• Son Altesse Royale, le Comte de Paris

    Son Altesse Royale

     le Comte de Paris

     

     

               
             
          Peu de temps avant sa mort le Comte de Paris nous offre cette entrevue exclusive
     
      Jean-Pierre Lambert et le Comte de Paris    

     

    L' histoire de sa famille commence avec Philippe 1er, frère du roi Louis XIV, mort en 1701.

    Ses principaux membres furent Philippe II, le Régent, mort en 1723; Louis Philippe Joseph, dit Philippe Egalité, guillotiné en 1793; Louis Philippe II devenu en 1830 le roi Louis-Philippe 1er. Le représentant actuel en est Henri d'Orléans, comte de Paris qui est né en 1908.

    Monseigneur, comment avez-vous vécu toutes ces années d'exil?

     

           
         
        «La loi de 1886 a exilé le chef de la Maison de France et son fils aîné.

    Alors automatiquement mon père et moi nous sommes partis en exil ce qui m'a amené à visiter un grand nombre de pays. C'est comme ça que j'ai pu observer et analyser l'évolution de la France avec un oeil externe.

    J'ai beaucoup souffert de voir la France se recroqueviller sur elle-même. Je suis revenu tout de même une fois dans la clandestinité pour visiter les corons qui étaient en France. On pouvait me prendre et me mettre 5 ans en prison, mais heureusement on ne m'a pas attrapé.»
     

     

     

    Quand êtes-vous revenu en France?

    «Mon exil a pris fin en 1950, parce que j'ai réussi à décrocher l'idée monarchiste du ghetto d'extrême droite dans laquelle elle était enfermée et où elle stagnait.

    C'était comme si on voulait aujourd'hui la comparer et associer à l'extrême droite

    de Jean-Marie Le Pen.

    Mon père et moi étaient les seuls à pouvoir déterminer ce que pouvait être la monarchie.

    C'est ainsi que j'ai créé une nouvelle forme de monarchie avec des hommes de grand talent. Je l'ai complètement transformée car elle était dans l'extrême droite et c'était catastrophique. Aujourd'hui c'est complètement différent.»

    Cette nouvelle forme de monarchie que vous avez définie, est-elle comparable avec celle pratiquée en Angleterre?

    «La mienne est beaucoup plus engagée. Je suis pour une monarchie qui défend les intérêts de la nation et non pas les intérêts de la droite ou de la gauche.»

    Avez-vous rêvé qu'un jour vous deviendrez véritablement le Roi des français?

    «J'ai commencé à 18 ans et à cet âge on aime bien rêver, en tout cas on veut manger le monde à cet âge-là. Je suis comme tous, j'ai eu des rêves, des espérances, des illusions et certainement j'y ai cru, car sans cela je n'aurais pas entrepris tout ce que j'ai entrepris.

    Assez rapidement je me suis rendu compte des réalités concrètes d'un monde terriblement décevant qui se trouvait devant moi, un monde vraiment décevant.

    Je vous parle d'avant la guerre et puis j'ai vu ce qu'était la France, parce que mes premières 18 années, je les ai passées au Maroc. J'ai pu observer que la France était en retard sur le plan social.»

    Avez-vous été sollicité pour prendre le pouvoir?

    «Oui, et ceci à deux reprises. La première fois ce fut pendant la guerre, les Conseillers généraux sont venus me voir pour me demander d'accepter le pouvoir. C'était sous le pouvoir de Vichy. Les Américains venaient de débarquer.

    De Gaulle était en Angleterre, Pétain en France et moi en Algérie.

    Si cela avait marché, j'aurais recréé la troisième République.

    Malheureusement les Américains n'ont pas voulu d'un gouvernement en exil en Algérie.

    C'est le général Eisenhower qui me l'a fait savoir personnellement.

    La deuxième fois ce fut le Général Charles de Gaulle qui me le demanda.

    Un jour il me dit «je ne me représenterai pas en 1965. Ce sera à votre tour». Et c'est là que j'ai demandé au Général que le Président de la République soit élu au suffrage universel.

    Parce que je pensais me présenter en tant que Président de la République en première étape puis après un septennat, j'aurais demandé aux Français de choisir de rester en république ou de venir en monarchie.

    Malheureusement cela ne s'est pas fait, car dans l'entourage du Général de Gaulle il y avait des hommes successibles qui réussirent à le convaincre qu'il fallait éviter que la gauche revienne au pouvoir et que c'était lui seul qui en était capable. Il les a crus.

    Le Général de Gaulle était beaucoup plus influençable que le grand public pourrait le penser.

    C'est dommage que cela ne se soit pas fait, car la monarchie et la démocratie peuvent aller très bien ensemble.

    Car voyez dans le pouvoir tel qu'il s'exerce aujourd'hui, nous devrions avoir deux éléments. L'un qui est l'exécutif qui doit être très fort et rapide et l'autre tendance indispensable dans une nation, est l'adaptation constante de génération en génération aux évolutions économiques et scientifiques de la connaissance. Vous avez là deux problèmes qui sont différents.

    L'un c'est d'agir tout de suite face à un événement et un peu sans réflexion et l'autre qui est la méditation et la réflexion. Seule la monarchie pouvait faire ce travail.»

    Combien de Français souhaiteraient que vous deveniez leur roi?

    «Dans un moment de crise il peut y en avoir environ 12 millions.

    Mais vous savez, le vrai indice qui donnera la possibilité d'une restauration de la monarchie, c'est le " trouillomètre".»

    Peut-on imaginer une monarchie européenne?

    «Non. L'Europe se fera uniquement si les pays la font ensemble. Il faut que les pays soient libres de choix politiques et que ce ne soit surtout pas des technocrates qui imposent leurs lois.»

    Avez-vous voté pour ou contre l'Europe?

    «Contre. Je me suis élevé contre. Et mes raisons sont que chaque pays doit garder sa souveraineté.

    L'Europe ne peut fait quelque chose de valable que si elle exprime tout ce qui est sa culture, son intelligence, sa valeur culturelle et religieuse.»

    François Mitterand ou Jacques Chirac ne sont pas vraiment vos amis?

    «Autant que j'étais d'accord avec le Général de Gaulle, je suis aujourd'hui contre Mitterand.

    Il le sait d'ailleurs très bien, je le lui ai dit plusieurs fois très fermement.

    Quant à Chirac, vous savez, il n'a pas beaucoup d'idées.

    Si un jour il devient président, ce ne sera pas lui qui dirigera la France, ce sera son premier ministre.»

     

     

     

     

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