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    JEAN DE JERUSALEM

      

    Le prophète le plus prolifique et le plus médiatisé de ce millénaire

     

    LA PROPHETIE ANNONCANT LE NOUVEL ORDRE MONDIAL

      

    Cette prophétie a été écrite en 1099 par Jean de Vezelay (Jean de Jérusalem ou Jean de Mareuil), l'un des 8 fondateurs de l'Ordre des Templiers.

      

    La première partie de la prophétie est une sombre prédiction pour la période de l'an 2000, "l'An Mille qui vient après l'An Mille". La deuxième partie annonce une ère nouvelle et pleine d'espoir, "lorsque ce sera le plein de l'An Mille qui vient après l'An Mille"...

    Nous connaissons deux apocalypses, celle de Daniel et celle de Jean. La première ne subsiste aujourd'hui que grâce à la ferveur de certains milieux marginaux du monde Chrétien, celle de jean au contraire a été reconnue par le canon chrétien au concile de Tolède, en 633, malgré les doutes sur son origine.

      

    Certains pensent qu'elle a été écrite par des disciples de Jean, proche du milieu éssénien. Néanmoins, nous trouverons de nombreuses associations entre la Kabbale et l'Apocalypse alors que la plupart des gens n'y voient que l'annonce d'une catastrophe et de la fin du monde. (Notons que nous trouvons cette même peur aux alentours de l'an 1OOO qui voit l'Ordre du Temple s'établir).

    Lorsque commencera l'an mille qui vient après l'an mille,
    L'homme aura peuplé les cieux et la terre et les mers de ses créatures

    Ce document a été retrouvé par le professeur Galvieski dans les archives du monastère de Zargorsk en Russie au monastère de la Sainte Trinité Saint Serge près de Moscou. Dans son introduction, ce manuscrit indiquait qu’après la conquête par les Turcs de Constantinople en 1453, sur l’île de Zagorsk, dans l’Empire de la foi resté préservé, sont venus se réfugier les hommes et leurs écrits et parmi eux Le "Protocole Secret" qui enseigne le destin des hommes quand commencera "l’An Mille qui vient après l’An Mille…" c'est à dire les années après l'an 2000.

    Ce Protocole Secret dont parle le manuscrit de Zagorsk est recueilli par des religieux sur la route de Compostelle. Jean de Vezelay devenu un moine chrétien, chevalier Croisé, l'un des fondateurs de l'Ordre du Temple et l'un des premiers templiers, il participa à la libération de Jérusalem en 1099, conquise 20 ans plus tôt par les Turcs. C’est au cours de son séjour dans la Ville Sainte qu’il rédigea son recueil prophétique.

    Voici le Livre des Prophéties , Le troisième millénaire révélé , de Jean de Jérusalem , traduit par M. Galvieski , qui a découvert le manuscrit du Livre des prophéties (Ed. J.C. Lattès , 1994).

    LA PROPHETIE DE JEAN DE JERUSALEM

    Je vois et je sais.

    Mes yeux découvrent dans le Ciel ce qui sera et je franchis le temps d'un seul pas.
    Une main me guide vers ce que vous ne voyez ni ne savez.

    Mille ans auront passé et Jérusalem ne sera plus la ville des Croisés du Christ.
    Le sable aura enfoui sous ses grains les murailles de nos châteaux, nos armures et nos os.
    Il aura étouffé nos voix et nos prières.

    Les Chrétiens venus de loin en pèlerins là où étaient leur Droit et leur Foi, n'oseront s'approcher du
    Tombeau et des Reliques qu'escortés par des Chevaliers Juifs qui auront ici leur Royaume et leur Temple.

    Les Infidèles seront une foule innombrable qui se répandra partout
    et leur foi résonnera comme le tambour d'un bout à l'autre de la Terre.
    Je vois la Terre immense.

    Des continents qu'Hérodote ne nommait que dans ses rêves se seront ajoutés au-delà des grandes forêts
    dont parle Tacite, et loin au bout de mers illimitées qui commencent après les Colonnes d'Hercule.
    Mille ans auront passé depuis le temps que nous vivons et les fiefs se seront partout rassemblés en de grands royaumes et de vastes empires.

    Des guerres aussi nombreuses que les mailles de la cotte que portent les Chevaliers de l'Ordre se seront
    entrecroisées, défaisant les royaumes et les empires, en tissant d'autres.

    Et les serfs, les manants, les pauvres sans feu se seront mille fois révoltés, brûlant les récoltes, les
    châteaux et les villes, jusqu'à ce qu'on les écorche vifs et qu'on force les survivants à rentrer dans leurs tanières.

    Ils se seront crus Rois.

    Mille ans auront passé et l'homme aura gagné le fond des mers et des cieux et il sera comme une étoile au firmament.
    Il aura acquis la puissance du soleil et il se sera pris pour Dieu, bâtissant sur l'immense terre mille tours de Babel.
    Il aura construit des murs sur les ruines de ceux qu'avaient élevés les Empereurs de Rome, et ils
    sépareront une nouvelle fois des Légions et des Tribus Barbares.

    Au-delà des grandes forêts sera un Empire.
    Quand les murs s'effondreront l'Empire ne sera plus qu'une eau boueuse.
    Les peuples seront une nouvelle fois mêlés.

    Alors commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille.

    Je vois et je sais ce qu'il sera.
    Je suis le scribe.

    Lorsque commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille l'homme sera devant la bouche d'ombre d'un
    labyrinthe obscur.
    Et je vois au fond de cette nuit dans laquelle il va s'enfoncer les yeux rouges du Minotaure.

    Prends garde à sa fureur cruelle, toi qui vivras l'An Mille qui vient après l'An Mille.


     

    Lorsque commencera l'An Mille qui vient après L'An Mille...

    1
    Lorsque commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille
    L'Or sera dans le Sang
    Qui regardera les étoiles y comptera des deniers
    Qui entrera dans le Temple y rencontrera les marchands
    Les Souverains seront changeurs et usuriers
    Le Glaive défendra le Serpent

    Mais le feu couvera
    Chaque ville sera Sodome et Gomorrhe
    Et les enfants des enfants deviendront la nuée ardente
    Ils lèveront les vieux étendard

    2
    Lorsque commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille
    L'Homme aura peuplé les Cieux et la Terre et les Mers de ses Créatures
    Il ordonnera
    Il voudra les pouvoirs de Dieu
    Il ne connaîtra aucune limite

    Mais chaque chose se retournera
    Il titubera comme un roi ivre
    Il galopera comme un chevalier aveugle
    Et à coup d'éperon il poussera sa monture dans la forêt
    Au bout du chemin sera l'abîme

    3
    Lorsque commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille
    Se dresseront en tous points de la Terre des Tours de Babel
    Ce sera Rome et ce sera Byzance
    Les champs se videront
    Il n'y aura de loi que de soi et de sa bande

    Mais les Barbares seront dans la ville
    Il n'y aura plus de pain pour tous
    Et les jeux ne suffiront plus
    Alors les gens sans avenir allumeront les grands incendies

    4
    Lorsque commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille
    La faim serrera le ventre de tant d'hommes
    Et le froid bleuira tant de mains
    Que ceux-là voudront voir un autre monde
    Et des marchands d'illusions viendront qui proposeront le poison

    Mais il détruira les corps et pourrira les âmes
    Et ceux-là qui auront mêlé le poison à leur sang
    Seront comme bête sauvage prise au piège
    Et tueront et violeront et rançonneront et voleront
    Et la vie deviendra une apocalypse de chaque jour

    5
    Lorsque commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille
    Chacun cherchera à jouir tout ce qu'il peut
    L'Homme répudiera son épouse autant de fois qu'il se mariera
    Et la femme ira par les chemins perdus (creux) prenant celui qui lui plaira
    Enfantant sans donner le nom du Père

    Mais aucun Maître ne guidera l'Enfant
    Et chacun parmi les autres sera seul
    La tradition sera perdue
    La loi sera oubliée
    Comme si l'Annonce n'avait pas été faite et l'homme redeviendra sauvage

    6
    Lorsque commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille
    Le père prendra son plaisir avec sa fille
    L'homme avec l'homme la femme avec la femme
    Le vieux avec l'enfant impubère
    Et cela sera aux yeux de tous
    Mais le sang deviendra impur.

    Le mal se répandra de lit en lit
    Le corps accueillera toutes les putréfactions de la terre
    Les visages seront rongés les membres décharnés
    L'amour sera haute menace pour ceux qui ne se connaissent que par la chair

    7
    Lorsque commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille
    Celui qui parlera de Serment et de Loi ne sera pas entendu
    Celui qui prêchera la Foi du Christ perdra sa voix dans le désert
    Mais partout se répandra les eaux puissantes des religions infidèles

    De faux messies rassembleront les hommes aveuglés
    Et l'infidèle armé sera comme jamais il ne fut
    Il parlera de justice et de droit et sa foi sera brûlante et tranchante
    Il se vengera de la Croisade

    8
    Lorsque commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille
    Le bruit de la mort donnée roulera comme l'orage sur la terre
    Les barbares seront mêlés aux soldats des dernières légions
    Les Infidèles vivront dans le cœur des Villes Saintes
    Chacun sera tour à tour barbare, infidèle et sauvage
    Il n'y aura plus d'ordre ni de règle.

    La haine se répandra comme la flamme dans la forêt sèche
    Les barbares massacreront les soldats
    Les infidèles égorgeront les croyants
    La sauvagerie sera de chacun et de tous et les villes périront

    9
    Lorsque commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille
    Les hommes se jugeront entre eux selon leur sang et leur foi
    Nul n'écoutera le cœur souffrant des enfants
    On les dénichera comme des oisillons
    Et personne ne saura les protéger de la main raidie par le gantelet.

    La haine inondera les terres qui se croyaient pacifiées
    Et nul ne sera épargné ni les vieux ni les blessés
    Les maisons seront détruites ou volées
    Les uns prendront la place des autres
    Chacun fermera les yeux pour ne pas voir les femmes violées

    10
    Lorsque commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille
    Chacun saura ce qui est en tous les lieux de la terre
    On verra l'enfant dont les os percent la peau
    Et celui dont les yeux sont couverts de mouches
    Et celui qu'on pourchasse comme un rat.

    Mais l'homme qui verra détournera la tête
    Car il ne se souciera que de lui
    Celui-là donnera une poignée de grains comme aumône
    Alors qu'il dort sur des sacs pleins
    Et ce qu'il donnera d'une main il le reprendra de l'autre

    11
    Lorsque commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille
    L'homme fera marchandise de tout
    Chaque chose aura son prix
    L'arbre, l'eau et l'animal
    Plus rien ne sera vraiment donné et tout sera vendu
    Mais l'homme alors ne sera plus que poids de chair

    On troquera son corps comme un quartier de viande
    On prendra son œil et son cœur
    Rien ne sera sacré, ni sa vie ni son âme
    On se disputera sa dépouille et son sang comme une charogne à dépecer

    12
    Lorsque commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille
    L'homme aura changé le visage de la terre
    Il se voudra le Maître et le Souverain des forêts et des troupeaux
    Il aura creusé le sol et le ciel
    Et tracé son sillon dans les fleuves et les mers
    Mais la terre sera nue et stérile.

    L'Air deviendra brûlant et l'eau sera fétide
    La vie se fanera car l'homme épuisera la richesse du monde
    Et l'homme sera seul comme un loup
    Dans la haine de lui

    13
    Lorsque commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille
    L'enfant sera lui aussi vendu
    Certains se serviront de lui comme d'une quintaine (*)
    Pour jouir de sa neuve peau
    D'autres le traiteront comme un animal servile
    On oubliera la faiblesse sacrée de l'enfant
    Et son mystère.

    Il sera comme un poulain qu'on dresse
    Comme un agneau qu'on saigne qu'on abat
    Et l'homme ne sera plus rien que barbarie

    14
    Lorsque commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille
    Le regard et l'esprit des hommes seront prisonniers
    Ils seront ivres et l'ignoreront
    Ils prendront les images et les reflets pour la vérité du monde
    On fera d'eux ce que l'on fait d'un mouton.

    Alors les carnassiers viendront
    Les rapaces les mettront en troupeau pour mieux les guider vers l'abîme et les dresser les uns contre les autres
    On les écorchera pour prendre leur laine et leur peau
    Et l'homme s'il survit sera dépouillé de son âme

    15
    Lorsque commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille
    Régnerons des Souverains sans croyance
    Ils ordonneront aux foules humaines innocentes et passives
    Ils cacheront leurs visages et garderont leurs noms secret
    Et leurs châteaux forts seront perdus dans les forêts
    Mais ils décideront du sort de tout et de tous.

    Personne ne participera aux assemblées de leur ordre
    Chacun sera vrai serf et se croira homme libre et chevalier
    Seuls se dresseront ceux des villes sauvages et des fois hérétiques
    Mais ils seront d'abord vaincus et brûlés vifs

    16
    Lorsque commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille
    Les hommes seront si nombreux sur les terres
    Qu'ils ressembleront à une fourmilière dans laquelle on enfonce le bâton
    Ils grouilleront et la mort les écrasera du talon
    Comme des insectes affolés
    De grands mouvements les pousseront d'une contrée à l'autre.

    Les peaux brunes se mêleront aux peaux blanches
    La Foi du Christ à celle de l'Infidèle
    Certains prêcheront la paix jurée
    Mais partout ce sera la guerre des tribus ennemies

    17
    Lorsque commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille
    Les hommes voudront franchir toutes les enceintes
    La mère aura les cheveux gris d'une vieille
    Le chemin de la nature sera abandonné
    Et les familles seront comme des grains séparés que rien ne peut unir.

    Ce sera donc un autre monde
    Chacun errera sans lien comme un cheval emballé
    Allant en tout sens sans guide
    Malheur au chevalier qui chevauchera cette monture
    Il sera sans étrier et chutera dans le fossé

    18
    Lorsque commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille
    Les hommes ne s'en remettront plus à la loi de Dieu
    Mais voudront guider leur vie comme une monture
    Ils voudront choisir leurs enfants dans le ventre de leurs femmes
    Et tueront ceux qu'ils n'aimeront pas
    Mais que sera l'homme qui se prendra ainsi pour Dieu ?

    Les Puissants se saisiront des meilleures terres et des plus belles femmes
    Les pauvres et les faibles seront du bétail
    Chaque masure deviendra donjon
    La peur sera en chaque cœur comme un poison

    19
    Lorsque commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille
    Un ordre noir et secret aura surgi
    Sa loi sera de haine et son arme le poison
    Il voudra toujours plus d'or et étendra son règne sur toute la terre
    Et ses servants seront liés entre eux par un baiser de sang
    Les hommes justes et les faibles subiront sa règle.

    Les Puissants se mettront à son service
    La seule loi sera celle qu'il dictera dans l'ombre
    Il vendra le poison jusque dans les églises
    Et le monde marchera avec ce scorpion sous son talon

    20
    Lorsque commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille
    Bien des hommes resteront assis les bras croisés
    Ou bien iront sans savoir où les yeux vides
    Car ils n'auront plus de forge où battre le métal
    Et plus de champ à cultiver.

    Ils seront comme une graine qui ne peut prendre racine
    Errants et démunis humiliés et désespérés
    Les plus jeunes et les plus vieux souvent sans lieux
    Ils n'auront que la guerre pour salut
    Et ils se combattront d'abord eux-mêmes et ils haïront leur vie

    21
    Lorsque commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille
    Les maladies de l'eau du ciel et de la Terre
    Frapperont l'homme et le menaceront
    Il voudra faire renaître ce qu'il a détruit et protéger ce qui demeure
    Il aura peur des jours qui viennent
    Mais il sera bien tard.

    Le désert rongera la terre et l'eau sera de plus en plus profonde
    Elle ruissellera certains jours en emportant tout comme un déluge
    Et elle manquera le lendemain à la terre
    Et l'air rongera le corps des plus faibles

    22
    Lorsque commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille
    La terre tremblera en plusieurs lieux et les villes s'effondreront
    Tout ce que l'on aura construit sans écouter les sages sera menacé et détruit
    La boue submergera les villages et le sol s'ouvrira sous les Palais
    L'homme s'obstinera car l'orgueil est sa folie
    Il n'entendra pas l'avertissement répété de la terre.

    Mais l'incendie détruira les nouvelles Rome
    Et dans les décombres accumulés
    Les pauvres et les barbares pilleront malgré les Légions les richesses abandonnées

    23
    Lorsque commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille
    Le soleil brûlera la terre
    L'Air ne sera plus le voile qui protège du feu
    Il ne sera qu'un rideau troué
    Et la lumière brûlante rongera les peaux et les yeux.

    La mer s'élèvera comme une eau qui bout
    Les villes et les rivages seront ensevelies
    Et des continents entiers disparaîtront
    Les hommes se réfugieront sur les hauteurs
    Et ils reconstruiront oubliant déjà ce qui est survenu

    24
    Lorsque commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille
    Les hommes sauront faire vivre des mirages
    Les sens seront trompés et ils croiront toucher ce qui n'est pas
    Ils suivront des chemins que seuls les yeux verront
    Et le rêve pourra ainsi devenir vivant.

    Mais l'homme ne saura plus séparer ce qui est de ce qui n'est pas
    Il se perdra dans de faux labyrinthes
    Ceux qui sauront faire naître des mirage
    Se joueront de l'homme naïf en le trompant
    Et beaucoup d'hommes deviendront des chiens rampants

    25
    Lorsque commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille
    Les animaux que Noé avait embarqués sur son Arche
    Ne seront plus entre les mains de l'Homme
    Que bêtes transformées selon sa volonté
    Et qui se souciera de leur souffrance vivante?
    L'homme aura fait de chaque espèce ce qu'il aura voulu
    Et il en aura détruit d'innombrables.

    Que sera devenu l'homme qui aura changés les lois de la vie ?
    Qui aura fait de l'animal vivant une motte de glaise ?
    Sera-t-il l'égal de Dieu ou l'enfant du Diable ?

    26
    Lorsque commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille
    Il faudra avoir peur pour l'enfant de l'homme
    Le poison et le désespoir le guetteront
    On ne l'aura désiré que pour soi et non pour lui ou pour le monde
    Il sera traqué pour le plaisir et parfois on vendra son corps
    Mais même celui qui sera protégé par les siens
    Sera menacé d'avoir l'esprit mort.

    Il vivra dans le jeu et le mirage
    Qui le guidera puisqu'il n'y aura plus maître
    Personne ne lui aura enseigné à espérer et à agir

    27
    Lorsque commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille
    L'homme se croira Dieu alors qu'il ne sera rien de plus qu'à sa naissance
    Il frappera toujours vaincu par la colère et la jalousie
    Mais son bras sera armé de la puissance dont il se sera emparé
    Et Prométhée aveuglé il pourra tout détruire autour de lui.

    Il restera un nain de l'âme et il aura la force d'un géant
    Il avancera d'un pas immense mais il ignorera quel chemin prendre
    Sa tête sera lourde de savoir
    Mais il ne saura pas pourquoi il vit et il meurt
    Il sera comme toujours le fou qui gesticule ou l'enfant qui geint

    28
    Lorsque commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille
    Des contrées entières seront la proie de la guerre
    Au-delà du limès (*) romain et même sur l'ancien territoire de l'Empire
    Les hommes des mêmes cités s'égorgeront
    Ici sera la guerre entre tribus et là entre croyants.

    Les Juifs et les enfants d'Allah n'en finiront pas de s'opposer
    Et la terre du Christ sera leur champ de bataille
    Mais les infidèles voudront partout défendre la pureté de leur foi
    Et il n'y aura en face d'eux que doute et puissance
    Alors la mort s'avancera partout comme l'étendard des temps nouveaux

    29
    Lorsque commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille
    Des hommes en multitude seront exclus de la vie humaine
    Ils n'auront ni droits ni toit ni pain
    Ils seront nus et n'auront que leurs corps à vendre
    On les rejettera loin des tours de Babel de l'opulence
    Ils grouilleront comme un remords et une menace
    Ils occuperont des contrées entières et prolifèreront.

    Ils écouteront les prédications de la vengeance
    Et ils se lanceront à l'assaut des tours orgueilleuses
    Le temps sera revenu des invasions barbares

    30
    Lorsque commencera l'An Mille qui vient après l'An Mille
    L'homme sera entré dans le labyrinthe obscur
    Il aura peur et il fermera les yeux car il ne saura plus voir
    Il se défiera de tout et il craindra à chaque pas
    Mais il sera poussé en avant car aucune halte ne sera permise
    La voix de Cassandre sera pourtant haute et forte
    Il ne l'entendra pas.

    Car il voudra toujours plus posséder et sa tête sera perdue dans les mirages
    Ceux qui seront ses Maîtres le tromperont
    Et il n'y aura que des mauvais bergers


     

    Lorsque ce sera le plein de l'An Mille qui vient après l'An Mille

    31
    Lorsque ce sera le plein de l'An Mille qui vient après l'An Mille
    Les hommes auront enfin ouvert les yeux
    Ils ne seront plus enfermés dans leurs têtes et dans leurs cités
    Ils se verront et s'entendront d'un point à l'autre de la terre
    Ils sauront que ce qui frappe l'un blesse l'autre
    Les hommes formeront comme un grand corps unique
    Dont chacun d'eux sera une part infime.

    Et ils constitueront ensemble le cœur
    Et il y aura enfin une langue qui sera parlée par tous
    Et il naîtra ainsi enfin le grand humain

    32
    Lorsque ce sera le plein de l'An Mille qui vient après l'An Mille
    L'homme aura conquis le ciel
    Il créera des étoiles dans la grande mer bleu sombre
    Et il naviguera sur cette nef brillante
    Nouvel Ulysse compagnon du Soleil pour l'Odyssée Céleste

    33
    Lorsque ce sera le plein de l'An Mille qui vient après l'An Mille
    Les hommes pourront s'enfoncer sous les eaux
    Leur corps sera nouveau et ils seront poissons
    Et certains voleront haut plus haut que les oiseaux
    Comme si la pierre ne tombait pas
    Ils communiqueront entre eux
    Car leur esprit sera si grand ouvert qu'il recueillera tous les messages
    Et les rêves seront partagés
    Et ils vivront aussi longtemps que le plus vieux des hommes
    Celui dont parle les Livres Saints

    34
    Lorsque ce sera le plein de l'An Mille qui vient après l'An Mille
    L'homme saura quel est l'esprit de toute chose
    La pierre ou l'eau le corps de l'animal ou le regard de l'autre
    Il aura percé les secrets que les Dieux anciens possédaient
    Et il poussera porte après porte dans le labyrinthe de la vie nouvelle
    Il créera avec la puissance et le jaillissement d'une source
    Il enseignera le savoir à la multitude des hommes
    Et les enfants connaîtront la terre et le ciel plus qu'aucun avant eux
    Et le corps de l'homme sera agrandi et habile
    Et son esprit aura enveloppé toutes choses et les aura possédées

    35
    Lorsque ce sera le plein de l'An Mille qui vient après l'An Mille
    L'homme ne sera plus le seul souverain car la femme viendra saisir le sceptre
    Elle sera la grande maîtresse des temps futurs
    Et ce qu'elle pensera elle l'imposera aux hommes
    Elle sera la mère de cet An Mille qui vient après l'An Mille
    Elle répandra la douceur tiède de la mère après les jours du Diable
    Elles sera la beauté après la laideur des temps barbares
    L'An Mille qui vient après l'An Mille se changera en temps léger
    On aimera et on partagera
    On rêvera et on enfantera les rêves

    36
    Lorsque ce sera le plein de l'An Mille qui vient après l'An Mille
    L'homme connaîtra une seconde naissance
    L'Esprit saisira la foule des hommes
    Qui communieront dans la fraternité
    Alors s'annoncera la fin des temps barbares
    Ce sera le temps d'une nouvelle vigueur de la Foi
    Après les jours noirs du commencement de l'An Mille qui vient après l'An Mille
    S'ouvriront des jours heureux
    L'homme retrouvera le chemin des hommes
    Et la terre sera ordonnée

    37
    Lorsque ce sera le plein de l'An Mille qui vient après l'An Mille
    Des voies iront d'un bout à l'autre de la terre et du ciel à l'autre bout
    Les forêts seront à nouveau denses
    Et les déserts auront été irrigués
    Les eaux seront redevenues pures
    La terre sera comme un jardin
    L'Homme veillera sur tout ce qui vit
    Il purifiera ce qu'il a souillé
    Il sentira toute la terre comme sa demeure
    Et il sera sage pensant aux lendemains

    38
    Lorsque ce sera le plein de l'An Mille qui vient après l'An Mille
    Chacun sera comme un pas réglé
    On saura tout du monde et de son corps
    On soignera la maladie avant qu'elle n'apparaisse
    Chacun sera guérisseur de soi et des autres
    On aura compris qu'il faut aider pour maintenir
    Et l'homme après des temps de fermeture et d'avarice
    Ouvrira son cœur et sa bourse aux plus démunis
    Il se sentira chevalier de l'ordre humain
    Et ainsi ce sera un temps nouveau qui commencera

    39
    Lorsque ce sera le plein de l'An Mille qui vient après l'An Mille
    L'homme aura appris à donner et à partager
    Les jours amers de solitude seront enfouis
    Il croira à nouveau à l'esprit
    Et les barbares auront acquis droit de cité
    Mais cela viendra après les guerres et les incendies
    Cela surgira des décombres noircies des tours de Babel
    Et il aura fallu la poigne ferrée
    Pour que s'ordonne le désordre
    Et que l'homme retrouve le bon chemin

    40
    Lorsque ce sera le plein de l'An Mille qui vient après l'An Mille
    L'homme saura que tous les vivants sont porteurs de lumière
    Et qu'ils sont créatures à respecter
    Il aura construit les nouvelles cités
    Dans le ciel sur la terre et sur la mer
    Il aura la mémoire de ce qui fut
    Et il saura lire ce qui sera
    Il n'aura plus peur de sa propre mort
    Car il aura dans sa vie vécu plusieurs vies
    Et la Lumière il le saura ne sera jamais éteinte.

    Source:

    www.secretebase.com

     

    plus d'articles sur mon autre blog: http://lavraierealite.eklablog.com

     

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    l’histoire des francs français

    Le franc est une ancienne monnaie française dont le premier franc a été frappé en 1360. Le premier franc était appelé "Franc à chev

    Franc à cheval

    al" de Jean II le Bon. La frappe des francs s’est arrêtée en 2000 pour les billets, et en 2001 pour les pièces.

    En 1360, le premier franc est frappé pour fêter la libération du roi de France Jean II le Bon, capturé en 1356 à Poitiers par le roi d’Angleterre Édouard III et libéré en 1359 . Ce franc est appelé "Franc à cheval". En fait, le franc à cheval est un écu, qui fait une livre tournois ou 20 sols.

      

    La monnaie officielle reste la Livre tournois.

      

    L’on a appelé cette monnaie "Franc" car elle veut dire "libre" et également car le terme utilisé à la frappe de la pièce était "Francorum Rex", voulant dire "Le Roi est Francs" ou "Le Roi est Libre".

     

     

    Jean II le Bon

    En 1385, Charles VI le Bien-Aîmé, roi de France depuis 1380 est représenté sur les pièces en francs. Ces francs sont appelés "Franc à pied" car Charles VI est représenté à pied.

    En 1575, le roi de France et de Pologne Henri III fait frapper le premier franc d’argent.

    En 1586, Henri III, émet une déclaration interdisant la frappe des francs car les francs sont souvent grattés pour récupérer de l’argent.

    En 1640, Louis XIII réforme le franc.

    En 1641, Louis XIII fait frapper le premier louis d’or.

    En 1796, l’assignat (monnaie qui précéda le franc), devient l’assignat en franc.

    En 1800, Napoléon Bonaparte créé la Banque de France.

     

     

     

     

    En 1803, Napoléon Bonaparte, fait, après la loi du 17 germinal de l’an XI,

    le franc germinal (pour rappeler la loi du 17 germinal de l’an XI) la seule monnaie française.

    En 1865, l’Union monétaire latine est créée. La Belgique, la Suisse et l’Italie vont avoir comme monnaie le franc germinal.

      

      

    En 1924, une spéculation contre le franc éclate.

    En 1926, Raymond Poincaré est élu président du conseil et stabilise le franc. Le franc germinal devient alors le franc Poincaré.

    Charles de Gaulle

    De 1930 à 1990, le franc change de série toutes les décennies.

    En 1940, l’État français commence à gouverner la France. Sur toute les pièces en franc frappées entre 1940 et 1944 on écrit derrière « État français ».

    En 1958, Charles de Gaulle est élu président du conseil. Il dévalue le franc. Désormais, on divise la monnaie par cent, donc, 100 anciens francs ne font plus qu’un nouveau franc, et 50 anciens francs ne font plus que 0,50 nouveaux francs. L’année suivante en 1959, Charles de Gaulle devient président de la République.

    En 1960, le nouveau franc rentre en vigueur. Le franc Poincarré devient le franc de Gaulle.

    En 1963, le nouveau franc prend le nom de franc.

    En 1999, l’€uro est instauré.

      

    L’on peut toujours payer avec le franc.

    En 2000, le dernier billet en franc est imprimé. Il s’agit du billet de 500 francs de la série 1990, à l’effigie de Pierre et Marie Curie.

     

     

    En 2001, la dernière pièce en franc est frappée.

    En 2002, le franc est remplacé par l’euro. L’on ne peut plus payer avec le franc.

    Après sa disparition

    En 2005, la Banque de France n’accepte plus les pièces en francs.

    En 2012, la Banque de France n’accepte plus les billets en francs.

     

    SOURCES

    http://histoiresensaga.wordpress.com/2012/08/23/histoire-des-francs-francais/

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Les francs Les Francs et l’Empire romain

    Les Francs apparaissent au début du Ier millénaire dans les sources latines. Le terme désigne probablement une ligue – ou confédération – de peuples germaniques installés sur la rive droite du Rhin inférieur, au-delà des frontières de l’Empire romain, et qui n’étaient pas assujettis à l’Empire ou à un autre peuple plus important.

    Le latin francus, franci tend à prouver qu’ils se nommaient ainsi, puisque frank signifie libre en langue germanique.

    (L’on peut aussi retrouver l’origine du mot Franc dans le mot Frekkr (signifiant hardi, vaillant) issu de la langue Germanique.)

    Ces peuples avaient pour point commun de rivaliser avec les Alamans (germ. Alle Männer, tous les hommes), sans doute à l’origine un autre regroupement d’ethnies établies plus au sud sur la rive droite du Rhin. La langue – ou les dialectes – originellement parlés par les Francs ainsi que leur faciès culturel sont rattachés au groupe ethno-linguistique indo-européen germain occidental, comme les Angles, les Frisons et les Saxons par opposition au groupe germain oriental auquel appartiennent notamment les Goths.

     

     

    Les ethnies de la ligue des Francs

    Les peuples qui constituaient la ligue des Francs comprenaient vraisemblablement : les Chamaves les Chattes ou Chattuariens les Ansivariens ou Ampsivariens les Bructères les Quades les Saliens, établis près de la rivière Sale et des bouches de l’Yssel les Chérusques les Angrivariens les Hattuaires les Tubantes les Tenctères les Usipètes les Sugambres ou Sicambres n’étaient pas considérés comme des Francs les Chauques, établis au nord-est des Frisons, plus souvent rattachés aux Saxons qu’aux Francs.

     

     

    Les Grandes Invasions

    Au IIIe siècle, les Francs participent à la grande invasion de 256-257, aux côtés d’autres peuples germaniques qui entrent dans l’Empire romain pour piller. Le IVe siècle est toutefois une période de répit et de reconquête pour Rome. Vers la fin de l’Empire, au Ve siècle, on retrouve les Francs comme auxiliaires de l’armée romaine, alors grandement barbarisée, et en lutte contre d’autres barbares plus menaçants, tels que les Huns.

     

     

    Les Mérovingiens

    Parmi les Francs qui sont entrés au service de l’Empire, sûrement de longue date, se trouvent les Saliens. Leur ancêtre légendaire, sans doute quasi-divin selon les rites germaniques, est pour eux la principale source de légitimité du pouvoir royal. Il se nomme Mérovée.

    Toutefois, au Ve siècle leur roi est aussi devenu un (obscur) proconsul des Gaules, c’est-à-dire un souverain germanique paré d’insignes romains, qui se fait appeler général.

     

    Les guerriers francs choisissent Clovis pour roi

     

     

    Les Francs sont alors solidement établis en Neustrie et leurs fonctions militaires leur confèrent un pouvoir important en ces temps troublés : le jeune Clovis (germ. Hlodowecus, qui donne par la suite les prénoms Ludovic ou Ludwig en Allemagne et Louis en France) devient leur roi à Tournai, probablement en 481.

    Mais il lui faut plus que le pouvoir d’essence divine que lui confère la mythologie tribale germanique, pour s’imposer face aux évêques, aux patrices ou à la population gallo-romaine en partie christianisée.

    Installé à Soissons, où il a vaincu un général romain nommé Syagrius, Clovis est sans doute d’abord sensible aux conseils de sa femme burgonde, Clothilde, convertie au catholicisme, et à ceux de l’évêque de Reims, Rémi.

     

    Peut-être au cours d’une bataille importante contre les Alamans, la bataille de Tolbiac, il promet de se convertir à la religion chrétienne catholique s’il est victorieux. Il tient parole et reçoit le baptême en 496 ou 498 à Reims, avec 3000 guerriers.

    Par la suite, il tente d’inculquer les principes chrétiens à son peuple qui demeure largement païen.

    Après une suite de victoires sur ses rivaux barbares, notamment sur les Burgondes, Clovis apparaît donc comme l’un des premiers rois germains d’Occident à avoir adopté la religion chrétienne dominante, celle de Rome, par opposition à l’arianisme des Wisigoths ou des Lombards et par opposition au paganisme des Alamans.

     

    Il parvient ainsi à gagner le soutien des élites gallo-romaines et à fonder une dynastie durable (laquelle prendra néanmoins le nom de son ascendant germanique) : les Mérovingiens.

    Établis en Neustrie, les Mérovingiens règnent sur la Gaule jusqu’au milieu du VIIIe siècle. Leurs souverains les plus connus sont : Dagobert Ier et la reine Brunehaut.

    Il faut noter qu’à cette époque, comme sous la dynastie suivante, il n’est pas question de France, mais bien d’un royaume des Francs :

    les rois germains, en effet, ne règnent pas sur un territoire, mais sur des sujets.

     

     

    SOURCES

    D.R.

     

     

     

     

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    ORIGINE DES NOMS DE FAMILLE

     
    Origine des noms de famille

    Il convient avant tout de définir la notion de nom.
    Les noms sont divisés en deux ensembles distincts.

     

    Les premiers à apparaître dans l'histoire de l'anthroponymie sont les noms individuels, répartis en trois sortes :

    • Les prénoms (ou noms de baptême) sont ceux que l'on a reçus à la naissance ; on peut en posséder un ou plusieurs.
    • Les surnoms (ou sobriquets) sont ceux que l'on peut recevoir au cours de sa vie.
    • Les pseudonymes sont ceux que l'on se donne soi-même, pour une raison ou pour une autre.

    Les noms individuels sont attachés aux personnes qui les portent. Ils disparaissent à leur mort sans être transmis à qui que ce soit.

    Apparus plus tardivement, les noms collectifs sont ceux qui nous intéressent ici ;

    il s'agit des noms de famille.

      

    A l'heure actuelle en France, ils sont généralement uniques et demeurent héréditaires.

    Afin d'avoir une idée précise du parcours du nom de famille, de ses origines à sa forme actuelle, plusieurs point sont à étudier. Dans un premier chapitre, l'histoire du concept d'identification d'une personne par un nom qui lui est attaché sera évoquée.

      

    Dans un deuxième temps, l'origine linguistique des noms fera l'objet d'une étude regroupant les origines des noms français, les origines spécifiques à certaines régions et les noms étrangers. Enfin, nous verrons les différents types de noms de famille : ceux formés à partir de prénoms, de surnoms, ceux exprimant la parenté et ceux d'origines incertaines, pour terminer en évoquant le cas des noms à particule.

     

     

    I - HISTOIRE DES NOMS DE FAMILLE

    Dans la plupart des civilisations antiques, un seul nom servait à désigner l'individu. Ce nom restait attaché à la personne de sa naissance à sa mort, sans être toutefois héréditaire.

    Seuls les Romains utilisaient un système de trois noms : le prénom, le gentilice (nom du groupe de familles) et le cognonem (surnom, devenu nom de famille). Cependant, les gens du peuple ne portaient en général que deux noms : le prénom et le cognonem.

    Avec l'expansion romaine, le système à trois noms s'est étendu sur tout l'Empire et notamment la Gaule.

    Les invasions barbares du Vème siècle détruisent l'Empire romain d'Occident et font disparaître le système à trois noms de la Gaule.

    En effet, les populations adoptent alors la coutume des vainqueurs, qui était la leur avant l'arrivée des Romains. Il ne portent désormais qu'un nom individuel, qui ne se transmet pas d'une génération à l'autre. Ce système va perdurer jusqu'au Xème siècle.

    C'est en effet au Xème siècle que le processus de création des noms de famille s'amorce. Face aux problèmes engendrés par un trop grand nombre d'homonymes, le nom individuel est peu à peu accompagné par un surnom. Avec l'usage, ce surnom tend à devenir héréditaire. Ce phénomène se rencontre d'abord parmi les famille nobles, puis s'élargit à l'ensemble de la population à partir du XIIème siècle.

    A partir du XVème siècle, un long processus de fixation des noms de famille s'amorce. Par ailleurs, le pouvoir politique s'intéresse à la question et réglemente progressivement l'existence des noms de famille.

    En 1474, Louis XI interdit de changer de nom sans une autorisation royale.

    En 1539, François Ier promulgue l'ordonnance de Villers-Cotterêt. Celle-ci rend obligatoire la tenue de registres d'état-civil. Cette tâche est confiée aux curés, le Clergé constituant la seule « administration » présente dans tout le royaume. En fait, la décision royale officialise et généralise une pratique déjà en usage depuis le siècle précédent, principalement dans les villes.

    Avec la Révolution française, la tenue de l'état-civil quitte le cadre de le paroisse. Elle passe désormais dans les attributions de l'État et se fait à la mairie de chaque commune.

    La loi du 6 fructidor de l'an II (23 août 1794) interdit de porter d'autre nom et prénoms que ceux inscrits à l'état-civil. Cependant, le Conseil d'État peut autoriser un changement de patronyme (ils sont actuellement environ 800 par an).

    En 1870, l'apparition du livret de famille fige définitivement l'orthographe de tous les patronymes.

     

     

    II – ORIGINES DES NOMS DE FAMILLE

     

    Les noms existants en France sont liés aux origines de la population française, formée par les colonisations, les invasions et l'immigration. Chacun a apporté avec lui sa propre langue et donc ses propres noms. En effet, l'onomastique est étroitement liée à la linguistique, la plupart des noms ayant une signification précise.

    Nous allons donc étudier les différentes origines des noms présents sur l'ensemble du territoire ; puis les origines spécifiques à certaines régions ayant eu une histoire ou un peuplement particulier ; enfin, nous terminerons en évoquant succinctement les origines des noms apparus avec l'immigration.

     

     
     
     
     
     
     
       
       


    Typologie des noms de famille

     

     
     
       

     

     

     http://www.geopatronyme.com/cdip/originenom/originedesnoms.htm

     

     

    ORIGINE DES NOMS DE FAMILLE

     

    Les surnoms. 

    Les surnoms constituent la catégorie de base des noms de famille. S'ils peuvent être facilement confondus avec les surnoms dits « physiques » ou « moraux », ou encore les « sobriquets », ils étaient motivés par un trait marquant de l'individu qui se trouvait ainsi nommé sans ambiguïté, dans le cercle restreint de son village et de ses proches.

     

    C'est ainsi, par exemple, que deux personnes ayant le même nom de baptême, se verront distinguées par l'attribution d'un adjectif qui, au fil des évolutions, deviendra son nom de famille. Par exemple, si deux personnes d'un même village portent le nom de Bernard, on attribuera à l'un des deux un nom faisant référence soit à une de ses qualités propres, soit à son lieu d'habitation. Le nom ainsi donné sera alors Petibernard ou Bernarmont.

    Les surnoms peuvent également désigner une expression employée fréquemment. Ainsi, un homme répétant souvent « par la grâce de Dieu » se verra appelé Pardieu.

    Nous allons poursuivre en évoquant ci-dessous différentes formes de surnoms utilisés pour caractériser leurs porteurs : les noms de lieux, les noms « d'état », les noms de métiers, les sobriquets, puis les surnoms moraux et physiques.

     

    Les noms de lieux :


    Au Moyen-Âge, pour différencier les personnes (nobles et roturiers) qui n'avaient qu'un nom de baptême, on les surnommait souvent du nom de leurs terres d'origines. C'est à cette époque que des noms comme Duhamel (« le hameau »), Dumas (« la ferme ») ou Castel (« le château ») virent le jour.

    A l'heure actuelle, les noms de lieux constituent une grande partie des noms de famille. Ils font référence à deux types de lieux:

     

    • Les lieux-dits :

    Ce sont des noms empruntés aux domaines dont la propriété passait d'une génération à une autre au rythme des héritages. Parmi les porteurs de ces noms, il en est beaucoup qui ne possèdent plus les domaines correspondants. Pourtant, il n'est pas rare de retrouver certains porteurs de noms de lieux non loin de l'endroit en question.

