• Les femmes et la République en France - La République au féminin
     
     
     
    La Révolution : un bilan mitigé pour les femmes
     
    Les femmes rejetées des débats politiques
     

    La majeure partie des femmes qui oeuvrent au sein de la Révolution n'a pas le sentiment d'appartenir à une catégorie particulière. Mais les plus virulentes de ces femmes font peur aux révolutionnaires de sexe masculin. Lorsque le 18 novembre 1793 Claire Lacombe pénétra au Conseil Général de la Commune de Paris à la tête d'une cohorte de femmes en bonnet rouge, le Procureur Général Chaumette leur en interdit l'accès par un discours misogyne. Société des femmes républicaines révolutionnaires Par la suite, la Convention décréta l'interdiction de tous les clubs et sociétés de femmes. Celles ci n'auront bientôt même plus le droit d'assister aux réunions politiques. La Révolution n'a donc nullement ouvert aux femmes le chemin de le citoyenneté. Pour les plus militantes, la Révolution est surtout une grande frustration, à la mesure des espoirs qu'elle a suscité. Tant de suggestions, tant d'actes pour être finalement autant dominées qu'avant. Pourtant, les hommes ont découvert que les femmes ont une place dans la cité. La Révolution a été l'occasion d'une remise en cause des rapports entre les sexes, et des questions inédites ont été mises à l'ordre du jour, telles celle de la place des femmes dans la cité.

    Mais découvrir que les femmes avaient une place dans la cité ne signifie pas leur donner cette place. L'éventualité d'accorder un droit de vote aux femmes n'est pas même évoquée et le poids du discours naturaliste est extrêmement lourd. Par ailleurs, par le biais de diverses mesures (interdiction des clubs de femmes, puis interdiction faite aux femmes d'entrer dans les tribunes, puis de se grouper à plus de cinq dans la rue) prises par les révolutionnaires, les femmes se voient exclues des affaires de la cité.

     
     
     
    Avancées civiles mais pas politiques
     

    Cependant, la Révolution a reconnu aux femmes une personnalité civile qui leur était jusqu'à là refusée. Elles ont acquis une stature citoyenne : elles sont devenues des êtres humains à part entière, capables de jouir de leurs droits. Avec la Déclaration de 1789, les femmes sont libres de leurs opinions, de leurs choix et bénéficient de l'abolition de l'ordre, de la hiérarchie, de l'esclavage. Un divorceLa Constituante favorise l'émancipation civile des femmes en décrétant l'égalité des droits aux successions et en abolissant le privilège de masculinité. La Constitution de 1791 définit de façon identique pour les hommes et les femmes l'accession à la majorité civile.
    Parallèlement, la Révolution délivre les jeunes filles de la tutelle paternelle : celles ci sont désormais libres de se marier ou non, et d'épouser qui elles veulent. Les grandes lois de septembre 1792 sur l'état civil et le divorce traitent à égalité les deux époux. La femme mariée est délivrée de la tutelle maritale. La loi dispose par ailleurs que le mariage se dissout par le divorce, soit par simple incompatibilité d'humeur, soit par consentement mutuel.

     
     
     
    La marche vers le " suffrage universel "… sans les femmes
     

    La Révolution ouvre l'accès aux droits politiques à un plus grand nombre. Auparavant, les droits politiques n'étaient pas même admis pour les hommes car ils étaient non pas liés à un droit mais à un état : celui de propriétaire. La Constitution de 1791 accomplit un grand pas en décrétant un suffrage quasiment universel. Pour voter, il faut être français, avoir l'âge de raison politique -21 ou 25 ans- , bénéficier de revenus ou payer une contribution équivalente à quelques jours de travail, et ne pas être dans un état de domesticité.

    Pierre Rosanvallon, dans son ouvrage Le Sacre du citoyen, Histoire du Suffrage Universel en France, présente la triple exigence appliquée à l'époque :
    - indépendance intellectuelle (être un homme doué de raison),
    - indépendance sociologique (être un individu et non le membre d'un corps),
    - indépendance économique (gagner sa vie).
    Sont donc exclus du suffrage les mineurs, les aliénés, les religieux cloîtrés, les domestiques et les femmes.

