• Le Débarquement de Normandie

    • France
    • Les sanglots longs des violons de l'automne, blessent mon coeur d'une langueur monotone. Ces vers de Verlaine furent prononcés à la BBC les 1er(à 21 h, heure anglaise) et 5 juin 1944 (22 heures, toujours heure anglaise). Les journalistes se sont arrêtés au mot "automne" ce qui signifiait "ils arrivent bientôt" (message répété les 2 et 3 juin). La suite fut communiquée le 5 juin ; elle annonçait dès lors l'arrivée des Alliés en France.
    • Pour lire le message de Eisenhower destiné aux troupes alliées débarquant en Normandie, cliquez ici.
    • Pour lire un message top secret écrit par Eisenhower le Jour J, cliquez ici.
    • Approche des navires de débarquement
    • Approche des navires de débarquement
    • La préparation

      En janvier 1943 eut lieu la conférence de Casablanca. C'est lors de celle-ci que la décision fut prise d'organiser un débarquement en Europe de l'Ouest. Celui-ci s'effectuerait sur les côtes de Normandie (car elles étaient moins bien défendues que le reste du Mur de l'Atlantique) et porterait le nom de code "Overlord" (Suzerain). Il fut initialement programmé pour mai 1944. L'opération navale qui l'accompagnerait fut baptisée "Neptune". Les objectifs à atteindre lors du débarquement furent fixés par le COSSAC. Cette opération regroupa le général Eisenhower (commandant suprême allié en Europe), son adjoint Sir Tedder, le général Montgomery (commandant des forces terrestres d'invasion), le général Leigh-Mallory (commandant de l'aviation en Europe de l'Ouest) et l'amiral Sir Ramsay (commandant des forces navales de l'opération Neptune suscitée). Les côtes normandes étaient défendues par le feld-maréchal von Rundstedt, (commandant en chef des armées de l'Ouest), par le maréchal Rommel (commandant du groupe d'armée B au nord de la Loire) et par le général Hausser (commandant de la VIIe armée allemande basée en Normandie et sous les ordres de Rommel).

      Carte du débarquement de Normandie (en anglais)

      Carte du débarquement de Normandie (en anglais)

    • Pour que le débarquement réussisse, il était nécessaire de prendre l'ennemi à contre-pied. C'est dans cette optique que fut mise sur pied l'opération "Fortitude" qui consistait à faire croire aux Allemands que le débarquement aurait lieu soit en Norvège soit dans le Pas-de-Calais par une désinformation continuelle (fausses émissions radio, reconnaissances aériennes, destruction d'ouvrages par la Résistance, etc...). Le débarquement demandait aussi la création de nouveau matériel de guerre. On fabriqua donc les "Landing Ship Tank" (LST), "Landing Craft Infantry" (LCI) et "Landing Craft Assault" (LCA). Ils étaient tout spécialement conçus pour s'échouer sur les plages. Les premiers char lance-flammes alliés furent créé, ainsi que les chars démineurs munis de chaînes à l'avant pour frapper et faire sauter les mines à distance. Il fut également érigé des ponts artificiels plus efficaces et plus rapides à installer.

      Les soldats alliés approchent des côtes normandes

      Les soldats alliés approchent des côtes normandes

    • Des milliers de soldats alliés se rassemblèrent en Grande-Bretagne où ils reçurent un entraînement spécial en vue du débarquement. Des simulations grandeur nature eurent lieu sur les plages anglaises, et les soldats apprirent comment occuper un petit village et en déloger l'ennemi.. Les Alliés se servirent aussi d'informations collectées lors d'opérations passées, en particulier lors du débarquement de Dieppe. Celui-ci avait été un échec cuisant et avait prouvé qu'il était impossible de prendre un port de front. Il fut donc décidé que les Alliés construiraient leurs propres ports, il s'agit du projet Mulberry.

      Cette opération requérait de nombreuses informations, il fut donc lancé une vaste campagne de missions de reconnaissances aériennes qui durèrent des mois. La Résistance envoya énormément de rapports sur les forces et fortifications allemandes. Ces rapports permirent aux Alliés d'établir que sur les 200 km de côtes allant de Barfleur à Antifer, on comptait plus de 1 000 ouvrages (postes de tirs ou de commandement, stations radars, blockhaus, etc...) et plus de 150 canons de gros calibres.

      Un LCI approchant des plagUn LCI approchant des plagesUn LCI approchant des plag es

    • Toutes ces fortifications étaient sous les ordres de Rommel qui disposait de 40 000 soldats et de 500 chars. Mais il y avait un différend au sein de l'état-major allemand. Rommel voulait repousser les Alliés à la mer mer avant même qu'ils aient pu débarquer. Il voulait que cela se fasse vite pour ne pas leur laisser le temps de prendre pied sur les plages. Il prévoyait que cela durerait une journée (il déclara d'ailleurs le 21 avril 1944 : "Pour les Alliés comme pour nous, ce sera le jour le plus long"). Von Rundstedt, quant à lui, considérait le Mur de l'Atlantique comme un "bluff gigantesque". Il préconisait de laisser les Alliés débarquer et établir une tête de pont pour ensuite les attaquer avec une grande force blindée. Il partait du principe que les Alliés ne pourraient pas débarquer assez de matériel pour combattre une attaque massive de blindés. Cette opposition va profiter aux Alliés qui gagnèrent du temps.

      Des soldats américains tentent de se protéger des tirs allemands

      Des soldats américains tentent de se protéger des tirs allemands

    • Les forces de débarquement

      Nous sommes maintenant le 6 juin 1944, baptisé D-Day (Jour-J). Neuf divisions prirent part au Débarquement de Normandie, six sur les plages (trois brigades de chars et deux de commandos) et trois dans les airs. Au total, 173 000 hommes vont participer au débarquement. La force alliée comprenait 5 000 embarcations d'assaut, 1 300 navires marchands, 1 200 navires de guerre, 1 900 avions de transports, 800 planeurs, 10 000 bombardiers et chasseurs et 20 000 véhicules. Ils avaient mobilisé le XXe groupe d'armées (soit la IIe armée britannique et la Ièrearmée américaine). Le débarquement devait avoir lieu le 5 juin mais fut repoussé au 6 à cause de la météo. Cela sema le doute chez de nombreux soldats des forces aéroportées qui durent débarquer de leurs appareils. La Ière armée américaine (commandée par le général Bradley) débarquerait à l'ouest de la tête de pont, sur les secteurs baptisés Utah et Omaha. Ceux-ci s'étendaient respectivement de Saint-Germain-de-Varreville à Saint-Côme-du-Mont (Manche), et de Colleville-sur-Mer (Calvados) à Vierville (6,5 km).

      Le 5 juin 1944, le général Eisenhower vient soutenir les parachutistes de la 101ème Airborne

      Le 5 juin 1944, le général Eisenhower vient soutenir les parachutistes de la 101ème Airborne

    • La IIearmée britannique (commandée par le général Dempsey), qui comprenait également les 177 Français du commando Kieffer, débarquerait sur les secteurs Gold, Juno et Sword (à l'embouchure de l'Orne). Ceux-ci s'étendaient respectivement de Ver-sur-Mer à Asnelles, de Saint-Aubin à Courseulles et de Colleville-Montgomery à Hermanville. Les parachutistes britanniques de la 6e division aéroportée étaient chargés de prendre les ponts sur l'Orne et de faire sauter ceux de la Dives. Les 82e et 101edivisions aéroportées américaines devraient faire sauter les ponts dans le secteur de Sainte-Mère-Église et les débouchés des plages du secteur Ouest. Ils devraient également détruire les canons allemands bombardant les plages d'Utah et d'Omaha. Passé minuit, des milliers de parachutistes américains furent largués dans le ciel normand.

      Péniches en approche

      Péniches en approche

    • Les premières forces amphibies américaines atteignirent les plages normandes à 6h25 et les forces anglo-canadiennes rejoignirent leurs secteurs à 7h25. Pendant ce temps, la BBC diffuserait des dizaines de messages à l'attention des résistants français qui se tenaient sur le pied de guerre.

      Le 6 juin 1944, plus de 175 000 personnes font "officiellement" partie de la Résistance française, ce qui constitue un formidable appui derrière les lignes ennemies. Durant la matinée, 950 sabotages ferroviaires auront lieu (sur les 1 050 prévus), énormément de routes seront bloquées et des dizaines de lignes téléphoniques seront coupées, paralysant ainsi les communications allemandes et retardant l'arrivée des renforts vers la Normandie.

      Les soldats alliés pénètrent en Normandie

      Les soldats alliés pénètrent en Normandie

    • Utah

      Les bombardements de la nuit permirent de neutraliser la batterie de Saint-Marcouf. La première vague d'assaut débarqua sur la plage à 6h30. Une tête de pont fut établie de Sainte-Mère-Église à Sainte-Marie-du-Pont. 200 soldats américains furent tués sur les 23 250 arrivés. 1 700 chars et véhicules furent également débarqués. Les 82e et 101e aéroportées avaient été parachutées à l'arrière de la plage à 0h15. La 101e atterrit dans les secteurs inondés des marais de Carentan. Mais 1 000 hommes (soit 1/5 de la 101e) réussirent à prendre la batterie de Saint-Martin-de-Varreville et bloquèrent les routes menant à la plage. Seuls 40 % des effectifs de la 82e réussirent à se rassembler, mais ils parvinrent tout de même à prendre Sainte-Mère-Église et Sainte-Marie-du-Mont.