     

    • La provenance :

    Ces noms désignaient les lieux proches du domicile d'un individu (route, chemin, source, cours d'eau, marécage, toponymie alpine, monastère, chapelle, etc.), ou les régions d'origine de nouveaux habitants (hameau, village, ville, région, pays, etc.).

    Il pouvait s'agir, par exemple, d'une personne vivant près d'un pont (Dupont, Dupontet, Dupontel etc.), ou venant d'Auvergne (Lauvergne, Larverne, Larvergne etc.).

    Mais on désignait également l'individu par un terme rappelant la caractéristique de sa maison : Kergoat (« maison en bois »), Piarresteguy

    (« demeure de pierre »).

     

    Les noms dit « d'état » :


    Cette catégorie regroupe des noms issus des fonctions occupées par les personnes auxquelles ils ont été attribués.

    Ils apparaissent en France à partir du XIIème siècle, époque à laquelle la vie sociale prend une véritable place en France. C'est en effet la période où naît la petite bourgeoisie englobant les artisans, les petits commerçants, ainsi que toutes les professions issues de la fonction publique. Les avocats et les religieux, jusqu'alors au service de la noblesse, se mettent a côtoyer cette bourgeoisie génératrice de développement économique.

    Les porteurs de ces noms n'exerçaient pas forcement cette profession. En effet, le maître dont ils dépendaient transmettait a ses serviteurs son nom générique.

    La quasi totalité de ces noms révèlent une caractéristique liée a la vie sociale (Ex. : Avoyer « Avocat », Chevalier, Maréchal, Prévosts, Clerc, Abbey, Évêque).

    Il est a noter que ces noms se retrouvent sur l'ensemble du territoire français, avec dans certains cas des modifications orthographiques liées au changement de région, le sens ne changeant guère.

    De part leur spécificité ces noms sont les plus rares en France.

     

    Les noms de métiers :


    Entre le Vème et le Xème siècle, les habitants de la France ne portaient que leurs noms de baptême. A partir du XIIème siècle, pour différencier les homonymes devenus trop nombreux, certains noms de métiers furent adoptés pour désigner les individus.

    C'est plus tard, au hasard d'un acte de baptême, de mariage ou de sépulture que les noms de métiers sont devenus héréditaires, se transformant en nom de famille.

    Il est a noter, que ces noms relèvent plutôt d'une origine citadine. En effet, c'est dans les bourgs et dans les lieux de foires que l'on retrouve le plus souvent artisans et négociants. Voici quelques exemples de noms de métiers : Couturier, Fournier, Lefebure, Barbier, Wagner (charron), Schumacher (cordonnier), Mitterand (le mesureur).

     

    Les sobriquets :


    Il est assez difficile de bien repérer un nom répertorié comme « sobriquet ». Ces noms sont en effet des déformations humoristiques ou fantaisistes. Cependant, ils peuvent également exprimer une caractéristique morale ou physique, sans pour autant devoir être considérés comme des noms dits « à caractère physiques ou moraux ».

    Ils ne sont pas forcément péjoratifs, mais expriment plutôt une particularité chez un individu. Ce dernier, une fois dénommé par ses pairs, créait sa propre famille autour de ce nom.

    Ces noms sont apparus au Moyen-Âge et sont dans bien des cas des adjectifs. Par exemple : Bachelard (« jeune garçon a marier »), Gagnebin (« qui sait gagner de l'argent »), Lesot (« celui qui ramenait l'eau »), Couard (« désignait un homme peureux »), Romeu (rappel le pèlerinage d'un individu à Rome), Lesoldat, etc.

     

     

    Les surnoms « moraux » :


    Les noms dits « moraux » sont apparus en France aux alentours du XIIème siècle. Ils désignaient les personnes qui se distinguaient par leurs qualités ou leurs défauts : Vaillant, Hardy (« homme brave »), Doucet (« homme gentil », « doux »), Lesage (« homme savant »), Agassi (« celui qui jacasse »).

    Les animaux servaient aussi de référence pour qualifier les surnoms moraux : Renard (« le rusé »), Chevrier (« chèvre », désignait un homme leste, agile), Cocteau (« coq », désignait un homme vaniteux, orgueilleux, querelleur).

     

     

    Les surnoms « physiques » :


    Les noms a caractéristique « physiques », sont apparus en France, comme d'autres types de noms, aux alentours du XIIème siècle.

    Ces noms de famille étaient donnés aux personnes qui présentaient une particularité physique apparente permettant de les distinguer. Ces particularités étaient bien souvent en rapport avec la morphologie.

     


     

     

     

     

     

     

     

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    La légende du fantôme des Tuileries

     

     

    L’histoire du palais des Tuileries est liée à une légende, celle du petit homme rouge des Tuileries.

    Nous sommes en 1564, Catherine de Médicis, Reine de France, se lance dans un projet pharaonique: transformer les fabriques de tuiles du bord de la Seine en demeure royale.

    Après la construction de son palais, celle-ci vint y vivre ; mais aussitôt, elle prit ce séjour en horreur et le quitta pour toujours.

    Elle déclara qu’un fantôme, aux apparitions prophétiques, rodait dans le palais et qu’il lui avait prédit qu’elle mourrait près de Saint-Germain. le spectre diabolique des tuileries portait comme uniforme … un costume rouge couleur sang !

     

      

    Cette légende du fantôme des Tuileries vient en réalité de Jean dit l’Ecorcheur, un boucher désosseur, qui vécut au temps de Catherine de Médicis et qui travaillait dans l’abattoir à proximité du palais. Celui-ci aurait été égorgé par un certain Neuville, sur demande de Catherine de Médicis au motif qu’il connaissait plusieurs secrets de la couronne. Au moment de mourir, il aurait promis à Neuville qu’il reviendrait d’entre les morts. Il ne tarda pas à tenir sa promesse … alors que Neuville s’en retournait pour rendre compte de l’accomplissement de sa mission à la Reine, il sentit derrière lui comme une présence. Il se retourna et découvrit, avec horreur, Jean qui se tenait là, debout, baignant dans son sang.

    Le fantôme aurait prévenu l’astrologue de Catherine de Médicis du danger imminent qui la guettait : “La construction des Tuileries la mènera à sa perte, elle va mourir”. Le petit homme rouge hanta les nuits de la Reine jusqu’à sa mort, le 5 janvier 1589 à Blois.

     

     

    homme-rouge-tuileries

      

    A partir de cet instant et au fil des siècles, le fantôme des Tuileries devint la terreur du palais des Tuileries en annonçant toujours un drame à celui à qui il apparaissait.

    Ainsi, en juillet 1792, il apparaît à la Reine Marie-Antoinette, peu de temps avant la chute de la Monarchie. La légende dit que Marie-Antoinette aurait même demandé au Comte de Saint-Germain, magicien de l’époque, de la protéger du fantôme des Tuileries. Les formules magiques n’y feront rien, le fantôme l’accompagnera jusqu’à sa condamnation à mort en 1793.

     

    legende-petit-homme-rouge-tuileries

      

    Plus tard, en 1815, c’est à Napoléon Ier qu’il apparaît, quelques semaines avant la bataille de Waterloo. Enfin, il apparut en 1824 à Louis XVIII et à son frère le comte d’Artois, quelques jours avant la mort du premier. Les prophéties du petit homme rouge étaient implacables.

    Le dernier chapitre de cette légende se passe le 23 mai 1871… en plein insurrection des communards à Paris.

      

    Le Palais des Tuileries fut alors incendié pendant trois jours consécutifs. Le feu détruisit la totalité du bâtiment. La silhouette du petit homme rouge fut observée par plusieurs témoins avant de disparaître à jamais dans les flammes.

      

     

     

     

     Sources

    http://www.pariszigzag.fr/histoire-insolite-paris/fantome-des-tuileries

     

     

     

     

     

     

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    Histoire des aborigénes : La colonisation

    La colonisation de l'Australie est une des période sombre de l'Australie. A leur arrivée, les Anglais ayant déclaré juridiquement que cette terre n’appartenait à personne, La Terra Nullius, ils ont fait peu de cas de cette culture vieille de 50 000 ans, entre massacres, exactions, tentatives d'assimilation, ce peuple, ces peuples sont passés tout prêt de l'extinction, c'est cette histoire que Caroline Simon a retracé au travers de ces articles fruits de recherches et d'un travail de passionnée.

     

     

    Halte aux préjugés

    Pour tous les récalcitrants, tous ceux qui résisteraient encore et toujours à l'idée selon laquelle " chasseur-cueilleur " n'est pas synonyme de " sauvage ", une petite explications 'impose !

    Si de nombreux groupes humains sont passés à l'agriculture et à l'élevage (" nous ", par exemple…), d'autres, c'est à dire 0,001% de la population mondiale en 1972 sont bel et bien demeurés chasseurs-cueilleurs.

    Et, si ces quelques groupes furent capables de maintenir ce fragile équilibre, c'est parce qu'ils disposaient de mécanismes sociaux et " technico-commerciaux" complexes et solides. D'ailleurs, en prenant le problème dans l'autre sens, on peut résumer en disant que l'Homme a vécu de chasse et de cueillette 99% de son temps, depuis son arrivée en ce bas monde. Et puis (on en rajoute une louche) les peuples " primitifs " n'ont absolument rien à voir avec nos ancêtres, car non seulement ils connaissent nos sociétés (pas toujours sous leur meilleur jour, bizarrement…), mais ils entretiennent bien souvent des relations avec elles. Pour les irréductibles, nous ne pouvons plus rien… Pour les autres, suivez-nous dans l'univers magique des fameux aborigènes d'Australie !

    Avant les Européens

    D'autres peuples, bien avant l'arrivée des Européens, avaient établi des relations de bon voisinage avec les peuples aborigènes d'Australie.<br\> Les Macassars, heureux habitants de l'actuel Sulawesi (les Célèbes), rendaient par exemple une visite annuelle aux tribus du nord de l'Australie. Ils en profitaient pour s'approvisionner en trépang mieux connu sous le nom de… concombre de mer ! Ils ont laissé derrière eux des objets, quelques mots, des cérémonies, et… même des liens familiaux.

    D'ailleurs, dans les années 1800, lors de leur première tentative de colonisation de la côte nord, près de Darwin, nos petits Européens notèrent que les Aborigènes s'adressaient à eux dans un pidgin du Malais.<br\> En 1906, ces voyages ont pris fin, puisque le gouvernement les a, à l'époque, formellement interdits. Depuis quelques temps, bonne nouvelle, les contacts ont repris, entre les communautés Yolngu et la cité d'Ujung Pandang, entre autres, et c'est ainsi que se sont réunifiées des familles entières! En 1988, l'équipage d'un prau, (une sorte de canoë), a reconstitué les voyages du bon vieux temps, ramenant à leurs familles d'Arnhem Land, des parents macassars qu'ils avaient " perdus de vue "...

    1788 terre en vue !

    Bien avant les surfeurs, d'autres ont glissé sur les vagues " Aussies "… Aux XVI et XVIIèmes siècles, nos amis portugais, espagnols (Luis Vaez de Torres en 1606) et néerlandais (Henrik Brouwer en 1611, Dick Hartog en 1616, Frederik de Hartman en 1619) ont chercher à développer leur commerce avec l'Asie.

    Rien de très excitant… Purement mercantiles, les mecs ! ! Ce sont les vaisseaux de la " Verenigde Oost-Indische Compagnie "(VOG pour les intimes !), menés par Willem Janzs qui touchèrent les futures eaux territoriales australiennes en 1606 : " prem's " !

    En 1642, le navigateur néerlandais Abel Tasman partit en reconnaissance le long des côtes de celle qui devait porter son nom… J'ai nommé la... Tasmanie, bien sûr.

     

    William Dampier (lui, c'est un de nos voisins d'Outre-Manche) effectua un petit séjour sur la côte ouest entre 1688 et 1699, mais ce fut seulement vers 1770 que son compatriote, James Cook, à bord de l' " Endeavour ", non content de prolonger son voyage dans le Pacifique Sud (y'en a qui connaissent les bons coins…), repéra les côtes de la future Nouvelle-Hollande et de la revendiqua au nom de la Couronne Britannique.

     

    Après la Guerre d'Indépendance américaine, plus de prisons… La Grande-Bretagne a donc cherché à établir de nouvelles colonies pénitentiaires. Et qui s'est qui s'y est collé ? Je vous le donne dans le mille… Et ça, c'est en partie " la faute à "… Sir Joseph Banks (encore un sujet de Sa Majesté), le naturaliste, qui accompagnait Cook lors de ce voyage où il cartographia la côte est de l'Australie (1768-1771, voir ci-dessus pour ceux qui ne se souviennent déjà plus!), qui fit l'éloge de ce continent auprès des hommes politiques de l'époque.

    Et c'était parti ! La " First Fleet ", et ses 1 500 passagers, dont une bonne moitié de bon vieux convicts de derrière les fagots (en plus, avec plusieurs mois en mer dans les pattes, j'vous raconte pas la tête des koalas !), arrivèrent à Port Jackson - plus connu aujourd'hui sous le nom de Sydney Harbour - en 1788.

     

    Et donc, et donc… le 26 janvier, date du débarquement du Gouverneur Phillip, est dorénavant Fête Nationale : " Australia Day ".

    Go West

    Après des premières années de vaches maigres (un peu de mal à s'adapter et à ne pas calquer la vie du Vieux Continent…), la colonie commença à prospérer.<br\> Les colons se mirent en recherche d'espace, pour satisfaire leurs besoins: ils étaient alors 173 000 colons libres et 168 000 convicts (50/50, quoi…), en seulement dix ans de colonisation ! Des colonies furent établies en Tasmanie (Van Diemen's Land à l'époque, voir la chanson de U2), et en lisière de l'actuelle Brisbane.

    Les " explorateurs ", plus téméraires, se frayèrent une route à travers les Blue Mountains. Les " squatters ", (rien à voir avec leurs homonymes actuels, ou presque, c'étaient des colons spéculateurs) les ont imité, à ce détail près qu'eux étaient accompagnés de leur bétail (dans le genre " je voyage léger… En même temps, un déjeuner sur pattes, y'a pas, c'est pratique…).

     

    Et c'est enfin en 1814 que Matthew Flinders, le cartographe célèbre pour sa circumnavigation du continent, proposa de le baptiser "Australie". On y est ! Après, ça devient plus méthodique toutes ces explorations ! Et voilà Melbourne, Adélaïde, Perth qui pointent le bout du nez… Pareil pour Sydney, Hobart, et Brisbane.

    Pour ce qui est de la déportation des prisonniers vers la Nouvelle-Galles du Sud, elle s'est arrêtée en 1840, tandis qu'elle s'est poursuivie en Australie Occidentale jusqu'en 1868 ! Une nouvelle fournée d'immigrants débarque dans les années 1850, en proie à la fièvre de l'or, et voici Cooper Peddy et Kalgoorlie qui sortent de terre (quoique… Cooper Peddy est quand même une ville souterraine !).

    Les " diggers " ne sont pas plus tôt arrivés qu'ils se révoltent, dans le Victoria en 1854 contre des autorités quelque peu… autoritaires… La démocratie aussi avait traversé les océans, dans leurs baluchons ! En 1901, le premier jour du vingtième siècle, les six colonies indépendantes se fédérèrent en un " Commonwealth of Australia ".

    Le reste de l'histoire, on connaît mieux (voir " album de famille " ci-dessus !). Par contre il manque comme une pièce au puzzle, 'trouvez pas ? Même peut-être des milliers de pièces… Vous savez, les amis des Macassars, les joueurs de didjeridoo, les chasseurs de kangourous, les cueilleuses de baies…

     

    Texte: Caroline Simon

    Copyright photos : Wikipedia

     

     

    La colonisation de l'Australie est une des période sombre de l'Australie. A leur arrivée, les Anglais ayant déclaré juridiquement que cette terre n’appartenait à personne, La Terra Nullius, ils ont fait peu de cas de cette culture vieille de 50 000 ans, entre massacres, exactions, tentatives d'assimilation, ce peuple, ces peuples sont passés tout prêt de l'extinction, c'est cette histoire que Caroline Simon a retracé au travers de ces articles fruits de recherches et d'un travail de passionnée.

     

    Un Sombre constat

    Rubrique à éviter pour les personnes atteintes de troubles anxio-dépressifs divers… Car l'Australie est un pays merveilleux, sauf que… les Aborigènes ont quand même été victimes de nombreuses exactions… Ca n'est pas une spécialité " Aussie ", nous n'avons pas de leçon à donner en Europe, mais il faut quand même essayer d'y voir clair ! Avertissement (bis), ce qui suit est une suite de statistiques froides et difficilement supportables…

    En 1911, les Aborigènes n'étaient plus que 31 000 (on estime qu'ils étaient environ 400 000 en 1788)… Le recensement de 1996 montre une multiplication par dix : 352 970 personnes soit 1,97 % de la population, dont 68% en milieu urbain.

    En réalité, le chiffre est plus proche des 2,5% de la population totale. Pourtant, cette augmentation résulte plus d'un changement d'attitude de la part des Aborigènes, qui osent à nouveau avouer leur aboriginalité. Ils craignaient souvent l'usage qui pourrait être fait de ces chiffres et éprouvaient d'ailleurs une profonde aversion pour les systèmes imposés par les Blancs en général, et pour cause.

    Les Aborigènes figurent au bas de tous les tableaux statistiques. Leur espérance de vie est " réduite ", c'est le moins qu'on puisse dire (50-55 ans chez les hommes et 55 ans pour les femmes contre, pour le reste de la population des chiffres équivalents à ceux, très élevés, des Français et des Japonais, 75 et 80 environ).

    Leur taux de chômage est par contre élevé (22,7% contre une moyenne nationale de 8,1%, en 1996), très peu sont propriétaires, et ils perçoivent un revenu annuel moyen très bas (502$A par semaine pour un ménage moyen de 3,7 personnes chez les Aborigènes, contre 736$A pour un ménage d'environ 2,3 personnes en général) ;

    un taux d'arrestation et d'incarcération extrêmement hauts; le taux le plus élevé d'institutionnalisation, avec, pour chefs d'accusation dominants, des délits rares dans les années 1960 (homicide, viol, mauvais traitement d'enfants, vol, agression physique, trafic et consommation de drogue);

    et un taux de suicide chez les jeunes, qui n'est aujourd'hui plus considéré comme un acte criminel, mais dont le taux demeure parmi les plus élevés du globe… Rien de très folichon là-dedans. Pas exactement l'image traditionnelle…

    Bringing Them Home

    <br\> Une des racines de ces terribles statistiques, c'est le problème de la " Stolen Generation ". Si vous n'en avez jamais entendu parler, Bringing Them Home est le document à lire…

     

    C'est le gouvernement travailliste qui a décidé en mai 1995 de mener une enquête sur cette fameuse Génération Volée d'enfants aborigènes (Cathy Freeman, par exemple), en réaction à la pression des groupes aborigènes et des média.

    Certains aspects sont très controversés, mais il était important d'établir la vérité, et cela a entraîné et accompagné d'immenses progrès dans ce que les Australiens appellent " race relations ".

    Le rapport Bringing Them Home décrit les lois, les politiques et les pratiques passées qui ont débouché sur la séparation forcée des enfants aborigènes et du Détroit de Torres de leurs familles et les conséquences que ces séparations ont pu avoir.

    <br\>

     

    <br\>Du même coup, il propose parfois des changements, en vue entre autres choses, de faciliter la recherche des disparus.

    <br\>Autre objectif : une éventuelle compensation aux personnes et communautés touchées.

     

    La Commission a essayé de travailler en concertation avec les Australiens. La date de fin de l'enquête était fixée au mois de décembre 1996.

    Pas mal pour un seul rapport ! Sous le jargon administratif, de témoignage en témoignage (des centaines), de tableau statistique en tableau statistique, on découvre dans Bringing Them Home le calvaire subit par les peuples indigènes australiens, depuis deux siècles…

    Genocide or Genocide

    Depuis Bringing Them Home, on entend de plus en plus souvent parler de génocide, et il semblerait bien malheureusement que les exactions commises à l'encontre des Aborigènes relèvent bien de la définition de l'ONU.

     

    On va essayer d'y voir un peu plus clair, même si le tableau est assez sombre . Juste un truc : les virus n'ont pas aidé…

    Par contre, il paraîtrait qu'ils n'auraient pas été utilisés, pour une fois. C'est effectivement seulement en 1882 que le bactériologue allemand Robert Koch a postulé sa théorie.

    Et donc, avant ça, on compte trois vagues d'épidémies :<br\>

     

    <br\>- avril 1789, juste après l'arrivée des colons tous dégueulasses et plein de " bugs "<br\> - des indigènes qui dérobent des fioles de " variolous matter " apportées par les chirurgiens et les médecins dans leurs petites valises ? Infection accidentelle ?<br\> -

     

    <br\><br\><br\> 1829-1831 origines mystérieuses.<br\> - 1865-1869, visites de pêcheurs malais de trépang. Pas vraiment de préméditation dans ce domaine…

    Copyright photos : Wikipedia

    Texte: Caroline Simon

     

     

     

    Des politiques très controversées

    Par contre, la " Native " ou " Black Police ", constituée de corps entièrement aborigènes (ça s'appelle " diviser pour mieux régner "…), formée dans les différentes colonies dans les années 1830 à 1880, a semé la terreur. D'autre part, certains " settlers " (militaires, colons, chasseurs de baleines, etc.) se sont distingués par des comportements tristement sauvages…

    Exception notable au tableau : l'Australie Méridionale.<br\> Les premiers chasseurs de baleines et de phoques ont certes tué et kidnappé, mais, dès 1836, début de la colonisation permanente, les colons ont adopté une ligne de conduite indépendante sur tous les plans.

    Autre facteur: la politique de " Protection " ou " Welfare ". L'Enfer est pavé de bonnes intentions, et en l'occurrence celles de faire face à tous ces massacres.

    Tout commence dans les années 1840, avec la nomination de " Protecteurs " dans chaque colonie. Cette " Protection " revêtait deux formes: · la première, légale et insuffisante, visait à écarter les Blancs, et à mettre les Aborigènes sous tutelle. · l'autre, géographique, comptait sur l'isolement des lieux gérés par le gouvernement en collaboration avec la hiérarchie chrétienne.

    Malheureusement, tout ça s'est bien vite transformé en processus " christianizing " et de " civilizing ", en privé, loin des regards inquisiteurs.

    Ces Blancs étaient devenus tuteurs des enfants comme des parents: écoles, infirmeries, fermes, services publics, dortoirs, prisons, revenus, jardins, réseaux d'assainissement, mariages, lectures, loisirs, gestion des comptes en banque, ils n'en perdaient pas une miette… En fait, ils " protégeaient " les Aborigènes autant des " étrangers " que d'eux-mêmes.

    Vint alors le temps de la politique d' " Assimilation " (dès 1858 dans le Victoria et en Nouvelles-Galles du Sud).

     

    Cela consistait dans un premier temps à distinguer enfants " half-caste " et enfants " full-blood " (deux petits mots pas jolis-jolis, du genre pas politiquement corrects du tout, à éviter d'utiliser !), à enlever les enfants métis (donc, les fameux " half-castes ") à leurs parents, puis à les replacer chez des familles blanches, dans le but de " blanchir " des générations de petits Aborigènes. Entre 1883 et 1969, on estime qu'environ 5625 enfants furent ainsi volés en Nouvelle-Galles du Sud.

     

    Bringing Them Home résume ainsi la situation:

    " Nous pouvons conclure avec certitude qu'entre un enfant indigène sur trois et un enfant indigène sur dix a été enlevé à sa famille et à sa communauté entre 1910 et 1970. ". suite...

    Il ne s'agit pas ici de faire de l'humour mal placé, mais on va voir que même Spirou évoque le problème… à sa manière.

    La Terre : Titre indigène vs Terra Nullius

    Autre problème crucial : celui du territoire…

    Avant l'arrivée des Européens, les Aborigènes, nomades, pour la plupart se déplaçaient à travers l'Australie. Ils respectaient à peu près les territoires les uns des autres et observaient un certain nombre de protocoles et de règles en territoire étranger.<br\> Il existait donc un système de propriété en Australie avant l'arrivée des Européens. C'est seulement lorsque la colonisation a commencé à prendre de l'ampleur quer les conflits ont éclaté. Avant, les relations étaient (presque) au beau fixe…

    En 1770, le Capitaine James Cook avait pour instruction de conclure un traité avec les "natifs" avant de prendre la terre au nom de la Couronne.

    En 1788, l'autre capitaine, Arthur Phillip, avait les mêmes instructions: "de s'efforcer, par tous les moyens en son pouvoir, de chercher à établir des relations avec les indigènes et de se concilier leurs bons offices, en exigeant de toutes les personnes vivant sous sa tutelle de vivre en bonne intelligence avec eux. ".<br\> Pas mal! Pourtant, c'est resté lettre morte. L'Australie était considérée, malgré la présence très visible des Aborigènes, comme une "terra nullius", complètement inhabitée.

     

    Pour simplifier, et sans être simpliste, le système britannique de "freehold" (propriété foncière libre, à perpétuité) et de "lease" (bail) allait désormais réglementer la distribution des terres.

    Ca fonctionnait dans les grands centres de la colonisation, mais une fois les immenses territoires de l'intérieur de l'Australie ouverts, impossible de contrôler les insatiables squatters... D'où le système du " pastoral lease ", tout particulier à l'Australie.

    Ces colons ont obtenu le droit d'utiliser la terre pour l'agriculture et l'élevage, cependant, celle-ci demeurait propriété de la Couronne, et pouvait par conséquent servir à d'autres pour le bois, la pêche, et aux Aborigènes pour la chasse et les cérémonies traditionnelles.

    Ces droits ont souvent été bafoués, pas toujours, surtout jusqu'à la Loi sur la Discrimination Raciale de 1975, qui interdit aux gouvernements et parlements des états australiens (ils sont en charge de l'administration des terres) d'exercer quelque discrimination que ce soit à l'encontre de quiconque sous prétexte de sa couleur, de sa " race ".

    Copyright photos : State library of Queensland et National Archive of Australia

    Copyright texte : Caroline Simon

     

    sources

    http://www.australia-australie.com/articles/histoire-des-aborigenes-la-colonisation-33

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    La mort de Gabrielle d'Estrées : la main de dieu ou celle de l'homme ?

      

      

      

    Nous sommes en 1599, le roi Henri IV, fou de sa maîtresse Gabrielle d’Estrées, duchesse de Beaufort, a décidé de l’épouser contre l’avis des français et même du pape. Marié à Marguerite de Valois depuis 1572, le roi apprend enfinGabrielle_en_Diane que son épouse consent à divorcer en février 1599.

      

    Plus rien ne s’oppose à son union avec Gabrielle. Pourtant, celle-ci ne sera jamais reine de France, mourrant quelques heures avant son mariage, le 10 avril loin de son royal amant. Tout de suite, une rumeur circule et prend de l’ampleur : la duchesse de Beaufort est morte assassinée, victime d’un empoisonnement.

      

    La main de dieu a-t-elle frappé seule Gabrielle ou l’a-t-on aidé ?

      

    Qui avait intérêt à voir disparaître la duchesse ? A la vérité, beaucoup de monde ! Les français détestent Gabrielle d’Estrées qu’ils jugent capricieuse, hautaine et de mauvaise influence sur le roi mais qui en plus se permet de le tromper. Depuis que Henri IV l’a faite duchesse de Beaufort en 1597, le peuple ne l’appelle plus que « duchesse d’ordure ». Pourtant, le roi est très épris de sa maîtresse qui lui a déjà donné trois enfants et qui est enceinte de nouveau.

      

    En l’épousant, il donnerait ainsi un dauphin à la France, le petit César né en 1594. Mais pour épouser la belle, il lui faut d’abord divorcer. Or, la reine Margot n’accepta durant longtemps de se séparer de sa couronne uniquement si Henri épousait une femme de haute naissance et en aucun cas sa « putain ». Si Marguerite fini par céder, le pape ne l’accepte que si le roi épouse sa nièce, Marie de Médicis. C’est pourquoi, dans les mêmes temps qu’il prépare son mariage avec Gabrielle, le roi mène des négociations avec les Médicis !

      

    La situation inquiète la duchesse qui ne comprend pas pourquoi son amant joue ce double jeu. D’un côté, Henri promet d’épouser Marie, de l’autre, il fixe son union avec Gabrielle pour la Saint-Quasimodo et le 23 février, il offre à sa maîtresse l’anneau du couronnement.

      

      

      

    Mais Gabrielle prend peur ; elle va jusqu’à dire au roi qu’il ne pourra plus avoir d’enfants un jour qu’il tombe malade. Etre impuissant ? Cela veut dire que son union avec Marie de Médicis ne donnera pas d’héritier à la France alors que Gabrielle lui a déjà donné des enfants. La duchesse de Beaufort va plus loin en consultant des devins : tous les présages sont néfastes.

      

    Selon l’un d’entre eux, Gabrielle « toucherait du bout du doigt à son dessein mais un petit enfant la garderait d’y parvenir » (et Gabrielle est justement enceinte), pour un autre, la duchesse ne devait se marier qu’une seule fois (elle avait déjà fait un premier mariage avec le seigneur de Liancourt), enfin, on lui prédit qu’elle mourra jeune (elle a 28 ans). Dans Paris, d’autres annoncent au peuple que la duchesse « ne verra point le jour de Pâques » (le 11 avril). En apprenant toutes ces prédictions, Gabrielle d’Estrées est prise de crises de paniques et si Henri la réconforte, lui ne s’en inquiète pas et trouve même absurde que sa maîtresse écoute ces racontars.

      

    Il est prévu que le couple se sépare le 6 avril, Henri IV voulant faire bonne impression en renonçant à sa maîtresse lors de la semaine sainte. Le roi part pour Fontainebleau, Gabrielle reste sur Paris. Sa piété publique n’édifia personne et Gabrielle alla trouver du réconfort le 7 avril chez le banquier italien Sébastien Zamet, intime d’Henri IV qui a souvent reçu le roi et sa favorite. Le 8 avril, après avoir mangé un citron, Gabrielle ressent des brûlures à l’estomac puis les premières douleurs de l’enfantement.

      

    C’est dans d’atroces souffrances qu’elle meurt le 10 avril après l’accouchement d’un fils mort-né.

      

    Détail important : le roi fut prévenu de la mort de Gabrielle seize heures avant qu’elle ne trépasse ! Avec la duchesse de Beaufort disparaît la menace d’une crise à l’intérieur du royaume qui aurait pu devenir une crise européenne pour le seul amour d’un roi envers sa maîtresse.

      

    Ce citron que Gabrielle avait mangé était-il empoisonné ?

      

    Depuis longtemps les conseillers et ministres du roi voulaient se débarrasser de Gabrielle, menace pour l’équilibre de la France.

     

      

      

      

    Zamet fut-il l’assassin de Gabrielle obéissant à quelques ordres ?

      

    La disparition de Gabrielle ne permit-elle pas à Henri IV d’épouser sans regrets Marie de Médicis ?

      

    Certains vont jusqu’à penser que si la mort de Gabrielle arrangea bien les affaires du roi, ce dernier est impliqué dans son trépas. Poursuivant les négociations avec l’Italie tout en promettant de l’épouser, ne réagissant pas à ses crises d’angoisses, ordonnant une séparation avant le mariage et enfin n’accourant même pas auprès d’elle lorsqu’il apprit le 8 qu’elle allait mal.

      

    Au final, la mort de Gabrielle d’Estrées arrangea beaucoup de monde.

      

    Si pour certains, elle fut empoisonnée, la mort pu également être naturelle : la duchesse aurait été victime d’éclampsie, maladie survenant dans les derniers mois de grossesse qui était à l’époque fatale à l’enfant porté comme à la mère. Mais quand la mort frappe une personne si importante et dans des conditions si mystérieuses, l’hypothèse du poison prime sur toutes les autres !

     

     sources

    http://enviedhistoire.canalblog.com/archives/2007/03/07/4235347.html

     

     

     

     

     

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    Parc del Laberint d'Horta http://bezoekbarcelona.blogspot.com/2010/07/het-park-van-horta.html

    C'est à partir du XVIe siècle que les Italiens transposent le labyrinthe dans les jardins puis la mode se répand.

    Au château de Versailles, le labyrinthe, créé par

      

    Wow very thick hedges.

      

    Le Nôtre en 1665 et détruit en 1778, n'existe plus mais il figure encore sur le plan.
    Jean-Sébastien Bach a réalisé une pièce musicale illustrant les tournoiements et la difficulté de sortir d'un labyrinthe végétal, à l'époque où ceux-ci étaient en faveur :

    Le petit labyrinthe musical.

     

    Labyrinth

     


    Aujourd’hui, largement répandu en Europe, le labyrinthe végétal constitue un nouveau concept touristique.

        

    New growth on the Bago Maze  A nice design maze based on twin vortices. The maze is on a wine farm (I think) and run by pinterest user @james mobbs  

      

    Parfois éphémères (champ de maïs, comme à Beaugency) mais le plus souvent permanents (thuyas ou hêtres par exemple), les labyrinthes végétaux se rapprochent des tracés initiatiques des époques païennes.

      

      

      

      

      

    Percés de dédales fantaisistes, ils s’accompagnent d'attractions basées sur des contes de fées, des énigmes à résoudre, etc.

       

    Garden Labyrinth

      

    C'est le cas du labyrinthe du Petit Poucet dans les jardins de Bagatelle, ou du labyrinthe de graminées et son jeu de l'oie dans le parc du château de Chantilly.

     

     

     

     


    Par ailleurs, dans le jardin botanique du parc animalier du château de Thoiry, se situe le plus grand labyrinthe interactif du monde. Le plus grand Labyrinthe Végétal

     

     

      

    Permanent au Monde se trouve en France, sur la commune de Guéret en Creuse. Sur 22000 m² et ses 4,5 km d'allées engazonnées.

      

    Il est l'attraction majeure d'un parc de loisirs. Nous trouvons également des labyrinthes éphémères, en maïs, comme en Auvergne dans le Puy-de-Dôme :

      

    le Labyrinthe des volcans qui depuis 11 ans propose un tracé et une thématique différents chaque année.

      

    (http://www.labyrinthe-des-volcans.com)

      

    En Europe, de nombreuses réalisations peuvent être visitées, telles que

    le Labyrinthe de Barvaux près de Durbuy en Belgique ou encore celle d'Evionnaz en Suisse, en France celle du parc d'Artmazia à Massy en Haute-Normandie, créée en 2001 par le sculpteur anglais Geoff Troll avec 4 000 hêtres,

      

    celle de Guéret dans la Creuse,

    celle du jardin du prieuré d'Orsan (Cher) ou

    celle du château de Vendeuvre.

      

      

      http://www.vendeuvre.com/fr/labyrinthe.html

      

      

    On en trouve dans toutes les régions, par exemple en Bourgogne (Toulon-sur-Arroux), en Alsace (Ribeauvillé dans le Haut-Rhin), en Lorraine (Vigy en Moselle) et bien sûr en Ile-de-France (parc du château d'Auvers-sur-Oise).

     

    (Source Wikipédia)

     "The 2000m² Beech Hedge Maze in the garden is a puzzle that needs a map and still has visitors wandering and lost. The ‘goal’ at the heart of Russborough Maze is a statue of Cupid enclosed in a diamond hedge" The Russboroughs made money through the diamond trade - how fitting then.

      

    Une partie de la Symbolique

     


    Le cercle dans lequel s'inscrit le labyrinthe symbolise l'unité, la perfection : il renvoie à la finitude de la vie. Dans de nombreuses cultures, l'Univers est représenté par une série de cercles concentriques. L'ovale représente en général le féminin, les lignes brisées rappellent les rivières, et les lignes droites, la pluie (l'eau étant le symbole de la vie).

      

    Looks like Hever Castle?  Actually the Mazepark in Sussex. A copy of Hever Castle but very well done. The paths are edged with wood and the maze looks very well kept.

      

      

     

    Le carré, quant à lui, représente l'Univers ou la Terre, la Création, et la croix centrale, le Cosmos, avec une ligne verticale (symbole de l'esprit masculin) et une ligne horizontale (symbole de la matière féminine), dont le point de rencontre est l'humanité. Le labyrinthe est donc une représentation de la vie même.

      

      

      

    La spirale peut aussi représenter le devenir : elle implique une vision cyclique de l'histoire, « Tout revient éternellement, mais avec une dimension nouvelle, parfaite contradiction de la ligne, de la conception unilinéaire du temps. ».

     

    labyrinth

      

    Les labyrinthes étaient plus facilement "utilisés" par les femmes et les enfants, les jeunes, ou un peu plus en groupe lors des moments de fêtes, le soir, dans les moments d'amour, de jeux amoureux...

     

    Lavender labyrinth

      

    De nos jours, le carré peut représenter l'unité, la droiture, l'organisation, le coté masculin, le cercle quand à lui peut représenter la terre, l'éphémère, l'univers, la vie, le loisir.....



    Les Labyrinthes
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Labyrinthe

    Les secrets des labyrinthes
    http://www.france-secret.com/labyrinthes_art.htm

    Les Labyrinthes de France
    http://www.labyrinthes-de-france.com/

    Le top 10 des labyrinthes
    http://www.graines-voyageurs.fr/vacances-nature/3002-top-10-des-labyrinthes-de-france

    Le plus grand labyrinthe du Monde
    http://www.yannarthusbertrand2.org/index.php?option=com_datsogallery&Itemid=27&func=detail&catid=3&id=1001&l=1440

    Parcs de loisir sur le thème du Labyrinthe
    http://www.parcsetloisirs.fr/fr/search/index.html?keyword=labyrinthe&x=21&y=13

     "The Horta Maze (Barcelona, Spain) was created when a Catalan aristocrat decided to convert an old, extensive family property at the end of the 18th century. The garden’s layout, buildings and ornamentation were designed by Bagutti – an Italian architect – and Delvalet – a French gardener."    Gorgeous high view of Horta maze.

     

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     Alkborough, England

    Alkborough, England

     

     

     

     

     

     

     

     

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    La “cabane au fond du jardin” de Michel Onfray

                 

      

    Une fois encore, Michel Onfray parvient à nous surprendre ; il débarque sur un rivage où on ne l’attendait pas. Son dernier ouvrage, Le Recours aux forêts (Galilée, 76 pages, 14 €) porte un sous-titre : « La Tentation de Démocrite ». En le recevant, à la lecture de la couverture, j’avais imaginé qu’il s’agissait d’un essai philosophique, bien que le volume fût un peu mince pour un tel exercice. La surprise fut donc grande de découvrir au fil des pages un très beau texte poétique où l’autobiographie transparaît et qui finalement, sous cette forme non-conventionnelle, aborde la philosophie d’une manière bien plus attractive qu’un long pensum.

    Avec ce texte, l’auteur reprend une tradition qui avait été interrompue par la philosophie allemande du XVIIIe siècle. Là où, auparavant, les philosophes n’hésitaient pas à utiliser le récit, voire l’humour, pour mieux illustrer et transmettre leurs messages, les Allemands avaient privilégié la rigueur affectée de traités rébarbatifs, comme si la profondeur de leurs pensées avait dû se mesurer à l’aune de l’ennui ressenti par le lecteur. L’influence de cette austérité, supposée gage de sérieux, sur la philosophie s’étend, hélas, jusqu’à aujourd’hui, tous pays confondus ; c’est pourquoi on ne peut que saluer un livre comme Le recours aux forêts, qui, outre sa réelle dimension littéraire, se présente comme un texte d’abord facile, agréable et esthétique.

    Dans sa « Postface en forme de préface » que je conseillerais volontiers de lire avant d’aborder le vif du sujet, Michel Onfray en esquisse la genèse : il s’agit, notamment de la sollicitation d’un homme de théâtre, Jean Lambert-wild – un pèlerinage improbable et finalement avorté aux Etats-Unis, sur les traces… d’une communauté fouriériste ! Au passage, l’auteur épingle avec un humour au vitriol (pp. 68-69) un précédent voyage en Amérique, celui qu’effectua BHL et dont il tira American Vertigo. Un second projet fut élaboré, vers l’Islande cette fois. Je ne recommanderai jamais assez, pour avoir eu la chance de m’y rendre à de nombreuses reprises, de visiter cette île aux paysages lunaires, aux fureurs terrestres des premiers âges dont volcans et geysers témoignent au quotidien, ce pays où l’on pêche encore le saumon sauvage en pleine ville, comme à l’époque des Sagas médiévales.

    « Dans ce lieu, l’écologie véritable devient sagesse universelle : non pas l’écologie mondaine, urbaine, l’écologie morale, l’écologie devenue religion d’après les religions, mais la philosophie d’un rapport virgilien à la nature […]. »

     

     

      

    Sans, in fine, s’y être rendu, Michel Onfray vient, en quelques lignes, de saisir cette caractéristique écosophique de l’Islande. Point en effet, sur cette terre de glace et de feu, caressé au sud-ouest par le Gulf Stream, de télécologistes se délectant, à l’instar des télévangélistes, de nous annoncer l’apocalypse à grands renforts d’images dont la dimension émotionnelle exclut toute pensée rationnelle ; point non plus d’écojettseteurs cyniques nous exhortant à un renoncement dont ils savent eux-mêmes si bien s’affranchir ou s’empressant de nous culpabiliser sans se soucier de leurs propres turpitudes. Le rapport à la nature des Islandais relève de l’ontologie. Là-bas, belle ou mortelle, cette nature est respectée, acceptée au point que – beaucoup d’habitants me l’avaient dit – chacun se sent prêt, sans terreur aucune, à découvrir un volcan émergeant dans son jardin après une bonne nuit de sommeil. Rapport romantique aussi, comme le suggère la légende (en est-ce bien une ?) relatant que la fille du propriétaire de la magnifique chute de Gullfoss, Sigridur Tómasdóttir, avait menacé, dans le courant du XXe siècle, de se jeter dans ses eaux limpides si un jour elle devait disparaître dans le vaste projet d’une centrale hydroélectrique qui, heureusement, fut abandonné.

