L'Ane
J'aime l'âne si doux Marchant le long des houx.
Il prend garde aux abeilles ...Et bouge ses oreilles ;
Il va près des fossés, D'un petit pas cassé.
Il réfléchit toujours.
Ses yeux sont en velours.
Et il reste à l'étable, Fatigué, misérable,
Ayant bien fatigué Ses pauvres petits pieds.
Il a fait son devoir, Du matin jusqu'au soir.
Il a tant travaillé Que ça vous fait pitié.
Il est l'âne si doux Marchant le long des houx.
Francis JAMMES, De l'Angélus de l'Aube à l'Angélus du Soir (1898)