosphère dont nous sommes entourés et pénétrés est constamment parcourue par des ondes éthérées qui traversent les murs et ne deviennent perceptibles pour nos sens que si elles sont captées par des appareils spéciaux accordés avec leurs vibrations ; nous vivons perpétuellement nuit et jour, au milieu d'un monde invisible. » Les grandes inventions du XXe siècle l'enthousiasmaient parce qu'elles lui permettaient de comprendre les phénomènes qui le passionnaient : télépathie, fantômes de morts ou de vivants.

    Il admettait que toute pensée agit virtuellement avec plus ou moins d'intensité comme un agent dit naturel, comme un projectile, une pierre, un morceau de métal et peut se projeter au loin : « Mais il faut distinguer entre les apparitions matérialisées et celles qui ne le sont pas. Ces dernières paraissent être bien souvent des sortes de projections, de téléphotographies animées, de cinématographies. » Avec ces téléphotographies animées, nous ne sommes pas loin de la télévision qui devait naître onze ans après sa mort.

    A deux ans du terme fatal qu'il ne redoutait pas, il écrivait dans les Maisons hantées : « Un biographe vient de faire remarquer que ma vie n'aurait-elle servi, après l'investigation du monde astronomique et la démonstration de la vie universelle, qu'à prouver l'existence de l'âme humaine, elle n'aura pas été inutile au progrès de l'humanité. »

    Cette phrase est, en effet, le résumé de ce long temps passé sur terre à expliquer aux hommes les mystères des deux infinis : le naturel et le surnaturel. Toute sa vie il avait été fasciné par le scandale de la fin corporelle et par l'énigme de ce qui suit. Quand il était tout enfant, voyant passer un enterrement, il avait demandé à un ami de son âge :

    — Est-ce que je mourrai, moi aussi ?

    — Eh oui, comme tout le monde !

    — Ce n'est pas vrai. On ne doit pas mourir.

    Et il ajoute, dans ses Mémoires, qu'il rêva plusieurs mois sur cet irritant problème avant de conclure : « La conviction que la mort n'existe pas a continué de dominer mon esprit ; nous ne pouvons pas être détruits. »

    Ce savant profondément mystique avait composé, en 1867, ce poème en prose en contemplant depuis Sainte-Adresse l'immense panorama[2] de la baie de Seine :

    « Que tu es grand ! Qui donc osa te nommer pour la première fois ? Quel est donc l'orgueilleux insensé qui pour la première fois prétendit te définir ? Ô Dieu ! ô mon Dieu ! toute-puissance et toute tendresse ! immensité sublime et inconnaissable !

    « Et quel nom donner à ceux qui vous ont nié, à ceux qui ne croient pas en vous, à ceux qui vivent hors de votre pensée, à ceux qui n'ont jamais senti votre présence, ô Père de la Nature ?

    « Oh ! je t'aime ! je t'aime ! Cause souveraine et inconnue. Être que nulle parole humaine ne peut nommer, je vous aime, ô divin Principe ! mais je suis si petit que je ne sais si vous m'entendez.

    « Comme ces pensées se précipitaient hors de mon âme pour s'unir à l'affirmation grandiose de la nature entière, des nuées s'écartèrent du couchant et le rayonnement d'or des régions éclairées inonda la montagne.

    « Oui ! tu m'entends, ô Créateur ! toi qui donnes à la petite fleur des champs sa beauté et son parfum ! La voix de l'Océan ne couvre pas la tienne, et ma pensée monte vers toi, ô mon Dieu ! avec la prière de tous.

    « Du haut du cap, ma vue s'étendait au Sud comme à l'Occident, et sur la plaine comme sur la mer. En me retournant, je vis les villes humaines à demi couchées sur la plage.

    « Au Havre, les rues marchandes s'illuminaient, et plus loin, sur la côte opposée, à Trouville, le char du plaisir allumait ses flambeaux.