     
    <<< La Révolution : un espoir pour les femmes De l'Empire à la Deuxième République >>>
     
     
     
     sources : http://www.thucydide.com/realisations/comprendre/femmes/femmes3.htm
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  • Histoire de la "cravate à Capet": Le premier homme supplicié : Nicolas-Jacques Pelletier

    Par Bernard Vassor

    Guillotine hauteur.jpg
    L'invention du docteur Louis.
    .....
    C'est bien le docteur Antoine Louis, chirurgien, sécrétaire perpétuel de l'Académie de médecine, qui inventa cette machine à couper les gens en deux, avec l'aide d'un facteur de piano du nom de Schmidt. Les premières expériences eurent lieu passage de l'Ancienne-Comédie sur des moutons.
    Il publia parmi une multitudes de thèses de médecine et de chirurgie, en 1749 : "Lettres sur la certitude de la mort", et rédigé de nombreux article de l'Encyclopédie anatomiste de Diderot et d'Alembert. Il eut la présence d'esprit et le bon goût de mourir en 1792, l'année où l'on expérimenta son appareil sur le vif...., le docteur Guillotin, élu membre de l'Assemblée nationale, n'en ayant été que le publicitaire. Il s'en fallut de peu que sa machine ne s'appela " La Louison".
    Le premier homme qui fut coupé en deux fut un bandit convaincu de vol avec violence sur la voie publique : Nicolas-Jacques Pelletier. Sa condamnation datait du 24 janvier 1792 : la peine ne fut exécutée que le 25 avril de la même année sur la place du Carrousel, par Charles Henri Sanson,
    ........
    Un corrésien à l'esprit tranchant :

    medium_Cabanis_PHOTO_05_SEPIA_CADRE.jpg

    Pierre-Jean-Georges Cabanis

     

    . "Nous concluons avec la même certitude que le cerveau

    digère en quelque sorte les impressions: qu'il fait

    organiquement la sécrétion de la pensée."

     

    « Le moral n'est que le physique considéré sous

    certains points de vue particuliers ».

    Le titre de cet article est très injuste, mais nous n'avons pas resisté à faire un mot. C'est un débat ouvert en l'an III par Oelsner, un silésien vivant à Paris pendant la révolution qui publia une note sur la guillotine. Un allemand Soemmering, anatomiste de réputation internationale lui répond alors par une lettre ouverte. Le sujet de la querelle vise la continuité de la vie après que le supplicié aiit eu la tête tranchée. Samuel Soemmering se dit convaicu qu'une tête coupée pourrait parler s'il était possible de lui insufler de l'air par les organes de la voix qui n'auraient pas été détruits. Il appuya son affirmation sur une expérience effectuée sur un guillotiné : "A l'aide d'un trocard, j'explorais la moelle épinière sectionnée et le supplicié ferma les yeux dans une crispation, serra les dents de toutes ses forces, tandis que les muscles maxilaires remontaient vers les paupière". C'est ensuite au tour de Pierre-Jean-Georges Cabanis d'entrer dans la controverse. Ilest né au château de Salagnac à Cosnac en Corrèze au mois de juin 1757. Il fait des études de philosophie et de médecine. Il écrit des oeuvres scientifiques et soutient que le cerveau secrète la pensée, comme le foie secrète la bile. Il pense que "les têtes séparées de leur tronc peuvent ressentir les douleurs aïgues, il conclue que ces têtes où se trouve l'âme concentrée toute entière selon eux expriment ainsi les angoisses et les vives souffrances qu'elles éprouvent".Au moment de la révolution, il rencontra Mirabeau avec qui il se lia et pour qui il écrivit des discours.

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    Guillotin 03 CADRE.jpg

    LE BON DOCTEUR GUILLOTIN

    Entre alors dans la danse alors un autre professeur : Jean-Joseph Sue, père de l'auteur des "Mystères de Paris" . Son hypothèse est que dans le corps humain il existe deux caractères de sensibilité et qu'il n'existe pas de plus horrible situation que celle d'avoir la perception de son supplice (..)Plus l'action meutrière a de célérité et de précision, plus ceux qui y sont exposés conservent longtemps la conscience de l'affreux tourment qu'ils éprouvent; la douleur locale, à la vérité est moins longue, mais le jugement du supplice a plus de durée, puisqu'alors l'impression de la douleur avertit, avec la rapidité de l'le centre de la pensée de ce qui se passe" J'espère que le lecteur plus intelligent que moi aura compris le sens de cette pensée.

