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    I -  Les maladies en général au Moyen-Âge
     
      
    Au Moyen-Âge on ne savait pas très bien soigner les maladies et elles se propageaient très vite a cause du manque d’hygiène ex : l’eau qui était très polluée. La médecine se développait très lentement et les seules pratiques que l’on avait pour se soigner était les saignées et on brûlait tout ce qui était touché par les malades. On pensait aussi que prier pourrait remédier à ces maladies.
      
     
     
      
      
    Sur cette image on peut voir un homme d’église ( à gauche ) qui soigne par la prière un malade ( à droite ) .
     
      
      
    II - Une grande épidémie : la peste.
     
     
    La peste est apparue entre 1348 et 1352. Cette épidémie s’est propagée par la puce du rat qui se déplaçait très vite par bateaux. Cette peste appelée peste noire ravage jusqu'à 50% de la population dans certaines régions.
      
     
     
     
    Ville troublée par la peste.
     
    Cette épidémie commence par une tumeur de la cuisse et peut tuer la personne contaminée dans la journée. Pour la soigner on essayait d’isoler les malades lorsque l’on avait le temps et on pratiquait des saignées. On pensait que cette maladie était une punition de Dieu c’est pourquoi on s’est mis à avoir de nouvelles pratiques religieuses appelées les processions pour se faire « pardonner » .
     
     
    Enluminures d’une procession pour faire partir la peste
     
     
    Laure Delaunay & Olivia Didiot
      
      
      

    Les maladies au Moyen-Âge

     


    Heure à l'usage de Rome (~1510)

    Encore une fois, cette enluminure nous montre que la religion joue un rôle primordial contre la maladie. Ici on peut clairement voir un homme mourant et à ses côtés une sainte qui fait allusion à la religion.








    Animaux victimes d'une épidémie(~1370)


    Grâce à cette enluminure, on peut constater qu'il n'y a pas que les humains qui sont touchés par la maladie, les animaux subissent également ces faits. On voit bien que des animaux meurent d'une épidémie sur cette enluminure.



    Les maladies au Moyen-Âge sont diverses. Dans chacune des enluminures la religion est toujours présente, les personnes au Moyen-Âge sont très croyantes et ils pensent que la religion est le seul moyen de lutter contre les graves maladies qui touchent les habitants pendant cette période de l’histoire.

    Pèlerin rencontrant Vieillesse et Maladie (15 ème siècle)

    Sur cette enluminure on peut voir un pèlerin qui rencontre Vieillesse et Maladie.
    On constate que la tête de Maladie a été effacée car l’auteur n ‘a peut-être pas voulu que nous voyions la figure de la maladie.
      
      
      
     
     
     
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  • Archives départementales de l’Oise – Exposition du 16 septembre 2011 au 27 avril 2012.

    Cet article a été rédigé à partir de l’ouvrage « Scripturae. Trésors médiévaux des Archives de l’Oise », dirigé par Bruno Ricard, et édité par Somogy en partenariat avec les Archives départementales de l’Oise. Clichés et article : F. Wittner

    Les Archives départementales de l’Oise proposent jusqu’à fin avril 2012 une exposition gratuite de grande qualité qui met en lumière l’écriture et ses supports à l’époque médiévale. Des documents exceptionnels y sont présentés et il aurait été dommage de ne pas donner la voix à cet événement.

     

    Charte d’Hugues de Dammartin fondant le prieuré de Saint-Leu d’Esserent, 1081. – AD Oise, H 2431. Par cette charte à l’écriture élégante, Hugues de Dammartin remet à l’évêque de Beauvais, dont il tenait ces biens, l’église d’Esserent et sa dîme, afin qu’il les donne à l’abbaye de Cluny et y établisse un prieuré clunisien. Désirant que le nombre de moines soit élevé, il leur donne tout ce qu’il possédait à Esserent : terres, prés, vignes, serfs, justice, coutumes, rivières, et fiefs de vassaux.

    L’écrit médiéval est très diversifié. Textes historiques (histoires, chroniques, annales), récits liturgiques ou hagiographiques, romans, et bien sûr écrits juridiques, comme les chartes. Autant de documents différents que le Moyen Âge a légués aux archives départementales de l’Oise, quelques centaines de mètres (en linéaire) de documents médiévaux y étant conservés. Des milliers de documents, dont les plus exceptionnels sont ici présentés de manière assez ludique. Cette richesse, conséquence de la centralisation croissante des fonds d’archives après la Révolution, a prévalu à la destruction de certains documents il est vrai, notamment des actes seigneuriaux. Quoi qu’il en soit, les Archives regroupent aujourd’hui des textes venus de toute la région, et d’ailleurs. Beauvais, Clermont, Crépy, Noyon, Senlis… Documents de toute sorte, issus des chapitres cathédraux, des abbayes, du notariat, de la juridiction civile, etc.

    Les chartes

    Le plus ancien d’entre eux ? Une charte signée de l’évêque de Senlis, datée de 983, soit quelques années avant l’accession au trône d’Hugues Capet… Les chartes ( le terme précis ne devrait s’appliquer qu’aux documents antérieurs au XIIIe siècle)  sont les documents les plus représentés. Ces diplômes délivrés par une autorité laïque ou religieuse sont de natures et de formes très diverses. Lettres patentes, bulles papales, ils évoquent souvent des donations en terre ou en argent, la concession de rentes, de domaines, ou au contraire des renoncements faits par un particulier ou une communauté.

    Si dans les temps plus anciens (Xe-XIe siècles) les chancelleries n’émettaient que deux types d’actes (solennels ou non solennels), la nomenclature s’est considérablement complexifiée avec les siècles ! Au XIIe siècle, on trouve des diplômes, des lettres patentes, des lettres closes (envoyées fermées et contenant des renseignements confidentiels), aux XIVe-XVe siècles les lettres patentes sont elles-mêmes assez variées (grandes lettres patentes, petites lettres patentes…), et d’autres actes prolifèrent issus des chancelleries royales : mandements, lettres missives, lettres de sceau plaqué… Cette diversité est le pendant du développement croissant de l’administration seigneuriale puis royale, qui étend se mainmise de plus en plus loin. L’écrit prend la valeur du droit et connaît un essor sans précédent.

    En tout cas, si ces actes sont multiples, l’exposition nous rappelle qu’ils sont dans leur organisation formelle assez stéréotypés. Rédigés de manière simple, intelligible au plus grand nombre (de lettrés…), leur structure est normalisée : figurent d’abord en tête des documents le patronage divin (invocation), puis le nom de l’auteur (suscription), celui du destinataire, le salut, etc. Tous les actes répondent à une mécanique précise. Il convient de se faire identifier dûment et de signer les chartes et autres documents officiels afin de les authentifier. On pourra admirer les plus beaux monogrammes royaux inscrits sur des chartes, comme celui de Robert II le Pieux sur un diplôme de 1017, ou celui de Louis VI le Gros sur un cartulaire de 1126. Les monogrammes offrent un témoignage essentiel de la « trace » laissée par des souverains à une époque pour laquelle nous n’avons pas gardé de documents : ils ont parfois été reproduits à l’identique sur des copies postérieures.

    On peut enfin accompagner un document de son sceau pour l’authentifier. C’est le moyen le plus usité. Des sceaux exceptionnels, comme celui en cire verte (couleur royale pour les sceaux à partir du XIIe siècle) représentant Philippe IV le Bel en majesté, sont à admirer durant l’exposition. Ce sont parfois de véritables œuvres d’art, de formes et de dimensions variées (rond ou « en navette). De plus en plus répandus, ils sont d’abord l’apanage des souverains et des communautés les plus prestigieuses (abbayes, évêques…) avant de se diffuser à tous (jusqu’aux bourgeois, aux villes ou aux artisans).

    Aperçu d’une charte de l’archevêque de Reims Raoul, pour l’évêque de Beauvais Pierre Ier de Dammartin. On relève dans cette image l’exceptionnelle calligraphie, agrémentée d’entrelacs, de vrilles et de boucles.

    Écrire : une pratique diversifiée en France du nord

    Astesanus de Ast, Summa de casibus conscientiae, Paris, XIVe siècle. Copie de la Somme des cas de conscience, traité de droits canonique composé en 1317. On peut admirer la finesse de la décoration peinte.

    Après l’usage jusqu’au IXe siècle de l’écriture onciale, héritière de l’écriture capitale romaine, apparaissent au fil des siècles différentes formes d’écriture dont on aura un bel aperçu aux Archives départementales : écritures « précarolines » mérovingiennes, aux lignes plus verticales et irrégulières, puis écriture caroline (ou carolingienne) qui triomphe sous le règne de Charlemagne et de ses successeurs, avec l’effort de restauration du latin classique et d’unification de la liturgie à une échelle quasi européenne. On doit cependant distinguer une caroline livresque (utilisée dans les chroniques, etc.) d’une caroline diplomatique, plus ornée, qui rehausse l’aspect des documents officiels dans une époque où l’autorité impériale cherche à s’imposer à tous les niveaux (la « renovatio imperii). Cette écriture, plus agréable à l’œil, permet l’assouvissement de la soif de connaissance et de diffusion du savoir par les scriptoria monastiques.

    Cette écriture se développe dans l’Oise du IXeau XIe siècle, avant d’être supplantée par l’écriture dite « gothique » (dont le tracé est plus « brisé », plus vertical), qui a vu le jour plus à l’ouest, dans le domaine anglo-normand.

    Enfin, c’est l’essor, à partir du XIIIe siècle, d’une écriture cursive, plus rapide, plus pratique, dans un contexte d’expansion démographique, de croissance économique et de diffusion du savoir grâce aux universités (à Paris avec la Sorbonne notamment). Dans un tel contexte, il devient « urgent » et pratique de recopier des documents et de prendre des notes, de faire de plus en plus d’abréviations pour gagner du parchemin (support coûteux), des contraintes de temps qui étaient plus étrangères aux copistes des monastères…

    Quid des langues utilisées dans les textes ? Nous découvrons durant l’exposition que trois langues étaient utilisées, elles ont même coexisté : le latin, l’ancien français (ou francien) et l’ancien picard. Rappelons que le plus ancien texte connu en langue romane sont les Serments de Strasbourg, en 842, prononcés et copiés du côté de Charles le Chauve en langue « romane » et par Louis le Germanique en ancien germanique, le tudesque. Le plus ancien document en langue romane conservé aux archives date de 1241. Tous ceux qui sont antérieurs sont rédigés en latin, mais pas dans un latin « classique ». En effet, le latin Moyen Âge a connu des évolutions phonétiques et grammaticales, largement tributaires de langue parlée. Tour à tour dégradé, restauré, le latin se décline… en variations quasi régionales.

    Quant à l’ancien picard, il offre des sonorités identifiables dans des documents présentés aux visiteurs. Comme cet acte de vente d’une forêt en 1276 par le seigneur Guy de Porquéricourt à l’abbaye d’Ourscamps :

    « Je Wis de Porkerincort, chevaliers, fas savoir a tous chiaus qui ches lettres verront que, comme je fusse carchiés de grans detes et forche me couvenist faire pourveanche par coi je me peusse acuitier du voiage d’outremer »

    Alors, ancien français ou régionalisme patent en cette fin de XIIIe siècle ?

    Charte scellée de Guy de Porquéricourt en ancien picard, mars 1276 – Archives de l’abbaye d’Ourscamps.

     

    Du papyrus au papier, en passant par le parchemin

    La plupart des documents présentés sont en parchemin (peau d’animal). Le papyrus, encore utilisé par la curie pontificale jusqu’au XIe siècle, a disparu bien plus tôt en Occident, très sensible à l’humidité de nos contrées et dont l’approvisionnement était plus difficile.

    En tout cas, le parchemin reste très cher. Sa qualité varie selon les moyens de l’auteur et des commanditaires (ou destinataires) des documents.  Certains manuscrits sont faits d’un parchemin médiocre, parfois déchiré, parfois réutilisé (ce sont des palimpsestes). Si pour les livres (codices) on écrit recto verso, les chartes ne sont inscrites que sur leur face la plus blanche, la plus propre.

    Quant au papier, il n’arrive en Occident qu’à partir du XIVe siècle, alors qu’il était utilisé en Espagne ou en Sicile par les Arabes dès le Xe siècle ! Le matériau reste fragile et peu adapté à la pratique notariale et administrative française (avec des documents scellés, décorés, etc.).

    N’oublions pas enfin les tablettes de cire, couramment utilisées, mais dont peu ont subsisté. Vous pourrez en admirer des exemplaires durant l’exposition, la vue de cette tablette noire gravée d’une écriture cursive est d’ailleurs assez singulière. On y gravait des informations d’un stylet de métal pointu d’un côté, plat de l’autre… pour faire office de gomme !

    Sceau du roi Philippe IV le Bel, placé sur un acte de juillet 1304 – AD Oise, H 718. Le roi de France Philippe IV concède à Jean de Chambly, par cet acte, le droit de disposer de 28 arpents de bois situés près de Neuilly-en-Thelle. Le grand sceau de majesté (le roi est assis sur son trône) est particulièrement spectaculaire. Le vert symbolise la valeur perpétuelle de l’acte.

     

    On a plaisir, durant l’exposition, à voir, mais aussi à toucher, des échantillons de parchemin ou des restitutions de sceaux étant mis à disposition. A l’heure où l’écrit numérique devient immatériel, on se rappellera des sensations, l’importance des matériaux, les efforts que représentaient la simple copie d’un document, à l’époque où la fabrication de quelques feuilles de parchemins était un travail de (très) longue haleine (car en lien avec l’élevage), où les encres devaient être préparées à base de pigments végétaux et de minerais, et où les copistes étaient afférés à des pupitres… dans des conditions parfois précaires. Pour mettre en page des trésors, comme l’indique l’intitulé de l’exposition, restés intacts jusqu’à nos jours.