    Si ce second voyage envisagé avorta, comme le premier, Michel Onfray, à la faveur de lectures préparatoires, puisa dans les Sagas islandaises la notion du recours aux forêts, cette tradition d’offrir aux condamnés, aux proscrits exclus de la communauté, la possibilité de trouver refuge dans une forêt, à ses risques et périls. On pense naturellement à Ernst Jünger et à son Traité du rebelle, le « Waldgänger » désignant, à la fois, le rebelle et celui, précisément, qui a recours aux forêts :

    « Nous appelons ainsi celui qui, isolé et privé de sa patrie par la marche de l’univers, se voit enfin livré au néant. Tel pourrait être le destin d’un grand nombre d’hommes, et même de tous – il faut donc qu’un caractère s’y ajoute. C’est que le Rebelle est résolu à la résistance et forme le dessein d’engager la lutte, fût-elle sans espoir. Est Rebelle, par conséquent, quiconque est mis par la loi de sa nature en rapport avec la liberté, relation qui l’entraîne dans le temps à une révolte contre l’automatisme et à un refus d’en admettre la conséquence éthique, le fatalisme. »

      

    D’une manière différente, et sous le signe « de l’histoire et de l’hédonisme, du mal et d’un antidote possible », l’auteur se fait lui-même rebelle, en tant que celui qui n’accepte pas le jeu social tel qu’il se présente, avec sa face de méduse. Sans attendre que cette société le bannisse pour son indépendance d’esprit, il lui décerne un beau pied de nez en s’exilant lui-même – un exil volontaire qui n’a rien d’une sanction, mais tout d’un choix de vie. Il suit l’exemple de Démocrite qui, « après avoir beaucoup voyagé […], sondé la profondeur maligne de l’âme humaine, expérimenté l’étendue de la méchanceté du monde, se fit construire une petite maison au fond de son jardin pour y vivre le restant de ses jours. » Tel est le point de départ de ce texte de commande.

    Dans la première partie de son livre, « Permanence de l’apocalypse »,

    Michel Onfray dresse un catalogue des noirceurs de l’homme, de ses jalousies, ses envies de pouvoir, ses folies religieuses : « Les solstices et les équinoxes se remplacent / Mais nul repos, nul répit pour la mort que / les hommes infligent aux hommes. » Rien n’échappe à son œil acéré d’observateur attentif dans ce triste état des lieux, ni l’injustice, ni la trahison, ni l’intolérance, ni l’hypocrisie, ni la violence. Ni les escroqueries intellectuelles, comme celles dénoncées dans ces lignes : « J’ai vu des philosophes / De loin / Sans jamais partager leurs tables / Car les philosophes me font rire plus encore que les autres / […] La plupart donnent des leçons / Se voulant maîtres des autres sans être maîtres d’eux-mêmes ! » Naturellement, toute ressemblance avec des philosophes existants ou ayant existé, etc., etc.

    Face à ce constat, Michel Onfray propose une démarche, ce recours aux forêts, cette cabane au fond du jardin (« J’y vais pour y vivre en paix avec moi-même / Donc avec le monde ») dans laquelle l’homme peut redécouvrir la nature et se fondre en harmonie avec les éléments qui la composent. Il la décrit, aucun de ses détails ne manque. Cette seconde partie du texte se présente comme un véritable hymne à la nature ; ceux qui, dans leur enfance, n’ont pas, au moins un moment, vécu à la campagne ne pourront tout à fait comprendre, tant les sensations présentées ici font appel à l’émerveillement et à la découverte qui sont l’apanage de la prime jeunesse. Cette relation avec la nature n’est pas celle, fantasmée ou faussement idéalisée, des bobos. En revanche, elle s’apparente à une communion avec le cosmos – jusqu’à la mort sereinement acceptée – et rappelle singulièrement celle dont parle Lucrèce dans La Nature des choses.

      

    Publié sous forme de livre, ce texte de Michel Onfray va faire l’objet d’un spectacle, sous la direction de Jean-Lambert-wild, sur une musique de Jean-Luc Therminarias et une chorégraphie dont on peut attendre beaucoup, puisqu’elle a été confiée à Carolyn Carlson. La création aura lieu du 16 au 20 novembre 2009 à la Comédie de Caen, théâtre d’Hérouville, dans le cadre du festival « Les Boréales », puis la troupe se produira en tournée dans plusieurs villes de France jusqu’en mars 2010.

      

      

    Illustrations : Michel Onfray - Démocrite, gravure - Le Recours aux forêts, spectacle © Comédie de Caen.


    En savoir plus sur

      

    http://www.paperblog.fr/2440770/la-8220cabane-au-fond-du-jardin8221-de-michel-onfray/#85hBjiHSwvEVBOJH.99

     

     

     

     

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    Une agriculture meurtrière !

     

      

      

    Quotidiennement, on nous répète les différentes catastrophes naturelles liées au réchauffement climatique notamment en Vendée avec la tempête Xynthia. Mais, il n'y a pas que la planète qui cause des dégâts sur notre environnement, il y a aussi l'Homme, qui est la principale cause du réchauffement climatique mais aussi le propre tueur de son prochain. L'agriculture actuelle, industrielle et chimique, change le climat mais aussi l'Homme avec des malformations à la naissance.

    Quand on sait que 90% des cultures sont traitées chimiquement en France, ça fait froid dans le dos et je n'exprime même pas les dégâts que cela cause sur la biodiversité et l'Homme. La France est la 1ère utilisatrice de pesticides d'Europe et la 3ème mondiale. Mais les résultats de ce mode de production du « tout drogué pour produire plus » ne profite à personne, ni aux agriculteurs ni aux consommateurs. Tout le monde est perdant avec l'utilisation de produits chimiques et/ou d'OGM.

    Une cause de cancer chez les adultes

    70% des cancers sont liés à l'environnement dont 30% à la pollution et 40% à l'alimentation. Un constat dramatique qui ne cesse de s'alourdir. En France, l'indice du cancer a augmenté de 93% en 25 ans chez l'homme. Et en 25 ans, l'utilisation de produits chimiques et pesticides a progressé autant pour atteindre le chiffre cité précédemment soit 90% des terres sont traitées. Les conséquences sur l'Homme sont des problèmes neurologiques, des cancers, ... Et pour le constater, il suffit de contacter la MSA (Mutualité Sociale Agricole) pour se rendre compte du nombre d'agriculteurs atteints de cancers ou autres maladies « nouvelles ».

    Mais aussi chez les enfants

    Que les agriculteurs qui droguent, se fassent du mal par la même occasion, chacun est libre de ses choix de production. Mais que les enfants et les futures générations en payent les conséquences, c'est autre chose ! En Europe, 100 000 enfants meurent tous les ans à cause des cancers et depuis 30 ans le nombre d'enfants atteints par un cancer augmente de 1,1% par an. Et ce constat est dramatique, les enfants sont les principales cibles de nos politiques agricoles, du produire plus avec tous les moyens possibles.

     

     

    Conséquence sur la Terre

      

      

    On les connaît, desséchement et appauvrissement des sols, pollution des eaux comme au Lac de la Bultière, la disparition des abeilles... Enfin, ce sont des tonnes de bilans d'année de production industrielle qui nous dit aujourd'hui que 75% des espèces comestibles ont disparu en 100 ans et30% du vivant sur Terre a disparu. Avec plus de 140 millions de tonnes d'engrais chimiques répandus dans le monde par an, notre mode d'alimentation industriel est à 30% la cause du réchauffement climatique. Aujourd'hui, l'association France Nature Environnement lutte contre cette agriculture, qui malheureusement a de lourdes conséquences sur l'environnement comme les algues vertes le long des côtes bretonnes.

      

      

      

    L'Union Européenne

      

      

    L'Union Européenne consacre plus de 40% de son budget à l'agriculture et plus 9,5 milliards d'euros de subventions aux agriculteurs. Si nous voulons stopper le massacre de l'agriculture actuelle, il faut sensibiliser l'UE pour qu'elle investisse et subventionne une politique agricole biologique.

      

    Et cela est possible. On peut se fixer 5 ans pour commencer à allouer les 9,5 milliards d'euros à la restauration collective afin d'accroître le prix d'un repas à 3€ mais surtout pour relancer la demande de produits de qualité donc locaux. Et le reste du budget du PAC à la transformation et la formation des agriculteurs à une agriculture biologique.

      

      

    Les agriculteurs veulent être rémunérés par le prix et non plus par les subventions européennes comme des mendiants. Si l'Union Européenne subventionne la restauration collective avec une vraie volonté d'une restauration biologique, les agriculteurs seront Tous gagnants. Notre environnement et surtout les générations futures seront que bénéficiaires de ce changement comme les agriculteurs et les futurs.

      

      

    De plus, si l'Union Européenne va vers ce changement, elle lutte ainsi contre le cancer. Enfin, si nous, citoyens français et européens, nous voulons un avenir sain et digne pour nos enfants et les générations futures, il est temps de vouloir un changement pour notre agriculture qui abîme notre planète et notre santé.

      

    Des solutions simples et justes existent, il suffit d'en avoir la volonté, alors ensemble nous nous devons de l'avoir et de prôner ce changement pour nos enfants.

     

     

    Si ce qui est écrit est exact, je ne comprends pas pourquoi nous n'assignons pas l'État français devant les tribunaux. C'est l'État qui encourage la politique agricole commune(PAC) et les dégâts au plan santé ne pourront jamais être couverts par la sécurité sociale. Ceci n'est que chiffre, c'est sans compter la détresse, le désespoir, la souffrance, la culpabilité de ceux qui ont été acteurs et ont permis de telles actions et de ceux qui souffrent directement dans leurs chairs des méfaits de l'agriculture conventionnelle. Et je ne parle pas de la disparition de la diversité des organismes vivants!

     

    sources

    http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/02/27/2419266_une-agriculture-meurtriere.html

     

     

     

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    A la zeub: Mal faire son travail, le faire à la va-vite
    Afficher: Faire remarquer, attirer l'attention. Ex: elle m'a affiché (« elle m'a fait remarquer », « elle m'a mis la honte devant tout le monde »)
    Ap ou Aps: Pas (verlan, ex : Ché aps signifiant Je ne sais pas)
    Acier: Pistolet, arme
    Ambiancer: Influencer , manipuler, ex: à ouais ! Arrête de l'ambiancer"
    Arrache ( A l'arrache): Faire quelque chose à l'arrache, un peu n'importe comment
    Arracher (s'): Partir
    Atchave (s'): Partir
    Auch: Chaud (verlan)
    Axe (je vais te axe!): Frapper, faire mal.


    Babtou: Personne de couleur blanche (verlan de toubab, utilisé par la population noire dans certains pays africains pour désigner les Européens blancs au singulier comme au pluriel ; signifie à l'origine "docteurs" en arabe, le singulier "toubib" est utilisé en argot français depuis longtemps ; souvent orthographié bab2 ou 2bab, le 2 étant prononcé "two" en anglais)
    Bad: 1. Mauvais (ex : c'est le bad, je redouble), 2. Abréviation de bad-trip
    Bader: Faire un bad-trip
    Bailles (les): Les nouvelles. ex. :ow c'est quoi les bailles?
    Barbé, Bébar: Se faire escroquer
    Barreau: Se dit d'un homme qui a une érection ("ce voyeur, il a le barreau")
    Bècor: Corbeil, la ville de Corbeil-Essonnes (verlan)
    Bédave ou bédaver (plus rare): Fumer un joint (origine gitane)
    Bédo: Joint (origine gitane)
    Béflan: Frimer (verlan flamber, dans le sens de se la jouer)
    Béjèr: Vomir (verlan de gerber)
    Beleck: Attention ( faire beleck = faire attention )
    Béton: Tomber (verlan)
    Beuh: herbe, syn : ganja cannabis (contraction de beuhèr, verlan de herbe)
    Beuj: Jambe (verlan)
    Bled: Le pays d'origine (Jusqu'au Mali,Senegal,Cameroun etc...)
    Bicrave: Vendre, dealer (origine gitane)
    Biff: Argent
    Bitch' Prononcer biatche: Une allumeuse, une fille très chaude. Vient de l'anglais : Bitch, une putain
    Boîte: Tête ( la boîte que t'as !! )
    Boloss, bolos, trogloss, bogloss, troglioss ou borros: Victime, bouc-émissaire. Se dit d'une personne qui n'a aucune répartie, qui se laisse faire, qui accepte tout, qui n'a pas d'opinion, qui a peur de tout... Serait l'opposition au mot bogoss (Beau gosse) par inversion de sonorité. Par extension, désigne une personne qui n'a pas les mêmes valeurs que soit (ex : Il traîne avec des fashions, c'est un bolos !) Faire un bolosse = faire un rakette , un vol
    Bombounette: Excellent. (ex: C'est de la bombounette ce shit).
    Bonnasse: Une belle fille, très attirante
    Boucrave ou Boukrave: Dénoncer quelqu'un, faire de la delation
    Boufbiff: Synonyme Bouffon, Shlague. (ex: T'es trop un boufbiff toi laisse tombé)
    Boukak: Un individu de la population maghrebine.origine gitane du 16eme siecle (ex: c'est peuplé de" boukak par ici...)
    Bouillave: Faire l'amour (origine gitane), par extension, aussi utilisé comme adjectif pour qualifier quelqu'un d'attirant sexuellement (ex : elle est bouillave )
    Boul: Le cul
    Bousaillaké: Fumer
    Bebar: Barbe
    Broumf: Un joint, une cigarette de marijuana. Origine Est, Moselle
    Bubar: Barbu
    Bonté: BelleGosse, Bonnasse !, Ex : C'est une bonté cette meuf !


    Caillasse: Argent
    Caille: Racaille(une personne dangereuse)
    Caillera: Racaille (verlan)
    Cainfri, K'1Fry: Africain
    Cainri: Américain (verlan de ricain)
    Canard: Se dit de celui ou celle qui est en couple (Pierre il est au téléphone avec sa go, c'est trop un canard). Se dérive en canarder, canardage, etc., "faire le canard" parler sans assumer ses paroles ( faux-cul)
    Caner (se faire: Se faire tuer, se faire tirer dessus
    Caguer: Chier, deféquer. Parler du sud, ce mot est présent dans le castillan et le catalan, pour la même action.
    Calèche (en): En prison
    Carna: Arnaque (verlan, une carna ou se faire carna)
    Carotter: Voler, se faire avoir
    Carouf: Le supermarché Carrefour
    Carpla: La prison, verlan de Placard
    Cartouche (mettre une): Baiser (ex : J'lui mettrai bien une cartouche a lacelle!!)
    Cassos': Cas social une personne désespérée "Le gars il la baffé, il n'as rien fait!" "Oh le cassos'!"
    Cav': Un pauvre type, un looser. (ex : C'est trop un cav' ce mec!)
    Ceaumor: 1 Morceau (souvent de haschisch) (verlan), 2 Morceau de Rap (Verlan)
    Céfran: Français (verlan)
    Chabe: Regarde (origine gitane)
    Chabert (être un): Se dit d'une personne lâche, déclinaison du colonel Chabert, (la rumeur populaire tend à en attribuer la création à la session 2006 de l'île de la tentation)
    Chagasse: Jeune femme aux mœurs faciles.
    Chanmé: Méchant (Verlan)
    Charasse (être charasse): Etre ivre (ex : "J'ai trop tisé j'suis charasse")
    Charclo: Clochard
    Charette (être): Être débordé par une activité, ne pas avoir le temps. (ex: Je peux pas sortir ce soir , je suis trop charette)
    Chécro (verlan de Accrocher): Sortir, avoir une relation avec quelqu'un.
    Chelou: Louche, bizarre (verlan)
    Chepere (etre): Se dit de quelqu' un apathique, perdu dans ses pensés apres absorbsion de substance psychoactives, qui n' est pas redescendu de son trip (verlan de perché)
    Chéra (verlan de Arracher): S'arracher, partir; Ex : ça craint ici, on chéra !
    Cheum, Cheumo, Chim: Moche (verlan), "Comment elle est cheum": se dit d'une personne moche, "Arrête, arrête c'est cheum" Autrement dit "Arrête, arrête, ça n'en vaut pas le coup"
    Chico: Dent
    Chips (c'est): "C'est chips" est une expression typiquement Orléanaise signifant quelque chose de dommage.(ex : "il s'est fait carotte sa mob trop chips pour lui")
    Choper: Se procurer, acheter du shit (ex : Demande des pilons a PJ, il va choper ce soir), coucher avec une fille pour un soir. svt en Verlan: Pécho (ex max a pécho hier soir) (nuance: le garçon chope, la fille accroche)
    Chourav (origine gitane): Voler
    Chichon: Haschisch
    Chimique: Bizarre. Ex: elle est trop chimique la fille
    Chien (Être en): Manquer de, avoir envie de (ex : je suis en chien de meuf), Etre dans une mauvaise passe
    Chlass: Couteau
    Chmit: Policier (origine gitane)
    Chnits: Mantire, manssonge (arrete de chnits,arrete de mentire, tu me raconte des chnits là ,Tu me raconte des manssonges là ).
    Chosequelque: Quelque chose ("t'as pas chosequelque à méfu pour soir-ce??")
    Cheum:Ami (ex : "Mon cheum", "Mon cheum de gars", "Ma cheum de fille"), Mon petit ami, mon copain, Argot québécois
    Clasher (se): Avoir une altercation, un conflit violent
    Comme as: Comme ça (verlan)
    Condé: Policier (ancien argot français)
    Cousin: Ami, personne proche, pas forcément de la famille au sens classique, Ex : Alors cousin, ça se passe ou quoi ?
    Crevard: Personne qui demande sans cesse aux autres de lui donner quelque chose, "T'as pas une garette-ci?" (Verlan de cigarette) "Mais t'es trop un crevard sur les yeux d'ma mère!", radin
    Crasseuse: Fille qui couche avec tout le monde
    Crari: Semblant, faire genre
    Crome (À): À crédit (ex : "Je lui ai bicrave un 5-20 de zèb à crome", c'est-à-dire "Je lui ai vendu 25 grammes d'herbe à crédit")
    Crocs: Dents, se faire les crocs: manger


    Dailler: Décevoir, origine Sud-ouest. Exemple : "Tu es arrivé en retard, tu dailles."
    Daille(être en): Etre en bad trip, T'es mort!
    Dalle (la): Faim
    Dalle (que): Rien
    Damer: Manger
    Dar: Joint, aussi, difficile, ex: c'est dar!'
    Daron(ne)(s), dars, Dap: Père, mère, parents (argot français ancien)
    Dass: Contraction de DASI, verlan de SIDA
    Def (être): Contraction de defoncé
    Dékère / D'équerre: Etre ivre (Je suis trop dékère)
    Demèr: Merde (verlan)
    Dep ou dèpe: Homosexuel (verlan de pédé)
    Derche: Fesses, postérieur
    Deuspi ou despee: Vite (verlan de speed) (ex : Faire en deuspi, c'est-à-dire Faire en vitesse)
    Diantre: Se dit dans une situation d'enervement ou de consternation ( ex:diantre j'ai marcher sur ta reum )
    Disquette (mettre une): Mentir, faire croire une énormité à quelqu'un
    Dikav: Regardes (origine manouch (dérivé du manouch)), ne pas pouvoir dikav qqn: ne pas le supporter
    Douran: Cigarette, tabac (vient de l'arabe tabac: دخّان, phonétiquement et approximativement: doran)
    DJ (En): Mentir, faux, Ex: c'est du dj ske tu dit (c'est faux)
    Douiller: Avoir mal, souffrir (ex : "Je douille comme un gros porc"), Par extension : carotter (arnaquer) (ex: "Ahah je l'ai bien douillé ce boloss")
    Duper: Perdu, égaré (verlan), ex : " Moussa est vénèr, il a duper keus dix = Moussa est enervé, il a égaré cent francs."
    Die , dead: Mort, fatigué ( de l'anglais le verbe dead = mourir se conjugue "die" (pronociation daye)


    Èff: Fait (verlan, ex : Faut que ça soit vite èff), ou saoul, défoncé (Chui èff : Je suis défoncé)
    En falsh , en scred: Discretement
    Engrainer: Entrainer
    Enculman: Un homme a qui on ne peut faire confiance....quel enculman celui la ! il ma peta ma meuf !

    Fash-wesh: Jeune richement habillé tentant de se donner des airs de jeune de la cité. Un mélange de "fashion" et de "wesh".
    Faya: Drogué (de fire, feu en anglais), Fatiguer
    Feufa: Quelqu'un de fasciste ou raciste, FAF = France Aux Français (verlan de FAF)
    Feuj: Juif (verlan)
    Feumeu: Verlan de meuf (donc verlan de femme)
    Flag: Diminutif de flagrant délit (ex : il s'est fait flagué)
    Fly: Pastis (Marseillais)
    Flûte (En): Méchant mytho !, Ex : Une personne se vente sans limite, de ce qui a bien pu lui arriver la veille, soit: "Vazy moi j'ai péta toutes les meufs en boite hier soir !", alors, vous lui répondez: "En flûte ?", Ce mot fait référence à la flûte de Mario (Mario Bros 3)
    Falsh (en): Discrètement ou objet volé ex: une puce de téléphone falsh
    Foncedé, fonfon, fraca, fracass', cassfra, Drogué (verlan de défoncé ou de fracassé)
    Fouf: Vagin, ou corps de la femme (Eh téma les graffs sur foufs)
    Foulek: Fou, inconscient. syn: barge, taré, déglingo, psycho, ouf, bolosse, chabert, etc., ex : "j'l'ai fouléké celui là!" => "je ne suis pas peu fier de la façon dont je l'ai dispensé de son objet rare". Se dit aussi d'une personne dont les manières sont peu communes, ex : "Wesh momo! Mate le foulek" => "Mohammed: regardes cet idiot!"
    Frais (c'est trop frais): C'est nouveau, c'est frais, c'est fresh
    Frolo: Un pote à soit (Go frolo ! C'est-à-dire Femme, Poto)
    Frome: Français d'origine, de couleur blanche. C'est un terme raciste.


    GAV: Acronyme pour Garde à vue, Ex : 17 heures de GAV pour un stick de shit, c'est abusé !
    Gadji: Fille (origine gitane)
    Gadjo: Garcon (origine gitane)
    Gagder: Dégager (verlan) Ex : Vas y gagdé (boloss)
    Gallet': Galleter, Vomir
    Gamelle(r): Manger : on va gamelle?
    Gameller (se): Tomber, chuter (ex: Oh la vache comment il s'est gamellé!)
    Ganz (envoyer la): voir "Ganzou"
    Ganzou (envoyer la): Faire la fête de manière excessive, s'éclater (ex: ils ont envoyé la ganzou toute la nuit au Queen!)
    Garo, garette: Cigarette (arabe)
    Gavé: Très (ex : C'est gavé bon) (origine Sud-ouest et Sud)
    Gaver (s'être): Avoir réussi quelque chose, avoir assuré (ex : Ma foi, je me suis trop gavé là)
    Gen-Ar: Argent (verlan)
    Gera (Avoir la): Rage (verlan)
    Gnack: 1. Joint, 2. être en forme (avoir la gnack) Sud-Ouest avoir LE gnac.
    Go:Femme, fille (du bambara)
    Golbut: Personne de faible resonnement ou dit abruti (ex: serieux ta encore deteriorer ton vehicule,t'est vraiment un golbute )
    Golri: Rigoler (verlan, ex : Ça me fait golri) ou rigolo (ex : C'est golri !)
    Gonz: Mec, garçon
    Goumer: Dégommer, tuer
    Gossebo: Mec élégant, (beau gosse [verlan])
    Gouache: Forme. Ex : ow j'ai trop la gouache là !
    Gouère: Personne de couleur blanche
    Gova: Voiture
    Grailler: Manger
    Graineux: Les jeunes qui embrouille ( qui engraine)
    Gratte-cul: Individu arborant le long de la plage,et grattant nerveusement son posterieur
    Grec: Un kebab à Paris
    Greums: Maigre (verlan)
    Gromi (la): Supermarché Migros (verlan, à Genève et France voisine)
    Gros (vient du mot negro)(viens de khoya = frère ,devenue kho puis gros): Ami (ex : Ouais gros bien ou bien ? )
    Gueban, gueu: Bang (verlan de bang)
    Gueudin: Dingue (verlan)
    Guenave: Danser
    Gueta: Tag, graffiti (verlan de tag)
    Guéze: Nul, synonyme de boloss. Ex: Ce mec la il est trop guez, il connait rien! Content etre guez, etre content
    Guezmer: Merguez. Adjectif péjoratif. (verlan, ex : T'es trop une guezmer.)
    Guesh: Un portuguais


    H 24 24 h sur 24
    Hagra (Faire une)Viens de l'arabe: Dépouiller quelqu'un, Lui foutre la misére
    Heps: Prison (mot arabe).


    Iech: Chier (verlan)
    Iench (Être en): Chien (verlan, manquer de ou avoir envie, ex : voir chien)
    Ièp: Pied (verlan)


    Jacky: Un beauf, en général qui aime le tuning
    Junky: Un drogué


    Ke-grè: Grec (sandwich) (ex : On va yeugr un ke-grè??)
    Kèn: Faire l'amour, frapper ou arnaquer (verlan de l'argot niquer)
    Keubla: Noir (souvent pour parler de la couleur de peau, verlan de black)
    Keuf: Policier (contraction du mot keufli, verlan de flic)
    Keum, keumé: Homme, garçon (verlan de mec)
    Keun: Chinois (restaurant)
    Keupon: Punk (verlan de punk)
    Keus (Etre): Sac (verlan keussa de sac), 10 francs, Maigre (verlan de sec), "Il est tout keus !"(maigre)
    Keusti: (verlan de stick), Une cigarette de marijuana, un stick.
    Khech, khechma, khecheum (arabe) "hhèch, hhèchma, hhècheum": Honte "ex: " trop la khech' 'La khechma de ma vie!" Je me suis fait khecheum"
    Kho, khoya (Roya): Frère
    Kholoto, Roloto: Maghrébin
    Kiffer: Aimer, apprécier (de l'arabe)
    Kiltran: Tranquille (verlan)
    Kisdé: Policier en civil (verlan de déguisé)


    La-çui La-uisse, la-celle: Celui-là, celle-là (verlan)
    Laisse bet': Laisse tomber (abréviation de laisse béton)
    Lascard: Mec, gars
    Leurs ( les ): Contraction du mot contrôleur. Ex : Je me suis fais ser par les leurs, chuis trop vénère!!
    Laserie: C'est la laserie grave = c'est nul
    Loucedé (en): Discrètement
    Lourde: Porte : « ferme la lourde »
    Lost, leust: Style (verlan)


    Maille: Argent
    Mahbool: Fou (origine arabe)
    Marlich: Ce n'est pas grave (origine arabe) ex : on m'a peta mon phone, marlich il était vieux : on m'a volé mon téléphone , pas grave il était vieux
    Malement: Mal
    Marave: Frapper (quelqu'un) (origine gitane)
    Marron (être marron ou faire marron quelqu'un): Etre volé ou arnaqué par quelqu'un. Ex : "Ce gars t'as fait marron." Trompé, adultère. Ex : "Sa femme le fait marron avec son voisin."
    Masser: Cafouiller, aussi frapper Ex: Tu veux que je te masse venère ou quoi ?
    Mécra: Cramer (se faire attraper)
    Méfu: Fumer (verlan)
    Meuf: Femme, fille (verlan de femme)
    Mec: Homme (dérivé de mac, Maquereau, souteneur)
    Meuge: Gramme (verlan, souvent pour parler de haschisch)
    Micheton: Se dit d'une homme qui change de personnalité lorsqu'il est avec sa compagne pour n'aller que dans son sens (ex: Quel micheton! Il est toujours avec sa meuf!)
    Mickey: Personne disposant d'encombrement nasale et sujet a la perte de ces ogives nasales (ex: putain kemar ta un gros mickey )
    Mishto: Bien, Bon, vient du Rom, on trouve l'équivalent dans l'argot roumain.
    Mifa: Famille
    Minch: Le sexe féminin
    Mystique: Bizarre
    Mouss: Couteau
    Molard: Femme succeptible d'etre repoussante (et roukmout /ou routmout - voir la def - )
    Miskine: Le pauvre (de l'arabe)
    Magnéto: Se barrer, se casser ! Ex : T'as le magnéto ? On se cassette ! "Se cassette" >> Se casser, se barrer !


    Nachave, aussi Matchave: Partir ( jme nachave ! ) => jme bar, jme casse
    Nash: Raide (t nash mec !)
    Narvalo, Narvali: Fou (il est narvalo celui là!), Idiot
    N'importNawak: Nimporte quoi ( c'est Nimportnawak ! )
    Neuf zeudou, Neuf-Deux: Le 92; les Hauts de Seine
    Neuf cube, Neuf-Trois, Le 93: la Seine St Denis
    Neuf-Quatre: Le 94; le Val-de-Marne
    Neuski: Skinhead (verlan de skin)
    Nimp: N'importe quoi (C'est trop nimp !)
    Nawach: Chinois (verlan)
    Nuigrav: Cigarette (de "Nuit gravement à la santé", ex: eh gros! j'peux te taxer une nuigrav' ou comment qu'c'est?)


    Oide: Doigt (verlan)
    Oilou/oilpé: nue, (verlan de a poil ); (ex: eh ! mec ta daronne et tellement rinçbale qu'elle chie sur les mur a oilpé)
    Oinj: Joint (verlan)
    Oim,oit: Moi, toi (verlan)
    Ouf: Fou (verlan)
    Ouferie: Folie, (Dérivé de ouf) Ex : Mais c'est de la ouferie !
    Opé: Opérationnel, prêt. Disponible (pour une aventure, une relation --> célibataire)
    Oseille (vieil argot): Argent


    Paillasse: Personne sans courage ni énergie
    Paille: Mec, garçon, aussi ami
    Paname: Paris
    Panier: Nombre de meuf en stock, eventuellement disponible pour un plan sexe immédiat (ex : il a 6 meufs dans son panier mais 3 ne sont pas dispo). Expression lyonnaise.
    Patate: Coup de poing
    Péfra: Frapper (verlan)
    Pécoss: Joint
    Pélo: Mec, garçon (origine gitane)
    Pépon: Faire une fellation (verlan de pomper)
    Pera (ou peura): Rap (verlan)
    Pesa: Habillé ( verlan de saper )
    Péta: Voler ou frapper (verlan du mot Taper)
    Pillave: Boire de l'alcool
    Pilon: Shit "t'as du pilon"
    Plan: Dealer (ex : j'ai un bon plan beuh au bahut) (vient de "plan" : programme. (ex : "T'as un plan pour ce soir ?", "elle c'est mon plan cul")).
    Platines Gold: Roi du Mix, une personne qui ment comme elle respire ! Ex: Un gringalet vous dit: "Hey sérieux chanmé la force que j'ai en Scrète ! Hier soir à la muscu j'ai déchiré 150 kilos au développé couché, trankil keumé, si si !; Vous lui répondez:" Ah ouais ! Mais t'avais tes platines Gold ce soir là, avoue ?"
    Pomme D: Quitter un endroit, s'en aller. (Ex : Vient on se pomme D les gars ) Vient du raccourci clavier servant à fermer une fenêtre sur les ordinateurs Mac.
    Poto: Un gars
    Poucave: Balancer, balance (dénoncer à la police ou une autorité)
    Pouchka: Pistolet, revolver (origine Russe)
    Pouillder, Pouilldé: Dépouiller, ou aussi sous l'emprise d'une drogue
    Pap ou popa: Quelqu'un de très important dans les técis du feun zedou.


    Quetar / Queutard: Masculin de salope, formé à partir de la racine queue
    Quinte (avoir la): Prendre la mouche, avoir la haine. Origine Sud-ouest. Ex : "J'ai la kent,on m'a volé mon portable."
    Quinte (prendre la) Etre ivre, " hier soir j'ai pris la quinte"


    Rabza, rabzouz: 1. Arabe (verlan), 2. Epicier, par extension épicerie
    Rabbat, Habbat: Saoul, Defoncé
    Reurti: Voleur (verlan de tireur)
    Racli: Femme, fille
    Raclo: 1. Homme, mec, 2. Radin
    Raillave: Manger
    Ramasse Bourier: Pelle à ordures (Loire-Atlantique)
    Rage (avoir): Etre enerver (serieux j'ai trop la rage!)
    Relou: Lourd, agaçant (verlan)
    Rebeu: 1. Arabe (verlan de beur), 2. Epicier, par extension épicerie
    Rébou: Ivre (verlan de bourré)
    Rempa ou Remp's: Parents (verlan)
    Renard: Vomis (ex : le lendemain du Beaujolais nouveau, j'ai croisé des renards.)
    Renoi: Noir (verlan, le plus souvent pour indiquer la couleur de peau)
    Réssoi: Soirée (verlan)
    Reuch: Cher (verlan)
    Reuf: Frère (verlan)
    Reum, syn: Daronne ou ronneda. Mère (verlan)
    Reup: Père (verlan), Peur (verlan)
    Reus: Sœur (verlan)
    Rodave: Regardé, pris en flagran délit ("Laisse bet il t'as déjà rodave" : "Laisse tomber, il t'as vu faire")
    Roof (avoir): Avoir peur,("J'ai roof de ce genre de gars")
    Rotca: Arnaquer (verlan du mot carotte)
    Roumi: Homme blanc (mot arabe désignant un européen).
    Routmout/roukmout: Personne de composition capilaire dit "roux" (ex: diantre ya routmout qui est la ce soir )


    Saouler: Embêter, importuner
    Schneck: Sexe féminin, par extension femme, de l'Allemand "Schnecke", escargot(ex : Ouais, ça pue la schneck ici)
    Schlag: Bouffon: Droguer
    Schlass: Couteau
    Schtar: Bouton sur le visage, Policier
    Scret' Scred': en fait, (en secret)
    Serrer (se faire), Ser: Se faire arrêter (souvent par la police) ou trouver un petit copain, une petite copine (ex : Est-ce que t'as ser hier soir ?, Frank s'est fait serré par les zdeck il est en GAV..)
    Seum (avoir le): 1. Etre énervé "Il pécho ma meuf comment j ai trop le seum", 2. Shit, assez bon : semi commercial
    Seuf: Fesses (verlan)
    Seugro: Grosse (verlan)
    Sisi: Expression typique de la banlieue parisienne, pour montrer son accord à une personne, sa joie, sa fierté ("Sisi ma gueule! Sisi la famille! Sisi chacal!")
    Sissgro: Grossiste (verlan) (ex: Je viens de toucher un 200meuge de weed a 1000€, cimer le sissgro!)
    Skeude: CD ou vinyl (verlan de disque raccourci)
    Skuter: Occupé un endroit (vient on va skuaté a l'arret bus pour tizé)
    Sky: Whisky (ex : J'ai bu trop de Sky, jvais tapper gallet'!)
    Smeus: Un SMS
    Soir-ce: Ce soir (verlan)
    Soss' ou Sauss': Associé (verlan) (synonymes: Copain, Ami, Pote, Camarade, collègue)
    Sos-k: Cassos'(cas social) (verlan)
    Speed (être): Etre pressé.
    Spliff: Joint
    Squémo: Mosquée en verlan
    Steak: Meuf considérée comme un trou (il a 6 steaks dans son "panier" : il a 6 meufs qu'il nique quand il veut). Expression lyonnaise.
    Steakos: Voir "Steak". Expression lyonnaise.
    Sten: C'est sten, c'est bien "cool" (expression de Corbeil-Essonnes)
    Stick: Petit joint, habituellement roulé dans une petite feuille à rouler. Ex : Ouaich gros, t'as pas un stick à dépanner ?
    Stokité (Etre un): Etre balaise, massif, musclé.... Ex: Tu est un stokité (tu est très musclé)
    Stylé: Qui a du style, de la classe (ex : Le dernier Ken Boothe, il est stylé!)
    Sucer: Se faire bien voir, accepter le système, consommer beaucoup pour une voiture
    Sucette (Partir en): Devenir méchant, fou ou tenir des propos incohérents (ex : Il est parti en sucette, il a commencé à bicrave)
    Syn: Cramer (mécra), Griller (yégri.


    Tè, Tamien: Hashish
    Taff: Travail
    Tarba: Bâtard
    Tarlouz: Gay.Expresion grec (ex: ah la tarlouz,il kiffe la zbourdine)
    Tarma: Fesses, Cul.
    Tarpé, tar': Pétard dans le sens joint ou dans le sens fesses (verlan)
    Tarpin: Beaucoup Ex : (Il a tarpin d'argent lui ! : J'ai tarpin mal aux pieds !)
    Taspé; tass: Pétasse (verlan)
    Tchalave: Content (Il est tchalave d'aller en boite). Expression lyonnaise
    Techa: Chatte (verlan) Désigne le sexe féminin ou une femme de façon générale Ex : (Téma la techa ! : Regarde la fille !)
    Techenique: Technique
    Téma: Regarder à l'infinitif(verlan de mater) ou à l'impératif (Téma la meuf ! : Regarde la fille !)
    Tendu: Dur , difficile. Ex : 'Ca va être tendu
    Terter: La cité, le quartier
    Teub: Verge (contraction de teubi, verlan de bite)
    Teubé: Idiot
    Teuch: Sexe féminin (verlan de chatte) ou Haschisch (du verlan de shit)
    Teuf: Fête (verlan)
    Teupu: Pute (verlan)
    Texte: Un texto, un SMS
    Tièp (Faire): Faire pitié
    Tigen (verlan): Gentil
    Tinté: Se dit d'un homme de couleur qui s'eloigne du clair,regarde un tinté ma peta mon telephone
    Tipeu: Petit (verlan)
    Tise (ou tize): Alcool, tres vieux mot d'argot qui continue a etre tres populaire.
    Tiser: Boire de l'alcool
    Tof: Photo (verlan)
    Torgnole: Giffle, baigne, traha (tunisien),teutar (tarte), skiaff...
    Tosgra: Verlan de Gratos ( = Gratuit ). Se dit dans une situation inattendue, choquante ou inopinée. Ex : " Oh ya plus rien dans le frigo !!! " et vous répondez " Ah c'est tosgra " ... " Tosgra comment tu viens de te viander!! "
    Tréren: Rentrer (verlan) plus souvent utilisé sous la forme passive: "se rentrer".
    Tricard (Etre): Exclu, personna non grata, Grillé (par exemple pour un vol cependant ce sens est très peu employé par les spécialistes de l'argot.)
    Tromé: Métro


    Uc mais aussi: tarpé, kavu, bonda, tarma, sseuf, boule, cul (verlan)
    Under-G (en): Synonyme de mensonge, mytho. (Ex: "T'es balèze toi quand meme.. EN UNDER-G!" <=> "Tu es costaud toi, nan je jplaisantais.")


    Vent (mettre un): 1. Ignorer quelqu'un. 2. Refuser des avances
    Vénère: Énervé (verlan)
    Vilci: Policier en civil (verlan)
    Vla: Beaucoup ("Quand j'aurai vla de la maille je pourrai béflan" : "Quand j'aurai beaucoup d'argent je pourrai frimer")
    Verte: Marijuana, Cannabis. (ex : Yo, t'as de la verte en ce moment?)


