Déportation des Acadiens (1755)
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Destinée de trois familles déportées (Carte animée)

En 1713, le traité d'Utrecht a donné à l'Angleterre toute l'Acadie. Toutefois, la majorité de Français qui y habitent refuse de prêter serment d’allégeance au roi d'Angleterre. Les Anglais craignent que les Acadiens puissent leur être déloyaux en temps de guerre. C'est pourquoi, en 1755, l'Angleterre envoie une armée en Acadie. Sur ordre du gouverneur anglais Monkton, les soldats détruisent 6 000 maisons, enferment des Acadiens dans des églises qui sont brûlées et embarquent la population pêle-mêle sur des bateaux en destination des colonies anglaises (situées aux États-Unis).C’est le début de la déportation, connue sous le nom de « Grand Dérangement ». Parmi les 14 000 Acadiens déportés plus de 8 000 meurent d’épidémie ou de privations pendant l'exode. Cette émigration forcée la population acadienne s’apparente à une épuration ethnique pour des raisons discriminatoires, stratégiques, religieuses et idéologiques.
Sujets d'étude
Grand Pré, 1994 Paroles et musiques : Angèle Arsenaut I On porte toujours en soi un peu de son pays Et moi je n'oublie pas que je suis d'Acadie Si mon histoire est triste, ce n'est pas votre faute Mais soyons des artistes, écrivons-en une autre Qui sera bien plus belle, beaucoup moins dramatique Avec des arcs-en-ciel, d'la danse et d'la musique À partir d'aujourd'hui, bâtissons l'avenir En gardant du passé nos plus beaux souvenirs II Grand Pré, c'est là que tout a commencé Grand Pré, c'est là que nous avions rêvé Grand Pré, de bâtir un monde nouveau À l'abri des tempêtes, au bord de l'eau Grand Pré, c'était un peu le paradis Grand Pré, les Indiens, c'étaient nos amis Grand Pré, à l'abri des arbres géants Dans le Bassin des Mines, à l'origine Du nouveau continent |
III Non, ils sont pas venus, les soldats, c'est pas vrai Car dans la petite église, tous les hommes priaient Les femmes à la maison préparaient le fricot Les enfants dans les champs surveillaient les troupeaux Non, elle n'est pas venue, la si terrible guerre Qui déchire les familles et crée tant de frontières Si c'est ça mon histoire, je refuse d'y croire Je préfère oublier ce qui est arrivé IV Grand Pré, tout un peuple qu'on a déporté Grand Pré, une page d'histoire qu'on a déchirée Grand Pré, les maisons, les fermes, brûlées Tout c'qu'on avait bâti s'est effondré Grand Pré, où sont les Leblanc, les Légères Sont-ils en Louisiane ou à Belle-Ile-en-Mer Grand Pré, comment faire pour garder l'espoir Allons-nous nous revoir, comment savoir Où se trouve l'Acadie V Dans les prisons de Londres et dans le port de Nantes Pendant de longues années, ils vécurent dans l'attente De pouvoir retourner chez eux en Amérique On les a bien nommés, les piétons de l'Atlantique Ces braves paysans qui venaient du Poitou Du Berri, d'la Touraine, d'la Bretagne, de l'Anjou Ils avaient tout quitté pour un peu d'liberté On les a condamnés à vivre en exilés |
VI Grand Pré, je ne veux pas vous faire pleurer Grand Pré, mais je ne peux pas oublier Grand Pré, que mes ancêtres étaient Français Et tout ce qu'ils voulaient c'est vivre en paix Grand Pré, nous n'étions que quelques milliers Grand Pré, nous n'avons pas abandonné Grand Pré, aujourd'hui nous pouvons rêver Trois millions d'Acadiens et d'Acadiennes continuent à chanter VII Nous avons survécu Nous sommes les invaincus Nous nous sommes relevés Nous avons triomphé Nous connaissons la guerre La faim et la misère Mais nous n'avons ni frontière Ni haine, ni regard en-arrière Nous marchons droit devant Vers le soleil levant Fiers de notre héritage Parlant notre langage Marchant à notre pas Chantant Alléluia Enfants de l'Acadie Notre histoire nous a grandis Notre histoire n'est pas finie |
Depuis plusieures années, les Français et les Anglais sont en désaccord sur plusieurs points dont les territoires que chacun possède en Amérique du Nord. En effet, les colonies anglaises aimeraient bien s'étendre vers l'ouest, sur les terres de l'Ohio. Cependant, les Français occupent déjà ces territoires et y pratiquent la traite des fourrures. Pour pouvoir se défendre, les Français construisent des donc des forts. L'un de ces forts, la forteresse de Louisbourg, est particulièrement puissant et permet aux marchands français de s'enrichir grâce à la prospérité de cet endroit. C'est pourquoi, aux yeux de plusieurs personnes, la Nouvelle-France empêche les colonies anglaises de se développer.
À partir de 1756, la France et l'Angleterre entrent officiellement en guerre. Les enjeux du conflit sont les territoires d'Amérique. Chacune des métropoles envoie des troupes de soldats en renfort. Les Anglais s'allient avec les Iroquois alors que les Français s’allient avec les Algonquins. Au début de la guerre, les Français remportent des batailles en s’emparant de plusieurs forts anglais. Mais en 1758, l'Angleterre qui est déterminée à gagner la guerre, envoie d'autres renforts. La France, pour sa part, préfère garder ses hommes en métropole où sévit aussi la guerre. C'est ainsi qu'en 1759, les anglais comptent 26740 hommes (26080 soldats et 660 combattants américains et iroquois) alors que les Français en compte 15670 (4060 soldats et 11610 Canadiens et Amérindiens). Les Anglais sont alors beaucoup plus nombreux et mieux armés pour remporter la bataille. C'est pourquoi, en 1758 et 1759, plusieurs forts tombent aux mains des Anglais dont la puissante forteresse de Louisbourg.