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      BLANCHE de CASTILLE 

       

      

      

     

    • Blanche est la fille d'Alphonse VIII roi de Castille et d'Eléonore

      C'est la vieille reine Aliénor qui choquée de la conduite scandaleuse de son dernier fils Jean sans Terre, a décidé malgré ses soixante dix huit ans de traverser les Pyrénées en l'an 1200 malgré un hiver très rigoureux pour amener sa petite fille Blanche au fils aîné de Philippe-Auguste afin de les marier.
      Blanche a juste douze ans et le jeune futur monarque Louis VIII en a treize !


      Blanche de Castille
      Miniature du XIVe S.

      Le 17 mai 1209 le jeune prince Louis est promu chevalier à Compiègne.
      Entre 1205 et 1213 Blanche mettra au monde douze enfants dont deux jumeaux qui mourront en bas-âge, quatre autres mourront en adolescence et cinq seulement atteindront l'âge adulte.

      Charles, le dernier-né sera l'enfant gâté, tandis que le dauphin Louis sera élevé sévèrement et préparé à ses futures fonctions.

      Le 14 juillet 1223 décès de Philippe-Auguste, Louis doit déjà intervenir au sud de la Loire. Puis c'est l'expédition dans le midi avec l'annexion de Béziers, de Nîmes et de Carcassonne à la couronne royale. Mais une dysenterie décime l'armée, le 8 novembre 1226 le roi est atteint par la maladie. Au bout de cinq jours LOUIS VIII décédera à son tour à Montpensier. Son règne n'aura pas duré quarante mois ...

      Les messes et les processions imposées dans Paris par la pieuse souveraine n'auront eut aucun effet pour protéger la vie de son époux bien-aimé.

      Compte tenu des atrocités et injustices commises durant les guerres de religions, il n'est pas exclu que des sources d'eau ont été volontairement contaminées, accusation qui fut très souvent portée contre les communautés juives toujours considérées comme des " coupables présumées." ( Mais sans pouvoir jamais fournir la moindre preuve !)

      Louis IX né en 1214 n'a que onze ans et c'est sa mère Blanche de Castille qui assurera la régence, même s'il fut déclaré : Roi de France dès la mort de son père.

      Six mois à peine après la mort de son époux la Régente doit faire face au soulèvement de Pierre 1er Mauclerc - duc de Bretagne qui avait été excommunié en 1217, et s'était allié au comte de La Marche (Province du Centre de la France). Surpris par l'audacieuse avance de la Régente, les deux seigneurs signèrent le traité de Vendôme.

      C'est également Blanche qui assura la Régence de France durant la 7è croisade (1250) et qui s'occupa de rassembler l'énorme rançon pour la libération de son fils. Après avoir dû faire face à une révolte de pastoureaux, la reine épuisée, âgée de 64 ans s'éteindra le 27 Novembre 1252 tandis que son fils attendra encore deux années en Syrie ou en Palestine avant de rentrer en France jusqu'au versement intégral de sa rançon conformément à sa parole donnée aux musulmans.

       


     



     

      

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  • Philippe d'Orléans(1640-1701) dit Monsieur

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    Philippe d'Orléans dit Monsieur, est né le 21 septembre 1640 au château de Saint-Germain-en-Laye, fils cadet du roi Louis XIII et frère du grand roi Louis XIV, il est le père fondateur de la famille royale de France actuelle: les Orléans.


     

     

     

    Enfance et éducation

    Philippe, naquit deux ans après son frère Louis. D'abord titré duc d'Anjou à la naissance, il est héritier présomptif du trône du couronnement de son frère à la naissance du Grand Dauphin (donc de 1643 à 1661). http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d3/Portrait_of_King_Louis_XIV_and_his_Brother%2C_Duc_D%27Orleans.jpg/200px-Portrait_of_King_Louis_XIV_and_his_Brother%2C_Duc_D%27Orleans.jpgIl sera surnommé le petit Monsieur pour le distinguer de son oncle Gaston de France qui est alors surnommé le grand Monsieur. À la mort de Gaston en 1660 et à l'avènement de Louis XIV, Philippe portera pleinement son titre de Monsieur, frère du roi, et récupérera comme apanage le duché d'Orléans.

     

    Dès son enfance, Philippe montra son originalité, son jeu préféré étant de porter des robes et de se poudrer. Son éducation est confiée au précepteur royal François de La Mothe Le Vayer . Il a été élevé de façon à en faire un garçon efféminé et faible, à l'opposé total de son frère . On l'amena régulièrement jouer avec un autre garçon de son âge, François-Timoléon de Choisy (futur abbé de Choisy), que la mère habillait aussi en robe sur ordre d'Anne d'Autriche dans le but de satisfaire le petit Monsieur . Même si ce sujet peut être atténué par le fait que porter des robes était à l’époque normal pour les garçons en bas âge (jusqu’à l'âge de six ans environ), Philippe lui en portera occasionnellement même à l'âge adulte, se déguisant en femme et aimant déguiser des femmes de la cour.


    Mazarin avait aussi emmené en France ses neveux et ses nièces (les Mancini). Selon certains historiens, ce serait Philippe Mancini qui aurait initié le jeune duc d'Anjou au vice italien , comme on appelait les pratiques homosexuelles à l'époque (la Princesse Palatine, sa deuxième épouse, utilisera quant à elle le terme de mal français). Cette stratégie d'éducation des deux princes faillit toutefois jouer des tours à Mazarin et Anne d'Autriche lorsqu'en 1658 Louis XIV tomba gravement malade (suite à une intoxication alimentaire lors de la prise de Bergues). Des courtisans affluèrent alors autour de Philippe, premier dans l’ordre de succession. Néanmoins, Louis XIV survivra à cet épisode.

     

    Apanage et finances

    schloss_und_park_von_st-cloud.jpgCôté financier, l'apanage de Monsieur faisait de lui un des personnages les plus riches du royaume. Il récupère entre autres les duchés d'Orléans et de Chartres, qui lui assurent de vivre à la hauteur de son rang, mais son frère lui refusera toutefois le Comté de Blois (et donc le Château de Chambord) et le Languedoc qui auraient aussi dû lui échoir à la mort de son oncle Gaston. Philippe recevra en plus une importante rente du roi et tirera aussi plus tard des revenus de la construction du canal d'Orléans. Ces revenus lui ont donc permis de vivre dans un faste équivalent à celui de la cour et d'être un grand mécène. Il fut par exemple le protecteur de Molière et de sa troupe, c'est grâce à lui que Molière se produira devant le roi . De plus, Philippe accueille l'académie de musique et l'académie de danse au Palais Royal. Il collectionnera aussi des centaines de tableaux de maîtres, et il amassera bijoux et pierreries.


    Il a deux principales résidences : le Palais-Royal qu'il a reçu en apanage et qu'il aménage à grands frais. Il y organise des fêtes et des jeux. Son favori y possède bien sûr ses appartements. Il aménage ensuite le Château de Saint-Cloud qui lui est offert par son frère en 1658 (on suppose dans l'optique de le ruiner) dans lequel il entreprend encore de nombreux travaux, en particulier la construction de grands jardins à la française et celle d'un trianon.


    À l'écart du pouvoir140608_mignard.jpg

    Malgré un courage indéniable au combat, Louis XIV ne lui laissa aucune marge 

    Monsieur restera toute sa vie écarté du pouvoir par le roi Soleil et se contentera de veiller sur l'étiquette à la cour. Ce culte de l'étiquette était presque maladif selon ses contemporains. Il se bat avec les autres personnages de la cour pour que les titres précis de chacun soient respectés ; par exemple, il se dispute avec les Condé pour être le seul à porter le titre de « Monsieur le Prince » .


    Mariages

    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/fc/Henrietta_Anne%2C_Duchess_of_Orleans_by_Pierre_Mignard.jpg/220px-Henrietta_Anne%2C_Duchess_of_Orleans_by_Pierre_Mignard.jpgIl se maria deux fois, deux mariages imposés par Louis XIV. Le premier, avec la princesse Henriette-Anne d'Angleterre, devait resserrer les liens des deux pays. Cette dernière ne vivra que de fêtes et aura plusieurs amants, dont Louis XIV lui-même, ce qui irritera Philippe. De son côté, Henriette ne supporte pas les favoris de Monsieur. Ils auront tout de même trois enfants.

    Alors qu'elle venait d'obtenir du roi l'exil du chevalier de Lorraine, Henriette meurt de façon plutôt mystérieuse à seulement 26 ans. Cette mort soudaine de Madame vaudra à Bossuet la célèbre oraison funèbre : « Madame se meurt, Madame est morte ».