    Wesh: Salut mot arabe.
    Wesh Wesh: Racaille


    Xe: Une pillule d'extasy


    Yaska mais aussi: Gen-ar, lové, maille, eurss,thune, blé (Blavé), ronds etc... Argent
    Yeuf, Youf: Feuille (souvent à rouler) (verlan)
    Yeuk: Couilles (ex : tu m'casses les yeuks!!)
    Yeuz: Yeux (du verlan à cause de la liaison dans les yeux)
    Yo: Traduction urbaine de salut


    Zaraf: Enervé (de l'arabe zâaf, colère)
    Zarb, zarbi: Bizarre (verlan)
    Zarm, Zarma, Zerm: Genre. Syn: krari.
    Zdèk: Policier (verlan de l'argot kisdé)
    Zeff: Vent (Se prendre un zeff : être ignoré). De Zéphyr
    Zèn: Nez (verlan)syn: blaze, tarin.
    Zeub (ou zeb): Herbe (cannabis)syn: beuhèr, beuh, salade etc...
    Zeudou, zedou: 12 grammes de Haschisch (verlan)
    Zeum: Etre deficient intellectuel (ex j'ai le zeum)
    Zeuzeut: utiliser pour demander un liquide hydradant. (ex: eh! serveur dla zeuzeut svp ! )
    Zeille, verlan d'oseille: Argent
    Zermi: Misère (du verlan)
    Zgueg, Zguègue: Pénis
    Zic (rarement zicmu): Musique (du verlan)
    Zigounette: Pénis
    Zin/Zine: Cousin/Cousine
    Zinc, zincou: Cousin (verlan)
    Zinguer: Baiser (Benjamin a zinguer plus de 100 meufs). Expression lyonnaise.
    Zob: Pénis. syn: Beut (Bite), pige, vié, chybre (breuchi,breubreu, chybron), brakmar, zbeul, euk (queue), etc...
    Zobi: Putain (Il peut se traduire par sexe dans certaines phrases)
    Zonzon ou zonz': Prison
    Zouz: Femme, fille. syn: Go, racli, gadji, meuf, miss, etc...
    Zoulou: A l'epoque, personne faisant partie des premiers engagés dans le mouvement hip-hop (années 1980). Désormais pejoratif.
    Zouloute: Se faire arnaquer par la douille....celebre philosophe de renom
    Zbourdin: Vient du latin zbouramous tadeus : ce dit d'un homme qu'il est tres bien monter....oh lalla quelle grosse zbourdine

     

     

     

     

     

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    Élisée Reclus : un géographe d’exception

    Béatrice Giblin

    Résumé : « Élisée Reclus : un géographe d’exception »

    Dans l’œuvre immense de Reclus on ne peut dissocier le géographe du libertaire. Son projet n’est pas d’inventer une société idéale, mais de changer vraiment le monde, de faire sauter les multiples formes d’oppression qui entrave l’épanouissement de l’homme dans une société juste. Il lui faut donc comprendre et expliquer le monde tel qu’il est. Ce qui rend intéressante, aujourd’hui encore, la lecture des œuvres de Reclus, ce sont les passages où il aborde les rapports de pouvoirs et/ou de domination. Reclus croyait en l’existence possible d’une société universelle, juste, où chaque individu serait respecté et saurait respecter autrui une fois que les hommes se seraient débarrassés des oppresseurs, des accapareurs, entre autres de l’État, source de puissance et de pouvoirs, donc de domination. Cette position politique est a priori en totale opposition avec l’approche d’Hérodote puisque la nation et dans une moindre mesure l’État sont des concepts que nous estimons fondamentaux de l’analyse géopolitique. Mais ce qui nous rapproche d’Élisée Reclus, c’est la volonté de décrypter le monde avec honnêteté, de ne pas masquer, dans la mesure où l’on en est conscient, ce qui ne nous plaît pas.

    Abstract : « Elisée Reclus : geographer of exception. »

    In Reclus’tremendous work, the geographer and the libertarian cannot be dissociated. His project is not to invent an ideal society, but to truly change the world and to abolish the various forms of oppression preventing human beings to blossom in a fair society. Therefore he must understand and explain the world as it is. To this day what makes interesting reading Reclus’works are the excerpts in which he brings forward power relations and/or domination relations. Reclus believed in the possible existence of a universal society, a fair society, in which each individual will be respected and will respect others once oppressors and monopolists of the state, among others, will be rejected as they represent a source of power and thus of domination. This political position is a priori in total opposition with the approach of the review Herodote as the nation and the state are fundamental concepts for a geopolitical analysis. But what brings us closer to Elisée Reclus is the will to decipher the world honestly, and not to hide, in all consciousness, what we dislike.

    Article Complet

    « J’ai parcouru le monde en homme libre... »

    Dès 1981, Hérodote consacrait un numéro à Élisée Reclus : un géographe libertaire. Pourquoi refaire vingt-quatre ans après un numéro sur ce grand géographe ? Pas spécialement par goût des commémorations, les manifestations pour le centenaire de sa mort y suffisent amplement et nous nous réjouissons de cette reconnaissance, même tardive, de l’importance de ce grand géographe, longtemps ignoré et même totalement inconnu des universitaires. Nous avions été les premiers à lui rendre hommage et ce dès le deuxième numéro de la revue où j’écrivais un article intitulé « Élisée Reclus : géographie, anarchisme », suivi de morceaux choisis tirés de la Nouvelle Géographie universelle (NGU) sur l’Inde [t. VIII, 1883]. Nous avons décidé de consacrer de nouveau un numéro à Élisée Reclus parce qu’en vingt-cinq ans le temps a passé. Autrement dit, le monde est devenu beaucoup plus complexe depuis l’effondrement de l’Union soviétique et la fin de la guerre froide. Avant même cet événement, la société communiste ne faisait déjà plus rêvée grand monde. Cependant, on pouvait encore imaginer que les principes étaient justes et que c’était leur application qui était contestable. Nous n’en sommes plus là.

    Rappelons que déjà pour Reclus, le sort du monde allait se jouer entre les États-Unis et la Russie :

    Par la force des choses, aussi bien que par la conscience orgueilleuse de leur rôle parmi les nations, les États-Unis en sont arrivés à disposer dans tout le monde occidental d’une réelle préséance. Ils constituent une république patronne d’autres républiques formant pour ainsi dire le contraste, dans l’ordonnancement général du monde, avec l’Empire russe, le plus puissant de tous par l’étendue territoriale [H&T, t. V, p. 219].
    Les États-Unis [sont] les rivaux de la Russie dans la prétention d’être la première parmi les grandes puissances du monde moderne » [ibid., p. 230].

    En ce début du XXIe siècle, ce sont les États-Unis qui l’ont emporté. On sait que leurs dirigeants actuels ainsi qu’une partie de l’opinion américaine sont convaincus d’être investis d’une mission, aider les peuples à se libérer de l’oppression dictatoriale de leurs dirigeants pour instaurer la démocratie partout dans le monde, ce qui ne pourrait conduire qu’à la paix puisque chacun serait libre. Voilà une vision du devenir du monde qui peut sembler proche de celle d’Élisée Reclus qui voyait dans l’oppression la source majeure des conflits et dans la liberté de chacun l’assurance de la paix pour tous, à ceci près que pour Reclus, anarchiste convaincu, l’oppression commençait dès l’existence de toute organisation administrative et politique. Ce n’est assurément pas la position d’Hérodote, loin de là. Néanmoins, malgré cette position de principe d’Élisée Reclus qui explique pour partie la faiblesse de certaines de ses analyses, nous pensons qu’il est encore utile de se reporter à l’œuvre de ce grand géographe.

    Œuvre immense, colossale il faut le redire. Un travail exceptionnel, trois grands ouvrages le premier La Terre description des phénomènes de la vie du globe, le second la Nouvelle Géographie universelle, 19 volumes écrits seul ou avec l’aide de quelques collaborateurs, une publication qui s’étire sur dix-huit ans de 1876 à 1894, 17 873 pages de texte et 4 290 cartes et des milliers de gravures et enfin sa grande œuvre, L’Homme et la Terre, publiée après sa mort (1905-1908) sous le contrôle vigilant de son neveu Paul Reclus, une vaste fresque de l’histoire de l’humanité de ses luttes et de ses progrès, depuis la préhistoire jusqu’au début du XXe siècle. Reclus tenait énormément à cet ouvrage qu’il considère comme la conclusion de toute son œuvre et qu’il définit comme un « ouvrage de géographie sociale » où il aborde trois thèmes fondamentaux pour lui : la lutte des classes, la recherche de l’équilibre et le rôle primordial de l’individu, les deux derniers tomes étant l’équivalent d’un traité de géographie humaine générale dans lequel, à la différence des successeurs de Reclus, les questions politiques ne sont pas tues. Quelle ardeur au travail ! Pas un jour sans qu’il n’écrive quelques pages. On reste ébahi de la diversité et de l’ampleur de ses connaissances, c’est un grand lecteur de la presse, il connaît plus de six langues, il a énormément voyagé pour rédiger la NGU et il avait des informateurs dans nombre de pays grâce au réseau du milieu anarchiste. Comment expliquer une telle puissance de travail, une telle constance dans l’effort ?

    Un idéal politique absolu

    Reclus est en vérité porté par son idéal politique. Son œuvre est non seulement l’œuvre d’un grand géographe mais c’est aussi l’œuvre d’un militant, car il faut bien comprendre que son travail de géographe n’est pas seulement au service de la « science », mais aussi au service de son idéal politique, l’anarchie telle que la conçoit Reclus : les hommes libres et égaux dans une société sans lois et sans autorité. Toute sa vie Reclus sera un militant de la cause anarchiste, or compte tenu de sa personnalité c’est un être absolu, totalement engagé dans ce combat pour une société juste et libre. Il se donne une mission, travailler à son établissement même si ce ne peut être que dans un avenir très lointain et démontrer que c’est possible, et la géographie est un excellent outil pour cela.

    Cependant, la taille colossale de son œuvre servira d’arguments à certains pour la discréditer, laissant entendre que Reclus s’était laissé aller à remplir la page par des descriptions de paysages rapidement dépassées par les travaux « scientifiques » des géographes universitaires, Vidal écrivait ainsi en 1908 à Jean Brunhes : « Vous savez combien la Géographie universelle d’Élisée Reclus a cessé de correspondre à l’état de la science » [cf. article de M. Sivignon p. xx]. En vérité, l’oubli de Reclus repose sur d’autres raisons, beaucoup plus sérieuses et autrement importantes par l’influence qu’elles ont eue sur l’orientation prise par la géographie universitaire dont Vidal de La Blache fut le fondateur, ce qu’Yves Lacoste a clairement démontré dans son article « À bas Vidal ? Viva Vidal » [Lacoste, 1979].

    Disons-le d’entrée de jeu, pour nous, on ne peut dissocier le géographe du libertaire et c’est son appartenance au mouvement anarchiste qui lui a fermé les portes de la reconnaissance de l’institution universitaire française. Si la Belgique s’est montrée plus accueillante, c’était toutefois dans le cadre de l’Université libre de Bruxelles constituée de libres-penseurs, et sa venue a néanmoins posé de sérieuses difficultés. Quand certains membres de l’université ont annoncé leur intention d’inviter Élisée Reclus pour y donner des cours de géographie, un conflit éclata entre les conservateurs et les progressistes, conflit qui, il est vrai, couvait depuis plusieurs années. Les conservateurs s’inquiétaient des positions anarchistes de ce géographe internationalement connu, d’autant plus que cette année-là, en 1893, eut lieu à Paris un attentat anarchiste à la Chambre des députés, et s’opposaient donc à sa venue. Les progressistes ont alors décidé de fonder une Nouvelle Université libre pour que le grand Élisée Reclus puisse enseigner en toute liberté et sérénité. Notons que sa notoriété était telle que plus de 1 000 personnes ont assisté à son premier cours, et précisons aussi, que jamais Reclus n’a été rémunéré pour son enseignement, assurance pour lui de protéger sa totale liberté de penser.

    Tout au long de sa vie, il a d’ailleurs fait preuve d’une exceptionnelle force de caractère, et quelles que furent les circonstances et les menaces qui ont pesé sur lui jamais il n’a jamais renié ses convictions, il était totalement inflexible quand il estimait que sa conscience était en jeu, attitude qui a suscité l’admiration sans borne de ses partisans et le rejet de ceux qui le qualifiaient de « fou », voire d’irresponsable. Par exemple, alors qu’il est étudiant à Berlin sans le sou, on lui propose une place de précepteur chez un comte « à condition que je ne fusse pas républicain, je me suis incliné et j’ai refusé » [Correspondance, t. II]. En vérité, par ce trait de caractère, il était le digne fils de son père, pasteur calviniste plus mystique qu’intégriste, ayant choisi de vivre de la générosité d’une petite communauté protestante d’Orthez et renonçant en 1831 à ses fonctions officielles de pasteur de Sainte-Foy-la-Grande. Il est indéniable que l’éducation protestante familiale a influencé l’orientation politique des frères Reclus, car on ne peut dissocier la formation et l’engagement politique d’Élisée de ceux de son frère aîné Élie, ils ont toujours partagé les mêmes idéaux et ont été exceptionnellement proches toute leur vie. Les caractères principaux du protestantisme sont l’autonomie de l’individu par rapport au dogme et l’importance de la morale. Deux traits que l’on retrouve dans l’idéologie libertaire de Reclus, pas de dogme à respecter, chaque anarchiste est libre de penser comme il l’entend et Reclus a par exemple été souvent en désaccord avec Bakounine (ils se sont rencontrés en 1864) et la condition essentielle de la moralité, c’est la liberté. Chez les anarchistes pas de référence au dogme d’un parti car ce serait déjà aliéner sa propre liberté, seule compte leur propre vision du monde et non pas celle que leur imposerait un parti. Rien entre l’individu et ce vaste ensemble que représente l’Humanité, de la même manière qu’à ses débuts quand il était encore croyant il ne devait rien y avoir entre l’individu et Dieu, en fait l’Humanité a en quelque sorte pris la place de Dieu dans l’idéal de Reclus.

    En 1851, Élisée Reclus - il a alors vingt et un ans - est déjà profondément républicain, la révolution de 1848 l’a enthousiasmé, socialiste et libre-penseur. Cette année-là, il suit à Berlin les cours du géographe allemand Carl Ritter. Dans une lettre à sa mère, il déclare renoncer à poursuivre ses études de théologie et affirme : « Je ne suis décidé à ne suivre [....] que le cri de ma conscience. Pour moi qui accepte la théorie de la liberté en tout et pour tout, comment pourrais-je admettre la domination de l’homme dans un cœur qui n’appartient qu’à Dieu seul ? » [Correspondance, t. I]. Cette année-là, après avoir en compagnie de son frère aîné Élie traversé la France à pied (il gardera toujours de ce voyage un souvenir ému), il rédige son premier texte politique, Développement de la liberté dans le monde, texte retrouvé après sa mort et publié en 1928 dans Le Libertaire. Selon Éric Leunis et Jean-Marie Neyts [1985] à cette époque Reclus n’est pas encore réellement anarchiste, comme le prouvent les nombreuses références chrétiennes de ce premier texte politique, néanmoins on y trouve déjà une référence à l’anarchie :

    Notre but politique dans chaque nation particulière c’est l’abolition des privilèges aristocratiques, et dans la Terre entière c’est la fusion de tous les peuples. Notre destinée c’est d’arriver à cet état de perfection idéale où les nations n’auront plus besoin d’être sous tutelle d’un gouvernement ou d’une autre nation ; c’est l’absence de gouvernement, c’est l’anarchie, la plus haute expression de l’ordre.

    Son projet est alors d’établir la République chrétienne, plus tard, devenu athée, il parlera de la République universelle. Devenir athée, ne signifie pas que Reclus perde ce qui fait de lui un être « religieux », s’il ne croit plus en l’existence de Dieu, il croit avec la foi du charbonnier à la liberté, condition indispensable pour qu’existe un jour la République universelle.

    Des expériences fondatrices 1851-1857

    À la suite du coup d’État du 2 décembre 1851, les deux frères, menacés d’emprisonnement à cause de leur engagement républicain, s’exilent à Londres. À partir de cette date commence pour Élisée un très long voyage puisqu’il ne sera de retour en France qu’en 1857.

    Ces six années sont essentielles dans l’affirmation de ses convictions politiques et dans sa formation de géographe de terrain, même s’il ne part pas avec le projet de devenir géographe, mais avec celui de devenir agriculteur. Il découvre ainsi Londres, puis l’Irlande, les États-Unis, le Mexique, l’Amérique centrale, l’isthme de Panama et enfin la Colombie, appelée à l’époque Nouvelle Grenade. Des expériences fondamentales, à la fois dans l’appréhension de l’inégalité sociale et les rapports de domination. À Londres, il prend la mesure de l’humiliation qu’engendre la pauvreté, les deux frères sont sans le sou, Élisée vit chichement de quelques leçons, entre autres aux jeunes filles L’Herminez dont les parents sont des réfugiés politiques plutôt antipathiques, il épousera l’une d’elles après la mort de sa première femme. En Irlande, il découvre, d’une part, la pauvreté des Irlandais et de la campagne irlandaise encore très marquée par la grande famine (1847) et, d’autre part, la dureté de la domination coloniale anglaise. En 1853, il s’embarque pour la Louisiane, où il est confronté à une nouvelle situation de domination, la société esclavagiste des planteurs. Révolté par la condition des esclaves, il sera un partisan indéfectible des nordistes durant la guerre de Sécession.

    Ces expériences l’ancrent donc définitivement du côté des plus faibles et le confirment dans le fait que la dignité de l’individu est liée à sa liberté que rien ne peut ni ne doit aliéner.

    Mais ces voyages lui donnent aussi l’opportunité de découvrir de nouveaux paysages, immenses comme aux États-Unis, dans des milieux naturels inconnus jusqu’alors comme le milieu tropical. Dans sa correspondance avec les siens, on se rend compte qu’il porte autant d’intérêt au fonctionnement de la société esclavagiste qu’à la découverte du Mississipi qu’il remonte jusqu’à Chicago, il dit aussi combien il est impressionné par l’immensité du lac Michigan. Ainsi, ses carnets de voyages sont remplis de ses observations sur le fonctionnement des sociétés qu’il découvre et sur les paysages traversés. Il écrit d’ailleurs à sa mère :

    Voir la Terre, c’est pour moi l’étudier ; la seule étude véritablement sérieuse que je fasse est celle de la géographie et je crois qu’il vaut beaucoup mieux étudier la nature chez elle que de se l’imaginer au fond de son cabinet... pour connaître il faut voir. J’avais lu bien des phrases sur la mer des Tropiques, mais je ne les ai pas comprises tant que je n’ai pas vu de mes yeux ses îles vertes et ses traînées d’algues et ses grandes nappes de lumière phosphorescente. Voilà pourquoi je veux voir les volcans de l’Amérique du Sud [Correspondance, t. II, p. 109].

    Il se dit aussi « enceint d’un mistouflet géographique que je veux mettre au monde sous la forme de livre - j’ai suffisamment griffonné ; mais cela ne me suffit pas, je veux aussi voir les Andes pour jeter un peu de mon encre sur leur neige immaculée » [Correspondance, t. II, p. 113].

    Cependant, il ne se vit pas encore totalement comme un géographe, son projet à ce moment-là est de s’installer en Amérique du Sud comme agriculteur et de faire venir auprès de lui son frère Élie et sa femme. Il part donc pour la Colombie à la fin de l’année 1855 en traversant le Mexique et l’Amérique centrale. Là, il essaye pendant deux ans de s’installer comme planteur de bananes ou de café. On peut s’étonner qu’Élisée Reclus ait eu un tel projet, être un colon, mais il faut le replacer dans le contexte de l’époque. Il y avait alors tout un courant très favorable aux colonies de peuplement, c’est-à-dire à l’installation définitive de colons dans des régions faiblement peuplées, peu défrichées. On imaginait que ces colons contribueraient à la mise en valeur de terres fertiles que la population locale trop peu nombreuse aurait négligée jusqu’alors. Cette forme de colonisation est soutenue par le mouvement anarchiste, car elle représente la mise en valeur de la nature par l’homme, ce qui est considéré comme quelque chose de très positif, si on est assez raisonnable pour ne pas faire n’importe quoi. Reclus, en Irlande, avait déjà travaillé à la mise en valeur d’un domaine agricole, et avait apprécié le travail de la terre. Il essaye donc à plusieurs reprises de s’installer comme planteur en Colombie, mais il découvre que la mise en valeur en milieu tropical n’est pas si facile que l’abondance de la végétation le laisse supposer. Peu doué pour les affaires et sans capitaux suffisants pour créer son exploitation, l’échec est total. Il quitte la Colombie en 1857 grâce à l’argent envoyé par son frère aîné qui lui permet de payer ses dettes et son billet pour le retour. En revanche, il a découvert le milieu tropical, la luxuriance de la végétation, la fragilité des sols, les fièvres, il a été lui-même gravement malade. Il a donc appris beaucoup sur la diversité des milieux naturels, des cultures et noircis plusieurs carnets de voyage.

    La géographie, une « science véritablement utile »

    Rentré à Paris, il réussit en 1858 à se faire parrainer pour être membre de la Société de géographie, rappelons qu’il s’agit d’une société privée qui réunit des explorateurs et des hommes d’affaires très intéressés par les connaissances pouvant être utiles à l’expansion de leurs affaires commerciales. Élisée Reclus a donc ainsi accès à l’unique bibliothèque de géographie de Paris. Il s’oriente donc de plus en plus vers la géographie et se voit de plus en plus exercer le métier de professeur de géographie, comme il l’écrit à sa mère : « Je suis heureux quand je parle de géologie, d’histoire, de sciences véritablement utiles ; l’idée que peut-être je pourrais devenir professeur de géographie me remplit de joie » ou journaliste-géographe : « Mon orgueil ne souffrirait nullement d’avoir à signer des articles sur la Mississipi ou sur la Sierre Nevada. » Il exploite les notes prises au cours de ses voyages et publie ses premiers articles géographiques mais aussi politiques principalement dans la Revue des deux mondes : « La Nouvelle Grenade, paysages de la nature tropicale » (1859), « Le Mississipi et ses affluents » (1859), « De l’esclavage aux États-Unis », quatre articles (1860), « Les Noirs américains depuis la guerre civile des Etats-Unis » (1862), « Le coton et la crise américaine » (1862). En 1861, il publie son premier ouvrage chez Hachette, Voyage à la Sierra-Nevada de Sainte Marthe. Il a été embauché par cette maison d’édition en 1859 pour rédiger les guides de voyages Joanne, ancêtres des guides bleus, ce qui le conduit à voyager dans de nombreuses régions françaises, en particulier dans le Midi, les Pyrénées, le Pays basque, les villes d’eaux, etc. et en Europe, Allemagne, Italie, Espagne, Angleterre (à plusieurs reprises), Belgique, Pays-Bas, Suisse et il en est ravi, il part pour plusieurs mois souvent à la belle saison sans se soucier outre mesure de sa jeune femme et de sa fille. Notons que pour épouser sa jeune femme, Reclus accepta et ce fut sans doute la seule fois, de déroger à un de ses principes. Lui qui rejetait toute loi imposée par l’État, accepta néanmoins de se marier civilement, c’était en 1858, fallait-il qu’il tienne à cette jeune femme métisse, « une belle et jeune mulâtresse entrevue autrefois pendant ses années de collège » selon son neveu Paul, fils d’Élie. Elle était la fille d’un capitaine au long cours originaire de Sainte-Foy-la-Grande et d’une Sénégalaise, c’était sans doute aussi pour Élisée Reclus une façon des plus douces de mettre ses idées en pratique, lui qui était un farouche partisan du métissage des races. Par la suite, bien que sa seconde femme fut d’un milieu très bourgeois, il imposa l’union libre ce que sa belle-mère eut quelque mal à lui pardonner !

    À cette époque-là, il se met aussi à rédiger son premier grand livre La Terre, description des phénomènes de la vie du globe publié en 1868 (premier volume) et 1869, pour le deuxième, publié par Hachette et qui fut un immense succès (au moins dix éditions).

    La préface de la première édition est révélatrice à la fois de sa conception de la géographie et de sa personnalité :

    Le livre qui paraît, aujourd’hui, je l’ai commencé il y a bientôt quinze années, non dans le silence du cabinet, mais dans la libre nature. C’était en Irlande, au sommet d’un tertre qui commande les rapides du Shannon, ses îlots tremblant sous la pression des eaux et le noir défilé d’arbres dans lequel le fleuve s’engouffre et disparaît après un brusque détour. Étendu sur l’herbe à côté d’un débris de muraille qui fut autrefois un château fort et que les humbles plantes ont démoli pierre à pierre, je jouissais doucement de cette immense vie des choses qui se manifestait par le jeu de la lumière et des ombres, par le frémissement des arbres et le murmure de l’eau brisée contre les rocs. C’est là, dans ce site gracieux, que naquit en moi l’idée de raconter les phénomènes de la terre, et, sans tarder, je crayonnai le plan de mon ouvrage. Les rayons obliques d’un soleil d’automne doraient les premières pages et faisaient trembloter sur elles l’ombre bleuâtre d’un arbuste agité.
    Depuis lors je n’ai cessé de travailler à cette œuvre dans les diverses contrées où l’amour des voyages et les hasards de la vie m’ont conduit. J’ai eu le bonheur de voir de mes yeux et d’étudier à même presque toutes les grandes scènes de destruction et de renouvellement, avalanches et mouvements des glaces, jaillissement des fontaines et pertes des rivières, cataractes, inondations et débâcles, éruptions volcaniques, écroulement des falaises, apparition des bancs de sable et des îles, trombes, ouragans et tempêtes. Ce n’est point seulement aux livres, c’est à la terre elle-même que je me suis adressé pour avoir la connaissance de la terre. Après de longues recherches dans la poussière des bibliothèques je revenais toujours à la grande source et ravivais mon esprit dans l’étude des phénomènes eux-mêmes. Les courbes des ruisselets, les grains de sable de la dune, les rides de la plage ne m’ont pas moins appris que les méandres des grands fleuves, les puissantes assises des monts et la surface immense de l’Océan.
    Ce n’est pas tout. Je puis le dire avec le sentiment du devoir accompli : pour garder la netteté de ma vue et la probité de ma pensée, j’ai parcouru le monde en homme libre, j’ai contemplé la nature d’un regard à la fois candide et fier, me souvenant que l’antique Freya était en même temps la déesse de la Terre et celle de la Liberté » (1er novembre 1867).

    Il s’agit donc de décrire et d’expliquer le fonctionnement de la Terre. D’où vient son intérêt pour ce qu’on appellera par la suite la géographie physique ? Sans doute de sa très grande sensibilité aux paysages, qu’il a manifestée très tôt, et particulièrement aux paysages de montagne, c’était d’ailleurs un remarquable et infatigable grimpeur, ce qui est un point commun à nombre de géographes. Il y a assurément un grand plaisir à gravir pas à pas le sentier et voir peu à peu le paysage changer avec l’altitude pour une fois au sommet embrasser un très vaste paysage, satisfaction de tout grimpeur qui se trouve pour quelque temps dans une position de domination à laquelle s’ajoute pour le géographe ou le géologue le plaisir de savoir comment ce paysage s’est construit. Doté d’un réel talent d’écrivain, Élisée Reclus sait donner à voir les paysages qu’il parcourt et il prend un grand plaisir à en décrire les couleurs, les lumières, la nature des sols. Sa description du paysage du Shannon est on l’a vu extrêmement vivante, il nous donne à voir la vitesse de l’eau, le jeu des lumières sur les arbres, sur l’eau, à entendre le bruit de l’eau qui s’écoule, mais aussi à percevoir le temps, composante essentielle de la formation des paysages, en évoquant les humbles plantes qui ont patiemment démoli un château fort. Cette notation traduit un aspect de sa philosophie de la nature, Reclus est persuadé de la puissance de l’action de la nature qui inexorablement poursuit son action. Dans ce premier ouvrage il présente la Terre comme un milieu dynamique, constamment en mouvement, c’est pourquoi il porte une très grande attention aux phénomènes d’érosion qu’il s’agisse de processus très actifs éruptions volcaniques (il assiste à l’éruption de l’Etna en 1865), tremblements de terre, ouragans ou d’autres beaucoup plus lents, moins spectaculaires qui affectent des territoires beaucoup plus petits, comme il l’écrit les rides de la plage lui ont autant appris que les méandres des plus grands fleuves.

    Pourquoi éprouve-t-il le besoin de conclure sa préface par cette référence à la Liberté, la sienne : « J’ai parcouru le monde en homme libre », et d’associer la Terre à la Liberté ? J’ai montré [Giblin, 1976] la conception que les anarchistes avaient de la nature, conception que partage Élisée Reclus. La nature est un tout équilibré, l’homme qui en est un des éléments - « l’homme est la nature prenant conscience d’elle-même », écrit-il sur la première de couverture de L’Homme et la Terre - doit chercher à rester en contact avec elle et éviter toute rupture qui entraînerait son propre déséquilibre mais aussi la perte de sa liberté. Aussi l’homme ne doit-il obéir qu’aux seules lois naturelles (Élisée Reclus écrira même que « la lâcheté par excellence est le respect des lois » !). Il termine son ouvrage sur la Terre par un chapitre intitulé « La Terre et l’homme » pour rappeler les liens étroits qui les unissent :

    L’homme, cet « être raisonnable » qui aime tant à vanter son libre arbitre, ne peut néanmoins se rendre indépendant des climats et des conditions physiques de la contrée qu’il habite. Notre liberté, dans nos rapports avec la Terre ; consiste à en reconnaître les lois pour y conformer notre existence. Quelle que soit la relative facilité d’allures que nous ont conquise notre intelligence et notre volonté propres, nous n’en restons pas moins des produits de la planète : attachés à sa surface comme d’imperceptibles animalcules, nous sommes emportés dans tous ses mouvements et nous dépendons de toutes ses lois [La Terre, t. II, p. 622].

    Citation que l’on pourrait aisément retrouvé sous la plume d’un écologiste d’aujourd’hui. Comme je l’ai écrit en 1981, Reclus est un écologiste avant l’heure et en quelque sorte un précurseur du développement durable, car il ne rêve absolument pas d’une nature vierge, préservée de toute action humaine, pour lui, l’homme peut avoir une action bénéfique sur la nature s’il sait agir selon les lois qu’elle impose, il insiste déjà dans son premier ouvrage La Terre, mais surtout dans le dernier, L’Homme et la Terre sur le fait qu’il faut analyser le milieu comme un tout :

    Il est certainement indispensable d’étudier à part et d’une manière détaillée l’action spéciale de tel ou tel élément du milieu, froidure ou chaleur, montagne ou plaine, steppe ou forêt, fleuve ou mer, sur telle peuplade déterminée ; mais c’est par un effort d’abstraction pure que l’on s’ingénie à présenter ce trait particulier du milieu comme s’il existait distinctement, et que l’on cherche à l’isoler de tous les autres pour en étudier l’influence essentielle.
    Même là où cette influence se manifeste d’une manière absolument prépondérante dans les destinées matérielles et morales d’une société humaine, elle ne s’entremêle pas moins à une foule d’autres incitatifs, concomitants ou contraires dans leurs effets. Le milieu est toujours infiniment complexe, et l’homme est par conséquence sollicité par des milliers de forces diverses qui se meuvent en tous sens, s’ajoutant les unes aux autres, celles-ci directement, celles-là suivant des angles plus ou moins obliques, ou contrariant mutuellement leur action [H&T, t. I, p. 114-115].

    L’intégration des hommes aux écosystèmes est diverse : il en est d’excellente, il en est de « pathologique » selon l’expression même de Reclus. En ce sens, Reclus est beaucoup plus circonspect sur les conséquences de certains grands aménagements non pas qu’ils soient systématiquement contre loin de là, puisqu’il écrit : « C’est aux hommes de compléter l’œuvre de la nature en imitant dans leurs travaux quelques-uns des moyens qu’elle emploie » [La Terre, t. II, p. 261].

    Cependant, homme de son siècle, Élisée Reclus est comme d’autres fortement influencé par l’idée que les climats, les reliefs conditionnent le caractère des populations, les montagnards sont vigoureux et résistants, les habitants des milieux tropicaux sont plutôt paresseux car la nature leur offre tout, l’idéal étant le milieu tempéré comme le prouve le niveau de développement des populations. De même, il est convaincu de l’équilibre harmonieux inhérent aux ensembles naturels, idée qui sera reprise par nombre de géographes après lui et qui n’a pas encore totalement disparu dans certains milieux écologistes. Pour Reclus, l’architecture du relief crée des micromilieux séparés les uns des autres par des montagnes, des fleuves, des littoraux qu’il faut respecter ce que l’État ne fait pas puisqu’il ignore cette organisation géographique naturelle. C’est pourquoi, lui le géographe, il lui faut retrouver l’organisation géographique naturelle :

    Certainement les divisions politiques ont une valeur transitoire qu’il n’est pas permis d’ignorer, mais dans les descriptions qui vont suivre nous tâcherons de nous tenir principalement aux divisions naturelles, telles que nous les indiquent à la fois le relief du sol, la forme des bassins fluviaux et le groupement des populations unies par l’origine et la langue. D’ailleurs, ces divisions elles-mêmes perdent de leur importance dans les pays comme la Suisse, où des habitants de races diverses et parlant des idiomes différents sont retenus en un faisceau par le plus puissant des liens, la jouissance de la liberté [NGU, t. I p. 30].

    De ce point de vue et seulement de ce point de vue, la conception de la géographie d’Élisée Reclus ne diffère pas tant de celle de ses successeurs qui se sont attachés à décrire les régions naturelles réunies dans un même État aux limites bien évidemment politiques, mais de cela les géographes dans leur très grande majorité ne parlaient pas puisque ce domaine était réservé aux historiens. Souvenons-nous du grand historien Lucien Febvre qui affirmait dans son livre La Terre et l’évolution humaine : « Le sol, non l’État : voilà ce que doit retenir le géographe. » Ainsi, les fameuses régions naturelles furent longtemps considérées par nombre de géographes comme les « vraies » régions, celles qui auraient dû servir de cadre à l’organisation régionale des États, comme si les ensembles naturels, généralement géologiques, possédaient des vertus telles que le développement économique et social de chacun d’eux ne pouvait que s’accorder harmonieusement avec celui des autres. Ainsi, les successeurs de Reclus ont d’une certaine manière gardé de la géographie reclusienne ce qui est le moins pertinent, la représentation du bien-fondé d’un ordre naturel. À l’époque d’Élisée Reclus ce sont les bassins fluviaux qui apparaissent comme le cadre idéal de l’organisation régionale, ensuite les géographes proposeront des régions naturelles aux caractéristiques plus complexes et où le paysage tiendra une grande place.

    Un géographe anarchiste

    Reclus utilise les connaissances géographiques pour démontrer que l’idéal anarchiste « du pain pour tous » est parfaitement possible puisque les ressources sont largement en suffisance et seule leur inégale et injuste répartition explique la misère du plus grand nombre.

    De plus, pour Reclus l’homme doit vivre libre, sans obéir à d’autres lois que celles de la nature et sans avoir à subir le moindre encadrement, seule la libre association des individus est acceptable. C’est pourquoi il souhaite la disparition complète de toutes les organisations politiques ou administratives territoriales ce qu’il exprime dans une intervention au congrès de la Ligue de la paix et de la liberté (dont Bakounine est aussi un des membres)

    Je démontrai ainsi qu’après avoir détruit la vieille patrie des chauvins, la province fédérale, le département et l’arrondissement, machines à despotisme (sic) le canton et la commune actuels, inventions des centralisateurs à outrance, il ne restait que l’individu et que c’est à lui de s’associer comme il l’entend : voilà la justice idéale [Correspondance, t. I, p. 285].

    C’est cet engagement sans faille dans ce combat pour la liberté qui le conduit d’une part à soutenir les actions militantes anarchistes, y compris les plus violentes, comme les attentats,

    Je crois que toute oppression appelle la revendication et tout oppresseur, individuel ou collectif, s’expose à la violence. Quand un homme isolé, emporté par sa colère, se venge contre la société qui l’a mal élevé, mal nourri, mal conseillé, qu’ai-je à dire ? Prendre parti contre le malheureux pour justifier ainsi d’une manière indirecte tout le système de scélératesse et d’oppression qui pèse sur lui et des millions de semblables, jamais.
    Mon œuvre, mon but, ma mission est de consacrer toute ma vie à faire cesser l’oppression [Correspondance, t. II, p. 425].

    d’autre part, à dénoncer tous les rapports de domination, qu’ils soient le fait de l’État, des capitalistes, des riches sur les pauvres ou même des pauvres sur d’autres pauvres, d’une nation dominée sur une autre nation plus faible :

    Il n’est pas de fléau comparable à celui d’une nation opprimée qui fait retomber l’oppression comme une fureur de vengeance sur les peuples qu’elle asservit à son tour. La tyrannie et l’écrasement s’étagent, se hiérarchisent [H&T, t. I, p. 281].

    L’inflexibilité de ses convictions, et ce jusqu’à sa mort, prouve combien Élisée Reclus avait foi en leur justesse, y déroger aurait été pour lui perdre sa dignité d’homme. Il fait preuve dans cet engagement d’une intransigeance similaire à celle de son père dans sa pratique religieuse, il y a d’ailleurs dans cet engagement une part d’absolu, quelque chose de religieux. Même devenu athée, Élisée Reclus reste un homme de foi et le credo de la liberté a en quelque sorte remplacé le credo religieux. Son projet n’est pas d’inventer une société idéale, utopique, non ce qui l’intéresse c’est de changer vraiment le monde, de faire sauter les multiples formes d’oppression qui entrave l’épanouissement de l’homme dans une société juste. C’est pourquoi, il lui faut comprendre et expliquer le monde tel qu’il est, et de la manière la plus rigoureuse afin de bien faire comprendre les mécanismes de l’oppression qui empêchent l’instauration d’une société plus libre et donc plus juste. Élisée Reclus fait montre dans son travail de géographe d’une remarquable rigueur, et ce d’autant plus que ce travail doit aussi servir à démontrer la justesse de son idéal politique, la cause est si noble, si grande qu’il n’est pas question de travestir la réalité, ce qui pourrait contribuer à désavouer la valeur de son engagement politique. Aujourd’hui encore, ce qui rend intéressante la lecture des œuvres de Reclus ce sont les passages où il aborde les rapports de pouvoirs et/ou de domination. C’est en cela que Reclus est un précurseur et qu’il l’est longtemps resté. Non pas qu’il faille nécessairement être anarchiste pour aborder ces questions, loin s’en faut, mais Reclus est véritablement une exception car il faut rappeler qu’à cette époque c’étaient plutôt les milieux bourgeois qui s’intéressaient à la géographie. Ainsi, les membres des sociétés de géographie appartenaient soit au milieu des savants (rarement issus des classes populaires) soit à la haute bourgeoisie (représentants du commerce, de l’industrie, des milieux coloniaux) et même à l’aristocratie comme en Angleterre ou en Belgique, où les familles royales apportaient un appui généreux à ces sociétés savantes. Heureusement, Reclus a la chance d’être accepté très tôt à la Société de géographie, il a alors vingt-huit ans et on ignore encore tout ou presque de ses convictions politiques, sinon il n’aurait jamais été parrainé ! De même, au moment de la Commune sa chance est d’avoir déjà acquis une réelle notoriété. On le sait, il s’est fortement engagé dans la Commune de Paris, il y voyait le début de la concrétisation possible de son idéal politique, le peuple qui se prend en charge. Mais il est très vite fait prisonnier, et condamné à la déportation en 1871, puis à l’exil grâce à l’intervention de savants étrangers et à celle de l’ambassadeur des États-Unis à Paris qui se souvient de son engagement auprès des nordistes.

    C’est aussi cette notoriété, acquise avec le succès rapide de son ouvrage sur La Terre, qui va donner l’audace à Mr Templier, gendre de Louis Hachette (décédé en 1864) et qui est aussi un des trois associés de la société Hachette de lui faire signer en prison en 1872 un contrat pour rédiger une « Géographie descriptive et statistique ». Une seule précaution politique était prise par l’éditeur. Reclus s’engageait à ne toucher que « d’une manière succincte et avec la plus grande réserve aux questions religieuses et morales ». Mais Élisée Reclus ne pouvait totalement respecter cet engagement, car comment aurait-il pu renoncer à ses idées ou à ses activités de militant ? Il se trouva même embarqué dans le procès des anarchistes de Lyon en 1883 et avec le prince Kropotkine poursuivi par défaut comme chef de l’organisation. L’action militante de Reclus au sein des milieux anarchistes a telle eu une influence négative sur les lecteurs ? C’est possible car la vente par fascicule fut satisfaisante mais elle s’effondra brusquement pour les derniers volumes. Il est vrai que la parution de la Nouvelle Géographie universelle prit vingt-deux ans et qu’ayant la plume facile Élisée Reclus était un géographe prolixe. Il dépassa largement les limites prévues : au volume VI, il n’était encore qu’au tiers de son plan et au lieu des 200 livraisons de 16 pages hebdomadaires soit 5 ou 6 volumes de 500 pages, il y en eut 1061 soit 19 volumes de 800 ou 900 pages ! Mais la maison Hachette était incontestablement une grande maison d’édition. Alors que le compte d’Élisée Reclus était débiteur de 31 701,15 francs, au 30 septembre 1894, Hachette « lui offrit aussitôt de lui en donner quittance gracieuse ». Reclus demanda si la Maison ne pourrait pas lui faire avance de ses droits sur les livraisons encore en magasin ; en même temps, il lui proposait de lui vendre sa bibliothèque. Il lui fut répondu :

    "Chaque année, nous vous tiendrons compte de vos droits sur les exemplaires vendus ; mais comme il est à craindre que cela ne représente qu’un chiffre assez faible, nous vous offrons de vous verser pendant dix ans une somme mensuelle de 833,33 francs destinée à parfaire ce que vous retirerez du produit de la vente et de façon à vous assurer dans tous les cas dix mille francs par an.
    “En ce qui concerne l’abandon de votre bibliothèque que vous nous avez offert, nous désirons que vous en conserviez la libre disposition. Elle a pour vous une valeur que nous ne voulons pas faire entrer en ligne de compte, de telle sorte que vous puissiez toujours en disposer comme il vous conviendra.
    "Nous espérons que vous trouverez dans ces propositions que nous vous adressons l’expression du respect et de l’affectueux dévouement que nous inspirent les longs et parfaits rapports qui n’ont point cessé d’exister entre nous.