     

     

     

    Pour en savoir plus

    N’hésitez pas à faire le déplacement, car il en vaut la peine. Sinon, vous pouvez faire l’acquisition du livre :

    Scripturae. Trésors médiévaux des Archives de l’Oise, Bruno Ricard (dir.), introduction d’Olivier Guyotjeannin, Somogy éditions d’art, septembre 2011, 15 €.

     

     

     

     

     

    Tablette de cire de la ville de Senlis, 1319-1320 (AD Oise, EDT1/CC46/2) Cette tablette est un document exceptionnel, issu d’un ensemble de 13 tablettes dont 12 sont conservées aux Archives de l’Oise. Elles étaient utilisées comme support pour la prise de note, comme brouillons pour des actes ensuite recopiés sur parchemin. Elles ont été largement utilisées jusqu’au XIVe siècle, progressivement remplacées ensuite par du papier.

     

    Charte de Louis, comte de Blois et de Clermont, 1202 (AD Oise, H 4506) Louis, comte de Blois et de Clermont, approuve la donation de trois bois à l’abbaye de Froidmont par un de ses vassaux. On voit ici un sceau de type équestre. Le comte, quant à lui, mourra à la croisade…

     

    Les Coutumes de Beauvaisis, de Philippe de Beaumanoir, œuvre datée de 1283, manuscrit du XVe siècle, Fonds de la bibliothèque du tribunal de Beauvais, français, 353 folios en papier, reliure en parchemin. L’ouvrage de Philippe de Beaumanoir est capital pour la connaissance du droit coutumier français de la seconde moitié du XIIe siècle. Le manuscrit original n’a pas subsisté.

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    L'hygiène n'est pas un bienfait des temps modernes. C'est un art qui connut ses heurs et malheurs. Un art que le siècle de Louis XIV méprisa mais que le Moyen Age, en dépit de sa mauvaise réputation, cultivait avec amour. L'eau était alors un élément sacré, un remède, et surtout, un immense plaisir.

     

      

    On pourrait imaginer, à en juger par le manque de propreté corporelle qui caractérisait les moeurs, il n'y a pas si longtemps encore, que les hommes et les femmes du Moyen Age ne prenaient guère soin de leur corps ; et on pourrait croire que l'hygiène - l'art de bien se porter est une notion récente.

      

    C'est injuste ! Le Moyen Age avait inventé l'hygiène, et bien d'autres civilisations avant lui... Mais là n'est pas notre sujet. En tout cas, dès le 12e siècle, les sources qui nous révèlent que l'eau faisait partie du plaisir de vivre sont innombrables. Et notamment certains documents tels que les traités de médecine, les herbiers, les romans profanes, les fabliaux, les inventaires après décès, les comptes royaux et princiers. Les enluminures des manuscrits nous permettent également de saisir le geste de l'homme en son environnement et en son temps.

      

    L'enluminure, ou miniature, reste le document irremplaçable, dans la mesure oÙ la gestuelle correspond bien souvent au climat psychique ou moral de l'époque qu'elle dépeint ; elle nous livre ainsi une clef parmi d'autres des mentalités de ces hommes et de ces femmes du passé. Comme nous allons le voir, on se lavait fréquemment, non seulement pour être propre, mais aussi par plaisir. Le petit d'homme est lavé plusieurs fois par jour, ce qui ne sera plus le cas à partir du 16e siècle. Des milliers de manuscrits illustrent ce bain et de nombreux textes en parlent. Ainsi, Barthélemy l'Anglais, Vincent de Beauvais, Aldébrandin de Sienne, au 13e siècle, par leurs traités de médecine et d'éducation, instaurent une véritable obsession de la propreté infantile.

      

      

      

    Le bain est donné "quand l'enfant ara assez dormi, ci le doit-on laver trois fois par jour". Les cuviers sont bâtis aux dimensions d'un nouveau-né allongé ; généralement ils sont ovales ou circulaires, faits de douelles de bois. Dans les milieux princiers, ils peuvent être métalliques. Ainsi, dans les Chroniques de Froissart, en 1382, il est écrit que, en pillant le mobilier du comte de Flandres, on trouva une "cuvelette où on l'avait d'enfance baigné, qui était d'or et d'argent". Certains cuviers possèdent un dais, sorte de pavillon de toile nouée au sommet d'une perche de bois qui surmonte la cuve, afin de protéger l'enfant des courants d'air ; ce raffinement est réservé aux milieux aristocratiques.

      

    Dans la plupart des miniatures, on voit toujours la mère ou la servante tâter l'eau avant d'y tremper l'enfant car elle doit être "douce et de moyenne chaleur". On ne donne pas le bain à l'enfant sans prendre quelques précautions : le cuvier est placé devant la cheminée où flambe un bon feu ; la sortie de bain est assez grande pour bien envelopper le bambin. Elle est toujours à fond blanc même si, parfois, des rayures et des franges l'agrémentent.

      

      

      

    Un moment important de la journée : le bain de l'enfant. La servante vérifie de la main la température de l'eau, qui doit être "douce et de moyenne chaleur". Fresque de Menabuoi, Padoue, baptistère.La fréquence des bains s'explique par les valeurs curatives qu'on leur attribue. "On le baigne et oint pour nourrir la chair nettement", dit Barthélemy l'Anglais, auteur du Livre des propriétés des choses qui fut diffusé jusqu'au 17e siècle avant de sombrer dans l'oubli. A l'instar des coutumes de l'Antiquité, le premier bain de la naissance est un rite de reconnaissance par la communauté familiale. A l'époque chrétienne, on peut dire que le baptême de l'enfant nouveau-né a repris à son compte la gestuelle de l'hygiène néonatale à cette différence près qu'il s'agit de débarrasser l'enfant non plus de ses mucosités, mais du péché originel. De toute façon, que l'usage en soit symbolique ou matériel, l'eau est considérée sous l'aspect bienfaisant et purificateur. A l'âge adulte, les bains semblent tout à fait intégrés à la vie quotidienne, surtout à partir du 14e siècle.

      

    Dans les centres urbains, au bas Moyen Age, chaque quartier possédait ses bains propres, avec pignon sur rue. Il était plus facile, pour la plupart des gens, d'aller aux étuves que de se préparer un bain chaud chez soi. Au point du jour les crieurs passaient dans les rues pour avertir la population que les bains étaient prêts : " Seigneurs, venez vous baigner et étuver sans plus attendre... Les bains sont chauds, c'est sans mentir " (fin du 13e siècle). Le souvenir de l'importance des étuves dans les moindres villes d'Europe subsiste encore, aujourd'hui, dans le nom de certaines rues. A Paris, en 1292, la ville compte 27 étuves inscrites sur le Livre de la taille ; elles existaient avant cette date puisque Saint Louis essayait déjà de réglementer le métier en 1268. On ne sait pas exactement à quel moment se sont créés les premiers bains. Seraientils un avatar des thermes romains ? On sait qu'à l'époque carolingienne, les palais renfermaient des bains, ainsi que les monastères.

      

    Il semble cependant plus vraisemblable que la mode des bains ait été remise en honneur en Occident par l'intermédiaire des croisés, qui avaient découvert avec émerveillement l'Empire romain d'Orient et ses habitudes d'hygiène héritées de l'Antiquité romaine. Ayant pris goût à la relaxation du bain, ils rapportèrent en Occident cette pratique de bien-être. Aux 14e et 15e siècles, les étuves publiques connaissent leur apogée : Bruxelles en compte 40, et il y en a autant à Bruges. Bade, en 1400, en possède une trentaine. En France, en dehors de Paris, on sait, grâce à des études faites par J. Garnier et J. Arnoud, que Dijon, Digne, Rouen, Strasbourg sont équipées de bains. Une petite ville comme Chartres en a cinq. Ces établissements sont extrêmement florissants et rapportent beaucoup d'argent. Dans plusieurs villes de France, certains d'entre eux appartiennent au clergé ! A l'origine d'ordre essentiellement hygiènique, il semble qu'au fil des ans cette pratique ait pris un caractère plaisant prétexte à toutes sortes d'agréments galants. Etuves publiques.

      

    Des couples, après avoir festoyé autour d'une table, installée dans un imense cuvier rempli d'eau, se dirigent vers les chambres à coucher. La prostitution, malgré les nombreux édits qui l'interdisent, sera l'une des causes de la disparition progressive des étuves. Manuscrit de Valerius Maximus.

      

      

      

    Bains chauds, bains tièdes et bains de vapeur

    Au 13e siècle, on se contentait de s'immerger dans de grandes cuves remplies d'eau chaude. A la fin de ce siècle seulement, semble-t-il, apparaissent les premiers bains saturés de vapeur d'eau. En 1258, Etienne Boileau, prévôt de Paris sous Saint Louis et auteur du Livre des métiers, qui codifie les usages corporatifs, fait déjà la différence entre les bains et les étuves dites sèches et humides. Il y avait deux manières pour créer de la vapeur dans un lieu clos : chauffer celui-ci soit par l'extérieur, en envoyant un courant d'air chaud (étuve sèche), soit en y faisant pénétrer la vapeur d'eau (étuve humide).

      

    Les prix des bains d'eau chaude et des étuves n'étaient pas les mêmes. A Paris, nous savons, par l'ordonnance des métiers de 1380, que le prix du bain de vapeur est de deux deniers, celui du bain d'eau tiède de quatre deniers ; mais s'estuver et se baigner coûte huit deniers. Si deux personnes vont ensemble au bain, elles paieront douze deniers pour s'estuver et se baigner, donc moins cher.

      

    Le bain de vapeur est économique parce qu'il ne nécessite que quelques pierres placées et un seau d'eau. A cela, il faut ajouter un denier pour un drap. A titre comparatif, rappelons que, à la même époque, une grosse miche de pain se vendait un denier.

      

    L'établissement thermal de Pouzzoles, en Italie. Sur la gauche, la cabine de déshabillage; sur la droite, la piscine collective. Là aussi, hommes et femmes prennent le bain ensemble. Les eaux sont un lieu de cure mais aussi de rencontre, comme elles le seront au XIXè siècle. Manuscrit de Pierre d'Eboli.

      

    Les étuviers sont constitués en corps de métiers, et leurs prix sont fixés par le prévôt de Paris. Il leur incombe d'entretenir leurs étuves : dans leurs statuts, il est écrit que "les maîtres qui seront gardes du dit métier, pourront visiter et décharger les tuyaux et les conduits des étuves, et regarder si elles sont nettes, bonnes et suffisantes, pour les périls et les abreuvoirs où les eaux vont". Cet édit est très intéressant, dans la mesure où il nous prouve qu'on avait tout à fait conscience, au Moyen Age, des dangers qu'une eau polluée pouvait faire courir à la population.

      

    Les statuts interdisaient d'accueillir les malades, principalement les lépreux, mais aussi les prostituées. Déjà, dans le règlement de Saint Louis, en 1268, ce sujet est abordé : "Que nul du dit mestier ne soutienge en leurs étuves, bordiaux de jour et de nuit." Cela démontre bien que, déjà à cette date, les bains commençaient à attirer les débauchés. Il est bien évident qu'au début les gens y allaient pour se laver et se relaxer.

      

    On n'ignorait pas le côté prophylactique des bains ; tous les médecins répétaient que cette pratique aidait à se conserver en bonne santé, et cela dès le 1le siècle : Aldébrandin de Sienne, dans son traité de médecine, écrit :

      

    "Li baigners en eau douce fait en étuve et en cuve, et en eau froide, fait la santé garder."

    Si l'eau est froide, il faut être prudent et ne pas y séjourner trop longtemps, juste le temps nécessaire pour renforcer et stimuler la chaleur interne. Mais pour nettoyer correctement le corps, seul le bain chaud peut "expulser l'ordure que la nature cache par les pertuis de la chair".

      

    Baignoire médiévale. Musée de Cluny. Photo de LYDIA

    (http://notabene.forumactif.com/t7981-l-hygiene-au-moyen-age)

      

    Barthélemy l'Anglais, au 13e siècle, conseille, lui aussi, de se laver souvent la peau, les cheveux et la bouche. Il y a tout un environnement social qui pousse les gens, surtout en ville, à prendre soin de leur corps. De plus, les produits de toilette ne manquaient pas. Le savon existait - à Paris, un décret de fabrication rend obligatoire l'apposition d'un sceau sur le savon.

      

    Si on n'avait pas de savon on se servait de plantes, comme la saponaire, une herbacée à fleur rose et odorante dont le suc, dissous dans l'eau, mousse. Il y avait trois sortes de savon : le gallique, le juif et le sarrasin, selon qu'il était fabriqué avec de l'huile ou de la graisse animale mélangée à de la potasse.

      

      

    Dentifrice, shampooing et déodorant

    Se laver la tête ne pose pas plus de problème. Un herbier du 13e siècle conseille le jus de bette pour éliminer les pellicules et les feuilles de noyer ou de chêne pour obtenir une belle chevelure. Dans ce même herbier, on préconise, pour éviter la "puanteur" de s'arracher les poils et de laver les aisselles avec du vin, associé à de l'eau de rose et à du jus d'une plante appelée casseligne. Pour se blanchir les dents, il faut se les frotter avec du corail en poudre ou de l'os de seiche écrasé.

      

    Bref, tant que les établissements de bain étaient modestes, on y allait pour se laver, bien sûr, mais aussi pour discuter, retrouver ses amis. Encore au début du 12e Siècle, la simplicité un peu rude des moeurs faisait que l'on ne voyait pas malice à se mettre nu et qu'on s'accommodait très bien d'une liberté des sens que notre propre morale réprouverait aujourd'hui.

      

    On prenait les bains en commun, et nus. Ne dit-on pas que saint François d'Assise (1180-1226) prêcha nu devant ses fidèles, en signe de dépouillement ! Aurait-on pu imaginer cela un siècle plus tard ?Baignoires, tables bien garnies, chambres à coucher, tout est en place pour le plaisir des sens. Avec la croissance des villes, due à la reprise économique en Europe, les étuves deviennent de grands établissements et les coutumes changent.