    « Et tandis que la nature s'était reconnue devant Dieu pour saluer la mission de l'un de ses astres fidèles, tandis que tous les êtres s'étaient communiqué leurs prières, et que le flot grondant des mers unissait à la brise du soir son action de grâce à la fin de ce beau jour ; tandis que l'œuvre créée, unanime et recueillie, s'était offerte au Créateur ; la créature douée d'une âme immortelle et responsable, l'être privilégié de la création, le représentant de la pensée, l'Homme, vivait à côté, insouciant de ces splendeurs, ayant des yeux pour ne pas voir, des oreilles pour ne pas entendre, semblant ignorer cette universelle harmonie au sein de laquelle il devrait trouver son bonheur et sa gloire. »

    Cette invocation, digne par son ampleur de nos meilleurs écrivains classiques, fut lue par le comédien Alexandre aux trois mille auditeurs du grand amphithéâtre de la Sorbonne venus lui rendre hommage, le 14 juin 1922, à l'occasion de ses quatre-vingts ans. Elle fut accueillie par d'interminables applaudissements et Camille Flammarion se pencha vers le prince Bonaparte, président de la Société astronomique de France, en murmurant :

    — Que le charme de la diction est admirable ! Je n'aurais jamais imaginé avoir écrit ces pages-là. CAMILLE FLAMMARION...

    A ses dons d'écrivain, de philosophe et de savant, Camille Flammarion ajoutait, nous l'avons vu, des dons médiumniques certains. Dans sa jeunesse il avait pratiqué l'écriture automatique, mais il ne prenait pas pour argent comptant tout ce que racontaient les communications. Jeune homme, il avait reçu des messages de Galilée en présence de Victorien Sardou et d'Allan Kardec qui les publia dans la Genèse. Par la suite, il émit des doutes sur leur origine : « Ces pages astronomiques ne m'ont rien appris, reconnut-il avec son honnêteté et son bon sens habituels. Je ne tardai pas à en conclure qu'elles n'étaient que l'écho de ce que je savais et que Galilée n'y était pour rien. C'était là comme une sorte de rêve éveillé. »

    Son attitude vis-à-vis du spiritisme fut toujours ambivalente. En 1869, il avait refusé d'assumer la succession d'Allan Kardec à la présidence de la Société spirite de Paris ; il reprochait au mouvement de prendre une orientation trop religieuse. En revanche, en 1923, il accepta la présidence de la très efficace et très sérieuse Society for Psychical Research. C'est lui et non Allan Kardec, à qui on l'attribue souvent, qui formula cet aphorisme : « Le spiritisme sera scientifique ou ne sera pas. »

    Son contemporain et ami, Léon Denis, l'a parfaitement jugé : « Flammarion infailliblement attaché à la réussite de la preuve ne se jeta jamais à l'aventure dans l'inconnu, pour y conclure trop vite, et conduisit son investigation dans le monde des âmes avec la sévérité de contrôle dont il faisait sa loi lorsqu'il parcourait, table de logarithmes en main, les étendues interplanétaires. »

    C'est Léon Denis qui fut le premier informé par le monde invisible de la mort imminente de Flammarion. Voici en quelles circonstances : Jean Meyer demanda à Denis de présider le Congrès spirite international qui devait se tenir à Paris en septembre 1925. Il commença par refuser, invoquant son grand âge : « Croit-on que je vais présider des congrès jusqu'à perpétuité ? J'ai quatre-vingts ans. Des congrès, j'en ai assez présidé ! Pour moi, c'est une affaire finie et bien finie. »

    Il invoqua aussi son infirmité : il était devenu aveugle, ce qui rendait tout voyage extrêmement difficile.

    Comme Jean Meyer revenait à la charge, le vieillard décida de consulter ses guides, et de leur exposer son problème : « C'est présumer de mes forces, leur dit-il, que d'aller à mon âge présider un congrès. Flammarion me remplacera bien. »

    D'un ton ferme, l'esprit prononça par la bouche du médium :

    — Flammarion n'y sera pas. Il est de ton devoir de te rendre à Paris.

    — Comment ! s'exclama Léon Denis, incrédule, Flammarion s'abstiendrait ?

    — Je te dis que Flammarion n'y sera pas.

    Et la prophétie se réalisa : le 5 juin 1925, Flammarion se leva prestement comme à l'accoutumée. Il ouvrit sa fenêtre toute grande sur son jardin de Juvisy transfiguré par la naissance du jour. Il aspira l'air frais à pleins poumons, admira une fois de plus l'océan de verdure qui entourait cet ancien relais de la cour de France, étendit les bras en un geste d'invocation à la splendeur du monde et s'écria en s'adressant à Gabrielle, sa seconde épouse : « Ah ! quelle belle journée ! quelle belle journée ! »

    Et il s'effondra, terrassé par une crise cardiaque.

    La belle journée était en réalité le jour éternel.

    Il lui restait à connaître l'apothéose. Il la connut bientôt, et nous ne parlons pas au sens figuré : Flammarion fut réellement placé parmi les dieux, ou du moins parmi les prophètes d'une nouvelle religion qui avait déjà invité en son panthéon Jeanne d'Arc, Victor Hugo, Allan Kardec, et, ô stupeur, Descartes et Auguste Comte.