    Élisée Reclus reçut ainsi une rente annuelle jusqu’à sa mort. En 1900, il restait encore 70 000 volumes, il fallut en pilonner les deux tiers. Sans doute la Nouvelle Géographie universelle fut telle disqualifiée par les écrits des nouveaux géographes - universitaires ceux-là, et aussi conservateurs Vidal de La Blache et ses élèves Gallois, de Martonne, etc. Il paraît plus que probable que l’anarchiste militant a permis de discréditer le géographe étonnant de perspicacité. C’est bien parce qu’on ne pouvait dissocier le géographe, qui aurait dû être nanti d’on ne sait de quelle sereine impartialité scientifique, du militant anarchiste, que les représentants de l’institution universitaire ont choisi de l’oublier et de le faire oublier au plus vite. Mais comment Reclus aurait-il pu taire ce qui faisait le fondement même de son engagement politique, l’oppression d’autrui et ce à tous les niveaux, non seulement des puissants sur les plus faibles mais aussi celle que les plus faibles exercent sur ceux encore plus faibles qu’eux. Ce désintérêt rapide pour la géographie reclusienne est d’autant plus regrettable que les derniers volumes en particulier celui sur les États-Unis, offrent des passages remarquables, d’une exceptionnelle pertinence et clairvoyance (cf. article de Fredérick Douzet), inexorable montée en puissance des États-Unis dont il annonce qu’ils seront très rapidement la première puissance mondiale. C’est dans les passages où il montre la domination d’un peuple sur un autre, d’une classe sociale sur une autre ou les rivalités entre deux peuples pour le contrôle d’un même territoire que les analyses reclusiennes sont d’une incontestable perspicacité et justifient qu’on les relise. C’est pourquoi déjà en 1980 nous avions publié dans un numéro intitulé points chauds les analyses de Reclus sur l’Afghanistan, que l’URSS avait envahi en décembre 1979. Nous insistions alors sur le fait que Reclus ait décrit les divisions des tribus afghanes et l’ancienneté de leurs affrontements. Géographe, il sait accorder une large place à l’histoire afin d’expliquer comment ces situations de domination se sont mises en place, par exemple à propos de l’Ukraine, il retrace l’histoire de la région depuis le moyen âge et présente une carte des « déplacements historiques de l’Oukraïne ».

    Il ne s’agit absolument pas de nier le caractère dépassé de certaines de ses approches, et même choquant comme à propos des juifs que Reclus présente toujours comme des usuriers accapareurs. Lui, si sensible à toute forme de discrimination tombe dans l’antisémitisme le plus primaire voire caricatural, y compris dans L’Homme et la Terre où pourtant il a pris soin de cartographier les pogroms de Russie et de parler du vaste ghetto dans lequel l’empire russe maintenait les juifs. Il faudra attendre longtemps avant que des géographes abordent cette question. Même si dans la NGU de Reclus une grande partie du texte est consacrée à des descriptions dont on se lasse assez vite, y compris parfois quand il parle des villes, il ne faut cependant pas négliger la fin de chaque chapitre quand il aborde la situation économique sociale et politique de l’État étudié. C’est là que l’on retrouve ce que nous estimons être le « bon » géographe, parce que préoccupé comme il l’était par les conditions de vie, économiques, sociales, culturelles et politiques des populations il ne pouvait pas ne pas en parler.

    De même, il faut signaler la qualité de certaines cartes de la NGU en particulier les cartes en couleurs en double page. Nous ne retiendrons que deux exemples. Préoccupé par la liberté des peuples Élisée Reclus est donc très logiquement soucieux de leur répartition géographique quand celle-ci est complexe, ce qui est le cas pour les populations de ce qui est alors la Turquie d’Europe et pour l’Europe orientale. C’est pourquoi il y consacre ces doubles pages couleur avec une cartographie aussi précise que possible de leur répartition avec cette remarque pour les populations de la Turquie d’Europe « cette carte ne peut avoir qu’une valeur toute approximative. La plupart des populations de races et de langues diverses sont entremêlées et non juxtaposées ».

    La carte de la répartition des peuples de l’Europe orientale allant de Berlin à l’Oural, ce qu’il appelle la Russie d’Europe, comporte 36 peuples montrant clairement l’imbrication de certains d’entre eux et Élisée Reclus ayant pris soin de cartographier par petites taches la répartition de la population juive, cette carte des peuples étant précédée de celle de la densité. Autre carte inattendue dans un ouvrage de géographie de cette époque mais logique chez un géographe anarchiste, en noir et blanc cette fois, celle de la proportion des exilés de droit commun en Sibérie suivant les provinces [NGU, t. V : L’Europe scandinave et russe, p. 899] avec ce commentaire :

    Le gouverneur a le droit de signaler au ministre de l’intérieur les personnes qu’il lui convient d’exiler dans les provinces lointaines de l’empire [...] la haute police a le pouvoir d’interner ou d’exiler sans jugement ni preuves tous ceux qui lui paraissent suspects. Les villes du nord sont des lieux d’internement où les suspects et les condamnés politiques sont fort nombreux, et maintenant on les trouve dans tous les districts de la Sibérie, dans la Transbaïkalie et jusque dans l’île de Sakhalin [ibid., p. 898].

    Une approche géopolitique lucide et généreuse ?

    C’est dans son dernier ouvrage que les analyses géopolitiques les plus fines et les plus pertinentes sont les plus nombreuses, en particulier dans les deux derniers tomes qui abordent le monde contemporain. Cela n’allait visiblement pas sans risque car Reclus eut quelque difficulté à trouver un éditeur. La maison Hachette s’était engagée à publier l’ouvrage que Reclus intitulait alors L’Homme, géographie sociale, mais le successeur de Mr Templier y mettait, en 1895, une condition qui était que les conclusions de Reclus ne soient pas de nature à offenser les lecteurs habituels de la maison. La réponse de Reclus on s’en doute fut de chercher un autre éditeur, ce fut tout d’abord un éditeur londonien, l’ouvrage devait donc être d’abord publié en anglais, puis en français. Mais compte tenu de l’ampleur de l’ouvrage et du grand nombre de cartes, l’éditeur se récusa. C’est son frère Onésime, lui aussi géographe mais très loin d’avoir la qualité de son frère aîné qui trouva un éditeur un an avant la mort d’Élisée.

    L’Homme et la Terre reste un grand livre par l’analyse des luttes économiques, sociales, politiques et même militaires que l’on y trouve. Passionné par les progrès qu’accomplissent la science et la technique, il est aussi très conscient de ses conséquences négatives tant sur les ensembles naturels que dans les sociétés. Le progrès est pour Reclus, un phénomène contradictoire par essence. Aux progrès, il oppose les « régrès » : « Le fait général est que toute modification si importante qu’elle soit, s’accomplit par adjonction au progrès de régrès correspondants » [H&T, t. VI, p 531]. Il a perçu le phénomène de la mondialisation de l’économie et ses multiples conséquences :

    Le théâtre s’élargit, puisqu’il embrasse maintenant l’ensemble des terres et des mers, mais les forces qui étaient en lutte dans chaque État particulier sont également celles qui se combattent par toute la Terre. En chaque pays, le capital cherche à maîtriser les travailleurs ; de même sur le plus grand marché du monde, le capital, accru démesurément, insoucieux de toutes les anciennes frontières, tente de faire œuvrer à son profit la masse des producteurs et à s’assurer tous les consommateurs du globe, sauvages et barbares aussi bien que civilisés [H&T, t. V, p. 287].

    Si ce n’est le style, ce texte pourrait être écrit aujourd’hui ou encore :

    Les industries de tous les pays, entraînées de plus en plus dans la lutte de la concurrence vitale, veulent produire à bon marché en achetant au plus bas prix la matière première et les bras qui les transformeront [...] Il n’est pas nécessaire que les émigrants chinois trouvent place dans les manufactures d’Europe et d’Amérique pour qu’ils fassent baisser les rémunérations des ouvriers blancs : il suffit que des industries similaires à celles du monde européen, celles des lainages et des cotons par exemple, se fondent dans tout l’Extrême-Orient, et que les produits chinois ou japonais se vendent en Europe même à meilleur marché que les productions locales. La concurrence peut se faire de pays à pays à travers les mers, et ne se fait-elle pas déjà pour certains produits au détriment de l’Europe ?
    Au point de vue économique, le rapprochement définitif entre les groupes de nations est donc un fait d’importance capitale [H&T, t. VI, p. 12].

    Qu’y a-t-il à enlever ou à ajouter à ce texte aujourd’hui ? Perspicacité encore à l’encontre des conflits religieux. Pourfendeur de toutes les oppressions, Élisée Reclus croyait en l’existence possible dans un avenir sans doute assez lointain d’une société universelle, juste où chaque individu sera respecté et saura respecter autrui une fois que les hommes se seront débarrassés des oppresseurs, des accapareurs entre autres de l’État source de puissance et de pouvoirs et donc de domination. Cette position politique est a priori en totale opposition avec l’approche d’Hérodote puisque la Nation et dans une moindre mesure l’État sont des concepts que nous estimons fondamentaux de l’analyse géopolitique. Mais ce qui nous rapproche d’Élisée Reclus, c’est la volonté de décrypter le monde avec honnêteté, de ne pas masquer, dans la mesure où l’on en est conscient, ce qui ne nous plaît pas. Les analyses géopolitiques publiées dans Hérodote n’ont pas pour but de convaincre le lecteur en faveur de telle ou telle cause mais de lui permettre de comprendre la complexité de certaines situations en présentant les points de vue des différents protagonistes et le laisser libre ainsi de son jugement. Cette approche n’est cependant pas systématique et Hérodote on le sait, publie aussi des articles d’auteurs dont les opinions peuvent être divergentes, avec toutefois toujours la même exigence d’écrire simplement et de façon argumentée. Une des préoccupations de l’équipe d’Hérodote est d’écrire pour être comprise d’un grand nombre de citoyens, c’est cela la fonction politique de la revue. N’est-ce pas là ce qui nous rapproche de Reclus qui lui aussi écrivait pour être lu du plus grand nombre ?

    Une géopolitique lucide et généreuse, c’est ce que la revue Hérodote cherche à mettre en œuvre.

    Références bibliographiques

    - GILBIN Béatrice, « Géographie et anarchie : Élisée Reclus », Hérodote, n° 2, 1976.

    - LACOSTE Yves, « À bas Vidal ? Viva Vidal ! », Hérodote, n° 16, octobre-novembre 1979.

    - LEUNIS E. et NEYTS J. M., « La formation de la pensée anarchiste d’Élisée Reclus », Institut des hautes études de Belgique et la Société royale belge de géographie, Bruxelles, 1985. p. 139-154.

    - RECLUS Élisée, Correspondance, 1850-1905, Schleicher, 3 vol., Paris, 1911.

    - Nouvelle Géographie universelle, la Terre et les hommes, Hachette, 19 vol., Paris, 1876-1894.

    - La Terre, description des phénomènes de la vie du globe, Hachette, Paris, 2 vol., 1869.

    - L’Homme et la Terre, Librairie universelle de Paris, 6 vol., Paris, 1905-1908.

     

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    Il y a certains objets que l'on ne veut ou que l'on ne peut conserver, et dont cependant on a peine à se défaire, parce qu'ils ont appartenu à des personnes chères ou qu'ils représentent certains souvenirs. On ne saurait en faire un meilleur usage que de les donner aux malades ou aux enfants pauvres. Le bien qu'on fait, la joie que l'on procure, adoucissent singulièrement le sacrifice. L'héritage des êtres aimés ne saurait tomber en des mains plus touchantes que celles de la souffrance et de l'innocence.
    (pj295)
    On assure que pour arrêter un rhume de cerveau à son début, il suffit de priser un peu de sel fin, blanc, de table, bien trituré. L'essai est à tenter, toujours avec précaution, de peur d'irriter la muqueuse.
    (pj307)
    On ne sait pas assez qu'a la porte de certaines mairies on affiche les offres de travail. Or il est aussi utile de connaître ces tableaux pour les patrons que pour les travailleurs. Le nombre des « sans-travail » est effrayant; on l' ignore trop; et ce qu'il est bon aussi de faire savoir, c'est que l'été est peut-être plus dur aux pauvres, dans les villes, que la saison rigoureuse, parce que tous les riches se dispersent et que les petits métiers ne trouvent plus à s'exercer. L'émigration en bloc, qui est pure affaire de mode, est donc une calamité toute moderne de plus pour les nécessiteux-
    (pj306)
    L'huile de foie de morue si préconisée ne convient pas aux personnes qui ont des dispositions à certaines maladies de la peau. Il est évident que toutes celles à qui l'on interdit le poisson doivent s'abstenir d'huile de foie de morue. On remplace celle-ci par un verre à liqueur d'huile d'olive, pris avant le repas. On assure que ce régime préserve absolument du rhume si on le suit à partir d'octobre jusqu'au printemps. De plus, on a vu des maladies du foie céder à ce simple traitement. Supprimer le vin, et boire un peu d'eau de Vichy, ou simplement prendre de temps en temps un peu de bicarbonate de soude.
    (pj304)

    Voici un rafraîchissant très simple et peu connu : une cuillerée chaque jour de racine de réglisse réduite en poudre. Le goût est bon ; si on aime pas la sensation sablonneuse dans la bouche, on enveloppe dans une hostie.
    (pj302)

    Les varices non ouvertes et les varices internes occasionnent souvent des crampes nocturnes. On éprouve du soulagement, et l'on prévient souvent aussi ces souffrances par un massage que le premier venu exécute, moins bien qu'un masseur, cela se conçoit, mais suffisamment pour la circonstance.
    On se place devant le malade, puis avec les deux mains enduites de cold-cream ou de vaseline, on « remonte » la jambe de la cheville au genou, en serrant un peu fortement, en appuyant le mieux possible.

    (pj301)

    L'art dentaire a fait des progrès merveilleux, et aujourd'hui, il n'est plus personne qui consente à ne pas soigner sa bouche, et à ne pas remplacer les dents perdues par des dents artificielles. On s' habitue vite même à un dentier complet lorsqu' il est bien fait. Seulement il faut avoir la patience de ne pas irriter les gencives en voulant manger trop tôt comme tout le monde. Il est prudent durant une semaine de s' en tenir aux potages, puis peu à peu, en s' accoutumant, d' arriver aux aliments plus durs.
    (pj299)

    Lorsqu' il y a chute, coup, contusion quelconque, un vieux moyen excellent est de frictionner avec du beurre salé. Bien entendu, il ne faut pas user de ce procédé quand il y a blessure.
    (pj300)

    Un savant nous assure que pour combattre la peur, le trac, si connu de tous ceux qui passent des examens ou qui doivent se produire en public, il suffit de boire quelques minutes avant l' instant fatal un quart de verre d' eau sucrée, avec cinq ou six gouttes de laudanum. Il se produit, paraît-il, un apaisement des nerfs, une tranquillité du cerveau, absolument extraordinaires, lesquels rendent maître de soi l'infortuné pateint.
    ( pj310)
    Il s'est fondé en Belgique une oeuvre ayant pour but de recueillir les écailles de moules et d'en faire une poudre excellente, paraît-il, pour le polissage des glaces et des meubles.- Elle est vendue au profit des pauvres.
    (pj318)
    Quand on donne de vieux effets à des indigents, on double la valeur de l'objet en l'offrant raccommodé, remis autant que possible en bon état, et nettoyé s'il en est besoin. C'est parfois le moyen de faire deux charités, en laissant quelque pauvre ouvrière exécuter à bas prix ces humbles travaux.
    (pj315)

    On arrête les dysenteries anciennes, presque incurables, en plaçant sur les reins une botte de pourpier ordinaire, cultivé dans les jardins, - bien pilée.
    Les exemples vraiment extraordinaires de guérison par ce moyen si facile et dépourvu de tout danger incitent les malades à en essayer.
    (pj313)

    Recette communiquée pour la destruction des verrues et poireaux :-Faire tremper un zeste de citron un peu épais dans du vinaigre très fort, pendant quarante-huit heures. Poser le zeste par son côté blanc sur la verrue, le soir en se couchant ; maintenir avec un linge. Répéter cela trois soirs de suite. - Au bout de quelques jours, la verrue tombe, séchée, morte.
    (pj277)
    Le thé de vigne rouge est un excellent régulateur du sang. Il est recommandé dans le médecine des « simples » aux personnes apoplectiques et à toutes celles chez qui la circulation laisse à désirer.
    - Dans les cas de brûlures légères, le marc de café appliqué immédiatement, pas trop froid, cause un soulagement instantané. - Ceci est précieux à savoir pour les cuisinières qui ont le danger et le remède si près d'elles.
    - Tenir dans l'eau de table une cuillerée de graine de lin crue est un vieux moyen pour se rafraîchir. On ne change les graines que quand elles sont ramollies à l'excès, car elles doivent être gonflées pour communiquer à l'eau un peu de leur vertu lénitive.
    Cette boisson n'a aucun goût

    (pj276)
    De douces frictions sur tes tempes, autour des yeux, avec le baume de Fioraventi, vendu chez tous les pharmaciens fortifient souvent beaucoup les vues affaiblies et soulagent certaines névralgies.
    (pj274)
    Les démangeaisons quelles qu'elles soient constituent un véritable supplice. A tort, trop souvent, on les attribue à la pauvreté du sang, et l'on se met à un régime fortifiant qui leur est absolument contraire. Il est fort difficile d'en triompher car elles proviennent souvent de causes absolument différentes. Ainsi on a connu des personnes chez qui elles augmentaient après un repas où elles avaient mangé du veau. On peut toujours essayer de ce régime-ci : bicarbonate de soude dans un peu de pain à chanter, avant le déjeuner et le dîner ; pas de vin, même trempé d'eau, pas de bière, encore moins de liqueurs, très peu de viande, pas de poissons ni de salaisons, pas de fromages forts. Le plus possible de lait, de fruits, de légumes.... Laxatifs légers et continués. Ablutions aussi chaudes que possible avec un peu de menthol ou d'alcool de menthe. - Badigeonnages si l'on veut avec un peu de glycérine allongée d'eau, contenant du bismuth et un rien de menthe.
    (pj273)

    Les vieilles médications par les « simples » produisent souvent des effets extraordinaires. En tous cas, comme elles sont sans danger, on peut presque toujours en essayer.
    Des maladies bizarres, inexplicables, déroutantes pour le médecin, ont été guéries par l'usage quotidien d'un bouillon de poireaux, oignons et ail, bu à jeun. Le seul défaut de ce système est de laisser un arome à l'haleine, fort désagréable pour certains odorats. L'inconvénient est mince lorsqu'on vit à la campagne ou que la mauvaise santé force à la retraite.

    (pj270)

    A la personne de Russie qui demande le moyen de se débarrasser de certains sables rouges dont elle constate la présence dans son vase nocturne, on peut conseiller d'essayer du cidre comme boisson à ses repas. Ceci est parfois excellent pour les légères affections des reins
    (pj214)
    Recette, envoyée par un de nos lecteurs pour la cuisine des indigents.
    - Hacher menu du lard. L'arroser de sang de mouton, que le boucher peut recueillir; laisser cailler et faire frire en ajoutant du sel

    (pj213)
    Les malades éprouvent souvent un profond dégoût du « pain à chanter » dans lequel on leur fait absorber certains médicaments. Cela tient à ce qu'on emploie l'hostie tout entière, quand il serait possible de la diminuer considérablement avec des ciseaux. Un peu d'habitude permet d'envelopper une dose de poudre médicinale quelconque, assez volumineuse, dans un rond ou un carré de pain azyme de très petite dimension. On doit savoir que le pharmacien livre celui-ci non pour être consommé tel qu'il est, mais pour qu'on puisse l'arranger comme on le désire.
    (pj203)
    Pour faire mûrir, aboutir et vider à fond les abcès, appliquer des cataplasmes de farine de seigle et d'huile de colza non épurée, - tout ce qu'il y a de plus naturel. - On laisse macérer pendant douze heures avant de se servir de cette préparation que l'on emploie à froid, un peu épaisse dans un linge clair comme le lin. On renouvelle deux fois par jour jusqu'à ce que l'abcès soit parfaitement nettoyé.
    (pj200)
    Recette communiquée par un lecteur obligeant Un plat qui ne coûte rien, attendu qu'il est confectionné avec le sang des poulets et canards que les marchands de volailles jettent ordinairement. On peut le leur demander, ce sang, qui se coagule très vite et qui ensuite frit dans la graisse est extrêmement nourrissant. Il parait que ce mets est très en honneur dans le Sud-Ouest de la France.
    (pj197)
    Communiqué par un lecteur : réactif contre les refroidissements.
    - Faire infuser dans deux bouteilles de bon vin blanc 30 gr. de racine de raifort et une forte poignée de feuilles de pervenches pilées. - Filtrer après 48 heures. - On prend un verre de cette infusion tous les matins pendant huit ou neuf jours, deux heures avant de se lever. Se bien couvrir et provoquer une transpiration qui devient abondante et guérit promptement les maux contractés.

    (pj191)
    Une excellente paillasse pour les berceaux, pour le lit des malades, est la garniture de balles d'avoine. On en fait également des coussins remplaçant très hygiéniquement les ronds de cuir ou de caoutchouc. C'est frais, doux et très sain. Il en faut environ deux litres pour un coussin. Cela ne coûte que quelques sous.
    (pj212)
    Les malades longtemps tenus au lit finissent par souffrir considérablement des positions invariables, et souvent on éprouve de grandes difficultés à glisser sous eux soit des bassins, soit des appareils de pansement. Un peu de poudre sur ces objets facilite l'opération. Le lycopode, l'amidon. le riz pur, l'iris même, toujours pur, font parfaitement l'affaire
    (pj178)
    Les recettes les plus simples étant souvent les meilleures pour la guérison des maux de la pauvre humanité, on peut sans danger, lorsqu'on est délicat de la poitrine, user du médicament que voici, et qui est parfois souverain:
    Dans un litre mettre avec de l'eau la valeur de deux francs de sucre candi et de deux francs de safran en poudre. Faire fondre, et obtenir une belle couleur de grenadine. -Prendre par cuillerées. Les fervents affirment qu'il faut que la préparation ait passé quarante-huit heures dans un puits pour être efficace. Il est facile d'y faire descendre la bouteille avec une corde et un poids, si l'on veut être consciencieux.

    (pj175)
    On sait que rien n'est plus difficile à guérir que les maladies d'estomac. Souvent la meilleure médication est une simple affaire de régime. Or, il en est un qui donne parfois des résultats inespérés, surtout lorsque l'appareil digestif tout entier, y compris les voies intestinales, est atteint : c'est de se nourrir exclusivement d'oeufs et de fromage mou, avec du pain, cela va sans dire, mais en petit quantité.
    (pj172)
    En réponse au lecteur qui souffre de névralgies faciales, on ne peut que lui conseiller de faire vérifier sa denture. Le mal qu'on cherche à guérir dans la tête par l'antipyrine et autres remèdes à le plus souvent sa source dans la bouche, dans une toute petite carie invisible. On n'a pas besoin de se faire arracher les dents à tort et à travers, comme le font les impatients, mais simplement de les faire aurifier. Si la dent est trop mauvaise, et que, barrée, elle soit difficilement extractible, on en fait détruire le nerf
    (pj171)
    On parle beaucoup en ce moment d'une théorie contre l'insomnie et même l'anémie du cerveau, laquelle consiste à coucher les pieds plus haut que la tête, ou tout au moins, le corps allongé horizontalement, sans oreiller. - Le système peut avoir du bon, car il s'appuie sur une loi naturelle qui veut qu'à l'état de repos, l'homme s'allonge simplement par terre. Les lits sont raffinement de civilisés ; et l'on sait combien sont souvent fâcheux les effets de la civilisation. Mais on ne saurait trop recommander aux personnes qui voudraient essayer de la méthode préconisée plus haut d'y arriver très graduellement. Un brusque changement dans les habitudes ne serait pas sans danger. Le moindre est une petite congestion, des étourdissements, des troubles du coeur. Ce sont surtout les gens travaillant beaucoup de tête qui doivent être prudents à cet égard.
    (pj169)
    La toux étant rebelle et capricieuse, cédant tantôt à un médicament, tantôt à un autre, il est toujours utile de propager les recettes qui guérissent certains cas, et que l'on peut employer sans danger.
    Voici un simple calmant
    --Sirop de gomme ..........60 grammes
    --Eau de laurier-cerise ....60 gouttes
    --Eau distillée................120 grammes
    A prendre en agitant le flacon, par cuillerées d'heure en heure, à certaine distance du repas. Dose plus ou moins forte selon l'âge, et le tempérament.

    (pj166)
    -Très vieux remède contre le choléra, dû à un marin sorti indemne des plus affreuses épidémies: A titre de préservatif au moins, il mérite d'être connu. Dès le début de l'indisposition, faire roussir au beurre trois gousses d'ail, et les mettre à bouillir dans un demi-litre d'eau: Avec cette eau tremper une soupe au pain fortement poivrée.
    - Aussitôt après avoir mangé cette soupe, boire un quart de litre de vin rouge dans lequel a bouilli gros comme une noix d'anis étoilé. Bien chaude et bien sucrée, cette boisson doit être prise au lit.
    - En deux heures on est débarrassé.
    (pj166)
    Dans tous les cas de névralgie, maux d'oreilles, maux de dents, on croit que la chaleur de l'ouate est suffisante pour le traitement de ces souffrances si aiguës. C'est une erreur. Il faut une chaleur presque brûlante pour amener la dilatation, ce travail des organes enflammés. L'eau chaude dans des sacs de caoutchouc est excellente. On peut s'y appuyer comme sur un petit oreiller. A défaut, se servir de linges bassinés, de brique enveloppée, de tout moyen équivalent.
    (pj168)

    Le chat est souvent l'unique ami de bien des solitaires; c'est pourquoi il ne faut pas dédaigner un avis touchant ce modeste camarade des humbles.
    - le chat libre est rarement malade; mais les angoras surtout, qui en se nettoyant absorbent leurs poils, meurent facilement d'inflammation quand ils vivent renfermés. De la graine de lin doit être tenue en permanence dans l'eau qu'ils boivent, pour combattre cette maladie

    (pj164)

    Très vieille recette, plus que centenaire, très efficace contre la toux : sirop de marrube blanc.
    Le marrube est une plante très commune qu'il faut autant que possible employer fraîche. On la connaît très bien chez les herboristes et dans les campagnes.
    En prendre une poignée, faire bouillir dans un litre d'eau pendant vingt minutes. Passer. Remettre sur le feu pendant vingt autres minutes avec une demi-livre de sucre. Laisser réduire.
    Dose : une cuillerée à soupe le soir en se couchant et le matin a jeun.
    (pj163)

    Les personnes forcées de ne jamais interrompre leur vie active, et obligées de travailler, les femmes surtout, lorsqu'elles se sentent mal disposées, nerveuses, peuvent de temps à autre recourir à l'éther, dans des proportions très petites. Cinq gouttes pour un verre d'eau suffisent. On se trouvera beaucoup mieux d'absorber cette sorte de potion gorgée par gorgée durant toute la journée que de boire tout d'un seul coup.(pj161)
    Beaucoup de personnes souffrent des reins et savent que leurs douleurs proviennent d'une certaine difficulté qu'elles éprouvent à satisfaire l'un de leurs besoins les plus naturels. En ce cas elles essayent généralement de la tisane de queues de cerises. Si cela ne leur réussit pas, elles pourront sans inconvénient essayer d'infusion de barbes de maïs. De plus, porter une petite cordelette de chanvre en ceinture n'est pas difficile... C'est un remède de bonne femme suisse. Mais on reconnaît que le chanvre dégage un peu d'électricité au contact de la peau chaude et que cela est très sain.(pj159)
    En cas de saignement de nez violent, essayer de respirer un peu de poudre de tanin. Le remède est sans danger. Si les hémorragies sont fréquentes, on peut ne pas attendre qu'elles se produisent et priser de temps à autre par précaution une pincée de tanin. Cependant, ceci ne serait pas prudent hors du cas où les accidents proviennent de faiblesse ; au contraire, il faut laisser la nature agir toutes les fois que le malade est sanguin.(pj157)
    Contre la fièvre ; remède très usité dans les pays de malaria : couper un citron en tranches et le bouillir dans la valeur de trois verres d'eau. Laisser réduire d'un tiers ; passer et faire reposer toute une nuit. Boire ensuite et recommencer plusieurs jours de suite. Les bonnes femmes prétendent qu'il faut préparer cela dans une casserole de terre n'ayant jamais servi... Ce qu'il y a de certain, c'est que les médecins reconnaissent l'efficacité du procédé (pj152)
    Remède communiqué par un lecteur pour le soulagement et la guérison des ongles incarnés.
    Il suffit de limer avec une petite lime douce la partie supérieure de l'ongle, sur toute sa longueur. On l'amincit de la sorte tant qu'on peut supporter le frottement de la lime, et en ayant soin de ne pas faire saigner. L'ongle se redresse, ce qui produit tout de suite un grand soulagement. On persévère au fur et à mesure que l'ongle repousse, et l'on arrive ainsi sans frais, sans ennui, soi-même, à complète guérison (pj151)
    Le surmenage épuise tous les êtres et conduit à une mort précoce. Par conséquent, tous ceux qui emploient des bêtes de somme devraient se persuader qu'abuser de leurs forces, c'est non seulement une cruauté, mais un mauvais calcul. L'intérêt même ordonne de les ménager. (pj149)
    Les personnes obligées à de grandes marches souffrent souvent beaucoup d'une excessive délicatesse des pieds. Pour durcir ceux-ci, on les immergera fréquemment dans une décoction d'écorce de chêne que l'on trouve chez tous les herboristes(pj141)
    Très souvent les chiens lorsqu'ils vieillissent ont les yeux obscurcis par une peau mince qui se forme sur le globe. Quand le cas n'est pas très grave, il suffit de souffler un peu de sucre candi en poudre, à l'aide d'un chalumeau ou d'un tuyau de pipe, dans l'oeil malade pour détruire la pellicule naissante, et cela sans souffrance pour l'animal.(pj148)
    Toute personne appelée à donner des soins aux malades dans les cas d'épidémie cholériforme se trouvera préservée de toute contagion en surveillant son hygiène et en prenant, toutes les fois qu'elle devra approcher du danger, un verre à liqueur de la préparation suivante : 40 centilitres d'alcool à 36 degrés, 12 gouttes d'essence de menthe anglaise, 12 grammes de laudanum de Sydenham, 200 grammes de sucre et 60 centilitres d'eau (pj140)
    Si l'on s'est entré un écharde ou une épine dans le doigt, surtout sous l'ongle, et que l'inflammation semble s'y mettre, essayer tout de suite de quelques bains du doigt dans de l'alcool camphré. Il en faut environ une demi-douzaine, à plusieurs heures d'intervalle. Si la peau se soulève et tombe il n'y aucun inconvénient. Sans aucune douleur, on aura peut-être réussi à éviter une désagréable petite opération. (pj138)
    Lorsqu'on est obligé d'immobiliser un enfant ou un animal pour lui faire quelque opération délicate surtout à la tète, au visage, aux yeux, aux oreilles le meilleur moyen de paralyser ses mouvements sans le blesser est de le rouler dans un drap; bras ou pattes au corps, bien entendu.(pj137)
    S'il arrive qu'un insecte pénètre dans l'oreille d'une personne, il faut bien se garder de vouloir l'extraire brutalement. L'animal, effrayé, s'enfonce davantage ou l'on blesse l'organe très délicat en y introduisant un outil quelconque. Le mieux, en attendant un médecin ou quelqu'un d'expérimenté, est de souffler do la fumée de tabac dans l'orifice de l'oreille, ce qui souvent fait sortir l'insecte, ou encore de placer un petit morceau de viande à l'entrée du conduit auditif pour tâcher de l'attirer.(pj136)
    La première des charités c'est de faire vivre sainement ses serviteurs. Chacun veillera à leur procurer coucher propre, nourriture convenable; eau pure, surtout en temps d'épidémie. Au fond des campagnes, le patron doit se persuader qu'il a charge d'âmes et qu'il serait aussi criminel en faisant boire, par exemple, une eau contaminée à ceux qui sont sous ses ordres, qu'en les empoisonnant avec un toxique volontaire.(pj135)

    Dépuratifs du sang, par les plantes
    - 20 grammes de racine de salsepareille sèche, bouillie pendant 20 minutes, passée à travers un linge. Ajouter ensuite la quantité d'eau nécessaire pour parfaire un litre, et boire cette tisane pendant trois semaines, une tasse à thé tous les jours.
    Racine de douce-amère. Même formule, même traitement, un peu moins actif.
    Fleur de pensée sauvage, en infusion, 40 grammes par litre.
    Enfin, on peut opérer le mélange des trois formules, additionné de 20 grammes de feuilles de séné, et alors ne prendre de cette composition qu'un verre à bordeaux tous les matins.
    - Essayer dans les maux de gorge ou toux d'irritation l'absorption d'un peu de vaseline très pure. Gros comme un pois chaque
    fois.(pj134)

    Le plus économique des désinfectants pour les plombs, éviers, fosses, etc., etc., est le sulfate de cuivre. On en peut mettre aussi dans les récipients qui servent à recevoir les déjections des malades atteints de maladies contagieuses. On ne saurait trop recommander la propreté et les précautions en pareil cas.(pj131)


    Peu de personnes savent que le bain de pieds sinapisé, c'est-à-dire à la farine de moutarde, ne doit jamais être préparé avec de l'eau bouillante. En agissant ainsi, on lui fait perdre ses propriétés. On doit placer dans le récipient voulu environ un quart de farine; jeter dessus de l'eau chaude que le malade puisse supporter ; puis peu à peu élever la température de cette eau, tandis que ce dernier y maintient les pieds. On couvre ordinairement les jambes et le bain avec une étoffe quelconque, que l'on soulève à peine pour ajouter la quantité de liquide désirable.
    Le repas est une chose absolument indispensable à la machine humaine; lui seul répare l'individu. Donnons donc à nos serviteurs tout le temps nécessaire au sommeil; aux repas calmes. Réservons-leur quelques vacances. Evitons-leur l'effort inutile. Sans rien perdre de ses droits sur leur service, un bon maître peut se montrer ménager de leurs forces, en pensant qu'il prolonge ainsi leur vie.
    (pj111)

    Voici un moyen demandé pour guérir du ver solitaire, système absolument sans danger. La dose indiquée ici pour tempérament ordinaire peut être augmentée.
    Faire bouillir au moins 20 grammes de pépins de courges dans un litre d'eau jusqu'à ce que celle-ci diminue d'un bon tiers. Préparer une émulsion, c'est-à-dire une sorte de lait avec les amandes de ces semences en les délayant. Sucrer avec du sirop de tolu. Absorber le tout le matin, à jeun, en une ou plusieurs fois. Deux heures après, prendre un purgatif d'huile de ricin ou autre. On doit demeurer deux jours après cela sans prendre d'aliment solide.
    - Lorsque l'on fait le samedi des achats qui ne sont pas d'une utilité immédiate, on recommande de ne les livrer que le lundi, afin de réserver autant que possible le repos du dimanche aux employés
    . (pj114)

     

     

     

     

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  • Les FONCTIONS de la MUSIQUE sur l'IMAGE.....

     

     

     Les fonctions de la musique sur l'image

     

    L'audiovisuel utilise plusieurs vecteurs de communication parmi lesquels, principalement: l'image, le son et le langage verbal (écrit ou parlé).

    Le son agit directement sur les sens des téléspectateurs, beaucoup plus que l'image et le verbe. Son impact est beaucoup plus subtil.

    Une image ou une parole offrent une signification intellectuelle immédiate et provoquent des réactions en grande partie conscientes. Au contraire, le son échappe en grande partie à une analyse intellectuelle car ses repères ne sont pas palpables. Le téléspectateur le reçoit, le subit et réagit de façon subjective.

    Le son serait donc, plus que tout autre vecteur, un moyen de manipulation affective et sémantique. Il agit avec une efficacité quasi imparable à condition d'être contrôlé.

    Un tel contrôle nécessite :

    - d'une part, une maîtrise de tous les aspects techniques du son en général et de la musique en particulier, et de leur interaction avec les autres vecteurs sémantiques d'un message audiovisuel : images et paroles.

    - d'autre part, le rapprochement entre un vocabulaire musical, se référant à des phénomènes esthétiques et sensibles, et le vocabulaire de notre quotidien, recouvrant une réalité éthnique et intellectuelle. Le rapprochement ethnique entre ces deux univers sémantiques peut seul permettre d' élaborer un discours concret.

    Dans le monde de la création audiovisuelle, la conception d'un message musical échappe en partie à ses créateurs mêmes. L'intuition et l'expérience pallient l'absence d'une grammaire du langage musical. L'efficacité du message se mesure a posteriori avec un simple constat: «cela fonctionne !» ou «cela ne fonctionne pas !".

    Au contraire, l'étude analytique du son permet de rationaliser et de valider une « stratégie sonore ».

    L'étude du son peut intervenir à deux niveaux :

      

    1. Analyse heuristique (en amont) :

    - orienter la réflexion préalable à la création

    - délimiter des choix.

      

    2. Analyse critique (en aval) :

    - cerner les problématiques rencontrées

    - valider les options choisies ou proposer des alternatives

    - apporter un double diagnostic sur la bande son, analysée indépendamment et dans son rapport à l'image.

     

     

    (c) www.google.be/photos

     

    Exemple : 11) Pub Egoiste de Chanel

     

    Il s'agit d'une musique d'illustration (off) identifiée par le grand public comme musique classique . On entend des voix in et off, mais pas de bruitage (dans la seconde partie, le bruit des volets qui se ferment correspond aux coups de cymbales de la partition).Une grande partie du message est transmis à travers le travail de synchronisation/non synchronisation de la musique, très rythmée, avec des plans qui se succèdent rapidement :

     

    Première partie (image en noir et blanc): la non coordination de la pulsion musicale avec l'image donneuse d'une sensation de chaos. (Non synchronisation des temps forts avec les changements de plans).

     

    Seconde partie (couleur) : chaque changement de plan est scandé auditivement par la musique, et visuellement par les volets qui claquent : sensation de force, de certitude. (Les femmes précédemment isolées et désemparées font bloc contre l' Égoïste).

     

    Vidéo: piste 3 source : www.pubstv.com

     

      

    A) Le son dans l'audiovisuel : musique ou bruitage ?

     

    Le son dans l'audiovisuel peut être divisé en deux catégories perméables :

     

    · le bruitage

    · la musique.

     

    N.B. : La voix est une catégorie à part. Parlée ou chantée, elle peut s'analyser indépendamment du sens des paroles pour sa qualité strictement sonore. Le choix du timbre est néanmoins déterminant.

     

    Le bruitage imite le réel :

     

    Le bruitage correspond généralement à une fonction rationnelle du son: la fonction de crédibilisation de l'image comme reproduction de la réalité.

     

    L'image seule est plate, figée et limitée physiquement au cadre de l'écran. Le son est aspiré par l'image et lui donne sa dynamique. Il permet au téléspectateur d'oublier l'écran. Le son oriente la réalité de l'image. Il permet d'accentuer ou au contraire de mettre en retrait certaines informations.

     

    Exemple :

     

    12) Pub pour Sony Playstation

     

    Publicité ou la musique de fond et les bruitages sont très important lors de la visualisation de la pub. Notamment car le son et les bruitages apportent une superbe dynamique.

     

    Vidéo : piste 4 source : www.puvstv.com

     

    La musique apporte un supplément de sens symbolique :

     

    La musique correspond à une fonction d'illustration symbolique du son: elle apporte au message des valeurs et des significations qui lui sont propres.

     

    La musique possède en effet des pouvoirs sémantiques intrinsèques. Ces propriétés sont couramment exploitées dans le cinéma par l'artifice de l' illustration sonore.

     

    L'illustration sonore a été dès le départ, dans le cinéma muet, ressentie comme nécessaire pour combler un vide sonore inconfortable. Un pianiste était chargé d'assurer en direct l'illustration du film, en adaptant son jeu aux situations tant physiques que psychologiques de l'action. Le spectateur a donc accepté tout naturellement la fonction d'illustration symbolique de la musique.

     

    Dans la publicité, contrainte à des temps réduits, il est précieux de pouvoir styliser les situations et d'avoir recours aux valeurs symboliques de la musique.

     

    B) Fonctions du son dans le flux audiovisuels

     

    - Réunir, lier le flux des images.

     

    (en publicité: beaucoup de plans visuels, peu de plans sonores)

     

    - Ponctuer (synchronisation ou non) en soulignant l'image.

     

    Exemple : les dessins animés procèdent par une stylisation radicale en accentuant l'action. Les points forts de synchronisation sont les coups, les impacts...

     

    13) Pub pour M&M'S

     

    Vidéo: piste 5 source : www.pubstv.com

     


    · Installer une convergence ou une divergence par rapport à l'image.

     

    La musique, ou le son en général, peut créer une surprise en étant en porte à faux.

     

    Exemple :

     

    14) Pub pour Art Studio

    Vidéo: piste 6 source : www.pubstv.com


    · Meubler l'image: le blanc sonore est très déstabilisant.

    Au contraire, pour rendre l'idée de silence, on fera entendre des bruits qui normalement sont imperceptibles: bruits de pas, tic-tac d'horloge, respiration...

    C) Classification des sons par rapport à l'image

    Paroles, bruitage et musique apportent un complément de signification et accompagnent l'image de différentes façons :

    Sons réels :

    - In : Le son entendu correspond à l'image que l'on voit.

    - Hors champ : Le son correspond à une source sonore qui existe dans l'histoire (dehors, dans la pièce voisine...) mais n'est pas visible sur l'écran.

    Exemple :

    15) Pub pour Celio

     

    On ne voit pas à l'image toutes les personnesqui rigolent, ni les photographes au début Vidéo: piste 7 source : www.pubstv.com

     

    Sons off :

     

    Ils sont ajoutés à la réalité. Ils agissent symboliquement. C'est le rôle de la musique de film, ou de l'illustration musicale.

     

    Exemple :

     

    16) Pub pour Peugeot

     

    Publicité avec comme fond sonore la plus célèbre des musiques du farwest. Vidéo: piste 8 source : www.pubstv.com

     

    D) La musique de publicité d'un point de vue marketing

     

    La musique dans la publicité valorise le produit

     

    La musique de publicité a un rôle essentiellement commercial. En effet, elle agit sur le téléspectateur en retenant son attention. Un individu est exposé à environ 2.000 à 3.000 messages par jour en moyenne, dont il n'en retient qu'une dizaine seulement.