      

    La ville attire de plus en plus d'étrangers et de vagabonds, et la prostitution se développe. Les bains sont mis sous la surveillance de chirurgiens-barbiers. J. Garnier nous propose une bonne description d'un établissement de la rue Cazotte, à Dijon, au 14e siècle.

      

    D'abord, un rez-de-chaussée sur cave où on plaçait deux énormes fourneaux en brique (en airain, dans les maisons princières). Ce rez-de-chaussée était divisé en deux grandes pièces avec une antichambre commune. La première pièce est une vaste salle de bain, possédant en son milieu une spacieuse cuve en bois et, sur les côtés, de nombreuses baignoires en bois pour une ou deux personnes.

      

    La seconde pièce est la salle d'étuve, rappelant le laconicum romain (pièce la plus chaude), dont le plafond est constitué par une massive maçonnerie se terminant en coupole, percée de trous au travers desquels s'échappe l'air chaud. Autour, des sièges et des gradins pour se relaxer. Aux étages supérieurs, des chambres à coucher, ce qui favorisait la prostitution.

    "On oyait crier, hutiner, saulter..."

    Parmi les miniatures représentant ces pratiques, peu nous montrent l'aspect purement hygiénique. Deux miniatures issues du manuscrit La Bulle d'or de Charles IV, roi de Bohême (fin du 14e siècle) l'illustrent cependant : on voit le roi Venceslas en train de se faire laver les cheveux par une servante ou fille de bain, charmante personne tout à fait plaisante dans sa robe transparente. Le signe de profession de ces jeunes femmes étaient le houssoir (plumeau à crins ou à plumes) qui servait à frotter le client ou la cliente, et aussi le baquet d'eau chaude pour laver les têtes.

      

     Etuves publiques. Ici les cuviers sont plus raffinés, réduits à la dimension d'un couple et garnis d'un baldaquin. sur la gauche une jeune femme semble se défendre contre les avances d'un barbon. Manuscrit de Valerius Maximus.Les autres miniatures, plus tardives (15e siècle) révèlent principalement le côté libertin.

      

    La plupart ornent les nombreux manuscrits de Valerius Maximus. Dans ces petits tableaux, qui nous dévoilent l'ambiance dans ces étuves, tous les objets sont en place pour le plaisir des sens. Dans les grandes cuves se tiennent des couples nus, auxquels on sert de véritables festins ; les servantes s'affairent autour d'eux, chargées de collations. Toutes ces miniatures montrent à peu près les mêmes scènes - tables bien garnies dressées à l'intérieur d'immenses cuviers et couples enlacés, assis autour de la table, toujours à l'intérieur du cuvier, et se caressant sans aucune retenue. On aperçoit parfois les chambres à coucher où les couples vont prendre leur divertissement.

      

      

      

    La scène la plus étonnante représente le moment où, après avoir bien festoyé, les couples se lèvent de table, se tenant par la main, à la recherche d'une chambre libre pour leurs ébats. Quelquefois, dans l'encadrement d'une porte, on remarque la présence de deux chirurgiensbarbiers occupés à surveiller. Les règlements qui répètent avec obstination, surtout à partir de la moitié du 14e siècle, que l'accès aux bains doit être interdit aux bordiaux semblent bien inefficaces.

      

    Au début du 15e siècle un grand nombre d'étuves commencent à instaurer la séparation des sexes ; ainsi à Dijon, en , une ordonnance prescrit que, sur quatre étuves, deux seront réservées exclusivement aux femmes et deux autres, exclusivement aux hommes, sous peine d'avoir à payer une amende de 40 sols.

      

    En 1412, une autre ordonnance décide que les étuves seront réservées aux femmes le mardi et le jeudi, et aux hommes le mercredi et le lundi. Les autres jours, les vendredi, samedi et dimanche, les étuves se transforment en lieux de plaisirs en tout genre. Cette seconde ordonnance démontre bien que la juridiction du pouvoir municipal, à laquelle étaient soumises les étuves, avait du mal à faire appliquer ses décisions et était obligée de tergiverser.
     

    Cependant, à la fin du 15e siècle, les procès se multiplient ; le voisinage supporte de plus en plus mal la présence de "baigneries". On peut lire dans les minutes du procès intenté à Jeanne Saignant, maîtresse des étuves, cette phrase : "On oyait crier, hutiner, saulter, tellement qu'on était étonné que les voisins le souffrissent, la justice le dissimulât, et la terre le supportât." Beaucoup d'étuves étaient en même temps des bordels, mais ce n'était pas là un phénomène récent.

      

    On peut donc se demander pourquoi, soudain, on cesse de le tolérer. Alors qu'on sait que, en pleine épidémie de peste, au milieu du 14e siècle, un médecin parisien nommé Despars faillit être lapidé par le peuple, pour avoir conseillé de les fermer par prudence... Lorsqu'on sait, aussi, qu'en 1410 la reine de France récompensait les artisans travaillant pour elle en leur offrant un "abonnement" aux étuves.

      

    La fermeture des étuves s'explique-t-elle par l'apparition de la syphilis qui touche le monde occidental ? Par le trop grand nombre d'étrangers qui envahissent la ville et que les autorités de la cité n'ont plus les moyens de contrôler, notamment dans les lieux publics, où ils sèment l'agitation ? Ou par un retour à la moralisation des moeurs, la notion de péché envahissant de plus en plus les consciences en cette fin de siècle ?

      

      

    Pique-niques sur tables flottantes

    Une miniature du début du 16e siècle illustre une scène où des prostituées se lavent en attendant le client. L'aspect ludique a disparu ; ici l'eau n'est plus source de plaisir, mais moyen d'hygiène banal : les cuviers sont de dimensions si réduites qu'on ne peut s'y laver que les pieds ou les cheveux. Finis les bains d'immersion, voici venue l'ère des ablutions.

    Le temps des " bordiaux ", où les prostituées et les clients s'aspergeaient copieusement, est bel et bien révolu. On l'a déjà dit, l'eau n'est pas réservée au seul plaisir. On est convaincu, dès le 11e siècle, qu'elle a des vertus thérapeutiques.

    Dans tous les traités de santé du temps, on vante les bienfaits des eaux thermales. L'établissement thermal de Pouzzoles, en Italie : le bain de vapeur. Un curiste est allé chercher de l'eau avec une amphore préalablement chauffée sur les pierres brulantes disposées sous le plancher.Déjà Galien, au 2e siècle après Jésus Christ, avait décrit les bienfaits des cures thermales, pour la santé. On commence à les redécouvrir grâce à la venue d'empereurs comme Frédéric de Hohenstaufen en Italie, grands amateur d'eaux. Le poète Pierre d'Eboli, attaché à la cour de Frédéric, au début siècle, en chante les louanges, et la plupart des miniatures que nous possédons proviennent des manuscrits représentant les thermes et les curistes.L'eau bouillante qui pugnest les morts Je vous di que celle meisme Malades vifs rent saints et fors Vous qui n'avez denier ne maille Et qui voulez estre garis Garis serez aus bains...

      

    Ce sont principalement les sources de Pouzzoles, de Cumes, et Baïes en Campanie, qui sont vantées, pas seulement par Pierre d'Eboli mais aussi par Barthélemy l'Anglais ; ces miniatures nous montrent les piscines et le comportement des curistes. On y voit aussi les cabines de déshabillage. Selon les textes, hommes et femmes prenaient ensemble leur bain, mais les images ne sont guère révélatrices. En 1345, aux bains de Prorecta, il est conseillé de rester un jour sans se baigner pour s'habituer à l'air du pays et se reposer des fatigues du voyage.

      

    Puis le malade doit passer au moins une heure dans le bassin de pierre empli d'eau tiède, avant de boire, jusqu'à ce que le bout des doigts se crispe. Ce bain ne fatigue nullement, au contraire ; il mûrit les humeurs diverses dans tout le corps et les prépare à être évacuées. Nous avons un témoignage assez étonnant sur les bains de Baden, écrit par Le Pogge, humaniste italien, en 1415. Au centre de cette ville d'eau, "se trouve une place très vaste, entourée de magnifiques hôtelleries dont la plupart possèdent leur piscine particulière. Dans les bains publics s'entassent, pêle-mêle, hommes et femmes, jeunes garçons et jeunes filles, et tout le fretin environnant.

      

    Dans les piscines privées hommes et les femmes sont séparés par une cloison, criblée de petites fenêtres qui permettent aux baigneurs et aux baigneuses de prendre ensemble des rafraîchissements, de causer et, surtout, de se voir. Le costume des hommes consiste en un simple caleçon et celui des femmes en un léger voile de lin ouvert sur les côtés, qui ne voile d'ailleurs ni le cou, ni la poitrine, ni les bras". D'après ce témoin, les femmes faisaient souvent "ces repas en pique-nique, servis sur des tables flottantes, dans les bassins, auxquels les hommes sont invités".

      

    On peut imaginer qu'il y avait dans ces lieux de véritables malades, mais surtout des gens bien portants qui venaient là pour conserver la santé d'autant plus que ces eaux chlorurées sodiques sont excellentes, de toute manière, et aussi pour se divertir, pour y trouver des moments de détente et de bonheur, enfin pour y faire des rencontres. Une baigneuse (nue mais toujours coiffée). "Miséricorde" (petite console en bois sculpté placée sous la sellette à abattement d'une stalle de choeur) de Villefranche-de-Rouergue.En France aussi, à la même époque, les stations thermales sont très fréquentées. Ainsi Flamenca, roman du 13e siècle, fait état des bains de Bourbon-l'Archambault aux vertus bienfaisantes.

      

    "Il y avait de nombreux établissements où tous pouvaient prendre des bains confortablement. Un écriteau, placé dans chaque bain, donnait des indications nécessaires. Pas de boiteux ni d'éclopé qui ne s'en retournât guéri. On pouvait s'y baigner dès qu'on avait fait marché avec le patron de l'hôtel, qui était en même temps concessionnaire des sources. Dans chaque bain jaillissaient de l'eau chaude et de l'eau froide. Chacun était clos et couvert comme une maison, et il s'y trouvait des chambres tranquilles où l'on pouvait se reposer et se rafraîchir à son plaisir."

      

    Le seigneur du lieu, le compte d'Archambault, mari jaloux, fréquente ces lieux, puisqu'il y amène son épouse pour la distraire et qu'il reste en faction devant la porte pour la surveiller. Il est vrai qu'il la conduit dans l'établissement le plus cher et le plus luxueux de la ville afin qu'elle recouvre prétendument la santé... Pour elle, il est ordonné de laver soigneusement la cuve et d'y renouveler l'eau. Ses servantes y apportent les bassins, les onguents et tout ce qui est utile au bain. Grâce à ce roman, on apprend que les hôteliers exagèrent toujours leurs prix et qu'il faut souvent marchander. Les plus belles chambres sont " à feu ", et fort bien décorées.A la fin du 15e siècle ce qui était purification devient souillure, et le bain un danger pour l'âme comme pour le corps.

      

      

    Les stations thermales, on l'a dit, attirent une clientèle variée. Mais il semble que beaucoup de curistes venaient s'y régénérer, dans l'espoir d'une nouvelle jeunesse. Ce mythe de la fontaine de jouvence, souvent attesté par les manuscrits des 14e et 15e siècles, parcourt toutes les civilisations et le lien entre les vertus médicinales et la vertu fécondante de l'eau explique ces cérémonies religieuses au cours desquelles on plonge la Vierge Marie dans un bain rituel, pour la régénérer. Au Moyen Age, on immergeait aussi les saints, le Christ. Cependant, à la fin du 15e siècle, se profile un changement complet dans les mentalités, qui s'étalera sur plusieurs siècles. L'eau estime-t-on - est responsable des épidémies et des maladies, croyance non dénuée de fondement en cette fin de Moyen Age où les tanneurs, les teinturiers, les bouchers jettent leurs déchets dans les rivières et les polluent.

      

      

    Par réaction, les médecins commencent à penser que le bain lui-même est malfaisant pour le corps, que les miasmes de la nature pénètrent d'autant plus facilement à l'intérieur du corps, que les pores sont dilatés sous l'effet de la chaleur, laissant un libre passage aux maladies. Plus question de chanter les louanges du bain : il faut se méfier de l'eau et n'en user que très modérément. Dans un tel climat, ne subsisteront des pratiques antérieures que celle des pèlerinages aux sources guérisseuses, en tout cas en France. L'Allemagne, en effet, ne se privera pas totalement du recours à ses bains.

      

    Cette disparition de l'hygiène dans notre pays va de pair avec une évolution de l'Eglise romaine, qui tend de plus en plus vers une rigidité morale niant le corps. L'ère de la crasse commence, et elle durera jusqu'au 20e siècle.

      

      

    SOURCES : Madame Monique CLOSSON - lien http://medieval.mrugala.net/Bains/Bains.htm

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    La vie quotidienne au Moyen Âge

    Introduction

    Cet article regroupe plusieurs aspects des mœurs et de la vie quotidienne au Moyen Âge. Nous étudierons successivement :     
    • La vie urbaine au Moyen Âge, avec l'expansion des communes et la description de Paris.
    • La vie des paysans à la campagne.
    • Les divertissements populaires tels que les foires ou les tournois de chevaliers.
    • Les mœurs et coutumes, habillement, coiffures, rôle des femmes...

     

     

    La vie urbaine

    Les communes

    Avec le réveil économique et la croissance des villes, l'influence de ses habitants, les      burgenses ou bourgeois était croissante. Dans les principales cités d'Europe s'étaient formées des associations appelées corporations, guildes ou hanses, et rassemblant les personnes exerçant le même métier.
      
    Au début leur rôle consistait en un soutien mutuel contre la concurrence et le besoin. Mais les corporations se heurtèrent très vite aux seigneurs qui voyaient d'un mauvais œil cette organisation étrangère à l'ordre féodal. La lutte entre seigneurs et bourgeois fut ainsi à l'origine du mouvement des communes libres. Peu à peu, la prospérité et l'unité de la bourgeoisie citadine réussissait à contrôler ou neutraliser le pouvoir effectif du seigneur. Les moyens utilisés étaient divers.
      