      Des soldats américains arrivent sur la plage d'Omaha Beach

      Des soldats américains arrivent sur la plage d'Omaha Beach

    • Omaha

      Les soldats commencèrent à débarquer à 6h30. Ils arrivèrent sur une plage parsemée d'obstacles et sous un feu nourri. Le hasard joua en faveurdes Allemands qui avaient prévu un exercice anti-invasion cette nuit là. Ils étaient donc sur le pied de guerre. Les mauvaises conditions météos provoquèrent la perte de beaucoup de péniches transportant des blindés, tandis que d'autres péniches dérivèrent loin de leurs objectifs. De plus, les bombardements aériens et navals avaient ratés leur cibles principales. Les Américains débarquèrent donc un peu partout, moins nombreux et sans blindés et durent affronter une grande force anti-invasion. Plus de 40 % des soldats de la première vague d'assaut furent tués ou blessés. Les Alliés mirent 1h30 à sortir de l'eau et à prendre position sur la plage. Ce fut un véritable massacre, et cette plage fut baptisée "Bloody Omaha" ("Omaha la Sanglante"). Les combats se poursuivirent dans la soirée et Vierville, Colleville-sur-Mer et Saint-Laurent furent libérées dans la nuit. Les soldats purent établir une tête de pont de 2 km de profondeur et de 8 km de large. 1 000 des 34 000 soldats débarqués furent tués.

      Débarquement de matériel allié

      Les soldats américains s'élancent sur la plage

    • La pointe du Hoc

      Le flanc est de la falaise fut prit d'assaut à 7h10 par les 225 Rangers du colonel Rudder, leur objectif étant de neutraliser la batterie qui se trouvait à son sommet. À 7h30, les Rangers étaient en possession des casemates, mais il n'y avait plus de canons, ceux-ci ayant été changés d'emplacement par les Allemands. Ces deniers lancèrent alors une contre-attaque rageuse qui se prolongea pendant 36 heures durant lesquelles les 155 Rangers encore valides résistèrent vaillamment aux Allemands. Seuls 90 Rangers sortirent indemnes de ce combat.

      Débarquement massif de soldats

      Débarquement massif de soldats

    • Gold

      Les Britanniques commencèrent à débarquer à 7h25. Beaucoup de blindés furent détruits par les mines et les canons allemands, mais les soldats britanniques réussirent à se frayer un passage. La batterie de Longues fut neutralisée en fin de journée. 413 hommes furent tués ou blessés sur les 25 000 débarqués. Les Britanniques purent rejoindre les Canadiens de Juno à Creully.

        

      Juno

      La mauvaise météo retarda le débarquement de Juno, qui n'eut lieu qu'à partir de 7h55. 24 000 soldats (15 000 Canadiens et 9 000 britanniques) débarquèrent sur la plage. Malgré la perte de nombreux blindés, Bernière-sur-Mer fut libérée à 9h30 et Courseulles à 10h. Le fortin de Saint-Aubin fut pris à 11h30. Une tête de pont fut créée le soir. Celle-ci allait de Creully à Anguerny en passant par Fontaine-Henry.

      Soldat allié tué en Normandie

      Soldat allié tué en Normandie

    • Les Allemands parvinrent à arrêter les Alliés à la station radar de Douves et empêchèrent la prise de l'aérodrome de Carpiquet. 304 hommes furent tués, 574 blessés et 47 prisonniers. La plage de Juno servit ensuite de débarcadère aux hommes d'importance : Churchill y débarqua le 12 juin, De Gaulle le 14 et le roi Georges VI le 16.

      Sword

      Les troupes britanniques lancèrent l'assaut à 7h30. Les navires et avions alliés avaient bombardé les positions allemandes toute la nuit, mais les soldats allemands réussirent tout de même à ralentir conséquamment les Britanniques. Hermanville fut libérée à 10h, mais les combats coûtèrent aux soldats britanniques 604 tués et blessés. Ils parvinrent à libérer Lion le lendemain. Les 177 soldats français du premier bataillon de fusiliers marins arrivèrent à Collevile-sur-Orne à 8h45.

      Les péniches se dirigent vers Omaha Beach

      Les péniches se dirigent vers Omaha Beach

    • Ils parvinrent ensuite à neutraliser les fortifications de Riva-Bella.

      À 13h30, ils rejoignirent la 6edivision aéroportée à Bénouville. 28 845 soldats avaient débarqué à Sword. La tête de pont qu'ils établirent passait par Périers-sur-le-Dan, Biéville-Beuville et Blainville.

      Les 130 paras de la 6edivisions aéroportée britannique prirent les ponts de Bénouville (Pegasus bridge) et de Ranville durant la nuit du débarquement. À 3h, une cinquantaine de planeurs larguèrent 1 000 soldats qui leur apportèrent leur aide. La batterie de Merville fut prise au matin par 150 hommes, mais elle retomba ensuite aux mains des Allemands qui réussirent à la conserver jusqu'au 18 août. Les Alliés construisirent les ports artificiels de Saint-Laurent-sur-Mer (détruit lors d'une tempête qui dura du 19 au 22 juin) et d'Arromanches (finalisé le 19 juillet et qui fut utilisé jusqu'en automne 1944).

      Après le Débarquement

      Après le Débarquement

    • Conclusion

      Durant l'opération, les pertes des Américains s'élevèrent à 6 603 soldats, celles des Anglais à 3 000, celles des Canadiens à 946 et le commando Kieffer eut 21 tués et 93 blessés. Les Alliés perdirent donc plus de 10 660 hommes (tués, blessés, disparus ou fait prisonniers) mais réussirent à établir une tête de pont en France. Les Allemands, quant à eux, souffrirent de la perte de 6 500 des leurs. Globalement, le débarquement de Normandie était une réussite, même si certains objectifs ne furent pas atteints le jour même, tel que la prise de Caen et la liaison entre les plages du débarquement.

      Des avions alliés larguent leurs parachutistes

      Des avions alliés larguent leurs parachutistes

    • Un soldat allemand, témoin du débarquement, avoue son désarroi : "Nous avions beau avoir vingt ans et afficher l'insouciance de notre âge, nous savions tous que la fin approchait. Dans la soirée du 6 juin, il était devenu clair que les envahisseurs avaient pu mettre pied sur les plages de la lointaine Normandie, que le "Mur de l'Atlantique" n'avait pas tenu ses promesses.".

      Une plage en Normandie peu de temps avant le débarquement. On peut remarquer des rampes, des pieux ainsi que des tétraèdres doublés de mines

      Une plage en Normandie peu de temps avant le débarquement. On peut remarquer des rampes, des pieux ainsi que des tétraèdres doublés de mines


      sources : http://www.secondeguerre.net/articles/evenements/ou/44/ev_debarquementnormandie.html
      Le lendemain du Débarquement

      Le lendemain du Débarquement

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    En 1940, la France a capitulé face au régime nazi d'Hitler.
     
    La voie de la collaboration est ouverte, et un groupe de personnes, installé au 93 rue Lauriston dans le 16ème arrondissement de Paris, dirige les affaires intérieures d'une main de fer.
     
    Cette section française de la Gestapo, surnommée "La Carlingue", sévira de 1941 à 1944, écrivant ainsi un des pans, pas très glorieux, de l'Histoire française.


    La Carlingue est le surnom attribué à la fois au 93 rue Lauriston dans le 16ème arrondissement de Paris, siège de la Gestapo française, et s'applique également aux membres de cette branche française de la Gestapo, principalement des voyous et malfrats engagés par les nazis pour effectuer les basses besognes des SS.

    Au 93 rue Lauriston, des Français torturent d'autres Français, obéissant aux ordres d'Henri Chamberlin, dit Lafont, un truand notoire, et de l'inspecteur Pierre Bonny.

     

    Le deux hommes sont à la tête d'une vingtaine de condamnés de droit commun, libérés à leur demande. Les bandits y côtoient les proxénètes, ou encore les mafiosi, dans une ambiance où la torture est chose commune.

     

    Plus tard, la Carlingue s'élargira, sur ordre des SS, et intègrera plusieurs factions, dont La Légion Nord-africaine.

      
    Sujet: Re: La Carlingue - Pierre Bonny, Henri Lafont... 1944   Ven 20 Mar 2015 - 15:43  

    Message

     

      
      
    Deux auxiliaires de la Gestapo ont laissé le plus sinistre souvenir :
      
    Bonny et Lafont. Henri Chamberlin, dit Lafont  né en 1902, plusieurs fois condamné pour vol et abus de confiance, interdit de séjour, réussit le tour de force de monter sous un faux nom un commerce prospère et de devenir un mécène de la police, gérant du mess d'une amicale de la Préfecture de Police.
      
    Son identité est découverte en avril 1940. Écroué, libéré par la défaite, il se met au service des Allemands. Peu à peu, installé rue Lauriston, il se rend indispensable à Otto, à la Gestapo, à nombre de personnages français et allemands. 
      
     
    l'inspecteur BONNY
      
     

    D'abord indicateur, puis chef d'équipe pour le compte de la Gestapo, il monte un groupe d'individus, en majorité criminels, escrocs, souteneurs qu'il a fait libérer de prison et s'associe en mai 1941 avec l'ex-inspecteur de police Bonny, celui que le ministre Cheron avait jadis appelé le meilleur policier de France. 
     L'équipe Bonny-Lafont vit graviter autour d'elle un monde étonnant de dévoyés, de désaxés, de prostituées de haut vol. Elle pratiqua le marché noir à grande échelle, le trafic d'or et de bijoux volés ou empruntés de force aux juifs. Elle procéda à de vastes pillages. Elle mena grande vie, dépensant sans compter ; elle eut autour de soi une véritable cour. 
              Travaillant en liaison étroite avec la Gestapo, Bonny et Lafont firent des locaux de la rue Lauriston et de la place des États-Unis de terribles lieux de souffrance. C'est Bonny qui orienta la bande vers la chasse aux résistants et aux maquisards. Ils démantelèrent le réseau Défense de la France dont faisait partie Geneviève de Gaulle, nièce du général, qu'ils arrêtèrent. 
              L'équipe commit des meurtres crapuleux, pratiqua le chantage aux personnes traquées, fit défiler dans ses chambres de torture des dizaines de patriotes, s'occupa de lever des mercenaires pour combattre le maquis (ainsi, la légion nord-africaine). 
              Grâce à la tactique qui consiste à « mouiller » les gens, à des générosités intéressées, à leur fortune, au bagout de Lafont et à la sympathie qu'il pouvait inspirer, les deux compères surent avoir des relations par­tout et même avec de hautes person-nalités. Beaucoup, parmi elles, les fréquentaient pour en obtenir non pas forcément des faveurs alimentaires, mais des libérations d'amis. Car les truands interrompaient pillages, tortures, meurtres, pour, de temps à autre, sauver quelque inculpé, rendre des services, ce qui en fait leur assurait des tolérances ou des soutiens.    