    "il est vraisemblable que la sensibilité peut durer un quart d'heure [...] vu que la tête ne perd pas si tôt sa chaleur [...] et que si l'air circulait encore régulièrement par les organes de la voix, cette tête parlerait." Cabanis fut le protégé de Turgot, il écrivit des oeuvres scientifiques sous la protection de madama Helvetius en 1790-1793, il publie divers rapports commandés par le directoire de Paris et requis par sa fonction de membre de la commission des hôpitaux. Il est élu à l'Institut le 15 décembre 1795 (classe des Sciences morales et politiques, section de l'analyse des sensations et des idées. Sa fidélité à Bonaparte lui vaut une nomination de Sénateur de l'Empire dans la première promotion. il n'y siégera pas, car il ne voulait pas avoir à entériner les décisions de Napoléon 1er. Avec son entrée au sénat s'achève en fait sa vie politique active. Il meurt le 5 mai 1808 à Rueil des suites d'une congestion cérébrale, son cœur est à Auteuil prés de Madame Helvétius; son corps fut déposé au Panthéon. Corrézien de naissance, scientifique de haut niveau, homme politique sachant s’adapter aux situations, le titre de comte lui est attribué après sa mort, le 23 mai 1808.

    Ce fut le père d'Eugène Sue, et le même qui soutint contre Cabanisla fameuse discussion à propos de la guillotine, lorsque son inventeur prétendit que les guillotinés en seraient quittes pour une légère fraîcheur sur le cou ; Jean-Joseph Sue était, au contraire, pour la persistance de la douleur, et il défendit son opinion par des arguments qui prouvaient sa science profonde de l'anatomie, et par des exemples pris, les uns chez les médecins allemands, et les autres sur nature.

    Alexandre Dumas, Mémoires

    .........

    Le journal de Prudhomme donneur de leçons dans "Révolutions de Paris" publia ce jour là le récit de la découpe à la lame d'acier, avec les vers prémonitoires de Malherbe :
    "Et la garde qui veille aux barrières du Louvre
    N'en défend par les rois". (de la mort)
    ...............
    Antoine Louis extraits hauteur.jpg
    Extraits de quelques écrits du docteur Antoine Louis.
    ............................
    LA GUILLOTINE, SUITE....

    "Tout condamné à mort aura la tête tranchée...."

    Article 3 du code pénal du 3 juin 1791

     

    e050c30734d32b59dad4bbdab8b86acb.jpg Depuis mon dernier article sur le docteur Pierre Jean-Georges Cabanis, le docteur Pierre Antoine Louis, et Ignace Joseph Guillotin. J’ai découvert que l'idée n'était pas nouvelle !!! Dans un ouvrage hollandais de 1655 (Amsterdam, Jan Jacobs Schipper), un recueil de pièces de vers accompagné d'illustrations dont celle-ci qui présente une exécution capitale. Une main sortie d'un nuage tient un glaive qui va trancher le lien qui retient une lame, qui en toute logique doit trancher la tête du condamné. Nous savons depuis qu'il a fallu apporter d'importantes modifications pour que l'efficacité de l'appareil soit prouvé.....Fort heureusement, un facteur de piano et le bon docteur Guillotin trouvèrent la solution idéale, d'abord le poids de la lame d'acier, son angle de coupe à 60°, et la hauteur des bois de justice pour que l'accélération répondant aux lois de Newton, puisse assurer une coupure franche et nette. Voici d'autres surnoms dont je ne suis pas certain d'avoir terminé l'énumération. :
    " L'étendard de la tyrannie, La grande machine, le glaive de la liberté, la cravate à Capet, la mère coupe-toujours, la petite chatière, le rasoir national...." mise à jour le 04/04/2010
     