     

    Monsieur se marie ensuite en 1671 avec la princesse Palatine qui se convertit rapidement au catholicisme pour l'occasion. Philippe ne s'intéresse pas beaucoup à elle. Il n'y a pas d'amour entre eux mais un respect mutuel, Philippe étant un mari plutôt conciliant. Ils auront trois enfants dont le duc de Chartres, futur régent, et Mademoiselle de Chartres, future duchesse de Lorraine et de Bar, elle aussi régente. Après avoir eu ces trois enfants, ils se mettent d'accord pour s'épargner réciproquement le devoir conjugal.


    Mort

    Philippe de France meurt à Saint-Cloud le 9 juin 1701 d'une crise d'apoplexie,500px-Louis14-Family.jpg après une dispute avec le roi au sujet du mariage de leurs enfants. En effet, le duc de Chartres (futur régent) avait été contraint d'épouser Mademoiselle de Blois sa cousine, bâtarde légitimée de Louis XIV, en l'échange de charges qu'il n'avait jamais reçues. Le duc, coureur de jupons, trompait ouvertement sa femme, et le roi avait décidé de défendre les intérêts de sa fille. Monsieur et son frère le roi se disputèrent donc des semaines au sujet de ces charges et de ces tromperies, et ces disputes aggravèrent la santé de Monsieur qui en mourut.

     

    Le roi fut très affecté de sa disparition et en pleura beaucoup les jours suivants, selon les chroniqueurs de l'époque . Malgré les vexations constantes qu'il avait fait subir à son frère, Louis XIV se serait, dit-on, senti coupable de sa mort . Cette tristesse ne fut partagée ni par le chevalier de Lorraine, ni par la Palatine dont la seule pensée fut de savoir comment ne pas finir au couvent ou retirée (comme la tradition et son contrat de mariage le lui imposaient) mais qui secrètement brûla elle-même les lettres écrites au duc par ses mignons afin de ne pas salir la mémoire de son époux.

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  • Le Régent, Philippe d'Orléans (1674-1723)

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    Philippe d’Orléans, est né le 2 août 1674 au château de Saint-Cloud . Petit-fils de Louis XIII, il est à la mort de son oncle le roi soleil, l'adulte de la famille royale le plus proche du roi, il devient ainsi le régent du royaume de france, pendant la minorité de Louis XV .

     

    Les jeunes années

    Fils de Philippe de France (Monsieur), et de sa seconde épouse, la princesse palatine Charlotte-Élisabeth de Bavière, Philippe d’Orléans est d’abord titré duc de Chartres. Il reçoit une éducation soignée, principalement tournée vers la fonction militaire et diplomatique, comme il sied à un petit-fils de France. Il s’intéresse particulièrement à l’histoire, la géographie, la philosophie et aux sciences. Contrairement à son oncle et à son père, il monte mal, se montre mauvais danseur et n’aime pas la chasse. En revanche, il a la prodigieuse mémoire de son oncle : très tôt, il connaît sur le bout des doigts les mémoires et généalogies des grandes familles de la cour. Il a aussi une grande capacité de travail et de l'intelligence.

     

    Le mariage

    FrancoiseMarieofOrleans1.jpgNéanmoins, avec la naissance des trois fils du Grand Dauphin, fils aîné de Louis XIV, le duc de Chartres se retrouve sixième dans la ligne de succession au trône, ce qui ne lui laisse que bien peu d’espérances de régner et ne le place pas dans la meilleure situation pour faire un mariage avantageux. De plus, la France est en guerre avec la presque totalité de l’Europe, ce qui rend impossible un mariage étranger. Aussi, dès 1688, le roi fait allusion à Mademoiselle de Blois, bâtarde légitimée. Ce mariage parachèverait la politique d’abaissement des branches cadettes de la maison de Bourbon voulue par le Roi Soleil. Mais Monsieur et sa femme, la Princesse Palatine, jugent une telle union tout simplement scandaleuse, indigne et pour tout dire inimaginable.


    Le duc de Chartres est plus hésitant, d’autant que l’idée est soutenue par son précepteur, l’abbé Dubois. Au début de 1692, Louis XIV convoque son neveu et lui déclare qu’il ne peut mieux lui témoigner son affection qu’en lui donnant sa propre fille en mariage, ce à quoi le jeune homme ne sait répondre qu’en balbutiant un remerciement embarrassé. La Palatine, apprenant l’issue de l’entrevue, jette de hauts cris mais ne peut affronter le roi, d’autant qu’elle sait ne pouvoir compter sur le soutien de son mari (qui ne se révolta que peu de temps avant sa mort, lançant à son frère que : « Sans tirer aucun profit de ce mariage, Chartres n’en gardera que la honte et le déshonneur »). Elle borne l’expression de son mécontentement à tourner le dos au Roi après qu'il lui a fait une profonde révérence ; mais ensuite, comme seul le prétend le duc de Saint-Simon, elle donne à son fils une énorme gifle devant toute la Cour. Le mariage n’en a pas moins lieu, le 9 janvier 1692. Ce mariage arrangé, non désiré, ne fut guère heureux. Philippe, devenu duc d’Orléans en 1701 à la mort de son père, appelait sa femme « Madame Lucifer ». Ils eurent huit enfants dont un seul fils : le futur Louis Ier d’Orléans, surnommé « le Pieux »

     

    Le militaire

    200px-Regent_Rigaud.jpgL’année précédente, Chartres avait commencé la carrière des armes aux Pays-Bas, aux côtés du roi. Très vite, il s’avère un bon officier, aimé de ses soldats, enchaînant les campagnes. En 1693, il se distingue par une brillante conduite à Mons, à Steinkerque et à la Bataille de Neerwinden. Il se montre également très critique vis-à-vis de la stratégie de l’armée de Flandre. Ses quelques initiatives, de portée certes modeste, s’avèrent en revanche des succès. À la cour, les comparaisons fusent avec le Grand Condé, ce qui lui attire la jalousie des autres princes du sang.


    Désireux de calmer le jeu, Louis XIV rappelle tous les princes. Le duc de Chartres vit cette décision comme un camouflet personnel : on ne lui accorde aucun grand gouvernement, à la différence des bâtards, et on le prive de grand commandement. Il sait que son oncle désapprouve sa conduite : depuis l’adolescence, il fréquente les milieux libertins et mène une vie dissolue. Rappelé à l’armée lors des campagnes difficiles de la guerre de Succession d'Espagne, il prouve sa bravoure à Turin en 1706. Après avoir été écarté des successions possibles, en France comme en Espagne, il intrigue. Son ambition mal déguisée et son goût pour la chimie le font soupçonner d’avoir contribué aux morts du dauphin et de sa famille. Louis XIV lui témoigne froideur et défiance et lui impose, par son testament secret, la présence des princes légitimés dans le Conseil de régence.

     

    Le Régent

    1008870.jpgÀ la mort de Louis XIV, le duc d’Orléans, adulte de la famille royale le plus proche du roi, devient le régent du royaume. Louis XIV tente de limiter ses pouvoirs dans son testament, lequel indique la composition du conseil de régence, véritable conseil de gouvernement, et laisse au duc du Maine, l’un de ses enfants hors mariage, l’éducation du jeune Louis XV. Philippe fait casser le testament par le Parlement qui le reconnaît comme seul régent, ce qui lui permet de réorganiser le Conseil à son gré et d’évincer le duc du Maine, bientôt exclu de la succession au trône que son père lui avait accordée. Toutefois, le Régent doit, pour rallier le Parlement de Paris à sa cause, lui restituer le droit de remontrance supprimé par Louis XIV, ce qui n'est pas sans conséquence au XVIIIe siècle.


    Il tente de séduire les Français par une politique nouvelle : la paix est rétablie. Il soutient les jansénistes, abandonne la cause des Stuarts, tente de rétablir les finances et l’économie avec les audaces de Law. En entamant sa régence, il adresse, le 4 octobre 1715, une « Lettre à Mrs les intendans commissaires départis dans les provinces », dans laquelle il déclare que sa préoccupation majeure est le poids excessif des différentes taxes et annonce son intention d’établir un système d’imposition plus juste et plus égalitaire. Sur le plan de l’organisation du gouvernement, le Régent entame la politique de polysynodie, sans doute sous l’influence de son ami Saint-Simon : le remplacement des ministres par des conseils rassemblant des grands seigneurs et des techniciens. Mais il s’impose aux parlements et aux légitimés, prend les armes contre l’Espagne dans une alliance avec Londres et Vienne. La personnalité de l’abbé Dubois, son ancien précepteur, devenu archevêque, cardinal et ministre, s’impose de plus en plus auprès de Philippe, le fonctionnement de la polysynodie devenant de plus en plus difficile. Sur le plan personnel, le régent n’a rien changé à sa vie frivole. Le Palais-Royal est le théâtre de ses abandons à la débauche en compagnie de ses « roués », « fanfarons d’incrédulité et de crimes » ; les petits soupers y tournent parfois à l’orgie.