    La Gestapo française, ou la Carlingue, est le nom donné aux auxiliaires français de la Gestapo installés au 93, rue Lauriston dans le 16e arrondissement de Paris, et actifs entre 1941 et 1944 (immeuble réhabilité aujourd'hui et accueillant plusieurs sociétés).

    Ce groupe rassemble des membres du milieu, comme les truands Henri Lafont (leur chef) et Pierre Loutrel (alias Pierrot le fou), et d'autres ayant un passé trouble comme Pierre Bonny, qui fut chassé de la police pour détournement de fonds et trafic d’influence. Les liens avec l’occupant leur permettent de nombreux trafics, avec des personnages louches comme Joseph Joanovici.

    Ils sont à l’origine de la Légion nord-africaine, engagée dans la répression contre les maquis à Tulle (voir répression contre les maquis de Corrèze). Massacre de Tulle.

    Selon le policier à la retraite Henri Longuechaud, « On peut être scandalisé par le chiffre de 30 000 à 32 000 souvent avancé [comme effectifs de la Carlingue]…

      

    À Paris, lorsque l’occupant lance un avis de recrutement pour 2 000 policiers auxiliaires à son service, il aurait reçu pas moins de 6 000 candidatures »

    Les principaux membres ont été jugés et condamnés à mort à la Libération.

     

    Bonny et Lafont

          

    La Carlingue a comporté plusieurs milliers de collaborateurs, assidus, tempraires, pour période très courte etc.

    Le 30 août 1944, Bonny et Lafont sont arrêtés dans une ferme de Seine-et-Marne, grâce aux indications de l'homme-caméléon milliardaire, Josep Joanovici. L'instruction est menée par M. Gebinis et les policiers Clot et Levitre sont chargés de l'enquête et de l'interrogatoire de Lafont et Bonny. Bony donnera beaucoup de renseignements, espérant se dédouaner en partie de ses agissements.

    Le procès de Lafont, Bonny et de dix autres complices de la Carlingue s'ouvre le vendredi, 1er décembre 1944, à la * Cour de Justice de la Seine (située au Palais de justice de Paris). Il va durer douze jours.

    * Deux ordonnances, du 26 juin et du 28 novembre 1944, instituèrent ces cours de justice pour juger les auteurs d'actes commis entre le 16 juin 1940 et la date de la Libération qui révélaient une intention de favoriser les entreprises de l'ennemi.

    — Les jurés étaient tirés d'une liste établie par un magistrat et par deux délégués du comité de Libération.
    — Le pourvoi en cassation était possible, ainsi qu'une demande de grâce.

    Des exécutions de collaborateurs (Joseph Darnand, Jean-Harold Paquis, Jean Luchaire, etc.) eurent également lieu au fort de Chatillon (Hauts-de-Seine), situé aussi en banlieue sud de Paris (fort disparu).

    * A rappeler : mars 1941 — Lafont obtient la nationalité allemande. Il est nommé capitaine dans la Wehrmacht.
    Il sera ensuite incorporé à la SS, du SNDAP (Parti national socialiste allemand).
     

      Lafont et Delval ont choisi comme défenseur maître René Floriot. Cet avocat, un des grands du barreau, dont la notoriété ira grandissante, s'occupe en même temps de la cause d'un autre prévenu qui finira sous le couperet de la Veuve, en 1946, Marcel Petiot. Bony a également choisi un excellent avocat de l'époque, Charles Delaunay.

    Au cours du procès, les quelques témoignages produits en faveur de Lafont, par maître Floriot, ne contrecarrent pas les dépositions des dizaines de témoignages qui lui sont défavorables, mais Lafont assume entièrement sa responsabilité totale. Maître Floriot, procédurier habile, essaie de faire valoir qu'étant de nationalité Allemande, Lafont doit être jugé par un tribunal militaire, mais sans résultats.

    Bonny, avec toutes les révélations qu'il a faites à l'instruction, espère échapper à la peine capitale — ce que lui avait laisser espérer les policiers — mais trop de faits et de témoignages l'accablent, et son passé d'ex-policier véreux n'aide en rien à améliorer la vision qu'il donne de son parcours de vie.

    Le mardi, 12 décembre, le verdict tombe. Neuf condamnations à la peine de mort sont prononcées à l'encontre de : Lafont — Bonny — Clavié — Delval — Engel — Haré — Pagnon — Tate — Villaplana

    — Deux à la peine des travaux forcés à perpétuité : Labussière et Lascaux. Agés de 20 et 22 ans, ils étaient les cadets des autres condamnés. Leur moindre "pédigré" criminel, et leur jeunesse, ont probablement fait qu'ils ont pu éviter la peine de mort.
    — Delehaye est décédé au matin du 12.

    Le 27 décembre 1944, huit hommes sont fusillés au fort de Montrouge (fort enclavé sur la commune dArcueil, dans le département du Val-de-Marne) :

    Lafont — Bonny — Clavié — Delval — Engel — Haré — Pagnon — Villaplana

        

    Les forts de la banlieue sud de Paris ont été des lieux d'exécution, notamment celui de Montrouge pour les condamnés à mort par la Cour de Justice de la Seine, après la Libération. Cela s'explique par la situation géographique de la prison de Fresnes, située en banlieue sud de Paris, et de la prison de la Santé, proche de la banlieue sud. Miliciens, Collabos tortionnaires (Massuy [Georges Delfane - 01-10-1947] etc.), membres de la Carlingue (Danos, Monange 14-03-1952), Agents infiltrés, (le redoutable Jacques Desoubries - décembre 1949 - etc.), Intellectuels compromis (écrivains, Lucien REBATET( gracié ensuite par le Président Auriol ) , Paul Chack, Georges Suarez, Robert Brasiliach, etc.) ont été passés par les armes dans l'enceinte de ce fort.

    On sait que la Carlingue a été infiltré par des éléments à "double casquette", dont le but était d'apporter des renseignements à des mouvements de la Résistance concernant son organisation. Voici l'exemple d'un infiltré appartenant au réseau Morhange , mouvement de Résistance toulousain chargé de combattre le contre-espionnage allemand et la Gestapo. Ce réseau procédait également à l'élimination physique d'agents de renseignements français qui collaboraient très activement avec les services de répression allemands.

      

    Marcel Taillandier. Alias Morhange.
    Fondateur du réseau Morhange.
    Abattu lors d'un contrôle allemand,
    le 11 juillet 1944.

      

      

      

     

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    Paquebot "La Marseillaise"

     
    Un aspect de la coque du paquebot Maréchal-Pétain
    des Messageries maritimes
    sur les chantiers de La Ciotat
    (collection
    Agence Adhémar)

    Le 24 octobre 1942 paraissait dans L'Illustration, un article de Jean Clair-Guyot sur le chantier du paquebot Maréchal-Pétain, à La Ciotat. Il sera lancé pour les Messageries maritimes le 8 juin 1944 mais ne sera mis en service, après bien des péripéties, que le 30 juin 1949 sous le nom de La Marseillaise.

    Voici une partie de l'article (nous tenons à votre disposition l'intégralité de l'article, à demander à l'Agence Adhémar qui se fera un plaisir de vous l'envoyer gracieusement par courriel):

    «Un des premiers actes de l'amiral Darlan à son arrivée au poste qu'il occupe dans le gouvernement a été d'examiner la situation de notre marine marchande et d'étudier les moyens de remédier aux pertes de tonnage, ce qui le déterminer à reprendre ou à encourager la mise en de nouveaux paquebots et de cargos, dont les unités se trouveront prêtes à prendre la mer dès la fin des hostilités mondiales.