     

    Si une musique de publicité a bien rempli son rôle, souvent grâce à une ritournelle marquante, alors le téléspectateur associera touj ours cette musique à la marque du produit présenté, dont il se souviendra plus facilement.

     

    Voici quelques exemples de publicités où la musique utilisée valorise le produit :

     

    "Steiner Paris" où le solo du piano dégage un sentiment de chaos et de vide où seul le mobilier prédomine.

     

    "Saupiquet" où la musique classique avec la présence des instruments à cordes dégage une idée d'aliment raffiné et d'une cuisine saine et équilibrée.

     

    "Mégane" où le célèbre ténor italien Luciano PAVAROTTI interprète Sono lo spirito che nega, extrait de l'opéra Mefistofele de Boito ARRIGO, et fait ainsi transparaître toute la pureté, l'élégance et la majesté de la voiture par comparaison à sa puissante voix.

     

    "Région Midi-Pyrénées" où l'instrument traditionnel qu'est l'accordéon fait ressortir le fait que cette région française est chaleureuse et pleine de traditions .

     

    L'enfant, une cible plus sensible à la musique ?

     

    Chez les enfants, le phénomène est d'autant plus flagrant.

     

    Ils sont de plus en plus les cibles des publicitaires car, chez les moins de 10 ans principalement, ils n'ont pas encore d'opinion négative ni même d'avis critique à l'égard de la publicité.

     

    De plus, les enfants ont la capacité de retenir plus facilement les slogans chantés et les musiques de publicité, à tel point que nous pouvons parfois être surpris par un enfant capable de répéter mot pour mot un message publicitaire.

     

    Nous pouvons également remarquer que la grande majorité des publicités destinées à un public très jeune est accompagnée d'une musique enfantine, minimaliste, ou de la marque (ou le nom du produit) chantée. Par exemple, quel enfant, à la vue du nom « Action Man », n'entend pas immédiatement le slogan musical associé, c'est à dire « Action Man, le plus grand de tous les héros » ? Cela nous conduit à nous poser la question suivante : la musique peut-elle créer un conditionnement aux marques ?

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • Le royaume de Hongrie était un des plus grand états en Europe, plus gros que la France.

     

     

     

     

    Vers l’an 1000, le royaume de la Hongrie, était l’un des plus grands états en Europe, plus grand que la France. Il a émergé en 1000, quand la principauté de la Hongrie, fondée en 896, a été reconnu comme royaume.

    Le royaume étaitt composé des frontières actuelles de la Hongrie, de la Transylvanie (en Roumanie), de la Slovaquie, du Carpatho Ruthenia (en Ukraine), de la Vojvodina (en Serbie), du Burgenland (en Autriche), du Slavonia, de la Croatie, de la Dalmatie (Croatie), et quelque autres territoires environnant la Hongrie.

     

     

     

     

    Parmi le premiers à arriver étaient les huns, qui ont bâti un empire puissant sous Attila le Hun. Attila a été considéré comme le chef ancestral des Hongrois, cependant, cette affirmation est rejetée aujourd’hui par les la plupart des érudits. Tandis que plusieurs clans occupèrent la région, aucun n’a pût créer un état durable dans la région jusqu’à ce que les Hongrois fraîchement unifiés mené par Árpád s’installèrent dans le bassin Carpathien commençant en 895.

     

     

    Image
    St Etienne Ier de Hongrie.
    Premier roi de Hongrie de la dynastie arpadienne, Saint Stephen Ier ou Etienne de Hongrie ou Szent István est le fondateur du royaume de Hongrie.

    Image
    Main droite du roi, original

    Vajk ou « Vaïk » de son vrai nom, fils de Géza, « duc des Magyars », se convertit au catholicisme romain avec son père vers l'âge de dix ans (985) et prend alors pour nom de baptême le nom d'Étienne (István en hongrois). Il est éduqué par Adalbert de Prague et ses disciples qui organisent l'Église hongroise. Il épouse la fille du duc Henri II de Bavière, Gisèle, également considérée comme sainte, fin 995 ou début 996, puis devient « duc des Magyars » à la mort de son père en 997.

    Image
    Le Prince Émeric, en hongrois Imre, en allemand Emmerich, appelé aussi Henricus (Székesfehérvár, 1007 (1000?) – Veszprém, 2 septembre 1031) était le fils de Saint Stephen I , premier roi chrétien de Hongrie et de Gisèle de Bavière. Il eut pour précepteur le moine bénédictin Gérard (Gellert), futur évêque de Csanád, qu'Étienne aurait retenu d'un pèlerinage en Terre Sainte pour qu'il assure l'éducation de son fils.

     

    Les premiers rois du royaume étaient de la dynastie de Árpád, et le premier roi chrétien était Stephen I de Hongrie qui a été canonisée en tant que saint.

    En 1241, la Hongrie a été envahie par les Mongoles et tandis que les premières batailles finirent par des victoires Hongroises, les Mongoles détruisirent finalement l’armée Hongroise à la bataille de Mohi.

    L’âge d’or du royaume Hongrois fut pendant le règne de Matthias Corvinus, le fils de John Hunyadi. Son surnom était « Matthias le juste », mais c’est seulement une légende. Il a amélioré l’économie Hongroise et a pratiqué une diplomatie astucieuse au lieu d’action militaire.

    Au début des années 1500, la Hongrie a été conquise par l’empire Ottoman. Après leur départ, les Habsbourg ont dominé le royaume Hongrois. La prochaine souverain de la Hongrie fut l’empereur autrichien Charles VI. Tout au long du XVIIIème siècle, le royaume de la Hongrie a eu son propre régime (Parlement) et constitution, mais les membres du Conseil du Gouverneur ont été nommés par le monarque de Habsbourg, et l’établissement économique, la chambre Hongroise, relevait directement de la chambre à Vienne. Après le compromis austro-hongrois de 1867, l’empire Habsbourg est devenu « double-monarchie » de l’Autriche-Hongrie. Cet arrangement a duré jusqu’en 1918, suivant la Première Guerre Mondiale. Les nouvelles frontières établies en 1920 par le Traité de Trianon ont cédé 72% du territoire historiquement hongrois aux états voisins. Laissant la Hongrie avec ce que nous savons d’elle aujourd’hui.

    Transitioning dans la République

    Après son occupation de la Hongrie en 1944, l’Union Soviétique a imposé des conditions strict lui permettant de saisir les biens matériel et de controller les affaires intérieures.

    Révolution 1956

    Le 23 octobre 1956 une démonstration d’étudiant pacifique à Budapest a produit une liste de 16 demandes de réforme et de plus grande liberté politique. Lorsque les étudiants ont essayé d’annoncer ces demandes, les forces de l’ordre ont fait quelques arrestations et essayé de disperser la foule avec le gaz lacrymogène. Quand les étudiants ont essayé de libérer ceux arrêtés, la police a ouvert le feu sur la foule, ce qui entraina une série d’événements qui ont mené à la révolution hongroise.

    La transition de la Hongrie à une démocratie a un modèle occidental était une des plus simple parmi les pays de l’ancien bloc soviétique.

     

     

     

    (Source: http://en.wikipedia.org/wiki/Kingdom_of_hungary)

      

      

      

      

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  •  

     

    Le Jargon Policier de A à Z

      Chaque profession, chaque métier possède en propre un ensemble de mots plus ou moins important qui constitue la terminologie de l'activité concernée. La Police n'échappe pas à la règle et a inventé son propre parler, qui est par ailleurs caractérisé par une grande richesse lexicale.   La police a inventé son propre jargon, à partir principalement, de l'argot. L'argot étant le langage des voyous et des militaires, la Police adoptait en partie l'argot, car elle voulait comprendre et parler le langage de ceux qu'elle pourchassait.   
     
    Le parler policier est imagé, il a, aussi, emprunté des mots à diverses langues (notamment l'anglais) en ce qui concerne l'argot actuel. On notera, que le policier privilégie l'apocope qui, par sa concision permet de rendre la terminologie juridique et administrative moins pesante au quotidien, s'est ainsi que l'on trouve de nombreux mots tronqués dans le jargon policier.

    Le dictionnaire de l'Académie Française définit l'argot comme suit :

     
    ARGOT. n. m. Langage de convention dont se servent entre eux les malfaiteurs. L'argot des rôdeurs de barrière se renouvelle sans cesse. Le poète Villon nous a transmis des termes d'argot du XVe siècle.
     

    Il se dit, par extension, des Mots et tours particuliers qu'adoptent entre eux ceux qui exercent la même profession ou vivent dans un même milieu social. L'argot des peintres, des écoliers. L'argot des coulisses. L'argot de la bourse.

     

     
    De A à Z
     
     

    - Accordéon : casier judiciaire.


    - Accoucher  : avouer.

    - Accrocher : accumuler des preuves justifiant d'engager une procédure.

    - Acte : il s'agit d'un procès-verbal. Ex : Tu penseras à me faire un acte à l'issue de ton enquête de voisinage.

    - A
    ctes d'enquête : ils regroupent les procès-verbaux de la procédure. Ex : les perquisitions, les saisies, les gardes à vue, les interceptions téléphoniques, les réquisitions, les infiltrations… en fonction des affaires traitées.

    - Acter : rédiger un procès-verbal. Ex :
    un chef de groupe dira à ces effectifs penser à acter vos diligences le plus rapidement possible car le parquet attend la procédure.

    - Adidas : police en tenue, désigne un Capitaine de Police dont les galons supportent trois bandes.
    - Affaire (s) : les procédures traitées par les policiers sont appelées - affaire -. Ainsi on parle de belle affaire quant il y a interpellation de braqueurs, ou de petite affaire pour l'interpellation d'un simple voleur.
    - Affaire tête de lard : enquête difficile.
    - Affaler (s') : avouer.
    - Agent : il s'agit du nom donné à un informateur par les RG.
    - Aidants (les) : jargon des policiers de la PAF. Les organisateurs (personnes à la tête d'une filière), les passeurs entendus au sens large (ceux qui facilitent le franchissement d'une frontière, à l'entrée comme à la sortie, ou qui aident à la circulation des ESI sur le territoire national), les logeurs, les employeurs d'ESI, les fournisseurs de faux documents, et les conjoints de complaisance (ceux qui, en règle au plan du séjour, se sont mariés afin qu'un individu puisse obtenir le droit de rester sur le territoire national). La notion d'aide à l'immigration irrégulière correspond à un délit pénal.
    - Aiguilleur (l') : ce policier repére les appels téléphoniques concernant de réelles urgences vitales, coordonne, centralise et transmet les informations aux responsables hiérarchiques et aux policiers sur le terrain, diffuse des instructions de manière claire et précise, ou encore suit le trafic radio de l’ensemble des unités policières…Ex : La gestion des appels au 17.

    - Alias : pseudo, surnom.
    - Album de famille : archives photos des malfaiteurs arrêtés par les services.
    - Aligner (quelqu’un) : verbaliser, mettre une contravention, une prune.
    - Aller à la poule : déposer plainte.
    - Aller à Niort : nier. On en trouve déjà mention dans le dictionnaire - de l'argot de Vidocq -.
    - Allonger (s') : Avouer. Voir aussi s'affaler.
    - Allonges : avances sur les frais d'enquête.
    - Allumer : se faire engueuler pour un policier quant il vient de commettre une erreur. Ex : Je vais me faire allumer par l'adidas...

    - Alouette : contractuelle.
    - Alpiniste : voleur spécialisé dans l'escalade des balcons.
    - Amazone : prostituée qui attend son client au volant de sa voiture. Le secteur de la place de la Madeleine à Paris était très prisé des amazones, il y a encore quelques années.
    - Ami (mon) : désigne un informateur de la police. Voir aussi tonton, cousin.
    - Amphibie : individu suspecté de s'adonner à des activités litigieuses.
    - Ange : espion ennemi. Jargon barbouze.
    - Ange gardien : Il s'agit du complice d'un voleur à la tire, qui surveille durant les - opérations -.

    - A
    ngine de comptoir : une ivresse publique et manifeste (voir IPM).

    - Antiquaires (les) : voir aussi Brocs.
    Le groupe des Antiquaires, est spécialisé dans la lutte des infractions commises dans le domaine des biens culturels (vol, recel...). Les Brocs sont rattachés à la BRB de la PJ Parisienne.

    - APJiste : se dit pour désigner l'agent de police judiciaire dont les prérogatives sont prévues par l'article 20 du code de procédure pénale, le CPP.

    - Aplatir : interpeller en plaquant au sol un délinquant.
    - Après-midi valoche : c'est prendre son après-midi à la veille d'un départ en vacances pour faire ses valises. Ex : Demain j'suis en congé, le chef m'a donné un après-midi valoches. Précision, cela n'est plus pratiqué.
    - Aquarium : cellules de garde à vue, elles sont toujours vitrées.
    - Arcan : voyou, malfrat. Ex : On vient de faire tomber un bel arcan.
    - Arpèges (faire les) : relever les empreintes digitales d'un délinquant. signalisation.
    - Arracher : fait partie des nombreux termes utilisés par les policiers pour décrire l'action d'interpeller un délinquant. (Voir interpeller, sauter...).
    - Arrondissement à bitume : arrondissement où l'on trouve les Ministères, les ambassades, cela signifie qu'il y a beaucoup de gardes statiques à assurer.

    - Artiste : fabricant de faux billets (monnaie).
    - AS : alibi. Ex : Ce casseur nous avait sorti un as toc, on a fini par le rebecqueter.

    - AS (paire d' ): deux alibis.
    - AS (carré d') : quatre alibis.
    - AS de Carreau : l'alibi est pour le domicile. Ex : Hier soir à c'tte heure je croquais chez ma vieille.
    - AS de Coeur : l'alibi met en scène une femme. Ex : Samedi dernier, j'étais pagé avec la fille d'la bignole de mon immeuble.
    - AS de trèfle : est l'alibi des joueurs. Ex : A l'époque de cette affaire, je filais des tubards au champ de course de Deauville, j'pouvais pas être à Pantruche.

    - Ascenseur (renvoyer l') : avouer.
    - Assiettes (les) : assises. Ex : Je suis convoqué aux assiettes, pour témoigner dans l'affaire d'homicide qu'on a traité y'a déjà 5 ans.
    - Attila de la grande fauche : voleur sans frontières. Ex : On vient déférer un attila de la granche fauche qu'on a serré en flag alors qu'il tirait des valoches dans un hall d'hôtel.
    - Avoine : correction.
    - AVP : Accident de Voie Publique. Désigne un accident de la route qu'il soit matériel ou corporel (avec des blessés).
    _______________________________
     
    - Babillard : avocat. (voir bavard, baveux, mais aussi parrain, démerdeur...)
    - Babylone : policier blanc pour délinquant arabe ou africain.
    - Bagnard : policier responsable des archives, de la documentation criminelle. Ex : Tu veux des infos sur ce client, va donc voir le bagnard.
    - Bagoter : faire du terrain, bitumer.
    - Baguer : arrêter, passer les menottes.
    - Baiseur : proxénète sans envergure.
    - Bal (faire le) : nier.

    - Balance : informateur (voir ami, cousin, tonton...).
    - Balloo : noir africain. Ex : On vient de faire un balloo en flag alors qu'il revendait des fausses Rolex.
    - Baron : complice du meneur du - jeu - le bonneteau (voir infra).
    - Bander : affaire qui commence à devenir prometteuse. Ex : Patron, l'affaire commence à bander, on vient d'identifier un quatrième client.
    - Bandes molletières : escroquerie aux anciens combattants. Escroquerie basée sur des faits d'armes imaginaires.
    - Barbouzer : enquêter discrètement., mais aussi faire avouer.
    - Baromètre : registre où étaient répertoriés les documents destinés aux services avant leur utilisation.
    - Basculer : devenir indicateur de police.
    - Basset : spécialiste du vol dans les caves.

    - Bat-flanc : comptoir d’accueil d’un poste de police.

    - Batterie de pigeons : couple accusé de mêmes faits.
    - Batteuse : machine à écrire, clavier d'ordinateur.
    - Batteuse d'asphalte : prostituée.
    - Bâton (faire un) : arrêter un malfrat.
    - Bâtonnite (la) : vient de bâton, il s'agit de comptabiliser les affaires. Ex : une garde à vue = un bâton = une bonne statistique pour le fonctionnaire ou le service. (Voir faire du chiffre).
    - Bavard : avocat. Aussi babillard, baveux.(etc). Ex : J'ai le droit qu'à un bavard commis d'office, j'ai pas une tune...
    - Bave d'escargot : galon.
    - Bayard : plaque anti-balle, n'est cependant pas un gilet pare-balle, cette plaque était portée par les anciens inspecteurs sur les interventions - chaudes -.
    - Beau, Beau crâne, Beau mec : désigne un voyou d'envergure.
    - Beauveau : désigne le Ministère de l'Intérieur, situé place Beauvau à Paris (75008).

    - BB : Braqueur de Bagnole. Voleur de voiture avec violences, aujourd'hui on parlerait de car-jacking.

    - Bébé Ben Laden : jeune et prometteur islamiste extrémiste.

    - Bécane : machine à écrire (voir aussi batteuse).
    - Berlue : couverture, emploi fictif d'un bandit.
    - Bertillonnage : se dit pour la méthode, inventée par Bertillon (père de la PTS), anthropométrique d'identification des criminels.
    - Beurrer le marmot : convaincre un suspect de passer aux aveux, de manière peu orthodoxe.
    - Bidon : bide, cellule de garde à vue.
    - Bidonner l'arnac : arrêter les escrocs du jeux (bonneteau, bookmakers).
    - Bidule : long bâton en bois (+ de 80 cm) qui était en dotation collective. Utilisé durant les évènements de mai 1968.
    - Bigorneau : téléphone, table d'écoute téléphonique.
    - Bignole : concierge. Ex : Faut que j'aille faire le tour des bignoles du quartier, pour obtenir des infos sur cette affaire de disparition.
    - Bignolo : masculin de bignole.
    - Bijoutier du clair de lune : cambrioleur qui bosse la nuit.
    - Billes (avoir des) : c'est avoir des éléments dans une affaire.

    - Bite à Jean-Pierre : matraque (gomme à effacer le sourire).
    - Bitumard : indicateur de rues (les rues étant dorénavant bitumer), plan de ville. A Paris les nouvelles recrues perçoivent un plan de Paris et de la petite couronne.


    - Bitumer : patrouiller à pied (bagoter), sur le bitume.

    - Blanc : jargon essentiellment des ex-RG. Rapport d'infos rédigé sans formalisme, sans signature, sans entête. (voir aussi note blanche)
    - Blanc-seing : attentat aux moeurs.
    - Blanchouillard : individu dont le casier judiciaire est vierge, blanc.
    - Bleu : 01)- policier en tenue. 02)- gyrophare.
    - Boeuf : 01)- parlementaire pour les RG. 02)- fonctionnaire affecté à l'inspection des services (IGS à Paris, IGPN pour le reste du territoire), Police des Polices

    - Boeuf-carotte : boeuf. IGS et IGPN.

    Il existe deux origines à cette expression argotique datant de la deuxième moitié du XXe siècle.
    La première, donnée par André Larue (dans 'Les flics' en 1969) viendrait du fait qu'une fois qu'un policier est passé à la moulinette de la police des polices et a été mis à pied, voire 'démissionné', il ne lui reste plus que la possibilité d'avoir du boeuf aux carottes à son menu, plat supposé peu cher donc au coût adapté à son nouveau budget.
    La seconde est proposée en 1984 dans le film "Les Ripoux" de Claude Zidi, selon lequel l'IGS laisse longuement mitonner ou mijoter le présumé coupable, comme on le ferait d'un bon boeuf aux carottes.
    - Boers : Boers vient de la transcription du nom - bours -, qui signifie policier dans l'argot russe. A la fin du 19e siècle, cette expression était utilisée par les conducteurs de calèches, souvent immigrés russes. L'unité en charge du contrôle des taxis a repris ce nom lors de sa création, en 1938. Les Boers exercent à la PP.

    - Boite : Ministère en tant qu'employeur.Ex : La boite ne se rend pas compte des risques que l'on prend, sans jamais être remercié.
    - Boîte à Claques : tabassage.

    - Boîte à refroidis : morgue.

    - Bon de saillie : indemnité versée aux ex-inspecteurs pour effectuer incognito des contrôles dans les maisons de tolérance.
    - Bonneteau : jeu dit de hasard, qui est en réalité une escroquerie. Ce pratique avec des cartes, deux n
    oires et une carte rouge. Le maître du jeu manipule les trois cartes et demande au joueur de miser et de découvrir la carte rouge. Si celui-ci réussit, il reçoit le double de sa mise ; dans le cas contraire, il l'abandonne.
    - Bonneteur
    : Maître ou meneur dans l'exécution de l'escroquerie au jeu du bonneteau.



    - Bordereau : 01) - relevé de frais. 02) - café, cabaret où il est glané du renseignement.

    - Borduré : indésirable. Exclu des bistrots, des champs de courses où il n'y a plus de crédit.
    - Bordurer : exclure d'un groupe.
    - Borgnote: filature, surveillance.

    - Bosse (avoir de la) : avoir de la chance.
    - Bouger : voler.
    - Bougnote : voir borgnote.
    - Bouillon : lieu où vit un malfaiteur, où il prend ses repas.
    - Boulange : argent de toute origine (vrai, faux). La banque de France est appelée la grande Boulange.
    - Boulanger : faux-monnayeur.
    - Bouletteux : transporteurs de boulettes de cocaïne in corpore, le plus fréquemment. Ils souvent originaires d'Amérique Latine.

    - Bourgeois : gardien de la paix en civil.

    - Bourgeoise (tenue) : être en tenue bourgeoise c'est être en civil pour un gardien de la paix.

    - Bracelets : menottes.
    - Brancher : c'est procéder à une écoute d'une ligne téléphonique.
    - Brème : carte d'identité, carte professionnelle, carte de police. Le mot de brème vient du fait que la carte de police est plate le poisson du même nom.

    - Bretelles : écoute téléphonique (voir construction, brancher...)
    - Bréviaire : voir bitumard.
    - Bricard : brigadier de police.
    - Bricole : courroie qui servait à immobiliser les bras d'un bandit.

    - Brigades des Gaz (la) : l’ancêtre de la BRI. Cette brigade était aussi surnommée : Bande à Lépine.

    C’est pour disposer d’un moyen de maîtriser les forcenés que le préfet de police Louis Lépine, en 1912, charge des chimistes d’étudier différents gaz : la brigade les utilisant leur empruntera son nom.
    Pistolet, pulvérisateur ou ampoules de verre, l’éther bromacétique sera le gaz retenu pour être l’arme attitrée de la « brigade des gaz », utilisé lors d’actions spectaculaires, comme le forcement d’une porte en cas de retranchement : les policiers pratiquent une ouverture dans le battant, y glissent une capsule de gaz irritant et profitent de la diversion pour interpeller les personnes retranchées.
    Dans les années 1960, l’antique « brigade des gaz » délègue sa mission au groupe d’intervention et de sécurité (GIS) qui prête son concours en quelques occasions à la brigade anti-commando sous le commandement de Robert Broussard, puis disparaît en 1984.



    - Brioché : probant pour une procédure, un dossier.Ex : Ta procédure est briochée, il va plonger avec ça.

    - Brocante : armement individuel d'un policier (pistolet, menottes, bâton de défense...)
    - Brocs (les) : voir aussi Antiquaires. Le groupe des Brocs, est spécialisé dans la lutte des infractions commises dans le domaine des biens culturels. Les Brocs sont rattachés à la BRB de la PJ Parisienne.
    - Bureau des pleurs : administratif, bureau où sont recueillis les doléances des policiers.
    - Butinage : période durant un interrogatoire où l'on obtient rien de bien important.
    - Butteur : tueur.  
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    - C 46 : jargon des RG, une écoute téléphonique.
    - Cabaret : policier appartenant à la Brigade de Répression du Proxénétisme.

    - Cadènes : menottes.

    - Cage : cellule de garde à Vue. voir aussi aquarium.
    - Call-back : escroquerie aux rappels d'un numéro de téléphone surtaxé.
    - Campagne de pêche : ramassage de prostituées, de bandits en tous genre et cela dans une zone déterminée.
    - Canonge : vient du nom d'un policier marseillais, particulièrement opiniâtre qui, en entreprenant de rassembler toutes les fiches de la police de Marseille inventa dans les années 50 le fichier qui porte encore son nom. Désormais informatisé, ce fichier destiné à rationaliser le travail de l'enquêteur, comporte les photos et signalements des personnes mises en cause dans une affaire judiciaire, permettant aux policiers de retrouver rapidement un suspect à partir d'un simple signalement.

    - Carding : fraude à la carte bancaire.
    - Car-Jacking : désigne le vol d'un véhicule à moteur avec violence ou menace à l'encontre du conducteur ou de l'un de ses passagers.
    - Carnet de vaccination : carte de séjour.
    - Carotter : vendre de faux stupéfiants.
    - Carreler : faire des rondes de ramassage de SDF.
    - Carreur : receleur.

    - Carrousel : fraude à la TVA. Terme plus employé par les services répressifs de l'administration fiscale.

    - Carte de pêche : carte de Police. (source photos :


    Revue Civique n°140 - Octobre 2004

    Revue Civique n°140 - Octobre 2004



    Revue Civique n°140 - Octobre 2004


    Article paru dans France-Soir




    - Carton
    : carte grise d'un véhicule.

    - Casser : voler.
    - Casser le dom : effectuer une perquisition au domicile d'un suspect.
    - Casserole : informateur (ami, cousin, tonton etc...)
    - Cassette : faux témoin qui débite un témoignage appris par coeur.
    - Casseur : cambrioleur.
    - Cataflics : surnom donné aux policiers de l'ERIC

    - Catalogue : Code pénal. S'emploie plus chez les Magistrats.
    - Caviardage : Mot ou partie de texte rendu illisible par masquage ou raturage. (falsification).
    - Ceinturon : chef d'une formation de policiers en tenue.
    - Chandelle : prostituée. Il s'agit des prostituées qui se tiennent assises sur les tabouret des lieux (bar...) où elles exercent. Ex : Dans ce rade, le soir venu, les chandelles remplacent les piliers habituels.
    - Chanter la messe : nier.
    - Chansonnette : histoire inventée, faux alibi.
    - Chanstiquer : falsifier, modifier.
    - Charognard : véhicule d'enlèvement des voitures pour être emmenées à la fourrière.
    - Chaud (être) : se dit d'un malfaiteur sur le point de commettre un délit, il est alors en alerte, aux aguets. Il reste chaud encore un peu de temps après son coup. Les arrestations à ce moment là sont dangereuses.
    - Chef de gare : à la PJ, le chef de service attribue les dossiers, il les oriente vers les services.
    - Chèvre (faire la …) : Appâter pour interpeller. Ce peut être la mission d’une policière qui, sous protection discrète, sera amenée à piéger un violeur en série en tournant dans les lieux qu’il fréquente.

    - Chier des billes : avouer avec peine, petit à petit.
    - Chiffre (faire du) : les policiers sont comme des - chefs d'entreprise -, ils font des affaires, du chiffre, il s'agit là encore de l'idée de faire une arrestation, du placement en garde à vue dans le but d'avoir de bons chiffres : c'est la course à la bâtonnite vu plus haut.
    - Chignole (vol à la) : il s'agit de vols commis avec effraction à l'aide d'une chignole à main; les malfaiteurs profitent de la nuit et du sommeil des victimes pour percer un trou dans l'huisserie d'une porte et actionner à l'aide d'une tige de fer le mécanisme d'ouverture de la porte.
    - Chimique : individu louche.
    - Chiquer : mentir, nier. Il existe un PV de chique, procès-verbal dans lequel les mensonges du suspect sont consignés.
    - Chouff : vient de l'arabe :
    01) - dans les cités la venue de policiers est signalée par des chouffs rémunérées à la journée plus rentable que le travail.
    02) - policier chargé de garder les véhicules lors de manifestations, de rassemblements.
    03) - planque, surveillance.
    - Ciat : commissariat. J'ai finit ma journée sur le bitume, je rentre au ciat.
    - Ciment : frais de justice. Dans cette affaire il aura fallu du ciment, on a becqueté le budget de l'année.
    - Cimenterie : fabrique (officine) de faux-papiers destinés à des truands en cavale et recherchés.
    - Cimetière des éléphants : surnom donné à "la Police des polices" car pendant un temps les fonctionnaires de police tombés en disgrâce y étaient mutés.
    - Cinq doigts six bagues : proxénète entretenu. Parasite.
    - Clandax : clandestin (clandos, clandés).
    - Claque (tête à) : noctambule qui visitait les maisons closes. (Voir claque dans section : argot)
    - Client : nom donné au malfrat, logique puisque les policiers font des affaires, du chiffre etc...
    - Clientèle : l'ensemble des clients traités par la Police. Cependant il existe plusieurs clientèles, la brigade des stups n'aura pas les mêmes clients que celui qui travaille à la crim, ou encore que celui qui travaille à la financière.
    - Coiffer : arrêter un individu.
    - Collante : il s'agit d'une convocation. A Paris les convocations utilisées par les policiers ont leurs rebords en partie "encollées" comme les timbres poste, qu'il faut humecter pour les cacheter .
    - Collet marseillais : - marseillais -, car infraction commise très souvent par des équipes venues de Marseille. La technique du - collet marseillais - consiste à bloquer une carte bancaire dans un distributeur en incitant le propriétaire à taper le mot de passe, puis à récupérer la carte une fois le propriétaire parti afin de l'utiliser à volonté. Divers moyens sont utilisés afin de bloquer la carte : un simple bout de carton plié glissé dans la fente du distributeur, un élément d'une cassette vidéo, ou encore un vrai - collet marseillais -, fabriqué avec un fil de fer et du sparadrap. (voir DABISTE)
    - Colmater : neutraliser un bandit avant son arrestation.
    - Colorier la nuit en bleu : actionner le gyrophare d'une voiture de police.
    - Commanche : commandant.
    - Commerçants : policiers en civil en planque dans voitures de type utilitaire.

    - Condé : Permission officieuse de faire quelquechose d'interdit (interdiction de séjour, de jeux, prostitution), autorisation quelconque, généralement en échange de renseignements (indicateur) ou autres (argent, sexe, etc.). La Mondaine délivrait des condés.
    - Confronte : confrontation.

    - Constates : diminutif de constatations. Je me presse, car je dois me rendre en urgence faire des constates sur le feu criminel commis à l'ambassade d'Iran.
    - Construction ou construc : écoute téléphonique.

    - Cousin : informateur. voir aussi tonton, ami...

    - C.R : commission rogatoire. il s'agit d'une délégation judiciaire généralement délivrée à un service de police par un Juge d'Instruction.
    - Crâne (faire un) : arrêter un malfrat, voir bâton, supra.
    - Crim'(la) : désigne la brigade criminelle.


    Ecusson de la Brigade Criminelle de Paris (Chardon)



    Cruchot : gendarme, pandore. Les policiers appellent souvent les gendarmes : cruchot. Cruchot vient du nom porté par Louis de Funès dans le célèbre film "Le gendarme de Saint Tropez". De leur côté les gendarmes appellent les policiers : les pieds-plats.




    - Cueillir : interpeller, arrêter.

    - Cuve : l'arrière du - soum -, l'endroit où l'on planque. (voir sous-marin, soum). On parle de cuve pour désigner l'ensemble du sous-marin car l'été celui-ci devient étouffant.
    - Cycliste(s) : policiers exerçant à vélo, aujourd'hui ils utilisent des VTT, hier ils utilisaient des bicyclettes fabriquées par la manufacture de Saint-Etienne dont la marque était - hirondelle -. (voir Hirondelle)
     
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    - Dabiste(s) : voleur(s) spécialisé(s) dans le vol des cartes bancaires au moment d'un retrait effectué par la victime.
    - DCD : Delta Charlie Delta, pour désigner une personne décédée.
    - Dérouiller : prendre une dérouille, dans le jargon de la brigade Criminelle de Paris, c'est être appelé sur les lieux d'un homicide, par conséquent prendre une affaire.
    - Déshabillé : gardien de la paix en tenue civile.
    - Détronché : reconnu. Ex : J'me suis fait détronché sur la filoche des montes-en-l'air, on a dû lever le dispo.
    - Dispo : apocope de dispositif.
    - Divis (prononcer diviz) : apocope de divisionnaire (commissaire divisionnaire).
    - Dom : domicile (habitat). Un chef de groupe à son équipe pourrait dire ce qui suit : Demain, les gars on va cueillir notre client à son dom.
    - Dos à dos (vol au) : il s'agit d'une expression pour parler d'une technique de vol. Le voleur agit le plus souvent au restaurant ou sur une terrasse de bistrot. il se trouve assis sur une chaise faisant dos à celle de sa future proie. Discrètement il glisse ses mains dans les vagues (poches) d'un vêtement, d'un sac posé sur le dossier du siège lui faisant alors dos.
    - Doublette : voiture faussement immatriculée avec les plaques minéralogiques d’un autre véhicule.
    - Doublure : être de doublure, jargon de la Crim', c'est être de permanence.

    - Doulos : informateur (voir cousin, tonton...).



     
     
     
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    - Enquilleuse : désigne une voleuse qui glisse le produit de son vol entre ses cuisses (quilles).

    - Epingles : menottes.

    - Escroquerie à la Nigériane : voir Scam. Voir aussi Arcat dans la section argot.Ce type d'arnaque fonctionne grâce à des mises en scène personnalisées à l'appui desquelles des acteurs fiables (notaire, mandataire, diplomate, etc.) remettent des documents officiels (chèques bancaires, certificats, etc.). Pour crédibiliser le scénario, les fraudeurs utilisent aussi de faux sites bancaires, des coordonnées usurpées d'avocats, etc. Les messages émanent tous de l'ex femme de, du fils de, etc. d'une personne soi-disant fortunée qui vient de mourir ou qui en prison. Les personnes qui vous contactent sont toutes en possession d'une importante somme d'argent (ou de diamants, d'or, etc.) qui est stockée quelque part et qui n'attend que vous pour être débloquée. Les escrocs exploitent jusque dans leurs plus extrêmes recoins les limites de la naïveté de leurs proies, tout en titillant leur cupidité.
    Exemple réel : un habitant de Dijon reçoit ce type de mail. Appâté par la promesse de toucher un héritage de 3,5 millions de dollars, la personne mord à l'hameçon et répond. C'est là que les deux escrocs rentrent en action. La victime a reçu un second mail envoyé par une personne habitant Paris qui se faisait passer pour le gestionnaire de la fortune du défunt. Elle lui réclamait 10.500 euros pour pouvoir débloquer les fonds.

    - E.S.I : jargon, essentiellement, des policiers de la PAF. Etranger en Situation Irrégulière, désigne une personne dépourvue de titre (visa, passeport...) ou en possession de titre non valide (périmé, falsifié, contrefait) lui permettant de séjourner sur le territoire national.

    - Etat 4001 : outil statistique, répertoriant sous forme de code les infractions commises. Cet état révèle l'activité policière.
     
    - Evêché (l') : hôtel de police de Marseille.

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    - Fadet : FActure DETaillée. Détail des trafics à partir d'un numéro d'appel téléphonique. Ex : Bon alors, as-tu réussi à éplucher la fadet, du julot d'la rue d'aboukir.
    - Faire la guérite : assurer une garde statique. Voir plante verte, pot de fleur.
    - Filoche : filature.
    - Filocher : effectuer une filature.
    - Filocheur : c'est le policier qui effectue une filature.
    - Fluv (la) : brigade fluviale de Paris. Les fonctionnaires affectés à cette unité sont appelés les Saints Bernard.

    - Frotteur : il s'agit du pervers sexuel qui, dans les transports en commun bondés tel que le métro, se frotte aux femmes.




     
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    - Gagneuses : 01)- Prostituées. 02)- Machines à sous installées illégalement dans les bars, par exemple : le Bingo.
    - Gardien de la Paix : policier exerçant le plus souvent en tenue. Il fait partie du corps d'encadrement et d'application de la Police Nationale, l'un des trois principaux corps de la Police avec les Officiers (ex corps des inspecteurs) et les Commissaires. C'est en 1829 que fut créé ce corps d'élite qui conquit tout de suite la sympathie de la population parisienne.

    - G.A.V : Gardé à vue, désigne la personne faisant l'objet d'une mesure de garde à vue (GAV). Faites sortir le GAV de sa cellule, son bavard vient d'arriver, pour l'entretien.
    - Gazeuse : bombe lacrymogène.
    - Geignard : nom donné aux plaignants se présentant dans les commissariats afin de déposer plainte.
    - Go-Fast : aller vite en français. Il s'agit de passeurs, de drogues, à grande vitesse. Les passeurs utilisent soit des voitures ou des bateaux à grande vitesse pour transporter le cannabis venant du Maroc. Aller plus loin.
    - Gomme à effacer le sourire : matraque.
    - Gourmettes : menottes.
    - Grande Maison : la Police Nationale dans son ensemble.
    - Grandes Oreilles : les Renseignements Généraux.
    - Grand-Père : surnom donné au chef de la PJ Parisienne.

    - Gratter : 01)- verbaliser un contrevenant le plus généralement au Code de la Route. Ex : Depuis la mort de cyclistes à Paris, les vélib' qui ne respectent pas les règles du code de la route se font gratter sans indulgence.
    02)- en matière d'enquête judiciaire il s'agit de chercher, fouiller afin de résoudre une affaire.
    Ex : Les gars dans cette affaire de braquage y'a de quoi gratter, donc y va falloir me la sortir.

    - Grenouiller : se rendre dans un secteur déterminé pour y glaner des informations, ou même localiser un suspect.



     
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    - Hameçonnage : (voir aussi phising). La méthode consiste à envoyer un courriel non sollicité (spam) en se faisant passer pour une banque ou une société connue. Le destinataire est invité dans ce message à cliquer sur un lien qui le renvoie sur un site, copie conforme ou presque du site officiel, par exemple celui d'une banque. Là, on lui demande de saisir ses coordonnées bancaires…

     - Hirondelle : nom donné aux policiers qui circulaient à vélo au début du XX ème siècle. Ce nom semble provenir de la marque de vélo utilisé - l'hirondelle - ou alors de la pèlerine qu'ils portaient.

    - Home-Jacking : consiste pour des malfaiteurs à menacer ou agresser les occupants de leur maison pour se faire remettre les clés et les papiers de leur voiture.

     
     
    - Homme de paille : prête nom dans une affaire illégale.






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    - I.J : Identité Judiciaire. On se rend sur les lieux d'un cambriolage, tu nous enverras les gars d'l'IJ pour les constates.
     

    - I.P.M : Ivresse Publique et Manifeste. Cette nuit on a ramassé un paquet d'IPM.
     
    - I.P.P.P : se prononce I.3.P. Appellation donnée, par les policiers parisiens, aux personnes relevant de la psychiatrie, et qui sont internées à l'Infirmerie Psychiatrique de la Préfecture de Police.
     
    - Islamo (s) : Islamiste(s) radical (aux).
     

    - ITT : Incapacité Totale de Travail. Il s'agit de la durée de la période pendant laquelle la victime de violences ne peut remplir la totalité des fonctions basiques normales de la vie courante du fait de son état : habillement, déplacement, toilettes...
    Evaluée sur réquisition des policiers par des experts de l'unité médico-judiciaire à Paris, l’ITT -pénale- sert ainsi à déterminer la gravité d’une infraction et les sanctions encourues. Elle est à distinguer de l’ITT -civile -, matérialisée chez le salarié par le certificat d’arrêt de travail.
     
    - IVP : Interdit de Voie Publique, se dit pour un policier qui pour blessure ou autre problème ne peut plus exercer ses fonctions sur le terrain. Depuis son accident, le collègue est IVP, et il le vit mal.
     




     
     
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    - Jaffe : les repas annuels de la Crim' et de la Mondaine à Paris. Ces jaffes étaient célèbres.

     - Jonction : formulaire de demande de congés.

     - Julot-casse-croûte : Proxénète sans envergure. Gagne petit.





     
     
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    - Ligne percée : ligne téléphonique sous écoute.


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    - Main : voleur à la tire, tireur. On vient de faire, en flag, une belle main, qu'on filochait depuis des lustres.
    - Massenottes : menottes, du nom de son inventeur Albert Massenot qui était policier. Massenot les inventa en 1927.
    - Mettre le bleu : actionner le gyrophare.
    - Mettre du bleu dans la rue : mettre des agents en uniforme sur la voie publique.
    - Microter : dissimuler un microémetteur.

    - Mieux vaut une chaise à l'IGS qu'une table à l'IML: proverbe policier. mieux vaut être entendu par la police des polices (Inspection Générale des Services) qu'autopsié à la morgue (Institut Médico-Légal). Autrement dit, il vaut mieux faire une faute grave que de laisser sa peau sur une mission.
    - Mobillards (les) : vient de l'époque des premières brigades mobiles (brigades du tigre) qui sillonnaient le pays dans des Panhards ou des de Dion Bouton.
    - Monter sur un coup : prendre part à un fait criminel plus ou moins planifié.
    - Monte-en-l'air : voleur par escalade. Exemple de monte-en-l'air, celui qui se sert des gouttières pour se hisser dans les appartements qu'ils visitent. Jehan-Rictus a consacré un poème, aux montes-en-l'air.

    - Mordre (se faire) : se faire repérer.