    Cette religion, le Caodaïsme, où les personnages sacrés de nationalité française tenaient une place si éminente, avait été fondée en 1926, à Saigon, par un taoïste, Ngô Van Chiêu (1878-1933). Au cours d'une séance spirite, l'Être Suprême en personne se manifesta à Ngô et aux secrétaires d'administration qui constituaient son petit groupe. Il leur révéla son nom : Cao Daï, et leur enjoignit d'opérer la synthèse des principales doctrines spirituelles. Ce qu'ils firent, mélangeant hardiment le taoïsme, le bouddhisme, le catholicisme et le confucianisme. Une fois de plus, on pasticha l'Église romaine, on constitua un clergé, on nomma des évêques, des cardinaux, un pape. Seule différence, les médiums tenaient lieu de prêtres.

    La Sainteté élue ne fut point le fondateur, Ngô Van Chiêu, comme on aurait pu s'y attendre, mais une importante personnalité du conseil gouvernemental : Le Van Trung, aussi couvert de femmes qu'un pape de la Renaissance. Mais nul ne s'en choqua. Après tout, le prophète Hugo avait, de son vivant, donné l'exemple.

    Le calcul de Ngô était bon. La conversion de ce haut fonctionnaire fit grande impression. Les néophytes se multiplièrent, les sanctuaires aussi, car le prophète Hugo avait dicté par la corbeille à bec, variété indochinoise du oui-ja : « Élevez des temples grandioses à l'Être Suprême, sous toutes ses formes. Avec les dieux d'hier vous constituerez la religion de demain. »

    La religion de demain, qui correspondait à la fois aux tendances mystiques et au réveil de la conscience nationale des Indochinois, remporta un grand succès ; les fidèles au bout de quelques années se comptèrent par millions. Des cohortes de pèlerins affluèrent à la cathédrale de Tay Ninh afin de vénérer l'image de Victor Hugo en habit d'académicien avec une auréole autour de son bicorne, celle de Jeanne d'Arc brandissant son oriflamme, et celle de Flammarion en redingote montrant du doigt un ciel à la fois physique et métaphysique.

    Notes :

    1. Dans le Horla, Maupassant cite une expérience semblable.
    2. Une vingtaine d'années plus tard, Thérèse de Lisieux le découvrira à son tour, depuis Trouville, et ce sera pour elle aussi la révélation de la splendeur de Dieu.

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    LOIN DE LA FOULE DECHAINEE..... GRANDIOSE

     

     

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    Henri IV (1589-1610)
     


    1589
    4 août Déclaration de Saint-Cloud : Henri IV promet de maintenir et conserver dans son royaume le catholicisme.
    8 août Henri IV prend Dieppe.
    11 septembre Protestation du pape suite à la reconnaissance de la République de Venise par Henri IV.
    13 septembre Le duc de Savoie revendique la couronne de France.
    20 septembre Victoire de Henri IV sur la Ligue à Arques.

    1590
    5 janvier Le Parlement de Bordeaux reconnaît Henri IV comme roi de France.
    14 mars Victoire de Henri IV à Ivry contre la ligue.
    Mai Début du siège de Paris.
    8 mai Mort du cardinal de Bourbon, prétendant au trône de France.
    30 août Henri IV est contraint par les armées espagnoles de lever le siège de Paris.
    octobre Débarquement d'un corps expéditionnaire espagnol à Saint-Nazaire (France).

    1591
    Février Henri IV assiège Chartres.
    19 avril Chartres capitule.
    Août Henri IV s'empare de Noyon.

    1592
    Mars Le duc de Mayenne demande à Henri IV d'abjurer le protestantisme ce qu'il refuse.
    24 mai Victoire du duc de Mercoeur à Craon sur l'armée du roi.

    1593
    26 janvier Le duc de Mayenne ouvre les États Généraux pour élire un roi.
    28 juin Le Parlement déclare la loi salique inviolable.
    25 juillet Henri IV abjure le protestantisme à Saint-Denis.
    31 juillet Trêve de trois ans entre Henri IV et le duc de Mayenne.

    1594
    27 février Henri IV est sacré à Chartres (Reims est aux mains de la ligue).
    22 mars Henri IV entre à Paris, onze provinces se rallie à lui.
    22 juillet Capitulation de Laon occupée par les Espagnols.
    27 décembre Jean Chatel, élève des jésuites, tente d'assassiner Henri IV.