    Aspect général du chantier

    La construction d'un grand paquebot moderne représente un effort comparable à celui que nécessiterait l'édification rapide d'une petite ville. […] sans négliger de prévoir leurs divertissements ni les précautions sanitaires ou de sécurité […] Un très grand nombre de corps de métier sont appelés à travailler à la construction et à l'aménagement de cette cité modèle qu'est un paquebot. Pendant que des équipes d'ouvriers édifient le gros-œuvre de la coque avec ses entreponts et ses superstructures, des artistes et des artisans doivent concevoir, adapter puis exécuter la décoration et l'organisation matérielle des dépendances multiples du bâtiment. […] Nous avons ici même signalé le lancement du paquebot Kairouan destiné aux lignes de l'Afrique du Nord, effectué le 17 janvier dernier à La Seyne pour le compte de la compagnie de Navigation mixte (CNM). Aujourd'hui, nous allons entretenir nos lecteurs d'un autre centre de l'activité maritime française, La Ciotat, où se poursuit la construction d'un paquebot plus grand que le Kairouan. Ce nouveau bâtiment portera le nom prestigieux de Maréchal-Pétain. Deux importantes sociétés collaborent à sa construction : les Messageries maritimes, qui ont commandé le navire, et les chantiers navals de La Ciotat, qui le construisent. […]
    Le 2 décembre 1940, on recommençait à travailler à cette nouvelle unité, dont les caractéristiques principales sont : longueur hors tout : 181 mètres ; largeur au fort : 23 mètres ; jauge brute : 15.500 tonneaux ; le tonnage du nouveau navire peut paraître faible, à côté des 83423 tonneaux du Normandie, mais il représente les dimensions maxima permises par les conditions de la ligne à desservir; il s'agit, ne l'oublions pas, d'un bâtiment destiné au trafic d'Extrême-Orient et qui devra pouvoir remonter la rivière de Saïgon. Tel quel, le paquebot Maréchal-Pétain se comparera avantageusement, dans tous les domaines, avec les unités étrangères affectées aux services entre l'Europe et l'Extrême-Orient. Tout a été minutieusement étudié pour que la coque et les aménagements du nouveau paquebot réunissent les perfectionnements les plus modernes et en innovent quelques-uns. Dans la construction de la coque, la soudure est substituée au rivetage dans toute la mesure possible et il est fait un très large appel aux aciers à haute résistance, ce qui entraîne un allégement sensible dans le poids des matériaux.

    Pose des garnitures d'écubier

    Les formes de la coque et de l'étrave ont fait l'objet de recherches très poussées et de nombreux essais sur des modèles réduits au bassin des carènes. L'avant est à guibre, comme le sont les étraves de la plupart des bâtiments de guerre et de commerce récents. Les superstructures ont été tracées de façon à diminuer la résistance au vent : la passerelle a une forme arrondie et la cheminée, un profil aérodynamique. La plage avant est entièrement dégagée de tous apparaux : lignes de mouillage, guindeaux et cabestans sont installés sous une carapace en dos de tortue que termine un brise-lames, suivant l'heureuse formule adoptée pour la première fois à bord du paquebot Normandie.
    Le navire comporte cinq ponts complets, plus un pont-promenade et le pont des embarcations.
    Trois moteurs à combustion interne de onze cylindres du type Diesel-Sulzer et d'une puissance totale de 31 000 CV actionnent chacun une hélice. La vitesse prévue est de 22 nœuds aux essais.
    Le Maréchal-Pétain, bien qu'il dérive très directement de la série Aramis, Félix-Roussel, qui l'a immédiatement précédé, sera de beaucoup plus rapide que ces derniers, qui soutiennent seulement 16 noeuds. Grâce à lui, la durée de la traversée Marseille-Saïgon, qui s'effectuera à 20,5 noeuds de moyenne, sera réduite de plusieurs jours.

    Le villebrequin géant d'un des moteurs de 11 cylindres, 10000 CV.

    Tous les services du bord sont mus par une centrale électrique comprenant quatre groupes diesel entraînant quatre alternateurs de 950 kilowatts chacun. Au lieu du courant continu, on utilise le courant alternatif, innovation tout à fait intéressante qu'il convient de souligner.
    Il n'existera à bord du Maréchal-Pétain que deux classes de passagers de cabine : les premières classes et la classe touriste : au total, trois cent soixante-quatorze passagers, qui se partageront cent quatre-vingt-sept cabines. Toutes les cabines des premières classes seront extérieures et certaines auront même un balcon particulier donnant sur la mer. […] La salle à manger des premières est située au centre du navire, sur un pont assez bas pour que les effets du roulis et dit tangage soient peu sensibles. De même que les autres locaux " communs ", elle sera climatisée.

    Les échafaudages et échelles qui permettent d'accéder aux différents ponts

    […] Aussitôt la porte des chantiers franchie, l'attention du visiteur est attirée par la variété du spectacle qui s'offre à lui. Trois mille hommes, ingénieurs, contremaîtres et ouvriers, sont là, rassemblés sur quelques hectares, pour parfaire un des éléments nouveaux de notre richesse nationale et prouver que " la France continue ". Mais ce qui attire davantage la curiosité, c'est la masse de la coque qui domine le chantier et qui se profile sur le ciel dans un enchevêtrement d'échafaudages. […] " Environ cinq cents ouvriers, précise l'ingénieur qui nous guide, travaillent quotidiennement à l'achèvement de cette coque. "
    Nous reviendrons plus tard sur la décoration du paquebot Maréchal-Pétain, qui s'exécute sous la direction du maître Leleu. Disons seulement qu'elle témoignera de ce retour au travail artisanal si longtemps négligé, mais dont la qualité était autrefois une des forces de notre pays. On n'y trouvera ni désir d'éblouir ni désir d'étonner, mais seulement la marque du bon goût et du bon sens de nos ferronniers, de nos céramistes, de nos ébénistes. Dessinateurs et canuts lyonnais donneront libre cours à leur fantaisie, et partout à bord les harmonies des tissus seront douces et chantantes comme on sait les établir en France. Et ainsi achevé, grâce au labeur quotidien et persévérant de toute une foule de travailleurs, le paquebot Maréchal-Pétain sera digne du nom glorieux inscrit en lettres d'or sur ses flancs ; grâce à lui, la résurrection française, dont le Maréchal aura été l'illustre artisan, s'affirmera sur les océans.»



    SOURCES : Agence ADHEMAR.Notre agence recherche pour vous et met à votre disposition les informations et documents maritimes dont vous avez besoin pour vos publications ou vos recherches. Interrogez-nous :
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    Philippe Pétain
    24 avril 1856 à Cauchy-à-la-Tour (Pas-de-Calais, France) - 23 juillet 1951 à Port-Joinville (île d'Yeu, France)

    Le futur vainqueur de Verdun est issu d'une famille de paysans honnêtes et pieux. Officier républicain, indifférent à la religion, il s'attire des inimitiés à l'École de Guerre en raison de son opposition aux théories alors en vogue, qui prônent l'offensive à outrance.

    Pendant la Grande Guerre, sa nomination en février 1916 à la tête de la 2e armée avec mission de défendre Verdun lui ouvre les portes de la célébrité. En novembre 1918, il éclate en sanglots quand le généralissime Foch lui interdit de poursuivre l'offensive jusqu'à Berlin. Le 8 décembre 1918, il n'en reçoit pas moins son bâton de maréchal.

    En juillet 1940, la France ayant été envahie par l'armée allemande, le Maréchal, doté des pleins pouvoirs par la Chambre des députés, met sa popularité au service de la collaboration avec l'occupant. Il croit ce faisant servir les intérêts de la France. Ses compromissions lui valent d'être condamné à mort après la Libération. De Gaulle, chef du gouvernement provisoire, le grâcie en considération de son grand âge et il va finir ses jours en prison.

      

     

    Fils de paysans du Pas-de-Calais, le futur vainqueur de Verdun est confronté à 15 ans à l'horreur de la guerre en secourant les blessés lors de la guerre franco-prussienne de 1870-1871.

     

    Un officier prometteur

     

    Républicain indifférent à la religion mais aussi bourreau de travail, Pétain est nommé professeur à l'École de guerre en 1888. Son opposition aux théories en vogue de l'offensive à outrance lui valent beaucoup d'inimitiés.

     

    Au terme d'une carrière banale et sans avoir participé aux guerres coloniales, il s'apprête à prendre sa retraite de colonel quand survient la Grande Guerre ! Il est promu général d'armée en octobre 1914 puis nommé en février 1916 à la tête de la 2e armée avec mission de défendre Verdun. C'est le début de la célébrité.

     

    En mai 1917, nommé commandant en chef après la désastreuse offensive de Nivelle, il fait face à un mouvement de mutinerie avec modération et fermeté. L'armée lui doit de conserver sa cohésion dans cette passe difficile. Aussi est-il fait maréchal (une dignité honorifique) en décembre 1918.

     

    De l'honneur à l'infamie

     

    Après la guerre, Pétain, devenu une légende vivante, conserve de multiples activités. En 1925, il part combattre Abd el-Krim, au Maroc. En 1931, il entre à l'Académie française. En 1934, il devient ministre de la Guerre... Son autorité est intacte mais il commence alors à être rattrappé par son âge et manifeste des pertes de mémoire (78 ans).

     

    En 1939, il est envoyé à Madrid comme ambassadeur et se réjouit de cette fin de carrière dorée... jusqu'au 16 mai 1940, quand il reçoit un télégramme lui ordonnant de rentrer à Paris où l'on compte sur lui pour sauver la France confrontée à l'invasion allemande... Doté des pleins pouvoirs par la Chambre des députés, repliée à Vichy, le Maréchal met sa popularité au service de la collaboration avec l'occupant. Il croit ce faisant servir les intérêts de la nation.

     

     

    Il espère préserver les restes de vitalité du pays, saigné à blanc par la précédente guerre, en attendant des jours meilleurs. Mais il est très vite entraîné dans des compromissions de plus en plus douteuses.

     

    Ainsi encourage-t-il la Légion des volontaires français contre le bolchevisme qui combat sur le front soviétique... aux côtés des Allemands. Il ordonne aux troupes françaises d'Afrique du Nord de résister au débarquement anglo-saxon du 8 novembre 1942. Il approuve aussi la création de la Milice, le 30 janvier 1943, et couvre la politique antisémite de son gouvernement.

     

    Après la Libération, ses compromissions lui valent d'être condamné à mort. Grâcié en considération de son grand âge, il va finir ses jours en prison, à l'île d'Yeu, à 95 ans.