    - Moulin à café : hélicoptère de Police.
    - Moulin à vent : policier chargé de la circulation.

     - Mule : le terme mule s'applique aux passeurs de stupéfiant, qui traversent les frontières, en les transportant. Les mules ne savent pas toujours forcément qu'elles transportent des stupéfiants, parfois le produit est introduit dans leurs bagages à leur insu. De nombreuses méthodes existent pour tenter de passer les produits en les camouflant des façons les plus diverses, la plus impressionnante étant celle où les produits sont transportés dans le système digestif (in copore). Les stupéfiants sont conditionnés en petits sacs étanches et ces petits sacs sont ensuite gobés par la mule. Il arrive régulièrement qu'un des sacs se rompt sous l'effet des sucs gastriques ou du fait d'un emballage défectueux, entrainant la mort de la mule par overdose.




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    - Nanard (un) : un dossier - dit pourri - qui de par sa nature (sans intérêt) ne sortira (voir sortir une affaire) pas.

    - Nourrice : désigne la personne qui fait du - gardiennage - de drogue pour un tiers.
    - Note blanche : Voir aussi blanc.
    - Nuiteux : policier travaillant la nuit.



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    - O.D. : Overdose. Ex : Cela devait arriver, le tapin du boulevard Bessières est mort d'une O.D.
    - OPJ : Officier de Police Judiciaire.
    - OPJiste : désigne les policiers ayant la qualification d'OPJ, dont les prérogatives sont prévues par l'article 16 du Code de Procédure Pénale.





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    - P4 : est un registre de gestion du personnel.

     - Panier à salade : fourgon de police. L'expression date de 1827. La caisse du fourgon de police utilisé pour le transport des détenus était, à l'origine, en osier très épais. A la même époque, le panier à salade utilisé par les familles était lui aussi en vannerie. D'où la métaphore, née de la double analogie d'aspect et de comportement (les secousses dues aux routes pavées de l'époque.

     
     
     
    - Papillon : avis de contravention.
    - Patron : Chef de service. Commissaire. Ex : Les policiers parfois lorsqu'ils saluent leur chef de service disent : Bonjour, Patron !
    - Passer au tourniquet : être convoqué en conseil de discipline. voir aussi tapis vert, trapèze.
    - Pavé (faire le) : faire la circulation.
    - PéJiste : désigne ensemble des policiers dont l'activité principale est la PJ.

    - Pékin : quidam non policier.
    - Pelure : tenue d'uniforme. Ex : Il était temps que la boîte renouvelle nos pelures, les anciennes dataient des années 80.
    - Perceur : voleur spécialisé dans l'effraction des coffres.
    - Pervenche : contractuelle.
    - Petits Porteurs : voir bouletteux.

    - Phising : (voir hameçonnage). La méthode consiste à envoyer un courriel non sollicité (spam) en se faisant passer pour une banque ou une société connue. Le destinataire est invité dans ce message à cliquer sur un lien qui le renvoie sur un site, copie conforme ou presque du site officiel, par exemple celui d'une banque. Là, on lui demande de saisir ses coordonnées bancaires…

    - Piano : outil de prise d'empreintes digitales.
    - " (passer au) : se faire relever les empreintes digitales.
    - " (jouer du) : s'est l'action de relever les empreintes digitales.

    - Piège à putains : brigade mondaine.
    - Piéton : ilôtier. Agent en uniforme.

    - Picard : rien à voir avec les habitants de Picardie, mais directement inspiré des magasins de produits surgelés. Parmi les nombreuses découvertes de cadavres qui émaillent la carrière d’un policier, un - picard - est un sans-abri retrouvé mort … de froid.
     - Pic-vert (le) : surnom donné aux jeunes appelés du contingent faisant leur service national dans la Police, en allusion aux épaulettes vertes qu'ils portaient sur leur uniforme.

    - Pinces, Pincettes : menottes.
    - Plante verte : policier assurant les gardes statiques de bâtiments officiels.

    - Plastron : figurant dans une présentation à victime. voir tapissage.
    - Plomber : Mettre en place une protection, en général sur un logiciel. jargon des policiers luttant contre les fraudes aux nouvelles technologies (ex : BEFTI).

    - Pointe : viol.
    - Pointeur : violeur.

    - Police des Polices : Boeuf-carotte, policier affecté à l'IGS (Inspection Générale des Services) ou à l'IGPN (Inspection Générale de la Police nationale).

    - Polprox : police de proximité. Hier, c'était l'ilotâge, aujourd'hui on parle des Uteq (unités territoriales de quartier). Demain, la police municipale s'y consacrera, vraisemblablement.

    - Porte-à-porte (faire du) : procéder à une enquête de voisinage. Dans cette affaire tête de lard, le porte-à-porte nous a permis de prendre pas mal de rens.
    - Portrait-robot : portrait synthétique, d'un délinquant, établi à partir de témoignages. Ce n’est que dans les années cinquante (1950) que le portrait-robot apparaît véritablement avec la méthode élaborée par le commissaire Chabot du Service Régional de la Police Judiciaire (SRPJ) de Lyon. Les policiers parisiens ont été amenés à utiliser le système - Identity-kit -, créé par l’Américain Hugh Mac Donald.
    Amusez-vous à faire vous même un portrait-robot.






    - Poser un ticket : prendre un arrêt maladie.
    - Pot de fleur (faire le) : assurer une garde statique.

    - Poussettes : faire circuler (propager) de fausses rumeurs.

    - Procédurier : policier faisant de la procédure pénale. Dans le jargon de la Crim', il est le maillon essentiel d'un groupe d'enquête car c'est lui qui veillera à la précision et à la cohérence de tous les écrits qui composeront l'ensemble de la procédure pénale, diligentée dans sa phase policière, bien entendu.

    - Prune : contravention.
    - PS : Police-Secours. Ex : Envoyez une PS, urgemment, boulevard des Invalides, car il vient de se produire un AVP avec des blessés graves.

    - PV à la volée : contravention dressée à l'encontre d'un contrevenant au Code de la Route sans que ce dernier se fasse arrêter au moment de la commission des faits. Pratique légale.



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    - Queue de CR : fin d’un dossier en commission rogatoire sans intérêt.


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    - Raclette : Nom donné au Brigadier chargé de contrôler les gardiens de la paix à leur poste.
     
    - Radio PP : la PP étant la Préfecture de Police. Il s'agit d'une expression de policiers parisiens, pour évoquer les bruits, ragots colportés par les policiers et, concernant principalement les policiers eux-même. T'as vu le taulier de - tel service - est convoqué chez les boeufs. De qui tu tiens ça ? Radio PP !

    - Ravageurs : surnom donné aux braconniers et aux petits délinquants opérant sur les rives de la Seine. Jargon de la brigade fluviale.

    - Rebecqueter : remonter, identifier un auteur d'infraction. Ex : Comment qu'vous l'avez rebecté ce cinq doigts six bagues ?
    - Religion du chiffre : culture du résultat. (voir faire du chiffre, bâtonnite..)

    - Rens : apocope de renseignement. Ex : Les gars si on veut sortir cette affaire, il faut aller aux rens.

    - Ripeur : dernier arrivé le moins gradé dans un groupe d'enquête.

    - Rongeur : compteur d'un taxi, parcmètre.

    - Roulottier : voleur qui dévalise les voitures. On par le de vol à la roulotte.

    - Roupane : La tenue, pour parler des policiers en tenue, les policiers exerçant en civil désignent souvent leurs collègues ainsi. Ex : Tiens, les collègues d'la roupane, ont ramassé du macchabé dans la Seine.
     
    - Rubalise : ruban en matière plastique servant à baliser, à délimiter un lieu interdit d'accès, momentanément, au public. Ex : une scène de crime, le lieu d'un incendie...etc.

    - Rusier(s) : voleur(s) à la ruse. Ex : On vient de serrer un rusier, qui s'attaquait aux mamies alors qu'il se faisait passer pour plombier.




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    - Saint Martin : patron des policiers, pour en savoir plus rendez-vous sur le site - police et humanisme - .






    - Sarkomètre : lorsqu'il était ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy a souhaité pouvoir établir un bilan chiffré de l'action policière. Ce bilan est ainsi baptisé SARKOMETRE.

    - Saucissonnage : agression commise par les auteurs d'un cambriolage particulièrement violent durant lequel les agresseurs pénètrent dans une maison et ligotent leurs victimes pour être tranquilles et leur faire dire où se trouve le magot.

    - Saute-dessus (faire du) : faire du flagrant délit, rechercher le délit flagrant pour un policier.
    - Saute-dessus (les) : surnom donné aux policiers appartenant à la BAC, dont la mission principale est de constater le flagrant-délit (flag).

    - Scam (le) : est un courrier d'un inconnu vous proposant une transaction financière, vous pouvez être sûr que c'est une arnaque. L'inconnu vous parle d'une importante somme (héritage, pot-de-vin, comptes tombés en déshérence, fonds à placer à l'étranger, etc.) et demande votre aide pour son transfert, en échange de quoi il vous offre un pourcentage sur la somme. Il finira par vous demander de lui envoyer une avance ou des frais quelconques (notaires, entreprises de sécurité, pots-de-vin...) Vous ne reverrez jamais votre argent. Voir escroquerie à la Nigériane. Visiter le knol consacré au Scam.


    - Scam à la romance : ce type d'escroquerie s'exerce sur les sites de rencontre et consiste, après avoir noué une relation à distance, à soutirer au correspondant de fortes somme d'argent sous prétexte par exemple de billets d'avion à avancer ou de soins urgents pour un membre de sa famille.

    - Schtroumpf : Surnom donné à un syndicat des Commissaires de police en raison de son sigle imprononçable, le SCHFPN.
     
    - Sortir (une affaire) : élucider une enquête.
     
    - Sortir du SGAP : le SGAP est le secrétariat à l'administration de la Police, les policiers s'y rendent pour y retirer les effets de leur tenue, pour régler des problèmes d'ordre administratif etc. Un SGAP recouvre une région administrative c'est à dire plusieurs départements pour exemple le SGAP de Paris est compétent pour la capitale et les trois départements de la petite couronne (92,93 et 94). Quand les policiers échangent des informations, ragots concernant d'autres policiers et qui ne devraient pas être ébruités, ils disent : cela ne sortira pas du SGAP, il faut comprendre que ces bruits et ragots vont se répandre même au-delà, et que tout le monde policier va finir part en entendre parler.
     
    - Sous-marin : on dit soum aussi. Il désigne un véhicule banalisé permettant de faire des surveillances. Voir aussi cuve.

    - Source : informateur aux RG (voir agent).
     
    - Speedy Gonzales : surnom donné, par les policiers, à Nicolas Sarkozy lorsque ce dernier était Ministre de l'Intérieur.
     
    - Surprenante (à la) : Avec surprise. Bon, les gars, cette fois les arracheurs on va s'les faire à la surprenante.



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    - T.A : Timbre-Amende, contravention.

    - Tamponné (être) : c'est-à-dire - recruté - dans le jargon des services de renseignements.

    - Tapissage : présentation d'un suspect à une victime, parmi un groupe d'individus. Placée derrière une vitre sans tain, la victime se voit présenter des individus parmi lesquels se trouve le ou les suspects. Pour ne pas l'influencer, tous portent un numéro et ont des caractéristiques physiques et vestimentaires similaires au suspect (les plastrons ou figurants sont parfois des policiers). A noter que ce dernier a la possibilité de choisir le numéro qu'il porte et sa place dans le groupe.


    - Tapis vert : conseil de discipline. voir aussi, passer au tourniquet, au trapèze.
    - Taulier : Commissaire. Les policiers emploient ce terme entre eux pour désigner leur chef de service. (voir aussi Patron).
    - Téléphone-Balourd : ligne téléphonique ouverte à un faux nom.

    - Terrassier : malfaiteur spécialisé dans le vol aux terrasses de cafés.
    - T.G : Télégramme. Document rédigé avec un certain formalisme pour être diffusé dans les services. - T.H.P : Tireur Haute Précision comprendre tireur d'élite que l'on retrouve au sein notamment des membres des GIPN et du RAID.
    - Tireur : voleur à la tire qui vole dans les poches.
    - Tombées de camions : il s'agit de l'expression utilisée pour parler des marchandises dérobées lors de leur transport par camions. Ex : un camion est stationné sur une aire d'autoroute pour la nuit, les voleurs lacèrent les bâches de la remorque, chargée, pour en extraire la marchandise convoitée.
    Selon un rapport d'EUROPOL la France se situait très « honorablement » au 5ème rang des pertes sur « tombées de camions » en 2007 avec un score de 18 647 euros de perte par milliard de PIB, derrière les Pays-bas, le Luxembourg et la Belgique, sans doute handicapés par la densité de leur réseau routier et leur position centrale dans le trafic routier de marchandises.


    - Tonton : informateur. Voir aussi cousin, ami. Dans le jargon des douanes on parle d'aviseur.
    - Tontonner : se dit d'un indic qui distille des infos à la police. Ex : V'la que les tapins s'mettent à nous tontonner des infos de première bourre ! On n'a plus qu'à aller sauter le gars Morales au petit jour.
    - Trapèze : conseil de discipline.
    - Trente-six (le 36) : désigne le 36, quai des Orfèvres à Paris où est installée la célèbre brigade criminelle

    - Tricoche (la) : pour un policier, c'est le fait de communiquer des infos à caractère confidentiel à quelqu'un d'étranger à son administration.
    Ex : beaucoup d'anciens policiers, gendarmes ou membres des services de renseignements intègrent des sociétés de sécurité privée, de détectives privés, ou d'intelligence économique.

    Une fois passés dans le privé, un certain nombre d'entre eux contactent leurs anciens collègues qui sont encore dans la maison pour leur demander de l'aide, ce qui est puni par la loi.

    Il s'agit aussi pour des policiers hors-service de faire des petits extras afin d'arrondir les fins de mois.

     - Trique : matraque.
     
     
    - T.S : Tentative de Suicide.



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    - VD : Vérification de domicile. Vérifier l'adresse de quelqu'un.
    - Ventilateur : Policier chargé de la circulation.
    - Vishing : Le vishing est l'utilisation de la technologie VoIP (voix sur IP) dans le but de tromper quelqu'un en lui faisant divulguer des informations à caractère personnelle et/ou financière. Face à la méfiance des internautes quant au phishing, les fraudeurs s'attaquent maintenant aux personnes par l'entremise du vishing appelé aussi hameçonnage vocal.

    Ils existent deux manières d'opérer :

    • La première : Un automate téléphonique est utilisé pour contacter les victimes potentielles en composant au hasard des numéros de téléphone fixe dans une région géographique déterminée.Lorsque la victime potentielle décroche, un message pré-enregistré supposé provenir de sa banque la prévient que des opérations inhabituelles ont été récemment effectuées sur son compte bancaire. Elle est par la suite invitée à composer un numéro de téléphone généralement surtaxé pour vérifier la situation de ce dernier. Ce numéro correspond à une boîte vocale, un message demande alors à la victime de fournir ses identifiants bancaires. Ces informations pourront ensuite être utilisées pour effectuer des achats frauduleux sur Internet.
    • La seconde : Une personne appelle une victime potentielle en se faisant passer pour quelqu'un du service de sécurité Visa, Master-Card ou simplement de son établissement bancaire. Elle lui signale que sa carte de crédit a été utilisée pour un achat plus que douteux et lui demande si elle est à l'origine de cette opération. Sa réponse étant négative, elle lui attribue un numéro de contrat de fraude, donnant ainsi à l'appel un aspect réaliste, puis lui demande de communiquer les coordonnées de sa carte bancaire afin de vérifier qu'elle est toujours en sa possession. Une fois la conversation terminée, la personne ajoute n'hésitez pas à nous rappeler si vous avez d'autres questions et raccroche.

     

    - VMA : Vol à Main Armé.


    - Voiture dite - ouvreuse - : elle a pour mission de repérer toute présence policière et, plusieurs kilomètres derrière se trouve le véhicule - mulet - chargé de la drogue. Ce convoi dispose parfois, pour fermer la marche, d'une voiture qui peut récupérer en cas de pépin les occupants des autres véhicules. Les voitures du convoi communiquent entre elles à l'aide de téléphones portables qui servent pour une seule remontée de drogue. (voir go-fast).


    - Voituriers de Lutèce : Dès le milieu du XVIIIe siècle, les embarras de Paris sont légendaires. Cependant, il faut attendre un arrêté de 1828 pour voir apparaître les premiers agents spécialement affectés à la circulation et la création du Service des Voitures surnommé les voituriers de Lutèce.


    - Vol (l'infraction de) : il s'agit de l'infraction la plus commise et avec tant d'ingéniosité dans sa mise en oeuvre; que l'on comprendra pourquoi il y a autant d'expressions pour l'évoquer.

    A la ballade : escroquerie.
    A l’abecquage
    : commis dans la maison où l’on s’est fait engager comme domestique.
    A la carre : par escamotage.
    A la carouble
    : avec usage de fausse clé.
    A la chinoise : déplacer peu à peu un objet et, à défaut de réaction, le subtiliser finalement.
    A la cire : coller l’argenterie sous la table du restaurant pour qu’elle soit récupérée ultérieurement par un complice.
    A la double
     : en coupant la doublure d’un vêtement (syn. : à la saccagne).
    A l’américaine
    : la victime, ayant accepté de participer à une opération malhonnête, ne peut plus déposer plainte lorsqu’elle découvre avoir été grugée.
    A la détourne : commis en détournant l’attention de la victime.
    A la fausse qualité
    : le fait de voler chez les gens en se faisant passer pour policier, agent EDF ou autre.
    A la fourchette : vol à la tire en plongeant deux doigts dans la poche.
    A la glu : avec un bâton enduit dans les troncs d’églises.
    A la machinette
    : par un employé de magasin avec des complices à l’extérieur.
    A la masse : en cassant la devanture d’un commerce. 
    A la pipette
    : aspiration du carburant dans le réservoir.
    A la portière
    : ouvrir la portière d’un véhicule arrêté au feu rouge et s’enfuir après avoir dérobé un sac (voir : vol à l'Italienne).
    A la poussette
    : heurter légèrement l’arrière d’un véhicule (touchette) et s’en emparer lorsque le conducteur est sorti constater les dégâts.
    A la rencontre : variété de vol à la tire pratiqué par deux compères.
    A l’arraché : objet enlevé brutalement des mains de son propriétaire. (syn. : arrachage, vol à l’abordage).
    A la roulotte : à l’intérieur d’un véhicule en stationnement (roulottier). 
    A la tache
     : subtiliser un portefeuille en prétendant essuyer une tache sur le vêtement. 
    A la tire
    : extractions d’objets ou portefeuilles sur les passants dans la foule (tireur). 
    A
     l’écornage : vol à l’étalage par bris de vitrine.
    A l’endormage : voir au poivrier.
    A l’entôlage
    : par une prostituée au préjudice de son client (syn. : faire l’édredon).
    A l’esquinte : vol par effraction.
    A l’étalage
     : se servir gratuitement chez les commerçants (étalagiste).
    A l’italienne : ancienne appellation du vol à la portière (pour ne plus vexer nos voisins transalpins).
    A main armée : sous la menace d’une arme (braqueur).
    Au bélier
    : en défonçant la vitrine à l’aide d’un véhicule volé.
    Au bonjour : dans un hôtel où le voleur prétendra s’être trompé si la chambre est occupée (rat d’hôtel).
    Au dégonflage : en remplaçant certains rembourrages par un matériau sans valeur.
    Au gogol : au préjudice de personnes débiles.
    Au poivrier : pratiqué à l’aide de substances narcotiques plongées dans le verre de la victime (endormeur).
    Au radin : pratiqué par un enfant caché sous le comptoir.
    Au rendez-moi : vol d’argent sur le rendu de la monnaie.
    Par effraction
    : toutes sortes de vols commis en fracturant les accès.
    Par escalade
    : par un monte-en-l’air en grimpant aux fenêtres et balcons (escaladeur).
    Par ruse : astucieux, sans violences.
    Par salarié
    : commis au détriment de l’employeur.


    - Voleur de son : spécialiste des écoutes téléphoniques. Jargon barbouze.


    - VP : Voie publique.






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    - Wash-Wash : ou escroquerie aux billets noircis. Scénario : «Dans un bar, une personne m'a accosté pour me proposer une affaire très intéressante. Elle disposait d'une mallette pleine de billets tachés d'encre noire. Elle m'a montré, avec un peu de produit (le wash-wash), comment les traiter et de vrais billets sont apparus, dont elle m'a fait cadeau. Elle m'a proposé la moitié des billets de la mallette à condition d'avancer l'argent pour acheter le produit, trop cher pour elle seule. Convaincu, j'ai accepté. J'ai donc versé une première somme d'argent pour acheter à l'étranger ce produit nettoyant, puis une seconde pour débloquer le produit à la douane. Quatre versements plus tard, je me suis rendu compte de l'escroquerie dont j'avais été victime».
    Pour plus d'infos sur le sujet rendez-vous sur le site du Ministère de l'intérieur.

    - Whitening : utilisation de crèmes de soin pour blanchir la peau. le whitening est très prisé des femmes originaires d'Afrique. Ces pseudos produits de beauté sont interdits en France, car contenant, en autre, des substances cancérigènes tel que l'hydroquinone.


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    - Yescard : littéralement - carte qui dit oui - il s'agit de contrefaçon de cartes bancaires permettant une utilisation avec n'importe quel numéro de code.




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    - Zombie : policier infiltré, « undercover ».
    - Zonzs : écoutes téléphoniques.
    - Zonzon : 01) prison. 02) écoute téléphonique.
    - Zozors : les RG. voir aussi grandes oreilles.






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    Références et Sources

    - Apocope (nom féminin) : Retranchement d'une lettre, d'une ou de plusieurs syllabes à la fin d'un mot.

    - Revue Liaison : HORS-SÉRIE Mai 68 - mai 2008

    - revue Liaison parution de la Préfecture de Police.

    - PPrama

    - condé coude ; condé (avoir un -) ; condé (avoir le -) ; condé (lever le -) ; condé de briques Permission officieuse de faire qqchose d'interdit (interdiction de séjour, de jeux, prostitution), autorisation qqconque, généralement en échange de renseignements (indicateur) ou autres (argent, sexe, etc.) ; rien à craindre, pouvoir agir, faveur 1 Lever le condé, c'était avoir l'autorisation de la préfecture. - 1932 [1882-1883] 2 ce n'était pas ainsi quand celui qui levait le condé n'avait guère plus d'argent que les gagistes - 1932 [1882-1883] 3 n'abandonnent pas leurs frères de voyage qui ont besoin du condé encore. - 1932 [1882-1883] 4 [la police] ne sévit plus contre la fille cartée : elle a passé le plus souvent avec celle-ci une sorte de compromis, de pacte, qu'on appelle le 'condé' - 1952 [1945] 5 Ce pacte, 'le condé' garantit ainsi à la fille une activité 'ordonnée et bien réglée' - 1952 [1945] 6 j'avais devant moi 'François la bagnole', interdit de séjour, qui venait me demander un 'condé' - 1955 7 J'ai un condé 'propre', ça m'en coûte 'd'aller au refile' tous les mois, mais j'y gagne tout de même - 1955 8 Notre homme qui voulait rester à Paris demandait un 'condé' en échange du concours qu'il nous promettait - 1955 9 Le grand 'condé' du règne Chiappe était le don à la Maison des Gardiens de la Paix, proportionné à l'importance des délits ou des crimes - 1947 10 Le 'condé', c'est l'autorisation, le feu vert, accordé à une professionnelle qui peut racoler ouvertement, sans risquer d'être ramassée continuellement par les 'bourgeois' de l'arrondissement - 1972 11 Mais le 'condé' ne s'obtient pas facilement. Pour l'avoir, et figurer sur la liste confidentielle renouvelée mensuellement et que tout 'bourgeois' possède, il faut lâcher du lest, donner des renseignements à la P.J. - 1972 12 Le temps des ports d'armes, des ordres de mission, des coupe-file. Ces fameux 'condés' leur ouvraient toutes les portes - 1973 13 Il lui obtient un condé pour la nuit - 1969 14 Ils...
    Source : site langue.francaise

    - Héritière du service de la Sûreté, «la crim» a été créée par décret du 29 juin 1912. Mais elle n'était alors que la première section d'une vaste brigade qui comptait plus de trois cents policiers. La deuxième section était chargée de réprimer les vols et la troisième section s'occupait des escroqueries, abus de confiance, fausse monnaie... Son acte de naissance officiel remonte au 1er décembre 1924. «La crim» s'appelait alors Brigade Spéciale n°1, mais elle occupait déjà les locaux qui sont aujourd'hui les siens : les 3ème et 4ème étages, escalier A, au 36 quai des Orfèvres. Une adresse mythique qui a fait rêver des générations d'écrivains et de cinéastes. D'ailleurs, un film célèbre avec Louis Jouvet, dans le rôle d'un vieil inspecteur principal près de la retraite, porte le titre de 36 quai des Orfèvres. Mais c'est Georges Simenon qui a rendu célèbre le 36 quai des Orfèvres en 1930. A l'époque journaliste de faits divers à L'Intransigeant, il lui arrivait fréquemment de gravir les 148 marches recouvertes d'un antique linoléum noir menant aux bureaux de «la crim». Le patron de la brigade s'appelait alors M. Nicolle et fumait la pipe. Simenon, qui menait de front une carrière de journaliste et de romancier, cherchait un personnage de roman policier. M. Nicolle devint, sans le savoir, le modèle du commissaire Maigret. «Le personnage du commissaire Maigret constitue d'ailleurs le plus grand faux de l'histoire de la brigade», raconte le doyen d'âge de «la crim», Maurice Gouny. «Le commissaire Maigret est un homme seul, alors qu'à "la crim", il n'y a que le travail d'équipe qui compte». Il n'empêche que Simenon a immortalisé cette brigade dont, bizarrement, sans qu'il y eût un rapport avec le personnage de Maigret, de nombreux patrons ont été des fumeurs de pipe. Revue Liaison - parution de la Préfecture de Police

    - Les "hirondelles" étaient apparues à la fin du XIXè s., vêtues de leur célèbre pèlerine et équipées du sabre réglementaire fixé au cadre du vélo. Dans les années 50, 2 819 agents cyclistes sillonnaient Paris et 2 844 la banlieue. En 1981, ils n’étaient plus qu’une centaine et les "hirondelles" désertaient définitivement les rues parisiennes en 1984, remplacées par les agents en cyclomoteurs. Source : Revue Civique n°68 - Mai 1997

    - Amicale-Police-Patrimoine

     
    - Images : panier à salade, gardien de la paix : le petit Journal illustré, photo quai des Orfèvres : le figaro.fr

    - Section Jargon : Mes notes. Les notes de Philippe Normand (que je remercie vivement, qui d'ailleurs cherche un éditeur), retraité de la Grande Maison, de Lagom du 36, de Sam ancien de la BRI et de la fleur de la PP.

    - revue Civique parution du Ministère de l'Intérieur.
    - revue Liaison parution de la Préfecture de Police.
    - 100 ans de police Judiciaire - éditions Michel lafon (
    www.michel-lafon.com)
    - Histoire et Dictionnaire de la Police - éditions
    Robert Laffont.

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    Histoire et origine de L'Arbre de Noël

     

    Entre 2000 et 1200 avant JC, on parlait déjà d'un arbre (L'épicéa, arbre de l'enfantement), le jour du 24 décembre, puisqu'on considérait ce jour comme la renaissance du soleil. Les celtes avaient adopté un calendrier basé sur les cycles lunaires. A chaque mois lunaire était associé un arbre, l'épicéa fut celui du 24 décembre. Pour le rite païen du solstice d'hiver, un arbre symbole de vie était décoré avec des fruits, des fleurs et du blé.

    En 354, l'Eglise institue la célébration de la naissance du Christ, le 25 décembre, pour rivaliser avec cette fête païenne. Initialement la célébration de Noël se résumait à la messe de la nativité.

    • Saint Boniface

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    • On raconte qu'un moine évangélisateur Allemand de la fin du VIIe siècle, Saint Boniface (né en 680), voulait convaincre les druides germains, des environs de Geismar, que le chêne n'était pas un arbre sacré. Il en fit donc abattre un. "En tombant, l'arbre écrasa tout ce qui se trouvait sur son passage à l'exception d'un jeune sapin".

      A partir de là, la légende fait son oeuvre. Elle raconte que Saint Boniface a qualifié ce pur hasard de miracle, et déclaré dans sa même prédication : "Désormais, nous appellerons cet arbre, l'arbre de l'Enfant Jésus." Depuis, on plante en Allemagne de jeunes sapins pour célébrer la naissance du Christ.



    Au XIème siècle, l'arbre de noël, garni de pommes rouges, symbolisait l'arbre du paradis. C'est au XIIème siècle que la tradition du sapin est apparue en Europe, plus précisement en Alsace.

    On le mentionne pour la première fois comme "arbre de noël" en Alsace vers 1521. Au XIVème siècle, les décorations étaient composées de pommes, de confiseries et de petits gâteaux. A cette même époque, l'étoile au sommet de l'arbre, symbole de l'étoile de Bethleem commença à se répandre. Ce sont les protestants en 1560 qui développèrent la tradition du sapin de noël pour se démarquer des catholiques.

    Au XVIIème et XVIIIème siècle apparaissent les premiers sapins illuminés. On utilisait des coquilles de noix remplies d'huile à la surface desquelles des mêches flottaient ou des chandelles souples nouées autour des branches.

      

    • Marie Leczinska

    • C'est en 1738 que Marie Leszczynska, épouse de Louis XV, roi de France, aurait installé un sapin de noël dans le château de Versailles.

      On trouva par la suite de plus en plus d'arbres de Noël particulièrement en Alsace-Lorraine, où existait déjà la tradition du sapin. 

       
    • Gravure

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    • En 1837, la duchesse d'Orléans Hélène de Mecklembourg, d'origine Allemande, fit décorer un sapin aux Tuileries. 
       
    • Cette tradition se généralisa après la guerre de 1870 dans tout le pays grâce aux immigrés d'Alsace-Lorraine qui firent largement connaître la tradition de l' arbre de Noël aux Français.
       
    • C'est à cette période que le pays entier adopta cette tradition.


    Depuis la tradition perdure au grand bonheur des petits et des grands.

     

     

     http://www.noel-vert.com/histoire-sapin-noel.php

     

     

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     Un stylo plume...C'est quoi?




    *Entrée en matières
     
    Au commencement , il y a 130 ans les stylos étaient fabriqués en ébonite. Ils se composaient habituellement de 5 pièces, en tout et pour tout. Un corps, une section, un conduit et un capuchon, tournés dans des barres d'ébonite, puis polis et souvent gravés lorsqu'elle était noire. Seule la plume était en or. La caractéristique commune à ces deux matières est leur remarquable résistance à la corrosion de l'encre. Si l'on trouve encore des stylos fabriqués en ébonite, il s'agit d'une production assez marginale, destinée aux collectionneurs.

    *L'ébonite

    L'ébonite est fabriquée à partir de caoutchouc vulcanisé. Elle était noire ou orange brûlé aux début de l'histoire du stylo. Très vite on mélange les deux teintes pour faire apparaître des motifs "mottled", "woodgrain" ou "ripple" selon la terminologie américaine en usage dans le monde des collectionneurs. L'ébonite est agréable en main. Elle offre un excellent échange thermique et semble chaude au contact des doigts. Bien polie, elle est douce au toucher. Il s'agit d'une matière légère, et les anciens stylos en ébonite surprennent souvent par leur masse très contenue. Au rang des défauts de l'ébonite, on note sa relative sensibilité aux coups (en particulier la lèvre de capuchon qui peut alors se fendre d'une micro-fissure) et sa tendance à devenir matte à l'air et à la lumière. Le polissage ne suffit souvent pas à lui rendre son aspect d'origine, en particulier s'agissant des ébonites noires qui deviennent brun mat. Il suffit en principe de limiter l'exposition à la lumière pour réduire les risques d'apparition d'un tel phénomène. On soulignera enfin que l'ébonite se reconnaît à l'odeur camphrée qu'elle dégage, en particulier lorsqu'on la frotte avec le doigt. Il s'agit d'un bon moyen pour distinguer l'ébonite du celluloïd.
    Testez, vous sentirez!






    *Le celluloïd

    Acétate de cellulose, ou nitrate de cellulose et camphre, cette matière arrive dans les manufactures de stylos au début des années 1920. C'est Sheaffer's qui en assurera une grande diffusion. La matière nouvelle permet des effets minéraux, perlescents, faisant des stylos qui recourent à cette matière de vrais bijoux. L'usage du celluloïd permet aussi aux fabricants de varier les formes et c'est Sheaffer's qui lancera la mode des stylos aérodynamiques avec le célèbre Balance dès 1929. Le celluloïd est en général tourné, alors que les stylos les moins chers font appel au rhodoïd, un celluloïd en feuilles, roulé en spirale pour former un tube et collé à l'acétone. Ces derniers on une propension à la déformation, en particulier sous l'action de la chaleur. Dans les années 1950 le celluloïd a été progressivement abandonné au profit des résines injectées. Le celluloïd est en effet hautement inflammable ce qui rend son travail délicat. Certaines couleurs sont aussi sensibles à la lumière et aux solvants de l'encre ou au camphre de la poche en caoutchouc et se décolorent volontiers, voire se cristallisent. Avec le développement des séries limitées, le celluloïd est réapparu dans le monde du stylo, et l'on trouve aujourd'hui des modèles dans cette matière.






    *Les résines modernes

    Elles ont remplacé progressivement les autres matériaux. Elles sont synthétiques et présentent plusieurs avantages, notamment dans le processus de fabrication des stylos. Ainsi, les résines sont moins inflammables que le celluloïd. Elles sont thermo-injectées ou moulées, ce qui permet de varier les formes. Grâce à un polissage soigné, elles atteignent un haut degré de brillance. Elles sont aussi en principe moins fragiles que l'ébonite ou le celluloïd et chimiquement plus stables. Elles sont donc moins sujettes à la déformation ou à la décoloration que le celluloïd. Si elles n'ont pas encore atteint la perfection esthétique de certains celluloïds, elles offrent de belles variations et une large palette de couleurs ou de perlescence. Il conviendrait d'ajouter à ces matières que l'on rencontre le plus souvent, d'autres matériaux "plastiques" tels que la galalithe, fabriquée à partir de caséine du lait, ou encore la bakélite, premier plastique de synthèse. Certains stylos recouraient à ces plastiques dans les années 1930 à 1940.


    *Le bois

    Autre matériau utilisé pour la fabrication des corps et capuchons: le bois. Naturel s'il en est, le bois est utilisé depuis assez peu de temps (années 1980) et les profanes prennent souvent les ébonites veinées pour du bois alors qu'aucun stylo ancien n'est fabriqué en bois (preuve de la qualité de l'imitation!) Le problème du bois, c'est sa stabilité dans le temps et en particulier du fait des variations de degré d'hygrométrie. Le phénomène de fissuration est d'autant plus risqué que les parois des stylos sont peu épaisses. Les fabricants se sont souvent tournés vers les essences exotiques ( ébène, olivier, palissandre de Rio, wengé, bois de rose snakewood, etc.) Il faut veiller à ne pas tacher le bois avec l'encre ou la sueur des doigts, et certaines maisons ont traité leur bois avant usage comme Faber-castell qui utilise des essences telles que le pernambouc, l'olivier, le cocotier, le grenadille.





    *La laque

    Les stylos sont laqués sur métal (en général du laiton) ou sur ébonite ( en particulier s'agissant des stylos japonais en laque urushi). La laque présente d'indéniables avantages esthétiques. Les laques industrielles des grandes maisons européennes sont en général brillantes et aux couleurs variées, alors que les laques japonaises sont souvent appliquées à la main, en tout cas s'agissant des modèles haut de gamme. Elles offrent alors une brillance incomparable, et une "épaisseur" permettant de créer des reliefs , ou d'inclure de la poudre d'or ou de nacre. Ce sont de véritables œuvres d'arts chez NAMIKI et SAILOR.







    *Les habillages

    Les stylos anciens étaient parfois rehaussés d'un habillage en or, en argent ou plaqué or, voire de panneaux de nacre. Un manchon, ajouré d'un motif art nouveau ou art déco ou simplement guilloché, venait revêtir un corps et un capuchon en ébonite. Ces modèles magnifiques et recherchés par les collectionneurs sont rares aujourd'hui. L'ébonite est parfois décolorée et ternie et l'argent se patine. Cette patine peut disparaitre temporairement en frottant le stylo avec un chiffon imbibé d'un produit destiné à l'entretien de l'argenterie.
    Voir le merveilleux travail de la maison anglaise YARD O LED.




    *Les matériaux technologiques

    Ces dernières années ont vu les fabricants s'intéresser aux matériaux dits technologiques, comme la céramique technique, le titane, les aciers modernes ou la fibre de carbone. Ces matériaux présentent en générale une grande solidité alliée à une impressionnante légèreté (titane ou fibre de carbone). L'offre s'est multipliée, même si elle est souvent réservée aux séries limitées. Le fabricant suisse Caran d'Ache utilise ces matériaux rares.





    *Les métaux précieux


    Certains stylos enfin sont en or, en argent massif ou plaqués sur laiton. L'or est sensible aux rayures, l'argent à l'oxydation. Ces stylos sont aussi à manier avec précaution afin d'éviter les chutes qui se traduisent souvent par des bosses sur le métal. Il convient de rappeler que l'or ou l'argent sont toujours estampillés et présentent en France un titrage de 18 carats (750/1000) ou 14 carats (525/1000) pour l'or, 950/1000 pour l'argent.



    *Les matières de la plume

    Si l'on évoque l'or...Il devient incontournable de parler de la plume qui est l'organe central du stylo... La plume est aussi le seul élément commun entre le stylo-plume et le porte-plume du 19e siècle. L'histoire de la plume remonte à une époque bien antérieure à celle de l'invention du stylo à plume par Lewis Edson Waterman, puisque les premières plumes destinées à l'écriture remontent à l'antiquité. ce n'est toutefois qu'au cours du 19e siècle que la fabrication des plumes en or ou en acier prend des dimensions industrielles, en particulier en Angleterre. Assez naturellement les premiers fabricants de stylos, à partir des années 1880, ont repris des plumes identiques à celles utilisées sur les portes-plumes. Elles sont toutefois en général de formes plus simples.
    La plume attire l’œil, l'or souvent utilisé fascine... C'est la plume qui court sur le papier et qui devient le médium fidèle de votre esprit. Lorsque la graphologie s'en mêle, elle scrute les variations de pression que seule une plume trahit.






    **Découvrons ensemble les secrets de cette amie indiscrète.


     
    *La description physique

    La plume est une pièce de métal de forme en général semi-cylindrique et effilée à son extrémité distale. Elle comporte une base, un corps, deux becs séparés par une fente, une pointe et souvent un orifice de ventilation à l'extrémité proximale de la fente. Elle est de taille et d'épaisseur variable, mais de forme généralement similaire. Il existe toutefois des plumes véritablement tubulaires (Dupont Montparnasse), voire triangulaires et plates (Parker 180). La pointe est en générale équipée d'une boule d'iridium qui pallie la sensibilité de l'or à l'abrasion exercée par le papier. La face visible de la plume est habituellement gravée du logo du fabricant et de poinçons si elle est en métal précieux, ainsi que de motifs décoratifs. Elle peut être plaquée or si elle est en acier ou en alliage métallique ou plaquée palladium, iridium voire ruthénium si elle est en or. La plume est posée sur un conduit qui lui amène l'encre de la cartouche ou du réservoir par le jeu de la capillarité. C'est par ce même phénomène physique qu'elle sera déposée sur le papier. La plume et son conduit sont insérés dans la section ou bloc plume.


    *Les types de pointes

    La pointe de la plume est taillée de manière à offrir des types d'écritures adaptés aux souhaits de l'utilisateur. Les plus courantes sont "fine", "moyenne"ou "large", symbolisées aussi par les lettres F, M ou B ( pour broad, large en anglais). De nombreux fabricants proposent toutefois d'autres variantes, correspondant chacune à un autre trait. En pratique l'éventail disponible couvre les tailles d'extra fine à ultra large, soit EF à BBB. On trouve aussi des plumes dites obliques, dont la pointe est taillée en biseau pour un effet en "pleins et déliés", "stub", dont la pointe tronquée permet de réaliser des traits larges en descendant, et fins en tirant, obliques pour gauchers au biseau inversé, musique, à double fente pour plus d'effets de pleins et déliés, spéciales, à double ou triple lame, etc. Si l'on ajoute que les obliques peuvent présenter des largeurs différentes, OM, OB ou OBB, certains fabricants comme SAILOR ou PELIKAN proposent jusqu'à 20 références.
    Bien entendu les détaillants disposent rarement de toute la palette mais ils se feront un devoir de vous commander la plume de vos rêves. En pratique seul un essai vous permettra de trouver votre plume.