     

    Le sacre de Louis XV et la mort de Philippe d’Orléans

    mort philippe orleans guizotMais quand les calamités fondent sur le royaume : incendies, peste de Marseille, effondrement du système de Law, le pays souffre et gémit, on accuse l’irreligion du Régent. La sagacité et la finesse du cardinal Dubois dans les affaires, l’énergie intermittente du Régent et l’absence de toute opposition organisée font que la monarchie reste debout. Louis XV est sacré le 25 octobre 1722 et confirme le cardinal Dubois comme principal ministre, mais celui-ci meurt le 10 août 1723. Philippe d’Orléans lui demande alors la place de principal ministre que Louis XV, qui a pour lui la plus vive affection, lui accorde sans hésiter. C’est la première fois dans l’histoire de la monarchie qu’un petit-fils de France est investi de telles fonctions. Le duc d’Orléans se plonge dans les affaires avec ardeur. Mais il n’est pas en bonne santé, ayant beaucoup grossi et étant sujet à de fréquentes somnolences. Il meurt peu de temps après, le 2 décembre 1723.

      

      

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  • Louis 1er d'Orléans (1703-1752)

    435px-Louis-Orleans-copie-1.jpgLouis Ier d’Orléans, duc d'Orléans, dit « le Pieux », surnommé aussi « le Génovéfain », est né à Versailles le 4 août 1703 et est mort à Paris le 4 février 1752. Il fut titré duc de Chartres (1703-1723), puis devint duc d'Orléans, duc de Valois, duc de Nemours et duc de Montpensier (1723-1752) à la mort de son père. Il fut titré premier prince du sang après la mort d'Henri Jules de Bourbon-Condé (1709).

    Selon le marquis d'Argenson : « M. le duc d'Orléans a toujours été outré en tout. Dans sa jeunesse il aima les femmes avec passion, et sans réfléchir aux risques que courait sa santé. Plus tard, il voulut se mettre à la tête des houssards et faire une guerre de carabin. Ensuite, il aima la chasse avec fureur. Enfin, s'étant adonné à la dévotion, il choisit le rôle de Père de l'Église et d'anachorète. » (Journal, juillet 1742)

     

    Biographie

    Petit-fils et petit-neveu de Louis XIV, il en porte le prénom. Il est le fils de Philippe duc d'Orléans et de Mademoiselle de Blois, fille légitimée de France que Louis XIV eut de sa maîtresse, la marquise de Montespan. Louis d'Orléans fut élevé un peu par sa mère et par sa grand-mère, la fameuse princesse Palatine, et surtout par son précepteur, le sage abbé Nicolas-Hubert Mongault. Le roi, son  grand-père, mourut en septembre 1715 et son père fut proclamé régent du royaume pour Louis XV âgé de 5 ans.

    Dès le 30 janvier 1718, âgé de 15
    ConseilRegence.JPGans, il fut admis au Conseil de Régence et le lendemain à celui de la Guerre. Il n'hésita pas à s'opposer à certaines décisions de son père et à son principal ministre le cardinal Dubois. À cette époque-là, il se livrait, selon le baron de Besenval, « aux passions qu'inspire la jeunesse entretenant une fille de la comédie ».

    En 1719, il fut nommé gouverneur du Dauphiné et, s'il ne résida pas dans cette province, comme il était alors d'usage, il s'acquitta de sa tâche avec beaucoup d'application. En 1720, il fut nommé grand-maître de l'ordre de Saint-Lazare et de Jérusalem, et chercha à lui rendre son lustre passé. En 1721, il devint Colonel général de l'Infanterie.

     

    Mariage

    Son mariage fut une affaire délicate. À la fin de 1721, l'ambassadeur de France en Russie essaya de conclure une alliance avec une fille du tsar Pierre Ier dit le Grand, la future Élisabeth, mais outre l'obstacle de la religion, une telle union pouvait passer pour une mésalliance, même pour un arrière-petit-fils de France qui, en cette qualité, devait se contenter du prédicat d'« Altesse Sérénissime ».

     
    Auguste_Marie_Johanna-_Markgrafin_von_Baden-Baden.jpgLorsque le Régent mourut en 1723, il fut jugé urgent d'arrêter un parti et ce d'autant plus que le gouvernement fût confié par le jeune roi, majeur depuis peu, au duc de Bourbon, chef d'une branche cadette de la famille royale et rivale des Orléans...

    Le choix se porta sur la princesse Augusta de Bade-Bade (1704-1726), fille du feu margrave Louis-Guillaume de Bade, héros de la guerre contre les turcs et de Sibylle Augusta de Saxe-Lauenbourg, qui présentait l'avantage d'une généalogie sans tache et dont les deux parents étaient au surplus catholiques. Ceci compensait une dot misérable de 80 000 livres seulement qui fit se gausser la cour. Le mariage eut lieu le 13 juillet 1724 à Châlons en Champagne. Ils eurent deux enfants, Jeanne de Bade mourant en couches en donnant naissance à la seconde.

     
     De la mort de son père en 1729, Louis d'Orléans fut, concurremment avec Philippe V d'Espagne, héritier présomptif du trône de France, la question de la validité des renonciations des Bourbons d'Espagne au moment du traité d'Utrecht de 1713 n'étant pas définitivement tranchée. Écarté du gouvernement par son cousin le duc de Bourbon, il s'efforça de restaurer la puissance de la maison d'Orléans en s'appuyant sur son fidèle ami le comte d'Argenson, nommé chancelier de la maison d'Orléans en 1723. Comme premier prince du sang, il siégea dans tous les conseils et n'hésita pas à opiner sur les affaires de politique.

    Ses relations avec Louis XV (de sept ans son cadet) furent cordiales même s'il reprochait au roi ses mœurs dissolues. La reine Marie Leszczyńska lui manifestait une grande sympathie, de même que le cardinal de Fleury.

    Néanmoins, en 1740, Louis XV, sur les instances de Fleury et pour des raisons politiques, ne put d'accorder au fils du duc d'Orléans la main de sa fille, Madame Henriette bien que les jeunes gens éprouvassent l'un pour l'autre une tendre inclination.

    gravure.jpgEn effet, Louis XV n'avait qu'un fils, le dauphin Louis-Ferdinand. En cas de disparition de celui-ci, le trône de France serait revendiqué à la fois par le duc d'Orléans et par le roi d'Espagne, Philippe V, qui considérait comme nulle la renonciation à ses droits que l'Angleterre lui avait extorquée au traité d'Utrecht de 1713. Marier une fille du Roi au fils du duc d'Orléans eût été, dans cette possible querelle, donner l'avantage à ce dernier, ce qui n'eût pas manqué d'indisposer l'Espagne, que le cardinal cherchait au contraire à ménager. Le duc de Chartres se rabattit sur la fille du prince de Conti, Louise Henriette de Bourbon-Conti, qui le trompa outrageusement.

    En 1742, Louis d'Orléans, dont la dévotion n'avait cessé de grandir depuis un veuvage qui l'avait laissé inconsolable, se retira à l’abbaye Sainte-Geneviève où il passa les dix dernières années de sa vie. Il continua de se tenir au courant des affaires, géra son apanage, reçut et protégea les savants et se consacra à des œuvres charitables.

    Lui-même eut de la réputation comme hébraïsant. Il avait formé un cabinet d'histoire naturelle et un riche médailler ; il a laissé des ouvrages d'érudition et de piété qui sont restés manuscrits. On l'a soupçonné de jansénisme, mais sans preuve suffisante.

    Sur la fin de ses jours, il avait l'esprit un peu dérangé. Il refusait de croire que l'on pouvait mourir, comme il refusait de croire aux naissances qu'on lui annonçait et, selon Besenval, il mourut sans les derniers sacrements car il refusa de reconnaître ses petits-enfants, ne croyant pas à leur légitimité, condition que le prêtre chargé de l'assister avait mise pour lui accorder le viatique.

     

    Les Orléans de Monsieur à Henri VII

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  • Louis-Philippe Ier d'Orléans, dit « le Gros »

    Louis_Philippe_d-Orleans-copie-1.jpgLouis-Philippe Ier d'Orléans, dit « le Gros », duc de Chartres puis duc d'Orléans , de Valois, de Nemours et de Montpensier (1752-1785), premier prince du sang, est né à Versailles le 12 mai 1725 et mort au château de Sainte-Assise à Seine-Port le 18 novembre 1785. Il était le fils de Louis, duc d'Orléans, dit « le Pieux » (1703-1752), et d'Augusta Marie Jeanne de Bade. À sa naissance, il porta le titre de duc de Chartres. À la mort de son père en 1752, il devint duc d'Orléans, de Valois, de Nemours et de Montpensier.