     

      
      
      
      
      
      
      
      
     
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  • Le Corps des Volontaires Françaises et le Groupe Rochambeau

     

    http://vivelaresistance.unblog.fr/files/2008/12/raymondebrindjonc.jpg

      

    Cet article aborde la question de l’engagement des femmes dans l’Armée française pendant la Deuxième Guerre Mondiale grâce aux traces écrites qu’elles ont laissés. Dès 1940, plusieurs centaines de femmes rejoignent les rangs des FFL à Londres, mais aussi en Afrique du Nord (Algérie, Maroc, Tunisie). Elles s’engagent dans les trois corps d’Armée et sont présentes dans la plupart des services. Souvent dénigrées par les hommes, sous-estimées aussi, ces femmes accomplissent pourtant des tâches essentielles entre 1940 et 1945. Cet engagement moral, physique et souvent idéologique dans l’Armée de la Libération, devient pour la plupart d’entre elles un tournant définitif dans leur vie. Nombreuses sont celles qui ont éprouvé le besoin de raconter cette période si « particulière » de leur vie. La lecture des témoignages et des souvenirs permet de comprendre quand et comment s’est déroulé leur engagement. Car, contrairement aux idées reçues, elles n’étaient pas toutes dans les transmissions ou dans les services de santé. Elles n’étaient pas non plus « que » des AFAT (Auxiliaires féminines de l’Armée de Terre). Grâce à un panel d’autobiographies et de souvenirs de guerre, les points abordés ici seront donc ceux du contexte et des motivations de l’engagement, des postes occupés par ces femmes, ainsi que du regard que les libérateurs ont porté sur elles pendant mais surtout après la Libération. (Photographie de Raymonde Jeanmougin , une Rochambelle).

     

    Des femmes dans la France combattante pendant la Deuxième Guerre mondiale :

    Le Corps des Volontaires Françaises et le Groupe Rochambeau

      

    Élodie Jauneau

    L'intégralité de cet article est disponible en cliquant sur le lien ci-dessous

    http://genrehistoire.revues.org/index373.html

      English

    Cet article aborde la question de l’engagement des femmes dans l’Armée française pendant la Deuxième Guerre Mondiale grâce aux traces écrites qu’elles ont laissés.Dès 1940, plusieurs centaines de femmes rejoignent les rangs des FFL à Londres, mais aussi en Afrique du Nord (Algérie, Maroc, Tunisie). Elles s’engagent dans les trois corps d’Armée et sont présentes dans la plupart des services. Souvent dénigrées par les hommes, sous-estimées aussi, ces femmes accomplissent pourtant des tâches essentielles entre 1940 et 1945. Cet engagement moral, physique et souvent idéologique dans l’Armée de la Libération, devient pour la plupart d’entre elles un tournant définitif dans leur vie. Nombreuses sont celles qui ont éprouvé le besoin de raconter cette période si « particulière » de leur vie.

      

    La lecture des témoignages et des souvenirs permet de comprendre quand et comment s’est déroulé leur engagement. Car, contrairement aux idées reçues, elles n’étaient pas toutes dans les transmissions ou dans les services de santé. Elles n’étaient pas non plus « que » des AFAT (Auxiliaires féminines de l’Armée de Terre). Grâce à un panel d’autobiographies et de souvenirs de guerre, les points abordés ici seront donc ceux du contexte et des motivations de l’engagement, des postes occupés par ces femmes, ainsi que du regard que les libérateurs ont porté sur elles pendant mais surtout après la Libération.

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    Texte intégral

     
    • Du nom de Joseph Paul-Boncour, initiateur et rapporteur de la loi.1
    • Loi du 11 juillet 1938 « portant sur l’organisation générale de la nation pour le temps de guerre 2(...)

    1Dès 1940 à Londres, après la défaite française, la Résistance extérieure s’organise et les premières femmes répondent présentes à l’appel du 18 juin du Général de Gaulle. L’armée de la Libération se met en place et compte très rapidement des femmes dans ses rangs. C’est une première dans l’histoire militaire française : ces femmes signent un engagement militaire au même titre que les hommes et décident alors de servir leur pays, mission jusqu’alors réservée au sexe masculin. Cet engagement est le résultat de la loi dite « Paul-Boncour »1 du 11 juillet 1938 sur l’organisation de la nation en temps de guerre, qui envisage pour la première fois de faire appel à toute personne en âge de combattre, indépendamment de son sexe2. Même si pendant la Première Guerre Mondiale, des femmes avaient déjà porté l’uniforme militaire, elles étaient en fait, le plus souvent, infirmières civiles. En 1939, elles sont six mille six cents à s’engager dans l’Armée Française, en vertu de la loi du 11 juillet 1938. Elles sont alors majoritairement ambulancières et/ou servent dans les Sections Sanitaires Automobiles (SSA). Une autre grande nouveauté est d’avoir confié le commandement de toutes ces sections à des femmes. En 1940, après la défaite française, les SSA sont dissoutes et immédiatement après l’appel du Général de Gaulle, les FFL s’organisent et doivent, contre toute attente, faire face à une mobilisation féminine sans précédent, qui répond à un engagement volontaire et non à un appel à mobilisation.

    • Tous les ouvrages sur les FFL donnent ce chiffre, sans distinction hommes-femmes.3

    2Réfléchir sur les femmes engagées dans la France combattante revient donc à mettre en lumière des soldates à part entière puisque les FFL, bien que constituées dans un contexte exceptionnel, répondent à une organisation militaire traditionnelle, de même que l’ensemble des armées de Libération fondées hors de la métropole. Les FFL sont créées à Londres par le Général de Gaulle, reconnu chef des Français Libres par Churchill le 28 juin 1940. L’enrôlement dans les FFL s’effectue donc d’abord à Londres dès l’été 1940. Fin juillet, on compte environ sept mille hommes dans les FFL3. Ce n’est qu’après les premiers combats contre l’ennemi que d’autres unités combattantes pour une France libre se mettent en place en Afrique ou dans les DOM-TOM.

    3Même si la plupart des ouvrages traitant de la Résistance française accorde depuis quelques années une large place aux femmes, au chapitre des FFL et de la résistance extérieure, elles sont – à de rares exceptions près – absentes. Quant aux ouvrages exclusivement consacrés aux femmes dans la Résistance, c’est la Résistance intérieure (réseaux ou Forces Françaises de l’Intérieur par exemple) qui domine tandis que les FFL et la résistance extérieure ne sont jamais abordées.

    4Il y a au sein de ces unités, des femmes venues de tous les horizons. Cet article s’intéresse particulièrement à deux groupes, exclusivement féminins : le Corps des Volontaires Françaises (CVF) et le Groupe Rochambeau. Le CVF répond à l’engagement des femmes à Londres dès 1940 et est intégré par décret le 16 décembre 1941 aux FFL. Quant au Groupe Rochambeau, il est créé en 1943 à New York et immédiatement rattaché, non sans quelques difficultés, à la 2e Division Blindée (2e DB).

    • Service Historique de l’Armée de Terre (SHAT), 7 P 73-1 : Note du Général d’Armée de Lattre de Tas4(...)

    5La quasi-totalité des travaux consacrés aux forces françaises de l’extérieur ne traite que des militaires masculins et porte sur l’ensemble des formations, divisions et opérations menées par l’ensemble de ces forces sans faire de distinction hommes-femmes. Les femmes étant, pour la plupart, reléguées aux tâches administratives, ne méritent donc apparemment pas qu’on les mentionne. Pourtant, même qualifiées de subalternes voire ingrates4, les tâches que les femmes effectuent sont indispensables au bon déroulement des opérations.

    6Cet engagement vécu par certains comme une invasion du féminin, place donc les femmes en position de pionnières d’une féminisation « subie » de l’Armée Française. Cette féminisation de la première heure sera envisagée sous deux angles : l’engagement en tant que tel et les questions qu’il pose à une institution fondamentalement masculine.

    L’engagement

    Les Françaises à Londres

    7La loi du 11 juillet 1938 est un tournant historique pour l’intégration des femmes dans l’Armée Française car elle envisage une mobilisation de toute la population en cas de conflit « sans distinction d’âge ni de sexe »5. Cette loi, en projet depuis 1927, s’inscrit à la fois dans le contexte de la marche à la guerre mais aussi dans celui de la lutte des femmes pour l’obtention du droit de vote et l’égalité totale avec les hommes. Et l’accès aux armes et au droit de servir comme un homme sont au cœur des revendications de nombreuses féministes. Ainsi, dès 1932, Madeleine Pelletier, s’inspirant du projet de loi de 1927, imagine dans son roman Une Vie nouvelle, des femmes engagées dans le service armé de la nation6. Dans le roman, ces femmes déjà électrices et éligibles, payent aussi, en toute logique, l’impôt du sang : « Un projet déjà ancien sur la mobilisation générale de tout le pays avait été adopté. […] Parmi les femmes, une élite vigoureuse était versée dans le service armé. Depuis longtemps les femmes jouissaient de leurs droits politiques et on avait décidé qu’elles devaient comme les hommes l’impôt du sang »7.

    • Loi du 11 juillet 1938, .5op. cit
    • Madeleine PELLETIER, , Paris, E. Figuière, 1932, 247 p.6Une vie nouvelle
    • , p. 100.7Ibid.
    • Janine BOULANGER-HOCTIN, entretien réalisé en 2005.8

    8Après le 18 juin 1940, quelques femmes quittent la France pour Londres. D’autres, résidant déjà en Angleterre, s’organisent et rejoignent la capitale anglaise8. Certaines, comme Hélène Terré (future commandante des Françaises à Londres) appartiennent déjà aux SSA avant la défaite et décident de continuer à servir leur pays. Ces femmes sont donc d’abord originaires de France et d’Angleterre mais, à partir du débarquement allié du 8 novembre 1942, les engagements féminins s’étendent à l’Afrique du Nord, à Haïti, à la Nouvelle Calédonie, à l’Amérique du Nord et du Sud, et aux colonies au fil de leur libération par les Alliés et les FFL. A titre comparatif, l’armée britannique compte déjà dans ses rangs, en 1940, trente cinq mille femmes des Auxiliary Territorial Service (ATS) qui jouent d’ailleurs un rôle considérable et influent dans la création des premières unités féminines françaises. En effet, faute de moyens et d’organisation, l’instruction des Françaises Libres se fait alors à l’école des ATS, et les Françaises revêtent les uniformes des soldates britanniques en attendant que la France Libre puisse leur en fournir. Seuls les insignes permettent de distinguer les ATS des VF.