      
      
    Parfois, les citoyens trouvaient l'appui d'un allié précieux : l'évêque de la ville.
      
    L'évêque n'hésitait pas à défendre les bourgeois contre leur seigneur et même à prendre les armes pour s'opposer aux grands féodaux.
      
    Dans d'autres lieux, c'est le souverain lui-même qui soutenait les prétentions des bourgeois : le comte de Flandre et le roi de France encouragèrent le mouvement des communes. Pour le roi de France, il s'agissait d'affaiblir le pouvoir des grands feudataires du royaume. Ainsi, les citadins d'une ville « se gouverner en commun », d'où l'appellation de commune.

      

     

     

    Les libertés communales

    Les libertés communales Dans la plupart des cas, les bourgeois conjurés achetaient leurs libertés au seigneur. Si le seigneur acceptait, on rédigeait des « chartes de franchise » (ou de liberté), énumérant les droits accordés aux communes libres. Mais bien souvent, irrités par les refus et réticences qu'ils rencontrèrent, les citadins n'hésitèrent pas à recourir à la violence. Bien sûr, la répression féodale était terriblement sanglante (1076 : Le Mans, 1114 : Amiens ...). Mais le mouvement s'étendit durant les XIIe et XIIIème siècle. Les libertés acquises par les villes étaient plus ou moins étendues. Au nord-est de la France, la commune jouit d'une réelle indépendance. Elle fait ses lois, bat sa monnaie, lève une milice... Mais c'est en Allemagne et Italie du Nord que les libertés sont les plus larges : les communes constituent de véritables petits états.
      
    Ayant obtenu leur autonomie, les communes s'organisèrent sous le gouvernement de leurs magistrats, contrôlés et aidés par le conseil communal, dont faisait partie les personnages les plus riches et les plus influents de la cité. Souvent, des conflits éclataient entre les corporations et les grands de la cité (marchands, banquiers...). Le roi proposait alors son arbitrage face à ces conflits permanents. Mais parfois, la cité faisait appel à un personnage étranger à la ville, le  podestat (celui qui exerce l'autorité), auquel on confiait le gouvernement de la cité. Le mouvement d'émancipation de ces villes introduisit des manières de penser et des attitudes qui étaient étrangères au monde féodal. Enfin, il légua une institution qui se maintint jusqu'à nos jours : le régime municipal.

      

      

      

      

    Paris au Moyen Âge

    Protégé par l'épaisse muraille de ses remparts, qui discipline sa croissance et le met à l'abri des invasions, Paris, à la fin du XIIIe siècle, compte environ 200 000 habitants, ce qui est énorme pour l'époque. Située sur la montagne Sainte-Geneviève, l'université attire plus de deux mille étudiants et une centaine de professeurs venus de toute l'Europe. Dans ce quartier, marchands et artisans sont surtout spécialisés dans le livre (relieurs, parcheminiers, enlumineurs).
      
    Entre ce quartier intellectuel de la rive gauche et la ville marchande de la rive droite, l'île de la Cité concentre les fonctions politiques et religieuses.      Robert le Pieux, au début du XIe siècle, a décidé d'y établir la résidence royale. A partir de 1160, sous l'impulsion de      Sully, évêque de Paris a été ouvert le chantier d'un nouvelle cathédrale. L'évêque dirige lui-même les travaux, embauchant tailleurs, charpentiers...
      
    Grâce à l'application des principes de l'architecture ogivale (ou gothique), Notre-Dame peut élever sa voûte jusqu'à 35 mètres, et ses murs troués de vitraux multicolores, permettent à la lumière de pénétrer dans la nef pour éclairer les nombreuses statues.
      
    En 1245,      Saint Louis fait construire la Sainte-Chapelle, un monument d'une audace architecturale exceptionnelle. 1130 panneaux de verre y résument l'histoire du monde telle qu'elle est racontée dans la Bible. Situé au croisement d'une voie fluviale, la Seine, et de la route terrestre allant d'Orléans à Senlis, Paris est aussi un carrefour commercial important et un grand centre économique et bancaire. La Seine est encombrée de bateaux et ses rives sont parsemées de moulins. Sur la rive droite, deux grandes bâtisses construites par      Philippe Auguste permettent la protection des marchandises entreposées.
      
    Par suite du développement de la ville, ce premier marché permanent (les premières halles) déborde rapidement l'enceinte prévue. Les ateliers et les échoppes envahissent alors les rues. Les artisans se regroupent par rues auxquelles ils donnent le nom de leur corporation : rue de la Ferronnerie, rue de la Tissanderie... La corporation la plus importante est celle des « marchands d'eau », son chef, finira par s'imposer comme maire de Paris.

      

      

    Bains publiques

      

    Des rues très animées

    En 1131, le fils aîné de      Louis VI qui se promenait à cheval dans Paris fut jeté à bas de sa monture qui avait été effrayée par un troupeau de cochons. Le dauphin se fractura le crâne et mourut peu après. Le roi avait donc interdit les cochons dans la ville. Mais les animaux ne disparurent pas pour autant. Les places et les rues étaient très sales, jusqu'au jour où      Philippe Auguste, incommodé par l'odeur de purin qui monter jusqu'à ses fenêtres décida de les faire paver. Ces rues étaient le théâtre d'une immense animation. Dès le lever du jour, l'étuveur invitait les citoyens a prendre un bain chaud dans son établissement.
      
    Les boutiques s'ouvraient alors : drapiers, barbiers interpellaient les clients depuis le pas des portes, le pâtissier offrait ses gâteaux, ses saucissons et son pâté. Le pain était vendu par des marchands ambulants, qui le portaient dans de grands paniers en osier. Comme les gens ne savaient pas lire, les commerçants affichaient de lourdes enseignes sur leur boutique. Mais il n'y avait pas que les marchandises que l'on vantait dans la rue. Les actes officiels et les nouvelles étaient criés.
      
    Des attroupements de badauds se formaient autour de jongleurs, musiciens qui récitaient notamment des chansons de geste. Mêlés à la foule, les mendiants imploraient les passants. Les eaux usés et les détritus étaient jetés par les fenêtres, « Gare à l'eau ! » criait-on. Lorsque la nuit tombait, les rues étaient plongées dans l'obscurité, il n'y avait pas encore d'éclairage public. Aussi, la nuit, les rues étaient-elles abandonnées aux brigands.

      

    La vie rurale

    Campagne et ville

    Les paysans représentent près de 95% de la population médiévale, ils représentèrent la base matérielle, et le fondement de l'activité économique de la civilisation européenne. Le dynamisme des marchands et artisans fit la prospérité des cités, mais ce sont les paysans qui nourrissaient les citadins. Le travail de la terre était pénible et laborieux, mais il s'améliora, et permit à l'Europe de prospérer. Au Moyen Âge, la séparation entre ville et campagne était moins nette qu'aujourd'hui.
      
    Autour des remparts de la cité s'étendaient champs et prés. Mais le développement technique avec l'essor du commerce, de l'artisanat et des travaux intellectuels en ville, et de la culture et de l'élevage en campagne, entraîna une séparation plus marquée. La vie des paysans épousait le rythme des saisons, les mêmes travaux se répétaient d'une année à l'autre. Les transformations à la campagne étaient moins nombreuses et moins rapides qu'en ville.
      
    La vie citadine, au contraire, favorisait le contact entre les individus, la diffusion des connaissances techniques et intellectuelles. L'habitant des cités apparaissait moins soumis aux contraintes de la nature.

     

     

    Deux catégories de paysans

    • Les serfs de la glèbe : Les paysans, ou serfs de la glèbe (c'est-à-dire de la terre, au sens de sol cultivé) faisaient partie du domaine. Lorsque le terrain était vendu, ils passaient d'un maître à l'autre, de la même manière que les animaux de la ferme. Les fils de paysans devenaient paysans comme leurs ancêtres, et comme leur futur descendance. Mais le servage n'était pas à proprement parler l'esclavage, même si la condition des serfs était proche des esclaves de l'Antiquité. Dès la fin de l'Empire romain, l'esclavage avait reculé sous l'influence de la nouvelle organisation économique et sociale, qui s'était formée autour du domaine, et qui suppléait l'État en pleine décomposition. De plus l'Église condamnait l'esclavage. Les serfs avaient beaucoup d'obligations mais aussi des droits. Ils étaient pleinement considérés comme des personnes, et théoriquement, ils pouvaient quitter le domaine à tout moment, aucune loi ne les obligeait à rester liés à la terre.

     

    •  Manants et alleutiers : Le phénomène de servage se généralisa en Europe du Nord. En témoignent les nombreux vocables européens. Du latin  manere (resider), dérivèrent les mots  mansus ou manse, c'est-à-dire les champs et la maison des paysans. En français, le paysan fut appelé          manant, celui qui reste sur la terre. L'habitation de la ferme fut appelée maison. En Angleterre, les seigneurs appelèrent  manor, manoir, le petit château destiné à surveiller et protéger les champs. A côté des serfs subsistaient des paysans libres ou  alleux. Les  alleutiers (ou vilains), comme on les appelait en France, étaient fort nombreux dans l'Europe du Sud.

      

      

    La répartition du territoire

    Au début du Moyen Âge, l'Europe était une étendue inculte et sauvage, appauvrie par le passage des tribus barbares. La transformation de ce continent est le résultat du labeur ininterrompu commencé à l'époque médiévale, et en particulier des grands défrichements des forêts (par le feu ou la hache). La terre appartenant au seigneur était divisée en deux parties :     
    • La réserve domaniale : Du latin  dominus (maître). En plus du château ou de la résidence seigneuriale, elle comprenait les champs, les vignes, les pâturages, es forêts, terrain de chasse du seigneur. Elle comprenait également le village installé autour du château, avec le four, le moulin et des artisans tels que le sellier ou le forgeron.
    • Les manses : Le reste du domaine était divisé en manses (ou tenures) attribués selon leur étendue à une ou plusieurs familles paysannes. Le manse était la cellule fondamentale de l'économie agraire du Moyen Âge. Le serf disposait des produits du potager, ainsi que de la basse-cour et du porc, une des seules sources de protéine animale, le mouton était réservé à la laine et le bœuf pour le trait. Le serf avait également le droit de faire paître ses bêtes sur les champs en jachère (terrains non cultivés).

      

      

      

    L'évolution du servage

    En échange de la terre et de la protection militaire, le serf avait quelques devoirs envers son seigneur. Il devait remettre une partie de la récolte à son suzerain et de payer des taxes. Il devait également participer gratuitement à des travaux appelés corvées.
      
    Ces tâches pouvaient être labours, récoltes ou sarclages sur les terres du seigneur. Mais ils étaient également appelés à la réparation d'un pont, creusement d'un puits ou réparation des murs du château. Mais au fil des ans, les besoins en argent des seigneurs s'accrurent, en partie à cause de l'enrichissement général. Le paysan quant à lui obtenait des revenus en vendant au marché les produits qu'il ne consommait pas.
      
    Cela modifia la condition du serf qui pouvait ainsi s'affranchir des corvées et réquisitions militaires en échange d'une somme d'argent au seigneur. On passa ainsi du servage au fermage, le propriétaire louait la terre au paysan qui l'exploitait à son compte. La production agricole augmenta considérablement car le paysan travaillait à son compte et se devait d'obtenir de quoi payer le loyer et de quoi nourrir sa famille.

      

      

      

    De nouvelles techniques agricoles

    Les paysans avaient constatés que certaines cultures comme les céréales, appauvrissaient le sol, alors que d'autres comme les légumes l'enrichissaient. Pour éviter l'épuisement du sol, les agriculteurs de l'Antiquité avaient institué le système de la rotation biennale : un champ semé en céréales était laissé en jachère l'année suivante, il était labouré, mais non semé, et servait de pâturage. Au Moyen Âge, la rotation devint triennale : le champ était cultivé en céréales la première année, puis en légumes la deuxième année, avant d'être laissé en jachère la troisième année.
      
    Le gain de ce système était double. En effet, désormais seul un champ sur trois restait improductif, et la culture des légumes enrichissait la terre. La production augmenta de 50%, le paysan pouvait vendre ses excédents et améliorer sa condition précaire. De plus, la technique permit l'amélioration des outils agricoles : araire, charrue, herse, houe, faucille...

      

      

      

    Les divertissements populaires

    Foires et spectacles

    • Les foires : C'est à partir du IXe siècle et sous l'essor des croisades qu'une ferveur religieuse redonne de la vigueur à la vie sociale. Les grandes foires européennes du Moyen Âge eurent à cette époque leur premier moment d'authentique splendeur. Les foires apparurent comme la conséquence de la nécessité pour les commerçants de s'approvisionner en marchandises de toutes sortes. La France fut un acteur de premier ordre dans le développement des grandes foires médiévales, parmi lesquelles se détachent celles de la Champagne et la foire parisienne du Lendit.

     

    • Au XIIe siècle apparurent d'autres foires et d'autres produits, notamment la foire de Beaucaire en Languedoc. Mais avec le temps, les foires méridionales françaises furent éclipsées par celles organisés quatre fois l'an, deux semaines durant, dans la ville de Lyon, depuis 1420. La situation privilégiée de Lyon, à un croisement où confluent les courants du trafic international provenant des quatre points cardinaux, en fit une ville de foire par excellence.

      

     

    • Les spectacles : Le Bas Moyen Âge fut une époque où l'industrie et le commerce eurent un essor qui ne sera dépassé qu'à l'aube de la Révolution industrielle du XVIIIe siècle. Les gens se déplaçaient alors partout, sur mer comme sur terre. Des spectacles itinérants se produisaient de foire en foire et sur les plus modestes marchés régionaux. Saltimbanques, funambules, lanceurs de couteaux, ventriloques, conteurs, bouffons, pitres, mimes... passaient de palais en châteaux, sans négliger les plus petites cours royales. Parfois, d'authentiques œuvres théâtrales étaient montées.