                       Écrit par vassor dans HISTOIRE ANECDOTIQUE |sources :http://autourduperetanguy.blogspirit.com/histoire_anecdotique/

      

      

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  • UN DRÔLE DE CITOYEN : MARAT

     

    Jean-Paul Marat à la Convention.
    Jean-Paul Marat à la Convention.
    © E.Viollat
    Les musées chez soi

    Marat est né à Boudry (principauté de Neuchâtel). Son père, Giovanni Mara, est un capucin défroqué d'origine sarde, converti au calvinisme [12]. C’est un homme des plus respectables. Il est lettore di arte et un pédagogue renommé de l’Ordre de la Merci. Alors qu’il s’évertue à implanter un collège à Bono, il doit émigrer. Comme son patronyme est Mara, Edouard Drumont, qui est en train d’élaborer son scénario de la Révolution française résultat d’un complot judéo-maçonnique, en fait un juif. Il est vrai que Mara est un prénom juif, mais David aussi et tous les David ne sont pas Israélites. En patois normand un marat, c’est un maraud, un mauvais sujet. Charlotte doit savoir que cela vient du grec μιαρ?ς : scélérat, qui a produit marrans, vieille expression qui signifie juif. En patois Wallon, maraïe signifie canaille [13]. Dans la vie de tous les jours, Marat ne va ni dans les temples, ni dans les synagogues. Drumont nous dit qu’il est juif car il a une maladie de peau, il sent mauvais et est laid. Comme Mary Ann Frese Witt, on peut s’étonner de cet étrange raisonnement [5]. Les juifs sont entre 100 et 300 à Paris et aucun chef révolutionnaire n’est juif. Drieu La Rochelle va parler, en 1939, de la descendante de Viking tuant le juif Marat. Mais Charlotte Corday ne parle jamais de la supposée religion ou des origines de Marat.

     

    Dans «judéo-maçonnique», il y a une attaque contre la franc-maçonnerie. Marat a bien été initié dans une loge britannique, mais le moins que l’on puisse dire c’est que ses actes ne vont plus être guidés par l'humanisme et la spiritualité assez rapidement. Il n’est pas le seul frère à agir ainsi. Dans les armées des émigrés leurs déclarations provocatrices ne vont pas non plus laisser guère de chance à la sœur de Joseph II d’Autriche. Pourtant, ils sont de familles catholiques et monarchistes et ne peuvent être accusés de complot à l’origine de la Révolution !!!

    Michel Onfray nous dit qu’il est un faux médecin, ce qui à l’époque ne veut pas dire grand-chose. Il a un peu étudié en France. Le quotidien Le Monde nous dit qu’en 1765, Marat part en Grande-Bretagne et achète à une université anglaise un diplôme de médecine sans jamais y avoir étudié [9]. Il publie dans ce pays quelques mémoires sans grand intérêt et les Chaînes de l'esclavage, un énorme pavé, totalement indigeste, mais qui sera très apprécié par Karl Marx du fait des idées qu’il y exprime.

    Physiquement, Marat est de stature chétive. Il a le teint bistre, un visage asymétrique, des yeux jaune sales et saillants, un nez écrasé au-dessus d'une bouche bestiale. Il semble appartenir, comme va l’écrire Michelet, à la race des batraciens. Brissot le compare à un sapajou, Roederer à un oiseau de proie, Levasseur de La Sarthe à un insecte, Madame Roland à un chien enragé, Boileau à un tigre, le député Barral à un reptile... Toutefois Marat sait persuader aussi bien une marquise un peu crédule que des pauvres gens qui n’ont plus rien. Le futur révolutionnaire qui tiendra des discours, style :

     

    Chapeaux bas, grands seigneurs! bourgeois et valetaille,

    Vos maîtres vont passer, saluez la canaille !

     

    Grâce à sa marquise il devient le médecin de la Compagnie des Suisses de Monseigneur le Comte d'Artois. Il vit confortablement logé dans un hôtel privé de la rue de Bourgogne. Selon Michel Onfray, en bon charlatan, il consulte au prix fort ! Si l’on en juge par ses tarifs, précise l’auteur non sans malice, il précéda Lacan dans le dépassement d’honoraires… [8] [9].