    • Luc CAPDEVILA, « La mobilisation des femmes dans la France combattante (1940-1945) », 9CLIO, « Le g(...)
    • Décret n° 74 du 16 décembre 1941 "portant organisation du Corps des volontaires françaises »,10(...)

    9Le 7 novembre 1940, à Londres, est fondée la première unité militaire du « Corps féminin des Volontaires Françaises » plus souvent appelé « Corps féminin des FFL », dirigé par l’ancienne championne de tennis Simone Mathieu puis par Hélène Terré. A l’origine composée de vingt-six femmes, cette formation répond au patriotisme de quelques femmes souhaitant œuvrer pour la libération de la France aux côtés de l’Angleterre. Désireux d’unir toutes les volontés autour de son combat, de Gaulle, bien que réticent, autorise la création de cette unité féminine des FFL et évite ainsi à ces volontaires d’être tentées de s’engager dans les ATS britanniques9. Cette concrétisation s’obtient aux termes d’une lutte de pouvoir et d’intérêts avec Churchill, hostile à la création d’une deuxième armée féminine sur le territoire anglais. Ce n’est qu’à partir de 1940 que les appels à la Résistance française lancés depuis Londres commencent à considérer que les femmes, au même titre que les hommes, ont un rôle à jouer. Institutionnalisé le 16 décembre 1941, le Corps Féminin prend le nom de « Corps des Volontaires Françaises » (CVF) par un décret stipulant que ce corps est une « formation militaire auxiliaire féminine »10. L’objectif du CVF est de remplacer tous les hommes aptes au combat par des femmes dans des emplois qu’elles peuvent exercer… sans « dénaturer » le sexe féminin. LA femme combattante n’existe pas encore… Si la loi Paul-Boncour a ouvert les portes de l’armée aux femmes, elle ne leur donne pas pour autant accès à la sphère du combat et au maniement des armes qui restent l’apanage des hommes.

    • Jeanne BOHEC, , Paris, Editions du Sextant, 2004 (1 éd. 1975), 28511La plastiqueuse à bicycletteère(...)
    • Section Française du SOE (Special Operation Executive). Le BCRA est dirigé par André Dewavrin, fut12(...)
    • Sonia VAGLIANO-ELOY, . , Paris, Plon, 1982, 262 p. et Tereska 13Les Demoiselles de Gaulle1939-1945To(...)
    • Eliane BRAULT, . Paris, Pierre Horay, 1954, 237 p.14L’épopée des AFAT
    • Sonia VAGLIANO-ELOY, 15Les Demoiselles… Op. cit.

    10De nombreuses Volontaires Féminines ont témoigné de leur expérience dans la France Libre. C’est le cas de Jeanne Bohec11, chimiste de formation, œuvrant pour le Bureau Central de Renseignement et d’Action12 (BCRA), qui est très rapidement parachutée en Bretagne où elle prend la tête d’un groupe qu’elle forme au maniement des explosifs. C’est aussi celui de Tereska Torrès13, Française à Londres pendant ses études qui, face à la débâcle française outre Manche, décide de rejoindre les FFL en s’engageant dès 1940, à l’âge de dix-neuf ans. D’autres, comme Sonia Vagliano-Eloy ou Eliane Brault14, profitent de leur expérience personnelle en tant que Volontaire Féminine pour raconter « l’épopée » des « Demoiselles de Gaulle »15.

    11Tandis que le CVF se met en place au Quartier Général des FFL à Londres, un projet féminin d’une toute autre nature prend forme outre-Atlantique.

    Le Groupe Rochambeau

    12En 1943, une riche Américaine, Florence Conrad, acquiert dix ambulances Dodge avec le soutien de puissantes ligues féminines et crée le Groupe Rochambeau16. A New York, elle recrute quatorze femmes dont Suzanne Torrès (future épouse Massu) qui avait déjà servi dans les SSA. Florence Conrad s’attribue le grade de commandant et nomme Suzanne Torrès lieutenant. Ces femmes débarquent à Casablanca la même année dans le but de rallier la 2e DB stationnée dans la région. Elles contraignent le Général Koenig à contacter le Général Leclerc pour se faire admettre au sein de la 2e DB17. Leclerc, plus que sceptique, croit d’abord à une plaisanterie de la part de Koenig. Il lui semble inconcevable d’enrôler des femmes dans une division blindée et s’il accepte volontiers les ambulances, il refuse d’incorporer leurs conductrices. Il exige donc de voir ces femmes à l’exercice afin de vérifier qu’elles sont aptes à la tâche qu’elles prétendent accomplir. Somme toute, séduit par les ambulances, il finit par accepter ces femmes, mais uniquement jusqu’à Paris.

    • Du nom du maréchal de France qui commandait l’armée de Louis XVI pendant la guerre d’indépendance16(...)
    • Nommé maréchal à titre posthume, c’est son grade de militaire en activité qui sera donc utilisé ic17(...)
    • Suzanne MASSU, , Paris, Grasset, 1969, p. 57 et 85.18Quand j’étais Rochambelle

    13Après cette première victoire, Suzanne Torrès recrute massivement des volontaires en Afrique du Nord. C’est ainsi que trente-six femmes intègrent une prestigieuse division de quinze mille hommes. Mais cette intégration est extrêmement difficile à cause de la méfiance et de la réticence que ces femmes suscitent18, malgré un emploi pourtant traditionnellement féminin. Finalement, ce n’est pas tant la nature du métier qui pose problème ici mais bien le fait qu’elles pénètrent la sphère masculine du combat, du feu et de la violence, jugée contraire à la « nature » féminine. Avant tout ambulancières, celles que les hommes de la 2e DB surnomment « les Rochambelles » s’improvisent rapidement infirmières en mettant à profit la formation qu’elles ont reçue à New York.

    • Rosette PESCHAUD, « Les Rochambelles », Mechtild GILZMER, Christine LEVISSE-TOUZE et Stefan MAR19in(...)

    14Elles sont affectées au 13e Bataillon Médical (BM), celui qui manifeste le plus de réticence à leur égard en les décourageant constamment. Rosette Peschaud, recrutée au Maroc se souvient : « Il nous a fallu faire la preuve que le courage d’une femme pouvait égaler celui d’un homme »19. Les Rochambelles, comme toutes les infirmières et ambulancières de toutes les unités des armées de Libération, sont les femmes les plus exposées au feu puisqu’elles sont toujours en première ligne, au plus près des blessés.

    • .20Ibid

    15Elles quittent l’Afrique du Nord le 11 avril 1944 pour l’Angleterre. C’est là qu’elles se perfectionnent au métier de conductrice et de soldat : mécanique, marche au pas, respect de la hiérarchie, formation aux premiers secours dispensée par des ATS20. Enfin, elles débarquent en juin 1944 à Utah Beach. A l’arrivée à Paris, Leclerc, prenant conscience du fait que leur présence est indispensable, les garde pour le reste de la campagne vers l’Allemagne.

    • Suzanne TORRES, , Paris, Grasset, 1969, 255 p., Edith VEZY, 21Quand j’étais Rochambelle« Gargamelle(...)
    • Marie-Gabrielle COPIN-BARRIER, , Paris, L’Harmattan, 2001, 222Marguerite ou la vie d’une Rochambelle(...)

    16A la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, elles sont soixante-cinq. Elles sont cinq à avoir laissé une trace écrite de leur aventure au sein de la 2e DB : Suzanne Torrès, Edith Vézy, Zizon Bervialle, Jacqueline Fournier et Rosette Peschaud21. Enfin, Marguerite Marchandeau est l’héroïne d’une biographie romancée dont l’auteure n’est autre que sa petite-nièce22.

    Modalités et motivations de l’engagement

    17Ces femmes s’engagent avant tout par patriotisme et par idéologie, parvenant souvent à motiver quelques-unes de leurs amies. La majorité des femmes qui s’engagent n’ont – aux premières heures de la guerre – aucune vocation militaire et n’envisagent quasiment jamais de faire carrière dans l’armée. De toute façon, leurs contrats d’engagement ne leur permettent pas d’envisager l’armée comme une carrière sur le long terme puisque toutes sont enrôlées « pour la durée de la guerre » plus quelques mois (entre trois et six mois selon les cas). La fin de la Deuxième Guerre mondiale s’annonce donc comme synonyme d’un retour, sinon au foyer, tout au moins à une sphère professionnelle conforme à leur sexe. Pour beaucoup, c’est le contexte particulier de l’Occupation et de la défaite de 1940 qui a éveillé en elles un patriotisme ardent qu’elles ne soupçonnaient pas. En tant que membres d’une armée non reconnue par l’Etat Français, elles risquent les mêmes sanctions que les hommes, à savoir la peine de mort par contumace ainsi que la confiscation de leurs biens en France et la perte de la nationalité française. Et, si elles sont capturées, elles peuvent être fusillées au même titre que les francs-tireurs.