     

    • Les œuvres représentées par ces compagnies ambulantes étaient rudimentaires, car peu de gens pouvait lire et écrire. Les dialogues pouvaient ainsi être livrés à l'improvisation des interprètes, qui pouvaient être des étudiants en vacances ou des religieux.

      

      

      

    Les tournois

    Seuls les chevaliers pouvaient participer aux joutes et aux tournois. Ces compétitions étaient le spectacle le plus apprécié du public durant tout le Moyen Âge. Le tournoi était solennellement ouvert par un héraut (officier chargés de faire des proclamations solennelles), qui annonçait sur les places publiques l'intention du roi ou d'un grand seigneur de rassembler pour cette fête les chevaliers les plus réputés du pays. Autour d'une vaste esplanade, appelée  lice, les participants avaient élevés leurs riches tentes ou pavillons. Au sommet de la lance plantée à l'entrée était suspendu le bouclier avec les armoiries du seigneur. Le tournoi durait habituellement plusieurs jours.
      
      
      
      
    Les épreuves étaient variées et dotées d'un riche prix. Les adversaires s'affrontaient avec des armes dites « courtoises », c'est-à-dire rendues inoffensives ou presque (les accidents étaient fréquents) : les lances étaient épointées et les épées privées de leur tranchant. Alors que la joute voyait s'affronter deux cavaliers séparés par une barrière ou une corde, la « mêlée » consistait en une véritable bataille rangée entre deux groupes de cavaliers égaux en nombre.
      
      
    La mêlée se déroulait en champ libre, et bien qu'il existât quelques règles comme celle de ne pas frapper d'estoc, elle était très violente ! Il n'était pas rare de sortir des morts du terrain d'affrontement. Au XVe siècle, se formèrent des compagnies de chevaliers dont l'unique but était de favoriser des tournois. Pour les jeunes fils cadets d'aristocrates, le tournoi devenait une véritable profession. A en croire les chroniqueurs, les combats devinrent de plus en plus spectaculaire. Il y avait parfois d'autres compétitions comme la lutte libre, le tir à l'arc, à l'arbalète ou à la fronde.

      

      

    La joute

    L'épreuve la plus spectaculaire était la joute, au cours de laquelle deux adversaires s'affrontaient directement, à pied et à cheval. Le chevalier défiait son rival en touchant de la pointe de l'épée le bouclier suspendu à son pavillon. Le défi devait alors être relevé. Descendu dans la lice, le chevalier parait son armure resplendissante, manifestant ses sentiments envers sa dame, à qui l'on dédiait le combat : le chevalier portait au bras, sur la lance, ou autour du cou, un voile ou un mouchoir aux couleurs de celle-ci. Puis la joute commençait. Au signal des juges, les concurrents s'élançaient au galop l'un contre l'autre; le choc des lances contre les boucliers ou l'armure était terrible. Si aucun des deux adversaires n'était désarçonné, un nouvel engagement succédait au premier.
      
      
      
    Au contraire, si l'un tombait, l'autre mettait pied à terre et le duel continuait à l'épée ou à la masse. Le perdant devait reconnaître loyalement sa défaite, sinon les juges le déclaraient « hors de combat ». Le vainqueur recevait non seulement le prix mis en compétition, mais aussi les armes, les chevaux et la personne même du vaincu : celui-ci était considéré comme prisonnier et recouvrait la liberté sous une rançon.
      
      
      
     

    Les fêtes

    Au Moyen Âge, près d'une journée sur trois est chômée, il y a beaucoup de vacances. La majorité des fêtes sont catholiques, mais la tradition a conservé quelques rites d'origine païenne :   

      

      

    • Les fêtes catholiques
      • Epiphanie : Elle correspond à la présentation de Jésus aux Rois Mages. La traditionnelle galette des rois est alors partagée.
      • Carême : Quarante jours avant Pâques, le peuple est invité au partage, au jeun et à la prière.
      • Paques : Vers le début du printemps, on s'échange des œufs peints pour symboliser la fin des privations de l'hiver et du carême.
      • Toussaint : Fête d'origine celte, instituée par Louis le Pieux. Le 1er novembre, on fête Tous les Saints, c'est-à-dire de la Communauté des vivants et des morts.
      • Noël : Le 25 décembre, on fête l'avènement du Christ.

      

      • Les fêtes profanes
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      • La fête des fous : Elle était célébrée le jour de Noël, ou le jour de l'An ou encore de l'Épiphanie. Les domestiques prenaient la place de leurs maîtres, les valeurs établies de la société étaient renversées et la religion était ridiculisée. 
      • La fête de l'âne : Elle était célébrée dans certaines villes la veille de Noël. En souvenir de la fuite en Egypte, une jeune fille tenant un enfant dans ses bras pénétrait dans une église à dos d'âne. Pendant la messe, toutes les prières se terminaient alors par "hi-han". L'Église a rapidement interdit ces célébrations.
      • Les Mais : Le 1er mai ou au cours du mois de mai, les jeunes hommes déposaient des branches d'arbres devant la porte des jeunes filles à marier. La branche d'arbre symbolisait les qualités ou les défauts de la jeune fille.
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      • La Saint-Jean : Le soir du 24 juin, au moment des moissons, on allume de grands feux. Les jeunes couples se tenaient par la main et sautaient par dessus le feu pour avoir des enfants ou une bonne récolte.

       

      • La Saint-Michel : Le 29 septembre, les paysans devaient payer aux seigneurs leurs redevances (taxes).

      

      

    Les moeurs et coutumes

     

     

    La condition des femmes

    Au Moyen Âge, l'Église considère la femme comme instigatrice du péché originel, on la soupçonne de porter l'hérésie. Il n'y a qu'un remède à cela : le mariage, en rendant la femme mère. Ce sont les familles qui unissent leurs enfants, généralement douze ans pour les femmes et quatorze ans pour les hommes. Dans les classes élevées, le mariage est un instrument d'alliances et d'implémentations. Si le couple n'est pas en mesure d'avoir un enfant, le mariage peut être remis en question, et la femme peut être répudiée. Beaucoup de grossesses sont fatales aux mères, et faute d'avortement on pratique beaucoup l'infanticide. Les prostituées ou filles de joie sont beaucoup présentes au Moyen Âge. La prostitution est autorisée par l'Église, la femme doit provenir d'une ville étrangère pour éviter l'inceste. Souvent, ces femmes ont été rejetées par leur famille après un viol ou une grossesse clandestine.
      
      
    Le viol est puni, mais pas de la même façon : s'il s'agit d'une religieuse, d'une femme mariée ou d'une vierge, le crime peut être puni de mort. S'il s'agit d'une servante d'humble condition, on doit fournir une indemnité à la famille.
      
    Les femmes participent activement à la vie économique, d'ailleurs, dans le commerce alimentaire, les femmes sont majoritaires. Cependant les salaires sont dès cette époque nettement inférieurs aux hommes. En campagne, elles aident leur mari aux tâches agricoles.
      
    Mais à travers l'amour courtois des chevaliers et troubadours, la femme reste une importante source d'inspiration. Principalement développé par la culture occitane, les femmes sont vénérées pour leur beauté et leur amour, les hommes pour leur courage et leur bravoure. Enfin certaines femmes ont réussi à se forger une solide renommée historique : Aliénor d'Aquitaine, Marie de France, Jeanne d'Arc...

      

      

    Costumes et habillement

    Le vêtement possède au Moyen Âge une signification sociale : selon le rang et les fonctions occupés, on ne s'habillera pas de la même façon. Au XVe siècle, la plupart des hommes ont adopté le port d'un vêtement de dessus très court, mais certains, par décence, continuent de porter des robes et manteaux longs : les prêtres, les notables, les doctes. Parmi ceux-ci, médecins et juristes partagent le privilège de porter le même costume rouge doublé de fourrure blanche. Les vêtements proprement dits sont complétés par de nombreux accessoires du costume.
      
      
    La ceinture, le plus souvent une simple lanière de cuir, est parfois cloutée. Celle des femmes peut être orfévrée et constituer un véritable bijou. Nombreux sont les hommes à accrocher à leur ceinture une bourse ou une sacoche. Accessoire indispensable du costume, les aiguillettes sont des lacets accrochant l'un à l'autre deux vêtements ou deux pièces d'un même vêtement.

     

     

     

      

      

      

      

    Fabrication d'une chaussure

      

      

      

      

      

    Les coiffures

    Les gens du Moyen Âge ne conçoivent pas de vivre tête nue, la variété des couvre-chefs, tant masculins que féminins, est flagrante. Les femmes de plus haut rang portent des coiffes à cornes cachant complètement leurs cheveux tirés en arrière. Ces coiffes sont recouvertes de tissu façonné et parfois d'une résille. Certaines portent un simple voile blanc tombant sur leurs épaules. Quand elles sont vieilles, les femmes s'entourent toute la tête, y compris le menton, dans des linges blancs appelés touailles. La touaille est une pièce de tissu étroite et très allongée qui fait partie du trousseau de la mariée et sert à tout dans la maison : torchon, serviette, essuie-mains, maillot, bandage, tablier...
      
    Diversité et hiérarchie apparaissent également dans les coiffures masculines. Travailleurs manuels et hommes de peine portent un simple calot. Apprêter son chaperon demande une certaine dextérité : cette longue pièce de drap est enroulée au sommet de la tête. L'un, court, retombe sur le côté, l'autre plus long, drape souplement les épaules ; en cas de mauvais temps il peut aussi serrer davantage le cou et les oreilles pour les protéger du froid.

     

     

      

      

      

    Les repas

    La table est généralement recouverte d'une nappe blanche, au centre de la table, dans une grande coupe sur pied se trouve le plat principal. Les aliments ne sont pas posés sur des assiettes mais sur des « tailloirs », larges tranches de miches de pain, qui absorbent le jus. D'autres petits pains, façonnés en boules détachables les unes des autres, sont à la disposition des convives. Les gens mangent avec leurs doigts et partagent quelques verres et quelques couteaux, la cuiller est réservée au service du plat central, la fourchette n'existe pas à cette époque. La nourriture est hachée (on a de mauvaises dents) et très épicée (elle se conserve mal). Les carafes, pour l'eau et pour le vin, et différentes sortes de cruches et de pichets sont utilisés dans chaque maison.
      
      
      
      
    photographies google
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  • Le rôle du père au Moyen âge.

    Si, à l'époque romaine, la paternité est le résultat d'un acte volontaire, au Moyen Âge, est père celui qui a engendré des enfants légitimes dans le mariage, selon la formule du jurisconsulte Paul : Pater is est quem nuptiae demonstrant.

      

    Le droit médiéval octroie au chef de famille une forte patria potesta mais qui est désormais tempérée par la pietas chrétienne, perdant ainsi le caractère absolu que lui conféraient les juristes de l'Antiquité : le père médiéval ne possède plus le droit de vie et de mort sur ses enfants ; sur dénonciation de son fils, il peut être condamné pour trop grande brutalité. Dans les sources juridiques, aux côtés de ces droits paternels apparaissent un ensemble de devoirs : le père doit nourrir, éduquer et établir ses enfants.

      

    La sécheresse de ce type de documentation occulte la tendresse paternelle et a pu faire croire à un « père lointain ». La littérature et l'iconographie permettent de mettre au jour une image bien différente ; ainsi, dans les récits de miracles, le père est aussi souvent présent auprès de son enfant que la mère et se bat avec autant d'acharnement pour l'obtention de la guérison ou de la résurrection de sa fille ou de son fils, quel que soit leur âge.

      

    Les relations affectives entre père et enfant y sont particulièrement bien représentées. Nombreuses sont, également les miniatures qui mettent en scène un père attentif qui initie, éduque, joue avec ses enfants et prie pour eux en cas de malheur. Au bas Moyen Âge, la promotion du culte de saint Joseph est l'aboutissement et l'expression la plus visible de l'existence d'un père nourricier et tendre.

    Sources : LETT D, Famille et parenté dans l'Occident médiéval V°-XV° s., Paris, Hachette, 2000 LETT D, Dictionnaire du Moyen Âge, PUF, 2006

      

    sources :

    http://lartdesmets.e-monsite.com/pages/enfance-au-moyen-age/le-role-du-pere-au-moyen-age.html

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  • L’installation d’égouts dans la rue médiévale.

     

     

    Introduction.

    Les Romains étaient grands constructeurs d’égouts, et lorsqu’ils bâtissaient une ville, ils pensaient d’abord à Canalisation égout  (Eauze - Gers) l’établissement de ces services souterrains. Quand les barbares devinrent possesseurs des villes gallo-romaines, ils ne songèrent pas à entretenir les égouts antiques, qui bientôt s’engorgèrent ou furent perdus; les villes renfermaient alors de véritables cloaques, les eaux croupies pénétraient le sol, les rues étaient infectes et la peste décimait périodiquement les populations. On commença par faire des tranchées au milieu des voies principales, des ruisseaux profonds, encaissés, que l’on recouvrait de dalles ou que l’on laissait à l’air libre. Les orages se chargeaient de curer ces profonds caniveaux encombrés de détritus de toutes sortes.

     

    L’installation d’égouts dans la rue médiévale.

      

    Les mentions de « conduits » de merderons ou « medereaux » sont rares avant le XIIIème siècle. Paris n’a eu son premier véritable collecteur Tracé du grand égout de Paris. qu’en 1356 et on s’était contenté, pendant des générations, de la Seine, des rivières, des fossés et des canalisations sommaires, à ciel ouvert, appelées « ponceaux » et guidées par la déclivité.