    Marat vit en partie dans le luxe, paraît-il, grâce à l’argent de Claire Adélaïde Antoinette de Choiseul Beaupré (1751-1794), épouse de Maximilien de L'Aubespine-Sully, colonel du régiment de Dragons de Marie-Antoinette. Une pareille union étonne Jacques-Pierre Brissot : la dame est douce, aimable, bonne, et il n'y a rien de si rêche, de si violent, de si sauvage dans la vie domestique que Marat [14]. Il est vrai que Marat n’a aucun respect pour ses maîtresses. Mais la dame est ruinée, son mari est un escroc qui lui a transmis des maladies vénériennes. Elle est toutefois marquise du fait de son mariage, comme ses deux sœurs. A cette époque, Marat va même jusqu'à tenter de démontrer la noblesse de ses origines. Il affirme que la jeune huguenote française, Louise Cabrol, sa mère, descendante de la famille Cabrol originaire de Castres ne dérogeait pas en faisant du commerce. Ce qui est ridicule. Le frère du roi, du fait des relations dans la noblesse, en fait le onzième médecin de sa maison jusqu’en 1783.

    Caricature anglaise des Sans-culotte et des excés de la Révolution française.
    Caricature anglaise des Sans-culotte et des excés de la Révolution française.
    © Guy de RAMBAUD
    Guy de RAMBAUD

    Par contre, Diderot, tout comme Voltaire n'apprécient pas son Essai sur l'homme. Le premier déclare que Marat extravague, le second, le compare à Arlequin faisant des cabrioles pour égayer le parterre.

     

    En 1788, le grand médecin, pour les uns, le charlatan, pour tous les autres, tombe à nouveau malade.

    Michelet dans son Histoire de la révolution française écrit que le terroriste scientifique qui croyait tuer Newton, Franklin, Voltaire, devint le terroriste politique. Lors de la convocation des Etats Généraux, Marat s’affole et déclare je commençais à respirer, dans l'espoir de voir l'humanité vengée, de concourir à rompre ses fers et de me mettre à ma place... Plus que ses remèdes et ses soins, la Révolution semble le guérir physiquement.

    Mentalement, c’est différent. Comme l’écrit un critique du quotidienLe Monde : Marat, faux ami du peuple, incarne le ressentiment des médiocres frustrés, de ceux qui, à la faveur des convulsions de l’Histoire, saisissent toute occasion de faire exploser leur haine, leur envie, leur jalousie, et organisent la terreur partout où ils peuvent sévir dès qu’ils s’arrogent un lambeau de pouvoir [9]. Toutefois, une révolution ne suffit sans doute pas pour créer la maladie mentale, mais elle peut la révéler.

    Dès 1789, des crimes se commettent pour obéir à ses mots d’ordre. Marat excite et exhorte les foules à tuer. Le 12 septembre 1789, il crée le Publiciste parisien, journal politique, libre et impartial, plus connu sous le nom de l'Ami du peuple. Ces appels au meurtre, notamment contre Necker et La Fayette, font qu’il doit se terrer dans des caves et fuir en Angleterre. Mais il revient et continue à tenir des appels à l’élimination de ses adversaires dans son journal L’Ami du peuple, et des réunions de révolutionnaires [15]. Ses propos sont d’une violence incroyable [16]. Durant l'année 1790, saisissant sa plume, il déclare : il faut épurer l'armée... pendre 800 députés... faire rôtir les ministres au jardin des Tuileries. Il explique plus tard que sa véhémence cannibale n'est que rhétorique, ce qui va néanmoins donner des idées à ses lecteurs.

    Marat n'entend plus ses amis qui lui conseillent la modération. Il se terre au fond de l'une de ses fameuses caves, habillé avec de vieux vêtements sales et déchirés. Sa tête est en feu. Il doit la couvrir d'un linge humide [17], de couleur rouge et très sale [18], dont des cheveux gras s'échappent par mèches.