    • Madeleine BOUE-LAHORGUE, entretien du 27 mars 2006.23
    • Citée par Rosette PESCHAUD, « Les Rochambelles », ., p. 197.24op. cit
    • Témoignage de Rosette PESCHAUD Dominique TORRES, , 18 juin 2000, Franc25inElles ont suivi De Gaulle(...)
    • Madeleine PELLETIER, , ., p. 100.26Une vie nouvelleop. cit
    • SHAT 7 P 73 : archives de la guerre. Vichy – Londres – Alger – Paris. 1940-1946 : Organisation des27(...)
    • Témoignage de Tereska TORRES Dominique TORRES, , 18 juin 2000, France28inElles ont suivi De Gaulle(...)
    • Témoignage de Claire . Sans doute s’agit-il de Claire Chicoteau, amie de Tereska Torrès, ma29inibid(...)

    18Leurs origines sociales sont tout aussi diverses que leurs origines géographiques. Elles sont étudiantes comme Tereska Torrès ou Sonia Eloy, infirmières ou secrétaires de formation, sportives de haut niveau comme Simone Mathieu, médecins comme Suzanne Vallon ou Louise-Marie Lemanissier, qui est l’une des premières femmes médecins à être immédiatement engagée dans l’Armée Française à titre militaire. Parmi elles se rencontrent aussi des scientifiques comme Jeanne Bohec ou des artistes comme Joséphine Baker. D’autres encore sont pilotes, d’abord dans le civil puis au service de l’Armée, comme Maryse Hiltz, Maryse Bastié ou Margot Duhalde ; assistantes sociales ou femmes de militaires comme Marguerite Catroux (épouse du Général Georges Catroux). Enfin, certaines comme Madeleine Boue Lahorgue23 ou Michèle Mirande-Cambards24 sont d’abord engagées dans les FFI avant d’intégrer les FFL. Leurs parents sont militaires, artistes, de profession libérale ou encore commerçants. Lorsqu’elles s’engagent, toutes sont célibataires ou veuves, et pour les plus jeunes, l’engagement est impossible sans accord parental25. Leur place au sein de l’Armée reste celle que la société veut bien leur accorder. Les Volontaires Féminines occupent donc des postes conformes à leur sexe. Quant aux Rochambelles, bien qu’au contact du danger et souvent de l’ennemi, elles ne sont jamais armées car l’accès au prestige du maniement des armes demeure exclusivement masculin. Paradoxalement, les Volontaires Féminines à Londres suivent un stage d’entraînement au tir au cours de leur formation alors qu’elles occupent majoritairement des emplois administratifs… Pendant des années, ces tâches jugées secondaires, subalternes ou ingrates ont relégué toutes ces femmes au second plan de l’Histoire des combattants de la Deuxième Guerre Mondiale. Faut-il donc être armée pour mener un combat ? Toutes ces femmes répondent aujourd’hui que l’arme ne fait pas le combattant et toutes mettent en avant leur patriotisme comme arme. Néanmoins, dans la panoplie du soldat, l’arme occupe une place de choix et l’accès des femmes aux fonctions armées n’interviendra que très progressivement dans le dernier quart du XXe siècle… en temps de paix. Les femmes en armes combattant comme des hommes mises en scène par Madeleine Pelletier relèvent davantage du fantasme et de l’imaginaire. Elle envoie ses héroïnes se battre au nom d’une lutte féministe contre la « nature féminine » toujours présente dans le roman : « Néanmoins, par un reste de préjugé, on n’en envoyait au combat qu’une faible proportion ; on disait qu’il ne fallait pas tarir la race en envoyant les femmes se faire tuer. La plupart était dans les services auxiliaires : infirmerie, cuisine, ravitaillement, habillement »26. Le fait, pour s’engager, de devoir être obligatoirement célibataire, veuve ou divorcée, sans enfant à charge, correspond à la volonté de ne pas troubler l’équilibre familial déjà mis à mal en contexte de guerre. Agées de dix-huit à quarante-cinq ans, elles sont surveillées de près car les autorités craignent que « la femme mobilisée » ne soit « amenée à compromettre sa dignité »27, en raison de la promiscuité avec les hommes. Pour beaucoup de femmes, le mariage signifie la fin de la carrière militaire. Quelques rares exceptions poursuivent leur mobilisation après leur mariage à condition qu’elles en aient obtenu l’autorisation de leurs maris et que le couple ait reçu l’aval des autorités militaires28. A l’inverse, le mariage n’a aucune incidence sur les missions que doivent accomplir les époux, qui restent avant tout des soldats. Claire29, Volontaire Féminine mariée à un militaire du BCRA souhaite rejoindre le BCRA après son mariage mais, son mari ayant été parachuté en France, se voit refusé cette affectation afin d’éviter qu’elle ne reçoive de mauvaises nouvelles qui entraveraient son travail.

    19Toutes les femmes qui ont choisi de lutter pour une France libre ont forcé les portes de l’Armée puisque leur engagement reposait au début sur le volontariat et la spontanéité. Dès lors, le regard que posent sur elles leurs contemporains et la façon dont elles sont désignées ne sont jamais neutres.

      

    sources / blog http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-le-corps-des-volontaires-fran-aises-et-le-groupe-rochambeau-81535807.html

     

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    ( POUR APPRECIER cette VIDEO - CLIQUER sur le LOGO CENTRAL de DEEZER - COLONNE DE GAUCHE en BAS. LE FOND MUSICAL SERA SUPPRIME )

     

     

    CE FILM MERITE D'ETRE VU - l'HISTOIRE VRAIE d'un GROUPE DE PRISONNIERS dans un GOULAG pendant la seconde guerre mondiale

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  • Officier du Service Féminin de la Flotte (1942-1943)

     

    http://a21.idata.over-blog.com/300x1176/2/45/42/71/philippe-7/fnfl.jpg

    C'est en 1941 que les premières femmes ont rejoint les rangs des Forces Navales Françaises Libres, en Grande Bretagne.

    Elles ont été rassemblées dans un "Service Féminin de la Flotte", commandé par Madame Bravery, et instruites par la Royal Navy, au sein du Women's Royal Naval Service.


    Le S.F.F. n'a eu d'existence légale qu'à partir de septembre 1943. L'uniforme de ses personnel est presque intégralement celui des auxiliaires féminines de la Royal Navy : vareuse croisée et jupe droite bleu marine, chapeau "postillon" (tricorne) noir avec l'insigne frontal de la Marine française, chemise blanche, cravate noire, chaussures de cuir noir et bas gris foncé. Le port de gants de cuir n'est pas réglementaire. L'insigne métallique en losange visible sur la poitrine est celui de la France Libre. Au bas des manches, deux galons dorés indiquent le rang d'officier.


    D'après un dessin de C.-J. Morin, paru dans le Carnet de la Sabretache n° 67 – 1983

    Mise en couleurs Anovi

      

    SOURCES ; http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-officier-du-service-feminin-de-la-flotte-1942-1943-81603569.html

      

     

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  • Un corps d'auxiliaires féminines célèbre : Les Lottas

     

    http://img140.imageshack.us/img140/1019/50609015.jpg

    Agressée par l’URSS le 30 novembre 1939, la Finlande oppose une résistance acharnée grâce à une petite armée farouchement patriotique et parfaitement entraînée à la guerre d’hiver. L’armée finlandaise s’appuie notamment sur un corps d’auxiliaires féminines qui deviendra célèbre dans toute l’Europe : Les Lottas. Leur nom est tiré d’un poème épique finlandais du XIXème siècle dans lequel Lotta est une cantinière dont l’héroïsme stigmatise l’incapacité de l’armé suédoise ( la Finlande étant alors sous la domination de la Suède) à lutter en 1808 et 1809 contre l’éternel ennemi: l’Empire russe. Faisant figure de précurseur dans la création d’un corps militaire exclusivement féminin, la Finlande, tant dans la guerre d’hiver que dans celle qui reprendra en juin 1941 contre l’URSS avec l’attaque de l’Allemagne à l’Est, ne comptera pas moins de 150 000 Lottas dans une armée ne dépassant pas 600 000 hommes.

    Commandées par Fanny Lukonnen, les Lottas, toutes volontaires, remplissent avec une parfaite efficacité l’ensemble des fonctions des non combattantes de l’armée, déchargeant ainsi les soldats finlandais de toutes les tâches de l’arrière: services de santé (ambulancières et infirmières), administration, intendance, conduite de véhicules, transmissions, surveillance aérienne. Les Lottas portent un uniforme de drap gris avec des manchettes et un col Claudine blanc, et tantôt une casquette, tantôt un bonnet d’hiver également gris.

    Source : les femmes dans la guerre, Claude Quetel, Larousse.

    BLOG de Monsieur /philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/

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    Jean De LATTRE de TASSIGNY

     

     

     



    << La force d'intervention française en Provence est placée sous le commandement du général de Lattre de Tassigny avec l'appellation de "1ère Armée Française".

    Ses différentes unités proviennent du "Corps Expéditionnaire Français" du général Juin (qui cesse son commandement en Italie, le 23 juillet 1944), d'unités stationnées en Corse ou en attente en Afrique du Nord.