    Le ruisseau de Ménilmontant est connu, dans l’histoire de la capitale, sous le nom de « Grand Egout » et, avec ses dérivations, ses « affluents » comme l’écoulement du Pont-Perrin, il a contribué à incommoder plusieurs quartiers… et l’hôtel Saint-Pol propriété et résidence favorite du roi ! Les archives de Troyes révèlent en 1222 que, quarante ans auparavant, on avait fait passer les eaux de la seine à travers la ville pour servir de dépotoir, en même temps que les canaux « traversins ».

      

    Peut-être a-t-on continué, dans quelques villes, bâties sur des sites antiques, à utiliser les installations créées par les Gallo-Romains (Chartres) ? Cette hypothèse, retenue par C. Enlart, a souvent été négligée ou même rejetée sans vérification (à Carhaix). Il est certain cependant que l’abandon, pendant des siècles, des travaux d’édilité, le manque de ressources et le fractionnement des pouvoirs ne favorisaient guère l’entretien d’un réseau qui accusait son âge. 

      

    Peu à peu, des magistrats, conscients des risques d’épidémies, se sont décidés à mettre en place des canalisations, d’abord pour l’usage de palais, de couvents, de boucheries, ensuite pour assainir des quartiers entiers. Plusieurs systèmes fonctionnent séparément ou ensemble. La plupart du temps, on s’est contenté de prolonger les rigoles à ciel ouvert, au milieu de la rue ou en bordure des maisons, comme dans le quartier des Boucheries à Troyes. L’écoulement s’y faisait lentement et, à la nuisance odoriférante et visuelle, s’ajoutaient toujours les dangers de la pollution hydrique.

      

    Beaucoup de « merdereaux » ou de « merdrons » signalés dans les textes, à Troyes (dès 1208), à Amiens (1224), à Sens (1246), à Beauvais (1251), à Soissons (1305), au Mans (1356)… ne sont en fait que ces aménagements sommaires pleins de fange. Ils se déversent dans les canaux ou dans les douves qui jouent le rôle de grands collecteurs, la Renelle à Rouen, le Merdançon à Beauvais, l’Albanne à Chambéry.

      

    Il peut exister également des « fossés à fiens » spécialement conçus pour drainer un secteur entier, près des Augustins à Reims, des « putels » à Saint-Omer.

    Les installations couvertes de dalles ou souterraines peuvent être considérées comme un progrès sensible, encore est-il que dans plusieurs cas les égouts débutent par une section à ciel ouvert au sommet d’une colline et s’achèvent en galerie profonde au pied.

     

    Documents concernant les égouts de la ville de Rennes.

    Plan de Rennes aux XIV° et XV° siècles.

    Le système des égouts peut être partiellement reconstitué par des textes, par des devis, par des indications contenues dans des comptes municipaux. Les archives de Rennes, les registres des comptables ou miseurs, et le livre-rentier de 1455, permettent de telles découvertes. En voici des extraits.

    « Comme par avant cest jour sur la clamour faicte en ceste court (de justice) de plusours des abitans de la rue des Porches et aultres demourans près de la rue où souloit estre la porte Baudraerie et de la rue de la Parcheminerie disans que, comme ainxi soit que au derrière des mesons où sont demourans Mestre P. Broce, Eonnet Lodeac, Jehan de Lessart, sises et estant près la rue de la Ferronnerie et de Trégetin, y avoit et passoit certain conduit et evacuation d’eaux, sur lequel conduit pluseurs desdits abitans avoint assiis tuaux de privées… lequel conduyct se évacue et se rend sur le pavé du carrfort des Porches et passe sur le pavé desdites rues de Porte Baudroière et de la Parcheminerie et par ce moien lévacuation desdites privées et retroiz se évacuent et passent par sur le pavé desdites rues et porte et peult porter grant infection esdites abitans et ailleurs en ceste ville de Rennes.

      

    Et avoint supplié sur ce leur estre faict provision. A la supplicacion desquels avoit esté dict que lon feroit voirs lesdits conduitz et evacuacions par Allain Evrart, André Bruslé et Jamet Bernard en présence d’aultres manouvriers et édiffieurs de cestedite ville et en feroint relation à la court et sur ce seroit fait provision convenable »… (juillet 1463).

    « Comme par avent cestz heures par certaine ordonnance et delibéracion faicte en presence de pluseurs des bourgeoys de ceste ville de Rennes il ait esté dit et ordonné à Jehan Tourault miseur et répareur de cestedicte ville faire faire et construire sur les deniers de la reperacion dicelle ung conduyt pour évacuer les eaux passantes par le conduyt de Trégetin, à avoir cours et se évacuer en la ripvière de Villaigne et celui conduyct estre fait par terre en le héritaige et herbregement appartenant à Jehan de la Haye, seigneur de la Haye, nommée Cartaige, dès l’endroit du devant de la maison dudit de la Haye, au travers d’un porche, en allant jucques en landroit d’un aultre conduyt jougnant les vieulx murs de la vieille closture de ceste dite ville pour icelx conduiz estre menez et soy évacuer en la ripvière de Villaigne.

      

    Et soit ainsi que en obbeissant à ladite ordonnance ledit Jehan Tourault, miseur, ait fait encommanczer ledit conduyt et partie d’iceluy ja fait et à ce qu’il a voullu iceluy fere parachever, ledit Jehan de la Haie se soit oppousé par la court de céans et avoit donné impeschement audit Tourault tant par voye de fait, plegement, arreste que aultrement sur le parachèvement dudit euvre et avoit dit et disoit que iceluy Tourault ne povoit ledit conduyt fere ne aucun ediffice en son héritaige»… (Aoùt 1464).

    Ces deux chapitres de comptes municipaux montrent la nécessité absolue de tels travaux et les difficultés que rencontrent les édiles auprès de certains de leurs administrés. Des canalisations existent déjà dans la vieille Cité au début du siècle, autour de la cathédrale et des halles. Le tuyau de Trégetin, à l’origine d’un procès déjà évoqué un pied et demi de côté (0,40 m). D’autres aménagements ont lieu dans le faubourg oriental de la Ville Neuve entre 1435 et 1450, notamment entre la porte Saint-Georges et la Vilaine.

      

    Plusieurs tronçons existent aussi dans le quartier méridional, depuis la Parcheminerie jusqu’à l’église de Toussaints, avec des embranchements en direction de la Porte du Champ-Dolent et de la rue Vasselot. Dans le meilleur des cas, les canalisations carrées ont 3 à 4 pieds de côté (1 à 1,30 m) ; les murs sont en simple maçonnerie, le fond dallé et la partie supérieure voûtée de belles pierres des carrières de schiste d’Orgères. Les travaux ont été financés par les « deniers communs » provenant d’impôts municipaux et par l’argent de particuliers soucieux d’assainir les lieux où ils vivent et où ils travaillent (les bouchers du quartier du Bourg à Dijon).

    Conclusion.

    Le sous-sol urbain recèle parfois des canalisations anciennes (Chartres). On en a retrouvé quelques-unes, au siècle dernier, à Paris en face du Louvre et près de l’hôtel de la Trémoille avec de grosses dalles servant de parois latérales et de toit. On dit que la ville de Riom conserve des égouts anciens, peut-être même antérieurs au XIVème siècle, et dont la direction ne correspond pas toujours à celle des rues actuelles. De vieux égouts ont été découverts à Vannes lors de travaux de terrassement.

     

     

     

     

     

    Egout plus important légèrement voûté de 0,65 à 0,80 cm de large, de 0,65 cm à 1,20 m de hauteur avec le radier dallé. Egout constitué d’un radier dallé deux piédroits en pierre et d’une dalle de couverture généralement d’une section de 40 cm x 40 cm et quelquefois de 40 x 50, 50 x 80, 50 x 50 cm. Drain que l’on trouve sous certaines voies et particulièrement dans les propriétés privées. Constitué de pierres sèches de 15 à 20 cm de section.

    Divers types de vieux égouts découverts dans les anciens quartiers de Vannes lors des travaux de terrassement.

    Il existe enfin, dans les quartiers aisés, abritant des hôtels d’un certain « standing », un réseau de canalisations privées rejoignant le caniveau central ou une rivière, à l’image, mais en plus simple, du collecteur qui dessert la cuisine et les latrines du palais des papes à Avignon. Un maçon refait en 1320 le « conduit » d’une maison de Provins jusqu’à sa sortie dans un ruisseau voisin ; d’autres cas signalés, au hasard d’un texte, à Nantes, à Saint-Pol-de-Léon, à Paris. Les couvents de Frères mendiants ont souvent mis en place des systèmes d’assainissement presque continus, à Provins, à Reims, à Rouen, à Sens (A. Guillerme).

     

    Bibliographie et sources :

     

    Jean-Pierre Leguay, La rue au Moyen âge, Ouest France Université, 1984.

    Jean-Pierre Leguay, Un réseau urbain au Moyen âge, les villes du duché de Bretagne aux XIV° et XV° siècles, Paris, 1981, page 358.

      

    SOURCES LIEN

    - Le faiseur de Ripailles - http://lartdesmets.e-monsite.com/pages/la-rue-au-moyen-age/l-installation-d-egouts-dans-la-rue-medievale.html

     

     

     

     

     

     

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    Les traités médicaux au Moyen âge

     

     

     

    Le livre, reflet de la culture, est la principale barrière entre le métier de chirurgien et celui de médecin. En effet, ces derniers ont une connaissance du latin, du grec, parfois de l’arabe et de l’hébreu. Ils acquièrent une formation universitaire, ils sont détenteurs d’un savoir ancien qu’ils peuvent retransmettre par l’écrit.

     

     

    * Les Antidotaires

     

    Il s’agit plus là d’ouvrages de pharmacie que d’ouvrages de médecine. Ils sont en vogue aux XIIème et XIVème siècles. Ce sont les premiers ouvrages rencontrés dans les officines. Ils permettent aux apothicaires ou épiciers d’avoir accès au savoir des médicaments d’une manière simple et concrète.

    Dans les antidotaires, la formulation magistrale est réduite. Les maladies sont traitées avec des médicaments bien codifiés. On y trouve la composition des plus célèbres polypharmaques, comme la Thériaque ou la Mithridate, avec leurs indications thérapeutiques, mais aussi des préparations personnelles des médecins.

    On trouve aussi des détails sur la préparation des médicaments, mais cela est généralement très sommaire. Les formules ne sont pas classées par genre : pilule, onguent… mais par ordre alphabétique.

    Au XVème siècle, l’Antidotaire de Nicolas est le principal livre d’officine des apothicaires, il est aussi une référence pour les médecins préparant eux-mêmes leurs médicaments. Néanmoins, il semble que cet antidotaire ne fasse pas référence à un auteur unique. En effet, nombre d’antidotaire au Moyen âge porte le nom de Nicolas. Il semblerait que Nicolas ait même été synonyme d’antidotaire.

    On peut noter aussi l’importance de l’antidotaire présent dans la Grande Chirurgie de Guy de Chauliac qui regroupe un important développement thérapeutique.

    L’antidotaire d’Arnaud de Villeneuve figure également parmi les plus remarqués en raison de sa présentation et de sa rédaction.

     

     

     

    * Les ouvrages de thérapeutique

     

    Ils connurent une large diffusion auprès des médecins. Leur lecture plus difficile que celle des antidotaires impliquait d’avoir des connaissances médicales élémentaires. Ils sont de ce fait moins répandus dans les officines.

    On peut citer le célèbre Rosa Anglica cité par Guy de Chauliac dans la Grande Chirurgie. On trouve dans ce genre d’ouvrage des formules plus personnelles que dans le Nicolas. Elles sont tirées de l’expérience des médecins.

     

     

     

     

     

    * Les livres de pharmacie

     

    Ces ouvrages sont plus apparentés à l’époque moderne. Ils ont une finalité pratique, de nombreuses précisions pharmacologiques.

     

     

     

    * Les ouvrages de matière médicale

     

    Les médecins, les apothicaires, les épiciers doivent maîtriser la matière médicale. Ils doivent connaître les matières premières utilisées, réussir à identifier les simples pour éviter tout risque de ‘mauvaise cure’. Il est important de maîtriser l’adultération des produits, d’en connaître la conservation.

    C’est dans ces livres que des explications précises peuvent être trouvées. Ils sont assez répandus chez les auteurs arabes, comme Le Traité des simples d’Ibn al-Baytar ou le Canon Livre II d’Avicenne. Mais ces livres ne sont pas très répandus en Occident.

    On trouve aussi le Circa Instans écrit par Matheus Platearius, un professeur de l’école de Salerne. A la différence des antidotoires, il propose des recettes simples, une thérapeutique simplifiée et bien moins onéreuse que les recettes de polypharmacie. Il est à la fois un ouvrage de matière médicale et un herbier, il pourrait représenter un véritable guide pour les apothicaires même si on le retrouve plus chez les médecins.

     

     

     

     

     

    * Les ouvrages de médecine

     

    Ils sont peu fréquents dans les officines, leur connaissance n’étant pas obligatoire pour le métier d’apothicaire, mais sont essentiels chez les médecins. On classe dans cette rubrique les œuvres d’Hippocrate et de Galien, sources essentielles pour les médecins du Moyen âge et de l’époque moderne.

     

     

     

    * Les ouvrages de chirurgie

     

    On retrouve dans cette rubrique quatre auteurs qui se détachent du lot, présents à la fois chez les médecins, dans les universités et chez les apothicaires.

    Ce sont Roger de Parme, Théodoric, Jean de Vigo et Guy de Chauliac. Ces ouvrages ont en commun un caractère pratique, ils sont écrits en langue vulgaire donc plus facilement accessibles. On y trouve, comme dans le Grande Chirurgie, aussi bien des recettes contre la Peste noire que des conseils utiles dans la thérapeutique quotidienne.

    Ces œuvres sont largement diffusées à partir du XVème siècle et deviennent très populaires durant l’époque moderne.