    1595
    7 janvier Arrêté du Parlement bannissant les jésuites du royaume.
    17 janvier La France déclare la guerre à l'Espagne.
    15 juin Victoire de Henri IV sur les Espagnols à Fontaine-Française.
    7 octobre Les Espagnols prennent Cambrai.
    18 septembre Le pape lève l'excommunication de Henri IV.

    1596
    Avril Les Espagnols prennent Calais.
    23 mai Les Espagnols prennent Adres.
    24 juin La France s'allie à l'Angleterre et aux Provinces Unies contre l'Espagne.

    1597
    11 mars Chute d'Amiens.
    25 septembre Biron reprend Amiens.

    1598
    26 mars Le duc de Mercoeur, chef de la ligue, se soumet au roi.
    13 avril édit de Nantes, le catholicisme est religion d'état et le protestantisme minorité reconnue.
    2 mai Traité de Vervins entre Henri IV et Philippe II d'Espagne mettant fin à la guerre.

    1599
    25 février Le Parlement enregistre l'édit.
    17 décembre Annulation du mariage de Henri IV et Marguerite de Valois.

    1600
    11 août Henri IV déclare la guerre à la Savoie.
    12 août Henri IV prend Bourg-en-Bresse.
    23 août Henri IV s'empare de Chambéry.
    18 septembre Réforme de l'université de Paris.
    5 octobre Mariage par procuration de Henri IV avec Marie de Médicis à Florence.
    17 décembre Mariage de Henri IV avec Marie de Médicis à Lyon.

    1601
    17 janvier Traité de Lyon mettant fin à la guerre avec la Savoie.
    27 septembre Naissance de Louis, fils de Henri IV et Marie de Médicis à Fontainebleau.

    1602
    29 janvier Henri IV renouvelle l'alliance avec les cantons suisses.
    20 mars Fondation de la compagnie des Indes orientales.
    29 juillet Le parlement condamne à mort Biron.
    31 juillet Exécution de Biron.
    12 novembre Sully est nommé surintendant des bâtiments royaux.

    1603
    27 février Début d'une guerre commerciale entre la France et l'Espagne.

    1604
    12 octobre Traité de Paris mettant fin à la guerre commerciale entre la France et l'Espagne.

    1605
    7-12 décembre Création de la paulette instituant l'hérédité des charges contre le paiement d'une taxe.
    2 février Condamnation à mort du marquis d'Entragues.
    2 août Retour de Marguerite de Valois à Paris.
    20 septembre Le duc de Bouillon fait sa soumission au roi et demande son retour en grâce.
    12 février Traité commercial entre Henri IV et Jacques Ier d'Angleterre.

    1607
    juillet Le roi incorpore ses possessions (Navarre & Béarn) à la couronne.

    1608
    23 janvier Henri IV apporte son soutien au Provinces Unies contre l'Espagne.
    3 juillet Samuel Champlain fonde Québec.

    1609
    9 avril L'Espagne reconnaît l'indépendance des Provinces Unies.

    1610
    25 avril Traité de Brusolo scellant l'alliance entre la France et la Savoie contre l'Espagne.
    13 mai Sacre de Marie de Médicis à Saint-Denis.
    14 mai Assassinat de Henri IV par Ravaillac, son fils Louis lui succède.








     
       
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  • image de la monnaie du 10 louis d'or 1640 de Louis XIII Les Capétiens directs
     

     

     

    Les médailles des rois
    Capétiens directs (987-1328)

     

     

     

     

     

     
     

    Hugues Capet (né vers 941 à Paris-mort en 996 à Orléans). Epouse Adélaïde, fille de Guillaume III d'Aquitaine.

    Fils aîné de Hugues le Grand, comte de Paris et d'Edwige, soeur de l'empereur Otton I. Roi de France (987-996).

     

    Robert II le Pieux (né vers 970 à Orléans-mort en 1031 à Melun). Epouses Rosala de Provence, Berthe de Bourgogne, Constance d'Arles (mère d'Henri I).

    Fils de Hugues Capet et d'Adelaïde d'Aquitaine. Roi de France (996-1031).

     

    Henri I (né 1008 et mort en 1060 à Vitry-aux-Loges). Epouses: Mathilde, Anne de Kiev.

    Deuxième fils de Robert le Pieux et de Constance d'Arles. Roi de France (1031-1060).

     

    Philippe I (né en 1052- mort en 1108 à Melun). Epouses: Berthe de Hollande (mère de Louis VI le Gros), Bertrade de Montfort.