    Il eut part aux campagnes militaires de 1742, 1743 et 1744. Cette dernière année, il fut fait lieutenant général, et nommé gouverneur du Dauphiné à la mort de son père. Il se distingua aux guerres de Flandre et d'Allemagne.

     

     

    Biographie

     

     Très jeune, il se prit d'une passion partagée pour une des filles de Louis XV, Madame Henriette et voulut l'épouser. Mais le cardinal de Fleury vit dans ce projet de mariage la source possible de toute sorte de graves complications diplomatiques. En effet, Louis XV n'avait qu'un fils. En cas de disparition de celui-ci, le trône de France serait revendiqué à la fois par le duc d'Orléans et par le roi d'Espagne, Philippe V, qui considérait comme nulle la renonciation à ses droits que l'Angleterre lui avait extorquée au Traité d'Utrecht de 1713. Marier une fille du roi au fils du duc d'Orléans eût été, dans cette possible querelle, donner l'avantage à ce dernier, ce qui n'eût pas manqué d'indisposer l'Espagne, que le cardinal cherchait au contraire à ménager. En 1740, le Roi refusa donc au duc de Ch artres la main de sa fille, qui devait d'ailleurs finir ses jours célibataire.


    Duquesa_De_Orleans_como_hebe_copia_thumb.jpgLouis songea alors à une fille de l'électeur Charles-Albert de Bavière. Officiellement, Louis XV et Fleury firent mine de soutenir sa démarche, mais l'électeur, qui prétendait à l'Empire et qui fut effectivement un éphémère empereur sous le  nom de Charles VII, fit traîner l'affaire et mourut en 1745 sans qu'elle ait été conclue. Entre-temps, Louis dut se rabattre en 1743 sur une cousine éloignée, Louise Henriette de Bourbon-Conti (1726-1759), choix véritablement désespéré qui ne rehaussait en rien le prestige de la maison d'Orléans et qui, au contraire, y faisait entrer encore plus du sang des bâtards de Louis XIV. Le duc d'Orléans pensait du moins que la jeune fille, élevée dans un couvent, serait un modèle de vertus chrétiennes. Elle s'avéra au contraire un modèle de dévergondage et son inconduite suscita un scandale permanent. Trois enfants légitimes, dont deux survécurent, naquirent d'une union mal assortie.


     Encore Philippe-Égalité n'hésita-t-il pas à affirmer publiquement sous la Révolution qu'il n'était pas le fils de Louis le Gros mais celui d'un cocher du Palais-Royal, ce qui était au demeurant peu probable si l'on en juge par la ressemblance frappante entre le père et le fils. Par ailleurs, Louis le Gros, son grand-père ne croyait pas à la légitimité de ses petits-enfants... Pour se consoler, le duc de Chartres, de son côté, se mit en ménage avec une actrice, Mlle Le Marquis, qui lui donna cinq enfants naturels qui furent élevés avec soin par la famille d'Orléans : Louis-Étienne, comte-abbé de Saint-Phar ; Louis-Philippe, comte-abbé de Saint-Albin ; Marie-Étienne, qui épousa en 1778 un officier de dragons d'un régiment du duc d'Orléans, François-Constantin de Brossard ; et deux sœurs jumelles, les demoiselles de Mérainville, qui entrèrent en religion.

    250px-Louis-Philippe1.jpgLa duchesse de Chartres mourut assez rapidement, en 1759. Louis le Gros prit alors pour maîtresse en titre Charlotte Jeanne Béraud de La Haye de Riou (1738-1806), veuve du marquis de Montesson, qui l'appelait « Gros-Père ». Pendant des années, il tenta d'obtenir de Louis XV la permission de l'épouser. Le roi n'y consentit qu'en 1772, et à la condition expresse que le mariage ne fût que morganatique et que Madame de Montesson ne devînt pas duchesse d'Orléans, ce qui fit dire que faute d'avoir pu faire de la marquise de Montesson une duchesse d'Orléans, le duc d'Orléans s'était fait marquis de Montesson. Après le mariage, qui eut lieu en 1773, le duc d'Orléans et sa nouvelle épouse durent fuir le Palais-Royal et Saint-Cloud, leur situation étant désormais incompatible avec les obligations de l'étiquette. Ils vécurent discrètement entre la maison que le duc possédait à Bagnolet et le château de Sainte-Assise, cadeau de mariage offert à Madame de Montesson, situé à Seine-Port (actuel département de Seine-et-Marne), au bord de la Seine, et où, en dépit de plusieurs années d'intrigue, elle n'eut jamais l'honneur d'une visite royale.


    Il passa ses dernières années dans sa maison de Bagnolet, protégeant les savants et les gens de lettres, et jouant souvent lui-même la comédie. Ce prince éclairé favorisait les découvertes. Homme de bien, il distribuait d'importantes sommes aux nécessiteux. « M. le duc d'Orléans, dit de lui le baron de Besenval, révoltait souvent ses amis par la faiblesse de son caractère, et le peu de noblesse qu'il mettait quelquefois dans sa conduite ; mais il se les attachait par la bonté extrême qui était le fond de son caractère, et par les services qu'il leur rendait, autant que sa timidité pouvait le lui permettre. » En 1769, il augmenta les propriétés de la famille d'Orléans en achetant le château du Raincy aux héritiers du marquis de Livry. Mais en 1784, il dut consentir à céder au roi le château de Saint-Cloud, convoité par Marie-Antoinette.

     

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  • Louis Philippe d'Orléans, dit " Philippe Égalité "

    philippe_egalite-copie-1.jpgLouis Philippe Joseph d’Orléans, duc de Chartres, puis duc d'Orléans (1785-1792), ayant changé son nom en Philippe Égalité après 1792, est né au château de Saint-Cloud le 13 avril 1747 et mort guillotiné à Paris le 6 novembre 1793.

    Fils de Louis Philippe d'Orléans (1725-1785), duc d'Orléans, dit « le Gros », et de Louise Henriette de Bourbon-Conti, il fut titré duc de Montpensier à sa naissance, puis porta le titre de duc de Chartres à la mort de son grand-père. A celle de son père, il devint alors duc d'Orléans et premier prince du sang. Il descendait en ligne masculine du régent Philippe d’Orléans et du roi Louis XIII.

     

    Mariage et descendance

    Le père de Philippe d’Orléans avait d’abord envisagé de le marier à la princesse Cunégonde de Saxe, fille d’Auguste III de Saxe roi de Pologne et sœur de la Dauphine de France Marie-Josèphe. Mais cette dernière insista auprès de Louis XV pour qu’il s’oppose à ce projet, considérant que Chartres était de trop petite naissance pour prétendre épouser sa sœur Cunégonde. L’abbé de Breteuil, chancelier de la maison d’Orléans, fut donc chargé de négocier, en substitution, un  mariage avec Louise Marie Adélaïde de Bourbon, petite-fille du comte de Toulouse, bâtard légitimé de Louis XIV et de Madame de Montespan, qui amenait dans la maison d’Orléans, avec encore un peu plus du sang des bâtards de Louis XIV, l’héritage fabuleux du duc de Penthièvre.
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    Philippe d’Orléans quant à lui descendait, par sa mère, d’une bâtarde de Louis XIV et de la marquise de Montespan (Mademoiselle de Nantes) et d’autre part une des arrière-grand-mères paternelles de Philippe d’Orléans était également une bâtarde de Louis XIV et de la marquise de Montespan (la seconde Mademoiselle de Blois). Le mariage eut lieu à Versailles le 5 avril 1769. La dot, sans doute la plus importante qu’on ait jamais vue, se montait à 6 millions de livres, dont 3 865 000 livres étaient remis sur-le-champ, sous forme d’une dotation produisant un revenu annuel de 245 000 livres. Le duc d’Orléans s’engageait de son côté à loger, meubler, faire servir les époux et à leur assurer au surplus un revenu de 400 000 livres par an. Louise Marie Adélaïde de Bourbon lui donna six enfants dont le futur Roi des Française Louis-Philippe 1er.