    "Interrogatoire d'un noble" lors des massacres de septembre
    "Interrogatoire d'un noble" lors des massacres de septembre
    Gravure extraite de l'Histoire de la Révolution, du Consulat et de l'Empire de Thiers\n
    © Guy de RAMBAUD
    Guy de RAMBAUD

    Toutefois, il ne semble pas avoir tué lui-même des Français. Il excite les bandes armées des faubourgs Saint Antoine et Saint Marcel à le faire. Marat, par exemple, dans un libelle intitulé : C’en est fait de nous, propose de s’assurer de la personne du Dauphin et d’abattre six cents têtes. Quelque temps après, suite aux graves évènements de désobéissance de Metz et de Toulon et à la volonté de Mirabeau de faire prêter serment aux soldats, il ordonne qu’on dresse 800 potences aux Tuileries. Or, le château n’accueille que 700 personnes, dont les petits commis des cuisines [19]. Mais 800 morts, c’est son chiffre au début de la Révolution pour chacun de ses groupes d’ennemis. Mais il va rapidement demander 300.000 têtes.

     

    Membre des Cordeliers, sa rage révolutionnaire se déchaîne encore plus après l’arrestation du roi à Varennes et la fusillade du Champ de mars. Avant les Massacres de septembre, il n’est pas le seul pamphlétaire à demander au peuple la purge des prisons [19], mais Marat encourage incontestablement l’esprit meurtrier chez ses lecteurs [20]. Une de ses citations est très connue : C'est par la violence qu'on doit établir la liberté. Certes Cavaignac écrit en 1838 qu’il ne faut pas considérer Marat comme un anthropophage au teint cuivré, à l'œil hagard, plus digne d'habiter une caverne qu'une société civilisée, mais il remarque que l’injustice l'avait possédé [21]. Il n’entend plus ceux qui lui disent, avec beaucoup de raison, qu'il n'y a plus, dans la République, ni seigneurs, ni bourgeois. Il faut absolument à Marat ses 300.000 têtes. Alors il montre du doigt ceux qui ont les mains blanches et délicates, portent des dentelles, l'habit de soie, ceux sont en voiture ou sortent de l'Opéra, ou bien encore ceux qui ont des chevaux, des valets et cœtera. Aristocrate ! On peut le tuer sans scrupule ! [22]. Et quand ils seront morts, ce sera le tour des possesseurs de chiens ou de chats ?

    Les tribunes interrompent et menacent parfois les élus du peuple avec des armes du temps de la Convention.
    Les tribunes interrompent et menacent parfois les élus du peuple avec des armes du temps de la Convention.
    © Yan Dargent.
    Histoire de la Révolution, du Consulat et de l'Empire de Thiers.

    Cela pourrait être drôle, mais des milliers d’hommes et de femmes meurent souvent après avoir été battus à mort, découpés en morceaux encore vivants. Le sang des aristocrates guillotinés est parfois offert aux pauvres comme boisson reconstituante et des enragés dévorent, comme à Caen en 1789, le foie de leurs victimes lors des massacres de septembre 1792 [23]. Le quotidien Le Monde écrit : Le sang versé, sous la guillotine ou lors des massacres de septembre 1792 (mille quatre cents détenus décapités ou égorgés au couteau), l’instinct de vengeance sous couvert de réaliser le bonheur de l’humanité, répugne Charlotte Corday[9].

     

    Lamartine écrit : Depuis le 10 août, Marat ne faisait plus seulement sortir sa voix des souterrains qu'il habitait, comme un gémissement du fond du peuple; il se montrait avec affectation à la multitude, aux Jacobins, aux Cordeliers, à l'Hôtel-de-Ville, aux sections, dans tous les tumultes. Il commençait à s'affranchir de la tutelle de Danton, qu'il avait longtemps briguée et subie. Il commençait à disputer à Robespierre les applaudissements des Jacobins. Robespierre ne promettait au peuple que le règne de lois populaires, qui répartiraient plus équitablement le bien-être social entre toutes les classes. Marat promettait des renversements complets et des dépouilles prochaines. L'un retenait le peuple par sa raison, l'autre l'entraînait par sa folie. Robespierre devait être plus respecté, Marat plus redouté. Il sentait ce rôle et voilà en quels termes il se caractérisait lui-même dans l'Ami du Peuple : Que mes lecteurs me pardonnent si je les entretiens aujourd'hui de moi. Ce n'est ni amour-propre ni fatuité, mais désir de mieux servir la chose publique. Comment me faire un crime de me montrer tel que je suis, quand les ennemis de la liberté ne cessent de me représenter comme un fou, comme un anthropophage, comme un tigre altéré de sang, afin d'empêcher le bien que je voudrais faire! [24].