    Fils aîné de Henri I et d'Anne de Kiev. Roi de France (1060-1108).

     

    Louis VI le Gros (né vers 1081 et mort en 1137 à Paris). Epouses: Lucienne de Rochefort, Adélaïde de Savoie (mère de Louis VI le Jeune).

    Fils de Philippe I et de Berthe de Hollande. Roi de France (1108-1137).

     
     
     

    Louis VII le Jeune (né en 1120 et mort en 1180 à Paris). Epouses: Aliénor d'Aquitaine, Constance de Castille, Adèle de Champagne.

    Deuxième fils de Louis VI le Gros et d'Adélaïde de Savoie. Roi de France (1137-1180).

     
     

    Philippe II Auguste (né en 1165 à Gonesse-mort en 1223 à Mantes. Epouses: Isabelle de Hainaut, Ingeburge de Danemark, Agnès de Méranie.

    Fils unique de Louis VII le Jeune et d'Adèle de Champagne. Roi de France (1180-1223).

     

    Louis VIII le Lion (né en 1187 à Paris-mort en 1226 à Montpensier en Auvergne). Epouse Blanche de Castille.

    Fils aîné de Philippe Auguste et d'Isabelle de Hainaut. Roi de France (1223-1226).

     

    Louis IX Saint-Louis (né en 1214 à Poissy-mort en 1270 à Tunis). Epouse: Marguerite de Provence.

    Fils de Louis VIII le Lion et de Bastille. Roi de France (1226-1270).

     

    Philippe III le Hardi (né en 1245 à Poissy- mort en 1285 à Perpignana). Epouses: Isabelle d'Aragon, Marie de Brabant.

    Deuxième fils de Louis IX et de Marguerite de Provence. Roi de France (1270-1285), à mort de son frère Louis.

     
     
     

    Philippe IV le Bel (né en 1268 et mort en 1314 à Fontainebleau lors d'une chasse au sanglier). Epouse Jeanne de Navarre.

    Fils aîné de Philippe III le Hardi et d'Isabelle d'Aragon. Roi de France (1285-1314).

     

    Louis X le Hutin (né en 1289 à Paris-mort en 1316 à Vincennes). Epouses: Marguerite de Bourgogne, Clémence de Hongrie.

    Fils aîné de Philippe le Bel et de Jeanne de Navarre. Roi de France (1314-1316). A sa mort, son frère Philippe V lui succède.

     

    Philippe V le Long (né en 1293 à Paris-mort en 1322 à Longchamp). Epouse: Jeanne de Bourgogne.

    Deuxième fils de Philippe IV le Bel et de Jeanne de Navarre. Roi de France (1316-1322). Il meurt san héritier mâle. Son frère Charles IV lui succède.

     

    Charles IV le Bel (né en 1294 à Clermont-mort en 1328 à Vincennes). Epouses Blanche de Bourgogne, Marie de Luxembourg, Jeanne d'Evreux.

    Troisième fils de Philippe IV le Bel et de Jeanne de Navarre. Roi de France (1322-1328). Le denier des Capétiens directs. Sans héritier mâle, son cousin Philippe de Valois lui succède.

     
     

     

     

        Françoise Page-Divo  



    sources  http://www.fapage.com/medailles_rois_cap%C3%A9tiens.htm




     


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    Les médailles des rois Mérovingiens

     

     

     

     

     


     
     

    Pharamond (né ? - mort en 428).

    Chef franc légendaire. Chef de la ligue Franque. Commence à régner en 417.

     

     
     

    Clodion dit le chevelu (né vers 400 - mort en 448).

    Chef franc. Roi en 428. Il a régné sur les Francs-Saliens de 428 jusqu'à sa mort.

     

     
     

    Mérovée (né ? - mort en 458).

    Fils présumé de Clodion ? Roi des Francs Saliens en 448. Il a donné son nom à la 1ère dynastie des rois de France.

     

     
     

    Childéric I (né vers 436 - mort vers 481 à Tournai). Epouse Basine de Thuringe en 463 dont il a un fils, Clovis.

    Fils de Mérovée ? Roi des Francs Saliens vers 458.

     

     
     

    Clovis dit le Grand (né v. 466 - mort à Paris en 511). Epouse en 493 Clotilde, fille de Chilpéric II, roi des Burgondes.

    Fils de Childéric I et de Basine. Roi des Francs en 481.

     

     
     

    Childebert I (né v. 495-mort en 558 à Paris). Epouse: Ultrogothe.