     

    Sous l’Ancien Régime

    Chartres avait eu la promesse, au moment de son mariage, que son beau-père solliciterait pour lui la survivance de sa charge de grand amiral de France. Il s’y prépara en faisant une carrière d’officier de marine. Après deux campagnes en 1775 et 1776, il fut promu lieutenant général des armées navales. En 1778, lorsque les hostilités recommencèrent avec la Grande-Bretagne, il se vit confier le commandement de l’arrière dans l’escadre commandée par le comte d'Orvilliers. Le 27 juillet 1778, au large d’Ouessant, la bataille s’engagea. Une manœuvre commandée par d’Orvilliers amena les vaisseaux du duc de Chartres sur l’avant ; le prince n’hésita pas à foncer sur les vaisseaux britanniques, mais à la suite d’une mauvaise communication avec le vaisseau amiral, une erreur fut commise qui permit aux vaisseaux britanniques de prendre la fuite. La bataille se soldait par un demi-succès.


    26030337.jpgL’année suivante, il commanda l’escadre d’évolutions qui fit le tour des îles britanniques et revint par les Pays-Bas. À son retour, il trouva son beau-père inquiet car on l’avait persuadé que Chartres voulait le dépouiller de sa charge de grand amiral. Le duc de Chartres écrivit à Louis XVI pour le détromper et, dans un souci d’apaisement, renonça à la marine en sollicitant le roi de créer pour lui un emploi de colonel général des troupes légères, ce à quoi Louis XVI consentit. Mais en 1780, le roi lui refusa la permission de faire partie du corps expéditionnaire de Rochambeau qui partait pour l’Amérique.

     

    Pair de France, Philippe d’Orléans fit de bonne heure preuve d’indépendance. Comme tous les princes des branches cadettes de la maison de Bourbon, il prit le parti des Parlements et refusa de siéger au « parlement Maupeou ». En 1771, il se fit élire grand maître du Grand Orient de France, qui venait d’être organisé. Adepte des idées nouvelles et grand admirateur des institutions britanniques, le duc de Chartres manifesta plus d’une fois avant la Révolution son hostilité au régime et à la Cour, notamment lors de l’assemblée des notables de 1787. À partir de 1785, devenu duc d’Orléans, il offrit au Palais-Royal - « l'anti-Versailles » - un centre et un point de ralliement aux ennemis de la cour. Chef du 3e bureau à l’Assemblée des notables, il déclara que les États généraux avaient seuls le droit de voter les impôts, et protesta contre les édits bursaux : il fut exilé.

     

    Philippe Égalité

     

    04ThiersHRFt0104PhilOrleansDélégué aux deux assemblées des notables, le duc d'Orléans avait été élu député de la noblesse aux États généraux de 1789, s'était prononcé pour les idées nouvelles et il fut l'un des meneurs du groupe des 47 députés de la Noblesse qui se rallièrent au Tiers état, le 25 juin 1789. Lié à Honoré Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau, espérant peut-être un temps le trône de Louis XVI, il dut s’exiler en Grande-Bretagne après les journées des 5 et 6 octobre 1789, pour éviter d'avoir à s'expliquer, lors de l'instruction menée au Châtelet de Paris, pour déterminer les responsabilités de ces journées révolutionnaires.

    Revenu en France en 1790, il décida de ne plus s'occuper de politique malgré la pression énorme de son entourage qui envisageait depuis 1789 un changement de dynastie en sa faveur. Membre du Club des Jacobins depuis sa fondation, il était aussi membre fondateur du club de Valois qui s'opposait au club monarchique. Après la fuite de Louis XVI à Varennes et la fusillade du Champ-de-Mars, le duc d'Orléans déclara solennellement, par écrit, qu'il renonçait absolument à toute intention de prendre la régence en France. En 1792, il se rendit avec ses fils à l’armée du Nord, mais après la défection du général Dumouriez, il reçut l’ordre de la quitter.

     

    Candidat à la Convention nationale en 1792 par le département de la Seine, il prit le nom de Philippe Égalité et fut élu grâce au soutien de la Commune de Paris. Une lettre écrite en 1793 de prison à son avoué Jean-Baptiste Lemaire, montre qu'il n'a jamais signé autrement : « Pourquoi m'appelez vous « Orléans » nom que vous savez que je n'ai pas signé depuis le début de l'assemblée constituante qui défendait de porter aucun titre ni nom de terre ? Est-ce qu'il y a un décret qui m'ordonne de m'appeler « Orléans » ? J'ai déjà fait cette question aux citoyens Gérard et Voidel, mais je n'y ai reçu aucune réponse ; peut-être serai-je plus heureux en m'adressant à vous. Je désire le savoir car s'il y en a un, il est trop ridicule à moi de continuer à signer « Egalité ». Cependant ce ridicule serait bien involontaire puisque je n'ai aucune connaissance que je doive signer autrement ».

    Il siégea toujours avec les Cordeliers, au milieu de la Montagne. Il vota la mort du roi Louis XVI, et sans appel. Le rejet de l'appel au peuple pouvant sauver Louis XVI se joua à très peu de voix. Cette action dégoûta jusqu’à Robespierre qui, selon une rumeur, aurait dit de lui : « il était le seul membre de l’Assemblée qui pût se récuser ».


    L'arrestation et la condamnation

    503-1.jpgQuand son fils aîné (le futur Louis-Philippe Ier) suivit le général Charles-François Dumouriez dans son aventure personnelle, il devint suspect aux yeux des Montagnards.

     

    Il fut décrété alors d'accusation, comme « partisan » des Girondins avec lesquels il n'avait pourtant jamais eu de relations. Arrêté le 6 avril 1793, le ci-devant duc d'Orléans, sa sœur la duchesse de Bourbon et ses enfants furent incarcérés au fort Saint-Jean à Marseille. Décrété d'accusation, il fut ramené à Paris, envoyé à la Conciergerie et jugé par le Tribunal révolutionnaire puis guillotiné le 6 novembre 1793.

     

     

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  • Louis-Philippe 1er, "roi des Français"

    ME0000043746 3Né à Paris le 6 octobre 1773, Louis-Philippe est le cousin de Louis XVI, Louis XVII, Charles X et fils aîné de Louis Philippe Joseph, duc de Bourgogne (dit Philippe Egalité) et d’Adélaïde de Bourbon-Penthièvre, elle-même descendante du comte de Toulouse (fils légitimé de Louis XIV et de la marquise de Montespan).

     

    Admirateur de la monarchie parlementaire britannique qu'il prend pour modèle, son règne est caractérisé par le développement et l'enrichissement rapide de l'industrie manufacturière et par l'émergence de la classes ouvrières. Il est le dernier roi à avoir effectivement régné en France


     

    Avant 1830 

    Titré duc de Valois de sa naissance à la mort de son grand-père en 1785, il porte ensuite le titre de duc de Chartres. Comme son père, le duc de Chartres est un partisan de la Révolution française. Sous l'influence de sa gouvernante, Madame de Genlis, il entre au club des Jacobins. Il participe en tant que lieutenant général aux batailles de Valmy, Jemappes où il joue un rôle non négligeable en évitant la retraite du centre lors du premier assaut, et Neerwinden. (Son titre de lieutenant général au service des armées républicaines et plus tard au service de Charles X, lui vaut son inscription sur l’Arc de triomphe de l'Étoile.)

    10509.jpgIl tente de persuader son père de ne pas participer au procès de Louis XVI. Philippe Égalité vote cependant la mort du roi avant d’être lui même jugé et exécuté le 6 novembre 1793. Portant le poids de la responsabilité du régicide de son père, il sera regardé avec hostilité par les émigrés royalistes. Proscrit par le gouvernement révolutionnaire, il rejoint la Belgique en avril 1793 à la suite de son chef, le général Dumouriez. Il passe en Suisse où il exerce le métier de professeur au collège de Reichenau dans les Grisons. Les années suivantes il visite les pays scandinaves, part pour une expédition en Laponie qui le conduit jusqu'au cap Nord. « Premier Français à gagner le cap Nord, il en gardera fierté et envoya en 1838, une frégate porter sur les lieux son buste en bronze ». En 1796, le Directoire consent à la libération des deux jeunes frères de Louis-Philippe à la condition que celui-ci s'embarquera aux États-Unis avec eux. Ils s'installent à Philadelphie puis effectuent un périple « authentiquement aventureux » de quatre mois au nord-est du pays. Entre le printemps 1798 et l'automne 1799, ils séjournent à La Havane. L’arrivée au pouvoir de Bonaparte ne met pas fin à son exil durant l’Empire.