    Marat, du fait de la démagogie dont il fait preuve pour les sans-culottes et les miséreux, est choisi par sa section pour être député de Paris à la Convention le 9 septembre 1792. Choisi ne correspond pas vraiment à la réalité. Sur 7.000.000 d'électeurs, il y a 630.000 votants. Voter à main levée deux jours après les massacres de septembre à Paris est un acte de grand courage. Les sans-culottes guettent les éventuels opposants. De ce fait, les élus sont tous de fervents révolutionnaires, mêmes les Girondins.

    Marat appuie la Commune et la Montagne contre les modérés. Mais sa bestialité verbale choque même ceux qui partagent ses idées. Et puis, Marat est sale, dépoitraillé et débraillé, à un point que Charlotte Corday ignore encore [18]. Comme va l’écrire le journal L’ouvrier, en 1868 (v.7) : Maximilien est toujours tiré à quatre épingles, frisé, poudré, musqué, ni plus ni moins qu'un marquis, avant 1789. Les chefs Montagnards se servent de Marat, mais le tiennent à l'écart. Toutefois l’homme est habile et il leur fait peur. Pierre Paganel écrit ... l'âme de Marat étoit fermée à toute ambition. Ce noble sentiment est étranger à de tels monstres. Anthropophage avec une extrême bassesse, il auroit préféré à Robespierre un roi qui lui auroit livré plus de victimes. Il caressoit le tyran, non par affection pour sa personne, mais pour être le ministre de sa tyrannie [25].

    Gaspard-Séverin Duchastel (1766-1793)
    Gaspard-Séverin Duchastel (1766-1793)
    Ce député girondin ose venir voter contre la mort du roi Louis XVI de France, bien que très malade. Il est guillotiné avec d'autres élus le 31 octobre 1793.
    © Guy de RAMBAUD
    Guy de RAMBAUD

    Avant le procès de Louis XVI, il déclare : je ne croirai à la république que lorsque la tête de Louis XVI ne sera plus sur ses épaules ! A Caen, Charlotte Corday suit, horrifiée, à travers les journaux les appels aux massacres de l'Ami du Peuple. Lors du Procès du roi, le terrible polémiste exige que le scrutin soit public et nominal. Plus hideux, plus sale, plus jaune, plus hâve, plus plein de fiel et de menace pour reprendre un portrait fait par Alexandre Dumas, il terrifie les députés du Marais (= centre). Il aboie comme un chien d'enfer, écrit Joseph Shearing, écrivain anglais qui a l’occasion de le voir haranguer les masses populaires [26]. Les provinces ne sont pas en général partisanes de l'exécution du Roi, mais la nouvelle arrive à Caen, province attachée à la famille royale. Charlotte Corday pleure comme une enfant.

     

    Après la condamnation du Roi, la lutte de Marat, devenu président des Jacobins [26], contre les Girondins se poursuit avec plus de barbarie encore. A la suite de l'un de ses appels à l'insurrection, ses adversaires, les Girondins, le font ordonner d'accusation. L'infinie popularité dont il bénéficie à Paris chez les sans-culottes lui permet de triompher devant le tribunal révolutionnaire [26]. Il est ramené en triomphe par la plèbe à la Convention. Il s'acharne alors contre ses contradicteurs [17]. Un gouvernement révolutionnaire d’exception va se mettre en place et Marat organise une mobilisation permanente des masses. Dans les faits, 140 députés Montagnards [26] font trembler 600 députés.

    Dans la période qui suit, nombre de girondins se réfugient dans la région de Caen. Ils y tiennent des réunions, que suit Charlotte. Le 3 février, l’abbé Gaumont, qui avait assisté sa mère dans ses derniers moments et qui a refusé de prêter serment, est guillotiné. Avec lui, cinq autres personnes sont exécutées. Le 10 juin, on appelle les citoyens à lutter contre le parti de Marat .