    3ème fils de Clovis et de Clotilde. Roi de Paris en 511. Meurt sans héritier mâle.

     

     
     

    Clotaire I le Vieux (né en 497- mort à Compiègne en 561). Epouses: Ingonde, Arégonde, Grinside, Radegonde, Gundiuque, Vuldetrade.

    4ème Fils de Clovis. Rois des Francs (511-561). Royaume unifié.

     

     
     

    Caribert I (né vers 520 - mort en 567). Epouses: Ingeberge, Mirefleur, Teutegilde, Marcouëfe.

    1er fils de Clotaire I. Roi de Paris en 561.

     

     
     

    Chilpéric I (539 ?- mort en 584 à Chelles). Epouses: Audovère, Galswinthe, Frédégonde.

    Fils de Clotaire I et de Arégonde. Roi de Soissons et de Neustrie (561).

     

     
     

    Clotaire II le Jeune (né en 584 mort en 629). Epouses: Haldetrude, Bertrude (mère de Dagobert I), Sichilde.

    Fils de Chilpéric I et de Frédégonde. Rois des Francs (613-629). Royaume unifié.

     

     
     

    Dagobert I (né v. 604 ?-mort à Saint-Denis en 639). Epouses: Gonatrude, Nantechilde (mère de Clovis II), Ragnetrude, Ulfgonde, Bertilde.

    Fils de Clotaire II et de Bertrude. Roi des Francs (629-639). Royaume unifié.

     

     
     

    Clovis II (né v. 635-mort en 657). Epouse en 651 Bathilde.

    Fils de Dagobert I et de Nanthilde. Roi de Neustrie et de Bourgogne. Roi des Francs (639-657). Il laisse gouverner sa mère et les maires du Palais.

     

     
     

    Clotaire III (né en 654 mort en 673).

    Ier fils de Clovis II et de Bathilde. Roi de Neustrie et de Bourgogne. Meurt à l'âge de 19 ans sans postérité.

     

     
     

    Childéric II (né en 650 mort en 675). Epouse: Bilichilde.

    2ème fils de Clovis II et de Bathilde. Roi d'Austrasie. Roi des Francs (673-675). Il laisse aussi gouverner les maires du Palais. Il sera assassiné au cours d'une chasse en forêt de Bondy.

     

     
     

    Thierry III (né v. 654 mort en 691). Epouse en 675 Clotilde.

    3ème fils de Clovis II et de Bathilde. Roi des Francs en (673-691). Le pouvoir est au maire du Palais d'Austrasie Pépin II.

     

     
     

    Clovis III (né v. 682-mort en 695). Epouse Tanaquille.

    Fils de Thierry III et de Clotilde. Roi des Francs (691). Il meurt sans postérité.

     

     
     

    Childebert III (né v. 683 mort en 711). Epouse Edonne.

    Fils de Thierry III et de Clotilde. Roi de Francs (695-711). Il abandonne son pouvoir au maire du Palais Pépin d'Héristal.

     

     
     

    Dagobert II (né en 652 mort en 679). Epouse: Mathilde.

    Fils de Sigebert III (roi d'Austrasie) et de Himnechilde. Petit-fils de Dagobert I. Roi d'Austrasie. Il finit assassiné.

     

     
     

    Chilpéric II (né v. 670-mort en 721).

    Fils présumé de Childéric II (assassiné en 675). Il est relégué comme moine sous le nom de Daniel. Charles Martel le fera roi des Francs (720-721) après la mort de Clotaire IV.

     

     
     

    Clotaire IV (né en 682 mort en 719).

    Origine douteuse. Fils possible de Thierry III. Proclamé roi des Francs (718-719) par Charles Martel afin d'avoir un roi à opposer à Chilpéric II. Sans descendance.

     

     
     

    Thierry IV dit de Chelles (né v. 713 mort en 737).

    Fils de Dagobert III. Après la mort de son cousin Chilpéric II, il est Roi des Francs en 721,  et gouverne sous la tutelle de Charles Martel qui l'avait retiré de l'abbaye de Chelles où il avait été élevé.

     

     
     

    Childéric III (né v. 714-mort vers 755).

    Fils de Chilpéric II. Roi des Francs en 743. Etabli sur le trône par les maires du Palais Carloman et Pépin III le Bref. Il est déposé et envoyé au couvent en 751 par Pépin, devenu seul maire du Palais. Le dernier des rois Mérovingiens.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     SOURCES : http://www.fapage.com/medailles_rois_merovingiens.htm

     

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