    En 1809 Louis-Philippe épouse Marie Amélie de Bourbon (1782-1866), princesse des Deux-Siciles et fille du roi Ferdinand Ier des Deux-Siciles, (elle est la nièce de Marie Antoinette, sœur de sa mère et donc cousine de Louis XVII et de Madame Royale). Ils ont dix enfants . Après l’abdication de Napoléon Bonaparte, en 1814, Louis-Philippe rentre vivre en France, confirmé dans le titre de duc d’Orléans dont il avait hérité à la mort de son père, et sa demeure, le Palais-Royal. Sous la Restauration, les règnes de Louis XVIII et de Charles X, la popularité de Louis-Philippe grandit. Il incarne une opposition mesurée à la politique des ultras du royalisme et ne rejette pas l'intégralité de la Révolution française. Louis-Philippe prend garde à se conduire modestement et bourgeoisement, envoyant ses fils au lycée Henri-IV. Au lendemain de la mort de Louis XVIII, il obtient le rang d'altesse royale accordé par Charles X, de même, grâce au nouveau roi, il est le plus grand des indemnisés de la Loi du milliard aux émigrés de 1825.

     
    « Les Orléans passaient, à tort ou à raison, pour fort économes, regardants, et près de leurs intérêts. Louis-Philippe s'était toujours soucié d'une sage économie domestique (...) indifférent au qu'en dira-t-on, attentif seulement à ses affaires, menant avec ses banquiers de Londres une correspondance minutieuse, faisant lui-même, refaisant ses comptes, héritier veillant à ce que rien ne se perdît de l'héritage, à ce qu'il s'enrichît d'appoints dès longtemps guettés, bon, excellent père de famille, jusqu'à se substituer à ses enfants et à sauvegarder leur patrimoine en dehors d'eux, sinon contre leur gré. La dernière image que l'on garde (de lui) est celle d'un capitaliste éperdu, balbutiant dans le désastre, réclamant son portefeuille, ses clefs. »

     

    Roi des Français

    Louis-Philippe-a-l-Hotel-de-Ville.pngEn 1830, la révolution des « Trois Glorieuses » renverse Charles X, qui abdique (avec le contre-seing de son fils le dauphin) en faveur de son petit-fils le duc de Bordeaux. Charles X institue le duc d’Orléans comme lieutenant-général du Royaume. Une partie de la bourgeoisie ayant souhaité la chute des Bourbons tout en se méfiant de la République veulent un nouveau régime et met en avant le nom de Louis-Philippe. Dès la fuite de Charles X, les républicains proposent également au duc d’Orléans la lieutenance générale du royaume le 30 juillet 1830.

     

    Le 31 juillet Louis-Philippe est présenté aux parisiens depuis le balcon de l’Hôtel de Ville. Le 7 août 1830 suite à un vote favorable des Chambres il devient Louis-Philippe 1er. Il refuse le titre de roi de France qui l’aurait fait Philippe VII au profit du titre de roi des Français et prête serment à la Charte constitutionnelle de 1814. A noter que cette chartre à été révisée pour mettre en avant l’utilisation du drapeau tricolore, la baisse du cens, l’abolition de la censure et la liberté de la presse. Cette arrivée au pouvoir à la faveur d’un soulèvement populaire vaut à Louis-Philippe l’hostilité des cours européennes et le surnom de « roi des barricades » ou encore « Roi bourgeois ».

     

    Règne

    Pendant quelques années, Louis-Philippe règne plutôt modestement, évitant l'arrogance, la pompe et les dépenses excessives de ses prédécesseurs. En dépit de cette apparence de simplicité, les soutiens du roi viennent de la moyenne bourgeoisie. Au début, il est aimé et appelé le Roi Citoyen, mais sa popularité souffre quand son gouvernement est perçu comme de plus en plus conservateur et monarchique.

     

    m502004_87ee1192_p.jpgAfin de ménager les républicains, les bonapartistes et la majorité de la classe politique, Louis-Philippe va choisir une politique libérale. Pour se faire il va nommer le banquier Jacques Laffitte à la tête de la présidence du conseil. Très vite les républicains deviennent menaçants, pour calmer le jeu Louis-Philippe appelle Casimir Perier à la tête du gouvernement en mars 1831. Avec ce nouveau gouvernement arrivent les persécutions contre les bonapartistes, les républicains, les légitimistes et les émeutiers, tels les Canuts de Lyon. En 1832 Casimir Perier succombe au choléra et c’est Soult qui sous l’étroite surveillance de Louis-Philippe continuera cette politique.

     

    Plus conservatrice, la nouvelle monarchie est vivement attaquée par les légitimistes que sont la duchesse de Berry et son fils le comte Chambord. Ces derniers contesteront à Louis-Philippe son titre royal. Les républicains déclenchent des insurrections très violentes en avril 1834 à Lyon et Paris, qui débouchent sur la sanglante répression de la rue Transnonain le 15 avril 1834.

     

    Plus impopulaire que jamais, Louis-Philippe est victime de plusieurs attentats dont celui de Fieschi le 28 juillet 1835. Les présidents du Conseil se succèdent, Adolphe Thiers en 1836 et 1840, Molé et Soult qui feront de brefs intérims. C’est enfin Guizot qui accède au pouvoir, plus conservateur que jamais il ignorera les classes défavorisées et la petite bourgeoisie trop peu fortunée pour accéder au droit de vote. Il sera président du Conseil pendant 8 ans.

     

    La crise économique qui frappe le pays à partir du milieu des années 1840, la mort de l’héritier de la couronne, le très populaire duc d’Orléans, le vieillissement d’un roi inconscient de la ruine qui menace son trône mènent à la fin de la monarchie de Juillet.

     

    Abdication et exil

    caricature-de-LP-1.JPGL’interdiction et la répression d’un banquet radical le 21 février 1848 vont entraîner la démission de Guizot le 23 février. Ce même jour, la fusillade du boulevard des Capucines lance dans la capitale un vaste mouvement révolutionnaire.

     

    Devant le déroulement de l’insurrection et our ne pas faire tirer sur le peuple, Louis-Philippe choisit d’abdiquer le 24 février 1848 en faveur de son jeune petit-fils « Louis-Philippe II » . Craignant de subir le même sort que Louis XVI et Marie-Antoinette, il se déguise et quitte Paris. Voyageant dans une voiture banale sous le nom de Mr. Smith, il s’enfuit en Angleterre.

    Cependant l’Assemblée nationale, quoique prête, de prime abord, à accepter son petit-fils comme roi, change d’avis, et suit l’opinion publique, décidant de proclamer la Deuxième République dans des circonstances controversées, à l’Hôtel de Ville de Paris le 24 février 1848. C’est la fin de la monarchie.

     

    Louis-Philippe quitte le territoire à destination de la Grande-Bretagne pour y vivre jusqu’à sa mort (le 26 août 1850) à Claremont (Surrey). En 1876, son corps ainsi que celui de sa femme la reine Amélie sont ramenés à la Chapelle royale de Dreux, la nécropole familiale que sa mère a fait construire en 1816 à Dreux et qu'il avait lui-même fait agrandir dans les années 1820.

     

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  • Les Orléans de Monsieur à Henri VII

     
     

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    Ferdinand - Philippe Louis Charles Éric Rosalino d'Orléans, est né le 3 septembre 1810 à Palerme, duc de  Chartres puis duc d'Orléans et prince royal de France, il était le fils aîné de Louis-Philippe Ier, roi des Français et de Marie Amélie de Bourbon, princesse des Deux-Siciles.

     

    Né pendant l'exil de ses parents, il est prénommé Ferdinand, prénom inusité dans la maison d'Orléans, en hommage au roi de Sicile, Ferdinand Ier, son grand-père, et po rte à sa naissance le titre de duc de Chartres. Le jeune prince, qui a 3 ans au moment de la chute de Napoléon Ier, vient en France pour la première fois en 1814 et s'y installe définitivement en 1817. Son père le confie d’abord aux soins d'un précepteur, M. de Boismilon, puis il le place au collège Henri-IV en 1819, voulant qu’il reçoive une éducation libérale, sur le pied de la plus complète égalité avec les autres élèves. Parmi eux, Alfred de Musset, avec qui il se lie d'am itié. Il fait de brillantes études et suit les cours de l’École polytechnique.Après un voyage en Angleterre et en Écosse en 1819, il va rejoindre à Lunéville le 1er régiment de hussards, dont il vient d’être nommé colonel par Charles X et qui prend pour l'occasion la dénomination de Hussards de Chartres.

     

    Un prince libéral et populaire

    En 1830, il est en garnison à Joigny pendant les Trois Glorieuses. Il fait arborer la cocarde tricolore à son régiment, le 1er régiment de hussards et l’amène en toute hâte au secours des Parisiens insurgés. Arrêté provisoirement à Montrouge, et bientôt relâché, il entre le 3 août dans Paris à la tête de ses hussards de Chartres.
     