    *Les métaux utilisés

    L'or s'est vite imposé pour la fabrication des plumes de qualité, compte tenu de ses caractéristiques physiques: résistance à la corrosion de l'encre et souplesse de l'écriture. Compte tenu de la faible résistance à l'usure de l'or utilisé sur les plumes de qualité on soude à son extrémité une boule d'iridium, métal blanc précieux beaucoup plus dur que l'or. Ainsi la plume conserve les qualités de souplesse de l'or, en évitant les inconvénient liés à sa sensibilité à l'abrasion exercée par le papier lors de l'écriture. L'or utilisé pour la fabrication des plumes de stylos n'est quasiment jamais de l'or pur mais un alliage de plusieurs métaux dans des proportions variées. La couleur de l'or va notamment dépendre de la composition de cet alliage: il sera rouge, rose, jaune, vert ou blanc. Le titrage, c'est à dire la quantité d'or par rapport aux autres métaux présents dans l'alliage est exprimé en carats ou en millièmes. En France les plumes or ont longtemps titré 18 carats ( soit 750/1000 d'or pur) du fait de la réglementation applicable dans notre pays. Les normes européennes ont fait diminuer ce titrage "minimal" à 14 carats (soit 585/1000 d'or pur). Certains fabricants notamment japonais , comme SAILOR, proposent des stylos dotés d'une plume 21 carats, proche de l'or pur (24 carats, soit 990/1000). La composition de l'alliage d'or peut avoir une incidence sur la souplesse de la plume, mais c'est épaisseur de la feuille de métal et la nature même du métal utilisé qui est déterminante. Il est donc simpliste voire faux de dire que les plumes 18 carats sont plus souples que les plumes 14 carats. De même il est faux de prétendre que c'est le titrage qui détermine la douceur de la plume sur le papier: c'est la qualité du polissage de la pointe d'iridium qui est déterminant. Les maisons japonaises comme SAILOR et NAMIKI disposent d'un très grand savoir faire sur les polissages de plumes. L'or n'est pas le seul métal utilisé pour la fabrication des plumes et l'on trouve ainsi de rares plumes en palladium (jusqu'à 23 carats) et plus souvent des plumes en acier ou en alliage métallique de composition variée. Il faut préciser que les plumes en acier modernes utilisées par les grandes maisons sont d'excellente qualité et que leur caractéristique d'écriture soutiennent la comparaison avec les meilleures plumes en or. LAMY propose un large choix de taille de plume à des prix très compétitifs ( de 19€ à 60€). De surcroît, un usage soigné ne les exposera pas d'avantage à la corrosion que leurs homologues en or.


    *Les accessoires indispensables: Le conduit et l'encre

    Le conduit, en résine ou, mieux, en ébonite, alimente la plume en encre. Il est adapté à la taille de la plume; qui doit être parfaitement positionnée sur celui-ci. Si la plume s'est légèrement déplacée, les becs ne seront plus alignés, il s'ensuivra des " ratés" à l'écriture et des problèmes de débit d'encre, voire de sensation de" plume qui gratte". il n'est pas toujours aisé de remettre celle-ci en place sans l'aide d'un professionnel. Luc Lafage qui redresse et répare les plumes au magasin Monogram à Strasbourg nous explique: "de même, une plume sur laquelle on aura appuyé trop fort aura tendance à s'éloigner du conduit à la pression et cela risque d'interrompre le flux d’encre. Ces pressions excessives expliquent 90% des problèmes rencontrés dans le débit d'encre au cours de l'acte de signature! L 'encre doit être adaptée à l'usage des stylos plumes". On proscrira l'encre de Chine, les encres ayant été stockées trop longtemps, ou celles dont les pigments sont trop épais. Essayez plusieurs types d'encre, de marques différentes pour trouver celle qui convient le mieux à votre stylo et à votre goût. Ne vous sentez obligatoirement lié par la marque du fabricant de votre stylo! Essayez la très large palette de couleur chez Pilot, pas moins de 18 teintes de qualité irréprochable.



    *La souplesse, un rêve?


    Les plumes modernes sont souvent assez rigides. Douces sur le papier, mais sans flexibilité! Ces plumes, adaptées au mains qui se sont formées sur des stylos à bille, ne se déforment pas sous forte pression et délivrent un débit régulier d'encre. Elles empêchent en revanche toute velléité de calligraphie, sauf à opter pour une plume oblique évoquée ci-dessus. Il reste quelques fabricants qui proposent des plumes flexibles ou "souples", notamment, et sans que cette liste soit limitative, Pelikan, dont la plume M1000 est remarquable à cet égard, Pilot, avec son stylo mythique Capless et bien sûr Sailor, Lamy, Caran d'ache ou ST Dupont qui équipent certains stylos de plumes en titane d'une grande flexibilité, etc.


    *La douceur ? Un besoin!

    On a tous besoin de douceur, dans ce monde de ...! C'est forts de cette conviction que les fabricants accordent une grande importance au polissage de la pointe d’iridium. Certains y excellent et parviennent à proposer des plumes peu souples, mais d'une infinie douceur sur le papier. Je vous recommande de prendre votre temps pour tester cet aspect avec soin avant d'acheter votre stylo. Je vous rappelle également que la plume gagnera en souplesse et en douceur après un usage régulier. Le débit risque aussi de devenir plus important, compte tenu de cette flexibilité accrue. Je profite de l'évocation de la douceur pour vous rappeler que si une plume vous semble peu agréable, il faut tenter de changer de papier: certains papiers ressemblent plus à une toile émeri qu'à un support d'écriture valable!


    *L'esthétique? Une affaire de goût!

    Si plusieurs maisons s'adressent à la firme allemande Bock pour se procurer les plumes dont leurs stylos sont équipés, un certain nombre de fabricants réalisent toujours eux-mêmes les leurs comme Sailor ou Namiki. Même produites par Bock, les plumes sont personnalisées et reprennent la marque du stylo, l'indication du titrage en carats ou en millièmes, ainsi que l'indication de la caractéristique d'écriture. Les plumes modernes sont soit monochromes, or jaune ou blanc ou plaqué palladium, soit bicolores. Certaines sont plaquées PVD noir, selon une tendance récente. S'agissant de la taille des plumes, elle varie considérablement. Dés le début du 20ème siècle, les grandes maisons telles Waterman diffusaient une grande variété de taille de plumes, de la taille minuscule, à la taille colossale. On sait aussi que c'est la plume gigantesque et ouvragée du Montblanc 149 qui à, en grande partie, assis sa renommée. Les petites plumes, qui plus est capotées, ont aussi connu leurs heures de gloire, avec le fameux Parker 51, si prisé après la seconde guerre mondiale. Votre plume va vous accompagner longtemps, pour autant que vous ne la projetiez pas au sol, pointe la première et que vous la rinciez régulièrement ainsi que le réservoir et le conduit en aspirant de l'eau déminéralisée puis en la vidant ou, pour les stylos à cartouches, en immergeant, le temps d'une nuit, l'ensemble du bloc plume dans un verre d'eau froide...La plume reste un instrument de précision. Un alignement imparfait des becs, la perte de la pointe d’iridium ou le mauvais positionnement sur le conduit occasionneront autant de perturbations de son bon fonctionnement. Je vous déconseille de tenter de redresser vous -même une plume tordue: Les spécialistes sont là.

    Maintenant que vous en savez un peu plus sur cet "organe essentiel du stylo" je vous invite à le choisir avec beaucoup d'attention et à le choyer, afin qu'il vous satisfasse durablement! Vous pouvez nous contacter afin de faire ensemble une étude personnalisée du stylo de vos rêves.


    Source: Le Stylographe parution avril 2012


    Alors appelez-nous ou venez-nous voir!



            

      

    SOURCES   

    Blog superbe

    MONOGRAM

    http://www.stylo-monogram.fr/un-stylo-c-est-quoi-stylo-plume-montblanc-ecriture-mont-blanc-stylo-encre-dupont-namiki-sailor-waterman-parker-pelikan-pilot-sheaffer-cross-lamy-faber-castell,fr,3,28.cfm

      

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     Fichier:Collegesorbonne1550-1850.jpg

     

     

    La Sorbonne est un bâtiment du Quartier latin, propriété de la ville de Paris. Il tire son nom du théologien et chapelain de Saint Louis, du XIIIe siècle, Robert de Sorbon, le fondateur du collège de Sorbonne, collège consacré à la théologie dont il définit ainsi le projet : « Vivre en bonne société, collégialement, moralement et studieusement ». Ce terme de Sorbonne est aussi utilisé par métonymie pour désigner l’ancienne Université de Paris, sous l'ancien régime et de 1896 à 1971, ainsi que les anciennes facultés des sciences et des lettres de Paris. La façade baroque est celle de la chapelle Sainte Ursule, achevée en 1642. Cette dernière, déconsacrée depuis la loi de séparation des Églises et de l'État, est désormais utilisée pour des réceptions ou des expositions.

    La Sorbonne est le siège du rectorat de l'académie de Paris et de la chancellerie des universités de Paris. Elle abrite une partie des activités des universités Paris-I, Paris-III, Université Paris-Sorbonne et l'Université Paris Descartes, ainsi que celles de l'École pratique des hautes études, et l'École des chartes. La Bibliothèque de la Sorbonne est rattachée par convention aux universités de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et à l'Université Paris-Sorbonne.

    La chapelle de la Sorbonne fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 10 février 1887. Le Grand Amphithéâtre (entre autres salles et salons) fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 30 septembre 1975[. L'ensemble des bâtiments (façades et toitures) fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 30 septembre 1975.

     

    À ses origines, la Sorbonne est un collège pour étudiants en théologie fondé en 1253 au sein de l'Université de Paris par Robert de Sorbon, chapelain et confesseur du roi saint Louis, ainsi nommé d'après son village de naissance, dans les Ardennes. Comme les autres collèges de l'université, il devait accueillir des pensionnaires pauvres qui y disposaient de bourses, ainsi que des étudiants non pensionnaires. Le collège est ainsi destiné à sa fondation à abriter une vingtaine de personnes. À cet effet, saint Louis donna quelques maisons de la rue coupe-gueule, face à l'hôtel de Cluny, pour y installer les étudiants. Robert de Sorbon, par l'intermédiaire de Guillaume de Chartres[Lequel ?] achète et échange rapidement l'ensemble des abords de cette rue; en 1260, la majorité du site actuel est aux mains du collège.

     


    Fichier:Elevation chapelle sorbonne.png

     

    Il s'agit alors d'un ensemble épars de bâtiments divers, maisons, granges, etc. disposés dans un jardin. Une grande simplicité du bâti est maintenue à dessein par le fondateur qui instaure une règle de vie pieuse et austère. En dépit des achats et constructions ultérieures, cette relative austérité reste une des caractéristiques du collège. Au début du XVIIe siècle, il se présentait encore comme un ensemble de bâtiments disparates édifiés le long de la rue Coupe-Gueule, désormais appelée rue de la Sorbonne, entre le cloître Saint-Benoît au nord et le collège de Calvi au sud. Il comportait une chapelle construite au XIVe siècle dont la façade donnait sur la rue[2]. Le collège de Sorbonne devint le siège des assemblées de la faculté de théologie de l'université de Paris.

    Le cardinal de Richelieu, qui avait été élève au collège de Sorbonne en 1606-1607, en devint le proviseur en 1622 après le décès du cardinal de Harley. Face à l'état de délabrement du bâtiment, il entreprit un ambitieux programme de rénovation du collège. Les bâtiments, particulièrement mal commodes, étaient devenus nettement insuffisants au cours des deux derniers siècles. Le rôle des collèges avait en effet alors évolué : d'un simple gîte à l'attention d'une vingtaine de pensionnaires, il était devenu le siège d'une importante bibliothèque et un lieu d'enseignement, tandis que l'acquisition de terres et de rentes avait permis d'accroître le nombre de pensionnaires. Des travaux étaient urgents pour le nouveau proviseur du collège. À cette effet, il y agrégea deux collèges voisins, ceux de Calvi et des Dix-Huit et fit reconstruire les bâtiments dans un style classique.

      

    Richelieu chargea donc son architecte, Jacques Lemercier, de reconstruire l'ensemble afin de répondre aux exigences et au goût de l'époque. Le premier projet consistait à raser les bâtiments gothiques du collège et de son voisin méridional, celui de Calvi, tout en conservant la chapelle. Celle-ci, modernisée et agrandie, aurait servi de séparation entre deux cours de taille égale. Les travaux de démolition étaient en cours depuis 1629 quand Richelieu, conforté dans sa situation de premier ministre après la journée des dupes, fit retravailler le projet dans un sens plus ambitieux.

      

    Fichier:La place et la chapelle de la Sorbonne, par Victor Jean Nicolle (1754-1826).jpeg

    On abandonna le système des cours jumelles au profit d'une grande cour unique s'étendant au nord d'une nouvelle chapelle. Celle-ci prit rapidement des proportions monumentales, recouvrant tout l'espace jadis occupé par le collège de Calvi. Les travaux de reconstructions commencèrent en mai 1635 et le gros œuvre était presque terminé à la mort du cardinal en 1642. Seule la chapelle, aujourd'hui considérée comme le chef-d'œuvre de Lemercier et de l'architecture classique parisienne restait inachevée. La duchesse d'Aiguillon, héritière de Richelieu et exécutrice de son testament, dirigea la fin des travaux.

    Le nouveau collège doubla ainsi sa surface et se vit, en outre, doté d'une grande chapelle destinée à recevoir le tombeau du cardinal. En plus de ces aménagements, le cardinal léguait une partie de sa bibliothèque et de sa fortune à l'institution.

      

    Les bâtiments sous la Révolution

    Sous la Révolution française, les bâtiments furent fermés aux étudiants en 1791 et la société sorbonique fut dissoute en même temps que les universités de Paris et de province en conséquence de la loi Le Chapelier supprimant les corps intermédiaires. En 1794, la chapelle fut transformée en temple de la déesse Raison. Napoléon Bonaparte transforma le site en ateliers d'artistes[3].

    La Sorbonne au XIXe siècle, siège des facultés des sciences, des lettres et de théologie de Paris

     

    À partir de 1806, Napoléon réorganisa l'ensemble du système d'enseignement français en créant l'Université impériale. Elle regroupait tous les niveaux d'enseignement et comportait à ses niveaux les plus élevés les écoles spéciales et des facultés de cinq types : Faculté des sciences, Faculté des lettres, Faculté de théologie, Faculté de droit et Faculté de médecine. Les deux dernières retrouvèrent leurs locaux d'Ancien Régime, place du Panthéon et rue de l'école de Médecine, tandis que les trois autres s'installent dans les bâtiments de l'ancien collège du Plessis, puis en 1821 dans la Sorbonne de Richelieu. Le bâtiment devenait en outre le siège du rectorat de l'Académie de Paris.

    À la Restauration, le duc de Richelieu, premier ministre de Louis XVIII, voulut honorer la mémoire du cardinal en rendant tout son lustre à la Sorbonne. Il y fit construire un amphithéâtre de 1 200 places. Malgré ces aménagements, les vieux bâtiments du XVIIe siècle, abandonnés pendant les dix ans de la Révolution, s'étaient beaucoup dégradés. La concentration sur ce seul collège des étudiants en lettre, science et théologie de toute l'académie de Paris posa rapidement des problèmes d'exiguïté. La rénovation du complexe devenait une urgence qui traversa tout le XIXe siècle. Sous le Second Empire, on confia à Léon Vaudoyer le projet. Il conçut un palais avec une grande façade rue Saint-Jacques et une tour d'astronomie. La première pierre fut posée en 1855 mais le projet n'aboutit pas.

    La création de l'École pratique des hautes études mit encore plus en évidence les problèmes d'exiguité des lieux. Les nouveaux laboratoires d'enseignement et de recherche de la faculté des sciences, financés par l'École pratique, durent être installés dans des appartements de la rue Saint Jacques.

    Fichier:Sorbonne university main building entrance.jpg

    La nouvelle Sorbonne de Paul Nénot

     
     

    Un nouveau concours d'architecte, présidé par Charles Garnier, fut ouvert dans les années 1880 et remporté par l'élève de Charles Garnier, Henri-Paul Nénot. Il reprenait l'idée de Léon Vaudoyer de construire non plus un collège mais un véritable palais des sciences et des lettres. Refusant les tentations néogothiques qu'on voyait s'épanouir en Grande-Bretagne ou en Belgique pour les nouveaux collèges de Cambridge ou l'université de Gand, il livra un très bel exemple du classicisme haussmannien. Nénot déclara "l'université ne peut se passer de la tradition de l'architecture latine et a besoin de proportions et de règles dans ses bâtiments[5]".

    Malgré quelques protestations[6], la démolition des bâtiments, chapelle exceptée, dura dix ans, de 1884 à 1894, tandis que la première pierre du nouvel édifice était posée en 1885. Le président Sadi Carnot put inaugurer la première partie du complexe, au nord, en 1889, pour le centenaire de la Révolution française. L'ensemble des travaux ne fut achevé qu'en 1901.

    Le projet de Paul Nénot était à la fois simple et grandiose. La surface à lotir avait été étendue à un vaste îlot tout en longueur compris entre les rues Saint-Jacques, Cujas, des écoles et de la Sorbonne. Le terrain présentait une forte déclivité, s'élevant de façon importante au sud, suivant les pentes de la Montagne Sainte-Geneviève. La chapelle, devenue monument historique et occupant une surface importante au centre du site, devait être conservée. Ce n'était donc pas un ensemble facile à mettre en valeur. Nénot y délimita trois ensembles qui permettent véritablement de considérer son bâtiment comme un complexe regroupant plusieurs monuments, séparés par des rues intérieures transversales, les galeries Robert de Sorbon et Jean de Gerson :

    • au nord, sur la rue des écoles, il créa un vaste palais académique, destiné à recevoir l'administration du rectorat, la chancellerie de l'université et les secrétariats des deux facultés qui devaient occuper le site.
    • au sud, un ensemble d'ailes assez basses, organisées autour de cours nombreuses et aménageables, destiné à accueillir les laboratoires de la faculté des sciences. Chaque département y disposait de locaux spécialement adaptés à sa discipline.
    • entre les deux, un ensemble généraliste autour d'une cour d'honneur, regroupant de vastes salles, de grands amphithéâtres et une bibliothèque centrale, apte à accueillir toutes sortes d'enseignements, mais en particulier ceux de la faculté des lettres.

    Les espaces initialement prévus pour la faculté de théologie, supprimée en 1885, furent attribués à l'École nationale des chartes[7], qui devenait ainsi la deuxième école spéciale après l'Ecole pratique des hautes études à s'installer dans le complexe de la Sorbonne.

    En 1896, une loi regroupa les facultés de droit, lettres, médecine et sciences d'une même académie en une personne morale, l'université. La Sorbonne, déjà siège du rectorat de Paris, devenait par là le siège de la nouvelle Université de Paris. Le recteur de l'académie de Paris cumula dès lors sa charge avec celle de chancelier de l'université de Paris, augmentant notablement ses besoins en place et en personnel dans le bâtiment. De la même façon, l'augmentation rapide du nombre d'étudiants, imposa la construction d'annexes autour du bâtiment : (Institut de géographie, Institut d'Art et d'Archéologie)[8]. D'abord modestes, ces annexes devinrent après la Seconde Guerre mondiale, de gigantesques complexes rivalisant en taille avec la maison mère, à l'image du campus de Jussieu, de celui de Nanterre, etc.[9].

      

      

    Le Palais

     
     

    Chaque ensemble était construit selon un thème architectural. Le palais, au Nord, était ainsi la seule partie entièrement conçue dans des matériaux nobles, affichant sur les rues comme dans les cours un appareil de pierre de taille sommé de grands toits pentus d'ardoise. Sa façade principale, sur la rue des écoles, au nord, était édifiée dans un style néo-Renaissance des plus grandiloquents. Au premier étage, d'immenses fenêtres à meneaux de pierre marquaient ainsi cette inspiration. À l'intérieur, un grand vestibule de pierre claire décoré de reliefs et de statues s'ouvrait sur un monumental escalier à double révolution desservant un grand amphithéâtre plus proche d'une salle de spectacles que d'une salle de cours.

      

    Il était décoré dans des tons de vert, couleur traditionnellement attachée au savoir et très présente dans le bâtiment. Son mur de scène fut confié au peintre Puvis de Chavannes qui y figura le bois sacré de la connaissance. L'escalier menait à un palier à éclairage zénithal largement ouvert sur le rez-de-chaussée, faisant ainsi office de puits de lumière. Un vaste péristyle en dessinait les contours et soutenait une verrière dont le médaillon central figurait les armoiries de la ville de Paris en vitrail.

      

    Au dessus du vestibule, depuis le palier, on accédait à une enfilade de salons ouvrant sur la rue et destinés à accueillir les cérémonies de l'université et du rectorat. Cette partie, particulièrement prestigieuse regorgeait de peintures murales évoquant les grands moments de l'université de Paris, de la concession de Saint-Louis à l'inauguration de la nouvelle Sorbonne.

    Au rez-de-chaussée, le vestibule s'ouvrait à ses extrémités sur deux galeries, les amphithéâtres Michelet et Quinet à l'est et les bureaux du rectorat à l'ouest. Les deux galeries, bordées d'arcades de pierre de taille garnies de boiseries et de peintures figurant les principales villes de l'histoire universelles, longeaient le grand amphithéâtre et aboutissaient, après une volée de marches, à la galerie Robert de Sorbon. Elles étaient longées vers l'extérieur de l'îlot par deux cours éclairant les secrétariats des deux facultés résidentes. L'ensemble possédait une grande lisibilité puisque toute la partie ouest, rectorat excepté était dévolue à l'administration de la faculté des lettres, tandis qu'en symétrique, toute la partie est était dévolue à l'administration de la faculté des sciences. Au niveau de la galerie Robert de Sorbon, entre les galeries des sciences et des lettres, se trouvait la salle des autorités, communiquant avec la scène du grand amphi. Décorée d'allégories des sciences peintes dans les styles pointilliste et fauve, elle était le lieu de préparation et de repos des sommités appelées à intervenir dans le grand amphi et servait de coulisses pour les représentations qui s'y déroulaient.

    La Faculté des lettres

     

    La partie centrale du bâtiment fut ensuite construite. La cour d'honneur avait été conçue de manière à évoquer une architecture Louis XIII et à ne pas trancher avec la chapelle qui en occupait le bord méridional. Elle était bordée au nord par un auvent à colonnes ouvert dans le rez-de-chaussée du bâtiment. Elle s'ouvrait sur la rue à l'ouest par une porte cochère et sur le hall des amphis à l'ouest. Celui-ci était une réplique plus modeste du grand vestibule du palais. Il s'ouvrait sur un escalier menant à la bibliothèque et sur cinq salles de cours : les amphithéâtres Descartes, Guizot, Turgot et Richelieu, ainsi que sur la salle Louis Liard, anciennement salle des doctorats. Les trois premiers étaient des salles rectangulaires à gradins, ornés de boiseries basses et d'une peinture au dessus de l'estrade. Derrière chaque estrade se trouvait un bureau pour que le professeur puisse recevoir ses étudiants. L'amphithéâtre Richelieu était de conception très différente, puisqu'il était rond. Là encore, boiseries et peinture en décoraient les murs. Autre spécificité, ces derniers étaient vert pomme et ornés sur toute leur hauteur de motifs floraux. La salle Louis Liard, enfin, était une salle prestigieuse destinée aux soutenances de doctorat et aux réunions académiques. Son décor était néo-rococo et un grand portrait du Cardinal de Richelieu trônait au dessus de l'estrade. À l'arrière, ici encore, on trouvait une petite salle destinée à la délibération des jurys de doctorat.

     

    À l'étage, sur toute la longueur de la cour, s'étendait la vaste bibliothèque de la Sorbonne Afin de ne pas réduire la luminosité en obstruant une partie des fenêtres avec des rayonnages, elle fut dès le début une bibliothèque avec peu de livres en libre accès. De part et d'autre de l'entrée, où se situaient le guichet et les catalogues, s'organisaient deux espaces de lecture : les lettres au nord et les sciences au sud. Le long vaisseau était décoré de deux scènes historiques à ses extrémités et les murs étaient recouverts de toiles marouflées aux grands motifs art nouveau dans des tons vert-d'eau. Un système de ventilation très novateur était ménagé dans les frises en fontes du plafond et permettait de chauffer la salle en hiver. Sur les cours intérieures, au dessus des amphithéâtres Turgot et Guizot, s'élevaient cinq puis huit étages de magasins. Des salles séparées, pour les professeurs et pour accueillir la bibliothèque de Victor Cousin, jouxtaient la grande salle. Au même niveau que la bibliothèque, sur la rue Saint-Jacques se situaient les deux musées de l'université, celui de minéralogie et celui de (aide bienvenue), qui complétaient ces archives du savoir.

    Cette partie du bâtiment était la plus récente et on pouvait y constater un changement dans le goût dominant : le décor y faisait une plus large part au bois et aux toiles peintes. L'influence du style art-nouveau était palpable. Les escaliers de cette partie centrale du bâtiment étaient ainsi décorés des mêmes toiles peintes aux délicats motifs vert-d'eau que la bibliothèque, bien qu'elles aient été par la suite recouvert d'un badigeon beige. Le contraste était donc saisissant avec la décoration du palais, juste à côté, décoré dans le style triomphant et propagandiste si cher aux débuts de la troisième république. Le long des rues extérieures, s'échelonnaient quatre étages de salles de cours. Sur la rue Saint-Jacques, se trouvait une tour à deux coupoles destinée à accueillir l'observatoire de la Sorbonne. Par souci d'économie, seules les façades sur les rues et la cour d'honneur furent ici réalisées en pierre de taille; les ailes donnant sur les cours intérieures étaient en brique.

    Fichier:Sorbonne - Hall entree 2.jpg

    La Faculté des Sciences

     

    Cet ensemble était traversé sur toute sa longueur par la galerie Richelieu, qui s'achevait au sud par une nouvelle volée de marches destinées à compenser la pente de la montagne. Au sud s'étendaient les bâtiments de la faculté des sciences, avec seulement deux à trois étages en moyenne et réalisés dans un style industriel mêlant appareil de briques et auvents métalliques. Cette section du bâtiment comportait surtout des laboratoires et des bureaux mais aussi quelques beaux amphithéâtres : ceux de chimie et de géologie, notamment au niveau de l'entrée. Il s'agissait de deux amphithéâtres ronds en boiseries, et dont le haut de l'estrade était peint de paysages dans un style néo-impressionniste. Ce sont actuellement les amphithéâtres Bachelard et Oury (dits de gestion).

    Fichier:Sorbonne - Hall 2bis.jpg

      

    La Sorbonne éclatée : l'après mai 68

     

    En mai 1968, la Sorbonne est le bastion des manifestations étudiantes, ayant débuté avec le mouvement du 22-Mars à la faculté de Nanterre, qui aboutirent en un ample mouvement contestataire dans toute la France. La première émeute de mai 1968 se déclenche suite à l'intervention de la police dans la cour de la Sorbonne. Le 3 mai, des centaines d'étudiants se sont en effet rassemblés dans la cour en prévision d'une attaque d'Occident. Il y a là toutes les tendances de l'extrême gauche : trotskystes, maoïstes, ou anarchistes. Les services d'ordre d'extrême gauche sont armés de manches de pioche et prêts à l'affrontement. En faisant appel à la police, le recteur-président de l'université va ainsi déclencher la première émeute du mois de mai. À partir du 13 mai, la grève générale commence et la Sorbonne est occupée.

    L'Assemblée nationale élue en juin 1968 après la dissolution décidée par le général de Gaulle s'attaque aussitôt à la réforme universitaire. En 1971, l'Université parisienne est éclatée en treize universités nouvelles. Tandis que les annexes sont partagées entre les différentes universités filles, le complexe de la Sorbonne, propriété de la ville de Paris, est placé dans un régime d'indivision géré par la chancellerie des universités de Paris. Six établissements d'enseignement se maintiennent dans les locaux : les universités Paris I, Paris III, Paris IV et Paris V ainsi que l'École des Chartes et l'EPHE. Cette multiplication d'acteurs a favorisé l'accumulation de difficultés et d'inégalités dans gestion du monument.

    Dans le même temps, un processus de fermeture du bâtiment déjà enclenché par le déménagement de la faculté des sciences s'accélère afin de neutraliser le site : les étudiants de premier cycle, plus nombreux et réputés plus remuants, sont délocalisés sur des sites périphériques comme le centre Pierre-Mendès-France, le centre Censier ou le centre Clignancourt, réduisant notablement le nombre d'étudiants dans le bâtiment. De même, la partie basse du complexe, le palais académique, est fermé aux étudiants, tandis que sous l'effet du plan Vigipirate, devenu permanent à la suite des attentats du 11 septembre 2001, la Sorbonne est, en principe, fermée au public. Si l'on fait exception de quelques rares visites groupées organisées par la Chancellerie et des journées européennes du patrimoine, seuls les étudiants et le personnel des établissements ayant des locaux dans la Sorbonne, ainsi que les lecteurs de la bibliothèque de la Sorbonne, peuvent y entrer.

    Malgré cela, le caractère symbolique du monument dans la contestation étudiante et la tentation de réitérer le mythe de mai 68 restent forts. C'est ainsi qu'en 2006, plusieurs centaines de manifestants, luttant contre la loi dite « sur l'égalité de chances », ont occupé la Sorbonne pendant trois nuits (du 8 mars au 11 mars au matin : « la prise de la Sorbonne ») avant d'être évacués par les forces de l'ordre.

    Le quartier a été bouclé pendant plusieurs semaines ; ce bouclage est pourtant passé inaperçu — voir un des rares documents sur le sujet, le court-métrage Sorbonne interdite[10]. Le bâtiment a été fermé aux étudiants et aux enseignants à la demande du rectorat désireux d'éviter toute nouvelle occupation et tout nouveau dégât. Elle a rouvert le 24avril2006. Au cours de cette période, les bâtiments du Panthéon, situé au 12 de la place du Panthéon, continuaient à recevoir étudiants et enseignants.

    Des étudiants ont immédiatement voté la réoccupation de l'université avant d'être à nouveau expulsés le soir même. Les cours n'ont pu reprendre que progressivement avec le déploiement d'un important dispositif policier tout autour de l'université. Au-delà de la lutte contre le CPE, une partie des étudiants a cherché à imiter sans vrai discernement, semble-t-il, l'esprit de mai 68. Les dégâts causés par les manifestants se sont chiffrés à 800 000 euros, ce qui a contraint l'université à développer la location de ses locaux - déjà existante vu l'histoire du lieu, pour des tournages de films ou de téléfilms, afin de payer les travaux qui ont nécessité la fermeture du bâtiment et l'annulation de nombreux cours.

    Le 19 février 2009 suite à une manifestation la Sorbonne fut occupée par des étudiants pendant plusieurs heures avant d'être expulsés par la police.

      

    Fichier:Amphithéâtre Sorbone.JPG

    Un monument menacé

    L'événement le plus important de ce siècle pour le monument a sans doute été le démembrement de l'université et la multiplication subséquente de ses occupants. Chaque institution a en effet sa propre politique concernant le bâtiment, en dépit de l'autorité théorique de la Mairie de Paris et de la Chancellerie des Universités sur la gestion du complexe. La chose est saisissante quand on arpente les couloirs : suivant l'occupant des murs, ceux-ci peuvent passer du blanc immaculé au jaune sale. L'installation non concertée de gaines techniques (électricité, téléphone, réseau local) par chacun des acteurs pose en outre des problèmes importants, à tel point que la réfection globale de ces réseaux fait partie des missions assignées par la mairie de Paris à la campagne de mise en sécurité de la Sorbonne.

      

    Fichier:Salle Saint-Jacques (Bibliothèque de la Sorbonne).jpg

      

    Une autre menace, qui ne pèse plus sur l'intégrité du monument, mais sur sa vocation[est dénoncée depuis plusieurs années par les étudiants du complexe: il s'agit de la mainmise toujours plus importante des services de la chancellerie sur le bâtiment. Le rapport Larrouturou[ sur l'immobilier universitaire parisien s'en est également étonné, dans la mesure où la chancellerie possède de nombreux autres immeubles dans Paris. Il est vrai que, théoriquement, celle-ci attribue les espaces qui se libèrent dans le complexe au fil des départs, mais elle s'en est attribué plusieurs, notamment dans l'ancienne faculté des sciences, faisant craindre aux organisations étudiantes une politique de grignotage et d'expulsion des étudiants. Il n'est pas faux qu'un certain nombre de précédents existent, notamment en ce qui concerne le palais académique, qui abritait le rectorat et la chancellerie, mais aussi les secrétariats des facultés. Or ces derniers font aujourd'hui partie des espaces attribués à la chancellerie.

     

    À la suite de la réforme des universités de 1970, le bâtiment de la Sorbonne fut placé dans un régime d'indivision entre différentes institutions. La Ville de Paris est propriétaire des lieux, avec obligation perpétuelle d'y maintenir le siège de l'académie de Paris ; la chancellerie des universités de Paris, quant à elle, gère le monument. D'autres institutions comme les Cours de civilisation française de la Sorbonne et la Bibliothèque de la Sorbonne y ont leur siège, de même que l'École des chartes et l'École des hautes études. Ces dernières, néanmoins, devraient bientôt déménager sur la rive droite, notamment sur le futur Campus Condorcet. Quatre universités disposent de locaux dans la Sorbonne et utilisent ainsi ce nom[21] ainsi que l'observatoire de la Sorbonne :

    Le nom « Sorbonne » est ainsi une marque disputée par différentes institutions. Il s'agit en effet d'un véritable enjeu de taille pour ces institutions, dans la mesure où le nom Sorbonne concentre en lui seul toute la réputation de l'ancienne université de Paris. On a ainsi vu au début de l'année 2010 les différents PRES de Paris se battre autour de ce nom, considéré comme une marque porteuse de prestige et attractive pour les étudiants étrangers. Finalement, trois PRES utilisent ce nom :

     

    SOURCES / WIKIPEDIA  - références bibliographiques sur le lien de WIKIPEDIA

     

     

     


     

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    Molière (Jean-Baptiste Poquelin)

    De sa naissance à sa reconnaissance

      

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    Molière

    Né en 1622 à Paris, Molière de son vrai nom Jean-Baptiste Poquelin fils d’un tapissier du roi fit ses études dans un collège de Jésuites qui accueillait les fils de la noblesse et de la riche bourgeoisie. Il se détourna de la carrière que son père lui destinait au profit de la création d’une troupe de comédiens : « L’Illustre Théâtre ».

    Cette troupe fut constituée en juin 1643, elle se produisit dans deux salles. Ce fut l’échec et la faillite, et le jeune Poquelin fut emprisonné pour dettes. Libéré après quelques jours, il partit pour la province. La troupe où il entre est signalée en Gascogne, en Bretagne, en Languedoc et enfin dans la région du Rhône. En 1650, il fut choisi par ses compagnons pour être leur chef, il abandonne son patronyme au profit de Molière.

    Cette troupe est souvent présentée comme une bande de miséreux, toujours sur les chemins, faisant presque l’aumône. C’est totalement faux ! Bien au contraire ces gens restaient plusieurs mois dans la ville où ils se produisaient, ils y louaient une maison et plaçaient en rente des sommes importantes.

    En octobre 1658, après plusieurs années passées en province, ils jouèrent pour la première fois devant Louis XIV, et obtinrent la jouissance de la salle du Petit-Bourbon. En 1660, ils durent la quitter, Louis XIV mit alors à leur disposition la salle du Palais-Royal, construite par Richelieu et demeurée sans emploi depuis sa mort. C’est là que Molière joua jusqu’à son dernier jour. Cette salle appelée de nos jours la Comédie Française, a un autre nom qui en dit long : « La maison de Molière ».

    Les ennuis commencent

    Très vite, il se heurta aux Comédiens du roi. Ceux-ci utilisèrent tous les moyens pour le perdre et firent jouer des pièces où il se voyait insulté de la façon la plus ignoble. Il eut d’autres ennemis. Les plus acharnés furent les dévots. Un curé de Paris réclama contre lui, dans un libelle furieux, la peine du bûcher. Les médecins ne prenaient pas ses moqueries à la légère. Les marquis, à la cour, se déchaînaient contre lui. Il eut longtemps pour lui le soutient déclaré de Louis XIV. Mais, quand il mourut, il y avait un an que cet appui lui manquait, toute la faveur royale allait alors à Lully.

    Sa vie privée n’a pas été facile non plus. Epousant une jeune comédienne de sa troupe, Armande Béjart qui était officiellement la sœur de son ancienne maîtresse Madeleine Béjart, mais, selon toute vraisemblance la fille de l’illustre actrice ; les ennemis de Molière osèrent prétendre que ce dernier était son père, et portèrent cette infâme accusation jusqu’au roi. Et ce qui atteignit peut-être plus profondément Molière, c’est qu’Armande lui fut scandaleusement infidèle. Il en souffrit, puis il pardonna ; les deux époux reprirent la vie commune.

    Sa mort

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    Molière

    Contrairement à la légende qui veut que Molière soit mort sur scène, il monta sur la scène du Palais-Royal au soir du 17 février 1673 et fut pris d’un malaise au cours de la 4ème représentation du Malade imaginaire. Il mourut à l’âge de 51 ans chez lui dans la soirée. Il fut inhumé de nuit, de façon quasi clandestine le 21 février 1673. Le clergé de Saint Eustache, ayant refusé de lui donner une sépulture chrétienne en raison de l’excommunication de tous les comédiens, Armande Béjart son épouse alla trouver Louis XIV pour qu’il intervienne auprès de l’archevêque de Paris. Suite à cette intervention, Mgr du Harlay prononça l’ordonnance suivante :

    « Nous avons permis au sieur curé de Saint Eustache de donner la sépulture ecclésiastique au corps du défunt Molière dans le cimetière de la paroisse, à condition néanmoins que ce sera sans aucune pompe et avec deux prêtres seulement et hors des heures du jour et qu’il ne se fera aucun service solennel pour lui, ni dans la dite paroisse, ni ailleurs ».

    Mais en réalité le cortège fut plus important que prévu, une grande foule de gens du peuple accompagnèrent le corps qui fut inhumé au cimetière Saint Joseph officiellement au pied de la croix.

    Où repose réellement Molière ?

    - Le 21 février 1673 Molière est inhumé au cimetière Saint Joseph, sous la croix
    - 22 ans plus tard Jean de la Fontaine aurait été inhumé au même endroit.
    - En 1732 il apparaît dans les textes que Molière n’aurait pas été enterré sous la croix, mais dans un endroit plus éloigné attenant à la maison du chapelain.
    - Le 6 juillet 1792, suite à la fermeture du cimetière on exhume des ossements situés près de la maison du chapelain en pensant que ce sont les restes de Molière.
    - Le 21 novembre 1792 on recherche les restes de La Fontaine au pied de la croix.
    - Les ossements de Molière et de La Fontaine furent recueillis dans deux bières en sapin déposées dans la crypte de la chapelle du cimetière.
    - Ces deux bières furent abandonnées pendant 7 ans.
    - En 1800 la chapelle est démolie, et les autorités donnent les deux bières à Alexandre Lenoir qui les remplace par deux sarcophages qu’il place dans son musée des monuments français où ils restèrent jusqu’à la suppression du musée.
    - Le 6 mars 1817 les sarcophages furent conduits à l’église Saint Germain des Prés où on célébra une messe pour Molière et La Fontaine et de là au cimetière du Père Lachaise où ils sont encore.

    Tout semblerait limpide mais voilà :

    - Jean de la Fontaine n’a pas été inhumé sous la croix du cimetière Saint Joseph, mais sous la croix du cimetière des Innocents.
    - Tous les restes du cimetière des Innocents ont été placés dans les Catacombes.
    - Si Molière n’a pas été inhumé près de la maison du châtelain, mais bien sous la croix du cimetière Saint Joseph, tout laisse à penser que la sépulture actuelle de Molière pourrait renfermer les restes d’un inconnu, que celle de La Fontaine contiendrait ceux de Molière.
    - Et pourquoi pas aucun des deux. Il faut voir dans ces sépultures que deux cénotaphes qui ne sont que des monuments érigés à la gloire de ces personnages sans en contenir réellement les corps.

    Ses principales oeuvres

    • L’étourdi ou les contretemps (1655)
    • Le dépit amoureux (1656)
    • La jalousie du barbouillé
    • Le médecin volant
    • Les précieuses ridicules (1659)
    • Sganarelle ou le cocu imaginaire (1660)
    • Dom Garcie de Navarre ou le prince jaloux (1661)
    • L’école des maris (1661)
    • Les fâcheux (1661)
    • L’école, des femmes (1662)
    • La critique de l’école des femmes (1663)
    • L’impromptu de Versailles (1663)
    • Remerciement au roi (1663)
    • Le mariage forcé (1664)
    • Les plaisirs de l’île, enchantée (1664)
    • La pr1ncesse d’Elide (1664)
    • Le tartuffe ou l.’ imposteur (1664-1669)
    • Sonnet (à la motte de Vayer sur la mort de son fils) (1664)
    • Don juan ou le festin de Pierre (1665)
    • L’amour médecin (1665)
    • Quatrains... (1665)
    • Le misanthrope ou l’atrabilaire amoureux (1666)
    • Le médecin malgré lui (1666)
    • Melicerte (1666)
    • Pastorale comique (1667)
    • Le sicilien ou l’amour peintre (1667)
    • Ballet des muses (1667)
    • Amphitryon (1667)
    • George Dandin ou le mari confondu (1668)
    • L’avare (1668)
    • Boutsrimés au roi, sur la conquête de la Franche-Comté (1668)
    • La gloire du dôme du Val de Grâce (1669)
    • Monsieur de Pourceaugnac (1670)
    • Les amants magnifiques (1670)
    • Le bourgeois gentilhomme (1670)
    • Psyché (1671)
    • Les fourberies de Scapin (1671)
    • La comtesse d’Escarbagnas (1671)
    • Les femmes savantes (1672)
    • Le malade imaginaire (1673)
    par Webmaster
    Publié le 31 octobre 2002 - Modifié le 10 janvier 2012
     
     
     
     
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