    Elle comprend 4 divisions:

    - la 1ère D.M.I. (Division de Marche d'Infanterie)
    - la 3e D.I.A. (Division d'Infanterie Algérienne)
    - la 9e D.I.C. (Division d'Infanterie Coloniale)
    - la 1ère D.B. (Division Blindée)

    À ces divisions sont rattachées des unités spécifiques aux noms évocateurs de l'histoire coloniale française :

    - La 1ère D.M.I. dite 1ère D.F.L. (Division Française Libre) du général Brosset comprend :

    - le R.C.T. 1 (Regimental Combat Team) du colonel Delange avec la 1ère Brigade d'Infanterie (2e Bataillon de Légion Étrangère et 22e Bataillon nord-africain) et un 1er Groupe d'obusiers de 105

    - le R.C.T. 2 du colonel Garbay, avec la 2e Brigade d'Infanterie (Bataillons de marche 4,5 et 11) et un 2e Groupe d'obusiers de 105

    - le R.C.T. 3 du colonel Raynal, avec la 4e Brigade d'Infanterie (Bataillons de marche 21 et 24) et BIMP (Bataillon d'Infanterie de Marine et du Pacifique) et un 3e Groupe d'obusiers de 105

    - le 1er Régiment de Fusiliers-Marins du capitaine de corvette de Corsier, unité de reconnaissance

    - le 8e Régiment de Chasseurs d'Afrique du lieutenant-colonel Simon, unité de tanks destroyers

    - un 4e Groupe d'obusiers de 155

    - La 3e D.I.A. du général de Monsabert comprend :

    - le 3e Régiment de Tirailleurs Algériens du colonel de Linarès, formant avec le 2e Bataillon du 67e Régiment d'Artillerie d'Afrique le G.T.1 (Groupement tactique)

    - le 7e Régiment de Tirailleurs Algériens du colonel Chappuis, formant avec le 1/67e R.A.A. le G.T.2

    - le 3e Régiment de Spahis Algériens du colonel Bonjour, unité de reconnaissance

    - le 7e Régiment de Chasseurs d'Afrique du lieutenant-colonel Van Heeke, unité de tanks destroyers.

    - La 9e D.I.C. du général Magnan comprend :

    - le 4ème Régiment de Tirailleurs Sénégalais du colonel Bourgund, formant avec un bataillon d'Artillerie Coloniale (le I.R.A.C.M.) le G.T. 1

    - le 6ème Régiment de Tirailleurs Sénégalais du colonel Salan, formant avec le III/R.A.C.M. le G.T.2

    - le 13e Régiment de Tirailleurs Sénégalais du colonel Voillemin, formant avec le II/R.A.C.M. le G.T.3

    - le Régiment d'Infanterie Coloniale du Maroc , (R.I.C.M.) du lieutenant-colonel le Puloch, unité de reconnaissance

    - le Régiment de Chasseurs de Chars (R.C.C.C.) du lieutenant-colonel Charles, unité de tanks destroyers

    - La 1ère D.B. (Division Blindée) du général Touzet du Vigier comprend :

    - le 2e Régiment de Cuirassiers du lieutenant-colonel Durosoy et le 3e Bataillon de Zouaves, formant avec le l/68e R.A.A. le "Combat Command 1" aux ordres du général Sudre

    - le 5e Chasseurs d'Afrique du commandant Grout de Beaufort et le 1er Zouaves du commandant Barbier, formant avec le III/68ème R.A.A. le "Combat Command 2" aux ordres du colonel Kientz.

    - le 2e Chasseurs d'Afrique du lieutenant-colonel Lodin de Lepinay et le 2e Zouaves du commandant Arfouilloux, formant avec le II/68e R.A.A. le
    "Combat Command 3" aux ordres du colonel Caldairou

    - le 9e R.C.A. (Régiment de Chasseurs d'Afrique) du lieutenant-colonel de la Barthe, unité de tanks destroyers

    - le 3e R.C.A. du lieutenant-colonel Fouchet, unité de reconnaissance d'automitrailleuses

    En réserve générale, deux unités d'intervention rapide :

    - le Bataillon de Choc du capitaine Hériard-Dubreuil

    - le 2e Régiment de Spahis Algériens du colonel Lecoq, unité de reconnaissance d'auto-mitrailleuses.

    La 1ère Armée dispose de 2 unités spéciales de
    commandos :

    - le Groupe Naval d'Assaut de Corse, formé en 1943 par le capitaine de frégate Sériot.Spécialisé dans la mise en oeuvre de canots pneumatiques, il réalise des missions de renseignements sur les côtes italiennes.
    Le 15 août 1944, il est chargé de l'opération "Rosie Force" entre le Trayas et Théoule. Échec sanglant. Par la suite, on lui confie des missions de protection dans les ports du Languedoc. En septembre 1944, il est dissous en Corse.


    - le Groupe des Commandos d'Afrique unité de combat entraînée à Sidi-Ferruch, puis en Corse à Saint-Florent, au début de 1944. Il s'empare de l'île d'Elbe. Au sud de Salerne, il prépare l'opération "Romeo Force" qu'au cap Nègre il exécute avec brio. Tous volontaires, choisis avec soin, les commandos sont aptes au combat de nuit, au corps à corps et à
    l'infiltration loin derrière les lignes ennemies.

    Il convient d'insister sur la contribution magnifique des goumiers marocains à la libération de la Provence. Le G.T.M. (Groupe de Tabors Marocains) du général Guillaume est divisé en Tabors (bataillons) et Goums (compagnies). Il comprend :

    - le 1er G.T.M. (2e, 3e et 12e Tabors) sous les ordres du colonel Leblane

    - le 2e G.T.M. (1er, 6e et 5e Tabors) sous les ordres du colonel Boyer de la Tour

    - le 3e G.T.M. (9e, 10e et 17e Tabors) sous les ordres du colonel Massiet du Biest.

    Leurs pertes furent sévères.

    Il convient également de citer les nombreuses unités des services :

    - Transmissions
    - Génie
    - Train
    - Matériel et Essences
    - Intendance
    - Service de santé (40 hôpitaux d'évacuation)
    - Services de Renseignements

    Durant l'opération "Dragoon", le soutien logistique qu'ils apportent aux unités au combat fut très efficace.

    Les unités de l'Armée d'Afrique, aussitôt débarquées sur les plages de Provence, ne cesseront pas de se battre durant les mois suivants. Leur avance en pays provençal est marquée par le siège et l'assaut sanglant des places fortes allemandes, solides et à forte garnison, de Hyères, Toulon et Marseille.

    Les Forces aériennes françaises
    au cours de la Libération de la Provence

    Du 31juillet au 10 août 1944, les forces aériennes françaises exécutent des bombardements de précision à l'intérieur des terres. Sont visés ponts, voies de communication, terrains d'aviation.

    Du 11 au 15 août, elles réalisent des attaques de batteries allemandes le long du littoral. À partir du jour J, elles s'en prennent directement à des positions d'artillerie et aux colonnes de la 19e Armée allemande dans la vallée du Rhône.

    Le 20 août, pour la première fois depuis l'invasion de la zone libre par la Wehrmacht, des avions des Forces aériennes françaises se posent en territoire libéré sur la base aéronavale de Fréjus. (1)

    La flotte aérienne française se compose de :

    - 1ère escadre de "Spiffire"
    - 4e escadre de P.47 "Thunderbolt"
    - 4 groupes de bombardiers B.26 "Marauder"
    - 1 escadrille de reconnaissance de "Spiffire"
    - 1 escadrille de reconnaissance de P38 "Lightning"
    - L'aéronavale dispose d'hydravions "Catalina" et "Walrus" basés en Corse.


    La Marine de guerre française
    au cours des opérations de débarquement

    Toutes les forces navales françaises disponibles en Méditerranée sont engagées dans l'opération "Dragoon".

    Elles assurent la protection des convois, la destruction des résistances et obstacles sur les plages et par la suite, des tirs de destruction ou de neutralisation à la demande des forces d'infanterie à terre. Leur puissance de feu est redoutable.

    Au jour J, la Marine de guerre française aligne :

    - 1 cuirassé : Le "Lorraine"

    - 6 croiseurs: "Émile Bertin", "Jeanne d'Arc", "Dugay-Trouin",
    "Le Terrible", "Le Fantasque", "Le Malin".

    - Venant des côtes de la Manche, 3 unités les ont rejoint: "Georges Leygues", "Montcalm", "Gloire".

    - 6 divisions d'escorteurs, torpilleurs et avisos soit 16 navires

    - 2 transports

    - 3 pétroliers

    À partir du 17 août, une partie des navires français
    continuent un appui de feu direct aux troupes. D'autres se
    voient confier de nouvelles missions en Méditerranée.


    Ne jamais oublier !

    Au cours de la libération de la Provence, les forces américaines font un effort gigantesque de préparation matérielle et de logistique. Elles s'emparent de haute lutte d'une tête de pont à partir de laquelle la conquête d'une partie du territoire français est possible. Elles exploitent leur succès avec rapidité et brio à travers les vallées alpines et le long du Rhône. Mais en Provence, les combats les plus durs et les plus sanglants sont menés par les unités de l'Armée d'Afrique aidées par des unités de FFI qui renseignent et jalonnent les chemins de la Victoire. Leur commandant en chef, le général américain Patch, reconnaît leur valeur et les sacrifices consentis.

    Le 29 août, il les en remercie :

    "Je suis fier d'avoir eu sous mes ordres des hommes tels que vous."

    Il ne faut pas oublier ou passer sous silence cette page de l'Histoire de la France. >> (2)

    (1) NDLR : En fait, il semble que les premiers appareils français à se poser en Provence sont ceux d'une patrouille de Spitfire de reconnaissance, appartenant au Groupe 2/33 "Savoie" , menée par le Capitaine Labadie, qui s'est posée le soir du ....sur la (très courte) piste de Ramatuelle. Le...cette unité s'installait sur le terrain de campagne édifié au sud du village du Puget. (Voir le § spécial) La piste de la B.A.N. n'a été utilisée, semble-t-il, que par des avions légers, tout au moins dans les premiers jours ayant suivi le débarquement.

    (2)- H. Julien "Le Guide du Débarquement de Provence" (Éditions de Provence 1994) Pages 10 à 25

    Jean De LATTRE de TASSIGNY

     

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