     Avec l'avènement de la monarchie de Juillet, il prend le titre de duc d’Orléans  et devient Prince royal. Son père le fait entrer au Conseil. De tempérament bouillant, le duc d'Orléans critique vertement le temps perdu à écouter palabrer les ministres et a de fréquents accrochages avec les doctrinaires, qu'il n'aime pas et vis-à-vis de qui il se veut l'interprète des sentiments de la jeunesse révo lutionnaire. C'est pourquoi Casimir Perier exige, lorsqu'il accède à la présidence du Conseil en mars 1831, que le duc d'Orléans soit exclu du Conseil, auquel il cesse dès lors de participer.

    marechal soult revolte canuts lyon

      

    En novembre 1831, le prince royal est envoyé, aux côtés du maréchal Soult, pour réprimer l’insurrection ouvrière de Lyon. Il s'acquitte de cette tâche difficile sans violence et parvient à apaiser rapidement les oppositions. Il y gagne une popularité certaine, que renforce son attitude lors de l'épidémie de choléra de 1832. Il n'hésite pas à se rendre auprès des malades les plus contagieux à l'Hôtel-Dieu, prenant des risques réels puisque Casimir Perier, qui l'accompagne, contracte quant à lui la maladie et en meurt. Aux yeux du peuple et de la presse, il passe dès lors pour un prince généreux, sincèrement préoccupé du sort des plus démunis, et devient une sorte d'icone pour l'opposition dynastique d'Odilon Barrot, qui voit en lui le seul prince capable de concilier les aspirations démocratiques de la France moderne et l'héritage du passé monarchique.

    Une brillante carrière militaire

    En 1831, le duc d'Orléans part avec son jeune frère le duc de Nemours, pour aller faire ses premières armes sous le maréchal Gérard ; cette campagne ne fait guère qu’une promenade militaire. Entrés en Belgique en 1831, les princes s’empressent de visiter la plaine de Jemmapes, où leur père a combattu en 1792. L'année suivante, le duc d’Orléans rentre en Belgique avec le commandement de la brigade d’avant-garde de l’armée du Nord. Le 20 novembre 1832, il est devant la citadelle d’Anvers ; il commande la tranchée dans la nuit du 29 au 30 novembre. À l’attaque meurtrière de la lunette Saint-Laurent, il s’élance sur le parapet au milieu d’une grêle de projectiles de toute espèce pour diriger l’action et stimuler le courage des soldats.

    En 1835, lorsque le
      maréchal Clauzel est renvoyé en Algérie comme gouverneur général, le duc d'Orléans demande à son père comme une faveur de l'accompagner pour combattre l'émir Abd El-Kader. Il participe au combat de l’Habrah, où il est blessé, à la prise de Mascara, puis de Tlemcen en janvier 1836. Il rentre à Paris tout auréolé de gloire militaire.


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    À l'automne 1839, le duc d'Orléans repart pour l'Algérie pour réaliser, avec le maréchal Valée, la prise de possession par la France de la partie intérieure du pays, entre Constantine et Alger. Partie de Constantine le 16 octobre, trois jours après le deuxième anniversaire de la prise de la ville, la fameuse chevauchée gagne Alger le 2 novembre en passant par Sétif et le défilé des Portes de Fer. Abd-el-Kader y voit une violation du traité de Tafna et déclenche la guerre sainte contre les Français. S'enclenche ainsi une escalade qui aboutira à l'occupation totale de l'Algérie par la France. En mars 1840, le duc d’Orléans part encore une fois pour l’Algérie, emmenant avec lui le duc d’Aumale, son jeune frère, dont il dirige les premiers travaux militaires. Aux combats de l’Affroun, de l'Oued'Ger, du bois des Oliviers, il est chargé de diriger les dispositions d’attaque à la prise du Teniah de Mouzaïa. Il est rappelé en France après cette campagne.
     

    Ce passé militaire brillant ne fait qu'accroître la popularité et le prestige du duc d'Orléans, qui consacre également ses soins à l’agrandissement des forces militaires du pays et à l’amélioration physique et morale des soldats. Il organise à Saint-Omer les chasseurs de Vincennes, devenus chasseurs d’Orléans en 1836, et redevenus chasseurs de Vincennes à pied. Il jette les bases d’une Histoire des Régiments, entreprise par ordre du ministre de la guerre, et écrit lui-même en partie celle de deux régiments qui s’étaient trouvés sous ses ordres : Le 1er régiment de hussards (Hussards de Chartres) et le Bataillon des chasseurs de Vincennes.

     

    Le mariage du duc d'Orléans

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    Le mariage du duc d'Orléans avait été l'une des grandes affaires politiques de la monarchie de Juillet. Sans la révolution de 1830, il aurait épousé la sœur du duc de Bordeaux, Mademoiselle (1819-1864). Ce projet ayant naturellement échoué en raison de la chute de la branche aînée et de l'« usurpation » (aux yeux de celle-ci) de la branche cadette, Louis-Philippe est littéralement obsédé, à partir de 1835, singulièrement après l'attentat de Fieschi, par l'établissement matrimonial de son fils aîné, alors dans sa vingt-cinquième année.

    C'est aussi le moment où la monarchie de Juillet se cherche de nouveaux alliés en Europe, qui lui permettraient de ne pas dépendre trop exclusivement de l'Angleterre. Talleyrand, qui vient de renoncer à son ambassade de Londres brouillé avec le ministre bri
    tannique des Affaires étrangères, Palmerston, pousse en ce sens. Il envisage d'abord un rapprochement avec la Russie par l'intermédiaire du Wurtemberg. En effet, le roi Guillaume Ier de Wurtemberg, veuf de la grande-duchesse Katarina Pavlovna de Russie, a deux filles à marier. Mais Guillaume Ier décline la proposition.

    Louis-Philippe envisage ensuite une alliance avec l'Autriche qui pourrait offrir l'archiduchesse Marie-Thérèse. La reine Marie-Amélie est très favorable à ce mariage car elle est elle-même fille d'une archiduchesse d'Autriche, la reine Marie-Caroline de Naples. L'archiduc Charles n'est pas opposé à un tel mariage, mais celui-ci se heurte en revanche à deux adversaires déterminés : le prince de Metternich, qui ne veut pas rééditer l'erreur qu'il a faite en négociant le mariage de l'archiduchesse Marie-Louise avec Napoléon Ier, et l'archiduchesse Sophie, princesse bavaroise, belle-sœur du nouvel empereur Ferdinand Ier, qui domine la cour de Vienne de sa forte personnalité en attendant que son fils, le futur François-Joseph, monte sur le trône impérial.

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    L'ambassadeur de France à Vienne, le comte de Sainte-Aulaire, qui a été spécialement chargé de préparer le terrain pour le mariage autrichien, ne dissimule pas la difficulté de l'affaire, sans la juger cependant tout à fait impossible. Le nouveau président du Conseil, Thiers, rêve de la conclure et d'apparaître, tel un nouveau Choiseul, comme l'artisan d'un spectaculaire renversement d'alliances en Europe. Après le refus de la maison d'Autriche, il ne reste plus que deux partis envisageables parmi les princesses catholiques : la princesse Janvière de Bragance, fille de l'empereur Pierre Ier du Brésil, et l'infante Isabelle d'Espagne, fille du frère cadet de Ferdinand VII. Toutes deux, nées en 1821, sont fort jeunes. La première est écartée en raison de l'éloignement, et la seconde en raison de son physique disgracié.

    Parmi les princesses allemandes protestantes, quelques partis sont envisagés. Talleyrand, a repéré la princesse Louise de Hesse-Cassel. La reine Louise suggère la princesse Marie-Alexandrine de Saxe-Altenbourg et la princesse Victoire de Saxe-Cobourg-Gotha. En définitive, le choix se porte sur la princesse Hélène de Mecklembourg-Schwerin, fille de feu le prince héréditaire Frédéric de Mecklembourg-Schwerin. Pour le duc d'Orléans, c'est une alliance convenable, mais sans éclat, même si la princesse est la nièce du roi de Prusse, Frédéric-Guillaume III. Le mariage sera célébré en grande pompe le 30 mai 1837 au château de Fontainebleau, par l'archevêque de Paris.

     

    Un prince éclairé et mécène

    220px-Duke Orleans Pradier Louvre RF1721 n2

      

    Le duc d'Orléans est un amateur éclairé de littérature, de musique et de beaux-arts. Il montre un goût prononcé pour la collection, « faisant son choix lentement, en véritable amateur », et fait preuve d'une rare érudition. Chaque année, il consacre 100 000 à 150 000 francs de sa liste civile à des achats d'œuvres d'art ou à du mécénat culturel. Dans ses vastes appartements du palais des Tuileries, il rassemble des objets du Moyen Âge et de la Renaissance, des céramiques de Bernard Palissy, des majoliques et des céramiques hispano-mauresques, des porcelaines chinoises ou japonaises, des meubles de Caffieri, Oeben, Riesener ou Jacob.