                                                                                                                  SUITE .....................

      

    VIDEO

     Charlotte Corday 1 (SUR DAILYMOTION)

      

      

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  • Sous la Révolution ce qui s'est passé aussi À CAEN !

    (actes de  barbares : actes  d'anthropophagie)

     

    La France pendant la Grande Peur (1789)
    La France pendant la Grande Peur (1789)
    © Guy de RAMBAUD
    Guy de RAMBAUD

    En mai 1789, une famine touche la paisible ville de Caen. Onfray, dans La Religion du poignard note :

     

    Les révolutions ne se déclenchent pas à la lecture du Contrat social de Rousseau, De l’esprit des lois de Montesquieu, encore moins de l’Ethocratie du baron d’Holbach… Elles montent des rumeurs anonymes de la rue quand les miséreux, contraints par leur état, ne peuvent plus autre chose que demander la fin de leur malheur, quel qu’en soit le prix, par n’importe quel moyen.

      

    Le peuple ne veut ni la Liberté ni la République, il souhaite manger à sa faim, sans plus [8]. Il ajoute : La population attaque donc le château et s’offre une victime expiatoire en la personne d’un jeune vicomte arrogant et antipathique. Le corps est dépecé. Il est grillé et mangé par un peuple chauffé à blanc, ivre de sang. Ecce homo : être humain en tant qu’individu, le phénomène de groupe le transforme en monstre incontrôlable, en fauve enragé. Henri de Belzunce, le bouc-émissaire, perd toute humanité, se trouve réduit à l’état de pièce de boucherie.

      

    La Révolution française dispose de son banquet totémique, remarque l’auteur [9]. Le quotidien Le Monde précise qu’à : ... Caen, le peuple, devenu populace par l’atrocité de son crime, ne s’en tiendra pas au barbecue ; il plantera la tête du vicomte sur un pic et ira l’exhiber sous les fenêtres de l’Abbaye-aux-Dames, dont sa tante est l’abbesse. A l’intérieur de l’abbaye, se trouvait une certaine Charlotte Corday [9].

      

    Ses futurs juges vont remarquer que Charlotte Corday est douloureusement émue par l’assassinat, dans des circonstances particulièrement odieuses, de l’un de ceux que l’on considéra à tort comme un de ses soupirants, le jeune vicomte Henri de Belzunce, major en second du régiment Bourbon-Infanterie, neveu de l’abbesse qui avait témoigné à l’adolescente orpheline une si précieuse affection.

    Un soupirant parmi d’autres, on lui en prête beaucoup après son geste. Une autopsie est pratiquée après son exécution, car les amis de Marat racontent qu’on a affaire à une nymphomane qui a eu plusieurs enfants d’ennemis de la Révolution. Mais les chirurgiens découvrent que la jeune fille est vierge. Et tous ses admirateurs pourront parler soit d’une vierge romaine, soit d’une nouvelle Jeanne d’Arc..

                                                                                                                    

      

      

     SUITE .....................

    Source :

    http://www.larousse.fr/encyclopedie/article/Charlotte_Corday/11022708

                  M. Guy de Rambaud, auteur.

      

      

      

      

     

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  • Couteau des vainqueurs de 1789. Rare couteau pliant à l'éffigie d'un grenadier de la Bastille,
    commandé par Pallois à la Coutellerie de Paris, pour récompenser les vainqueurs de la Prise de la Bastille.
    Lame en acier provenant des restes de la prison. Ivoire et écaille. Longueur totale: 24,7 cm.
    Hauteur grenadier: 14,1 cm. Longueur lame: 11 cm








    historiquement, certainement un symbole! esthétiquement: un vilain couteau
    couteau révolutionnaire, dit également Pallois, car c’est l’entrepreneur Pallois qui sous la Révolution, les a fait faire

     

    __________________
    un couteau Français n'est PAS un couteau fait en Chine ou ailleurs

      

    SOURCE / http://couteaux.xooit.fr/t24-couteaux-1789.htm

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