      

    sources :

    http://www.medieval-moyen-age.net/article-les-traites-medicaux-au-moyen-age-83620503.html

      

      

     

     

     

     

     

     

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  • Les armoiries dans la société médiévale

     

    Au début du XIIIe siècle c'est une cause miltaire : résultat de la transformation de l'équipement de guerre. Rendus méconnaissables par le haume et le haubert, les combattants vont se distinguer en adoptant des signes distinctifs sur leur bouclier. Le port des armoiries sera très en vogue aussi et surtout dans les tournois, véritables petites batailles où combattants à pied ou à cheval s'affrontent en mêlées inextricables. les premières armoiries datent de 1160 - 1200 par les chevaliers bannerets, puis par les simples chevaliers, les nobles et enfin les écuyers vers 1220 - 1260.

      

    C'est l'usage du sceau qui a contribué à la diffusion des armoiries dans toutes les couches sociales. Car contrairement à la croyance elles ne sont pas l'apanage des nobles (et oui vous pouvez avoir la votre !). Les armoiries roturières sont très nombreuses au XIVe siècle, les 2/5 em des armoiries recensées sont roturières (bourgeois, corps de métiers, villes...)

      

    A partir du XIVe siécle, l'usage des armoiries fait partie intégrante de la vie quotidienne (vêtements, monuments, objets d'art...) Et si on faisait un concours de la plus belle armoirie ?

     

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  • En fait, notre vision repose surtout sur l'automne du Moyen Age, le XVème siècle. La peste noire fit des ravages : un tiers à deux tiers de la population moururent. La France fut ravagée par les armées anglaises, bourguignonnes ou armagnaques... Hors périodes de guerre, les soudards démobilisés se regroupaient en Grandes Compagnies, en troupes d'Écorcheurs et vivaient aux dépens des villes et des campagnes.

    Des bandes de voleurs, dont la fameuse des Coquillards, n'hésitaient pas à recourir au meurtre lors de leurs cambriolages. François Villon, étudiant devenu voleur et assassin d'un prètre, quelque peu défroqué et voleur lui aussi, fut sans doute un affilié de cette association qui devait son nom à la coquille usurpée des pèlerins de Compostelle.

     

    Brughel-mendiant

     

    Le Journal d'un bourgeois de Paris se fit l'écho en 1449 de l'effroi qui saisit l'opinion publique, ce qui prouve le caractère insolite, inouï, révoltant d'un tel acte : des mendiants présentaient des enfants volontairement handicapés.

    "890 Item, en ce temps furent prins caymens, larrons et meurtriers, lesquelx par jehaine ou autrement confesserent avoir emblé enfens, a 1'un avoir crevé les yeulx, a autres avoir coppé les jambes, aux autres les piez et autres maulx assez et trop. Et estoient femmes avec ces murtriers pour mieulx decevoir les peres et les meres et les enfens, et demouroient comme logez es hostelz in ou mi jours, et quant ilz veoient leur point, en plein marché, païs ou ailleurs ilz embloient ainsi les enfens et les martiroient, comme devant est dit.

    891 En ce temps, en la fin de mars mil IIIIc XLVIII, furent aucuns prins, qui encuserent tous les autres. Et de ces caymens furent panduz ung homme et une femme le mercredy XXIIIe jour d'avril, emprès le molin au vent ou chemin de Sainct-Denis en France, mil IIIIc XLIX.


    8892 Item, aucuns desdiz caymens qui estoient de la compaignie d'iceulx devantdiz furent mis en prinson, car on disoit qu'ilz avoient fait ung roy et une royne par leur derision, et fut prouvé centre eulx que ilz avoient a petiz enfens - qu'ilz avoient emblez es villaiges ou ailleurs - coppé les jambes, crevé les yeulx, et assez et trop de telz murdres faiz où ilz reperoient, et estoient tres grans compaignies de telz larrons a Paris et ailleurs."



    Le Macabre, un mouvement artistique qui prendra naissance à la fin de la guerre de cent ans, après les ravages de la Grande Peste.

     

    © grande-boucherie.chez.tiscali.fr

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    "La pêche miraculeuse" de Conrad Witz
       

     

    Lors du Concile de Bâle de 1444, l'évêque François de Metz commanda au peintre allemand Conrad Witz un retable pour la cathédrale Saint-Pierre. De cette oeuvre on conserve quatre panneaux dont la fameuse "Pêche miraculeuse", premier paysage réaliste de la peinture de chevalet européenne. Le peintre situe la scène biblique dans la rade de Genève. Sur la droite du tableau, on aperçoit les bases en pierre du château de l'Ile et les maisons sur pilotis construites dans le prolongement du pont.
    © Musées d’art et d’histoire de la Ville de Genève - Photographie Bettina Jacot-Descombes.

    LA RELIGION

    Aux monastères du haut Moyen Age étaient venus s'ajouter, dans la deuxième moitié du XIII e siècle, les couvents des Dominicains, à la Corraterie, et des Franciscains, à Rive. Des Clarisses s'installèrent au Bourg-de-Four en 1476 ; leur maison servit, après la Réforme, à l'Hôpital général avant de devenir le Palais de justice. Un ultime couvent, celui des Ermites de Saint-Augustin, se fixa en 1480 près du pont sur l'Arve.

    Les arts s'épanouissent
    Au Moyen Age, les lettres et les sciences genevoises sont pauvres. En revanche, les arts s'épanouissent au XV e siècle. L'aisance permet de reconstruire quatre églises paroissiales: la Madeleine, Notre-Dame-la-Neuve, Saint-Germain et Saint-Gervais.

    Le monument le plus intéressant est la chapelle Notre-Dame ou des Macchabées accolée à la cathédrale Saint-Pierre, terminée avant 1406, bel exemple de gothique tardif. Elle avait été fondée par le cardinal Jean de Brogny, originaire du diocèse et évêque de Genève, de 1423 à 1426.

    A la Réforme, d'innombrables sculptures et peintures religieuses furent détruites. La célèbre "Pêche miraculeuse", de Konrad Witz - gloire du Musée d'Art et d'histoire de Genève - est une des seules œuvres conservée

      

    sources : http://www.memo.fr/article.asp?ID=REG_GEN_MOY_009

      

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    La maison Tavel en 1869
    La maison Tavel est la plus vieille maison de Genève. Elle appartenait à une famille aristocratique qui joua un grand rôle aux XIIIe et XIVe siècles. 
     

    La naissance de la commune (XIIIe-XIVe)

     

     

    La naissance de la commune, est celle dont les conséquences furent les plus profondes. A la Réforme, succédant à l'évêque, la commune saisira le gouvernement de la cité, ses institutions deviendront celles de la République protestante jusqu'à la fin de l'Ancien Régime en 1792.

    Le progrès des villes depuis le XI e siècle avait engendré une classe de commerçants et d'artisans. Cette classe supportait mal la forme seigneuriale du gouvernement urbain. Elle entama la lutte pour arracher sa part dans les affaires publiques. A cette fin, elle se donna une organisation révolutionnaire, la commune. L'apparition de celle-ci à Genève est tardive par comparaison avec beaucoup d'autres villes. La première mention d'un mouvement collectif des habitants remonte à 1263. Au commencement, il est appuyé par les comtes de Savoie. En aidant les citadins en conflit avec l'évêque, ils affaiblissaient celui-ci.

    Les efforts violents des citadins pour faire triompher leurs revendications durèrent un demi-siècle. En 1309, l'évêque Aymon de Quart dut reconnaître l'existence légale de la commune et lui permettre de participer à l'administration de la ville. La révolution communale genevoise avait réussi.


    Les progrès de la commune (XIVe et XVe)
    Au XIV e siècle vit grandir la sphère d'intervention de la commune. Entre 1344 et 1364, les syndics obtinrent le droit d'exercer la justice pénale ; dorénavant, les syndics, chefs de la commune, jugent les affaires criminelles. Comme la justice pénale est un des privilèges fondamentaux du pouvoir seigneurial, son passage aux mains de la commune prouve le degré de puissance auquel celle-ci est parvenue. L'évêque Adhémar Fabri lui octroie, en 1387, une charte de franchises qui confirme solennellement ses droits.

     

    Dorénavant, même si Genève reste juridiquement une principauté sur laquelle règne un évêque, la domination réelle dans la cité appartient à la commune, à tel point que les évêques lui prêtent serment d'observer les franchises ; la commune, elle, ne prête serment à personne. Expression matérielle encore vivante de sa force, l'imposante Tour Baudet qu'elle fit bâtir à partir de 1455, où siège de nos jours le gouvernement genevois.

    La base de l'organisation communale était le Conseil général, qui ressemblait aux «Landsgemeinden» suisses. C'était une assemblée à laquelle assistaient alors non seulement les bourgeois qui avaient reçu le droit de bourgeoisie leur garantissant des avantages économiques, mais aussi les simples habitants. Le Conseil général élisait les quatre syndics, magistrats annuels dirigeant la commune, et était fréquemment consulté sur les questions les plus diverses.

    Les syndics s'entouraient de conseillers variant en nombre de douze à vingt, qui constituaient le Petit Conseil. Cette organisation communale genevoise a une originalité: le maintien de sa base populaire représentée par le Conseil général. La plupart des autres villes adoptent assez rapidement un régime plus aristocratique, la primauté est accaparée par des conseils restreints. A Genève, au XV e siècle, le Conseil général reste l'autorité suprême.


    Les crises du XIVe siècle
    Les progrès de la commune se déroulaient au moment où le monde occidental souffrait d'une crise à une extrême gravité. Il fut assailli par des famines et des guerres et, surtout, par des épidémies de peste. Cette maladie avait disparu de l'Europe depuis cinq ou six siècles. Venue d'Orient, elle fait un retour foudroyant à partir de 1347 et s'installe jusqu'au XVII e siècle.

     

    Les premières vagues, celles du XIV e siècle, furent les plus terribles. L'Europe occidentale perdit la moitié de sa population en cinquante ou soixante ans. Cette proportion est la même pour la région genevoise. La dépopulation, l'omniprésence de la mort eurent des répercussions dramatiques sur tous les aspects de la vie et de la mentalité des gens.

      

      

    sources : http://www.memo.fr/Article.asp?ID=REG_GEN_MOY_007

      

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  • le geste impudique de la Reine.

     

     

     

     

     Blanche de Castille, troisième fille du Roi d'Espagne Alphonse XIII, nièce et héritière

     

    du Roi d'Angleterre va être fiancée à l'héritier du trône de France Louis VIII et devint mère

     

    de notre < bon Roi Saint Louis >. Elle fut une "grande Reine", "femme de gouvernement",

     

    sauva la Monarchie en danger lors d'un soulèvement féodal et parvint à pacifier la France.

     

     

     

    * Un certain " Bertrand de REIMS " ménestrel de son état, promenait au travers des châteaux ses chroniques rimées, dont une certaine anecdote, qui n' est pas sans rappeler celle de " Phryné ", hétaïre à la mode au IV ème siècle avant J.C.

     

     

     

    * Si "Blanche de Castille" était fortement reine ,elle était très femme également. Il était dit, qu' Elle avait hérité du caractère de ses parents espagnols , aux moeurs quelque peu dissolues.

     

     

    * N'étant pas en meilleurs termes avec un certain " Evêque de Beauvais ", qui laissait courir sur la Reine des vilenies, Elle décida lors d'une séance au " Parlement ", de s' y rendre seulement recouverte d'un manteau.

     

     

     

    * Entrant dans la salle des séances, elle monta sur une table, fit face à " l' Evêque ", laissa tomber son manteau, se retrouva nue et se tournant en tous sens, afin qu' ils puissent se rendre compte qu'elle n'était pas en état de grossesse.

     

     

     

    * Grâce à ce geste osé, tout rentra dans l'ordre, les langues se turent et Blanche de Castille assuma une nouvelle fois la charge du gouvernement en 1248, lorsque son fils Louis XI ( Saint Louis ) partit en croisade.

     

     

     

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  • La Bourgeoisie au Moyen-âge ( II )




    Définition de la bourgeoisie


    Etymologie : de bourgeois, venant lui-même du latin burgensis, habitant du bourg (burgus).

    A la fin du Moyen Age, la bourgeoisie représente la classe sociale intermédiaire entre la Noblesse et la paysannerie. Implantée dans les villes dont elle a contribué à l'essor, la bourgeoisie se trouve dans les métiers du commerce, de la finance, de l'artisanat.

    Constituée d'hommes libres, possédant des droits et une propriété privée, la bourgeoisie s'est développée avec l'industrialisation. A l'origine de la Révolution française et de l'Etat de droit tel qu'il existe à l'heure actuelle, la bourgeoisie est parvenue à abolir les privilèges de la noblesse et à l'écarter du pouvoir, devenant ainsi la nouvelle classe dirigeante.

    Dans la théorie marxiste, la bourgeoisie est la classe sociale dominante qui, dans un pays capitaliste, détient les moyens de production et exploite le prolétariat en essayant de maintenir le coût de la main d'oeuvre le plus bas possible."On entend par bourgeoisie la classe des capitalistes modernes, propriétaires des moyens de production sociale et qui emploient le travail salarié."

      Karl Marx et Friedrich Engels - Le manifeste du parti communiste

    Par sa formation intellectuelle et son influence politique liée à son poids économique, la bourgeoisie domine la société.


    On distingue couramment :

    • la , classe la plus riche, qui possède les moyens de production (les capitalistes).haute bourgeoisie
    • la constituée des cadres supérieurs, des professions libérales et de ceux disposant d'un et de revenus importants,moyenne bourgeoisiepatrimoine
    • la composée des cadres moyens ou inférieurs, les petits commerçants, les petits propriétaires agricoles et tous ceux qui par leur mentalité se distinguent du prolétariat.petite bourgeoisie

    La moyenne et petite bourgeoisie forment ce que l'on appelle communément la classe moyenne.