      

    Il se passionne également pour les peintres de sa génération et achète de nombreux tableaux à Ary Scheffer et à Newton Fielding. Il possède des œuvres d'Eugène Delacroix, d'Alexandre-Gabriel Decamps, Eugène Lami, Ernest Meissonnier et Paul Delaroche. Il aime également les paysages des peintres de l'école de Barbizon, notamment Camille Corot, Paul Huet et Théodore Rousseau. Il commande à Dominique Ingres Antiochus et Stratonice, achète en 1839 Œdipe et le sphinx et lui commande son portrait en 1840.

    Lui-même doué de talents de dessinateur, il fait œuvre de graveur amateur. On connaît de lui une douzaine d'eaux-fortes et de lithographies. Parmi ces dernières se trouve une pièce satirique représentant le personnage de Gulliver endormi ; des Lilliputiens arrivent de tous côtés, à pied, à cheval, en bateau, en diligence. Une pancarte évoque la proclamation alarmiste faite le 11 juillet 1792 par l'Assemblée législative, qui déclarait la patrie en danger

    Une mort prématurée

    800px-Funerailles_de_Ferdinand-Philippe_1842.jpg

      

    De retour de Plombières, où il venait de conduire la duchesse d’Orléans, le prince royal se disposait à partir pour Saint-Omer, où il devait passer en revue une partie de l’armée d’opération sur la Marne, dont il venait de recevoir le commandement en chef, quand il se rendit le 13 juillet 1842 à Neuilly-sur-Seine pour faire ses adieux à sa famille. Les chevaux de sa calèche s’étant emportés, le prince voulut s’élancer de la voiture et se brisa la tête sur le pavé ; quelques heures après, il rendait le dernier soupir. Alfred de Musset évoque cet accident dans son poème Le Treize Juillet (dans le recueil Poésies nouvelles). Sa mort accidentelle prive Louis-Philippe d'un soutien qui lui manqua en 1848.

     

    Les Orléans de Monsieur à Henri VII

     

     

     

     

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  •                                         la comtesse de Paris

     

      

      

    Suite aux dernières naissances au sein de la Famille de France, voici un petit récapitulatif de la descendance de Madame la Comtesse de Paris, soit 39 petits-enfants (ou 40 si on inclut le défunt prince Louis-Philippe, fils du prince Thibaut) et 91 arrières-petits-enfants.

     

    Isabelle (1932) ép Comte Friedrich de Schönborn-Buccheim: 5 enfants et 9 petits-enfants

    • (né en 1965) ep Deidre Mary Ascough : (2003)DamianIsabelle
    • (né en 1966) ép Catharine Graf : (2003), (2005), (2010)VincenzPhilippClemensAlexander
    • (née en 1968) ép comte Wilhelm von Spee : (1998), (1999), (2001), (2003), (2005)LorraineAugustPaulEloiseLudmillaCosme
    • (née en 1969)Claire
    • (né en 1977)Melchior

    Henri (1933), Comte de Paris et Duc de France ép Duchesse Marie Thérèse de Wurtemberg (div)/ ép Michaela Cousino y Quinones de Leone :5 enfants et 8 petits-enfants (issus du mariage avec la duchesse Marie Thérèse de Wurtemberg)

    • (née en 1959) ép Prince Gundakar de Liechtenstein : (1990), (1991), l (1993), (1995), (1998)MarieLeopoldineMarie Immaculée Johan WenzeMargueriteGabriel
    • , comte de Clermont (né en 1961)François
    • , Mademoiselle de Valois (née en en 1962)Blanche
    • , duc de Vendôme (né en 1965) ép Philomena de Tornos y Steinhart : (2009)JeanGaston
    • (né en 1968 ), duc d’Angoulême ép Marie Liesse de Rohan Chabot : (2001), (2003)EudesThérèse Pierre

    Hélène (1934) ép Comte Evrard de Limburg Stirum (1927-2001) :4 enfants et 10 petits-enfants

    • (née en 1957)ép Ortis Galrao (div) : (1988), (1993)Catherine CelesteOrian
    • (né en 1959) ép Kathia della Faille de Leverghem :(1993), (1995)Thierry Gloria Angelique
    • (né en 1962) ép Belen Lopez Montero : (1999), (2000)Louis Jean Ines
    • (né en 1966) ép comtesse Christine de Lannoy : (1996), (1998), (2001), (2003)BrunoGaspard Felix AchilleRose

    François, Duc d’Orléans (1935-1960)

    Anne (1938) ép Infant Carlos, Duc de Calabre : 5 enfants et 18 petits-enfants

    • (née en 1966) ép Pedro Lopez Quesada : (1997), (2003)CristinaVictoriaPedro
    • (née 1967) ép Archiduc Siméon d’Autriche : (1997), (1998), (2000), (2003), ( 2007 )Maria Paloma JohannesLudwigIsabelle CarlotaPhilipp
    • , duc de Noto (né en 1968) ép Sofia Landaluce : (1993), (2003), (2004), (2006), (2008), (2011)PedroJaimeJuanPabloPedro SofiaBlanche
    • (née en 1971) ép Michele Carelli Palombi : (2003), (2005)InesTeresa Blanca
    • (née en 1976) ép Marlos Nomikos : (2005), (2006), (2008)VictoriaAnastasiosAna Carlos

    Diane (1940) ép Duc Carl de Wurtemberg : 6 enfants et 15 petits-enfants

    • (né en 1961) ép Princesse Marie de Wied : (1994), (1996), (1997)FriedrichWilhelmMarie AmelieSophie Dorothée
    • (née en 1962) ép comte héritier Erich de Walburg-Zeil : (1989), (1990), (1992), (1993), (1996)MathildeMarie ThérèseElisabeth Charlotte HélèneMarie Gabrielle
    • (né en 1963)Eberhard
    • (né en 1964) ép Duchesse Marie Caroline en Bavière : (1994), (1997), (1999), (2007)PhilippSophiePaulineCarl TheodoreAnna
    • (né en 1965) ép Julia StorzMichael
    • (née en 1977) ép comte Moritz von Goess : (2004), (2006), (2010)Eleonore-FleurZenoFlaminiaLivia

    Michel, Comte d’Evreux (1941) ép Béatrice Pasquier de Franclieu : 4 enfants et 8 petits-enfants

    • (née en 1968) ép Edouard Crépy : (1995), (1996), (1999), (2005), (2007)ClotildeLouis-NicolasCharles-EdouardGaspardAugustin Eleonore
    • (née en 1971) ép Pierre Louis Dailly : (2003), (2004), (2009)AdelaïdeDiegoAlmudenaGaetano
    • duc d’Anjou (né en 1973) ép Diana Alvares Pereira de Melo, Duchesse de CadavalCharles Philippe,
    • (né en 1982 )François

    Jacques, Duc d’Orléans (1941) ép Gersende de Sabran-Pontevès : 3 enfants et 8 petits-enfants

    • (née en 1970 ) ép Vicomte Alexis de Noailles : (2005), DianeCélineLéontine, Victoire
    • , duc de Chartres (né en 1972) ép Ileana Manos : (1998), (1999), (2001), (2003), (2005)Charles-LouisPhilippeLouiseHélèneConstantin Isabelle
    • duc d’Aumale et comte d’Eu (né en 1974 )Foulques,

    Claude (1943) ép Prince Amedeo de Savoie, duc d’Aoste (div)/ ép Arnaldo La Cagnina (div)/ ép Enrico Gandolfi : 3 enfants et 10 petits-enfants (issus de son mariage avec le duc d’Aoste)

    • (née en 1966) ép comte Gilberto Arribevene Valenti Gonzaga : (1991), (1993), (1997), (2000), (2001)BiancaViola VeraMafaldaMaddalena Leonardo
    • (né en 1967) ép Princesse Olga de Grèce : (2009), (2011)AimoneUmbertoAmedeo
    • (née en 1969) ép Francesco Lombardo di San Chirico : (1999), (2001), (2003)MafaldaAnnaCarloElena

    Chantal (1946) ép Baron François-Xavier de Sambucy de Sorgue : 3 enfants et 5 petits-enfants

    • (né en 1976)Axel
    • (né en 1978 ) ép Anne Cécile Berteau : (2008), (2011)AlexandreCôme Victoire
    • (née en 1979) ép Antoine Stevenson : (2007 ), (2008), (2010)Kildine JeanSarahEulalie

    Thibaut, Comte de La Marche (1948-1983) ép Marion Gordon-Orr : 2 enfants dont 1 est décédé

    • , comte de La Marche (né en 1976)Robert
    • Louis-Philippe (1979-1980)
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