    On distingue aussi :

    • La ayant des placements dans l’immobilier ou vivant de rentes.bourgeoisie passive
    • La constituée des entrepreneurs et des capitalistes qui créent, mettent en valeur ou financent des entreprises industrielles ou bancaires.bourgeoisie active


    >>> Terme connexe : Bourgeois

    >>> Terme connexe : Classe sociale

    >>> Terme connexe : Gentrification

    >>> Terme connexe : Marxisme

    >>> Terme connexe : Prolétariat

    >>> Citations sur la bourgeoisie

      

    sources : http://www.toupie.org/Dictionnaire/Bourgeoisie.htm

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    Toilette et hygiène au moyen-âge - le teint

     

      

    Découvrez une autre vision de l’hygiène des gens du Moyen Age, contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce ne sont pas des gens sâles et insouciant de leur allure.
    Les gens, au Moyen Age, aiment bien se laver et se lavent souvent contrairement à ce que beaucoup de clichés pourraient nous laisser croire.

    Certaines maisons très luxueuses comme celle de Jacques Cœur à Bourges ont, en effet, des salles de bains chauffées par des conduits sous le sol. Dans l’abbaye de Cluny, au XIème siècle, on a dénombré douze cellules voutées qui servaient de salles de bain, non chauffées cependant.

    Mais d’une manière générale, il n’y a pas dans la maison de pièce particulière réservée à la toilette. On se baigne dans la salle commune ou dans la chambre, dans un baquet de bois dans lequel on a pris soin de déplier un « fond de bain » en molleton qui évite de prendre des échardes dans les pieds. Les maisons n’ont pas l’eau courante, préparer un bain prend donc un certain temps. Il faut aller remplir des seaux d’eau au puits, chauffer le liquide dans la cheminée, et le verser ensuite dans la baignoire. Souvent un rideau autour du baquet permet de garder plus longtemps la chaleur.

    Lorsqu’un invité arrive de loin, après un long voyage, il est de bon ton de lui proposer un bain. La maitresse de maison se doit de partager sa baignoire avec une personne qu’elle veut honorer. C’est aussi une habitude courante que de se laver les pieds et les mains sous l’eau avant d’aller à table. On pousse la délicatesse jusqu’à parfumer cette eau, comme l’indique cette recette du XIVème siècle, donnée par un mari soigneux à sa jeune épouse : « Ou vous mettez dessus (sur l’eau tiède) camomille ou marjolaine, ou vous mettez du romarin à cuire avec de l’écorce d’oranges .

    Et aussi feuilles de lauriers y sont bonnes ».


    Toilette et hygiène au moyen-âge - le teint

     http://romano03.free.fr/hy​giene_au_moyenage.htm 

     

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    Toilette et hygiène au Moyen Age

     

    Et aussi feuilles de lauriers y sont bonnes ».

      

    LA CHEVELURE

    Après la blancheur du teint, la chevelure est la deuxième préoccupation en ce qui concerne les soins de beauté.

    Les cheveux seront de préférence longs et blonds. Ils incarnent la beauté féminine et sont décrits dans la littérature comme des rayons de soleil tant ils resplendissent. Le roux aussi est apprécié, quand il n'est pas associé au malin.



    Ainsi, beaucoup de femmes cherchaient à teindre leurs cheveux ou à les décolorer, même si un grand nombre de teintures se révélaient dangereuses.

    Pour teindre les cheveux en blond, Aldebrandin préconise de "faire cuire en lessive" de la paille d'avoine ou des fleurs de genêt, et "vo teste laver". Filippo Degli Agazzari conseille d'exposer les cheveux au soleil de nombreuses heures.

    Pour décolorer les cheveux, on procèdera à un premier lavage au moyen de savon cuit avec du safran, puis on effectuera un second lavage avec de l'alun dissout par ébullition. Pour être efficace, cette préparation sera laissée toute la nuit.

    La couleur rousse pourra être obtenue avec le safran et l'alcaune.

    Pour teindre les cheveux en noir, on trouve une recette ressemblant à celle de l'encre dite gallo-ferrique, à base de rouille de fer, de noix de galle, de brou de noix, et de l'alun, le tout étant mis à bouillir dans du vinaigre.

    Enfin, pour maintenir la couleur de cheveux châtains afin de cacher les cheveux blancs, on utilisera la noix de galles, ou "tan de chastaine", trempée dans de l'eau de pluie puis cuite avec des feuilles de noyer. 

     Pour que les cheveux aient de la tenue, ils sont parfois crêpés. Dans le but de les épaissir, Aldebrandin conseille l'orpiment réduit en poudre et mélangé à de l'huile d'olive, tandis que "L'ornement des Dames" propose plutôt l'huile de laurier.

    Pour favoriser la pousse des cheveux, la "brionnie" cuite dans le vin est employée.



    L'entretien régulier consiste en une "bonne lessive" à base de savon, qui se fera de préférence le samedi, jour où "les femmes ont coutume de se laver les cheveux", après le grand ménage hebdomadaire.

    Les cheveux seront ensuite peignés et recoiffés, tressés ou attachés en chignon en-dessous de la coiffe.



    Pour éliminer les pellicules, qui "funt les chevrous porrir", les préparations sont composées de feuilles ou fleurs de genêt, de semence d'ortie, ou de jus de mauve, mélangées à du vinaigre.
     

      

    sources : D.R. le 28 mai 2010

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    le Moyen-âge - mes femmes Médecins.

     

      

      

    Si les femmes n'ont pas le droit d'exercer la médecine, quelques-unes pourtant réussissent dans ce domaine, telle Jacqueline Félicie de Almania, connue par le procès que lui intentent les régents de la Faculté de Paris. Elle agit en vrai médecin, mirant les urines et prenant le pouls. Plusieurs patients viennent témoigner en sa faveur, affirmant qu'elle les a guéris, alors que d'autres médecins n'y parvenaient pas. L'un d'eux affirme qu'il a fréquemment entendu l'accusée dire qu'elle s'y connaît davantage en matière de médecine et de chirurgie que les praticiens parisiens les plus renommés. Jacqueline elle-même déclare que l'ordonnance qui est à l'origine du procès a pour but d'empêcher les ignorants d'exercer la médecine; elle ne la concerne donc pas puisqu'elle possède savoir et expérience. En outre, les doctoresses, ajoute-t-elle, sont nécessaires parce que de nombreuses femmes éprouvent de la honte à montrer à des hommes leurs organes intimes.

      


    le Moyen-âge - mes femmes Médecins.

      

     

    sources D.R. le 28 mai 2010

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    Le moyen-âge - le jeu de cartes....

     

      

    Les femmes se passionnent rapidement pour le jeu de cartes dont la grande vogue date du règne de Charles VII. La chose s'explique aisément. Exclues dans une large mesure des jeux d'exercice, ne pouvant jouer aux dés sans être mal vues si elles occupent un certain rang, elles trouvent dans les cartes l'occasion de mêler hasard et réflexion. Il s'agit, en outre, d'un jeu d'intérieur, ce qui leur convient parfaitement. Dans cet intérieur où elles se retrouvent pour bavarder, en particulier le soir à la veillée. Une habitude que n'apprécient guère les autorités ecclésiastiques qui redoutent des indé­cences. Un mandement de 1493 relatif au diocèse de Saint-Brieuc rappelle l'interdiction de tenir de telles réunions «dans notre cité et le diocèse entier».

    Si les femmes n'ont pas le droit d'exercer la médecine, quelques-unes pourtant réussissent dans ce domaine, telle Jacqueline Félicie de Almania, connue par le procès que lui intentent les régents de la Faculté de Paris. Elle agit en vrai médecin, mirant les urines et prenant le pouls. Plusieurs patients viennent témoigner en sa faveur, affirmant qu'elle les a guéris, alors que d'autres médecins n'y parvenaient pas. L'un d'eux affirme qu'il a fréquemment entendu l'accusée dire qu'elle s'y connaît davantage en matière de médecine et de chirurgie que les praticiens parisiens les plus renommés. Jacqueline elle-même déclare que l'ordonnance qui est à l'origine du procès a pour but d'empêcher les ignorants d'exercer la médecine; elle ne la concerne donc pas puisqu'elle possède savoir et expérience. En outre, les doctoresses, ajoute-t-elle, sont nécessaires parce que de nombreuses femmes éprouvent de la honte à montrer à des hommes leurs organes intimes.

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    sources : D.R. le 28 mai 2010

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  • VETEMENTS au MOYEN AGE..Les vêtements

                          Types de vêtements
     

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

      

    Les paysans

      

     

    Au Moyen Âge, les gens modestes avaient des vêtements assez semblables entre eux. La robe courte était le costume ordinaire des paysans avec les chaussures à la poulaine. Ils portaient le plus souvent les couleurs les moins nobles comme le gris, obtenues à l'aide d'écorce d'aulne, un arbre poussant en milieu humide.

    Les moines

    Certains moines, comme les cisterciens, s'habillaient avec des vêtements en laine non teintes (gris, brun). La robe traditionnelle s'appelle la coule. Par dessus, les frères portaient une longue tunique. Une pièce rectangulaire noire, serrée par une ceinture, servait également de tablier de travail. On l'appelait le scapulaire.

    Les nobles
    VETEMENTS au MOYEN AGE..

    Les nobles s'habillaient avec des collants et des tuniques et des vêtements étaient plus coûteux, comme de la fourrure ou de la soie, et des teintures chères. Les couleurs principales étaient le bleu et le rouge.

    Techniques

    Matériaux
    La laine était la plus répandue, grossière ou fine. Le lin la remplaçait dans certaines régions. On importait aussi des cotonnades et des soieries. Les Balkans exportaient du chanvre pour la toile et les cordes ainsi que des fourrures.

    Les paysans faisaient leurs sabots eux-mêmes ou allaient à pieds nus. D’autres portaient de grosses semelles de bois ou de liège pour se protéger de la boue. Les chaussures à talon n’apparurent qu’au cours des siècles suivants. Les meilleures chaussures de cuir venaient d’Espagne.

     

    Couleurs

    Au Moyen Âge, on utilisait des couleurs naturelles. Par exemple :
    • le bleu était fabriqué à partir de la guède (plante dont on tire le pastel)
    • le rouge = la garance (dont le pouvoir colorant est connu depuis la Préhistoire)
    • le vert = le plantain ou le genêt
    • le jaune = le safran ou la gaude.

     

    sources - D.R.

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  • BEAUTE au MOYEN AGE

    Les mains :

    Comme tout ce qui découvert et à la vue de tous, les mains doivent être blanches, et elles seront l'objet de soins attentifs.

    Pour les adoucir, on utilise l'huile d'amande douce ou le miel.

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    Les chroniqueurs du Moyen Age font des rues de Paris des descriptions assez effarantes. Pour se débarrasser du contenu de leurs pots de chambre, les habitants de la capitale n'ont pas d'autre moyen, semble-t-il, que de le jeter par la fenêtre ! Ceux qui vivent près du Pont-Neuf se servent tout simplement de la Seine comme dépotoir. Sans parler des déchets de boucherie, de triperie près du Pont-au-Change, des résidus des tanneries, des teintureries... Or, à cette époque, la Seine fournit aux Parisiens l'eau qu'ils boivent et avec laquelle ils se lavent, exercice qu'ils pratiquent d'ailleurs fort épisodiquement: les bains ont mauvaise réputation et passent pour préjudiciables à la santé.
             

    A partir du règne de Philippe Auguste, un certain effort de salubrité est entrepris. En même temps que les premières rues pavées, apparaissent les premiers égouts. Malgré ces mesures salutaires édictées par les autorités, Paris et les principales villes de France offrent l'aspect de vastes latrines.
    Le nettoiement des rues n'est assuré que très irrégulièrement, par exemple au moment des entrées royales ou durant les périodes d'épidémie. Dans le premier cas, les habitants sont tenus de curer les rues eux-mêmes, car il n'existe évidemment aucun service de voirie. Dans le deuxième cas, obligation est faite aux particuliers de mettre leurs ordures et détritus divers dans des paniers qu'ils rangeront le long des maisons et qui seront ensuite ramassés par des charretiers. L'effort de salubrité de-mandé aux habitants ne se prolonge pas au-delà de l'entrée du roi ou de la fin de l'épidémie. L'alerte passée, malgré les risques d'amende ou d'emprisonnement, les Parisiens reprennent leurs regrettables habitudes.

      

    Les noms de rue nous laissent un témoignage précieux et plein d'humour sur l'état de la chaussée au Moyen Age.
             

    A côté de la sempiternelle GrandRue ou Grand Pavé rencontrée partout, des habituelles rues du Château, de l'Eglise, de l'Abbatiale, des Halles figurent des toponymes évocateurs de la gravité d'une situation, d'un état des lieux. Les rues Cavée, Creuse, Bie Crabe (rue en creux), les Trous Punais, la rue des Petits Pentheurs et d'autres appellations similaires sont déjà en soi révélatrices de voies remplies de saletés, de véritables fossés. 
             

    Que dire alors des rues ou ruelles Sale, Foireuse, du Bourbier ou de l'Avalasse, des voies appelées Basse-Fesse, Bougerue du Pipi, des Aysances, de la Triperie! Qu'évoquent encore ces légions de Merderon, de Merdereau (utilisé aussi pour les ruisseaux), de Merderouille, de Merdaric, de Merdron, de Merderel, de Merderet, ou encore ces rues Etoupée (bouchée), ces impasses du Cloaque, du fossé du Poullyon et d'autres appellations qui indiquent la présence d'immondices?
              

    Il existe au Moyen Age, à Lourdes, une place Marcadal dont le nom vient de Marcaladosa ou «quartier fangeux» à proximité d'une tour de Mauhourat, ou «mauvais trou», de fossés nauséabonds et d'une mare boueuse, encore mentionnés en 1412. Une porte Merdière s'ouvre dans l'enceinte de Saintes. Les écrits de l'époque usent d'un vocabulaire d'une richesse peu commune quand il s'agit d'évoquer l'excrément, la pestilence, le malodorant ! le manque d'ygiène total !!

      

    Le moyen-âge .... les rues... de vastes latrines

      

      

      

      

    sources..http://www.histoire-en-questions.fr/moyen%20age/vie-gastronomie-cloaques.html

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